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mercredi, 13 septembre 2017

Evêques suisses: Amoris Laetitia renouvelle la bonne nouvelle du mariage

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Pour un renouvellement de la pastorale du mariage et des familles à la lumière d’Amoris laetitia : une bonne nouvelle pour tou(te)s

 

Amoris Laetitia: Message de la Conférence des évêques suisses à l’adresse des agents pastoraux, prêtres, diacres et laïcs

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1.       Dans l’action de grâce

Pour l’ensemble de la pastorale

images.pngAvec son exhortation Amoris laetitia, le pape François nous fait un cadeau. Il nous l’offre comme l’aboutissement d’un vaste processus synodal (les deux synodes des évêques de 2014 et 2015). Il nous la propose comme une invitation à la conversion et à l’engagement missionnaire, valable non seulement pour la pastorale des couples et des familles, mais également pour l’ensemble de la pastorale. Il nous invite à développer un style renouvelé de vie ecclésiale, marqué par une culture de l’accueil, de l’accompagnement, du discernement et de l’intégration à tous les niveaux de la pastorale.

Une gerbe de mercis

Ce texte pontifical nous donne l’occasion de remercier chaleureusement toutes celles et tous ceux qui ont participé à la démarche synodale dans nos diocèses. Il nous fournit la possibilité de dire merci à tous les couples et familles de notre pays, qui vivent chacun(e) à sa manière la bonne nouvelle de l’amour. L’évangile de Jésus Christ éclaire leurs histoires concrètes et singulières. Nous avons ainsi l’occasion de rendre grâce pour tous les agents pastoraux (prêtres, diacres et laïcs) et pour tous les bénévoles œuvrant déjà depuis des années au service de la pastorale familiale dans l’esprit d’Amoris laetitia.

À contextualiser et inculturer

Dans le présent document, nous nous contentons de dégager quelques orientations générales, invitant chaque diocèse et région à les inculturer plus spécifiquement dans son contexte. Nous désirons ouvrir un certain nombre de voies pour un renouvellement de la pastorale des couples et des familles, en soulignant qu’elle constitue une dimension transversale présente à la globalité des domaines de la pastorale.

***

 

2.       Un accent nouveau : apprendre à accueillir

Un appel prophétique

Le pape François promeut sans détour « l’évangile du mariage et de la famille », c’est-à-dire ce témoignage que rendent les couples et les familles dans leurs différents parcours de vie à la bonne nouvelle de l’amour de Dieu pour l’humanité. Il rappelle que « en tant que chrétiens nous ne pouvons pas renoncer à proposer le mariage pour ne pas contredire la sensibilité actuelle, pour être à la mode, ou par complexe d’infériorité devant l’effondrement moral et humain. Nous priverions le monde des valeurs que nous pouvons et devons apporter. » (AL 35). Mais cette proposition ne doit pas être présentée comme une loi surplombante et finalement jugeante, mais davantage comme une lumière et comme un appel adressé à tous les hommes de bonne volonté : nous sommes toutes et tous conviés à la joie de l’amour. Car, affirme encore le pape François, « beaucoup ne sentent pas que le message de l’Eglise sur le mariage et la famille est un reflet clair de la prédication et des attitudes de Jésus, qui, en même temps qu’il proposait un idéal exigeant, ne renonçait jamais à une proximité compatissante avec les personnes fragiles, comme la samaritaine ou la femme adultère » (AL 38).

Un texte à lire et faire lire

Il vaut donc vraiment la peine de lire et de faire lire l’ensemble du texte du Saint-Père, car le langage qu’il utilise est proche du quotidien et accessible à tou(te)s. Les services de formation et de pastorale familiale pourront ainsi, par exemple, préparer de petits « guides de lecture » de l’exhortation et y retenir des citations-clés, réparties par grandes thématiques et par destinataires potentiels.

Une attitude fondamentale d’accueil

L’accent mis sur la Révélation conçue en premier lieu comme une vocation vaut pour la globalité de la pastorale. Il se traduit par un regard confiant et réaliste sur l’ensemble des situations de couples et de familles. Nous sommes invités à renoncer au rêve illusoire d’une norme qui serait en elle-même suffisante pour évaluer les différents comportements, comme de l’extérieur et sans nuances (cf. AL 35). « C’est pourquoi, tout en exprimant clairement la doctrine, il faut éviter des jugements qui ne tiendraient pas compte de la compléxité des diverses situations ; il est également nécessaire d’être attentif à la façon dont les personnes vivent et souffrent à cause de leur condition » (AL 79).

Un tel regard positif constitue l’attitude de base de l’« accueil » qui sous-tend les trois autres concepts d’accompagnement, de discernement et d’intégration. C’est la base de la pastorale dite « d’engendrement », telle que la vit Jésus dans toutes ses rencontres évangéliques : la reconnaissance que l’Esprit est déjà à l’œuvre en tout être, quel que soit le contexte dans lequel nous nous trouvions ; la valorisation des « semences du Verbe » (les semina Verbi, voir Gaudium et spes 22 et Ad gentes 11), présentes dans toutes les relations interpersonnelles (AL 76-78).

Ainsi, tout en rappelant que « le mariage chrétien, reflet de l’union entre le Christ et son Eglise, se réalise pleinement dans l’union entre un homme et une femme, qui se donnent l’un à l’autre dans un amour exclusif et dans une fidélité libre, s’appartiennent jusqu’à la mort et s’ouvrent à la transmission de la vie, consacrés par le sacrement qui leur confère la grâce pour constituer une Eglise domestique et le ferment d’une vie nouvelle pour la société », et que «d’autres formes d’union contredisent radicalement cet idéal », le pape François affirme que « certaines le réalisent au moins en partie et par analogie, (…) et que l’Eglise ne cesse de valoriser les éléments constructifs dans ces situations qui ne correspondent pas encore ou qui ne correspondent plus à son enseigenemnt sur le mariage » (AL 292).

Ainsi, « dans la perspective de la pédagogie divine, l’Eglise se tourne avec amour vers ceux qui participent à sa vie de façon imparfaite : elle invoque avec eux la grâce de la conversion, les encourage à accomplir le bien, à prendre soin l’un de l’autre avec amour » (AL 78).

Rendre cette bonne nouvelle désirable

Le rôle des agents pastoraux, prêtres, diacres et laïcs, est alors de « révéler », au sens photographique du terme, cette action de la grâce qui nous précède et les valeurs que portent déjà ceux que nous rencontrons. Nous sommes invités non pas à imposer, mais à rendre désirable la « bonne nouvelle de la famille » (AL 36), en nous greffant sur le « désir d’amour fidèle et de famille » qui reste vif, notamment chez les jeunes, malgré toutes les fragilités qui marquent la « culture actuelle du relatif et du provisoire »(cf. AL 39).

***

3.       L’intention pastorale de toute doctrine

La doctrine est don et miséricorde

images.jpegEn prolongement de l’année sainte du Jubilé, deux termes parcourent l’exhortation comme un leitmotiv : la grâce d’un Dieu Trinité d’amour qui se donne (AL 71-72) et la miséricorde qui implique proximité et compassion de la part de tous ceux qui se réclament du Christ (AL 297).

Le « principe miséricorde » est le « cœur battant » de la doctrine chrétienne (AL 309), parce qu’il est au centre de la « condescendance » d’un Dieu qui se rend proche de l’humanité. C’est ce principe de compassion qui fait le lien entre la « logique de l’Évangile » et de la doctrine, et la « logique de la pastorale » (AL 307-312). Comme le dit le cardinal Schönborn (Le regard du Bon Pasteur, Bex / Paris, Parole et Silence, 2016, p. 86) :

« La doctrine sans la pastorale n’est que "cymbale retentissante" (1 Corinthiens 13,1). La pastorale sans la doctrine n’est que « vue humaine » (Matthieu 16,23). La doctrine, c’est d’abord la Bonne Nouvelle : Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique pour que quiconque croit en lui ait la vie éternelle. C’est l’annonce de la vérité fondamentale de la foi : Dieu a fait miséricorde. »

 

La pédagogie divine

Au lieu de les opposer en une tension irréconciliable, il s’agit donc d’articuler entre elles « la proposition d’un idéal exigeant », sans idéalisation irréaliste mais ouverte à la grâce, et « la proximité compatissante avec les personnes fragiles » (AL 35-38). Ce sont les deux versants d’une même pièce, les deux facettes d’un même mystère de gratuité : c’est la « divine pédagogie de la grâce dans nos vies » (AL 297).

Une conversion missionnaire

Comment dépasser ce genre de dilemme ? Il y faut une conversion pastorale, une « sortie réelle » (cf. Evangelii gaudium 20-26) vers des rencontres qui, dans « l’innombrable diversité des situations concrètes » (AL 300), permettent de toucher de près le « bien que l’Esprit répand au milieu de la fragilité » (AL 308). Il y faut des rencontres effectives avec des personnes renvoyées chacune à sa propre conscience (AL 37), ce que le pape appelle une pastorale du « corps à corps » (Lettre du pape aux évêques de la région de Buenos Aires, 5.9.2016) [1].

La plus haute tradition théologique, que le Saint-Père invoque à l’appui de sa réflexion, va dans le même sens. Saint Thomas affirme que la doctrine considérée comme une norme est insuffisante face aux situations particulières de l’existence : « Plus on entre dans les détails, plus les exceptions se multiplient » (Somme théologique, IIa-IIae, q. 94, art. 4, cité en AL 304).

Car la réalité des personnes est plus importante que les idées générales, selon l’un des quatre principes dégagés dans Evangelii gaudium (EG 231-233). La volonté de Dieu est toujours infiniment concrète, dans chaque situation. Elle ne se réduit jamais à une simple conformité aux lois morales (cf. AL 304-305), mais relève d’un accompagnement spirituel demandant que « nous acceptions vraiment d’entrer en contact avec l’existence concrète des autres » (AL 308, cf. EG, n. 270).

La loi de gradualité

D’où la « loi de gradualité » (AL 293-295) qui préside à la pastorale et permet de rechercher en chaque circonstance « le bien qui est possible » (EG 44). L’enseignement de l’Église joue le rôle de panneau indicateur placé sur le chemin, pour éviter de se perdre ; l’Évangile est le sommet vers lequel nous tendons ; la force qui nous dynamise est la joie de l’Esprit au fond de notre être ; l’agent pastoral est le guide qui soutient et encourage ; le sacrement de mariage n’est pas une récompense, mais un signe précieux de l’amour de Dieu toujours réalisé de manière imparfaite : « Il ne faut pas faire peser sur deux personnes ayant leurs limites la terrible charge d’avoir à reproduire de manière parfaite l’union qui existe entre le Christ et son Église » (AL 122).

L’Écriture, compagne de voyage

Sur ce chemin, la Parole de Dieu ne se révèle pas comme une séquence de thèses abstraites, mais comme une « compagne de voyage », y compris pour les familles en crise ou en souffrance : elle montre à tous le but du chemin (AL 22).

***

De là découlent un certain nombre d’attitudes et « compétences » pastorales à acquérir et développer.

4.       Apprendre à regarder

La pastorale du regard

Lire les Écritures nous permet d’adopter le regard de Jésus, puisque tout le mystère de la foi tient dans l’imitation du Christ : on a la doctrine et la pastorale de son regard !

Il convient donc, pour suivre le pape François, d’apprendre à regarder en profondeur pour pouvoir nous accompagner mutuellement sur les chemins de la vie. C’est-à-dire savoir regarder l’expérience vécue au-delà de la surface, dans la pénombre des coulisses de la société et de nos maisons, au fond des consciences ; en interaction avec le monde de l’éducation et de la culture, du travail, de l’économie et de la politique ; en collaboration avec les sciences humaines, la sociologie, la psychologie et la pédagogie. C’est par ce long apprentissage que débute la « conversion missionnaire » de l’Église, à laquelle l’évêque de Rome nous convie.

Cela vaut autant du regard de chacun sur ses proches (chap. 4 et 5) que du regard pastoral ou éducateur (chap. 6 et 7) : « C’est une profonde expérience spirituelle de contempler chaque proche avec les yeux de Dieu et de reconnaître le Christ en lui » (AL 323).

À toutes les étapes

C’est ce regard contemplatif que François détaille à travers les attitudes de l’hymne de saint Paul à l’amour (caritas) (1 Corinthiens 13), égrenées comme les perles d’un chapelet (AL 90-119). La catéchèse des jeunes et toute la pastorale familiale sont invitées à cultiver ce regard sur l’amitié et l’amour au long de leurs étapes de maturation. Par exemple dans la préparation au mariage, lorsque l’amour est éclairé par la grâce du sacrement : celui-ci est vu alors comme « l’union affective » (saint Thomas, Somme théologique IIa-IIae, q. 27, a. 2) « qui inclut la tendresse de l’amitié et la passion érotique, bien qu’elle soit capable de subsister même lorsque les sentiments et la passion s’affaiblissent ». (AL 120).

Puis dans le cadre de la famille élargie, à travers les difficultés du quotidien, afin de rendre le monde « domestique et habitable ». En effet, la fraternité vécue en famille « rayonne comme une promesse sur toute la société » (AL 187-194). Enfin, sur la transformation de l’amour et de la tendresse, alors que la durée de vie s’allonge (AL 163-164).

Un regard différencié

Ainsi, nous sommes invités à poser sur la réalité un « regard différencié », tel que déjà esquissé par Familiaris consortio de Jean-Paul II (FC 84 ; cf. AL 297-300). Il convient de rejoindre les gens là où ils sont et de découvrir les éléments positifs déjà vécus par les couples et les familles, y compris celles qui n’incarnent pas l’idéal chrétien. Puis de les amener à aller plus loin, « en cherchant à les transformer [ces situations humaines] en occasions de cheminement vers la plénitude du mariage et de la famille à la lumière de l’Évangile. Il s’agit de les accueillir et de les accompagner avec patience et délicatesse »(AL 294).

La pastorale du « focus »

François rejette ainsi à la fois le rigorisme et le laxisme, c’est-à-dire une pastorale plus rigide qui prétend tout résoudre en appliquant les normes générales (AL 304, 308), autant qu’une pastorale de concessions qui conduirait à penser que « l’Église entretient une double morale » (AL 300 ; 2). Le nouveau « point de vue » ainsi proposé est encore plus exigeant en fait. Il requiert la capacité d’ajuster à la manière d’un « focus » l’œil de notre caméra intérieure. Avec beaucoup de mobilité de cœur. Bref, avec la nécessité permanente d’emprunter la via caritatis.

***

5.       Apprendre à accompagner

Dieu nous accompagne

Autre compétence pastorale à travailler, l’« accompagnement » (du latin ad-cum-panis, chercher à partager le pain avec). Cette attitude est requise parce que « la condescendance divine accompagne toujours le chemin de l’homme » (AL 62). Et du fait que Jésus Bon Pasteur ne se contente pas des 99 brebis au bercail. Il les veut toutes, il cherche la 100e (AL 309).

Un accompagnement par et pour tous

Puisque les époux, selon la tradition latine, sont les « ministres du sacrement » (AL 75), ils sont également de véritables « ministres éducatifs » (AL 85). Par la grâce du mariage, ils deviennent eux-mêmes les « principaux acteurs de la pastorale familiale » (AL 200). Il s’agit donc de miser sur les compétences des familles et de donner les moyens aux parents d’éveiller leurs enfants à la justice, la paix, la vérité, l’amour et la foi (AL, chap. 7).

De plus, c’est toute la communauté chrétienne qui est chargée de cet accompagnement pastoral (AL202 ; 206 ; 207). Car l’accompagnement mutuel dans les communautés passe par la présence contagieuse et rayonnante de jeunes couples et familles. Nos projets diocésains souhaitent donc faire de la pastorale conjugale et familiale une préoccupation « générique » et prioritaire (AL 200), et lui octroyer les ressources nécessaires pour la soutenir et la renforcer. Il est important qu’elle soit l’affaire de tous, et pas seulement de quelques spécialistes. Aussi, chaque équipe pastorale veillera à désigner en son sein un « délégué à la pastorale familiale » qui puisse porter ce souci à la base, dans chaque contexte particulier.

Un accompagnement progressif

Comme pour le « regard pastoral », l’accompagnement des couples et des familles est appelé à se moduler par étapes, en fonction des enjeux spirituels qui sont attachés à chacune d’elles. Il se déploie comme une véritable « catéchèse de cheminement » avec

–       le temps des fiançailles, à revaloriser ;

–       celui de la préparation du mariage, par l’acquisition des « vertus » évangéliques et l’approfondissement de la spiritualité conjugale (AL 205-216), en une sorte de « catéchuménat du mariage », intégré dans l’ensemble de l’itinéraire d’initiation chrétienne (en lien avec le baptême, la confirmation, l’eucharistie, le pardon) : les diocèses s’efforceront d’établir des standards minimaux communs, combinant des dialogues avec le célébrant et des rencontres à plusieurs couples ;

–       le suivi des premières années de vie matrimoniale, à travers des formules souples de « formation continue », sur ce qui permet de vivre au mieux le quotidien (best practices), sur ce qui rend fort le couple, et par le biais de diverses formes de groupes de foyers (AL 217-230). Car le sacrement de mariage n’est pas un signal d’arrivée, mais le point de départ d’un processus de croissance. « L’une des causes qui conduisent à des ruptures matrimoniales est d’avoir des attentes trop élevées sur la vie conjugale. Lorsqu’on découvre la réalité, plus limitée et plus difficile que ce que l’on avait rêvé, la solution n’est pas de penser rapidement et de manière irresponsable à la séparation, mais d’assumer le mariage comme un chemin de maturation, où chacun des conjoints est un instrument de Dieu pour faire grandir l’autre » (AL 221) ;

–       les inévitables épreuves surmontées (AL 231-238), avec parfois le retour inattendu d’anciennes blessures (AL 239-240), la vigilance envers les enfants pour qu’ils ne soient pas victimes des difficultés (AL 245-246), et finalement l’expérience du deuil (AL 253-258).

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6.       Apprendre à discerner

Accompagner jusqu’au bout, en toute situation

Un tel accompagnement dans la durée requiert du doigté et de l’attention, afin d’apporter du soutien au sein des situations les plus diverses. L’accompagnement doit aller jusqu’au bout et aider à traverser les crises, au sens de moments décisifs, car chacune d’elles « cache une bonne nouvelle qu’il faut savoir écouter en affinant l’ouïe du cœur » (AL 232).

Une culture du discernement

Cela implique de mettre en place au sein de la vie ecclésiale une « culture du discernement » (dans la tradition ignatienne), notamment par rapport aux nombreuses situations particulières et complexes (AL247-252 ; 296-300).

Si la norme demeure une référence valable pour tous, c’est le rapport à la loi évangélique qui doit être constamment revu et ajusté, en considérant qu’elle ne permet pas sans autre de saisir la particularité de chaque problématique concrète (AL 304-305). En effet, les « circonstances atténuantes » permettent dans certains cas « de diminuer, voire supprimer la responsabilité personnelle » (AL 302 ; cf. Catéchisme de lʼEglise catholique CEC, n. 1735).

Éclairer la conscience

La reconnaissance des conditionnements et des complexités de l’existence doit aussi amener à mieux éveiller en pastorale la conscience morale des gens et à davantage la prendre en compte dans le discernement  (AL 37 ; 222 ; 303). Le rôle des agents pastoraux consiste alors à éclairer la conscience des personnes avec qui ils cheminent et à les renvoyer constamment à cette boussole intérieure (AL298-300) : elle demeure le sanctuaire où chacun peut entendre la « voix de Dieu », à laquelle tous sont donc tenus d’obéir (Gaudium et spes 16).

***

7.       Apprendre à intégrer

L’Église pour tous

À la suite du pape François, nous prônons également une culture de l’intégration et de la compassion (cf. AL 296), y compris pour les couples et les familles en situation objective de rupture ou d’inadéquation à la norme de l’Église. Dans cette perspective, il est toujours possible « [qu’] on puisse vivre dans la grâce de Dieu […] et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église » (AL 305), et que dans certains cas, il puisse s’agir de l’aide des sacrements (cf. AL notes 336 et 351).

Une logique de l’intégration

Nous invitons donc à préférer en tous temps la logique de l’intégration à celle de l’exclusion : « "Deux logiques parcourent toute l’histoire de l’Église : exclure et réintégrer […]. La route de l’Église, depuis le Concile de Jérusalem, est toujours celle de Jésus : celle de la miséricorde et de l’intégration […]. La route de l’Église est celle de ne condamner personne éternellement ; de répandre la miséricorde de Dieu sur toutes les personnes qui la demandent d’un cœur sincère […Car] la charité véritable est toujours imméritée, inconditionnelle et gratuite !" » (AL 296)

***

8.       Quelques implications pastorales

Des propositions déjà émises

Nous avons déjà mentionné plusieurs propositions : rendre désirable la bonne nouvelle de l’amour, du mariage et des familles ; aider le maximum de fidèles à découvrir l’exhortation par des guides de lecture ; adopter un style pastoral qui privilégie l’accueil et l’attention à chaque situation ; accompagner jusqu’au bout, discerner et éclairer les consciences, intégrer les personnes, quelles que soient leurs situations.

Nous souhaitons d’abord intensifier ce qui existe déjà : les projets diocésains de pastorale familiale et de préparation au mariage ; les offres de catéchèse d’adultes pour aider les parents à exercer leur ministère éducatif (dans le sens de l’empowerment) ; les groupes de foyers.

Formation à l’écoute et à l’accompagnement

Puis nous désirons renforcer la formation initiale et permanente des agents pastoraux à l’écoute, à l’accompagnement pastoral et spirituel différencié, dans notre Église intégrative et bigarrée. Cela pourra passer par des sessions de formation diocésaines ou cantonales consacrées à cette thématique, par des parcours alliant formation au discernement, relecture de pratiques et supervision.

Collaborations interdisciplinaires

Cela exigera des collaborations interdisciplinaires avec d’autres intervenants que des théologiens, des spirituels ou des pasteurs (psychologues, thérapeutes, juristes), afin de permettre de mieux approcher les réalités familiales concrètes dans leur infinie diversité.

Permanence d’écoute

Cela débouchera sur la désignation, dans chaque équipe pastorale ou région, d’un responsable local de la pastorale familiale, collaborant étroitement avec les services cantonaux et diocésains. Puis sur l’ouverture éventuelle de permanences d’écoute, de centres de discernement conjugal et familial, pour favoriser une réelle proximité et une pastorale du « corps à corps ».

Groupes d’accompagnement

Et cela peut conduire à la création de groupes d’accompagnement et de partage de la p(P)arole pour personnes seules, divorcées, divorcées remariées, homosexuelles, etc. ; mais aussipour celles séparées ou divorcées voulant rester dans la fidélité à leur conjoint, comme il en existe déjà.

***

9.       Conclusion : un parcours de croissance pour tous

L’Exhortation Amoris laetitia du pape François se présente ainsi comme la mise en œuvre de Vatican II et de son attention à notre condition historique dans le domaine de la pastorale familiale. Les mots « temps, chemin, croissance, maturation, parcours, processus » reviennent sans cesse : la construction de l’amour est une dynamique à accompagner avec finesse et persévérance. Elle vaut pour chacun(e) de nous, au nom de notre égalité baptismale foncière. « Aucune famille n’est une réalité céleste et constituée une fois pour toutes, mais la famille exige une maturation progressive de sa capacité dʼaimer. Il y a un appel constant qui vient de la communion pleine de la Trinité, de la merveilleuse union entre le Christ et son Église » (AL 325).

D’où ce cri qui clôt le document, nous pressant à ne jamais désespérer du travail de la grâce : « Tous, nous sommes appelés à maintenir vive la tension vers un au-delà de nous-mêmes et de nos limites. […] Cheminons, familles, continuons à marcher ! Ce qui nous est promis est toujours plus » (AL 325). C’est à l’accompagnement avec patience des étapes possibles de croissance des personnes que doit s’employer notre pastorale. Pour ouvrir la voie « à la miséricorde du Seigneur qui nous stimule à faire le bien qui est possible » (AL 308, EG 44).

 

St. Niklausen (OW), le 5 septembre 2017

Les évêques et les abbés territoriaux de Suisse

Commentaires

Magnifique document, personne n'en attendait moins de NN. SS. !
Naturellement, cher Don Dom, vous vous trouvez de facto dispensé d'aller au bout de votre inscription en faux. L'Autorité ecclésiastique a répondu pour vous, et avec quelle clarté ! ; )
Deux petites remarques amusées (ironie) :
1. Le document ayant été signé par tous les évêques et abbés, et n'émanant pas d'un vulgaire comité de la Conférence, il possède une valeur magistérielle. Il devient en quelque sorte la doctrine commune de chaque diocèse. Se trouve ainsi "magistérialisée" la lettre privée du Saint Père aux évêques argentins de l'an dernier citée dans le texte. Bravo les artistes !
2. Une perle : "La plus haute tradition théologique, que le Saint-Père invoque à l’appui de sa réflexion, va dans le même sens. Saint Thomas affirme que la doctrine considérée comme une norme est insuffisante face aux situations particulières de l’existence : « Plus on entre dans les détails, plus les exceptions se multiplient » (Somme théologique, IIa-IIae, q. 94, art. 4, cité en AL 304)." Passons sur l'exercice de flagornerie cléricalo-épiscopale-infantilisante : on attend toujours les références à cette "haute tradition théologique" permettant de communier les "divorcés-remariés". Cela n'a aucune importance, c'est du novlang. Les lecteurs de Saint Thomas ouvriront leur Somme pour constater d'abord qu'il ne s'agit pas de la secunda secundae, comme référencée, mais de la prima secundae. Ici encore, cela n'a aucune espère d'importance puisqu'il s'agit d'une citation qui fait dire au Docteur angélique le contraire de ce qu'il enseigne... Mais tout ceci est bien normal : la (vraie) citation est dans le traité de la Somme consacrée à la loi naturelle, or les artisans d'Amoris Laetitia enrôlés par le Pape sont des ennemis déclarés de la pertinence de loi naturelle en morale (ce que condamnait, dans une autre vie, dans un autre monde, dans une autre Eglise (?), l'encyclique Veritatis Splendor). Nihil novi sub sole, donc ! Ah, oui, le latin, justement. De toute évidence, il n'y a pas davantage de latinistes à Rome qu'en Suisse, puisqu'on peut sans souci de conscience traduire "magis invenitur déficere" par "plus les exceptions se multiplient" : encore un bel exemple de "discernement ignacien" sans doute. J'invite le lecteur bénévole à s'intéresser à la substance de la doctrine contenue dans cet article de la Somme : ils verront qu'il faut une bonne dose de mauvaise foi pour mobiliser saint Thomas pour afin d'excuser l'adultère habituel. Il faut un esprit pervers pour manipuler de cette façon la finesse intellectuelle du Docteur angélique : ce que l'on sait de l'identité des rédacteurs d'AL le confirme.
Donc, une fois encore, bravo Messeigneurs ! Une pelletée enthousiaste jetée sur le cadavre encore chaud du catholicisme helvétique... Bien entendu qu'il est urgent "de toucher de près le « bien que l’Esprit répand au milieu de la fragilité » (AL 308)." Les pasteurs l'ont toujours fait, pour nous conduire à une conversion à la Parole du Christ... et non pour trouver les moyens d'en éluder jésuitiquement l'urgence d'y répondre afin être sauvé.

Écrit par : Louis | lundi, 11 septembre 2017

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Le fond doctrinal est très bon à mon avis. Théologiquemenf bien fait ! Certes sur la forme on peut discuter de petits détails. Je me retrouve aussi bien dans AL que dans ce document. Plus je réfléchis et plus je lis AL plus je me rends compte que cela relève de la science du confessionnal. Il y a des prêtres qui ne savent pas confesser ! Qu'il célébre le nesse ... mais par pitié qu'il ne confesse pas... trop de dégât !

Pour vous consoler je refais mes gammes avec Saint Thomas .. quel saint intelligent, rempli de finesse ! Équilibré et pondéré ... il dit aussi que la raison peut être débile ... que de commentaires vides et creux parfois.

Écrit par : Don Dom | lundi, 11 septembre 2017

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C'est tout ce que vous pouvez répondre alors qu'on se sert de St Thomas d'Aquin pour corrompre ce que l'Eglise a toujours enseigné. On reconnaît l'amour de la Vérité à la haine de l'erreur. Merci Seigneur de lever le voile sur tous ces loups déguisés en agneau. Vos brebis ne reconnaissent plus leurs voix.

J'invite tous les catholiques suisses qui liront ce commentaire à faire une neuvaine et à offrir des sacrifices pour implorer la Miséricorde Divine.

Écrit par : Parousie | lundi, 11 septembre 2017

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Soyons positif comme le signe plus de le Croix, de la croix suisse ! L'amour de la Vérité ! La haine ? Curieuse conception .. la force de fuir le péché oui ! La pratique des vertus oui ... je trouve ce document assez inédit .. on reconnaît qu'à la CES il y a des évêques théologiens de bonnes envergures, comme Mgr Morerod et Mgr Alain de Raemy ... ce document est positif et éclairant pour attirer les âmes. Nous attirons pas les abeilles avec du vinaigre mais avec du miel, Saint François de Sales

Écrit par : Don Dom | lundi, 11 septembre 2017

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Soyons positif comme le signe plus de le Croix, de la croix suisse ! L'amour de la Vérité ! La haine ? Curieuse conception .. la force de fuir le péché oui ! La pratique des vertus oui ... je trouve ce document assez inédit .. on reconnaît qu'à la CES il y a des évêques théologiens de bonnes envergures, comme Mgr Morerod et Mgr Alain de Raemy ... ce document est positif et éclairant pour attirer les âmes. Nous attirons pas les abeilles avec du vinaigre mais avec du miel, Saint François de Sales

Écrit par : Don Dom | lundi, 11 septembre 2017

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Effectivement vous l'avez bien dit c'est inédit. Mgr Morerod un théologien d'envergure....Dominicain et ancien directeur de l'Angelicum qui signe un document qui contient des citations erronées de St Thomas d'Aquin !!!

Écrit par : Parousie | lundi, 11 septembre 2017

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Au delà de la valeur du document (je ne l'ai même pas lu, le titre suffit), il faut tout de même faire un constat : Nous avons affaire ici à "un message de la conférence des évêques suisses à l'adresse des agents pastoraux, prêtres, diacres et laïcs", à propos d'Amoris Laetitia.

Ici on a donc l'interprétation Suisse pour le clergé et les laïcs, là ce sera la polonaise, là encore l'allemande, et on peut même fractionner dans un même pays : San Fransisco = telle interprétation / Denver = l'inverse de San Fransico (c'est un exemple).

Juste pour dire que peu importe cette avalanche de messages concordants, discordants, contradictoires, nous n'avons plus ici affaire à une Eglise universelle, c'est à la fragmentation de l'Eglise qu'on assiste.

Que l'interprétation Suisse soit meilleure ou moins bonne qu'ailleurs, on s'en fiche, c'est la congrégation pour la doctrine de la foi qui devrait donner le ton, pas une multitude de petites entités régionales.

Écrit par : P.F | lundi, 11 septembre 2017

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Une proposition: pourriez/vous sortir de votre anonymat ?

Écrit par : Don Dom | lundi, 11 septembre 2017

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Bonjour Monsieur l'abbé,

pardonnez-moi je pense que vous devez être très occupé mais vous m'aviez promis une réponse. Peut-être n'avez-vous pas eu le temps et dans ce cas là excusez-moi, ou alors vous m'avez peut-être oublié.

Voici pour rappel mes questions:

1. Quelle est la différence entre la position du Cardinal Kasper, rejeté par Jean-Paul II et Joseph Ratzinger, et Amoris Laetitia ?

2. Comment à partir de la loi de la gradualité de Jean-Paul II on arrive à celle de François ? Et comment la résumer ?

3. Vos positions sont-elles partagées par Mgr Morerod?

4. Sur quoi vous appuyez-vous pour affirmer qu'il faut être confesseur pour comprendre cette exhortation ? Je n'ai pas souvenir que c'est préciser dans le document ?

Écrit par : raph | lundi, 11 septembre 2017

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Soyons positif comme le signe plus de le Croix, de la croix suisse ! L'amour de la Vérité ! La haine ? Curieuse conception .. la force de fuir le péché oui ! La pratique des vertus oui ... je trouve ce document assez inédit .. on reconnaît qu'à la CES il y a des évêques théologiens de bonnes envergures, comme Mgr Morerod et Mgr Alain de Raemy ... ce document est positif et éclairant pour attirer les âmes. Nous attirons pas les abeilles avec du vinaigre mais avec du miel, Saint François de Sales

Écrit par : Don Dom | lundi, 11 septembre 2017

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Avec le recul, je crois comprendre votre tactique. Je vais répondre à tout, passer beaucoup de temps, et vous ne serez pas d'accord. Honnêtement avec les différents articles de mon blog vous avez des réponses à vos questions. Je me suis largement exprimé.

Pour Kasper, j'ai déjà répondu. Kasper parlait d'une seconde barque. Sa solution n'a pas été retenue. Le Cardinal, bon théologien, a toujours eu un petit complexe vis à vis de Ratzinger. S'opposer pour se poser est parfois une tactique pour se distinguer.

Écrit par : Don Dom | lundi, 11 septembre 2017

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Cher Don Dom,
Vous surprendrai-je en vous disant que le seul vrai problème d'Amoris Laetitia, c'est son chapitre VIII (et surtout ses notes de bas de page biaisées) et rien d'autre... Vous étonnerai-je en vous confessant que, selon moi, le style décontracté de François aurait pu encourager les pasteurs un peu "coincés" à aller au-devant des brebis perdues d'Israël, à déployer un peu d'imagination pour prendre par la main ceux qui se croient exclus de l'Eglise ou de l'église, ces "divorcés-remariés" qui sont nos frères. Mais que François a tout gâché par orgueil...
Je crois pouvoir résumer en deux mots la question qui nous préoccupe, je le crois de bonne foi :
Est-ce la vérité qui rend libre ?
Nous en revenons toujours aux paroles mêmes de l'Evangile... étrangement oubliées par l'Amoris Laetitia et qui pourtant sont au cœur de la révolution chrétienne touchant au mariage : "quiconque quitte sa femme et en épouse une autre commet un adultère ; et quiconque épouse celle que son mari a quittée, commet un adultère." Lc. 16. 18. Pour quelqu'un qui n'est pas chrétien, ce passage est une règle morale rigide (mais peut-être devrais-je éviter d'employer le vocabulaire bergoglien...), pour un chrétien, ce ne peut être qu'une bonne nouvelle, une Parole providentielle capable d'orienter sa vie, d'éclairer le Mystère de nos pauvres existences.
Rend-on libres les "divorcés-remariés" en mettant ces paroles de lumière sous le boisseau, par une espèce de complaisance mondaine ? Les encourage-t-on à une l'espérance théologale en les communiant sans leur demander de changer de vie ? Leur prodigue-t-on des grâces salutaires en les absolvant de péchés qu'ils ne regrettent pas et en leur affirmant, de surcroît, que le Seigneur veut qu'il en soit ainsi (cf. AL, 303) ?
Je suis navré : ce n'est pas le christianisme que je trouve chez les Pères et les Docteurs, ce n'est pas le christianisme que je découvre dans la vie ou la parole des saints prêtres et pontifes.
A ses ouailles saint Augustin (évitons Thomas d'Aquin...) déclarait, lui-même tout attristé : "vous êtes tristes de m’entendre dire que si vous ne gardez pas la chasteté, vous ne devez pas vous approcher de ce Pain [eucharistique]. Comme j’aimerais ne pas le dire ! Mais que faire ? Pour ne point peiner les hommes, devrais-je taire la Vérité ?" (Serm. 132.) Mais quelle énergie il déployait pour raviver l'ardeur de "ceux que l’habitude du péché accable," en les exhortant à "souffrir violence" car "la Parole de Dieu les interpelle avec vigueur, l’Ecriture crie vers eux : Sors du sépulcre, change de vie, quitte la Mort !" (Serm. Mai. 125.) La situation matrimoniale des Africains de son temps n'étaient pas plus reluisante qu'aujourd'hui, et les blessures des chrétiens de ce siècle, leurs fragilités n'étaient pas moindres que les nôtres. Qui osera dire que sa "pastorale de l'échec" n'était pas chrétienne.
Augustin et les saints ne cachent jamais les exigences de l'Evangile, mais ils relèvent, consolent et encouragent sans jamais dissimuler que c'est en persévérant que l'on est sauvé, - sans doute parce qu'ils savent, comme la petite Bernadette, que le Seigneur veut que l'Eglise, et nous tous, transmettions sa Parole, avec humilité, simplicité et amour, parce qu'en dernière instance, c'est Dieu qui sauve par sa grâce toute puissante, et pas nous, moins encore nos petites ficelles pastorales. Eh, bien ces petites ficelles pastorales bergogliennes, - bien tranquillisantes pour la conscience de curés âpres aux succès pastoraux à bon compte, - elles me paraissent planter un coin entre l'Evangile, l'économie sacramentelle et la morale chrétienne.
Voilà des paroles qui vous paraîtront creuses, débiles peut-être, mais je vous les dis bien simplement. Bien tristement aussi, car ce que je lis et entends me laisse craindre des lendemains difficiles pour l'Eglise, pour son unité et pour sa fécondité spirituelle.
Une double question : vous êtes prêtre, je crois. Qu'Est-ce que vous appelez un "dégât" au confessionnal ? Sur quels critères pensez-vous pouvoir discriminer entre vos confrères dignes du confessionnal et ceux qui iront classer les papiers à la Curie diocésaine ? C'est un simple laïque, lecteur de Balzac et donc curieux du petit monde clérical, qui vous pose malicieusement la question. : )

Écrit par : Louis | lundi, 11 septembre 2017

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Merci Louis pour votre contribution à répandre la Vérité. Vous n'êtes pas sans savoir, je pense, que toutes les citation d'Amoris sont sorties de leurs contextes et disent le contraire du texte initiale.

Raph comme je l'ai déjà écrit ce document ne peut reposer ni sur la Tradition, ni sur le Magistère et ni sur l'Écriture Sainte. C'est contraire à la pratique constante de l'Église et aucun exemple de Saints ne vient un tantinet confirmer cette exhortation. L'abbé Rimaz esquive votre réponse ou trouve toujours une nouvelle excuse comme ''la science de la confession'' qu'il est tout seul à exposer....aujourd'hui moins de 1 pour cent des suisses se confessent régulièrement mais sa science dépasse celle des prêtres des siècles passés qui n'avaient pas compris la ''miséricorde'' ....ces pharisiens (sic) De plus il semble, en toute modestie, se placer parmi les bons confesseurs....ce qu'il est peut-être...Dieu seul le sait. Nous ne savons pas par contre quel critère il utilise pour fustiger les mauvais confesseurs....Peut-être Amoris?
St Thomas d'Aquin écrit que la raison peut être débile et St Pie X écrit dans Pascendi que le modernisme est une perversion de l'esprit.

Il est intéressant de constater que ce document suisse à l'instar des deux synodes et d'Amoris n'abordent jamais les causes de l'échec du mariage actuel (préférence au concubinage, plus de la moitié des mariages qui finissent en divorce, promotion mondiale du ''mariage''homosexuel). N'abordant pas les causes ces documents n'apportent aucun remède. Pas un mot sur la révolution sexuel des années 60, dont nous payons très cher les dégâts, qui n'a pas été combattu par une grande partie du clergé ou pire qui a même été soutenus par une partie d'entre-eux. Le combat par la frange néo-moderniste contre Humanae Vitae (comme par hasard qui est en étude....prochaine polémique à venir Don Dom), l'esprit naturaliste, le modernisme, la perte du sacré, la communion dans la main, l'habitude systématique de communier alors que les gens ne se confessent plus, etc.

De plus la hiérarchie actuelle n'a aucun reproche à se faire sur la manière qu'ils ont exercé leur pastorale. Les catholiques divorcent autant que les autres. Où est donc la Grâce que devait leur donner le Sacrement? Pourquoi ça ne semble plus marcher? Aucun mea culpa ou remise en cause.

Le grand mot à la mode qu'est le discernement est un leurre. Imaginez mon cher Don Dom quand dans une dizaine d'année vous arriverez dans une nouvelle paroisse et que vous ''discernerez'' que des adultères publics (pardonnez ce vocabulaire catholique....mais politiquement incorrect) ne peuvent accéder aux sacrements...mais que votre prédécesseur lui avait ''discerner '' le contraire vous ferez quoi? Vous leur conseillerez d'attendre dix ans et votre successeur ou vous vous plierez par respect humain?
Imaginez l'adultère public qui rentre dans un confessionnal et qui est reçu par le confesseur Kasper ou Burke. Le discernement sera-t-il le même? Non bien sûr car le vrai mot n'est pas discernement mais subjectivité. Comme si tous les prêtres étaient nécessairement sous la motion du Saint Esprit. L'ancêtre de ce concept n'est autre que Luther qui prétendait que tous les chrétiens sont sous l'action du Saint Esprit et non plus besoin du Magistère pour interpréter la Sainte Écriture. Aujourd'hui c'est actualisé pour les prêtres.
De même Amoris peut se résumer par l'adage de Luther: ''Pèche, fais ce que tu veux mais crois encore plus.''
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Écrit par : steve | lundi, 11 septembre 2017

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Cher Steve,
Dieu a créé le laïcat pour éprouver l'humilité du clergé, mais n'accablons pas notre cher Don Dom et les prêtres qui travaillent avec zèle à la vigne du Seigneur. Ils auraient besoin du soutien moral et spirituel de nos évêques, - et du premier d'entre eux !
Jamais les épiscopats nationaux n'ont été aussi totalement papistes, aussi massivement romains, avez-vous remarqué. C'est un signe. Qui de Maritain ou de Journet, - plutôt Maritain, Don Dom me corrigera, - annonçait que la crise moderniste du début du XXe siècle n'était rien comparée à celle qui arrivait. Je n'aime pas voir employé à tort et à travers le terme de "prophète", - ici d'ailleurs totalement inappropriée car il ne fallait pas une grâce spéciale pour le prévoir, hélas. Disons donc que cette "prévision" est en train de se réaliser sous nos yeux. En un claquement de doigts, le trésor de sagesse chrétienne que le Magistère avait cherché à ramasser dans l'encyclique Veritatis Splendor est réduit à rien, concrètement, ou à quelques phrases creuses sans contenu substantiel, dès lors que l'on s'engage dans la logique du chapitre VIII de l'exhortation Amoris laetitia. C'est bien que les évêques n'y croyaient plus vraiment depuis longtemps, mais, par routine, par ambition ou par complaisance pour l'Autorité romaine, ils donnaient un assentiment automatique ou étouffaient des sentiments profonds qu'ils ne s'avouaient pas toujours. Rappelez-vous comment le Cardinal de Vienne a pu être retourné, avec de simples arguties ! Est-ce qu'en France on assistera au même mouvement alors que le Cardinal Vingt-Trois s'était tenu sur une ligne Ratzingero-Wojtylienne pendant le "synode" ? - Je n'en serais pas étonné... Voyez, Jorge Bergoglio a célébré les mérites de Veritatis Splendor à Buenos Aires ; François a signé avec la même sincérité Amoris Laetitia, arrivé à Rome. La "pastorale de l'échec", habillée par les fantasmes d'une continuité organique avec le Magistère antérieur, offre un slogan commode au personnel de l'Eglise fatigué, usé par le combat contre la modernité a- ou anti-chrétienne. On est d'ailleurs aujourd'hui bien au-delà de l'opposition binaire "J'accuse Vatican II / J'excuse Vatican II". Paul VI disait en 1965 que "quiconque verrait dans le concile un relâchement des engagements antérieurs de l'Eglise, envers sa foi, sa Tradition, son ascèse, sa charité, son esprit de sacrifice, son adhésion à la Parole et à la croix du Christ, ou encore une indulgente concession à la fragile et versatile mentalité relativiste d'un monde sans principe et sans fin transcendante, à une sorte de christianisme plus commode et moins exigeant, ferait erreur." A une sorte de christianisme plus commode et moins exigeant ! Cette citation, je l'ai recopiée sur la première page de mon exemplaire des actes du dernier concile... Le Saint Père François a mis tous ceux qui osent s'interroger sur ses paroles ou son attitude équivoques dans la catégorie des "idéologues" "trop traditionalistes" (cf. l'ouvrage de Wolton). Il réconcilie tout le monde en désignant l'objet privilégié de son antipathie. De Lefebvre à Ratzinger, il y a désormais le grand marais fétide des "rigides", des "pharisiens", des "malades".
Je n'en suis pas satisfait... En général, j'aime assez avoir raison contre tout le monde car je suis vaniteux. Mais je n'aime pas avoir l'impression d'avoir raison contre mes pasteurs, contre mon évêque et contre mon pape. Mais j'ai la certitude de foi d'avoir raison avec l'Eglise parce qu'aucun homme, - fût-il pape, - n'a le pouvoir d'user de son autorité pour me faire approuver, directement ou indirectement, ce que l'Ecriture, les Pères, les conciles, les papes et le magistère ordinaire et universel ont toujours réprouvé. En conscience, je pense péniblement avoir "l'assurance morale" (cf. AL n. 303) que je puis me tenir à cette position, toute douloureuse voire périlleuse qu'elle soit. Un bon vieux "silence respecteux" qui ne sera ni trop silencieux, ni trop respectueux, car je suis bavard et j'ai un mauvais esprit.
Ce qui est prévisible, sauf intervention providentielle, c'est une dégénérescence du catholicisme en Europe occidentale et en Amérique Latine selon une pente de type anglican, le grand n'importe quoi en plus car les catholiques n'ont pas ce sens de l'humour que les Anglicans habillent de leur sens du cérémonial ecclésiastique, - Bouyer a écrit des choses hilarantes à ce sujet. Ce sera encore moins la glorieuse décadence byzantine de l'orthodoxie où non seulement les remariages, mais encore avortements et les mères-porteuses sont plus ou moins tolérés déjà par certains patriarches ou archevêques majeurs à cause de la pression de l'Etat : nous, latins, n'avons plus vraiment de liturgie culturellement et historiquement enracinée depuis cent ans au moins. Et alors : "La Pologne, l'Afrique et (peut-être) les Etats-Unis où l'on ne semble pas plaisanter avec l'adultère habituel et la bigamie ?" me demanderez-vous ? Ils trouveront bien un mode souple d'expression de la communion hiérarchique avec Rome, une espèce de schisme à géométrie variable qui ne dirait pas son nom. Le champ d'expérience de ce genre de bricolage ecclésial, notre Saint Père est d'ailleurs en train de l'expérimenter avec Ecône...
Si Don Dom a eu la charité de me lire jusqu'à la dernière ligne, il voudra bien prier pour ses contradicteurs, qui ne sont que des pécheurs et qui n'ont pas moins besoin que lui, en ces temps troublés, d'être éclairés par la lumière d'En-Haut.

Écrit par : Louis | lundi, 11 septembre 2017

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Serment anti-modernisme du Pape St Pie

Moi, …, j’embrasse et reçois fermement toutes et chacune des vérités qui ont été définies, affirmées et déclarées par le magistère infaillible de l’Eglise, principalement les chapitres de doctrine qui sont directement opposés aux erreurs de ce temps.

Et d’abord, je professe que Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être certainement connu, et par conséquent aussi, démontré à la lumière naturelle de la raison « par ce qui a été fait » (Rm 1,20) , c’est-à-dire par les œuvres visibles de la création, comme la cause par les effets.

Deuxièmement, j’admets et je reconnais les preuves extérieures de la Révélation, c’est-à-dire les faits divins, particulièrement les miracles et les prophéties comme des signes très certains de l’origine divine de la religion chrétienne et je tiens qu’ils sont tout à fait adaptés à l’intelligence de tous les temps et de tous les hommes, même ceux d’aujourd’hui.

Troisièmement, je crois aussi fermement que l’Eglise, gardienne et maîtresse de la Parole révélée, a été instituée immédiatement et directement par le Christ en personne, vrai et historique, lorsqu’il vivait parmi nous, et qu’elle a été bâtie sur Pierre, chef de la hiérarchie apostolique, et sur ses successeurs pour les siècles.

Quatrièmement, je reçois sincèrement la doctrine de la foi transmise des apôtres jusqu’à nous toujours dans le même sens et dans la même interprétation par les pères orthodoxes ; pour cette raison, je rejette absolument l’invention hérétique de l’évolution des dogmes, qui passeraient d’un sens à l’autre, différent de celui que l’Eglise a d’abord professé. Je condamne également toute erreur qui substitue au dépôt divin révélé, confié à l’Epouse du Christ, pour qu’elle garde fidèlement, une invention philosophique ou une création de la conscience humaine, formée peu à peu par l’effort humain et qu’un progrès indéfini perfectionnerait à l’avenir.

Cinquièmement, je tiens très certainement et professe sincèrement que la foi n’est pas un sentiment religieux aveugle qui émerge des ténèbres du subconscient sous la pression du cœur et l’inclination de la volonté moralement informée, mais qu’elle est un véritable assentiment de l’intelligence à la vérité reçue du dehors, de l’écoute, par lequel nous croyons vrai, à cause de l’autorité de Dieu souverainement véridique, ce qui a été dit, attesté et révélé par le Dieu personnel, notre Créateur et notre Seigneur.

Je me soumets aussi, avec la révérence voulue, et j’adhère de tout mon cœur à toutes les condamnations, déclarations, prescriptions, qui se trouvent dans l’encyclique Pascendi (3475-3500) et dans le décret Lamentabili 3401- 3466, notamment sur ce qu’on appelle l’histoire des dogmes.

De même, je réprouve l’erreur de ceux qui affirment que la foi proposée par l’Eglise peut être en contradiction avec l’histoire, et que les dogmes catholiques, au sens où on les comprend aujourd’hui, ne peuvent être mis d’accord avec une connaissance plus exacte des origines de la religion chrétienne.

Je condamne et rejette aussi l’opinion de ceux qui disent que le chrétien savant revêt une double personnalité, celle du croyant et celle de l’historien, comme s’il était permis à l’historien de tenir ce qui contredit la foi du croyant, ou de poser des prémices d’où il suivra que les dogmes sont faux ou douteux, pourvu que ces dogmes ne soient pas niés directement.

Je réprouve également la manière de juger et d’interpréter l’Ecriture sainte qui, dédaignant la tradition de l’Eglise, l’analogie de la foi et les règles du Siège apostolique, s’attache aux inventions des rationalistes et adopte la critique textuelle comme unique et souveraine règle, avec autant de dérèglement que de témérité.

Je rejette en outre l’opinion de ceux qui tiennent que le professeur des disciplines historico-théologiques ou l’auteur écrivant sur ces questions doivent d’abord mettre de côté toute opinion préconçue, à propos, soit de l’origine surnaturelle de la tradition catholique, soit de l’aide promise par Dieu pour la conservation éternelle de chacune des vérités révélées ; ensuite, que les écrits de chacun des Pères sont à interpréter uniquement par les principes scientifiques, indépendamment de toute autorité sacrée, avec la liberté critique en usage dans l’étude de n’importe quel document profane.

Enfin, d’une manière générale, je professe n’avoir absolument rien de commun avec l’erreur des modernistes qui tiennent qu’il n’y a rien de divin dans la tradition sacrée, ou, bien pis, qui admettent le divin dans un sens panthéiste, si bien qu’il ne reste plus qu’un fait pur et simple, à mettre au même niveau que les faits de l’histoire : les hommes par leurs efforts, leur habileté, leur génie continuant, à travers les âges, l’enseignement inauguré par le Christ et ses apôtres.

Enfin, je garde très fermement et je garderai jusqu’à mon dernier soupir la foi des Pères sur le charisme certain de la vérité qui est, qui a été et qui sera toujours « dans la succession de l’épiscopat depuis les apôtres », non pas pour qu’on tienne ce qu’il semble meilleur et plus adapté à la culture de chaque âge de pouvoir tenir, mais pour que « jamais on ne croie autre chose, ni qu’on ne comprenne autrement la vérité absolue et immuable prêchée depuis le commencement par les apôtres.

Toutes ces choses, je promets de les observer fidèlement, entièrement et sincèrement, et de les garder inviolablement, sans jamais m’en écarter ni en enseignant ni de quelque manière que ce soit dans ma parole et dans mes écrits. J’en fais le serment ; je le jure. Qu’ainsi Dieu me soit en aide et ces saints évangiles.

Serment anti-moderniste contenu dans le Motu proprio Sacrorum antistitum, promulgué le 1er septembre 1910. Serment obligatoire lors de l’ordination des prêtres… jusqu’au concile Vatican II (Paul VI).

Écrit par : Steve | mardi, 12 septembre 2017

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Merci de rappeler à l'attention des liseurs du blog, ce texte ciselé au millimètre ! On aimerait que tous les successeurs du saint pape Pie X se préoccupent autant que lui de la valeur des mots. D'ailleurs, c'est la puissance des mots, leur aptitude à dire la vérité sous la motion de l'Esprit Saint qui est en cause dans ce serment. Je l'ai d'ailleurs prononcé, - privatim puisqu'il n'est plus exigé par le droit canonique actuel, - il y a quelques années, quand j'ai été enrôlé par une institution ecclésiastique... Je ne suis pas sûr que mon employeur de l'époque m'aurait engagé s'il l'avait su, mais on ne se refait pas !

Le "quatrièmement" et le "cinquièmement" mériteraient d'être médités à nouveau par tous ceux qui sortent facilement et commodément de leur chapeau, - de leur barrette ou de leur mitre ! - le concept d'évolution homogène du Magistère. Quand on vide les mots de leur substance pour pouvoir dire autre chose, la conscience a le droit légitime de s'alerter.

Admettons néanmoins que ce texte est inconfortable pour tout le monde : y compris pour ceux qui se revendiquent de "la Tradition" sans toujours savoir ce qu'elle est exactement.

Relisons ce passage :
"je garde très fermement et je garderai jusqu’à mon dernier soupir la foi des Pères sur le charisme certain de la vérité qui est, qui a été et qui sera toujours « dans la succession de l’épiscopat depuis les apôtres », non pas pour qu’on tienne ce qu’il semble meilleur et plus adapté à la culture de chaque âge de pouvoir tenir, mais pour que « jamais on ne croie autre chose, ni qu’on ne comprenne autrement la vérité absolue et immuable prêchée depuis le commencement par les apôtres."

La situation actuelle nous place devant un choix déchirant : ou l'adhésion à la vérité attestée par ceux qui ont possédé le charisme de vérité inhérent à la succession apostolique ; ou la soumission à ceux qui possèdent la succession apostolique et qui pensent pouvoir enseigner autre chose que cette même vérité.

On ne peut que prier pour que le Seigneur nous aide à connaître et à accomplir Sa volonté, en nous délivrant de ce qui, dans nos fantasmes et dans notre orgueil, peut nous éloigner de Lui.

Et d'ailleurs, nous demandons tous à Don Dom de se souvenir de nous à l'autel.

Écrit par : Louis | mardi, 12 septembre 2017

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Je me demande parfois si vous relisez vos longs commentaires, souvent incompréhensibles.

Il m'est venu cette parole de la lecture du jour:

Frères, continuez donc à vivre dans le Christ Jésus, le Seigneur, tel que nous vous l'avons transmis. Soyez enracinés en lui, construisez votre vie sur lui ; restez fermes dans la foi telle qu'on vous l'a enseignée, soyez débordants d'action de grâce. Prenez garde à ceux qui veulent faire de vous leur proie par leur philosophie trompeuse et vide fondée sur la tradition des hommes, sur les forces qui régissent le monde, et non pas sur le Christ. Car en lui, dans son propre corps, habite la plénitude de la divinité. En lui vous avez tout reçu en plénitude, car il domine toutes les puissances de l'univers.

Écrit par : Don Dom | mardi, 12 septembre 2017

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Quant à la somme théologique de Saint Thomas, « Plus on entre dans les détails, plus les exceptions se multiplient » (Somme théologique, IIa-IIae, q. 94, art. 4, cité en AL 304). J'a bien vérifié, et la citation est exacte.

C'est beau le serment de Saint Pie X, qui date d'une autre époque d'ailleurs, car la profession de foi et le serment de fidélité est désormais ce qui convient, mais si vous mentez et tordez la vérité, alors cela vient sans doute du diable, qui est menteur dès l'origine. Le péché est entré dans le monde par les mensonges du diable.

Écrit par : Don Dom | mardi, 12 septembre 2017

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Jésus disait à certains pharisiens, orgueilleux: quelqu'un pourrait ressusciter d'entre les morts, ils ne seront pas convaincus.

Faites comme vous voulez, niez, répondez-vous, écrivez des commentaires fleuves contre le Pape, nous aurons beaux vous dire que cela n'est pas la vérité, vous ne changerez pas.

Ce que la raison n'aura pas converti, le sang pourra le faire. Je pense aux évêques martyrs de la Chine. Que leur sang vous touche. Quant à moi, je vais vous bloquer si vous continuez .. faites votre blog, mais laissez nous en Paix, avec la fidélité envers le Magistère, envers l'Eglise, envers le Pape et les évêques en communion avec lui, envers les évêques suisses. Bien à vous

Écrit par : Don Dom | mardi, 12 septembre 2017

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Cher Don Dom,

L'on est toujours le pharisien orgueilleux de quelqu'un... sans doute parce que nous sommes tous un peu orgueilleux et donc un peu pharisiens. Dont acte.

J'aimerais qu'il soit clair pour vous que nous ne sommes pas des ennemis. J'ai parlé vivement et si j'ai pu vous en donner l'impression, je vous prie de me le pardonner, et ce n'est pas une captatio benevolentiae. Peut-être n'avez-vous pas l'habitude, en tant que prêtre, de recevoir la contradiction de simples laïques, mais un blog est censé permettre des échanges francs, sans langue de buis. Si ce n'est pas le cas sur votre blog, dites-le moi simplement, je romprai, je ne souhaite pas être importun, vous êtes notre hôte (ai-je cru deviner).

Sur la citation erronée : parlons-nous bien de la même chose ? De la question relative à l'unicité de la loi naturelle ? Le traité de la loi est dans la prima secundae... La référence de NN. SS. (II II q. 94. a. 4)renvoie au traité de la vertu de religion. Avez-vous utilisé une version latine de la Somme de théologie ? Dans le contexte, il me semble à tout le moins étrange de rendre "magis deficere" par "exceptions qui se multiplient". Si vous le voulez bien, jetez un coup d'œil à l'exemple donné par S. Thomas, après la citation, et vous m'éclairerez sur la manière dont on peut appliquer ce principe à l'adultère habituel. Mais je suis peut-être, une fois encore, hors-sujet.

Vous savez, nous avons lu le même texte de l'épître aux Colossiens, ce matin... C'est bien le drame. Je ne demanderais pas mieux de me tromper, vous savez. Que le Pontife romain me prouve qu'il n'a pas voulu mettre entre parenthèses l'enseignement de Veritatis Splentor qui le gêne. Le pape parle à tout le monde, qu'il réponde aux dubia qui lui ont été adressés par de saints évêques (je pense que vous avez dû croiser feu l'Eminentissime Caffarra à la Sainte-Croix, quand "on" n'avait pas encore lancé l'exclusive contre lui dans les maisons de formation sacerdotale romaines).

Priez pour nous, cher Don Dom, priez pour l'unité de l'Eglise.

Écrit par : Louis | mardi, 12 septembre 2017

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Je n'ai pas utilisé la version latine effectivement. Oui sur la loi naturelle, qui est une inclination vers le bien, et non pas une loi au sens habituel du terme.

Nous avons au moins déjà le même passage. Un des reproches fait à AL est d'avoir utilisé une mauvaise citation.

Bien-sûr qu'il est bien d'échanger, de discuter, de se corriger. Le problème: avec notre Steve, ce n'est pas un dialogue, mais une avalanche de propos inconséquents, toujours à charge contre le Pape, l'Eglise, la Tradition etc... Finalement, il pense de la même façon avec le Concile Vatican II. Cela devient fatiguant et personne ne le lis plus, tellement c'est long ...

Écrit par : Don Dom | mardi, 12 septembre 2017

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A mon sens, il y a un grave problème dans ce document, et c'est la section 7 avec son objectif de promouvoir une "Eglise pour tous" en visant une "culture de l'intégration" qui "dans certains cas" peut aller jusqu'à "l'aide des sacrements (cf. AL notes 336 et 351)".

Ainsi donc, la CEF est allée jusqu'à mettre en vedette les deux notes de bas de page extrêmement problématiques (c'est un euphémisme) d'AL qui ouvrent la boîte de Pandore en suggérant de donner la réconciliation et la communion à des personnes en situation *objective* de péché mortel et ne formulant aucune repentir à ce propos et l'intention de changer d'état de vie....

On voit donc que quelques bons théologiens, de sensibilité probablement minoritaire au sein de la Conférence, ne suffisent pas à éviter la propagation des aberrations voulues et promues au sommet.

La Suisse est manifestement plus en phase avec l'Allemagne qu'avec la Pologne dans les relents de la décomposition en cours de l'Église.

Que criait l'ange, déjà, dans le troisième secret de Fatima? Ah oui: "Pénitence ! Pénitence ! Pénitence !"

Écrit par : Ph. Martin | mardi, 12 septembre 2017

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Je crois que vous limitez trop certains passages. Il faut voir l'entier. L'aide de l'Eglise était déjà dans Familiaris Consortio de Saint Jean-Paul II. Pour les sacrements, notamment celui de la réconciliation, cela dépend du confessionnal. Il est vrai que je rencontre toutes sortes de situations qui demandent beaucoup de sagesse et d'écoute.

Le fait que la personne est là c'est déjà un bon signe. Car si elle ne veut pas changer elle ne viendra pas. Ensuite, le confesseur doit percevoir l'ouverture du cœur à l'enseignement de l'Eglise, qui retentit aussi dans une conscience droite et bien formée. Si j'entrevois une volonté de faire un petit pas de conversion, alors l'absolution est lisible et la grâce agira. Le sacrement forme aussi la conscience. Encore une fois, AL ne dit absolument pas que la communion est possible en étant conscient d'un péché grève ou mortel. Aussi je le répète, l'enseignement classique de l'Eglise n'a pas changé ! C'est un approfondissement cohérent et homogène. Simplement AL révèle un peu du colloque du for interne.

Aussi les 4 Cardinaux des dubia ont commis une grave erreur. Cela trouble les consciences.

Écrit par : Don Dom | mardi, 12 septembre 2017

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Citation de Saint Vincent de Paul :

« Je crains fort que Dieu ne permette l’anéantissement de l’Eglise en Europe à cause de nos moeurs corrompues de tant de diverses opinions étranges que nous voyons s’élever de tous côtés et du peu de progrès que font ceux qui s’emploient pour tâcher de remédier à tous ces maux-là… »

Écrit par : Sonia | mardi, 12 septembre 2017

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Je partage oui, la première annonce de la foi est le témoignage crédible, limpide, de notre vie. Puis l'union de corps et de coeur avec l'Eglise, aussi avec le doux vicaire du Christ sur la terre.

Écrit par : Don Dom | mardi, 12 septembre 2017

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Cher Don Dom,

Merci d'avoir su faire retomber la pression sur le blog !

Je ne suis absolument pas d'accord avec vous, mais je crois inutile de tourner en rond en vous redisant les arguments fondés sur les Ecritures, les Pères et le Magistère ordinaire et universel. J'ai déjà suffisamment radoté !

Vous pensez que les cardinaux auteurs des dubia ont mal agi et troublé les consciences. Soit, je ne le crois pas, vous vous en doutez, car je sais "de source sure" que leur choix de rendre publique leur démarche a été très douloureux. Vous concèderez, je pense, que si Amoris Laetitia avait été un texte théologiquement mieux abouti, il n'aurait pas troublé d'autres consciences, - la mienne, par exemple.

Je ne posterai plus de commentaire à l'avenir. Je pense qu'un jeune prêtre comme vous n'a pas à dépenser son énergie spirituelle à répliquer aux réflexions d'un vieux laïque désabusé tel que moi. Je ne dirai plus rien, mais je n'en penserai pas moins !

Sachez néanmoins qu'un pharisien orgueilleux, creux et débile ; ) adresse au Sauveur pour vous ses "prières de pécheur" : le seul titre que nous pouvons invoquer devant le Seigneur pour être exaucé.

Filialement in Xto

Écrit par : Louis | mardi, 12 septembre 2017

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Cher Don Dom,

Merci pour le partage sur votre expérience pastorale. Cependant, toute la subtilité et la délicatesse qu'on voudra ne permettront jamais de contourner ces quelques vérités toutes simples:

1) Le confesseur a l'obligation d'éclairer la conscience de celui qui se présente au confessionnal en lui faisant savoir que telle situation évoquée est gravement contraire à la loi divine.
2) Dieu ne peut jamais - jamais ! - vouloir un quelconque péché, même véniel, même par faiblesse, et même si celui-ci se devait se présenter sous l'apparence d'un moindre mal ou d'une sorte d'étape dans un cheminement. (A cet égard, il y a dans AL au moins une phrase qui doit absolument être clarifiée, si ce n'est rectifiée, et qui à elle seule justifie les Dubia).
3) Sans repentir suffisant ni ferme intention de changer ce qui doit l'être, on ne peut recevoir validement l'absolution.

Il ne peut y avoir "d'approfondissement" légitime constituant une corruption de ces vérités. Par corruption, j'entends n'importe quel type d'évolution qui en relativiserait le contenu. Et tout prêtre qui se croirait autorisé par AL à les "dépasser" au nom d'une fausse conception de la miséricorde et par désir mal orienté d'accompagner et d'intégrer les blessés de la vie et autres représentants des périphéries, mettrait en péril son âme comme celle de ceux qu'il aurait ainsi .

Pour parler aussi d'expérience personnelle: par légèreté, orgueil et présomption, j'ai vécu sans trop me poser de question en concubinage avant mon mariage, et aucun prêtre à qui j'allais pourtant me confesser ne m'a jamais éclairé sur le grave péché dans lequel je me complaisais, quitte à m'infliger le choc salutaire d'un refus de l'absolution. Donc je veux bien croire qu'AL ne constitue pas une révolution des confessionnaux mais plutôt la confirmation de pratiques déjà largement admises par beaucoup. Il n'en reste pas moins que ces pratiques sont condamnables, et extrêmement préjudiciables au bien des âmes, et que c'est la première fois qu'un document de ce niveau les encourage et cherche à les faire passer pour de la vertu.

Écrit par : Ph. Martin | mercredi, 13 septembre 2017

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Merci Ph. Martin pour votre témoignage.

Je confirme que j'ai vécu la même chose. Pire après ma conversion j'ai voulu confesser des rapports sexuels que j'avais encore avec différentes femmes et un prêtre m'a répondu qu'il ne fallait pas confesser ce genre de chose ! Trouvant cela bizarre je ne suis plus retourné vers lui. Vers d'autres prêtres j'ai pû le faire sans problème. Cependant ayant ensuite trouvé ma future femme et connaissant encore mal les commandements j'ai vécu en concubinage. Aucun prêtre et même celui qui nous a préparé pour le mariage nous a éclairé sur le péché que nous vivions. Nous avons reçu le sacrement de mariage et la communion ainsi que tous nos invités dont 99,9% ne vont jamais à l'église.

De plus cette année j'ai été invité à trois mariages d'amis qui se sont tous mariés à l'église alors qu'ils sont tous en concubinage et sans problème tout le monde a communier.

Dans ma paroisse où tout cette pratique à lieu depuis longtemps on pavoise avec Amoris Laetitia. Un agent pastoral m'a même dit que je n'avais plus à me faire du souci tout est en ordre avec le Pape.

Quand on pose des questions soit ça va dans le sens de ceux qui trichent depuis toujours ou alors nos questions sont rejetées comme ici. On ne sait plus à quel Saint se vouer.

Je précise que tout ceci se passe en Suisse. Pas dans votre diocèse Monsieur l'abbé mais je ne donnerai pas d'autres précisions.
Merci

Écrit par : Raph | mercredi, 13 septembre 2017

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Raph: je comprends bien. Je suis tellement navré que des prêtres ne sachent pas vous guider. Certes plutôt que de parler du péché mieux vaut parler de la beauté de la grâce. Dans le contact avec les âmes être positif et encourageant. Mais de là à ne pas être fidèle à l'Evangile et à l'Eglise ! C'est le laxisme ! Et Amoris Laetitia est également tordu en ce sens ! Pour communier, dans ces circonstances je rappelle toujours que Jésus est présent réellement. Il faut avoir être convenablement disposé, sinon mettez bras en Croix pour recevoir la bénédiction. Après je ne peux pas lire dans les consciences.

Écrit par : Don Dom | mercredi, 13 septembre 2017

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Merci beaucoup Monsieur l'abbé pour ces mots. J'espère que vous comprenez ma position un peu perplexe face à ce document. Dans un monde pas parfait, car la perfection n'est pas de ce monde, mais dans un monde où une grande partie du sacerdoce serait fidèle cet exhortation serait très bien mais pas rapport à la situation de l'Eglise je la trouve imprudente (je me permets de donner mon opinion par rapport à mon vécu).
Des prêtres qui parlent comme vous venez de le faire j'en ai rencontré Dieu merci mais malheureusement je peux les compter sur les doigts d'une main. Je n'entrerai pas non plus sur le sujet des agents pastoraux qui prêchent les homélies, qui sont soit disant théologien mais.....

Bien à vous

Écrit par : Raph | mercredi, 13 septembre 2017

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Oui, nous constatons la même douloureuse réalité. Ces déviances font mal et font du mal.

La doctrine de l'Eglise est une étoile polaire, un phare dans la nuit. Pour ma part, la fidélité envers la vérité, et parfois la nuit peut durer, m'a toujours guidé à bon port ! Aussi, je pense que cela est valable pour tous. Avec patience, avec des petits pas, nous montons au Calvaire, vers la Vie éternelle ...

Écrit par : Don Dom | mercredi, 13 septembre 2017

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Nous montons au Cavalaire, vers la Vie Eternelle...

Splendide fin

Merci

Écrit par : Raph | mercredi, 13 septembre 2017

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Son premier essai, en août 2016, lui avait valu de cesser d’enseigner à l’Institut Edith Stein de Grenade. