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dimanche, 20 novembre 2016

Le Cardinal Barbarin se met à genoux devant la croix du Seigneur, devant chacune des victimes

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Cardinal Barbarin: "...me mettre « à genoux devant la croix du Seigneur, comme j’aimerais me mettre à genoux devant chacune des victimes". 

« Moi, Philippe, évêque de Lyon, je demande pardon… »

En ce vendredi 18 novembre 2016, en la Primatiale Saint-Jean, le cardinal Barbarin a célébré une Messe de réparation à l’intention des victimes de pédophilie de la part des membres du clergé.

Voici le texte intégral qu’il a prononcé au seuil de cette célébration.

Primatiale Saint-Jean
Vendredi 18 novembre 2016

Frères et sœurs,

Nous voici arrivés au terme de l’Année de la Miséricorde.

Symboliquement, les portes du grand Jubilé se referment, mais la Miséricorde, elle, bien sûr, reste toujours offerte, à tous et à chacun. C’est la fin de l’année de la Miséricorde, mais ce n’est pas la fin de la Miséricorde. Elle demeure le résumé de notre foi, l’un des plus beaux noms de Dieu ; c’est le « cœur battant de l’Evangile », dit le Pape François. Comme le peuple élu et avec lui, l’Eglise a pour mission d’être une servante et d’annoncer au monde cette merveille.

« La Miséricorde n’est pas contraire à la justice… qui est un concept fondamental pour la société civile », disait aussi le pape en lançant l’aventure spirituelle de ce Jubilé. La Miséricorde ne dispense pas de la justice, elle la suppose !

Depuis quelque temps, quand j’entends le Seigneur dire : « Ce que vous avez fait au plus petit de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mat 25, 40), je ne peux plus m’empêcher de penser aux enfants victimes des prêtres pédophiles. C’est pourquoi, de la même manière qu’après la profanation du corps du Christ on procède à une Messe de réparation, je veux célébrer aujourd’hui une Messe, en réparation de la profanation du corps vivant du Christ, en cette clôture du Jubilé de la Miséricorde.

Réveillé bien tardivement au combat contre la pédophilie et convaincu de la nécessité de protéger très fermement les enfants, notre diocèse, depuis plusieurs mois, a pris de nouvelles mesures pour l’accueil et l’écoute des victimes, pour la prévention de ce mal et la formation des futurs agents pastoraux. Il a aussi prononcé des sanctions contre les coupables.

A tout cela, il manquait un volet spirituel, demandé par le Pape lui-même, vécu par les évêques le 7 novembre à Lourdes, et par nous tous, ici, ce soir.

Chrétiens, nous croyons à la force de la prière. Catholiques, nous savons la puissance de la Messe. Certaines blessures semblent inguérissables et seul Jésus, le Messie Consolateur, peut réparer tant de mal et rendre la paix à tous ceux qui ont été meurtris par les crimes de la pédophilie. Aujourd’hui, nous célébrons cette Messe de réparation… pour que le Christ guérisse tout ce qui peut l’être…

Nous avons plusieurs fois demandé pardon et je le ferai autant de fois qu’il faudra : pardon pour les actes criminels commis par des prêtres contre des enfants. Pardon pour les fautes des membres de notre Eglise dans la gestion de ces difficultés. Pardon pour mes prédécesseurs à cause de certaines de leurs décisions ou à cause de leur indécision.

arton14492-d5a68.jpgPardon pour tous nos silences, pardon d’avoir été souvent plus soucieux de la situation et de l’avenir des prêtres coupables que de la blessure des enfants. Pardon pour toutes nos fautes, pardon pour mes propres fautes.

Ce soir, je demande pardon devant Dieu et devant tout notre diocèse, de n’avoir pas pris les devants pour enquêter comme il aurait fallu dès qu’un premier témoignage m’était parvenu, pardon de ne pas avoir sanctionné immédiatement un prêtre pour ses actes anciens, très graves et clairement indignes de son ministère, pardon de mes erreurs de gouvernance qui ont occasionné un tel scandale.

Je vais maintenant me mettre à genoux devant la croix du Seigneur, comme j’aimerais me mettre à genoux devant chacune des victimes. Certaines sont là ce soir, je les en remercie. D’autres ont choisi de ne pas venir à cette Messe. Toutes, cependant, sont présentes à notre prière et nous les déposons dans la main de Dieu. Moi, Philippe, évêque de Lyon, je demande pardon, en mon nom personnel et au nom de mon Eglise, pardon pour tant de blessures, pour tant de silences et pour tant de phrases indignes.

Et je m’engage, avec ceux qui partagent avec moi la responsabilité de notre diocèse, à tout faire pour que l’Eglise soit, dans le présent et l’avenir, « une maison sûre », comme le demande le Pape François, pour les enfants, les jeunes et leurs familles.

Cardinal Philippe Barbarin
Archevêque de Lyon

samedi, 19 novembre 2016

Clôture de l'année sainte: interview du Pape François sur TV2000

Clôture de l'année sainte: interview du Pape François sur TV2000: dimanche soir 20 novembre 21h00 

Je prie tous les jours pour avoir plus d'humour et moins d'adulateurs 

Photos du jour: les Cardinaux, les deux Papes François et Benoît XVI émérite

Photos du jour: les Cardinaux, les deux Papes François et Benoît XVI émérite

Source

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Le Pape en visite chez Benoît XVI avec 16 nouveaux Cardinaux

Le Pape en visite chez Benoît XVI avec 16 nouveaux Cardinaux

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L'humble prêtre Simoni est désormais Cardinal. François s'incline. Il a passé plus de 27 ans dans les prisons de la dictature communiste d'Albanie. 

A l'issue du Consistoire, la création de 17 nouveaux Cardinaux, le Pape se rendra en visite chez Benoît XVI. (source FarodiRoma) 

Le Pape François et le Cardinal Simoni s'embrassent

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Après le consistoire, 228 Cardinaux, 121 électeurs (67 non-européen - 54 européen, dont 25 italiens)

Homélie du Pape

"Le virus de la polarisation et de l’inimitié imprègne nos façons de penser, de sentir et d’agir".

L’élection, au lieu de maintenir en haut sur la montagne, au sommet, conduit au cœur de la foule, met au milieu de ses tourments

L’élection, au lieu de les maintenir en haut sur la montagne, au sommet, les conduit au cœur de la foule, les met au milieu de ses tourments, au niveau de leur vie. De cette manière, le Seigneur leur révèle ainsi qu’à nous que le vrai sommet s’atteint dans la plaine, et la plaine nous rappelle que le sommet se trouve dans un regard et spécialement dans un appel: «Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux» (v. 36).

Quatre actions: "aimez, faites du bien, bénissez et priez".

Une invitation accompagnée de quatre impératifs, nous pourrions dire de quatre exhortations, que le Seigneur leur adresse pour modeler leur vocation concrètement, dans le quotidien de l’existence. Ce sont quatre actions qui donneront forme, qui donneront chair et rendront tangible le chemin du disciple. Nous pourrions dire que ce sont quatre étapes de la mystagogie de la miséricorde: aimez, faites du bien, bénissez et priez.

Je pense que nous pouvons être d’accord sur ces quatre aspects et qu’ils nous paraissent également raisonnables. Ce sont quatre actions que nous réalisons facilement avec nos amis, avec les personnes plus ou moins proches, proches par l’affection, par les goûts, par les habitudes.

"Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous traitent mal"

vendredi, 18 novembre 2016

Saint Ignace veut stimuler la capacité de condamner le mal, de susciter la haine du péché.

nei-tuoi-occhi_160.jpgPape François: extraits de l'entretien avec Antonio Spadaro

LITURGIE: lien

MÉMOIRE: Habituellement, en fait, je ne me souviens pas des homélies passées. L'homélie pour moi est quelque chose de tellement lié à l'histoire concrète du moment qu'elle peut ensuite être oubliée. Elle n'est pas faite pour être rappelée par le prédicateur, qui au contraire est toujours poussé vers l'avant.

HOMÉLIES: Quand au séminaire, ils nous enseignaient l'homilétique, je ressentais déjà une forte aversion pour les feuilles sur lesquelles tout est écrit. Et de cela, je me souviens bien. J'étais et je suis convaincu qu'entre le prédicateur et le peuple de Dieu, il ne doit rien y avoir au milieu. Il ne peut pas y avoir de papier. Quelque petite note écrite oui, mais pas tout. Je me souviens bien de cela. Et je l'ai aussi dit à l'école, à l'époque. Le professeur a été étonné. Il m'a demandé pourquoi j'étais si opposé à la préparation de toute l'homélie. Et j'ai répondu: «Si vous lisez, vous ne pouvez pas regarder les gens dans les yeux».

SAINTE MARTHE: je commence la veille. A midi le jour précédent. Je lis les textes du jour et, en général, je choisis l'une des deux lectures. Puis je lis à haute voix le passage que j'ai choisi. J'ai besoin d'entendre le son, d'écouter les mots. Et puis je souligne dans le livre que j'utilise ceux qui me touchent le plus.

Je fais des petits cercles sur les mots qui me frappent. Ensuite, pendant le reste de la journée, les mots vont et viennent pendant que je fais ce que je dois faire: je médite, je réfléchis, je goûte les choses ... Il y a des jours, cependant, où j'arrive au soir et où rien ne me vient à l'esprit, où je ne sais pas ce que je vais dire le lendemain. Alors je fais ce que dit saint Ignace: je dors dessus. Et alors dès que je me réveille, l'inspiration vient. Il vient des choses justes, parfois fortes, parfois plus faibles. Mais c'est ainsi: je me sens prêt.

LA HAINE DU PECHE: je faisais le pasteur surtout avec les enfants. (...) Dans la fête des enfants (...) nous brûlions le diable. C'était une façon de faire avec les enfants la méditation des deux drapeaux de saint Ignace (ndt: un sujet apparemment récurrent, dont le Pape a déjà parlé en juillet 2015 lors de la rencontre avec les jeunes au cours du voyage au Paraguay). D'un côté, il y avait le diable et de l'autre un ange. Je préparais un grand diable en tissu et je mettais des pétards à l'intérieur. On faisait une catéchèse.

Ensuite, nous projetions un film pour les garçons, et les filles, en revanche allaient jouer. Ensuite , le goûter .. et puis nous allions du Collège Massimo à la paroisse. Nous allions comme en procession. Nous étions tous très sérieux. Les enfants le savaient et criaient: Brûlons le diable! Ensuite, on allumait le feu. Tout le monde criait. C'était une explosion de pétards! Les enfants s'amusaient. C'était un théâtre qui les aidait à apprendre. Pour moi, c'était une façon de leur faire faire le troisième exercice de la première semaine des Exercices Spirituels. Saint Ignace dans cet exercice veut stimuler la capacité de condamner le mal et de susciter la haine du péché (ce qui répond aux doutes des quatre Cardinaux)

Doutes ? " Dix mille difficultés ne font pas un seul doute "

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Lien: je crains que la recherche d'un oui-non, d'un noir-blanc soit le reflet d'un rationalisation excessive du mystère de la foi

" Dix mille difficultés ne font pas un seul doute "

157 La foi est certaine, plus certaine que toute connaissance humaine, parce qu’elle se fonde sur la Parole même de Dieu, qui ne peut pas mentir. Certes, les vérités révélées peuvent paraître obscures à la raison et à l’expérience humaines, mais " la certitude que donne la lumière divine est plus grande que celle que donne la lumière de la raison naturelle " (S. Thomas d’A., s. th. 2-2, 171, 5, obj. 3). " Dix mille difficultés ne font pas un seul doute " (Newman, apol.).

