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mercredi, 03 mai 2017

Présidentiel 2017 Le Pen-Macron: un débat politique, pas catholique

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Présidentiel 2017 Le Pen-Macron: un débat politique, pas catholique

La culture politique des catholiques français est ainsi faite, elle divise les esprits. Cela remonte à la révolution française de 1789 avec l'avénement de la gauche et de la droite. L'autre fissure prend racine au ralliement demandé par Léon XIII, la fin de siècle qui a vu la naissance de l'enseignement social chrétien. La dernière à la seconde guerre mondiale, entre les tenants du Maréchal Pétain ou du général de Gaule, avec en filigrane historique la condamnation par l'Eglise catholique de l'action française de Charles Maurras et du Sillon de Marc Sangnier. 

Pourtant l'union des catholiques se situe sur un autre plan, celui de la foi et des moeurs. Le phare provient de la doctrine sociale de l'Eglise. Deux livres permettent de former nos esprits. Après cela, chacun a droit à ses opinions. Le service du bien commun, forme éminente de la charité, est la vocation des laïcs, des baptisés. 

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lundi, 01 mai 2017

1er mai, une prière pour la fête de Saint Joseph artisan, travailleur.

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1er mai, une prière pour la fête de Saint Joseph artisan, travailleur.

La seule parole connue de Saint Joseph : Jésus ! D'après les Écritures, il lui a donné ce nom.

Après Marie, il a passé le plus de temps avec lui. Ce tout grand saint et patriarche connaît donc fort bien Jésus.

Bonne fête de Saint Joseph artisan, travailleur !

( homélie de l'abbé Evrat, basilique Notre - Dame Fribourg )

dimanche, 30 avril 2017

Election présidentielle en France: Le Pen-Macron, l'Eglise ne donne aucune consigne de vote

Le conseiller d'Emmanuel Macron Richard Ferrand a invité le Pape François au QG du mouvement En Marche ! pour faire la connaissance du candidat à l'élection présidentielle.

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«Des deux candidats politiques, je ne connais pas l'histoire. Je sais que l'un représente la droite forte mais l'autre, vraiment je ne sais pas qui il est. Alors je ne peux pas donner une opinion claire sur la France». Pape François

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Le Pape François est un people pour le monde médiatique. L'avoir à ses côtés n'est jamais une mauvaise chose. Même si le milieu catholique français ne déborde pas d'une totale adhésion envers ce Pape latino, un conseiller d'Emmanuel Macron répond aux propos du Pape: 

(Closer) Le conseiller d'Emmanuel Macron Richard Ferrand a invité le Pape François au QG du mouvement En Marche ! pour faire la connaissance du candidat à l'élection présidentielle.

Richard Ferrand lance une invitation au Pape François ! Le conseiller d'Emmanuel Macron et secrétaire général d'En Marche ! a réagi aux propos du pontife qui avouait récemment ne pas être au courant de la politique actuelle en France. Sur France 3, il a déclaré dimanche 30 avril d'un ton sec : "Si le pape veut faire connaissance, nous pouvons le recevoir au 99 rue de l'Abbé Groult (ndlr : adresse du QG de campagne d'Emmanuel Macron). Vous voyez, nous sommes logés dans une rue bien nommée pour accueillir sa sainteté." 

Il a ajouté que si le Pape ne sait pas d'où vient Emmanuel Macron, c'est aussi "le problème de beaucoup de Français". "Marine Le Pen, on sait trop d'où elle vient", a-t-il ajouté, taclant au passage la présidente du FN et adversaire de son candidat.

Election présidentielle en France: Le Pen-Macron, l'Eglise ne donne aucune consigne de vote

Au retour d'Egypte, le Pape François l'a laissé entendre durant sa conférence de presse aérienne: l'Eglise catholique respecte les opinions; pas de consigne de vote papale.

Après la stratégie médiatique de la chaise vide pour cashinvestigation, la coupe est plutôt pleine.

Les évêques français réagissent différemment. Trop de prélats s'exposent sans aucune légitimité, pour un choix qui relèvent des laïcs, des baptisés. 

Très honnêtement: sur la pédophilie la CDF pratique plutôt la politique médiatique de la chaise vide (cashinvestigation); sur cette élection présidentielle, Le Pen-Macron, elle pratique surtout la chaise pleine ! Toutes ces déclarations pour/contre deviennent un peu too much. Les fidèles attendent une inversion de la tendance ...

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La conférence des évêque de France a communiqué

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Le DOCAT, un petit livre sur la doctrine sociale de l'Eglise

La hiérarchie de l'Eglise ne fait pas de politique. Elle laisse cette forme de charité aux laïcs, la noble vocation des baptisés, plus compétents et mieux formés. Seule la doctrine sociale de l'Eglise assure une unité, qui se décline en toute liberté et en conscience pour chacun et chacune. Aucun parti ne reprend totalement l'enseignement social chrétien.

Un travail de pondération est donc nécessaire en tenant compte que l'Eglise défend chaque personne humaine, qu'elle soit réfugiée, étrangère, pas encore née, sans famille, ou proche de la mort ...  Rendons à César ce qui revient à César.

 

La photo du voyage du Pape en Egypte

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Une bonne photo vaut mieux qu'un long discours. Ce cliché résume à lui tout seul le voyage du Pape François en Egypte. 

Tout comme celui de Benoît XVI à la mosquée bleue (2006), suite à la polémique de Ratisbonne en 2005

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Ou cette photo du Pape François devant le mur de séparation entre les palestiniens et les israéliens. 

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Ou encore Saint Jean Paul II glissant son billet dans le mur des lamentations à Jérusalem

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QUI VEUT S’EN PRENDRE AU PAPE FRANÇOIS ? AVEC ARNAUD BEDAT ET NELLO SCAVO

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QUI VEUT S’EN PRENDRE AU PAPE FRANÇOIS ?

Source

Le pape fait face à une vive opposition de la part des conservateurs catholiques, mais aussi du milieu de la finance, des islamistes et de la mafia, selon deux récents livres. La Presse a rencontré le journaliste suisse Arnaud Bédat, auteur de François seul contre tous, lors de son passage à Montréal, et s’est entretenue au téléphone cet hiver avec le vaticaniste romain Nello Scavo, auteur des Ennemis du pape.

QUELLES SONT LES MENACES AUXQUELLES FAIT FACE FRANÇOIS ?

Unknown-5.jpegArnaud Bédat : Il y a eu un complot terroriste très réel aux Philippines et il y aura certainement des tentatives de la part des islamistes, qui n’aiment pas les déclarations de François voulant que l’islam soit compatible avec la démocratie. Ils préféraient Benoît XVI, qui a écrit [en 2004 dans son livre Foi, vérité, tolérance] que l’islam n’admet pas de « séparation entre les sphères politique et religieuse », contrairement au christianisme. Au sein de l’Église, personne évidemment ne complote son assassinat, mais beaucoup de conservateurs aimeraient qu’il insiste davantage sur les interdits moraux et résistent à l’abolition de leurs privilèges, leurs grands appartements, la pompe.

Unknown-6.jpegNello Scavo : Je pense qu’on limite trop à l’Église l’opposition à François. Oui, des cardinaux lui résistent, mais il y a beaucoup plus grave : les islamistes, les grands banquiers, les élites qui contrôlent le monde, les criminels tentent activement de le discréditer, ou pire. Même les anarchistes de gauche sont contre lui, parce qu’il monopolise le discours sur la justice sociale d’une manière qui ne leur plaît pas, en insistant sur la nécessité de travailler et sur la responsabilité de l’individu envers la société.

EST-CE QUE LES DIFFÉRENTS CRITIQUES DU PAPE COORDONNENT LEURS ACTIONS ?

AB : Au sein de l’Église, certainement. On l’a vu avec la publication cet automne par quatre prélats, dont deux cardinaux, d’une lettre demandant à François de déclarer clairement que l’Église n’approuve ni l’homosexualité ni le divorce, puis cet hiver la publication anonyme d’autres critiques sous forme d’affiches dans Rome et un faux numéro de L’Osservatore romano [quotidien du Vatican]. Mais je pense qu’on exagère l’hostilité du secteur financier, qui émet simplement ses opinions et a certainement peu de contacts avec la hiérarchie de l’Église.

NS : C’est une association très lâche, avec des contacts épisodiques. Les ennemis de François n’ont rien en commun, hormis la haine qu’ils nourrissent à son endroit. Mais je pense qu’elle est assez forte pour avoir suscité des discussions çà et là entre les élites bancaires, la mafia, l’American Enterprise Institute, qui contrôle la politique américaine, et les trafiquants d’hommes des Balkans.

EN QUOI FRANÇOIS DIFFÈRE-T-IL DE SES PRÉDÉCESSEURS BENOÎT XVI ET JEAN-PAUL II ?

AB : Sur le plan du dogme, il n’y a pas de changement. Sous le pontificat de Jean-Paul II, Joseph Ratzinger [futur Benoît XVI] avait promulgué un catéchisme qui reconnaissait les « dons et qualités » des homosexuels. Tous parlent de l’importance de l’accueil. Il y a une certaine naïveté chez les médias qui ne voient pas que François dit les mêmes choses avec d’autres mots. Mais la rhétorique, l’image forte d’un pape qui lave les pieds des prisonniers, c’est important dans le monde moderne. Cela dit, François semble plus déterminé dans la tentative amorcée sous son prédécesseur de limiter les privilèges des dirigeants au Vatican. Et selon moi, il va permettre l’accession à la prêtrise des hommes mariés qui ne vivent plus avec leur épouse ou qui sont veufs.

NS : François a exactement les mêmes combats que Benoît XVI et Jean-Paul II, mais avec des mots beaucoup plus forts. Jean-Paul II avait compris l’importance de la communication, mais François porte la modernisation de la façon d’évangéliser le monde à un autre niveau, beaucoup plus sophistiqué.

QUELLE EST LA POSITION EXACTE DE FRANÇOIS SUR L’HOMOSEXUALITÉ ET LE DIVORCE ?

AB : Il n’y aura pas de mariage homosexuel catholique. Il n’adhère pas du tout aux objectifs des groupes LGBT occidentaux et dénonce souvent la volonté de considérer que le genre est différent du sexe d’une personne à sa naissance comme une forme de colonialisme imposé aux pays pauvres. Il veut que l’Église accueille les homosexuels au lieu de les condamner. Pour ce qui est de la communion aux divorcés, il a, en Argentine, baptisé des enfants de couples remariés et a même célébré des mariages. Mais il s’agit généralement de femmes abandonnées par leur mari pour qui il est important d’avoir un père pour leurs enfants, situation qu’on voit souvent dans les pays pauvres. Je ne pense pas qu’il aurait beaucoup de patience avec les divorces comme on en voit chez nous.

FRANÇOIS DÉNONCE LE SYSTÈME FINANCIER ET LE MANQUE DE SOUTIEN AUX DÉMUNIS, MAIS PARLE SOUVENT DE LA « DIGNITÉ DANS LE TRAVAIL » ET A ATTAQUÉ LES GOUVERNEMENTS DES KIRSCHNER EN ARGENTINE, QUI SE PRÉSENTAIENT COMME DES HÉRAUTS DE LA GAUCHE. N’EST-CE PAS UNE CONTRADICTION ?

AB : François s’intéresse aux démunis, aux laissés-pour-compte, à ceux qui n’ont rien, pas à la classe moyenne qui veut prendre sa retraite à 62 ans plutôt que 65, qui veut avoir plus de semaines de congé, qui ne veut pas avoir trop de pression pour recommencer à travailler quand elle est au chômage. Il s’intéresse par exemple beaucoup aux stages professionnels de la Suisse. Il parle aussi des embauches qui doivent se faire selon les compétences, pas par favoritisme. On peut penser qu’il ne tient pas aux règles d’embauche selon l’ancienneté non plus.

ILS S’OPPOSENT AU PAPE

Raymond Burke

Cardinal américain, responsable du tribunal suprême du Vatican jusqu’en 2014, il est l’un des signataires d’une lettre très critique à l’endroit de François, rendue publique l’automne dernier. Il a aussi eu plusieurs contacts avec Stephen Bannon, le conseiller de Donald Trump.

Carlo Caffara

Ancien archevêque de Bologne, il s’oppose publiquement aux politiciens appuyant le mariage entre conjoints du même sexe et est l’un des signataires de la lettre de l’automne dernier.

Wilfrid Napier

Cardinal sud-africain, il affirme sur toutes les tribunes que l’ouverture de François envers les homosexuels et les divorcés minent la réputation de l’Église en Afrique.

Stanislaw Gadecki

Cet ancien favori de Jean-Paul II n’a pas été nommé cardinal par ses successeurs, à son grand dam, et a affirmé que François « s’éloignait de l’héritage de Jean-Paul II ».

Horacio Verbitsky

Ce journaliste argentin, qui a collaboré tant avec la dictature qu’avec les terroristes des Montoneros, a lancé la rumeur voulant que Jorge Bergoglio, futur pape François, ait livré aux militaires argentins deux jésuites contestataires durant la dictature, à la fin des années 70. Selon Arnaud Bédat, il a manipulé une citation pour appuyer sa théorie.

Election présidentielle Macron-Le Pen: le Pape ne donne pas de consigne de vote

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«Des deux candidats politiques, je ne connais pas l'histoire. Je sais que l'un représente la droite forte mais l'autre, vraiment je ne sais pas qui il est. Alors je ne peux pas donner une opinion claire sur la France».

Election présidentielle Macron-Le Pen: le Pape ne donne pas de consigne de vote

Ce qui est vrai, c'est que l'Europe est en danger de se dissoudre.

Il y a un problème qui fait peur et qui, peut-être, alimente le problème de l'immigration. C'est vrai. Mais n'oublions pas que l'Europe a été faite par les migrants!

Des siècles et des siècles d'immigrants, voilà ce que nous sommes!

«Vous avez parlé, à l'université Al-Azhar, des «populismes démagogiques». Les catholiques français en cette période, sont tentés par le vote populiste ou extrême. Ils sont divisés et désorientés. Quels pourraient être les éléments de discernement que vous pourriez donner à ces électeurs catholiques?»

«Vous savez que ce mot, “populisme”, j'ai dû le réapprendre parce qu'en Amérique du Sud, il a une autre signification.» «Il y a le problème de l'Europe. Ce que j'ai dit sur l'Europe je ne le répéterai pas aujourd'hui. Je l'ai dit à Strasbourg, lors de la réception du prix Charlemagne et à l'occasion des commémorations du 60e anniversaire du traité de Rome. 

«Devant cette question chaque pays est libre de faire les choix qu'il croit lui convenir. Je ne peux juger si ce choix est fait au motif de l'Europe ou pour un autre. Je ne connais pas la politique interne.»

«Ce qui est vrai, c'est que l'Europe est en danger de se dissoudre. Je l'ai dit avec douceur à Strasbourg, je l'ai répété plus fortement lors de la réception du prix Charlemagne, et, plus récemment, sans nuances. Nous devons méditer là-dessus. L'Europe qui va de l'Atlantique à l'Oural… Il y a un problème qui fait peur et qui, peut-être, alimente le problème de l'immigration. C'est vrai. Mais n'oublions pas que l'Europe a été faite par les migrants!

Des siècles et des siècles d'immigrants, voilà ce que nous sommes! C'est un problème que l'on doit étudier de près. Et en respectant les opinions. Mais des opinions considérées dans une discussion politique avec une majuscule. Une grande majuscule! Une grande Politique et non une petite politique du pays qui se termine à la fin par une chute.»

«Sur la France, je vous le dis en vérité: je ne comprends pas la politique intérieure française… J'ai cherché à avoir de bons rapports avec l'ancien président Hollande. Il y a eu un conflit à un moment donné, mais on a pu en parler clairement, sur les causes et en respectant son opinion

«Des deux candidats politiques, je ne connais pas l'histoire. Je sais que l'un représente la droite forte mais l'autre, vraiment je ne sais pas qui il est. Alors je ne peux pas donner une opinion claire sur la France».

«Parlant des Catholiques, un homme m'a dit “mais pourquoi vous ne pensez pas à la politique en grand? A faire un parti pour les catholiques?”» Réponse de François: «Ce monsieur est quelqu'un de bien mais il vit au siècle dernier…»

«les populismes ont un rapport avec les immigrés mais ce n'est pas le sujet de ce voyage, si j'ai du temps ce soir, j'y reviendrai».

Egypte: conférence de presse du Pape François à bord de l'avion

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EGYPTE, POLITIQUE FRANÇAISE, CORÉE DU NORD, VENEZUELA… : LA CONFÉRENCE DE PRESSE DU PAPE DANS L’AVION 

Vatican - le 29/04/2017 | Par Agence I.Media

Dans l’avion de retour de son 18e voyage apostolique en Egypte, le pape François s’est prêté le 29 avril 2017 aux questions des journalistes. Pendant une trentaine de minutes, le Souverain pontife a souhaité répondre en priorité à ce qui concernait sa visite en Egypte. Il s’est aussi exprimé sur le populisme et le vote des catholiques en France, la Corée du nord et le Venezuela.

Egypte: conférence de presse du Pape François à bord de l'avion

Pour une rencontre avec Donald Trump

Le pape s'est dit être ouvert à la perspective de rendez-vous à Rome avec le président Donald Trump: «Je n'ai pas encore été informé par la secrétairerie d'État qu'il y ait eu une demande. Je reçois tous les chefs d'État qui formulent une demande.» - la rencontre devrait probablement se tenir au Vatican de la dernière semaine de mai.

La tension entre les États-Unis et la Corée du Nord.

( Zenit ) «Je les appelle et je les appellerai à travailler pour trouver une solution en empruntant le chemin diplomatique. Il y a tant de médiateurs dans le monde qui se proposent. La Norvège par exemple qui est toujours prête à aider. La voie est celle de la négociation, de la solution diplomatique. Cette guerre en morceaux est en morceaux mais les morceaux se sont multipliés et se sont concentrés sur des points qui déjà étaient chauds.

La question des missiles en Corée, on en parle depuis un an mais aujourd'hui il semble que cela se soit trop réchauffé. Une guerre large aujourd'hui détruirait une bonne partie de l'humanité mais aussi la culture… Ce serait terrible. L'humanité n'est pas capable de supporter cela aujourd'hui. Regardons les pays qui vivent la guerre au Moyen-Orient, en Afrique, au Yémen… Arrêtons! Cherchons une solution diplomatique. Les Nations unies ont le devoir de reprendre leur leadership. Elles se sont noyées.»

"Il y a plus de martyrs au Moyen-Orient que dans les premiers siècles"

La Russie: «J'ai vu que l'État Russe parlait de la défense des chrétiens du Moyen-Orient, c'est une bonne chose. Il y a plus de martyrs là que dans les premiers siècles.»

"Le seul fait d'être enfermés, sans rien faire, est un «lager» mais cela n'a rien à voir avec l'Allemagne.»

Sur le terme de «camps de concentration» qu'il avait utilisé pour qualifier les camps de réfugiés en Europe: « J'ai toujours admiré la capacité d'intégration de l'Allemagne. Quand j'ai étudié dans ce pays il y avait tant de Turcs. Et des Turcs intégrés! Ils participaient à une vie normale. Je n'ai donc pas commis de lapsus.

"Il y a des camps des camps de réfugiés qui sont des camps de concentration".

«Pensez un instant: que font ces gens qui sont enfermés et qui ne peuvent sortir. (…) Ils sont enfermés à l'intérieur!»

«Une histoire m'a fait rire. C'est un peu la culture italienne. Cela se passe dans un camp de réfugiés en Sicile. Les autorités de la ville, où se trouve un camp, ont parlé avec les gens de ce camp de réfugiés. Ils leur ont dit: “Il n'est pas bon pour vous de rester à l'intérieur pour votre santé mentale. Vous devez sortir, mais s'il vous plaît, ne faites pas de mauvais coups. Nous, nous ne pouvons pas ouvrir la porte. Mais faisons un trou dans la clôture, derrière! Vous sortez, vous faites une belle promenade!”

"Le seul fait d'être enfermés, sans rien faire, est un «lager» mais cela n'a rien à voir avec l'Allemagne".

C'est ainsi que ce sont créées de bonnes relations avec les habitants de ce village. Les réfugiés ne commettent pas de délinquance, ni de criminalité. Le seul fait d'être enfermés, sans rien faire, est un «lager» mais cela n'a rien à voir avec l'Allemagne.»

Sur le Venezuela Zenit

vendredi, 28 avril 2017

Discours du Pape François aux autorités égyptiennes: "Dieu n'a pas besoin d'être protégé par les hommes, c'est lui qui les protège"

Discours du Pape François aux autorités égyptiennes: "Dieu n'a pas besoin d'être protégé par les hommes, c'est lui qui les protège"

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"La paix est un don de Dieu mais elle est aussi un travail de l’homme. C’est un bien à construire et à protéger, dans le respect du principe qui affirme la force de la loi et non la loi de la force"

"Nous avons tous le devoir d’enseigner aux nouvelles générations que Dieu, le Créateur du ciel et de la terre, n’a pas besoin d’être protégé par les hommes, au contraire c’est lui qui protège les hommes ; lui ne veut jamais la mort de ses enfants mais leur vie et leur bonheur ; il ne peut ni demander ni justifier la violence, au contraire il la déteste et la rejette".

L’Égypte « joue un rôle irremplaçable au Moyen Orient », a affirmé le pape François au premier jour de son voyage apostolique dans le pays, devant les autorités égyptiennes, le 28 avril 2017 : elle est « appelée… à sauver cette région bien-aimée de la famine de l’amour et de la fraternité; elle est appelée à condamner et à vaincre toute violence et tout terrorisme ».

Depuis l’Hotel Al-Màsah du Caire, devant quelque 800 représentants des institutions, du Corps diplomatique et de la société civile, le pape a rappelé que « sur le sol égyptien, a trouvé refuge et hospitalité la Sainte Famille ». Une hospitalité qui « reste dans la mémoire collective de l’humanité » et qui fait de l’Égypte « une terre qu’en un certain sens nous sentons tous comme nôtre ».

Très applaudi durant son discours, le pape François a encouragé les responsables à valoriser « le génie inné de ce peuple » pour « une Égypte où ne manquent à personne le pain, la liberté et la justice sociale ».

L’Égypte a « un devoir particulier », a-t-il fait observer en évoquant les attentats perpétrés dans le pays : « renforcer et consolider aussi la paix régionale, tout en étant, sur son propre sol, affectée par des violences aveugles ». « L’Égypte, qui en même temps construit et combat le terrorisme, est appelée à donner la preuve que ‘‘AL DIN LILLAH WA AL WATÀN LILGIAMIA’ / La foi est pour Dieu, la patrie est pour tous’’ », a-t-il insisté.

Et le pape de conclure : « Paix à ce pays bien-aimé ! Paix à toute cette région, en particulier à la Palestine et à Israël, à la Syrie, à la Libye, au Yémen, à l’Irak, et au Soudan du Sud ; paix à tous les hommes de bonne volonté ! »

AK

Discours du pape François

Monsieur le Président,
Honorables membres du Gouvernement et du Parlement,
Messieurs les Ambassadeurs et membres du Corps diplomatique,
Mesdames et Messieurs,

Al Salamò Alaikum / la paix soit avec vous !

Je vous remercie, Monsieur le Président, pour vos cordiales paroles de bienvenue et pour l’aimable invitation que vous m’avez adressée à visiter votre cher pays. Je garde vivant le souvenir de votre visite à Rome, en novembre 2014, tout comme celui de la rencontre fraternelle avec Sa Sainteté le Pape Tawadros II, en 2013, et avec le Grand Imam de l’Université d’Al-Azhar, le Docteur Ahmad Al-Tayyib, l’année dernière.

Je suis heureux de me trouver en Égypte, terre d’une très ancienne et noble civilisation, dont nous pouvons admirer les vestiges encore aujourd’hui et qui, dans leur majesté, semblent vouloir défier les siècles. Cette terre représente beaucoup pour l’histoire de l’humanité et pour la Tradition de l’Église, non seulement par son prestigieux passé historique – des pharaons, copte et musulman, – mais aussi parce que beaucoup de Patriarches ont vécu en Égypte ou l’ont traversée.

En effet, l’Égypte est mentionnée un grand nombre de fois dans les Saintes Écritures. Sur cette terre, Dieu a fait entendre sa voix, il « a révélé son nom à Moïse » (Jean-Paul II, Discours lors de la cérémonie de bienvenue, 24 février 2000 : Insegnamenti XXIII, 1 [2000], p. 248) et sur le mont Sinaï, il a confié les dix commandements divins à son peuple ainsi qu’à l’humanité. Sur le sol égyptien, a trouvé refuge et hospitalité la Sainte Famille : Jésus, Marie et Joseph.

L’hospitalité offerte avec générosité, il y a plus de deux mille ans, reste dans la mémoire collective de l’humanité et est source d’abondantes bénédictions qui s’étendent encore. L’Égypte est donc une terre qu’en un certain sens nous sentons tous comme nôtre ! Et comme vous le dites : ‘‘Misr um al dugna / L’Égypte est la mère de l’univers’’. Aujourd’hui, y trouvent également accueil des millions de réfugiés provenant de divers pays, dont le Soudan, l’Erythrée, la Syrie et l’Irak, réfugiés qu’on cherche à intégrer dans la société égyptienne avec un engagement admirable.

L’Égypte, en raison de son histoire et de sa situation géographique particulière, joue un rôle irremplaçable au Moyen Orient et dans le contexte des pays à la recherche de solutions à des problèmes aigus et complexes qui ont besoin d’être affrontés maintenant, pour éviter une dérive de violence plus grave encore. Je me réfère à cette violence aveugle et inhumaine causée par divers facteurs : par le désir borné de pouvoir, du commerce des armes, par de graves problèmes sociaux et par l’extrémisme religieux qui utilise le Saint Nom de Dieu pour perpétrer des massacres et des injustices inouïs.

Ce destin et cette tâche de l’Égypte constituent aussi le motif qui a conduit le peuple à aspirer à une Égypte où ne manquent à personne le pain, la liberté et la justice sociale. Certes, cet objectif deviendra une réalité à condition qu’ensemble tout le monde ait la volonté de transformer les paroles en actions, les légitimes aspirations en engagement, les lois écrites en lois appliquées, en valorisant le génie inné de ce peuple.

L’Égypte a donc un devoir particulier : renforcer et consolider aussi la paix régionale, tout en étant, sur son propre sol, affectée par des violences aveugles. Ces violences font souffrir injustement de nombreuses familles – dont certaines sont ici présentes – qui pleurent leurs fils et leurs filles.

Ma pensée va en particulier à toutes les personnes qui, ces dernières années, ont donné la vie pour sauvegarder leur patrie : les jeunes, les membres des forces armées et de la police, les citoyens coptes et tous les anonymes victimes de diverses actions terroristes. Je pense aussi aux assassinats et aux menaces qui ont provoqué un exode de chrétiens du Sinaï septentrional. J’exprime ma reconnaissance aux Autorités civiles et religieuses et à tous ceux qui ont offert accueil et assistance à ces personnes si éprouvées. Je pense également à ceux qui ont été touchés lors des attentats aux églises coptes, aussi bien en décembre dernier que récemment à Tanta et à Alexandrie. À leurs proches et à toute l’Égypte, vont mes plus sincères condoléances et ma prière au Seigneur afin qu’il accorde une prompte guérison aux personnes blessées.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,

je ne peux pas ne pas encourager l’audace des efforts pour la réalisation de nombreux projets nationaux, ainsi que les nombreuses initiatives qui ont été prises en faveur de la paix dans le pays et en dehors, en vue du développement appelé de tous les vœux, dans la prospérité et dans la paix, que le peuple désire et mérite.

Le développement, la prospérité et la paix sont des biens inaliénables qui méritent tout sacrifice. Ce sont également des objectifs qui demandent du travail sérieux, un engagement convaincu, une méthodologie appropriée et, surtout, le respect inconditionnel des droits inaliénables de l’homme, tels que l’égalité entre tous les citoyens, la liberté religieuse et d’expression, sans aucune distinction (cf. Déclaration universelle des droits de l’homme ; Constitution égyptienne de 2014, chap. III). Des objectifs qui exigent une attention spéciale au rôle de la femme, des jeunes, des plus pauvres et des malades. En réalité, le développement authentique se mesure à la sollicitude envers l’homme – cœur de tout développement – à son éducation, à sa santé et à sa dignité ; en effet, la grandeur de toute nation se révèle par le soin dont elle entoure réellement les plus faibles de la société : les femmes, les enfants, les personnes âgées, les malades, les personnes porteuses de handicap, les minorités afin que personne et aucun groupe social ne soit exclu ou laissé pour compte.

Face à une situation mondiale délicate et complexe, qui fait penser à celle que j’ai appelée une ‘‘guerre mondiale par morceaux’’, il faut rappeler qu’on ne peut pas construire la civilisation sans rejeter toute idéologie du mal, de la violence et toute interprétation extrémiste qui prétend annuler l’autre et anéantir les diversités, en manipulant et en outrageant le Saint Nom de Dieu.

Monsieur le Président, vous m’en avez parlé plus d’une fois et en diverses circonstances avec une clarté, qui mérite écoute et appréciation.

Nous avons tous le devoir d’enseigner aux nouvelles générations que Dieu, le Créateur du ciel et de la terre, n’a pas besoin d’être protégé par les hommes, au contraire c’est lui qui protège les hommes ; lui ne veut jamais la mort de ses enfants mais leur vie et leur bonheur ; il ne peut ni demander ni justifier la violence, au contraire il la déteste et la rejette. Le vrai Dieu appelle à l’amour inconditionnel, au pardon gratuit, à la miséricorde, au respect absolu de toute vie, à la fraternité entre ses enfants, croyants et non croyants.

Nous avons le devoir d’affirmer ensemble que l’histoire ne pardonne pas à ceux qui proclament la justice et pratiquent l’injustice ; elle ne pardonne pas à ceux qui parlent d’égalité et rejettent l’autre qui est différent. Nous avons le devoir de démasquer les vendeurs d’illusions sur l’au-delà, qui prêchent la haine pour voler aux gens simples leur vie présente et leur droit de vivre avec dignité, en les transformant en bois à brûler et en les privant de la capacité de choisir avec liberté et de croire avec responsabilité. Monsieur le président, vous avez dit il y a quelques instants que Dieu est le Dieu de la liberté, et cela est vrai. Nous avons le devoir de démonter les idées homicides et les idéologies extrémistes, en affirmant l’incompatibilité entre la vraie foi et la violence, entre Dieu les actes de mort.

En revanche, l’histoire honore les bâtisseurs de paix, qui, avec courage et sans violence, luttent pour un monde meilleur : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5, 9).

L’Égypte qui, au temps de Joseph, a sauvé les autres peuples de la famine (cf. Gn 47, 57), est donc appelée aujourd’hui également à sauver cette région bien-aimée de la famine de l’amour et de la fraternité; elle est appelée à condamner et à vaincre toute violence et tout terrorisme ; elle est appelée à donner le grain de la paix à tous les cœurs affamés de cohabitation pacifique, de travail digne, d’éducation humaine. L’Égypte, qui en même temps construit et combat le terrorisme, est appelée à donner la preuve que ‘‘AL DIN LILLAH WA AL WATÀN LILGIAMIA’ / La foi est pour Dieu, la patrie est pour tous’’, comme le dit la devise de la Révolution du 23 juillet 1952, manifestant qu’on peut croire et vivre en harmonie avec les autres, en partageant avec eux les valeurs humaines fondamentales et en respectant la liberté et la foi de chacun (cf. Constitution égyptienne de 2014, art. 5). Le rôle particulier de l’Égypte est nécessaire pour pouvoir affirmer que cette région, berceau des trois grandes religions, peut, voire doit se réveiller de la longue nuit de tribulation pour faire rayonner de nouveau les valeurs suprêmes de la justice et de la fraternité, qui sont le fondement solide et la voie obligatoire de la paix (cf. Message pour la Journée Mondiale de la Paix 2014, n. 4). De grandes nations, on ne peut peu attendre !

Cette année, se célèbrera le 70ème anniversaire des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et la République Arabe d’Égypte, l’un des premiers pays arabes à établir de telles relations diplomatiques. Elles ont toujours été caractérisées par l’amitié, par l’estime et par la collaboration réciproque. Je souhaite que ma présente visite puisse les consolider et les renforcer.

La paix est un don de Dieu mais elle est aussi un travail de l’homme. C’est un bien à construire et à protéger, dans le respect du principe qui affirme la force de la loi et non la loi de la force (cf. Message pour la Journée Mondiale de la Paix 2017, n. 1). Paix à ce pays bien-aimé ! Paix à toute cette région, en particulier à la Palestine et à Israël, à la Syrie, à la Libye, au Yémen, à l’Irak, et au Soudan du Sud ; paix à tous les hommes de bonne volonté !

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,

je voudrais adresser une salutation affectueuse et une accolade paternelle à tous les citoyens égyptiens, qui sont symboliquement présents dans cette salle. Je salue également les fils et les frères chrétiens qui vivent dans ce pays : les coptes orthodoxes, les gréco-byzantins, les arméniens orthodoxes, les protestants et les catholiques. Que Saint Marc, l’évangélisateur de cette terre, vous protège et nous aide à construire et à atteindre l’unité, si désirée par Notre Seigneur (cf. Jn 17, 20- 23). Votre présence dans ce pays n’est ni nouvelle ni fortuite, mais historique et inséparable de l’histoire de l’Égypte. Vous êtes une partie intégrante de ce pays et vous avez développé au cours des siècles une sorte de relation unique, une symbiose particulière, qui peut être prise comme exemple par d’autres nations. Vous avez démontré et vous démontrez qu’on peut vivre ensemble, dans le respect réciproque et dans la confrontation loyale, en trouvant dans la différence une source de richesse et jamais un motif d’affrontement (cf. Benoît XVI, Exhort. ap. postsyn. Ecclesia in Medio Oriente, nn. 24-25).

Merci pour votre chaleureux accueil. Je demande à Dieu Tout-puissant et Unique de combler tous les citoyens égyptiens de ses bénédictions divines. Qu’il accorde à l’Égypte paix et prospérité, progrès et justice et qu’il bénisse tous ses enfants !

« Béni soit l’Égypte, mon peuple », dit le Seigneur dans le Livre d’Isaïe (19, 25).

Shukram wa tahìah misr! / Merci et vive l’Égypte !

© Librairie éditrice du Vatican

Le Pape François en Egypte parle sans langue de bois aux musulmans: "tu ne tueras point" et la distinction entre le temporel et le spirituel

Le Pape François en Egypte parle sans langue de bois aux musulmans: "tu ne tueras point" et la distinction entre le temporel et le spirituel

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A lire: Le Cardinal Parolin Zenit: le Pape, un messager de la Paix

Source: I.Media Aymeric Pourbaix

Tu ne tueras point’

capture-d-ecran-2017-04-28-a-17-44-48-l125-h81.pngPour faire face à ce “défi civilisationnel”, le pape a recommandé de s’appuyer sur la dignité humaine et sur les dix commandements donnés à Moïse sur le Mont Sinaï – situé en Egypte – et notamment celui, central, du ‘Tu ne tueras point’.

“La violence est la négation de toute religiosité authentique”, a-t-il de nouveau rappelé. En tant que dignitaires religieux, “nous sommes tenus (…) de mettre en lumière les tentatives de justifier toute forme de haine au nom de la religion, et de les condamner comme des falsifications idolâtriques de Dieu”.

“Répétons un ‘non’ fort et clair à toute forme de violence”, a martelé le pontife, “affirmons ensemble l’incompatibilité entre violence et foi”, et “décrétons la sacralité de toute vie humaine”, a-t-il invité les représentants religieux réunis pour cette Conférence pour la paix.

Risque de confusion des domaines spirituel et temporel

S’inspirant de la vision chrétienne de la laïcité, ce défi suppose encore, a ajouté le pape François, de ne pas “reléguer la religion dans la sphère privée”, en “excluant Dieu de l’horizon”, mais de ne pas non plus confondre les sphères politique et religieuse, sans les distinguer.

Il existe en effet un risque, a relevé le pontife, que “la religion soit absorbée par la gestion des affaires temporelles, et tentée par les mirages des pouvoirs mondains qui en réalité l’instrumentalisent”. Dans l’islam, les deux sphères temporelle et spirituelle sont confondues, alors que le christianisme établit une distinction entre les deux domaines.

Egypte: le Pape François et le Pape copte Tawadros II signent une Déclaration commune

Egypte: le Pape François et le Pape copte Tawadros II signent une Déclaration commune

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La signature du texte commun par le Pape François et Tawadros II.

Une fois encore, les martyrs sont nos guides. Dans l’Église primitive, le sang des martyrs était la semence de nouveaux chrétiens. De même, de nos jours, puisse le sang des très nombreux martyrs être la semence d’unité parmi les disciples du Christ, un signe et un instrument de communion comme de paix pour le monde.

Radio Vatican 

(RV) Le Pape François, chef de l'Église catholique, et son homologue copte orthodoxe, Tawadros II, ont signé une Déclaration commune qui marque une nouvelle étape dans le rapprochement entre coptes et catholiques, en incluant le principe de reconnaissance mutuelle des baptêmes. Les deux Églises renoncent donc solennellement à la possibilité d'un deuxième baptême en cas de passage d'une juridiction à une autre.

Aujourd’hui nous, Pape François et Pape Tawadros II, en vue de satisfaire le cœur du Seigneur Jésus, ainsi que les cœurs de nos fils et filles dans la foi, nous déclarons mutuellement que, dans le même esprit et d’un même cœur, nous chercherons sincèrement à ne plus répéter le baptême qui a été administré dans nos respectives Églises pour toute personne qui souhaite rejoindre l’une ou l’autre. Nous confessons cela en obéissance aux Saintes Écritures et à la foi des trois Conciles œcuméniques célébrés à Nicée, à Constantinople et à Éphèse.

En voici le texte intégral.

Voyage apostolique en Égypte: Déclaration commune de Sa Sainteté François et de Sa Sainteté Tawadros II

Nous, François, Évêque de Rome et Pape de l’Église catholique, et Twardros II, Pape d’Alexandrie et Patriarche du Siège de saint Marc, remercions Dieu dans l’Esprit Saint de nous offrir la joyeuse occasion de nous rencontrer une fois encore, pour échanger une fraternelle accolade et pour nous unir de nouveau dans la prière. Nous glorifions le Tout-Puissant pour les liens de fraternité et d’amitié existant entre le Siège de saint Pierre et le Siège de saint Marc.

Le privilège d’être ensemble ici, en Égypte, est le signe que la solidité de notre relation s’accroît d’année en année, que nous grandissons dans la proximité, dans la foi et dans l’amour du Christ notre Seigneur. Nous remercions Dieu pour l’Égypte bien-aimée, cette ‘‘patrie qui vit en nous’’ comme aimait le dire Sa Sainteté Shenouda III, pour le ‘‘peuple béni de Dieu’’ (cf. Is 19, 25), avec cette antique civilisation des pharaons, avec l’héritage grec et romain, avec la tradition copte et la présence islamique. L’Égypte est le lieu où la Sainte Famille a trouvé refuge, une terre de martyrs et de saints.

Des jeunes martyrs égyptiens 

 

 

 

Notre profond lien d’amitié et de fraternité a son origine dans la pleine communion qui a existé entre nos Églises au cours des premiers siècles et qui était exprimée de multiples manières par les premiers Conciles œcuméniques, jusqu’au Concile de Nicée en 325 et par la contribution du courageux Père de l’Église saint Athanase, qui a reçu le titre de ‘‘Protecteur de la foi’’. Notre communion était exprimée par la prière et par des pratiques liturgiques similaires, par la vénération des mêmes martyrs et saints, ainsi que par le développement et par l’expansion du monachisme, suivant l’exemple du grand saint Antoine, connu comme le Père des moines.

Cette même expérience de communion avant le temps de la séparation a une signification spéciale dans nos efforts pour restaurer la pleine communion aujourd’hui. La plupart des relations existant au cours des premiers siècles entre l’Église catholique et l’Église copte orthodoxe ont perduré jusqu’aujourd’hui malgré les divisions, et ont été revivifiées récemment. Elles nous incitent à intensifier nos efforts communs afin de persévérer dans la recherche d’une unité visible dans la diversité, sous la conduite de l’Esprit Saint.

Nous nous souvenons avec gratitude de la rencontre historique, il y a quarante-quatre ans, entre nos prédécesseurs, le Pape Paul VI et le Pape Shenouda III, dans une accolade de paix et de fraternité, après plusieurs siècles où nos liens mutuels d’amour n’étaient pas capables de trouver une expression à cause de la distance qui est survenue entre nous. La Déclaration commune qu’ils ont signée le 10 mai 1973 a représenté un jalon sur le chemin de l’œcuménisme, et a servi de point de départ à la Commission pour le dialogue théologique entre nos deux Églises, qui a porté beaucoup de fruit et a ouvert la voie à un dialogue plus large entre l’Église catholique et toute la famille des Églises Orientales orthodoxes.

Dans cette Déclaration, nos Églises ont reconnu que, en lien avec la tradition apostolique, elles professent «une foi dans le Dieu Un Trine» et «la divinité de l’Unique Fils né de Dieu… Dieu parfait pour ce qui est de sa divinité, et homme parfait pour ce qui est de son humanité». Il a également été reconnu que «la vie divine nous est donnée et est nourrie en nous à travers les sept sacrements» et que «nous vénérons la Vierge Marie, Mère de la Vraie Lumière», la «Theotokos».

C’est avec une profonde gratitude que nous nous rappelons notre rencontre fraternelle à Rome, le 10 mai 2013, et la proclamation du 10 mai comme le jour où chaque année nous approfondissons l’amitié ainsi que la fraternité entre nos Églises. Cet esprit renouvelé de proximité nous a rendus capables de reconnaître une fois encore que le lien qui nous unit était reçu de notre unique Seigneur le jour de notre baptême. Car c’est à travers le baptême que nous devenons membres du corps unique du Christ qu’est l’Église (cf. 1 Co 12, 13). Cet héritage commun est la base du pèlerinage que nous faisons ensemble vers la pleine communion, tandis que nous grandissons dans l’amour et la réconciliation.

Nous sommes conscients d’avoir encore un long chemin à parcourir dans ce pèlerinage, cependant nous nous souvenons de tout ce qui a été déjà accompli. En particulier, nous nous rappelons la rencontre entre le Pape Shenouda III et saint Jean-Paul II, venu en Égypte en pèlerin durant le Grand Jubilé de l’an 2000. Nous sommes déterminés à suivre leurs pas, animés par l’amour du Christ le Bon Pasteur, profondément convaincus qu’en marchant ensemble, nous grandissons dans l’unité. Puissions-nous puiser notre force de Dieu, parfaite source de communion et d’amour !

Cet amour trouve sa plus profonde expression dans la prière commune. Lorsque des chrétiens prient ensemble, ils en viennent à réaliser que ce qui les unit est plus grand que ce qui les divise. Notre désir d’unité est inspiré par la prière du Christ «que tous soient un» (Jn 17, 21). Approfondissons nos racines communes dans la foi apostolique en priant ensemble et en recherchant les traductions communes de la Prière du Seigneur et une date commune pour la célébration de Pâques.

Alors que nous cheminons vers le jour béni où, enfin, nous serons rassemblés autour de la même table eucharistique, nous pouvons coopérer dans plusieurs domaines et démontrer d’une manière tangible la grande richesse qui nous unit déjà. Nous pouvons témoigner ensemble de valeurs fondamentales telles que la sainteté et la dignité de la vie humaine, le caractère sacré du mariage et de la famille, ainsi que le respect de toute la création, qui nous a été confiée par Dieu.

Face à de nombreux défis contemporains comme la sécularisation et la globalisation de l’indifférence, nous sommes appelés à offrir une réponse commune fondée sur les valeurs de l’Évangile et sur les trésors de nos traditions respectives. À ce sujet, nous sommes encouragés à entreprendre une étude plus approfondie des Pères orientaux et latins, et à promouvoir un échange fructueux sur le plan pastoral, spécialement dans la catéchèse, et pour un mutuel enrichissement spirituel entre des communautés monastiques et religieuses.

Notre témoignage chrétien commun est un signe de réconciliation et d’espérance rempli de grâce pour la société égyptienne et pour ses institutions, un grain semé pour porter des fruits de justice et de paix. Puisque nous croyons que tout être humain est créé à l’image de Dieu, nous luttons pour la sérénité et la concorde à travers une cohabitation pacifique des chrétiens et des musulmans, en témoignant ainsi du désir de Dieu pour l’unité et l’harmonie de la famille humaine tout entière et pour l’égale dignité de chaque être humain. Nous partageons la préoccupation pour le bien-être et l’avenir de l’Égypte.

Tous les membres de la société ont le droit et le devoir de participer pleinement à la vie de la nation., en jouissant de la pleine et égale citoyenneté et en collaborant pour bâtir leur société.  La liberté de religion, incluant la liberté de conscience, enracinée dans la dignité de la personne, est la pierre angulaire de toutes les autres libertés. C’est un droit sacré et inaliénable.

Intensifions notre inlassable prière pour tous les chrétiens en Égypte et de par le monde entier, et spécialement au Moyen Orient. Les expériences tragiques ainsi que le sang versé par nos fidèles persécutés et tués pour la seule raison d’être chrétiens rappellent à nous tous combien davantage l’œcuménisme du martyre nous unit et nous encourage sur le chemin de la paix et de la réconciliation. Car, comme l’a écrit saint Paul : «Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance» (1 Co 12, 26).

Le mystère de Jésus qui est mort et ressuscité par amour se trouve au cœur de notre cheminement vers l’unité. Une fois encore, les martyrs sont nos guides. Dans l’Église primitive, le sang des martyrs était la semence de nouveaux chrétiens. De même, de nos jours, puisse le sang des très nombreux martyrs être la semence d’unité parmi les disciples du Christ, un signe et un instrument de communion comme de paix pour le monde.

Obéissant au travail de l’Esprit Saint, qui sanctifie l’Église, la garde tout au long des siècles, et la conduit vers la pleine unité – cette unité pour laquelle Jésus a prié :

Aujourd’hui nous, Pape François et Pape Tawadros II, en vue de satisfaire le cœur du Seigneur Jésus, ainsi que les cœurs de nos fils et filles dans la foi, nous déclarons mutuellement que, dans le même esprit et d’un même cœur, nous chercherons sincèrement à ne plus répéter le baptême qui a été administré dans nos respectives Églises pour toute personne qui souhaite rejoindre l’une ou l’autre. Nous confessons cela en obéissance aux Saintes Écritures et à la foi des trois Conciles œcuméniques célébrés à Nicée, à Constantinople et à Éphèse.

Nous demandons à Dieu notre Père de nous guider, dans le temps et par les moyens que l’Esprit Saint choisira, vers la pleine unité dans le Corps mystique du Christ.

Laissons-nous, donc, guider par les enseignements et par l’exemple de l’apôtre Paul, qui a écrit : «Ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous» (Ep 4, 3-6).

(CV)

"Votre souffrance est notre souffrance", lance le pape aux orthodoxes visés par les attentats

28.04.2017 par Aymeric Pourbaix, I.MEDIA, depuis le Caire

RV25183_Articolo.jpgA l’issue de la première journée de son voyage apostolique en Egypte, le 28 avril 2017, le pape François s’est rendu auprès du patriarche copte orthodoxe Tawadros II au siège du patriarcat. Le successeur de Pierre a souligné la fécondité des nombreux martyrs de ce pays pour l’unité des chrétiens.

Après une brève rencontre en privé avec le patriarche copte d’Alexandrie et de toute l’Afrique, le pape François s’est adressé aux différentes délégations chrétiennes présentes: “que de martyrs dans ce pays, depuis les premiers siècles du christianisme”, s’est exclamé le pape, qui ont vécu la foi héroïquement et jusqu’au bout, “en versant leur sang plutôt que de renier le Seigneur”.

Le sang innocent de fidèles sans défense

Encore récemment, a rappelé le pontife en parlant des attentats contre les coptes en avril et décembre dernier, “le sang innocent de fidèles sans défense a été cruellement versé”. Mais “leur sang innocent nous unit”, a-t-il cependant souligné.

“Très cher Frère, s’est-il adressé au patriarche copte, tout comme la Jérusalem céleste est unique, unique est notre martyrologe, et vos souffrances sont aussi nos souffrances”. Il a en outre demandé de prier pour que “tant de sacrifices ouvrent la voie à un avenir de pleine communion entre nous et de paix pour tous”.

La sainteté au désert

Dans cette “merveilleuse histoire de sainteté de cette terre”, le pape François a également mentionné, après les persécutions, l’émergence dans le désert égyptien du monachisme, “vie nouvelle qui a fait fleurir de sainteté le désert”. Le monachisme chrétien est en effet né dans le désert d’Egypte au 4e siècle, avec saint Antoine, avant d’être ‘importé’ en Occident.

Dans son discours d’introduction, le patriarche copte Tawadros II a notamment remercié l’Eglise catholique pour l’œuvre accomplie par les ordres religieux – religieuses, jésuites, dominicains – en matière de culture et d’instruction en Egypte. Ceux-ci, a-t-il affirmé, ont apporté  l’expérience moderne  et contribué au développement de toute la société égyptienne.

Rompre ensemble le pain sur l’autel sacré

Le 118e patriarche copte d’Alexandrie a aussi confié attendre “le jour où nous romprons ensemble le pain sur l’autel sacré”. Le prédécesseur de l’actuel patriarche, Chenouda III, avait jusqu’à présent interdit aux catholiques de communier au cours d’une eucharistie orthodoxe en Egypte.

A l’issue de la rencontre, le pape et le patriarche ont signé une déclaration commune, avant de participer à une prière œcuménique en faveur des coptes tués lors des récents attentats. Dans cette déclaration, les deux chefs religieux rappellent la déclaration conjointe du pape Paul VI et du patriarche Chenouda III, en 1973. En matière de sacrements, le pape François et Tawadros II affirment notamment leur désir commun de partager la même table eucharistique, et de ne pas ‘rebaptiser’ un fidèle déjà baptisé dans une autre confession chrétienne.

(cath.ch/imedia/ap/be)

Le Pape François en Egypte s'exprime à l'Université Al-Azhar du Caire:"aujourd’hui, il faut des des pompiers et non des pyromanes"

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(Photo: Philippine de Saint Pierre KTO)

Le Pape François en Egypte s'exprime à l'Université Al-Azhar du Caire: "aujourd’hui, il faut des des pompiers et non des pyromanes". 

La violence, en effet, est la négation de toute religiosité authentique.

Seule la paix est sainte et aucune violence ne peut être perpétrée au nom de Dieu, parce qu’elle profanerait son Nom.

Aujourd’hui, il faut des bâtisseurs de paix, non des armes ; aujourd’hui il faut des bâtisseurs de paix, non des provocateurs de conflits ; des pompiers et non des pyromanes ; des prédicateurs de réconciliation et non des propagateurs de destruction.

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Le Pape François a confié son voyage à la Vierge Marie (Photo Greg Burke)

(A lire: discours aux autorités d'Egypte, Zenit)

 

VOYAGE APOSTOLIQUE DU PAPE FRANÇOIS EN ÉGYPTE

(28-29 AVRIL 2017)

DISCOURS DU SAINT-PÈRE
AUX PARTICIPANTS À LA
CONFÉRENCE INTERNATIONALE POUR LA PAIX

Al-Azhar Conference Centre, Le Caire
Vendredi 28 avril 2017

[Multimédia]


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Le Pape François dans l'avion vers l'Egypte (photo Greg Burke)

  

La vidéo avec Rome Reports

 

Al Salamò Alaikum !

C’est un grand don d’être ici et de commencer en ce lieu ma visite en Égypte, en m’adressant à vous dans le cadre de cette Conférence internationale pour la paix. Je remercie mon frère, le Grand Imam pour l’avoir conçue et organisée et pour avoir eu l’amabilité de m’inviter. Je voudrais vous proposer quelques pensées, en les tirant de la glorieuse histoire de cette terre, qui au cours des siècles est apparue au monde comme une terre de civilisation et une terre d’alliances.

C-gbnmIW0AAQXFq.jpgTerre de civilisation. Depuis l’antiquité, la société apparue sur les rives du Nil a été synonyme de civilisation : en Égypte, la lumière de la connaissance s’est hissée très haut, en faisant germer un patrimoine culturel inestimable, fait de sagesse et de talent, d’acquisitions mathématiques et astronomiques, de formes admirables d’architecture et d’art figuratif. La recherche du savoir et la valeur de l’instruction ont été des choix féconds de développement réalisés par les anciens habitants de cette terre. Ce sont également des choix nécessaires pour l’avenir, des choix de paix et pour la paix, car il n’y aura pas de paix sans une éducation adéquate des jeunes générations. Et il n’y aura pas une éducation adéquate pour les jeunes d’aujourd’hui si la formation offerte ne correspond pas bien à la nature de l’homme, en tant qu’être ouvert et relationnel.

L’éducation devient, en effet, sagesse de vie quand elle est capable de faire jaillir de l’homme, en contact avec Celui qui le transcende et avec ce qui l’entoure, le meilleur de lui-même, en modelant une identité non repliée sur elle-même. La sagesse recherche l’autre, en surmontant la tentation de se raidir et de s’enfermer ; ouverte et en mouvement, humble et en recherche à la fois, elle sait valoriser le passé et le mettre en dialogue avec le présent, sans renoncer à une herméneutique appropriée. Cette sagesse prépare un avenir dans lequel on ne vise pas à se faire prévaloir, mais à faire prévaloir l’autre comme partie intégrante de soi ; elle ne se lasse pas, dans le présent, de repérer des occasions de rencontre et de partage ; elle apprend du passé que du mal n’émane que le mal, et de la violence que la violence, dans une spirale qui finit par emprisonner. Cette sagesse, en rejetant la soif de prévarication, met au centre la dignité de l’homme, précieux aux yeux de Dieu, et une éthique qui soit digne de l’homme, en refusant la peur de l’autre et la crainte de connaître par ces moyens dont le Créateur l’a doté[1].

Justement dans le domaine du dialogue, spécialement interreligieux, nous sommes toujours appelés à marcher ensemble, convaincus que l’avenir de tous dépend aussi de la rencontre entre les religions et les cultures. En ce sens, le travail du Comité mixte pour le Dialogue entre le Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux et le Comité d’Al-Azhar pour le Dialogue nous offre un exemple concret et encourageant. Trois orientations fondamentales, si elles sont bien conjuguées, peuvent aider le dialogue : le devoir de l’identité, le courage de l’altérité et la sincérité des intentions. Le devoir d’identité, car on ne peut pas bâtir un vrai dialogue sur l’ambiguïté ou en sacrifiant le bien pour plaire à l’autre ; le courage de l’altérité, car celui qui est différent de moi, culturellement et religieusement, ne doit pas être vu et traité comme un ennemi, mais accueilli comme un compagnon de route, avec la ferme conviction que le bien de chacun réside dans le bien de tous ; la sincérité des intentions, car le dialogue, en tant qu’expression authentique de l’humain, n’est pas une stratégie pour réaliser des objectifs secondaires, mais un chemin de vérité, qui mérite d’être patiemment entrepris pour transformer la compétition en collaboration.

Éduquer à l’ouverture respectueuse et au dialogue sincère avec l’autre, en reconnaissant ses droits et ses libertés fondamentales, spécialement la liberté religieuse, constitue la meilleure voie pour bâtir ensemble l’avenir, pour être des bâtisseurs de civilisation. Car l’unique alternative à la civilisation de la rencontre, c’est la barbarie de la confrontation, il n’y en a pas d’autre. Et pour s’opposer vraiment à la barbarie de celui qui souffle sur la haine et incite à la violence, il faut accompagner et faire mûrir des générations qui répondent à la logique incendiaire du mal par la croissance patiente du bien : des jeunes qui, comme des arbres bien plantés, sont enracinés dans le terrain de l’histoire et, grandissant vers le Haut et à côté des autres, transforment chaque jour l’air pollué de la haine en oxygène de la fraternité.

Dans ce défi de civilisation si urgent et passionnant, nous sommes appelés, chrétiens et musulmans, ainsi que tous les croyants, à apporter notre contribution : « nous vivons sous le soleil d’un unique Dieu miséricordieux […] En ce sens, nous pouvons donc nous appeler, les uns les autres, frères et sœurs […], car sans Dieu la vie de l’homme serait comme le ciel sans le soleil » (Jean-Paul II, Discours aux autorités musulmanes, Kaduna (Nigéria), 14 février 1982). Que se lève le soleil d’une fraternité renouvelée au nom de Dieu et que jaillisse de cette terre, embrassée par le soleil, l’aube d’une civilisation de la paix et de la rencontre ! Qu’intercède pour cela saint François d’Assise, qui, il y a huit siècles, est venu en Égypte et a rencontré le Sultan Malik al Kamil !

Terre d’alliances. En Égypte, ne s’est pas levé uniquement le soleil de la sagesse ; la lumière polychromatique des religions a également rayonné sur cette terre : ici, tout au long des siècles, les différences de religion ont constitué « une forme d'enrichissement mutuel au service de l'unique communauté nationale » (Id., Discours lors de la cérémonie d’arrivée, le Caire, 24 février 2000). Des croyances diverses se sont croisées et des cultures variées se sont mélangées, sans se confondre mais en reconnaissant l’importance de l’alliance pour le bien commun. Des alliances de ce genre sont plus que jamais urgentes aujourd’hui. En en parlant, je voudrais utiliser comme symbole le ‘‘Mont de l’Alliance’’ qui se dresse sur cette terre. Le Sinaï nous rappelle avant tout qu’une authentique alliance sur cette terre ne peut se passer du Ciel, que l’humanité ne peut se proposer de jouir de la paix en excluant Dieu de l’horizon, ni ne peut gravir la montagne pour s’emparer de Dieu (cf. Ex 19, 12).

Il s’agit d’un message actuel, face à la persistance d’un danger paradoxal, qui fait que d’une part on tend à reléguer la religion dans la sphère privée, sans la reconnaître comme dimension constitutive de l’être humain et de la société ; d’autre part, on confond, sans distinguer de manière appropriée, la sphère religieuse et la sphère politique. Il existe le risque que la religion en vienne à être absorbée par la gestion des affaires temporelles et à être tentée par les mirages des pouvoirs mondains qui, en réalité, l’instrumentalisent.

Dans un monde qui a globalisé beaucoup d’instruments techniques utiles, mais en même temps beaucoup d’indifférence et de négligences, et qui évolue à une vitesse frénétique, difficilement soutenable, on observe la nostalgie des grandes questions de sens, que les religions font émerger et qui suscitent la mémoire des propres origines : la vocation de l’homme, qui n’est pas fait pour s’épuiser dans la précarité des affaires terrestres, mais pour cheminer vers l’Absolu vers lequel il tend. C’est pourquoi, aujourd’hui spécialement, la religion n’est pas un problème mais fait partie de la solution : contre la tentation de s’accommoder à une vie plate, où tout naît et finit ici-bas, elle nous rappelle qu’il faut élever l’âme vers le Haut pour apprendre à construire la cité des hommes.

En ce sens, en tournant encore le regard vers le Mont Sinaï, je voudrais me référer à ces commandements, qui y ont été promulgués, avant d’être écrits sur la pierre [2]. Au centre des ‘‘dix paroles’’ résonne, adressé aux hommes et aux peuples de tous les temps, le commandement « tu ne tueras pas » (Ex 20, 13). Dieu, qui aime la vie, ne se lasse pas d’aimer l’homme et c’est pourquoi il l’exhorte à s’opposer à la voie de la violence, comme présupposé fondamental de toute alliance sur la terre. Avant tout et en particulier aujourd’hui, ce sont les religions qui sont appelées à réaliser cet impératif ; tandis que nous nous trouvons dans le besoin urgent de l’Absolu, il est indispensable d’exclure toute absolutisation qui justifie des formes de violence. La violence, en effet, est la négation de toute religiosité authentique.

En tant que responsables religieux, nous sommes donc appelés à démasquer la violence sous les airs d’une présumée sacralité, qui flatte l’absolutisation des égoïsmes au détriment de l’authentique ouverture à l’Absolu. Nous sommes tenus de dénoncer les violations contre la dignité humaine et contre les droits humains, de porter à la lumière les tentatives de justifier toute forme de haine au nom de la religion et de les condamner comme falsification idolâtrique de Dieu : son nom est Saint, il est Dieu de paix, Dieu salam (cf. Discours à la Mosquée Centrale de Koudoukou, Bangui [République centrafricaine], 30 novembre 2015). C’est pourquoi, seule la paix est sainte et aucune violence ne peut être perpétrée au nom de Dieu, parce qu’elle profanerait son Nom.

18194257_10212430269701194_2036799732733005389_n.jpgEnsemble, de cette terre de rencontre entre Ciel et terre, terre d’alliances entre les peuples et entre les croyants, redisons un ‘‘non’’ fort et clair à toute forme de violence, de vengeance et de haine commise au nom de la religion ou au nom de Dieu. Ensemble, affirmons l’incompatibilité entre violence et foi, entre croire et haïr. Ensemble, déclarons la sacralité de toute vie humaine opposée à toute forme de violence physique, sociale, éducative ou psychologique. La foi qui ne naît pas d’un cœur sincère et d’un amour authentique envers Dieu Miséricordieux est une forme d’adhésion conventionnelle ou sociale qui ne libère pas l’homme mais l’opprime. Disons ensemble : plus on grandit dans la foi en Dieu, plus on grandit dans l’amour du prochain.

Mais la religion n’est certes pas uniquement appelée à démasquer le mal ; elle a en soi la vocation de promouvoir la paix, aujourd’hui probablement plus que jamais[3]. Sans céder à des syncrétismes conciliants (Cf. Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 251), notre devoir est de prier les uns pour les autres, demandant à Dieu le don de la paix, de nous rencontrer, de dialoguer et de promouvoir la concorde en esprit de collaboration et d’amitié. Nous, en tant que chrétiens – et moi je suis chrétien – « nous ne pouvons invoquer Dieu, Père de tous les hommes, si nous refusons de nous conduire fraternellement envers certains des hommes créés à l’image de Dieu » (Concile Vatican II, Décl. Nostra aetate, n. 5).

Frères de tous. En outre, nous reconnaissons que, immergés dans une lutte constante contre le mal qui menace le monde afin qu’il ne soit plus « le lieu d’une réelle fraternité », à ceux qui « croient à la divine charité, [Dieu] apporte ainsi la certitude que la voie de l’amour est ouverte à tous les hommes et que l’effort qui tend à instaurer une fraternité universelle n’est pas vain » (Id., Const. past. Gaudium et spes, nn. 37-38). Au contraire, cet effort est essentiel : il sert à peu de chose ou il ne sert à rien, en effet, de hausser la voix et de courir nous réarmer pour nous protéger : aujourd’hui, il faut des bâtisseurs de paix, non des armes ; aujourd’hui il faut des bâtisseurs de paix, non des provocateurs de conflits ; des pompiers et non des pyromanes ; des prédicateurs de réconciliation et non des propagateurs de destruction.

On assiste avec désarroi au fait que, tandis que d’une part on s’éloigne de la réalité des peuples, au nom d’objectifs qui ne respectent personne, de l’autre, par réaction, surgissent des populismes démagogiques, qui certes n’aident pas à consolider la paix et la stabilité : aucune incitation à la violence ne garantira la paix, et toute action unilatérale qui n’engage pas des processus constructifs et partagés est, en réalité, un cadeau aux partisans des radicalismes et de la violence.

Pour prévenir les conflits et édifier la paix, il est fondamental d’œuvrer pour résorber les situations de pauvreté et d’exploitation, là où les extrémismes s’enracinent plus facilement, et bloquer les flux d’argent et d’armes vers ceux qui fomentent la violence. Encore plus à la racine, il faut combattre la prolifération des armes qui, si elles sont fabriquées et vendues, tôt ou tard, seront aussi utilisées.

Ce n’est qu’en rendant transparentes les sombres manœuvres qui alimentent le cancer de la guerre qu’on peut en prévenir les causes réelles. Les responsables des nations, des institutions et de l’information sont tous tenus à cet engagement urgent et grave, comme nous, responsables de civilisation, convoqués par Dieu, par l’histoire et par l’avenir, nous sommes tenus d’engager, chacun dans son domaine, des processus de paix, en ne nous soustrayant pas à l’édification de solides bases d’alliance entre les peuples et les États. Je souhaite que cette noble et chère terre d’Égypte, avec l’aide de Dieu, puisse répondre encore à sa vocation de civilisation et d’alliance, en contribuant à développer des processus de paix pour ce peuple bien-aimé et pour la région moyenne-orientale tout entière.

Al Salamò Alaikum !

 


[1] « D’autre part, une éthique de fraternité et de coexistence pacifique entre les personnes et entre les peuples ne peut se fonder sur la logique de la peur, de la violence et de la fermeture, mais sur la responsabilité, sur le respect et sur le dialogue sincère » : La non-violence, style d’une politique pour la paix, Message pour la Journée Mondiale de la Paix 2017, n. 5.

[2] « Ils ont été écrits dans la pierre ; mais avant cela, ils ont été écrits dans le cœur de l'homme comme la loi morale universelle, valable en tout temps et en tout lieu. Aujourd'hui comme toujours, les dix Paroles de la Loi fournissent les seules véritables bases pour la vie des personnes, des sociétés et des nations […], elles constituent le seul avenir pour la famille humaine. Elles sauvent l'humanité des forces destructrices de l'égoïsme, de la haine et du mensonge. Elles mettent en évidence les faux dieux qui maintiennent les hommes dans l'esclavage : l'amour de soi jusqu'au refus de Dieu, l'avidité pour le pouvoir et le plaisir qui bouleverse l'ordre de la justice et dégrade notre dignité humaine et celle de notre prochain ». Id., Homélie lors de la célébration de la Parole au Mont Sinaï, Monastère de Sainte Catherine, 26 février 2000.

[3] « Peut-être, plus que jamais dans l’histoire de l’humanité, le lien intrinsèque entre une attitude authentiquement religieuse et le grand bien de la foi est-il devenu évident pour tous » (Jean-Paul II, Discours aux Représentants des Églises chrétiennes et des Communautés ecclésiales et des religions mondiales, Assise, 27 octobre 1986, Insegnamenti IX, 2 (1986), p. 1268.

A la mosquée Al-Azhar, le pape condamne la violence au nom de Dieu

28.04.2017 par Aymeric Pourbaix, I.MEDIA, depuis le Caire

A la mosquée Al-Azhar, le pape François a condamné la violence au nom de Dieu. Lors de son 18e voyage apostolique hors d’Italie, le pape François est intervenu, le 28 avril 2017 au Caire, au cours de la Conférence internationale pour la paix organisée par l’université Al-Azhar.

Le Souverain pontife a prononcé un discours d’équilibre et sans concession, appelant à éduquer les jeunes générations à rejeter toute violence au nom de Dieu, la qualifiant de “falsification”.

Après une entrevue en privé de 20 minutes environ au Palais présidentiel d’Heliopolis, au nord-est du Caire, avec le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, au cours de laquelle le pontife devait insister sur la protection des chrétiens, le pape s’est rendu à la mosquée-université d’Al-Azhar.

Il n’existe pas d’autre alternative à la “barbarie de la confrontation” que la culture de la rencontre, a prévenu le pontife au cours de son discours. “Pour s’opposer vraiment à la barbarie de celui qui souffle sur la haine, a-t-il poursuivi, il faut (…) faire mûrir des générations”, qui répondent à la logique “incendiaire” du mal par la “croissance patiente du bien”.

‘Tu ne tueras point’

Pour faire face à ce “défi civilisationnel”, le pape a recommandé de s’appuyer sur la dignité humaine et sur les dix commandements donnés à Moïse sur le Mont Sinaï – situé en Egypte – et notamment celui, central, du ‘Tu ne tueras point’.

“La violence est la négation de toute religiosité authentique”, a-t-il de nouveau rappelé. En tant que dignitaires religieux, “nous sommes tenus (…) de mettre en lumière les tentatives de justifier toute forme de haine au nom de la religion, et de les condamner comme des falsifications idolâtriques de Dieu”.

“Répétons un ‘non’ fort et clair à toute forme de violence”, a martelé le pontife, “affirmons ensemble l’incompatibilité entre violence et foi”, et “décrétons la sacralité de toute vie humaine”, a-t-il invité les représentants religieux réunis pour cette Conférence pour la paix.

Risque de confusion des domaines spirituel et temporel

S’inspirant de la vision chrétienne de la laïcité, ce défi suppose encore, a ajouté le pape François, de ne pas “reléguer la religion dans la sphère privée”, en “excluant Dieu de l’horizon”, mais de ne pas non plus confondre les sphères politique et religieuse, sans les distinguer.

Il existe en effet un risque, a relevé le pontife, que “la religion soit absorbée par la gestion des affaires temporelles, et tentée par les mirages des pouvoirs mondains qui en réalité l’instrumentalisent”. Dans l’islam, les deux sphères temporelle et spirituelle sont confondues, alors que le christianisme établit une distinction entre les deux domaines.

Dialogue en vérité, sans syncrétisme

Le dialogue interreligieux, a expliqué le successeur de Pierre, n’est pas un “syncrétisme conciliant”. Il doit suivre trois orientations fondamentales: le “devoir d’identité”, sans ambiguïté ni complaisance; le “courage de l’altérité” et enfin la sincérité des intentions”. Le dialogue ne peut être une stratégie pour réaliser des fins secondaires, a-t-il remarqué, mais doit être une “voie de vérité”.

Avant son intervention lors de la Conférence pour la paix, le pape François avait rencontré en privé le cheikh Ahmad Al-Tayeb, Grand imam d’Al-Azhar, pendant une vingtaine de minutes. La mosquée d’Al-Azhar, construite en 969, un an après la conquête musulmane de l’Egypte par les Fatimides, est la plus ancienne université islamique. Gardienne de l’orthodoxie sunnite, elle accueille 300’000 personnes de l’ensemble du monde musulman.

Al-Azhar s’est opposée aux Frères musulmans lorsque ceux-ci ont voulu imposer leur idéologie politique radicale fondée sur l’islam, sous la présidence de Mohammed Morsi. Mais également à l’actuelle présidence d’Al-Sissi, lorsque celui-ci a demandé, il y a quelques semaines, une réforme du droit coranique, notamment en cas de divorce par répudiation, jusqu’à présent réduit à un simple mot prononcé trois fois.

(cath.ch/imedia/ap/be)

mercredi, 26 avril 2017

Le Pape François ne veut pas entrer dans le piège d'un guerre de religion avec l'islam

Le Pape François ne veut pas entrer dans le piège d'un guerre de religion avec l'islam

Unknown-3.jpegNombres de chrétiens reprochent au Pape François une approche angélique face à l'islam. 

Le Cardinal Secrétaire d'Etat Mgr Parolin a rappelé que le Saint Père ne veut surtout pas céder au piège tendu par les islamistes, les fondamentalistes, les extrémistes, les fanatiques, en clair l'Etat islamique ou Daesh.

Dans un monde en guerre, une guerre en morceaux, le but du Pape François consiste à construire des ponts, à dialoguer, à travailler avec les sages et bonnes personnes de la religion musulmane. Elles sont très et fort nombreuses, et peut-être trop silencieuses. 

Par rapport au monde musulman, complexe et vaste, l'unité n'existe pas. L'islam n'existe pas. Il y a des islams. Je pensais un temps que Magdi Cristiano Allam, baptisé catholique était fiable. Dès son départ de la foi catholique, je n'ai plus trop suivi ses discours. Ces attaques continuelles envers le Cardinal Tauran m'ont semblé peu équilibrées.

A l'aube du départ de notre Pape François pour l'Egypte, je partage un article du Père Boulad, jésuite égyptien, sans partager toutes ses opinions. Il est tout de même un grand connaisseur de l'histoire de l'islam. Certes, Sandro Magister, vaticaniste, est tout content de secouer le Pape François.

La mise en garde d’un jésuite égyptien face à l’islam, « religion de l’épée »

Unknown-2.jpegDans quelques jours, le vendredi 28 avril, le pape François atterrira dans une Egypte encore marquée par les massacres du dimanche des rameaux perpétré par des musulmans dans deux églises chrétiennes bondées de fidèles.

Pourtant, le mantra des autorités vaticanes, à commencer par le pape, continue à être que « l’islam est une religion de paix ».  Il est formellement interdit de parler de « guerre de religion » ou de « terrorisme islamique ».

« Civiltà Cattolica » avait bien tenté à une occasion d’affronter la réalité en face dans un éditorial de 2014 signé par le père Luciano Larivera qui écrivait ceci à propos de l’aile la plus belliqueuse du monde musulman :

« Il s’agit d’une guerre est une guerre de religion et d’anéantissement.  Elle instrumentalise le pouvoir pour la religion et non l’inverse. »

Mais le père Antonio Spadaro était immédiatement intervenu pour démentir cette vérité simple inopinément parue dans la revue qu’il dirige.

A la veille d’un voyage de François au Caire, voici pourtant que cette vérité refait surface, bien argumentée, cette fois dans les pages de l’Osservatore Romano, et à nouveau sous la plume d’un jésuite.

Le nom de ce dernier est Henri Boulad.  Il a 86 ans et est né à Alexandrie en Egypte.  Il est issu d’une famille syrienne de rite melkite qui a fui les massacres antichrétiens de 1860.  Il vit au Caire et ce qui va suivre est une partie de l’interview qu’il a accordée au quotidien du Saint-Siège en date du 13 avril, le jour du Jeudi Saint.

– Père Boulad, vous avez été recteur du Collège des jésuites au Caire où de nombreux musulmans et chrétiens ont étudié dans un exemple concret de vivre-ensemble. Et pourtant aujourd’hui le monde semble subir les assauts de ce même islam.

– Mais de quel islam parlons-nous ? Voilà toute la question. On trouve dans le Coran les versets de la Mecque et ceux de Médine. Dans ceux écrits à La Mecque, Mahomet tient un discours très ouvert qui parle d’amour et dans lesquels les juifs et les chrétiens sont nos amis, il n’y a pas d’obligation en matière de religion et Dieu est plus proche de nous. La première partie de la vie de Mahomet transmet donc un message spirituel, de réconciliation et d’ouverture.

Mais quand Mahomet quitte La Mecque pour fonder Médine, il y a un changement. De chef spirituel, il devient un chef d’Etat, militaire et politique. Aujourd’hui, ces versets de Médine forment les trois quarts du Coran et sont un appel à la guerre, à la violence et à la lutte contre les chrétiens.

Les musulmans des IXe et Xe siècles ont pris acte de cette contradiction et se sont mis ensemble pour tenter de la résoudre, le résultat fut qu’ils prirent cette décision désormais célèbre d’abrogeant et d’abrogé : les versets de Médine abrogent ceux de La Mecque. Mais ce n’est pas tout. Le soufisme fut mis à l’index et des bibliothèques entières furent incendiées en Egypte et en Afrique du Nord.

Il faudrait donc reprendre les versets originaux qui sont à la source, c’est-à-dire précisément les versets de La Mecque, mais ceux-ci sont abrogés, ce qui fait de l’islam une religion de l’épée.

– De nombreux observateurs et analystes parlent pourtant d’un islam modéré.

– L’islam modéré est une hérésie mais nous devons faire la distinction entre l’idéologie et les personnes, la majeure partie des musulmans sont des gens très ouverts, gentils et modérés. Mais l’idéologie présentée dans les manuels scolaires est quant à elle radicale.

Chaque vendredi, les enfants entendent la prédication de la mosquée qui est une incitation permanente : celui qui quitte la religion musulmane doit être puni de mort, il ne faut saluer ni une femme ni un infidèle. Heureusement cela n’est pas mis en pratique mais les frères musulmans et les salafistes souhaitent en revanche appliquer cette doctrine, les musulmans modérés n’ont pas voix au chapitre et le pouvoir se trouve dans les mains de ceux qui prétendent interpréter l’orthodoxie et la vérité.

Ceux qui ont le pouvoir aujourd’hui, ce ne sont pas les musulmans qui ont pris dans l’islam ce qui était compatible avec la modernité et avec la vie commune avec d’autres populations mais bien les musulmans radicaux, ceux qui appliquent une interprétation littérale et parfois instrumentale du Coran et qui refusent tout dialogue.

– Mais en agissant de la sorte, ils nient l’œuvre de tous les grands penseurs musulmans comme Avicenne ou Al-Ghazali.

– Oui, et c’est là le point sensible. La réforme qui s’est produite dans l’histoire de l’islam a été réfutée. par exemple, le calife abbasside El Maamoun né à Bagdad en 786 et mort à Tarse en 833, disciple des mutazilites, les rationalistes de l’islam, a bien tenté une réforme mais qui se souvient de lui aujourd’hui ? Ce qui a prévalu, c’est l’islam fermé et rigoriste de Mohammed ibn Abd al Wahhab.

La dernière réforme en date fut celle tentée par le cheikh Mahmoud Taha au Soudan, qui a été cependant pendu sur la place de Karthoum parce qu’il affirmait que les versets de La Mecque devaient abroger ceux de Médine.

Il s’agit d’un problème interne à l’islam qui ne propose pas de réponses aux questions de la vie moderne et se trouve face au besoin de se réformer. L’islam aurait besoin d’un Vatican II.

– Quels défis attendent aujourd’hui l’Egypte ?

– Un phénomène dont on parle assez peu, c’est l’athéisme. En Egypte, il y a plus de deux millions d’athées. Ils le sont devenus parce qu’ils ne supportent plus que la religion incite à la violence ou aux exécutions capitales. Dans cela, il n’y a rien de divin. Ils ne veulent plus du fanatisme ou de la liturgie comme répétition mécanique de gestes et de prières. Et abandonner la religion est quelque chose d’inédit en Egypte et dans le monde arabe.

Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.
 
Source

mardi, 25 avril 2017

Cardinal Müller: la grande masse des fidèles est trop fascinée par Medjugorje

yiiqqro6so5vp13dl3hgaowwmqszqx_lfufvx8e7xe_snel-zrv6lpwuioir5simxr5oygeqiljng5h4qzmr1n8hxl6oyq.jpgInterview du Cardinal par Aleteia: Amoris Laetitia, Medjugorje ... 

 

Cardinal Müller: la grande masse des fidèles est trop fascinée par Medjugorje

medjugorje-commission.jpgLe cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a précisé le 10 avril 2017 que la décision définitive du Saint-Siège sur les événements de Medjugorje pourrait prendre du temps.

Le prélat allemand a récemment accordé un entretien à l’agence de presse catholique polonaise KAI dans lequel il rappelle qu’un phénomène pastoral “ne saurait être basé sur de fausses fondations”. 

Cette déclaration intervient alors que Mgr Henryk Hoser, envoyé spécial du pape François à Medjugorje, est arrivé le 29 mars dernier dans le sanctuaire marial pour une mission d’ordre pastoral qui n’a pas à prendre position sur la réalité - ou non - des apparitions qui s'y dérouleraient depuis 36 ans. 

Mais pour le cardinal Müller, il n'est pas question d’équiparer Medjugorje à Fatima : dans le cas des apparitions de Fatima en 1917, au Portugal, a rappelé le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, il y avait « une invocation claire et catégorique contre la propagation du communisme et un appel prophétique à s’y opposer par la prière et le témoignage ». Les apparitions de Fatima avaient de plus été officiellement reconnues en 1930, soit 13 ans seulement après avoir eu lieu. 

Si les apparitions de Medjugorje venaient à être finalement reconnues par l’Eglise, il faudra « nuancer la position », a poursuivi le haut prélat. En effet, selon lui, « la grande masse des fidèles est trop fascinée par Medjugorje pour que le bien futur de l’Eglise locale soit dépendant de la véracité de ces apparitions ». 

Dans l’hypothèse inverse, de l’affirmation de la non-supernaturalité de ces événements, le cardinal Müller a vivement mis en garde: « un phénomène pastoral ne peut être basé sur de fausses fondations », insistant sur le fait qu'on ne peut pas "séparer les préoccupations pastorales des questions de l’authenticité de ces visions ».  

Des propos nuancés par rapport à ceux tenus le 5 avril par Mgr Hoser, qui avait affirmé lors d’une conférence de presse que le sanctuaire de Medjugorje pouvait permettre d’étancher « la soif de sacré » des 2,5 millions pèlerins qui s’y rendent annuellement. 

La position de l’Eglise demeure donc pour le moment celle édictée par la Conférence épiscopale yougoslave, en 1991, dans sa déclaration de Zadar : « On ne peut affirmer le caractère surnaturel de ces apparitions ou révélations ». 

(Sources : cath.ch / Imedia)

Et les Mistrals gagnants, avec Anne-Dauphine Julliand, en Suisse Romande

Et les Mistrals gagnants, avec Anne-Dauphine Julliand, en Suisse Romande

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Le Rex projette ce jeudi le film réalisé par Anne-Dauphine Julliand « Et les Mistrals gagnants ». Anne-Dauphine Julliand est l'auteure de "2 petits pas sur le sable mouillé" et "Une journée particulière".  

Bande Annonce

A voir absolument !!!

Fribourg, cinéma Rex, le jeudi 27 avril à 20h30, en avant première

Il s'agit de 5 petits enfants atteints de maladies très graves qu'on suit dans leur lutte contre la maladie et leur joie de vivre. C'est une magnifique ode à la vie !

Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual ont entre six et neuf ans. Ils vivent dans l‘instant. Avec humour et surtout l‘énergie optimiste de l‘enfance, ils nous prennent par la main, nous entraînent dans leur monde et nous font partager leurs jeux, leurs joies, leurs rires, leurs rêves, leur maladie. Avec beaucoup de sérénité et d‘amour ces cinq petits bouts d‘homme nous montrent le chemin du bonheur.

Année : 2017
Durée : 1h20
Pays : France

Le Patriarche Bartholomée Ier à Fribourg: interview exclusive

Le Patriarche Bartholomée Ier:  

"La foi chrétienne est une force de la paix, et il faut en témoigner par notre exemple". 

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Le Patriarche Bartholomée Ier à Fribourg: interview exclusive

 

Bartholomée Ier: "Pour nous, un crime commis au nom de la religion est un crime commis contre Dieu et la religion".

 

Lundi soir 24 avril 2017 à 17h, passée de quelques petites minutes, un événement œcuménique unique et historique s'est déroulé en la cathédrale de Fribourg. Le Prévôt Mgr Claude Ducarroz et le Chapitre cathédrale ont accueilli le Patriarche Bartholomée Ier de Constantinople. Le Patriarche de Constantinople est le premier parmi ses pairs des chefs des Eglises autocéphales formant les Églises orthodoxes.

C’est la première fois qu’un patriarche de Constantinople se rend en notre cathédrale où il est venu vénérer les reliques de Saint Nicolas, puis prononcer une conférence à l'Université de Fribourg.

ATS - Aleteia - Cath-fr.ch

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Le Suisse Rom@ain: Vous venez à Fribourg, dans la ville protégée par Saint Nicolas de Myre, originaire de Turquie, votre cher pays. Une relique du saint, un fémur, fait partie du patrimoine historique et spirituelle du chapitre de la cathédrale, via les moines de l'Abbaye d'Hauterive. Pourriez-vous nous partager vos impressions ? 

Saint Nicolas est un grand saint originaire d’Asie mineure, une région qui, comme nous le disons, génère des saints. Elle est « hagiotokos ». Nous sommes profondément touché de pouvoir vénérer une parcelle de ses saintes reliques dans une cathédrale catholique au cœur de l’Europe, comme nous nous sommes aussi rendu en pèlerinage à son tombeau à Bari en décembre dernier.

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Chez les orthodoxes, nous ne connaissons aucune église qui n’ait pas une icône de Saint Nicolas.

La sainteté est une catégorie centrale de notre vie ecclésiale. C’est un autre nom pour la vie en Christ. Chez les orthodoxes, nous ne connaissons aucune église qui n’ait pas une icône de Saint Nicolas. Il est le protecteur des navigateurs. Il est un saint très aimé et très proche des fidèles.

Vous vous engagez en faveur de la sauvegarde de la création, et vous êtes même cité dans l'Encyclique Laudato Si du Pape Françoise. Alors que les chrétiens orientaux sont persécutés, comment voyez-vous l'écologie comme facteur de Paix ? 

L’environnement naturel est notre maison commune. Nous ne pouvons pas nous préoccuper des hommes et en même temps détruire leur domicile. La destruction de l’environnement produit la pauvreté, la famine, l’animosité. C’est pourquoi notre engagement pour les questions écologiques est lié avec notre lutte pour une culture de la solidarité et la justice sociale.

C’est pourquoi l’écologie est un facteur de paix, et la paix et la justice sont des conditions positives pour un environnement sain. Les villes bombardées et les enfants massacrés sont l’expression d’une humanité éloignée de Dieu.

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Quel est votre message essentiel pour les chrétiens en Turquie ?

Qu’ils restent sur place, chez eux, dans une région qui fut le berceau du christianisme, et qu’ils continuent de témoigner d’une coexistence pacifique avec la majorité des autres habitants, en dépit de traditions religieuses diverses. La foi chrétienne est une force de la paix, et il faut en témoigner par notre exemple. 

Vous serez en Egypte du 28 au 29 avril prochain à côté du pape des copte Tawadros II. Les attentats ont très durement frappé les chrétiens. Vous êtes l'invité du grand imam de l’université Al-Azhar du Caire, plus haute autorité sunnite.

Pourriez-vous nous révéler quelques mots de votre message que vous adresserez au Caire au côté du Pape François ?

Nous sommes ému de nous rendre en Egypte, en même temps que le Pape François, de rencontrer les plus hautes autorités musulmanes du pays et de parler de la religion en tant que facteur de la paix, surtout après les récents attentats sanglants survenus le dimanche des Rameaux dans les églises coptes de Tanta et d’Alexandrie. 

Pour nous, un crime commis au nom de la religion est un crime commis contre Dieu et la religion. L’humanité attend de la religion un engagement plus résolu et un témoignage plus délibéré contre la violence et pour le respect et la protection de la dignité humaine. Nous sommes tous des créatures de Dieu.

Qu'est-ce que les catholiques occidentaux et les chrétiens peuvent faire concrètement pour promouvoir l'œcuménisme ? 

Pour promouvoir l’œcuménisme, nous devons concilier la fidélité à notre propre tradition avec l’ouverture vers les autres chrétiens. Le dialogue et la rencontre avec les autres est toujours un enrichissement et non pas un compromis ou reniement de notre identité. Nous ne perdons pas notre identité à travers le dialogue, mais au contraire, en rejetant la communication et en nous repliant sur nous-mêmes. Le homo clausus est un appauvrissement de l’être humain.

Quelles sont vos grandes préoccupations et les intentions de prières qui vous tiennent le plus à coeur ? 

Sauver la présence chrétienne dans « notre Orient chrétien ». Servir l’unité de l’Orthodoxie et l’unité des Chrétiens. Œuvrer pour la paix des religions et des cultures. Sauvegarder la création de Dieu. Protéger les enfants et la jeunesse. La vie en Christ comme liberté et agapé.

Propos recueillis par Le Suisse Rom@in

Peter Seewald: Benoît XVI, un docteur de l'Eglise de la modernité

Peter Seewald: Benoît XVI, un docteur de l'Eglise de la modernité 

Agathe Lukassek
www.katholisch.de
12 avril 2017


Unknown-1.jpegPeter Seewald multiplie depuis 25 ans les longs entretiens avec Joseph Ratzinger/Benoît XVI. Le journaliste trouve que le pape émérite n’est pas encore suffisamment apprécié dans sa patrie.

Monsieur Seewald, avez-vous rencontré Benoît XVI depuis la parution de votre dernier livre d’entretiens en septembre 2016 ?

Seewald
: Oui, je lui ai rendu visite en décembre et le ferai encore au mois de mailorsque l’agitation autour de son quatre-vingt-dixième anniversaire sera retombée. Ces rencontres durent environ une heure et j’ai toujours des questions à poser parce que les gens savent encore beaucoup trop peu de choses de Joseph Ratzinger/Benoît XVI.

C’est pourquoi cela ne devient jamais une conversation classique. Chaque rencontre est aussi toujours une réunion de travail. Nous ne sommes pas devenus des amis: pour mon travail de journaliste, la distance critique est indispensable. Un journaliste ne doit pas être un courtisan.


Comment va le pape émérite ? A quoi s’occupe-t-il ?

Seewald
: A cette question, il répond toujours « comme va un vieil homme ». On voit naturellement qu’il est devenu plus faible. Lors de nos rencontres, son esprit est toujours très présent, mais il parle maintenant un peu plus lentement et, bien sûr, il n’a plus tout à fait la mémoire d’éléphant dont il disposait autrefois. Lorsqu’on le rencontre, on ressent l’aura d’une vie hors pair, de son humilité et de sa douceur.



Vous avez conduit de longs entretiens, rassemblés dans quatre volumes, avec Joseph Ratzinger/Benoît XVI, sur une période de 20 années. En quoi la personne a-t-elle changé pendant tout ce temps ?

Seewald
: Notre première rencontre pour un portrait eut lieu en 1992. Je peux donc le suivre, comme journaliste, sur un quart de siècle. Sur une aussi longue période, j’ai pu passer au crible beaucoup de critiques: par exemple, l’image du « Pantzerkardinal ». Aucun de ceux qui le connaissent ne pourrait souscrire à cette image.

Dans sa personne, seul l’âge a changé – et les nouvelles responsabilités : archevêque, cardinal à la CDF puis pape. La vie de Ratzinger est marquée du sceau d’une incroyable constance. Les premières homélies qu’il écrivit comme étudiant contiennent déjà ce qu’il a exprimé dans les décennies suivantes. Je n’ai pas constaté de grandes ruptures et je considère comme une légende la théorie des « deux Ratzinger » : le premier qui serait moderne, et le second réactionnaire et conservateur. A

l’exception de Hans Küng, absolument personne ne soulignerait l’existence d’une rupture théologique. Il y a toutefois un Ratzinger, tel que les medias le présentent et un autre, celui qu’il est en réalité. Son élection comme pape et l’exercice de son ministère ont pu montrer cela au monde d’une manière impressionnante.


Qu’a-t-il donné au monde ?

Seewald
: Contrairement à ce qui se passe pour presque tous les autres papes, il y a, dans le cas de Ratzinger, une importance qu’il ne doit pas seulement au temps de son ministère pontifical. Avant le pontificat déjà, son œuvre était un phare. Il appartient à son héritage d’avoir voulu, à une époque éloignée de Dieu, conduire les hommes à la miséricorde du Christ, sans pour autant passer sous silence les avertissements et les commandements bibliques.

Benoît a abordé son pontificat en étant bien conscient qu’il ne lui restait qu’un petit nombre d’années et qu’il devait commencer par ce qui était le plus urgent. Etant donné le déclin du christianisme en Occident, le plus important à ses yeux était de renouveler et de confirmer la foi. Il dit que son intention fondamentale était de dégager de sa gangue le véritable cœur de la foi. Il a fait passer au second plan toutes les questions d’organisation ; quant à poser des gestes vains et à rechercher des effets, ce n’était pas le style de Ratzinger.


Quel est d’après vous le plus grand héritage que laisse Benoît XVI ?

Unknown.jpegSeewald :
Son héritage est le renouvellement de la foi : il nous a montré toute la figure de Jésus – le Jésus historique et le Jésus de la foi. Ratzinger est un intellectuel de premier plan, un des grands penseurs de notre temps et je peux m’imaginer que, dans l’avenir, on parlera de lui comme du « Docteur de l’Eglise » de la modernité. Il convainc non seulement par son savoir, mais aussi par son authenticité et par l’exemple personnel de sa vie.

Et au jour d’aujourd’hui, il faut souligner que Ratzinger est simplement le contraire d’un populiste. Ce qui comptait pour lui ce n’était pas ce que voulaient la mode ou les medias mais la volonté de Dieu. Alors qu’aujourd’hui, tout tourne autour du show et de l’émotion, et que les faits ne comptent pour rien, nous avons en Ratzinger un homme qui se reconnaissait avant tout une dette à l’égard de la vérité et du message de l’Evangile.

Dans les dernières années, sous les titres de vos recueils d’entretiens « Sel de la terre » et « Lumière du monde », on connaît surtout les romans historiques de Daniel Wolf [NdT : pseudonyme de Christoph Lode, auteur de romans historiques]. Cela vous gêne-t-il ?

Seewald
: Non, chacun peut écrire ce qu’il veut. Le succès de ces livres prouve qu’il y a un intérêt qui ne se dément pas pour l’Eglise catholique, qui reste toujours mystérieuse. Ce qui me heurte, c’est que des romans historiques soient marqués par une vision idéologique et qu’ils manipulent les faits.

Du reste, il faut regarder au-delà de l’Allemagne : mes quatre livres d’entretiens avec Ratzinger/Benoît XVI ont été traduits dans plus de 30 langues et se sont vendus dans le monde entier à des millions d’exemplaires. Il faut se défaire de l’impression que personne ne s’intéresserait à lui ou qu’il n’aurait pas de partisans. Les « Dernières conversations » ont aussitôt atterri en tête de la liste des bestsellers du Spiegel. Je ne vais pas m’en plaindre.


Le volume que vous venez de mentionner : « Dernières conversations », paru en septembre 2016, a tout de même soulevé des critiques : critiques adressées à Benoît et aussi sur la question de savoir si le livre ne voulait pas faire de l’histoire. Que répondez-vous à cela ?

Seewald
: Qu’il faut voir les choses de manière nuancée. D’abord, il faudrait écouter – et surtout en Allemagne – ce que le pape émérite a à nous dire. D’un autre côté, je peux comprendre qu’on se soit demandé pourquoi il apparaissait à nouveau sur la scène publique ; mais j’ai expliqué cela dans l’avant-propos du livre : les interviews n’étaient pas d’abord conçues pour constituer un volume indépendant mais comme document pour la rédaction d’une biographie.

J’ai pu toutefois convaincre Benoît XVI de publier le texte parce que les spéculations et les théories complotistes à propos de sa renonciation allaient toujours bon train. J’ai trouvé important qu’un tel pas historique fût expliqué encore une fois, et par la personne qui l’avait accompli. Je trouve aussi que les critiques émises par quelques-uns ont été utilisées pour s’en prendre encore une fois au pape allemand. On a même prétendu que le pape émérite serait vaniteux.

Mais tout le livre est une expression de son humilité et de son autocritique. Jamais encore un pape ne s’était exprimé de manière aussi critique à l’égard de son propre travail. C’est un livre important et une grande chance de jeter un regard rétrospectif sur la biographie, étendue sur un siècle, du premier pape allemand depuis 500 ans.


Quand on parle d’humilité, des théologiens posent à chaque fois la question de savoir pourquoi un pape émérite doit toujours être appelé « Saint Père » et porte les vêtements blancs du pape…

Seewald
: D’accord, si on n’a rien de mieux à faire… c’est là un grief et une pédanterie typiquement allemands. Je ne comprends pas pourquoi on ne se préoccupe pas du contenu et de savoir si, peut-être, il n’a pas raison dans certaines de ses déclarations. Celui qui voudrait indiquer au pape émérite comment il doit se faire appeler et comment il doit s’habiller, devrait se demander si un Joseph Ratzinger n’en sait peut-être pas plus que lui-même sur l’essence de la papauté et se dire que personne n’est plus à même que lui de fixer pour cela les normes correctes. C’est en vérité une nouveauté et il n’y pas d’exemple qui indique comment doit vivre, après son pontificat, un pape mérite.



Que souhaitez-vous à Benoît XVI pour son quatre-vingt-dixième anniversaire ?

Seewald
: Le pape émérite n’est pas un retraité qui s’adonnerait à la culture des roses : il est toujours là pour l’Eglise et porte ses soucis dans la prière. Avec son abondante correspondance et les nombreuses visites qu’il reçoit, il a encore malheureusement un programme chargé pour un nonagénaire. Je lui souhaite encore beaucoup de jours ensoleillés en bonne santé ainsi qu’une bonne mort. Mais surtout je lui souhaite beaucoup de disciples qui se laissent inspirer par son œuvre, son message, son amour de Dieu et des hommes, sa poésie et sa vie authentique à la suite du Christ et qui trouvent ce faisant leur propre chemin vers Dieu.

Je rejoins le pape François qui a dit que Benoît XVI a été un grand pape, dont l’esprit apparaîtra de plus en plus grand et puissant de génération en génération. Espérons que son travail sera aussi apprécié dans sa patrie et estimé à sa juste valeur. Avec lui, chacun savait que ce qu’il disait – même si cela peut paraître difficile ou anachronique – correspond toujours fidèlement à l’enseignement de l’Evangile et se trouve en continuité avec l’enseignement des Pères de l’Eglise et des réformes du Concile Vatican II. Cette certitude est, dans un temps de rupture et de perte des repères, d’une valeur inestimable.

samedi, 22 avril 2017

Les conflits continueront après le départ de Mgr Vitus Huonder

Sans-titre-1-7-800x450.jpgLes conflits continueront après le départ de Mgr Vitus Huonder

La présentation de la démission de Mgr Huonder au Pape François pour limite d'âge, 75 ans selon le droit canon, semble soulager un certain milieu. Les adjectifs qualificatifs ne manquent pas: ultraconservateur, autoritaire, homophobe ...

Certains relèvent une pratique de l'évêque démissionnaire comme source de conflit, l'homélie réservée aux prêtres. Cette décision relève de l'Eglise universelle répandue sur les cinq continents. Même le Pape François, qualifié pourtant de Pape rassembleur, pense la même chose. 

D'autres parlent souvent des mêmes polémiques: la communion des personnes divorcées remariées ou le mariage des personnes de même sexe. Pour la communion, qui requiert toujours l'état de grâce (absence de péchés mortels ou graves) Mgr Huonder avait proposé à s'avancer vers le prêtre en croisant les bras afin de recevoir la bénédiction. Il est certain que le Pape François pense également la même chose.

Pour le mariage des personnes de même sexe, toute l'Eglise catholique est sur la même ligne: une personne peut être bénie, car elle est aimée infiniment par Dieu. L'acte du mariage ne peut-être seulement et uniquement une union entre un homme et une femme. Un prêtre avait promis de ne plus bénir des unions homosexuels. Mgr Morerod avait joué avec diplomatie les médiateurs. 

Le gender a même été qualifié par le Pape François de colonisation idéologique soutenue par le milieu de l'argent. 

Unknown.jpegL'Eglise catholique n'est pas une ONG et son décryptage ne dépend pas des critères politiques, voir idéologiques, comme la gauche ou la droite, avec une évaluation des candidats possibles placés sur un demi-cercle séparant les conservateurs et progressistes, traités de fermé et ouvert.

L'analyse médiatico-religieuse est souvent auto-référentielle, avec presque toujours les mêmes personnes qui s'expriment, mettant parfois même dans l'ombre les aspects très positifs réalisées durant 10 ans*. Qui a entendu parler de l'action de Mgr Huonder en faveur des migrants et de la tolérance zéro en matière de pédophilie ?

Avant tout, le christianisme se réfère à une Personne et un événement: le Christ ressuscité. 

Au fond, qu'est-ce qui est reproché à Mgr Huonder ? D'être tout simplement catholique. Le nonce apostolique Mgr Gullickson, américain, avait osé le dire.

En matière de communication, même avec un porte-parole assez compétent, certains de ses propos manquaient certes d'humanité ou de tact, de prudence ou de connaissance des réactions du milieu médiatique.

Certes, l'évêque Huonder n'est pas parfait. A part Jésus et la Vierge, qui pourrait le prétendre ? Cependant, les chrétiens font avec la fragilité de leurs Pasteurs donnés et envoyés par Dieu, en pardonnant, en priant et en servant l'Eglise avec passion et désintéressement personnels. 

Il serait erroné de penser qu'un nouvel évêque apaisera rapidement les tensions. Le gouvernement du diocèse de Coire relève plutôt du miracle, tant le réseau de pouvoir est diffus, voir confus. La sagesse du droit canon, très utile pour assurer la justice et la résolution des conflits, est mis de côté.

Le prochain évêque sera simplement un martyr, sans mourir. Il lui faudra supporter la psychologie des uns et des autres. Cependant, Coire n'est pas la Syrie, l'Egypte ou un pays où les chrétiens sont sauvagement tués, des martyrs au quotidien.

*Les catholiques de Zurich remercient Mgr Huonder pour son action

22.04.2017 par Regula Pfeifer, kath.ch/traduction et adaptation: Raphaël Zbinden

Unknown-1.jpegLe conseil synodal de l’Eglise catholique dans le canton de Zurich remercie, dans un communiqué du 21 avril 2017, Mgr Vitus Huonder pour son action à la tête du diocèse de Coire. Le prélat grison a atteint, à cette date, l’âge de la retraite canonique et a présenté au pape sa démission.

Le conseil synodal se réjouit des projets dans lesquels “nous avons pu trouver avec Mgr Huonder des solutions communes de façon constructive”. L’exécutif de l’Eglise zurichoise considère en particulier comme positif la décision de l’évêché de mettre en place une instance d’arbitrage avec tous les cantons du diocèse. Les paroisses, institutions ecclésiastiques ou particuliers peuvent faire appel à cette instance en cas différends portant sur les diverses juridictions existant au sein de l’Eglise.

Cela montre que la direction du diocèse s’est engagée à collaborer avec les corporations ecclésiastiques, explique Aschi Rutz, chargée d’information du conseil synodal.

Engagement envers les migrants

Les catholiques zurichois mettent aussi au crédit de l’évêque sa contribution à l’élévation de la haute école de théologie de Coire au statut de haute école publique. Le canton des Grisons avait reproché à l’institution de fournir trop peu de postes d’assistants pour pouvoir renouveler son accréditation, relève Aschi Rutz. Mgr Huonder avait rendu possible la création des postes manquants. L’évêché s’est ainsi fortement engagé en faveur de la haute école, également au niveau financier.

Le conseil synodal salue en outre le travail réalisé par l’évêque en faveur des communautés issues de la migration. Il a en effet assuré la prise en charge des nombreuses nouvelles communautés telles que celle des érythréens, des syro-malabars, ou encore des chaldéens.

Tolérance zéro envers les abus sexuels

L’exécutif de l’Eglise zurichoise se réjouit finalement d’avoir élaboré et adopté en collaboration avec l’évêque grison le document de recommandations aux agents pastoraux concernant les abus sexuels (Empfehlungen bezüglich der Fortbildung der Seelsorgenden und betreffend Prävention sexueller Uebergriffe im kirchlichen Umfeld im Bistum Chur). Mgr Huonder a ainsi mis en place une politique de tolérance zéro en matière d’abus, assure le conseil synodal. (cath.ch/kath/rp/rz)

Fribourg, trois événements à ne pas manquer: la divine Miséricorde, le Patriarche Bartholomée à la cathédrale et le Père Ibrahim d'Alep

Fribourg, trois événements à ne pas manquer: la divine Miséricorde, le Patriarche Bartholomée et le Père Ibrahim d'Alep

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- Ce dimanche est le dimanche de la Miséricorde Divine. Nous sommes invités à vivre de 14h30 à 15h30 l’heure de la Miséricorde avec vénération des reliques de Sainte Faustine en notre cathédrale. Cette heure est suivie d’un enseignement donné par le Père Leszek, aumônier de l’université, à la Grand’Rue 14.

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Le Patriarche de Constantinople Bartholomée à la cathédrale et à l'Université de Fribourg

Baertholomée-Ier.jpg- Lundi soir à 17h aura lieu un événement œcuménique important en notre cathédrale. Le Chapitre cathédral accueillera le Patriarche Bartholomée de Constantinople. Le Patriarche de Constantinople est le premier parmi ses pairs des chefs des Eglises autocéphales formant l’Église orthodoxe. C’est la première fois qu’un patriarche de Constantinople se rend en notre cathédrale où il viendra vénérer les reliques de Saint Nicolas, puis prononcera une conférence à l'Université de Fribourg.

Ce sera aussi le dernier acte officiel de notre prévôt Claude Ducarroz puisque un nouveau prévôt lui succédera vendredi prochain. Nous sommes invités à participer à cette accueil doublé d’une petite célébration.

- Mardi soir à 18h30 à la salle 3113 à l’Université, le Père Ibrahim d’Alep donnera son témoignage sur son vécu en Syrie. Il dédicacera également son livre. Venez nombreux l’écouter.

jeudi, 20 avril 2017

Benoît XVI: "la confrontation entre des conceptions radicalement athées de l’État, et l’apparition d’un État radicalement religieux dans les mouvements islamistes, conduit notre temps dans une situation explosive, dont nous expérimentons les conséquences"

Benoît XVI: "la confrontation entre des conceptions radicalement athées de l’État, et l’apparition d’un État radicalement religieux dans les mouvements islamistes, conduit notre temps dans une situation explosive, dont nous expérimentons les conséquences chaque jour".

images.jpeg(RV) En Pologne, la conférence épiscopale et la présidence de la République ont organisé un symposium à l’occasion des 90 ans de Benoît XVI, sur le thème «Le concept d’État dans la perspective de l’enseignement du cardinal Joseph Ratzinger-Benoît XVI».

Le Pape émérite, dans un message aux participants, écrit que «la confrontation entre des conceptions radicalement athées de l’État, et l’apparition d’un État radicalement religieux dans les mouvements islamistes, conduit notre temps dans une situation explosive, dont nous expérimentons les conséquences chaque jour. Ces radicalismes exigent de façon urgente que nous développions une conception convaincante de l’État, qui soutienne la confrontation avec ces défis et puisse les surmonter.»

Dans ce message, Benoît XVI rend hommage aux deux plus grandes figures de l’Église polonaise au XXe siècle, le cardinal Stefan Wyszynski et le saint Pape Jean-Paul II, qui «continuent à indiquer la voie vers le futur». Dans «les tourments du dernier demi-siècle», la Pologne a donné à l’humanité ces deux hommes «qui ont porté sur eux la souffrance et l’expérience vivante» de l’humanité, remarque le Pape allemand.

L’évènement est également patronné par la Fondation Ratzinger et l’agence Kai. Dans un message signé par le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège, le Pape François dit espérer que la reconnaissance de «l’œuvre valeureuse» de son prédécesseur puisse susciter «un engagement renouvelé pour un dialogue respectueux et fécond entre l’État et l’Église, en vue de la construction de la civilisation de l’amour».

Le père Federico Lombardi, président de la Fondation Ratzinger, a relevé que le fait qu’un Pape allemand ait succédé à un Pape polonais, tous deux contemporains des drames de la Seconde guerre mondiale, fut un «message formidable de compréhension réciproque et profonde, de réconciliation et d’engagement de paix» et un «véritable don à l’Église et à l’humanité».

(CV-Vatican Insider)

Le pape François est disposé à recevoir Donald Trump, confirme le Saint-Siège

Vatican - le 20/04/2017 à 12:13:00 Agence I.Media
 

Unknown.jpegLe pape François est disposé à recevoir Donald Trump, confirme le Saint-Siège

Le pape François reçoit en audience tous les chefs d'Etats qui lui en font la demande et est donc disposé à accueillir Donald Trump, a déclaré Mgr Angelo Becciu, substitut aux Affaires générales de la Secrétairerie d’Etat, le 19 avril 2017. Le président américain doit se rendre en Italie les 26 et 27 mai prochains et pourrait demander à être reçu le pontife à cette occasion.

mercredi, 19 avril 2017

L'évêque de Coire, Mgr Vitus Huonder, atteint l'âge de la retraite

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L'évêque de Coire, Mgr Vitus Huonder, atteint l'âge de la retraite

19.04.2017 par Maurice Page

Evêque de Coire depuis 2007, Mgr Vitus Huonder fêtera ses 75 ans le 21 avril prochain. A cette date, le prélat, considéré comme ultra-conservateur, devra présenter sa démission au pape François. Sa succession agite les esprits en Suisse alémanique depuis des années. Une succession aussi redoutée qu’attendue.

suite

Marie qui refait les couples

Marie qui refait les couples

Aleteia

"Comme un enfant qui apprend à marcher, nous nous appuyons sur vous pour avancer à petits pas."

shutterstock_594264131.jpgLIFE, l’Institut pour la famille en Europe accueille les couples ou les personnes qui rencontrent des difficultés de toutes sortes. Au travers des accueils Louis et Zélie Martin, l’Institut offre une aide concrète et prend en charge certaines situations conflictuelles ou compliquées.

Mais l’activité de l’Institut pour la famille ne s’arrête pas là. Parmi les autres missions de l’Institut, une formation des accompagnateurs pour une meilleure harmonisation des pratiques, la participation à des conférences et enfin l’édition d’ouvrages originaux pour aider les familles.

Le premier de ces ouvrages est paru en novembre 2016 et rencontre un grand succès. Marie qui refait les couples est un petit ouvrage au prix très compétitif qui propose une neuvaine à Marie, des litanies et un atelier pratique. Il permet ainsi de confier à la Vierge les difficultés que nous pouvons rencontrer. La neuvaine à « Marie qui refait les couples » est par exemple l’occasion d’ouvrir quelques dossiers chauds de la vie conjugale en présence de Notre Dame. Les aborder sans Elle serait voué à l’échec car trop périlleux.

Extraits exclusifs

18010928_10211478527750255_2625510234649064521_n.jpgD’une grande simplicité, ce petit livre constitue le support idéal lorsque l’on ne sait plus par où commencer.

« Ô Marie, nous nous tournons vers vous car nous avons besoin de votre secours. Chaque jour, nous peinons à trouver le chemin pour faire grandir notre amour. C’est humblement et à genoux que nous venons vers vous les mains vides, venez les remplir de ce dont nous avons besoin pour aujourd’hui. »

« Notre vie ressemble à un écheveau emmêlé et nous ne savons par où commencer pour repartir du bon pied. Aussi, aidez-nous à combattre le voile de l’orgueil qui nous empêche de reconnaître les trésors d’amour et de tendresse qui sont cachés dans le cœur de notre époux (se). »

« Lorsque vient la tentation de douter de la renaissance que vous voulez pour notre couple, Marie, nous vous disons que nous voulons recommencer, un pas après l’autre, dans la docilité à l’Esprit-Saint. Trop souvent, nous pensons qu’un effort de l’autre est la seule réponse aux difficultés que nous traversons. Comme un enfant qui apprend à marcher, nous nous appuyons sur vous pour avancer à petits pas, lentement, avec confiance ; un acte d’amour succédant à un autre. »

« C’est avec humilité qu’il convient parfois de se présenter au Seigneur et à sa Mère qui peut nous aider et refaire les couples. »

« Ô Marie qui refait les couples, venez guérir nos cœurs des blessures nées du mensonge, de l’infidélité, de la jalousie. Tout est possible à celui qui s’appuie sur vous. Nous vous le demandons, restaurez en nous la confiance mutuelle et supprimez de notre mémoire la morsure du doute. Donnez-nous la force de choisir la prudence dans la tentation et apprenez-nous à vivre en vérité avec notre conscience. »

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Marie qui refait les couples, Neuvaine, Life, 4,90 euros.

Le Pape François et le Patriarche Bartholomée I de Constantinople seront ensemble au Caire

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Andrea Tornielli Vatican Insider

 

Le Pape François et le Patriarche Bartholomée I de Constantinople seront ensemble en Egypte les 28 et 29 avril

 
Des sources proches du patriarcat de Constantinople confirment à Vatican Insider que la décision d'accepter l'invitation a bel et bien été prise et que Bartolomée Ier sera au Caire.
 
francesco e bartolomeo-RfmkQpiDU8QUhZDtQ7tNekO-568x320@LaStampa.it.jpgLe Patriarche oecuménique de Constantinople sera au Caire les 28 et 29 avril, sur invitation du grand imam de la mosquée Al Azhar le cheikh Ahmed Mohamed el-Tayyib, pendant les mêmes jours de la visite du Pape François.
 
En ce moment difficile, alors que soufflent des vents de guerre, une présence significative qui réunie les chrétiens et leur témoignage d'unité comme un signe pour la paix dans le monde. Le Pape de Rome, le Patriarche de Constantinople seront ainsi très proches du Pape de l'Eglise copte Tawadros, dont la communauté chrétienne a été frappée et blessée à mort par les attentats des fondamentalistes. 
 
 
 
Bartolomée avait rendu public une lettre écrite à la main par le souverain pontife, dans laquelle François le remerciait pour son amitié en souhaitant le revoir rapidement. Dès lors, le Patriarche avait ajouté: "l'occasion pourrait être très proche: je suis également invité par l'Université d'Al Azhar au Caire et le 28 avril, en cette même occasion, cela pourrait être avec le Pape François".

L'amitié entre les évêques de Rome et de Constantinople, successeurs des Apôtres Pierre et André, a toujours été très cordiale. François et Bartholomée se sont rendus ensemble en Terre Sainte, en mai 2014 pour prier ensemble dans la basilique du Saint Sépulcre. Le Pape avait voulu que le Patriarche soit à ses côtés quelques jours plus tard, dans les jardins du Vatican, lors de la prière pour la Paix.

LE PATRIARCHE BARTHOLOMÉE IER SERA AU CAIRE AVEC LE PAPE FRANÇOIS

Vatican - le 19/04/2017 | Par Agence I.Media

Egypte/Bartholomée Ier  : Le patriarche Bartholomée Ier, primat de l'Église orthodoxe de Constantinople, a confirmé sa présence au Caire du 27 au 29 avril prochains, affirme l’ Avvenire , le journal des évêques italiens, le 18 avril 2017. Le pape François, Bartholomée Ier et le patriarche copte orthodoxe Tawadros II rencontreront ensemble le grand imam de l’université Al-Azhar du Caire, plus haute autorité de l’islam sunnite, le 28 avril, poursuit le journal.

mardi, 18 avril 2017

90 ans de Benoît XVI: "il y a eu des épreuves et des temps difficiles, mais Lui m’a toujours guidé et il m’en a sorti, de façon à ce que je puisse poursuivre mon chemin"

3945890912.jpgLe pape émérite Benoît XVI a fêté ses 90 ans entouré de son frère, Mgr Georg Ratzinger, et de Bavarois venus l’entourer autour d’une chope de bière.

« Mon cœur est plein de gratitude pour les 90 ans que le bon Dieu m’a donné. Il y a eu des épreuves et des temps difficiles, mais Lui m’a toujours guidé et il m’en a sorti, de façon à ce que je puisse poursuivre mon chemin ».

 C’est ce qu’a déclaré Benoît XVI devant ses hôtes, lundi 17 avril, au lendemain du jour de Pâques et de son anniversaire.

Face aux chasseurs alpins bavarois venus lui rendre visite, le pape émérite s’est également montré reconnaissant d’avoir hérité d’une « si belle patrie ». « La Bavière est belle depuis sa Création, a-t-il affirmé selon une traduction fournie par le Vatican. La Bavière est belle car on y connaît Dieu et on sait que c’est lui qui a créé le monde et que cela est bon lorsque nous le construisons avec lui. Je vous remercie d’avoir amené la Bavière jusqu’ici, la Bavière ouverte sur le monde, vivante, heureuse, qui est telle car elle a ses racines dans la foi. »

Visite de son frère, Georg

Réunis devant le monastère Mater Ecclesiae, au cœur des jardins du Vatican, où Benoît XVI s’est retiré il y a quatre ans, après avoir renoncé au pontificat, ses invités ont célébré avec lui son anniversaire dans le plus pur style bavarois : bière et chants étaient au rendez-vous. Comme de coutume, le frère aîné du pape émérite, Mgr Georg Ratzinger, avait fait le déplacement depuis Ratisbonne pour un bref séjour familial au Vatican.

« Je suis heureux que nous nous retrouvions sous ce beau ciel bleu romain, qui avec ses nuages blancs nous rappelle le drapeau blanc et bleu de la Bavière », a encore dit Benoît XVI.

Vendredi Saint, c’est le pape François qui lui avait rendu visite pour lui présenter ses vœux.

Marie Malzac

La pédophilie est un crime diabolique, l'avortement est un crime

La pédophilie est un crime diabolique, l'avortement est un crime

Curieuse scène médiatique sur la chaîne française LCI. Un prêtre se fait proprement engeuler pour avoir rappelé l'évidence, ce que dit le Concile Vatican II: "l'avortement est un crime abominable". 

Tout ce qui blesse profondément et atrocement un enfant, et qui tue un tout petit est un crime. Le pédophilie est un crime diabolique, l'avortement est un crime abominable. 

En 1975, Enrico Macias le chantait fort bien dans son tube:  

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qu'il soit un démon qu'il soit noir ou blanc
il a le coeur pur, il est toute innocence
qu'il soit né d'amour ou par accident
malheur à celui qui blesse un enfant
 
Nous pourrions paraphraser: malheur à celui qui blesse une maman !

 

lundi, 17 avril 2017

Benoît XVI et l'esprit de la liturgie: Mgr Marc Aillet sur KTO

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Benoît XVI et l'esprit de la liturgie: Mgr Marc Aillet sur KTO

Le Cardinal Ratzinger a incontestablement marqué de son empreinte la liturgie de l'Eglise catholique. Il a souhaité relancé un mouvement liturgique. Le Cardinal Sarah marche sur ses traces. 

Si Benoît XVI négligeait passablement les médias et la communication, rien de tel pour le Pape François. Nous avons assisté à une sorte de croisement. Le Pape François, communicateur hors pair, n'est pas connu pour être doué en liturgie. Il ne peut pas avoir toutes les qualités. 

 

Une fête familiale et typiquement bavaroise pour les 90 ans de Benoît XVI

Une fête familiale et typiquement bavaroise pour les 90 ans de Benoît XVI

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Les visiteurs de Bavière ont apporté au Pape émérite Benoît XVI des bretzels, de la bière et des saucisses blanches en lui souhaitant son 90e anniversaire.

Plusieurs dizaines de Gebirgsschützen (chasseurs alpins) et des personnalités politiques avec à leur tête le Premier ministre Horst Seehofer (CSU) sont venus au Vatican pour le lundi de Pâques. L'anniversaire réel de Joseph Ratzinger avait été célébré le dimanche de Pâques en petit comité avec son frère Georg de trois ans son aîné, son secrétaire particulier Georg Gänswein et les "memores".

À la fin de la cérémonie, Benoît XVI a remercié ses hôtes, d'une voix enrouée, pour «la présence de la Bavière que vous m'avez apportée». Il était encore en Bavière avec le cœur. Après la bénédiction, Benoît XVI a chanté l'hymne Bavarois «Gott mir Dir, du Land der Bayern» (Que Dieu soit avec toi, douce terre de Bavière).

Seehofer a déclaré après la réception devant la maison Benoît XVI, dans les jardins du Vatican: «Nous sommes très fiers de notre pape». Il était heureux d'avoir trouvé Benoît si vif. Le pape était informé de tout. Tous deux ont échangé sur la politique mondiale.

Le brillant parcours du Cardinal Joseph Ratzinger, Pape émérite Benoît XVI, sur RAI3

17991928_10212318866356180_8733618329241458061_n.jpgLe brillant parcours du Cardinal Joseph Ratzinger, Pape émérite Benoît XVI, sur RAI3

Emouvant reportage d'une heure sur Joseph Ratzinger diffusé à la télévision italienne. Andréa Riccardi et le Père Federico Lombardi sont les conseillers historiques de ce documentaire réalisé à l'occasion des 90 ans de ce grand pape. 

Devenu Pape émérite en 2013, il est obéissant envers le Pape François. Ces deux Papes tissent des liens profonds et intenses. Malgré leur grande différence de caractère, le pontificat de François se place dans la continuité, mettant en action "l'herméneutique de la réforme" souhaité par Benoît XVI en décembre 2005. 

Enfance, jeunesse sous le régime inhumain, raciste et sanguinaire de Hilter, images inédites de son ordination sacerdotale, brillante carrière académique, Concile Vatican II, archévêque de Münich, congrégation de la doctrine de la foi avec Saint Jean Paul II, lutte avec la théologie de la libération et élection sur le Siège de Pierre ... sont entre autre au menu de cette belle transmission.

Alors qu'il pouvait songer à une retraite bien méritée, Dieu l'appel à devenir le 265ème successeur de Pierre. La lame de la guillotine est tombée sur sa tête confiera-t-il. Un pontificat brillant, mais semé de souffrances, un vrai chemin de croix.

Avec un grand courage, le Pape affrontera la crise atroce et épouvantable des crimes pédophiles. Joseph Ratzinger est un saint vivant, un futur docteur de l'Eglise. Ce reportage est sans doute le premier d'une longue série à venir pour un homme qui a marqué définitivement l'histoire du monde et de l'Eglise. Après les horreurs du régime nazi, Joseph Ratzinger est la fine fleur de l'Allemagne. Un géant qui dépassera sans aucun doute la figure de Luther. L'histoire est en marche. 

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Humour de Dieu: des témoins qui dorment ?

Humour de Dieu: des témoins qui dorment ?

Evangile selon Saint Matthieu

Tandis qu’elles étaient en chemin,
quelques-uns des gardes allèrent en ville
annoncer aux grands prêtres tout ce qui s’était passé.

Ceux-ci, après s’être réunis avec les anciens
et avoir tenu conseil,
donnèrent aux soldats une forte somme
en disant :
« Voici ce que vous direz :
“Ses disciples sont venus voler le corps,
la nuit pendant que nous dormions.”

Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur,
nous lui expliquerons la chose,
et nous vous éviterons tout ennui. »

Les soldats prirent l’argent et suivirent les instructions.
Et cette explication s’est propagée chez les Juifs
jusqu’à aujourd’hui.

Oui, vous avez bien lu l'Evangile du jour: "ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions". Dire qu'ils ont payé une forte somme en plus.

Honnêtement et sincèrement, vous pouvez voir quelque chose, être un témoin, si vous dormez ?

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Mars 2017: les fioretti du Pape François

Opus Dei - Fioretti mars 2017

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Demandons la grâce de la honte

À Sainte-Marthe, le 21 mars 2017 :

« Dans l’Évangile (Mt 18, 21-35), le serviteur auquel le maître a remis sa dette mais qui ne remet pas à son débiteur « n’a pas compris le mystère du pardon ». Il a l’impression de « s’en être tiré », d’avoir été « malin » il n’a pas compris la « générosité du maître ». Souvent « en sortant du confessionnal nous sentons cela, nous sentons que nous nous en sommes bien tirés ». C’est « l’hypocrisie de voler un pardon, un pardon artificiel […]

« Si tu n’as pas conscience d’être pardonné tu ne pourras jamais pardonner, jamais […] Le pardon est total. Mais je ne peux le faire que quand je sens mon péché et que j’en ai honte : j’ai honte, je demande pardon à Dieu et je me sens pardonné par le Père et ainsi je peux pardonner ». […] Qui suis-je pour ne pas pardonner? ».

 

Ni Ligue 1, ni Ligue 2

Audience générale 22 mars 2017 :

« Qui fait l’expérience dans sa vie de l’amour fidèle de Dieu et de sa consolation […] a le devoir d’être proche de ses frères les plus faibles et de prendre en charge leurs fragilités. Si nous sommes proches du Seigneur, nous aurons cette force pour être proches des plus faibles, des plus démunis, pour les consoler et leur donner de la force […] Cela, nous pouvons le faire sans faire ce qui nous plaît, mais en sentant que nous sommes comme un ‘canal’ qui transmet les dons du Seigneur ; et ainsi il devient concrètement un ‘semeur’ d’espérance. C’est ce que le Seigneur nous demande avec cette force et cette capacité de réconforter et d’être des semeurs d’espérance. Et aujourd’hui, il est nécessaire de semer l’espérance, ce n’est pas facile…

Le fruit de ce style de vie n’est pas une communauté dans laquelle certains sont de ‘ligue 1’, à savoir les forts, et les autres de ‘ligue 2’, à savoir les faibles. Le fruit, au contraire, est, comme dit Paul, ‘être d’accord les uns avec les autres selon le Christ Jésus’. La parole de Dieu alimente une espérance qui se traduit concrètement dans le partage, un service réciproque. Parce que même celui qui est ‘fort’ se retrouve tôt ou tard à expérimenter la fragilité et à avoir besoin du réconfort des autres ; et vice-versa dans la faiblesse, on peut toujours offrir un sourire ou une main au frère en difficulté. »

’Cette voisine qui dit du mal de moi tous les jours !’

À la paroisse romaine Santa Maria Josefa del Cuore di Gesù, le 19 février 2017 :

« ‘Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint’ (Lv 19,2). C’est Dieu le Père qui parle. Et l’Évangile se termine par cette Parole de Jésus : ‘Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait’ (Mt 5,48). […] C’est le programme de vie. Soyez des saints, parce qu’Il est saint ; soyez parfaits, parce que Lui est parfait. Vous pourriez me demander : ‘Mais, Père, quel est le chemin pour arriver à la sainteté, quel est le chemin pour devenir des saints ?’ Jésus l’explique bien dans l’Évangile […]. ‘Avant il a été dit : ‘Œil pour œil, et dent pour dent. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant’ (Mt 5,38-39). Autrement dit pas de vengeance. Si j’ai du ressentiment dans le cœur pour quelque chose que quelqu’un m’a fait et que je veux me venger, je m’éloigne du chemin qui conduit à la sainteté. Pas de vengeance. ‘Tu m’as fait ça : tu me le paieras!’. C’est chrétien ça ? Non. ‘Tu me le payeras’ n’est pas dans le langage d’un chrétien. Pas de vengeance. Pas de rancœur. ‘Mais cet homme me rend la vie impossible !…’ ’Cette voisine dit du mal de moi tous les jours ! Moi aussi je dirai du mal d’elle … ‘. Non. Que dit le Seigneur ? ‘Prie pour elle’ – Moi je devrais prier pour elle ?’ – Oui, prie pour elle. C’est le chemin du pardon, de l’oubli des offenses qu’on nous fait. Tu reçois une gifle sur la joue droite ? Tends-lui l’autre aussi. On triomphe du mal par le bien, on triomphe du péché avec cette générosité, avec cette force.

[…]

C’est cela la sainteté. Un homme et une femme qui font cela, méritent d’être canonisés: ils deviennent des saints. La vie chrétienne est si simple. Je vous suggère de commencer à petite échelle. »

Se convertir, ce n’est pas aller voir une fée qui nous convertit d’un coup de baguette magique

À Sainte-Marthe le 14 mars 2017 :

« Il faut apprendre à faire le bien. Et « ce n’est pas facile de faire le bien, nous devons l’apprendre, toujours. Se convertir, ce n’est pas aller voir une fée qui nous convertit d’un coup de baguette magique, non ! C’est un chemin. C’est un chemin de s’éloigner (du mal) et d’apprendre ».

Le Christ, à travers le prophète, invite à apprendre « à faire le bien avec des choses concrètes, non pas par des paroles ». Dans l’Évangile (Mt 23,1-12), le Christ fait des reproches aux dirigeants du peuple d’Israël, parce qu’‘ils disent et ne font pas’ (Mt 23,1-12), ils ne connaissent pas le concret. Et s’il n’y a pas de concret, il n’y a pas conversion.

 

La Croix chrétienne n’est pas un bibelot de la maison

Angelus du 12 mars 2012 :

« Jésus transfiguré sur le mont Thabor a voulu montrer sa gloire à ses disciples, non pas pour leur éviter de passer par la croix, mais pour indiquer où conduit la croix. Qui meurt avec le Christ, avec le Christ ressuscitera. La croix est la porte de la résurrection. Qui lutte avec Lui, avec Lui triomphera. C’est le message d’espérance que la croix de Jésus contient, exhortant à la force dans notre existence. La croix chrétienne n’est pas un bibelot de la maison ou un ornement à porter, mais la croix chrétienne est un rappel de l’amour avec lequel Jésus s’est sacrifié pour sauver l’humanité du mal et du péché. En ce temps de carême, contemplons avec dévotion l’image du crucifix : Jésus en croix. Il est le symbole de la foi chrétienne, il est l’emblème de Jésus, mort et ressuscité pour nous. Faisons en sorte que la croix marque les étapes de notre itinéraire de carême pour comprendre toujours plus la gravité du péché et la valeur du sacrifice avec lequel le Rédempteur nous a tous sauvés. »

 

Pour faire la paix, dans le monde, il manque des oreilles

Le 11 mars à l’Association Telefono Amico Italia :

« Les grandes villes, tout en étant surpeuplées, sont l’emblème d’un genre de vie peu humain auquel les individus sont en train de s’habituer : indifférence diffuse, communication toujours plus virtuelle et moins personnelle, manque de valeurs solides sur lesquelles fonder l’existence, culture de l’avoir et du paraître […] Favorisons le dialogue ». La condition du dialogue étant « la capacité d’écoute, qui malheureusement n’est pas très commune […] Quelqu’un disait : pour faire la paix, dans le monde, il manque des oreilles, il manque des personnes qui sachent écouter, et puis de là vient le dialogue. Écouter l’autre demande patience et attention. Seul celui qui sait se taire, sait écouter. On ne peut pas écouter en parlant : bouche fermée ». L’écoute est « la manifestation la plus simple de charité envers les frères. Écouter Dieu, écouter le frère et la sœur qui a besoin d’aide, écouter un ami, un parent ».

Dieu est « l’exemple le plus excellent d’écoute : chaque fois que nous prions, Il nous écoute, sans rien demander et même nous précède et prend l’initiative en exauçant nos demandes d’aide.

 

Le pied du basketteur c’est la croix du Christ

Au clergé de Rome, le 2 mars 2017 :

« ‘Augmente en nous la foi’ […] Nous le demandons avec la simplicité du Catéchisme qui nous dit : ‘Pour vivre, croître et persévérer jusqu’à la fin dans la foi, nous devons la nourrir par la Parole de Dieu ; nous devons implorer le Seigneur de l’augmenter’. C’est une foi qui doit agir par la charité (Ga 5, 6 ; cf. Jc 2, 14-26), être portée par l’espérance (cf. Rm 15, 13) et être enracinée dans la foi de l’Église.» (n. 162).

Cela m’aide de m’appuyer sur trois points fermes : la mémoire, l’espérance et le discernement du moment. La mémoire, comme dit le Catéchisme, est enracinée dans la foi de l’Église, dans la foi de nos pères ; l’espérance est ce qui nous soutient dans la foi ; et le discernement du moment, je le garde présent au moment d’agir, de mettre en pratique cette ‘foi qui agit par la charité’ […].

Quand je parle de points fixes ou de ‘faire pivot’, l’image que j’ai à l’esprit est celle du joueur de basket-ball, qui plante son pied par terre comme un ‘pivot’, en effectuant des mouvements pour protéger la balle ou pour trouver un espace pour la passer, ou pour prendre son élan et aller au filet. Pour nous, ce pied planté au sol, autour duquel nous pivotons, est la croix du Christ. […]

La foi – le progrès et la croissance dans la foi – se fonde toujours sur la croix : ‘il a plu à Dieu de sauver les croyants par cette folie qu’est la proclamation de l’Évangile’, d’un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes’ (1 Cor 1, 21.23) »

Les chapeaux de nos grand-mères

Au clergé de Rome, le 2 mars 2017 :

« La foi s’alimente et se nourrit de la mémoire. La mémoire de l’Alliance que le Seigneur a faite avec nous : il est le Dieu de nos pères et de nos grands-parents. Il n’est pas le Dieu du dernier moment, un Dieu sans histoire de famille, un Dieu qui, pour répondre à tous les nouveaux paradigmes, devrait écarter les précédents comme s’ils étaient vieux et ridicules. L’histoire familiale n’est jamais démodée ».

Les vêtements et les chapeaux de nos grands-parents pourront sembler vieux, les photos seront couleur sépia, mais l’affection et l’audace de nos pères, qui se sont dépensés pour que nous puissions être ici et avoir ce que nous avons, sont une flamme allumée dans tous les cœurs nobles.

Gardons bien présent à l’esprit que progresser dans la foi ce n’est pas seulement la résolution volontariste de croire davantage à partir de maintenant : c’est aussi l’exercice de retourner avec la mémoire aux grâces fondamentales. On peut ‘progresser en arrière’, en allant chercher de nouveau des trésors et des expériences qui étaient oubliés et qui contiennent bien souvent les clés pour comprendre le présent. C’est quelque chose de vraiment ‘révolutionnaire’ : aller aux racines. Plus la mémoire du passé est lucide, plus clairement s’ouvre l’avenir, parce qu’on peut voir la route réellement neuve et la distinguer des routes déjà parcourues qui n’ont mené nulle part. La foi grandit en se souvenant, en reliant les choses avec l’histoire réelle vécue par nos pères et par tout le peuple de Dieu, par toute l’Église. »