" je crois pour comprendre et je comprends pour mieux croire ".

158 " La foi cherche à comprendre "(S. Anselme, prosl. proœm. : PL 153, 225A) : il est inhérent à la foi que le croyant désire mieux connaître Celui en qui il a mis sa foi, et mieux comprendre ce qu’Il a révélé ; une connaissance plus pénétrante appellera à son tour une foi plus grande, de plus en plus embrasée d’amour. La grâce de la foi ouvre " les yeux du cœur " (Ep 1, 18) pour une intelligence vive des contenus de la Révélation, c’est-à-dire de l’ensemble du dessein de Dieu et des mystères de la foi, de leur lien entre eux et avec le Christ, centre du mystère révélé.

260px-Sandro_Botticelli_050.jpgOr, pour " rendre toujours plus profonde l’intelligence de la Révélation, l’Esprit Saint ne cesse, par ses dons, de rendre la foi plus parfaite " (DV 5). Ainsi, selon l’adage de S. Augustin (serm. 43, 7, 9 : PL 38, 258), " je crois pour comprendre et je comprends pour mieux croire ".

Catéchisme de l'Eglise catholique 

Amoris Laetitia: le Pape François répond à ses détracteurs

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Amoris Laetitia: le Pape François répond à ses détracteurs:

 

"c’est dans le flux de la vie qu’il faut discerner".

Le Pape répond à ses détracteurs, en citant notamment certains qui « continuent à ne pas comprendre son exhortation Amoris Laetitia, qui ne l’a voient qu’en noir ou blanc, même si c’est dans le flux de la vie qu’il faut discerner."

"à mi-chemin de l'absorption du Concile"

"Le Concile Vatican II nous a dit cela, les historiens disent cependant que pour un Concile, pour être bien digéré, absorbé dans le Corps de l'Eglise, il faut un siècle. Nous en sommes à la moitié". (je pense que les critiques à l'encontre du pape François sont en fait dirigées contre le Concile Vatican II)

Les critiques sont pourtant utiles, à condition qu’elles ne soient pas animées d’un esprit mauvais.

"... certains rigorismes naissent d'un manque, de vouloir cacher sa triste insatisfaction dans une armature".

"Quant aux opinions, il est nécessaire de distinguer l'esprit avec lequel elles s'expriment. Lorsqu'il n'y a pas d'esprit mauvais, elles aident à cheminer. D'autres fois, on s'aperçoit aussitôt que les critiques s'alimentent ici ou là pour justifier une position déjà acquise, alors elles ne sont pas honnêtes, elles sont faites avec un esprit mauvais pour fomenter la division.

On discerne immédiatement que certains rigorismes naissent d'un manque, de vouloir cacher sa triste insatisfaction dans une armature".

Fin de l'année de la Miséricorde: interview du Pape par Avvenire

(Radio Vatican)

« Il me plait à penser que le Tout-Puissant a une mauvaise mémoire; une fois qu’il te pardonne, il oublie »

AFP5979141_Articolo.jpgLe Pape François se confie dans un long entretien avec le journal Avvenire, le quotidien de la conférence épiscopale italienne.

François revient en particulier sur le sens de l’année jubilaire de la miséricorde qui touche à sa fin, mais aussi sur le dialogue œcuménique, après une année riche en rencontres avec les autres Eglises, que ce soit avec le patriarche Kirill de Moscou à Cuba, le patriarche de Constantinople Bartholomée ou l’Eglise luthérienne récemment rencontrée en Suède.

«Je me suis laissé porter par l’Esprit Saint» explique le Pape pour expliquer sa démarche jubilaire, précisant qu’il n’avait pas de plan précis pour conduire cette année sainte. Cette année est un processus qui a mûri avec le temps, et qui s’inscrit dans la dynamique du Concile Vatican II et de ses prédécesseurs.

Dans cette longue interview, François rappelle que la miséricorde est le visage de Dieu, qui le pousse à pardonner, à oublier nos péchés. « Il me plait à penser que le Tout-Puissant a une mauvaise mémoire » note -il avec malice, une fois qu’il te pardonne, il oublie ». Pour le Pape François, l’Eglise existe seulement comme instrument pour communiquer aux hommes le dessein miséricordieux de Dieu.

Certains continuent à ne pas comprendre  l'exhortation Amoris Laetitia du Pape François, qui ne l’a voient qu’en noir ou blanc, même si c’est dans le flux de la vie qu’il faut discerner.

Le Pape répond aussi à ses détracteurs, citant notamment certains qui « continuent à ne pas comprendre son exhortation Amoris Laetitia, qui ne l’a voient qu’en noir ou blanc, même si c’est dans le flux de la vie qu’il faut discerner." Les critiques sont pourtant utiles concède le pape, à condition qu’elles ne soient pas animées d’un esprit mauvais.

Concile Vatican II : « Ces rencontres oecuméniques ne sont pas le fruit de cette année de la miséricorde » précise François car elles viennent de beaucoup plus loin.

Le Souverain Pontife revient aussi sur les nombreuses rencontres œcuméniques qui ont émaillée cette année, que ce soit avec le patriarche Kirill de Moscou, Bartholomée de Constantinople ou avec l’Eglise luthérienne. «Ces rencontres ne sont pas le fruit de cette année de la miséricorde » précise François car elles viennent de beaucoup plus loin. Ce sont juste des pas supplémentaires sur un chemin commencé il y a longtemps. Ces rencontres ont été très fraternelles, «avec le Christ au milieu», souligne le Pape.

A la question de savoir si l’évêque de Rome ne doit pas s’occuper d’abord des catholiques à temps plein plutôt que de privilégier les relations avec les Eglises sœurs, le Pape répond que Jésus lui-même priait le Père pour que « tous soient un », et rappelle que l’évêque de Rome a toujours été appelé à servir cette unité.

François explique aussi qu’il ne souhaite pas laisser de côté les questions théologiques et sacramentelles, mais rappelle l’une de ses priorités qui est de servir Dieu à travers les pauvres « Si nous servons ces pauvres ensemble, avec les autres chrétiens, cela veut dire que nous nous retrouvons unis à toucher les plaies du Christ . « L’unité se fait non parce que nous nous mettons d’accord, mais parce que nous marchons en suivant Jésus ».

Le Saint-Père revient aussi sur sa rencontre historique à Cuba avec le patriarche de l’Eglise orthodoxe russe, rappelant l’importance du baptême, « source commune qui unit tous les chrétiens et nourrit tout nouveau pas possible pour retourner à la pleine communion ».

Pape François: le « cancer de l’Eglise est de se glorifier l’un l’autre »

François condamne enfin un certain prosélytisme entre chrétiens, qui est un « péché grave », et se dit convaincu que le « cancer de l’Eglise est de se glorifier l’un l’autre ». (OB)

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La liberté de la foi ( contraire à la contrainte, à la force )

Catéchisme de l'Eglise catholique:

160 Pour être humaine, " la réponse de la foi donnée par l’homme à Dieu doit être volontaire ; en conséquence, personne ne doit être contraint à embrasser la foi malgré soi. Par sa nature même, en effet, l’acte de foi a un caractère volontaire " (Dignitatis Humanae 10 ; cf. ⇒ Code de droit canonique, can. 748, § 2).

" Dieu, certes, appelle l’homme à le servir en esprit et vérité ; si cet appel oblige l’homme en conscience, il ne le contraint pas. (...) Cela est apparu au plus haut point dans le Christ Jésus " (Concile Vatican II, Dignitatis Humanae 11).

En effet, le Christ a invité à la foi et à la conversion, il n’y a nullement contraint. " Il a rendu témoignage à la vérité, mais il n’a pas voulu l’imposer par la force à ses contradicteurs. Son royaume (...) s’étend grâce à l’amour par lequel le Christ, élevé sur la croix, attire à lui tous les hommes " (DH 11)

Cardinal Charles Journet: la foi laisse place au mystère

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Cardinal Charles Journet: La foi laisse à la fois l'espace au mystère et à la raison. Une doctrine toute claire, un homme pourrait l'avoir inventée. 

Par I.Media - Père Simoni: "aucune dictature ne peut arrêter Jésus"

Père Simoni: "aucune dictature ne peut arrêter Jésus"

18.11.2016 par I.MEDIA


pape-1-800x450.jpgLe Père Ernest Simoni, 89 ans, fait partie des 17 nouveaux cardinaux que le pape François créera le 19 novembre 2016. Le prêtre albanais de l’archidiocèse de Shkodrë-Pult a appris sa nomination à la télévision. Il évoque ses années de prison, sa foi et son rôle de pasteur.

Le pape François créera 17 nouveaux cardinaux le 19 novembre 2016, au cours du troisième consistoire ordinaire de ce type de son pontificat. Parmi les élus, le Père Ernest Simoni, 89 ans et prêtre de l’archidiocèse de Shkodrë-Pult (Albanie).

En 1963, il est condamné à mort pour avoir célébré la messe, puis gracié et emprisonné pendant 18 ans avant d’effectuer des travaux forcés jusqu’à la chute du communisme en 1990. Interrogé par Cristina Uguccioni, journaliste pour le site d’informations Vatican Insider, le nouveau cardinal revient notamment sur sa nomination.

Qu’avez-vous pensé quand vous avez appris votre nomination de cardinal?

J’avais à peine terminé de célébrer la messe et je suivais l’Angelus à la télévision quand j’ai entendu mon nom, j’ai d’abord pensé de ne pas avoir bien compris. Il ne me serait pas venu à l’esprit de devenir un jour cardinal. J’en suis très content, pas pour moi, mais pour mon peuple: cette nomination en effet rend hommage aux Albanais et à ses martyrs, qui ont souffert pour leur attachement et leur fidélité à Jésus.

Je voudrais aider les jeunes générations – chez qui la foi s’est affaiblie – à suivre avec fougue et conviction Jésus, à obéir aux dix commandements, sans lesquels aucun homme et aucune société ne peut avancer et progresser.

Qu’est-ce qui vous touche chez le pape François?

Le Saint-Père est un homme qui regarde Jésus avec amour et réussit à transmettre l’amour, à partir de Lui vers tous les hommes, spécialement vers ceux qui souffrent le plus dans leur chair et leur esprit. Il réussit à insuffler la consolation à ceux dans le besoin et montre une forte attention aimante pour les pauvres.

Le pape François prie pour la misère dans le monde, veut transmettre la miséricorde de Dieu à l’entière famille humaine, suivant Jésus qui est venu sauver le monde et chercher les pécheurs, nous le sommes tous. Avec son visage angélique, il nous rappelle constamment la promesse de Jésus, la seule dont on peut être sûr qu’elle sera tenue. Les promesses de notre monde sont vaines.

Pendant les années de prison comment avez-vous supporté les moments de peur, de découragement, d’angoisse?

Je ne suis jamais entré dans le désespoir parce que j’avais confiance en Jésus, qui est la vie, la vérité, le salut pour chacun d’entre nous. Aucun n’est abandonné par Lui.

J’ai toujours ressenti, pendant mes longues années de prison, que le Seigneur était à mes côtés. Je priais beaucoup, en particulier le Saint Rosaire, et j’assistais spirituellement mes compagnons. J’ai supporté les moments difficiles, et j’en ai vécu beaucoup, non pas grâce à ma force mais par le Saint-Esprit: c’était Lui en réalité qui m’a soutenu, et m’a fait ne pas me sentir seul et a généré en moi la confiance en le Seigneur.

Quel est votre souvenir de la messe du 4 novembre 1990, la première célébration après la fin du régime communiste d’Albanie?

J’étais heureux. Je me souviens que ce jour là sont venues de nombreuses personnes, ils n’avaient pas perdu l’espérance, ils n’avaient pas perdu la foi: aucune dictature ne peut arrêter Jésus. J’étais heureux de pouvoir parler de Lui aux fidèles et les aider à le suivre parce que ce n’est pas celui qui répétera “Seigneur, Seigneur“ qui entrera dans le Royaume des cieux, mais celui applique la volonté du Père.

Pendant les années de prison je n’ai jamais dérogé à mon devoir. Je disais la messe de mémoire, en latin, et distribuais la communion en cachette. Je cuisais l’hostie dans des petits fours à essence qui servaient pour les chantiers ou bien j’allumais un feu de bois. Le vin je le substituais par la pulpe de raisins que je pressais. En hiver j’utilisais des flacons de vins que m’apportaient mes parents.

“Je ne suis jamais entré dans le désespoir parce que j’avais confiance en Jésus.”
Quel rôle a eu la prière dans votre vie?

Elle est fondamentale: j’ai obéi à Jésus qui a dit “priez sans intermission“, à savoir priez toujours. La prière est le martèlement qui écrase les pièges tendus par Satan. Avec la prière nous cultivons et maintenons l’amour pour Jésus, sans laquelle il n’est pas possible de progresser dans la vie, car Lui seul est la vie et la résurrection. Comme disait saint Paul, sans la résurrection de Jésus vaine serait notre foi.

Bien sûr, ses enseignements resteraient de toute façon importants pour conduire une vie saine, mais la résurrection est décisive: le Fils a vaincu la mort et nous porte avec lui dans la vie éternelle: il l’a dit, donc cela arrivera. Nous devons prier sans nous fatiguer et suivre Jésus qui nous conduira à la joie sans fin.

Il y a un passage dans l’Evangile qui vous est particulièrement cher?

Je ne saurai pas en choisir un en particulier parce que tous forment la parole de Jésus, pour moi, ils sont beaux et puissants. Je voudrais en indiquer un qui peut aider ceux qui se trouvent dans l’épreuve, dans la souffrance, dans la maladie: “ Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger“ (Mt, 28-30). A tout ceux là, Il donnera la médecine adaptée: son amour qui console, restaure, soutient et guide vers le bonheur éternel.

Que signifie pour vous être pasteur?

Cela signifie chercher d’imiter Jésus et le porter à toutes les créatures, non pas avec de grandes proclamations, mais maison par maison, village par village, comme lui le faisait. Cela signifie être proche des gens dans toutes ses souffrances, dans toutes les épreuves qu’ils doivent affronter, témoignant par l’exemple, avec les actes, l’amour du Christ qui protège, soulage, encourage, dans la vie: cela peut se faire seulement avec Sa grâce.

A notre époque – qui nous pousse à optimiser l’énergie et les ressources, à l’efficacité et aux résultats – que voulez-vous dire à ces chrétiens qui peuvent être tentés d’être submergés par l’anxiété et la culture l’impatience?

Je leur dis: apprenez à savoir attendre, semez avec confiance. Jésus nous assure que nos cheveux sont comptés, nous sommes précieux à ses yeux. Il sait tout sur nous, Il nous aime.

Suivons-le avec une foi vivante, avec dévouement aux autres, en particulier aux plus vulnérables. La venue de Jésus dans le Saint Sacrement, l’Eucharistie est le plus grand miracle qui se produit tous les jours dans le monde. Nous devons nous mettre à genoux et prier. Il nous entendra et nous guidera: les ténèbres ne prévaudront pas, Jésus a vaincu le monde.

(cath.ch-apic/imedia/bh)

KTO: Fratello 2016, le festival de la joie avec les sans-abris

A l’invitation du pape, près de 3500 exclus européens ont convergé à Rome du 10 au 13 novembre 2016 pour participer à Fratello, le pèlerinage de la Miséricorde. 82 Romands y ont pris part avec beaucoup d’émotion et d’enthousiasme. Deux d’entre eux ont même le privilège de dialoguer avec le pape, lors de l’audience qu’il a accordé à l’ensemble de ces pèlerins peu ordinaires.

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Lien: cath.ch

jeudi, 17 novembre 2016

Magazine La Vie: qui est vraiment le Cardinal Sarah

Cardinal Sarah: "je ne m’opposerai pas au pape, c’est ridicule et c’est du mensonge pur. C’est mon père dans la foi. Je suis là pour soutenir son action".

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Par Marie-Lucile Kubacki de Guitaut

Comment expliquer son succès ? Le « phénomène Sarah » commence début 2015, avec la sortie de Dieu ou rien

Un nouveau livre, la Force du silence (Fayard), qui fait déjà beaucoup parler de lui ; 335.000 exemplaires de Dieu ou rien (Pluriel) son livre d’entretiens, vendus dans le monde entier dont 32.000 en France, 12 traductions, une tournée triomphale dans le monde entier : le cardinal Sarah est devenu un auteur de best-sellers. Ses conférences font salle comble.

Envers le Cardinal Sarah, des catholiques pas forcément les plus fidèles, souvent politisés, bruyants sur les réseaux sociaux, confondent certains sites identitaires avec la doctrine sociale de l'Eglise

« À mon avis, explique un de ses admirateurs, le problème est que ses partisans les plus zélés, mais pas forcément les plus fidèles, se retrouvent parmi les catholiques très critiques vis-à-vis de l’épiscopat français, habituellement attachés au pape mais sceptiques voire, pour certains, franchement hostiles, au pape François.

Catholiques souvent politisés jusqu’à la confusion, qui confondent certains sites identitaires avec la doctrine sociale de l’Église. Tous ne sont évidemment pas comme ça, mais ceux-là sont les plus bruyants, sur les réseaux sociaux notamment. »

suite

Lien: liturgie, Cardinal Sarah, Ratzinger et Pape François

Mois de novembre: la mort, le jugement, le purgatoire, le ciel, l'enfer: et si on en parlait

Mois de novembre: la mort, le jugement, le purgatoire, le ciel, l'enfer: et si on en parlait

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"J'attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir" (Symbole de Nicée-Constantinople)

"Je crois à la résurrection de la chair, à la vie éternelle" (Symbole des Apôtres)

Lien L'Unité pastorale Notre-Dame de Fribourg publie un flyers

Le pape François a encouragé à prier et offrir des messes pour les défunts, y compris les personnes oubliées. « Au mois de novembre la liturgie nous invite à la prière pour les défunts »

« N’oublions pas ceux qui nous ont aimés et qui nous ont précédés dans la foi, ainsi que ceux dont personne ne se souvient, a recommandé le pape : le suffrage dans la célébration eucharistique est la meilleure aide spirituelle que nous puissions offrir à leurs âmes ».

 « Avec la foi arrêtons-nous auprès des tombes de nos proches, priant aussi pour les morts dont personne ne se souvient ».

mercredi, 16 novembre 2016

Amoris Laetitia: le Cardinal Burke prêt à poser un acte formel de correction du Pape pour une erreur grave

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Lien Amoris Laetitia: quatre Cardinaux demandent des éclaircissements au Pape

 

Lien Amoris Laetitia: le futur Cardinal Farrell répond: c'est l'enseignement de l'Eglise

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Amoris Laetitia: le Cardinal Burke prêt à poser un acte formel de correction du Pape pour une erreur grave

Interview NCRegister

- Eminence, avec cette initiative quel est le but que vous poursuivez ?

"L'initiative vise une seule chose, à savoir le bien de l'Eglise qui, en ce moment, souffre d'une terrible confusion au moins sur ces cinq points. Il y a aussi un certain nombre d'autres questions, mais ces cinq points critiques ont à voir avec les principes moraux irréformables. Donc nous, en tant que cardinaux, jugeons de notre responsabilité de demander des éclaircissements au sujet de ces questions, afin de mettre un terme à cette propagation de la confusion qui conduit réellement le peuple dans l'erreur".

- Au sujet de cette confusion, entendez-vous beaucoup cette préoccupation ?

"Partout où je vais, je l'entends. Les prêtres sont divisés entre eux, les prêtres avec des évêques, les évêques entre eux. Il y a une énorme division qui s'est installée dans l'Eglise, et ceci n'est pas son chemin. Voilà pourquoi nous nous décidons à aborder ces questions morales fondamentales qui nous unissent".

- En quoi le chapitre VIII d'Amoris Laetitia suscite-t-il cette inquiétude particulière?

"Parce qu'il a été la source de toutes ces discussions confuses. Même les directives diocésaines sont confuses et erronées. Nous avons un ensemble de directives dans un diocèse; par exemple, disant que les prêtres sont libres dans le confessionnal, s'ils le jugent nécessaire, de permettre à une personne qui vit dans une union adultère et continue de le faire, d'avoir accès aux sacrements; alors que, dans un autre diocèse, en accord avec ce que a été pratique de l'Église, un prêtre est en mesure d'accorder une telle autorisation uniquement à ceux qui ont la ferme intention de vivre chastement dans le mariage, à savoir comme frère et sœur, et de recevoir uniquement les sacrements dans un endroit où il y n'y aurait pas de scandale. Cela doit vraiment être pris en compte.

Mais, en dehors de cette question particulière des divorcés remariés, il y a les autres questions dans les dubia, qui touchent au  «mal intrinsèque», de l'état de péché et de la juste notion de conscience". 

- Sans la clarification que vous cherchez, vous dites donc que cela et d'autres enseignement d'Amoris Laetitia vont à l'encontre de la loi de non-contradiction (quelque chose ne peut pas être à la fois vrai et faux en même temps , s'il s'agit du même contexte )?

"Bien sûr, parce que, par exemple, si vous prenez la question du mariage, l'Église enseigne que le mariage est indissoluble, en accord avec la parole du Christ: "Celui qui répudie sa femme et en épouse une autre, commet un adultère". Par conséquent, si vous êtes divorcé, vous ne pouvez pas entrer dans une relation conjugale avec une autre personne à moins que le lien indissoluble auquel vous êtes lié soit déclaré nul, soit être inexistant.

In_Person-Nov27.jpgMais si nous disons, et bien dans certains cas, une personne vivant dans une union matrimoniale irrégulière peut recevoir la sainte communion, alors l'une de ces deux choses doit être vraie: ou bien  en réalité, le mariage, n'est pas indissoluble (comme, par exemple, dans la "théorie éclairée" du cardinal Kasper - soutient que le mariage est un idéal auquel, en plein réalisme, nous ne pouvons pas obliger les gens) et alors dans un tel cas, nous avons perdu le sens de la grâce du sacrement qui permet aux mariés de vivre la vérité de leur engagement de mariage; ou bien la Communion n'est pas la communion au Corps et au Sang du Christ.

Aucune de ces deux alternatives n'est bien-sûr possible. Elles contredisent les enseignements constants de l'Eglise depuis le début et, par conséquent, elles ne peuvent pas être vraies".

- Certains verront cette initiative à travers une lentille politique et la critiqueront comme un mouvement «conservateurs versus libéraux", chose que vous et les autres signataires rejetez. Quelle est votre réponse à une telle accusation?

"Notre réponse est simple: Nous ne prenons pas, par exemple, une sorte de position au sein de l'Eglise, comme une décision politique. Les Pharisiens ont accusé Jésus de s'en prendre à l'un des partis dans un débat entre des experts de la loi juive, mais Jésus n'a absolument pas fait cela. Il a fait appel à l'ordre que Dieu a placé dans la nature à partir du moment de la Création. Il a dit: "Moïse vous laisse divorcer à cause de la dureté de votre cœur, mais il n'en a pas été ainsi dès le début".

Ainsi, nous énonçons simplement ce que l'Église a toujours enseigné et pratiqué en posant ces cinq questions qui traitent de l'enseignement et de la pratique constante de l'Eglise. Les réponses à ces questions constituent un outil d'interprétation essentiel pour Amoris Laetitia. Elles doivent être données publiquement parce que beaucoup de gens disent: "Nous sommes dans la confusion, et nous ne comprenons pas pourquoi les cardinaux ou une personne en position d'autorité n'élève pas la voix et ne nous aide pas".

- Est-ce un devoir pastoral?

"C'est exact, et je peux vous assurer que je connais tous les cardinaux impliqués, et c'est quelque chose que nous avons entrepris avec le plus grand sens de notre responsabilité comme évêques et cardinaux. Mais cela a également été entrepris avec le plus grand respect pour l'Office pétrinien, parce que si l'Office pétrinien ne respecte pas ces principes fondamentaux de la doctrine et de la discipline, alors, dans la pratique, la division est entrée dans l'Église, ce qui est contraire à sa nature même".

- Et aussi au ministère pétrinien, dont l'objectif principal est l'unité?

"Oui, comme le dit le Concile Vatican II, le Pape est le fondement de l'unité des évêques et de tous les fidèles. Cette idée, par exemple, que le pape devrait être une sorte d'innovateur, qui mène une révolution dans l'Église ou quelque chose de similaire, est complètement étrangère à l'Office de Pierre. Le Pape est un grand serviteur des vérités de la foi, comme elles ont été prononcées dans une ligne ininterrompue depuis le temps des Apôtres".

- Est-ce pour cela que vous insistez sur le fait que ce que vous faites est un acte de charité et de justice?

"Absolument. Nous avons cette responsabilité devant le peuple, pour qui nous sommes évêques, et une responsabilité encore plus grande comme cardinaux, qui sont les principaux conseillers du pape. Pour nous, rester silencieux sur ces doutes fondamentaux, qui ont surgi à la suite du texte d'Amoris Laetitia, serait, de notre part, une grave manquement à la charité envers le pape et un grave manquement dans l'accomplissement des devoirs de notre propre Office dans l'Église".

- Certains diront que vous êtes seulement quatre cardinaux, parmi lesquels vous êtes le seul qui ne soit pas à la retraite, et ce n'est pas très représentatif de toute l'Eglise. Dans ce cas, ils pourraient demander: Pourquoi le pape devrait-il vous écouter et vous répondre?

"Et bien, ce n'est pas une question de chiffres. C'est une question de vérité. Dans le procès de saint Thomas More, quelqu'un lui a dit que la plupart des évêques anglais avaient accepté l'ordre du roi, mais il a dit que c'était peut-être vrai, mais les saints du ciel ne l'avaient pas accepter. Voilà ici l'important. Je pense que même si d'autres cardinaux n'ont pas signé cela, ils partagent la même préoccupation. Mais cela ne me dérange pas. Même si nous étions un, deux ou trois, s'il est question d'une chose qui est vraie et qui est essentielle pour le salut des âmes, alors elle doit être dite".

- Que se passe-t-il si le Saint-Père ne répond pas à votre acte de justice et de charité et ne donne pas la clarification de l'enseignement de l'Eglise que vous espérez ?

"Et bien il faudra faire face à cette situation. Il y a, dans la Tradition de l'Eglise, la pratique de la correction du Pontife romain. C'est quelque chose qui est évidemment assez rare. Mais s'il n'y a pas de réponse à ces questions, alors je dirais que ce serait une circonstance pour poser un acte formel de correction d'une erreur grave".

- Dans un conflit entre l'autorité ecclésiale et la Tradition Sacrée de l'Eglise, qui lie le croyant, et qui a l'autorité de déterminer cela?

"Ce qui est contraignant est la Tradition. L'autorité ecclésiale existe seulement dans le service de la Tradition. Je pense à ce passage de saint Paul dans la Galates charpie 1, verst 8:. "Pourtant, si nous-mêmes, ou si un ange du ciel vous annonçait un Évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème!"

- Si le pape était devait enseigner l'erreur grave ou l'hérésie, quelle autorité légale peut le déclarer et quelles seraient les conséquences?

"Il est du devoir en pareil cas, et historiquement cela est arrivé, par des cardinaux et des évêques, de préciser que le Pape enseigne une erreur et de lui demander de la corriger".

1024px-Hans_Holbein,_the_Younger_-_Sir_Thomas_More_-_Google_Art_Project.jpgNotes: L'exhortation apostolique ne change pas l'enseignement de l'Eglise, ni sur l'adultère, ni sur le mariage; mais elle précise la loi de la gradualité et invite au discernement.

Saint Thomas More a justement été fidèle à sa conscience, au Pape jusqu'au martyr. Une correction fraternelle se fait les yeux dans les yeux, face à face, en allant rencontrer la personne, et surtout pas en diffusant une lettre chez un vaticaniste connu pour ses prises de positions peu claires.

Ainsi, les Cardinaux sèment justement la division, non plus entre les évêques entre eux, mais entre eux et le Pape. Et les fidèles sont ainsi dans la confusion. Si des imprécisions pourraient exister dans un texte, c'est le devoir des Cardinaux d'éclairer les fidèles, comme le fait le Cardinal Schönborn.

La conférence épiscopale des USA répond aux défis du temps

« Une personne qui veut construire des murs et non des ponts n’est pas chrétienne »

Pape François

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Le Pape lance aux USA: "briser les murs et construire des ponts"

Les évêques américains sont réunis en Assemblée générale à Baltimore du 14 au 17 novembre.

Dans un message vidéo envoyé mardi 15 novembre aux prélats américains, François a appelé l’Eglise américaine à créer une culture de la rencontre « qui encourage les individus et les groupes à partager la richesse de leurs traditions et de leurs expériences, et à briser les murs et construire des ponts ».

Un an après son voyage apostolique aux Etats-Unis, le Saint-Père, « impressionné par la vitalité et la diversité de la communauté catholique américaine » a évoqué l’histoire migratoire du pays, terre d’accueil et d’intégration de nombreuses vagues de migrants qui ont « transformé le visage de l’Eglise américaine ».

Un vice-président de la conférence épiscopale venant du Mexique

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Mgr José Horacio Gomez, 65 ans, archevêque de Los Angeles, est élu vice-président de la conférence épiscopale des USA. 

Né à Monterrey au Mexique où vivent ses sœurs, Mgr Gomez a lui-même été naturalisé en 1995. Il pilote aujourd’hui le plus grand diocèse américain, dont 70 % de la population est hispanique. Ces dernières années, il s’est particulièrement impliqué dans la promotion d’une réforme du système migratoire aux États-Unis. Il a adressé un vibrant plaidoyer en faveur de l’accueil des migrants et de leurs familles, aux côtés du maire de Los Angeles :

« Ce soir en Amérique, les enfants ont peur, des hommes et les femmes sont inquiets, se demandant où fuir et se cacher… Cela ne devrait pas arriver aux États-Unis. Nous valons mieux que cela », affirmait-il, appelant à « construire des ponts », là où Trump a promis d’élever un mur à la frontière mexicaine.

Le cimetière oublié de la Méditerranée: 4900 morts en 10 mois

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Le futur Cardinal Farrell répond aux quatre Cardinaux: le Pape a parlé

Amoris Laetitia : le Vatican répond aux « doutes » de quatre cardinaux

source: La Croix, Nicolas Senèze, à Rome, le 15/11/2016 

Lien: les évêques doivent discuter et parler d'Amoris Laetitia

« C’est l’enseignement de l’Église »

Unknown.jpegLundi 14 novembre, quatre cardinaux avaient rendu publique une lettre au pape exprimant leurs « doutes » sur le texte pontifical, reprochant à François de ne pas leur avoir répondu.

Mgr Kevin Farrell, nouveau préfet du dicastère pour les laïcs, la famille et la vie, et qui sera créé cardinal samedi prochain par le pape François, a pris mardi 15 novembre la défense de l’exhortation apostolique Amoris laetitia. 

« Honnêtement, je ne vois pas en quoi et pourquoi quelques évêques semblent penser qu’ils ont à interpréter ce document », affirme, dans une interview au National Catholic Reporter à paraître jeudi 17 novembre, celui à qui le pape François a confié la pastorale familiale.

« Je pense que le pape a parlé », tranche le cardinal Farrell, en référence à la lettre que François a envoyée début septembre aux évêques de la région de Buenos Aires (Argentine) en réponse à leur projet pastoral ouvrant, après un parcours de discernement, l’accès aux sacrements à certains divorcés remariés.

Pour le futur cardinal Farrell, s’il est important « d’avoir une discussion » autour d’Amoris laetitia, « il est aussi très important que nous comprenions que c’est le Saint-Esprit qui parle » à travers ce texte.

« Je pense que le document Amoris laetitia est fidèle à la doctrine et à l’enseignement l’Église », estime-t-il en réponse aux quatre cardinaux qui y voient une rupture avec l’enseignement de Jean-Paul II. « Il s’appuie sur la doctrine de Familiaris consortio de Jean-Paul II, ajoute-t-il. Je le crois passionnément. »

« C’est le Saint-Esprit qui nous parle, martèle-t-il. Pensons-nous que le Saint-Esprit n’était pas là au premier synode ? Pensons-nous qu’il n’était pas là au second synode ? Croyons-nous qu’il n’a pas inspiré notre Saint-Père François en écrivant ce document ? »

« Il faut être conséquent ici. Je crois fermement que c’est l’enseignement de l’Église. C’est un document pastoral qui nous dit comment nous devrions procéder. Je pense que nous devons le prendre tel qu’il est », explique-t-il, affirmant que les divorcés remariés doivent pouvoir être inclus à tous les niveaux de l’Église.

« Cela ne signifie pas que je vous dis qu’ils doivent recevoir la communion. C’est un processus de discernement et de conscience », explique-t-il, soulignant que « nous devons accompagner les personnes dans des circonstances difficiles ».

« Je crois que c’est ce que nous devons faire, mais cela doit être pris au sérieux. Il ne s’agit pas juste de venir et de s’asseoir avec un prêtre pour parler avec lui. C’est un chemin, un discernement. »

Nicolas Senèze, à Rome

mardi, 15 novembre 2016

Aide à l'Eglise en détresse: la liberté religieuse en proie à un hyper-extrémisme islamiste

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Communiqué de presse: la liberté religieuse en proie à un hyper-extrémisme islamiste

Le Rapport 2016 de l’AED sur la liberté religieuse dans le monde, publié ce 15 novembre, conclut sur une dégradation générale de la situation et dénonce un intégrisme religieux plus violent que jamais, qui entraine la mort, la destruction, le déplacement des populations et l’instabilité des pays à des niveaux sans précédent.

Le Cardinal Schöborn: ni rigorisme, ni laxisme, la juste interprétation d'Amoris Laetitia

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Le Cardinal Schöborn: ni rigorisme, ni laxisme, la juste interprétation d'Amoris Laetitia

« Ni le rigorisme, ni le laxisme ne sont vérité. L'Évangile choisit une autre voie : accueillir, accompagner, intégrer, discerner. Tout ce qui est écrit dans l'exhortation et je reprends les mots d'un grand théologien, le cardinal Schönborn, qui l'a présentée tout est thomiste, du début à la fin. C'est la doctrine sûre. Mais nous voulons, si souvent, que la doctrine sûre soit dotée de cette mathématique sûre qui n'existe pas, ni avec le laxisme, peu regardant, ni avec la rigidité. » Pape François

A plusieurs reprises, le pape François a indiqué que pour la juste interprétation de l'exhortation Amoris Laetitia, il fallait se référer au cardinal Schönborn.

- D abord le 16 avril, interrogé par les journalistes à bord de l avion qui le ramenait de l'île de Lesbos à Rome, le pape François avait indiqué que Ch. Schönborn était l'interprète qualifié du document et il avait recommandé de lire sa présentation.

- Le 19 mai, en s'adressant aux évêques de l épiscopat latino-américain, il avait renchéri : « le coeur de l'exhortation est le chapitre 4: l'amour dans la vie de la famille, fondé sur le chapitre 13 de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens. Le plus difficile à lire est le chapitre 8. Il y a des gens qui se sont laissé emprisonner par ce chapitre.

Unknown.jpegPour comprendre ce chapitre, le meilleur guide est la présentation qui en a été faite par le cardinal Christoph Schönborn O.P., archevêque de Vienne, Autriche, un grand théologien, membre de la congrégation pour la doctrine de la foi, grand expert de la doctrine de l'Église »

- Le 16 juin au Latran : « Ni le rigorisme, ni le laxisme ne sont vérité. L Évangile choisit une autre voie : accueillir, accompagner, intégrer, discerner. Tout ce qui est écrit dans l exhortation et je reprends les mots d'un grand théologien, le cardinal Schönborn, qui l'a présentée tout est thomiste, du début à la fin. C'est la doctrine sûre. Mais nous voulons, si souvent, que la doctrine sûre soit dotée de cette mathématique sûre qui n existe pas, ni avec le laxisme, peu regardant, ni avec la rigidité.

Dans un long entretien avec Antonio Spadaro, directeur de la Civilta Cattolica, dont le contenu est relu et approuvé par le Vatican, le cardinal Schönborn revient sur les points névralgiques de cette exhortation apostolique qui suscite beaucoup de commentaires.

Après avoir circonscrit la perspective du pape et éclairé la démarche du document, il expose la manière dont le Pape traite l'intégration des divorcés-remariés, avec dans certains cas l'aide des sacrements. Il manifeste en quoi l'Eglise évolue de façon homogène par rapport à ses précédents enseignements sur la famille. Nous sommes dans la conversion pastorale mise en oeuvre par le pape François, initiée par Jean-Paul II et Benoît XVI.

Cardinal Schönborn: Amoris Laetitia est un acte du Magistère

Cardinal Schönborn: Amoris Laetitia est un acte du Magistère

Il est évident que nous avons à faire à un document du Magistère. Il s'agit d'une exhortation apostolique. Il est clair que le Pape exerce son rôle de Pasteur, de maître et de docteur de la foi, après avoir bénéficié de deux Synodes consultatifs. 

Je l'ai lu plusieurs fois et à chaque fois j'ai recueilli dans la finesse de sa composition une quantité toujours plus grande de détails riches d'enseignements. 

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Trump versus Hillary: Le NY Times reconnaît n'avoir pas fait du bon travail

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Trump versus Hillary: Le NY Times reconnaît n'avoir pas fait du bon travail

Dans une lettre à ses lecteurs, l’éditeur du New York Times Arthur Sulzberger Jr. s’excuse que l’icône emblématique du journalisme de gauche ait été malhonnête dans sa couverture de la campagne de Donald Trump.

«Nous entendons nous recentrer sur la mission fondamentale du journalisme du Times promet Sulzberger, et qui consiste à rapporter honnêtement ce qui se passe en Amérique et dans le monde, sans crainte ni faveur.» 

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Dans le journalisme, l'objectivité et l'impartialité n'existe pas. Seule la vérité est déterminante. 

Personnellement, je me réjouis de voir des catholiques avoir des opinions différentes, être de gauche ou de droite, avoir voté pour ou contre Hillary, pour ou contre Trump. Les laïcs, comme l'avance le Concile Vatican II, jouissent d'une juste et saine autonomie dans les questions temporelles. Vive la liberté. L'axiome de Charles Maurras, "la politique d'abord" est une funeste erreur. 

Amoris Laetitia et les 4 Cardinaux

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Amoris Laetitia et les 4 Cardinaux

L'attitude est pour le moins contradictoire, comme si l'on voulait mettre de la fumée en espérant que les pompiers vont arriver. Revenons aux fondamentaux des cardinaux. 

Lors de leur création par le Pape durant un Consistoire, ils font leur profession de foi solennelle et prête serment ensemble « devant le peuple de Dieu » en disant en latin:

« Je promets et je jure de rester, à partir de maintenant et pour toujours tant que je vivrai, fidèle au Christ et à son Evangile, constamment obéissant à la Sainte Eglise apostolique Romaine, au bienheureux Pierre dans la personne du Souverain pontife François et de ses successeurs canoniquement élus; de conserver toujours en parole et en acte la communion avec l’Eglise catholique; de ne manifester à personne ce qui m’aura été confié de garder et dont la révélation pourrait porter préjudice ou déshonorer la Sainte Eglise; d’accomplir avec une diligence et fidélité les devoirs auxquels je suis appelé dans mon service de l’Eglise, selon les normes du droit. Que le Dieu tout-puissant me vienne ainsi en aide ».

Cardinaux: jusqu'à l'effusion du sang pour la paix et la tranquillité du peuple de Dieu

« Recevez la barrette rouge en signe de la dignité du cardinalat pour signifier que vous devez être prêts à vous comporter avec force, jusqu’à l’effusion du sang, pour la croissance de la foi chrétienne, pour la paix et la tranquillité du peuple de Dieu et pour la liberté et la diffusion de la Sainte Eglise Romaine ».

lundi, 14 novembre 2016

Amoris Laetitia et questions de quatre Cardinaux: et si le Pape ne répondait pas

Amoris Laetitia: questions de quatre Cardinaux ?

Questions ?

Matthieu 2, 23-27

Jésus était entré dans le Temple...

Unknown.jpeg...et, pendant qu'il enseignait, les chefs des prêtres et les anciens du peuple l'abordèrent pour lui demander : « Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t'a donné cette autorité ? » Jésus leur répliqua : « A mon tour, je vais vous poser une seule question ; et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais cela : Le baptême de Jean, d'où venait-il ? du ciel ou des hommes ? »

Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : « Si nous disons : 'Du ciel', il va nous dire : 'Pourquoi donc n'avez-vous pas cru à sa parole ?' Si nous disons : 'Des hommes', nous devons redouter la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. » Ils répondirent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! » Il leur dit à son tour : « Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais cela. »

Sandro Magister est-il le nouveau Magistère ?

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Sandro Magister est-il le nouveau Magistère ?

Quatre Cardinaux auraient posé des questions au Pape sur Amoris Laetitia, l'exhortation apostolique sur la famille, notamment sur le chapitre VIII (blog de l'Homme Nouveau). Le Pape n'aurait pas répondu. Et il aurait sans doute bien fait. La missive daterait du mois de septembre et face au silence, ils auraient décidé de la publier. 

Quatre Cardinaux face à Amoris Laetitia

Les théologiens ne sont-ils pas au service du Magistère et les Cardinaux les plus proches collaborateurs et conseillers du Pape jusqu'à l'effusion du sang afin que le peuple de Dieu marche sur des près d'herbes fraîches ? Une théologie compliquée bloque la Miséricorde. 

Comme l'écrit fort bien le Pape François: "Il faut de l’ouverture d’esprit pour ne pas s’enfermer avec obsession dans quelques idées, et il faut de la souplesse afin de pouvoir modifier ou compléter ses propres opinions".

Il règne dans les esprits un soupçon (un zeste) de complot, une idéologie de la rupture, une sorte d'esprit malin qui opérerait par une main invisible, comme si le Pape François et les évêques en communion avec lui n'enseignaient plus la foi. L'exhortation apostolique ne renie en rien l'enseignement de Saint Jean-Paul II (le Pape de la famille) ou son Encyclique sur la morale"Veritatis Splendor". 

images-1.jpegLe Synode pour la famille, consultatif et présidé par Pierre, donc le Pape François, a donné lieu à des débats difficiles dans un climat de haute tension (discours de conclusion du Synode en 2014)

L'exhortation apostolique est la synthèse de tout le processus synodale qui reflète la pensée du Magistère de l'Eglise. Elle jette d'abord un regard sur la réalité concrète

"Je rends grâce à Dieu du fait que beaucoup de familles, qui sont loin de se considérer comme parfaites, vivent dans l’amour, réalisent leur vocation et vont de l’avant, même si elles tombent souvent en chemin. Un stéréotype de la famille idéale ne résulte pas des réflexions synodales, mais il s’en dégage un collage qui interpelle, constitué de nombreuses réalités différentes, remplies de joies, de drames, et de rêves. Les réalités qui nous préoccupent sont des défis". 

Amoris Laetitia est un manuel de pastorale pour aujourd'hui qui intègre la complexité de la vie, ou s'entremêle la vérité et la lumière libérantes de l'Evangile, comme la magnifique médiation de l'hymne à la charité de Saint Paul, ou des conseils pratiques (pardon, merci, s'il-te-plaît), ou encore la prise en compte des fragilités humaines qui nous touchent tous. Le ton est cependant rempli de joie et d'espérance. 

"Les Pères synodaux ont affirmé que le discernement des Pasteurs doit toujours se faire « en distinguant attentivement » les situations, d’un « regard différencié ». Nous savons qu’il n’existe pas de « recettes simples"". 

Il en résulte cependant un document du Magistère dont les réalités principales sont peut-être celles-ci: 

ACCOMPAGNER, DISCERNER ET INTÉGRER LA FRAGILITÉ

- la loi de la gradualité a été approfondie. Nous avançons vers le Christ aux pas de Dieu, sur un plan incliné, avec des petits pas (Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus dirait: "lever son petit pied"). 

"Dans ce sens, saint Jean-Paul II proposait ce qu’on appelle la ‘‘loi de gradualité’’, conscient que l’être humain « connaît, aime et accomplit le bien moral en suivant les étapes d'une croissance". 

- le discernement s'opère avec les lumières du Magistère. Les Pasteurs se retroussent les manches et ne craignent pas d'affronter les situations obscures de la vie, en se salissant les mains, afin de répandre la grâce de Dieu qui agira plus puissamment dans la vie concrète et réelle que n'importe quelles théories. Les situations de notre vie ne saurait se résumer à une théologie de tableau noir. L'Eglise n'est pas un salon théologique où l'on boit une tasse de thé. 

"Fidèles à l’enseignement du Christ, nous regardons la réalité de la famille aujourd’hui dans toute sa complexité, avec ses lumières et ses ombres ... "

"... ce discernement ne pourra jamais s’exonérer des exigences de vérité et de charité de l’Évangile proposées par l’Église. Pour qu’il en soit ainsi, il faut garantir les conditions nécessaires d’humilité, de discrétion, d’amour de l’Église et de son enseignement, dans la recherche sincère de la volonté de Dieu et avec le désir de parvenir à y répondre de façon plus parfaite".

- la vérité de l'Evangile, la bonne nouvelle du saint sacrement du mariage, est attractive.

"l’Église doit accompagner d’une manière attentionnée ses fils les plus fragiles, marqués par un amour blessé et égaré, en leur redonnant confiance et espérance, comme la lumière du phare d’un port ou d’un flambeau placé au milieu des gens pour éclairer ceux qui ont perdu leur chemin ou qui se trouvent au beau milieu de la tempête".

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- la meilleure interprétation d'Amoris Laetitia se trouve sans aucun doute au confessionnal dans un dialogue patient et confiant entre la conscience et le Christ. La Miséricorde, est toujours liée à la Vérité. Le prêtre est l'artisan d'une rencontre, entre une personne avec sa vie difficile et le Christ en personne, qui est le chemin, la vérité et la vie.

"Certes, parfois « nous nous comportons fréquemment comme des contrôleurs de la grâce et non comme des facilitateurs. Mais l’Église n’est pas une douane, elle est la maison paternelle où il y a de la place pour chacun avec sa vie difficile".  

- si le prêtre discerne une toute petite ouverture de la porte du coeur, alors l'absolution sacramentelle est possible.

"Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements. Voilà pourquoi, « aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais un lieu de la miséricorde du Seigneur » Je souligne également que l’Eucharistie « n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles".  

La présence de la personne au confessionnal est déjà un beau signe, un pas. Si l'esprit est résolument fermé, alors un temps de prière et une bénédiction seront la marque de l'accueil bienveillant de l'Eglise. 

Unknown-1.jpeg"Le compagnon de la nièce du Pape François, mariée civilement avec "un homme extrêmement pieux, qui allait à la messe tous les dimanches, qui se connaissait disait au prêtre: "Je sais que vous ne pouvez pas me donner l'absolution, mais j'ai péché en ceci et en cela, donnez-moi une bénédiction". Cela est un homme religieusement formé conclut le Pape". Pape François, le nom de Dieu est Miséricorde 

dimanche, 13 novembre 2016

Non à l'acharnement thérapeutique et à Exit

Non à l'acharnement thérapeutique et à Exit

Le suicide d'un homme qui voulait partir avec Exit donne lieu à bien des commentaires sur les réseaux sociaux. Force est de constater déjà deux points communs: la volonté de soulager la souffrance et le refus de l'acharnement thérapeutique. 

L’acharnement thérapeutique désigne, dans le domaine médical, l'emploi de thérapies exagérément lourdes pour le patient, disproportionnées par rapport à l'amélioration attendue. L'Eglise est "farouchement"t contre l'acharnement. 

"La cessation de procédures médicales onéreuses, périlleuses, extraordinaires ou disproportionnées avec les résultats attendus peut être légitime. C’est le refus de " l’acharnement thérapeutique ". On ne veut pas ainsi donner la mort ; on accepte de ne pas pouvoir l’empêcher".  Catéchisme de l'Eglise catholique

La divergence porte sur le moyen utilisé. Un soutien humain pour soulager promeut notre dignité humaine. Or, Exit propose d'avaler un poison mortel. Le serment d'Hippocrate, qui date d'avant Jésus-Christ, ne le conseillait pas: 

"Je ne remettrai à personne du poison, si on m'en demande, ni ne prendrai l'initiative d'une pareille suggestion"

La difficulté provient surtout du fait que Mr N. n'était pas en fin de vie. Une aide pour continuer son chemin était adéquate. Nous avons surtout besoin d'humanité, d'amitié, de soutien, d'écoute et d'amour. Navrant de culpabiliser ses deux frères ou de les rendre responsables d'un suicide. Exit qui proposait assurément un suicide. 

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Les contradictions se révèlent: Sur quoi repose le volontariat ? la solidarité ? l'humanitaire ?

Pourquoi les campagnes contre la peine de mort ?

Pourquoi les campagnes sans-tabac ? un Noël solidaire ? la main tendue ? le numéro 143 ? pourquoi la ligne de coeur de Jean-Marc Richard sur la RTS ? pourquoi adressons-nous notre sympathie aux personnes qui ont perdu un être cher ? pourquoi devenir psychologue, psychiatre, médecin, infirmière  ? pourquoi s'engager dans l'humanitaire ? à la Croix-Rouge ? pourquoi Genève est-elle dépositaire de la convention des droits de l'homme ? pourquoi les cartons du coeur ? la prévention routière ? les campagnes médiatiques pour la lutte contre le cancer ?

Nous pourrions multiplier les exemples. Notre premier réflexe est pour la vie.

Exit fait la une car son action pour la mort fait sensation et agite les émotions. 

En ce mois de novembre, l'Eglise nous invite à prier pour les défunts. J'ai célébré la Messe pour Monsieur N. qui n'a pas choisi de nous quitter, mais fut emporté par son mal-être profond. Les propos manipulatoires d'Exit l'ont très certainement torturé. 

Soulager la souffrance ne consiste pas à supprimer la personne qui souffre. Avec ou sans Exit, l'issue est d'ailleurs identique: la mort par suicide. 

"Des troubles psychiques graves, l’angoisse ou la crainte grave de l’épreuve, de la souffrance ou de la torture peuvent diminuer la responsabilité du suicidaire".Catéchisme de l'Eglise catholique 

 Donne-lui Seigneur le repos éternel et que brille à ses yeux la lumière sans déclin et qu'il repose dans la Paix. 

Pape François: je voudrais qu’aujourd’hui soit la « journée des pauvres »

JUBILÉ EXTRAORDINAIRE DE LA MISÉRICORDE

PERSONNES SOCIALEMENT EXCLUES

 

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Dimanche, 13 novembre 2016

Le pape François a célébré le 13 novembre 2016 à la basilique Saint-Pierre à Rome (Italie), la messe de conclusion du jubilé des personnes pauvres, organisé par l'association Fratello . Le Souverain pontife a expliqué que les pauvres sont la “vraie richesse“ de l’Eglise, parce qu’ils détournent de “l’esprit du monde“.

HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

011-e1479031332914.jpg « Pour vous […] le Soleil de justice se lèvera : il apportera la guérison dans son rayonnement » (Ml 3, 20). Les paroles du prophète Malachie, que nous avons entendues dans la première lecture, éclairent la célébration cette journée jubilaire. Elles se trouvent à la dernière page du dernier prophète de l’Ancien Testament et sont adressées à ceux qui ont confiance dans le Seigneur, qui mettent leur espérance en lui, en le choisissant comme le bien suprême de la vie et en refusant de vivre uniquement pour soi et pour ses intérêts personnels.

Pour ceux-là, pauvres de soi mais riches de Dieu, se lèvera le soleil de sa justice : ils sont les pauvres en esprit, à qui Jésus promet le royaume des cieux (cf. Mt 5, 3) et que Dieu, par la bouche du prophète Malachie, appelle « mon domaine particulier » (Ml 3, 17).

Le prophète les oppose aux superbes, à ceux qui ont mis la sécurité de la vie dans leur autosuffisance et dans les biens du monde. Derrière cette page finale de l’Ancien Testament, se cachent des questions qui interpellent sur le sens dernier de la vie : où est-ce que moi je cherche ma sécurité ? Dans le Seigneur ou dans d’autres sécurités qui ne plaisent pas à Dieu ? Vers où s’oriente ma vie, vers où se dirige mon cœur ? Vers le Seigneur de la vie ou vers des choses qui passent et ne comblent pas ?

Des questions similaires apparaissent dans le passage de l’Évangile d’aujourd’hui. Jésus se trouve à Jérusalem, pour la dernière et la plus importante page de sa vie terrestre : sa mort et sa résurrection. C’est aux alentours du temple, orné « de belles pierres et d’ex-voto » (Lc 21, 5). Les gens sont précisément en train de parler des beautés extérieures du temple, lorsque Jésus dit : « Ce que vous voyez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre » (v. 6). Il ajoute qu’il ne manquera pas de conflits, de famines, de bouleversements sur la terre et dans le ciel. Jésus ne veut pas effrayer, mais nous dire que tout ce que nous voyons passe inexorablement. Même les royaumes les plus puissants, les édifices les plus sacrés et les réalités les plus stables du monde ne durent pas pour toujours. Tôt tout tard, ils s’effondrent.

Celui qui suit Jésus ne prête pas l’oreille aux prophètes de malheur, aux vanités des horoscopes

CPsWCqTVEAAwNII-e1478943245863.jpgFace à ces affirmations, les gens posent immédiatement deux questions au Maître : « Quand cela arrivera-t-il ? Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? » (v. 7). Quand et quel… Nous sommes toujours poussés par la curiosité : on veut savoir quand et avoir des signes. Mais cette curiosité ne plaît pas à Jésus. Au contraire, il exhorte à ne pas se laisser tromper par les prédicateurs apocalyptiques.

Celui qui suit Jésus ne prête pas l’oreille aux prophètes de malheur, aux vanités des horoscopes, aux prédications et aux prédictions qui suscitent peur, en distrayant de ce qui compte. Parmi les nombreuses voix qui se font entendre, le Seigneur invite à distinguer ce qui vient de lui et ce qui vient de l’esprit faux. C’est important : distinguer l’invitation sage que Dieu nous adresse chaque jour de la clameur de celui qui se sert du nom de Dieu pour effrayer, alimenter des divisions et des peurs.

Jésus invite fermement à ne pas avoir peur face aux bouleversements de chaque époque, même pas face aux plus graves et plus injustes épreuves qui arrivent à ces disciples. Il demande de persévérer dans le bien et dans la pleine confiance mise en Dieu, qui ne déçoit pas : « Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu » (v. 18). Dieu n’oublie pas ses fidèles, son précieux domaine, que nous sommes.

Mais il nous interpelle aujourd’hui sur le sens de notre existence. Par une image, on pourrait dire que ces lectures se présentent comme un ‘‘tamis’’ dans le déroulement de notre vie : elles nous rappellent que presque tout en ce monde passe, comme l’eau qui coule ; mais il y a de précieuses réalités qui demeurent, comme une pierre précieuse sur le tamis. Qu’est-ce qui reste, qu’est-ce qui a de la valeur dans la vie, quelles richesses ne s’évanouissent pas ? Sûrement deux : le Seigneur et le prochain. Ces deux richesses ne s’évanouissent pas. Voilà les plus grands biens à aimer. Tout le reste – le ciel, la terre, les choses les plus belles, même cette Basilique – passe, mais nous ne devons pas exclure de notre vie Dieu et les autres.

Néanmoins, précisément aujourd’hui, lorsqu’on parle d’exclusion, viennent à l’esprit immédiatement des personnes concrètes ; pas des choses inutiles, mais des personnes précieuses. La personne humaine, placée par Dieu au sommet de la création, est souvent rejetée, car on préfère les choses qui passent. Et cela est inacceptable, parce que l’homme est le bien le plus précieux aux yeux de Dieu. Et c’est grave qu’on s’habitue à ce rejet ; il faut s’inquiéter, lorsque la conscience est anesthésiée et ne prête plus attention au frère qui souffre à côté de nous ou aux problèmes sérieux du monde, qui deviennent seulement des refrains entendus dans les revues de presse des journaux télévisés.

C’est un symptôme de sclérose spirituelle lorsque l’intérêt se concentre sur les choses à produire plutôt que sur les personnes à aimer.

Unknown.jpegAujourd’hui, chers frères et sœurs, c’est votre jubilé, et par votre présence, vous nous aidez à nous harmoniser sur la longueur d’onde de Dieu, à regarder ce que lui regarde : il ne s’arrête pas à l’apparence (cf. 1 Sam 16, 7), mais dirige son regard vers « le pauvre, celui qui a l’esprit abattu » (Is 66, 2), vers les nombreux pauvres Lazare d’aujourd’hui. Que cela nous fait mal de feindre de ne pas apercevoir Lazare qui est exclu et rejeté (cf. Lc 16, 19-21) ! C’est tourner le dos à Dieu. C’est tourner le dos à Dieu !

C’est un symptôme de sclérose spirituelle lorsque l’intérêt se concentre sur les choses à produire plutôt que sur les personnes à aimer. Ainsi naît la contradiction tragique de nos temps : plus augmentent le progrès et les possibilités, ce qui est un bien, plus il y a de gens qui ne peuvent pas y accéder. C’est une grande injustice qui doit nous préoccuper, beaucoup plus que de savoir quand et comment il y aura la fin du monde. En effet, on ne peut pas rester tranquille chez soi tandis que Lazare se trouve à la porte ; il n’y a pas de paix chez celui qui vit bien, lorsque manque la justice dans la maison de tout le monde.

Aujourd’hui, dans les cathédrales et dans les sanctuaires du monde entier, se ferment les Portes de la Miséricorde. Demandons la grâce de ne pas fermer les yeux face à Dieu qui nous regarde et devant le prochain qui nous interpelle. Ouvrons les yeux sur Dieu, en purifiant la vue du cœur des représentations trompeuses et effrayantes, du dieu du pouvoir et des châtiments, projections de l’orgueil et de la crainte des hommes. Regardons avec confiance le Dieu de la miséricorde, avec la certitude que « l’amour ne passera jamais » (1 Co 13, 8). Renouvelons l’espérance de la vraie vie à laquelle nous sommes appelés, celle qui ne passera pas et qui nous attend en communion avec le Seigneur et avec les autres, dans une joie qui durera pour toujours, sans fin.

Notre Mère l’Église regarde « en particulier cette partie de l’humanité qui souffre et pleure, car elle sait que ces personnes lui appartiennent par droit évangélique »

Et ouvrons nos yeux sur le prochain, surtout sur le frère oublié et exclu, sur le « Lazare » qui gît devant notre porte. Sur eux pointe la loupe d’agrandissement de l’Église. Que le Seigneur nous libère du fait de diriger cette loupe vers nous-mêmes. Qu’il nous détache des oripeaux qui distraient, des intérêts et des privilèges, de l’attachement au pouvoir et à la gloire, de la séduction de l’esprit du monde. Notre Mère l’Église regarde « en particulier cette partie de l’humanité qui souffre et pleure, car elle sait que ces personnes lui appartiennent par droit évangélique » (Paul VI, Allocution inaugurale de la 2ème Session du Concile Vatican II, 29 septembre 1963). Par droit et aussi par devoir évangélique, car c’est notre tâche de prendre soin de la vraie richesse que sont les pauvres.

A la lumière de ces réflexions, Pape . Une antique tradition, concernant le saint martyr romain Laurent, nous le rappelle bien. Avant de subir un atroce martyre par amour pour le Seigneur, il a distribué les biens de la communauté aux pauvres, qu’il a qualifiés de vrais trésors de l’Église. Que le Seigneur nous accorde de regarder sans peur ce qui compte, de diriger notre cœur vers lui et vers nos vrais trésors.

Des Romands ont rencontré le Pape François. Reportage au 19.30 de la RTS par Valérie Dupont

vendredi, 11 novembre 2016

Le Pape parle de la victoire des martyrs, de la vraie politique, du pouvoir, de Donald Trump avec Scalfari dans la Repubblica

Interview du Pape François avec Scalfari: "ma préoccupation principale sont les réfugiés"

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Le Pape parle les réfugiés, de la victoire des martyrs, de la vraie politique, du pouvoir, de Donald Trump avec Scalfari dans la Repubblica

En italien 

Nous ne nous sommes pas embrassés depuis longtemps. "Il me semble que vous allez bien" me dit-il. 

Vous aussi vous semblez en pleine forme, malgré les déchirements dans votre vie.

C'est le Seigneur qui décide. 

Et notre soeur, la mort corporelle. 

Oui corporelle. 

Ce fut la conversation qui a nous a permis d'entrer aussitôt dans les choses plus profondes. 

Sainteté, que penser de Donald Trump ?

Je ne porte pas des jugements sur les personnes et sur les hommes politiques, je veux seulement comprendre quelles sont les souffrances que leurs modes de procéder causent aux pauvres et aux exclus. 

Quelle est alors, en ce moment tellement agité, votre préoccupation principale ?

Bergoglio_Scalfari.jpg"Celle des réfugiés et des immigrés. Une petite partie sont des chrétiens mais cela ne change pas la situation lorsqu'on regarde leurs souffrances et leurs embarras. Les causes sont multiples et nous faisons tout notre possible pour les enlever. Malheureusement, la plupart du temps se sont des mesures qui vont à l'encontre des populations qui craignent de perde leur travail et réduire leur salaire. 

L'argent est contre les pauvres, encore d'avantage contre les immigrés et les réfugiés, mais il y a aussi les pauvres des pays riches, lesquels craignent l'arrivée et l'accueil de leurs semblables provenant des pays pauvres. C'est un processus, un cercle pervers qui doit être arrêté. Nous devons abattre les murs qui divisent: tenter d'augmenter le bien-être et le répandre d'avantage, mais pour atteindre ce résultat nous devons abattre ces murs et construire des ponts qui puissent faire en sorte de diminuer les inégalités et accroître la liberté et les droits. Plus de droits et plus de liberté". 

J'ai demandé au Pape François si les raisons qui contraignent les personnes à immigrer disparaitront un jour ou l'autre. 

C'est difficile de comprendre pourquoi un homme, une famille et une communauté entière ou des peuples veulent abandonner leur propre terre, leurs lieux de naissances, leurs langues. 

Vous Sainteté, au travers des ces ponts à construire, cela favorisera le regroupement de ces personnes désespérés, bien que les inégalités sont nées dans les pays riches. Il existe des lois qui essaient d'en diminuer la portée, mais elles n'ont pas beaucoup d'effet. Est-ce que ce phénomène ne connaitra-t-il jamais une fin ?

Vous avez parlé et écrit souvent sur ce problème. Un des phénomènes provient des inégalités qui encouragent le mouvement de beaucoup de populations d'une pays vers un autre, d'un continent à un autre. Après deux, trois ou quatre générations, des peuples s'intègrent et leurs diversités tendent à disparaître dans le tout". 

Je l'appelle un métissage universel dans le sens positif du terme. 

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Bravo, c'est la parole juste. Cela ne sera pas universel mais se sera cependant plus répandu qu'aujourd'hui. Ce que nous voulons, une lutte contre les inégalités, ceci est le mal majeur qui existe dans le monde. Et l'argent l'engendre et cela est contraire aux mesures qui tendent à égaliser la croissance et donc favoriser l'égalité". 

Vous m'avez dit il y a quelque temps que le précepte "Aime ton prochain comme toi-même" doit changer, étant donné les temps obscurs que nous traversons, et devenir "plus que toi-même". Vous songez à une société où l'égalité l'emporte. Ceci est, comme vous le savez, le programme du socialisme marxiste et puis du communisme. Vous pensez à une société de type marxiste ?

"On me l'a dit plusieurs fois, et ma réponse a toujours été que, alors, ce sont les communistes qui pensent alors comme les chrétiens. Le Christ a parlé d'une société où les pauvres, les plus faibles, les exclus puissent décider eux-mêmes. Non les démagogues, ni les Barabas, mais le peuple, les pauvres, ceux qui ont foi dans le Dieu transcendant ou non; ce sont eux que nous devons aider pour obtenir l'égalité et la liberté". 

Sainteté, j'ai toujours pensé et écrit que vous êtes un révolutionnaire et aussi un prophète. Mais il me semble comprendre que vous espérer que le Mouvement populaire et surtout le peuple des pauvres entre directement dans la vraie et réelle politique 

"Oui, c'est cela. Pas dans ce qu'on appelle la politique politicienne, la recherche du pouvoir, l'égoïsme, la démagogie, mais la haute politique, créative, les grandes visions. Ce qui se trouve dans l'oeuvre d'Aristote. 

J'ai vu que dans votre discours aux mouvements populaires de samedi dernier, vous avez décrit le Ku Klux Klan comme un mouvement honteux, tout comme celui qui lui est opposé bien qu'analogue la Pantère noire. Mais vous avez cité avec admiration Martin Luther King. Ce fut aussi un prophète, qui donne une sens à ce que vous disiez dans l'Amérique libre ? 

"Oui, je l'ai cité avec admiration". 

J'ai lu une citation: je pense qu'il est opportun de la rappeler également pour ceux qui lisent les propos de notre rencontre. "Lorsque tu t'élèves au niveau de l'amour, de sa grande beauté et de son pouvoir, l'unique chose que tu cherches à vaincre sont les mauvais systèmes. Les personnes qui sont prisonnières des ces systèmes tu les aimes, bien que tu cherches à vaincre ce système. La haine pour la haine augmente seulement la haine et le mal dans l'univers. Si je te frappe et que toi tu me frappes, et que je rends le coup et que tu me rends le coup, et ainsi de suite, il est évident que cela va continuer jusqu'à l'infini. D'une part ou de l'autre, quelqu'un doit avoir un peu de bon sens et cette personne est forte, avoir la capacité de casser la chaine de la haine, la chaine du mal".

Mais retournons à la politique et à votre désir que se soient les pauvres et les exclus qui transforment la politique dans une volonté démocratique de réaliser les idéaux et la volonté des mouvements populaires. Vous avez fait l'éloge de la politique car c'est le Christ qui le veut. "Les riches doivent passer par le trou d'une aiguille". Le Christ le désire, non car il est le Fils de Dieu mais parce qu'il est le fils de l'homme. Inévitablement, un affrontement il y aura, le pouvoir est en jeu, et le pouvoir comme vous l'avez dit, comporte une guerre. Aussi, les mouvements sociaux populaires devront soutenir une guerre, une guerre politique, sans arme, sans effusion de sang ?

"Je n'ai jamais pensé à la guerre et aux armes. Le sang peut éventuellement être versé, mais se seront les chrétiens qui seront martyrs comme il advient dans le monde entier, comme l'oeuvre de fondamentalistes de l'ISIS, les bourreaux. Ce sont des être terribles, et les chrétiens sont les victimes". 

Mai vous Saint-Père, vous savez bien que beaucoup de pays réagissent aussi avec les armes pour vaincre l'ISIS. Du reste les armes, les Juifs les utiliseront contre les arabes, et même entre eux. 

Et non, ce n'est pas ce type de conflit que les mouvements populaires chrétiens doivent porter en avant. Nous chrétiens, nous avons toujours été martyrs, et malgré cela, notre foi, au cours des siècles, a conquis une grande partie du monde. Certes, il y a eu des guerres soutenues par l'Eglise contre les autres religions et il y a eu des guerres jusque dans notre religion. La plus tragique fut celle de la Saint Barthélémy, et malheureusement d'autres assez semblables. Mais celles-ci se produisirent lorsque les différents religions et la nôtre, parfois plus que les autres, opposaient le pouvoir temporel à la foi et à la Miséricorde". 

Vous cependant, Sainteté, vous incitez les mouvements populaires à entrer en politique. Qui entre en politique se confrontent inévitablement avec des adversaires. Guerre pacifique, mais il s'agit bien de conflits et l'histoire nous enseigne que dans les conflits se jouent la conquête du pouvoir. Sans le pouvoir, on ne gagne pas. 

" Mais n'oubliez pas qu'il existe aussi l'amour. Souvent l'amour est convainquant, et il est vainqueur même avec le nombres que nous sommes actuellement. Les catholique sont 1,5 milliards, les protestants de différentes confessions 800 millions; les orthodoxes sont 300 milles, puis il y a les autres confessions comme les anglicans, les vaudois, les coptes. Tout compris, les chrétiens atteignent les 2,5 milliards de croyants et peut-être plus. Est-ce qu'il y a fallu les armes et la guerre ? Non ! Martyrs ? Oui, et beaucoup. 

Et ainsi vous avez conquis le pouvoir 

"Nous avons diffusé la foi en prenant l'exemple de Jésus Christ. Lui est le Martyr des martyrs et il a jeté dans l'humanité la semence de la foi. Mais moi , je me garde bien de demander le martyr à celui qui se fondera dans une politique orientée vers les pauvres, pour l'égalité et la liberté. Cette politique est différente de la foi et il y a beaucoup de pauvres qui n'ont pas la foi. Ils ont cependant un besoin urgent et vital et nous devons les soutenir comme nous soutiendrons tous les autres. Comme nous le pourrons et comme nous saurons le faire. 

Pendant que je vous écoute, plus je suis conforté dans ce que je ressens pour vous: d'un pontificat comme le vôtre, il y en a eu peu. D'ailleurs vous avez passablement d'adversaires dans votre Eglise. 

"Je ne dirais pas adversaires. La foi nous unifie tous. Naturellement, chacun de nous individualise et vois les mêmes choses d'une manière différente: objectivement, le cadre est le même, mais subjectivement il est différent. Nous nous le sommes dit plusieurs fois, vous et moi. 

Sainteté, je vous ai retenu trop longtemps et maintenant je vous laisse. 

A ce moment, nous nous sommes salués avec une accolade pleine d'affection. Je lui ai dit de se reposer un peu et il m'a répondu: "vous aussi vous devez vous reposer car un non croyant comme vous doit être le plus éloigné possible de la mort corporelle" C'était un 7 novembre.  

Il voulait se suicider avec Exit et finit par se suicider

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Infrarouge: Il voulait mourir, il n'a pas été entendu. EXIT Suisse romande nous apprend le suicide de Monsieur M., la nuit dernière. Il voulait partir avec l'aide d'Exit, ses deux frères s'y étaient opposés et avaient saisi la justice. Monsieur M. a choisi de mettre fin à ses jours seul. RTS

Note:

Lien

RIP. Une prière pour lui et ses frères. Le suicide n'est jamais une décision. La maladie peut nous emporter vers ce drame. Je prie aussi pour que les membres d'Exit cesse de proposer le suicide, en poussant, si je peux prendre une image, les personnes en bas d'un pont. Pourquoi Fribourg a-t-elle mis des téléphones sur certains ponts ? Pas pour qu'Exit nous pousse en bas, mais pour appeler au secours. Finalement, le résultat est le même: avec ou sans Exit, il s'agit d'un suicide. Je célébrerai une Messe pour cette intention douloureuse. 

De fait, tous les commentaires soit sur le site du Temps, soit sur le site Infrarouge ont un point commun: soulager la souffrance. Nous sommes tous d'accord. Nous divergeons sur le moyen. Supprimer la personne qui souffre (Exit) ou soulager sa souffrance sans acharnement thérapeutique, là est la divergence.  

 

Le Pape des pauvres: un Notre Père avec eux et pour eux

 

Quelques 4 000 hommes et femmes venus de 22 pays européens étaient ainsi réunis autour du Saint-Père ce vendredi matin salle Paul VI au Vatican, premier grand rendez-vous de ce pèlerinage inédit coordonné par l’association française Fratello

 

« Comme je voudrais une Église pauvre pour les pauvres ».

15032860_313747902351703_4384280842807849521_n.jpg(RV) « Comme je voudrais une Église pauvre pour les pauvres ». C’est le souhait qu’avait exprimé le Pape François en mars 2013. Une option préférentielle pour les plus démunis manifestée à l’aube de son pontificat.

Depuis, le Saint-Père n’a eu de cesse de multiplier les paroles et les gestes en faveur des exclus rappelant dans sa première exhortation apostolique Evangelii Gaudium, que « les pauvres ont une place de choix dans le cœur de Dieu ». C’est dans ce même esprit, ce souci des plus petits que le Pape François, à l’occasion de l’année de la miséricorde, a convié à Rome du 11 au 13 novembre les personnes en situation d’exclusion.

Quelques 4 000 hommes et femmes venus de 22 pays européens étaient ainsi réunis autour du Saint-Père ce vendredi matin salle Paul VI au Vatican, premier grand rendez-vous de ce pèlerinage inédit coordonné par l’association française Fratello et qui se tient sur le thème « nous les pauvres, avec François à Rome au cœur de l’Eglise». Avant de prendre la parole, dans sa langue natale, le Pape a écouté deux témoignages de personnes de la rue : celui de Christian, un français, schizophrène, pris en charge par l'association Lazare, et Robert un Polonais, aidé par la communauté des Camilliens.

Ils ont parlé de leurs difficultés mais dit aussi que Dieu avait toujours été aurprès d’eux, même dans les annèes de galère. « Nous ne sommes pas différents des grands de ce monde» a dit le Pape, en reprenant les paroles de Robert, nous allons de l’avant avec nos passions et nos rêves. Certaines des passions nous font souffrir, mais d’autres passions nous font rêver. La dignité de chaque pauvre Revenant sur la pauvreté qui est dans le cœur de l’Evangile, le Saint-Père a expliqué que «ceux qui n’ont pas de toit nous enseignent à ne pas nous satisfaire, ils nous apprennent à rêver à ce qui est au cœur de l’Evangile».

La lumière peut venir malgré chaque situation difficile a t-il poursuivi, en insistant sur la dignité. «Cette dignité que Jésus a eu Jésus face aux pauvres». «Je sais que vous avez rencontré des gens qui voulaient exploiter votre pauvreté a aussi dit le Saint-Père, mais que ce sentiment de dignité vous a sauvé de l’esclavage. L’esclavage, n’est pas dans l’Evangile sinon pour s’en libérer. François a également souligné que l'on rencontrait toujours des plus pauvres que nous, il a évoqué cette capacité d’être solidaire, difficile pour celui qui a beaucoup de richesses.

Le Pape a aussi remercié ceux qui enseignent la solidarité au monde. Revenant sur la paix intérieur dont a parlé Christian, le Pape est revenu sur cette autre pauvreté qui détruit, celle de la guerre. «Nous avons besoin de paix dans le monde, nous avons besoin de paix dans l’Eglise et dans les autres religions. Les religions aident à faire grandir la paix.»

«Je vous remercie d’être venus me visiter et je vous demande pardon si parfois je vous ait offensé par mes paroles, si certains n’ont pas compris l’Evangile qui met la pauvreté au centre. Je vous demande pardon quand des chrétiens tournent le regard de l’autre côté en rencontrant un pauvre» a encore dit le Saint-Père avant de se lever pour réciter une prière: « Dieu Père de nous tous, de chacun de tes enfants, je te demande que tu nous donnes de la force, de la joie, que tu nous enseignes à rêver pour regarder de l’avant , que nous soyons solidaires, que tu nous aide à défendre notre dignité, tu es le Père de chacun de nous. »

Une rencontre qui s’est achevée par cette image très forte de ces gens de la rue imposant leurs mains sur la soutane du Saint-Père, priant avec lui le Notre-Père.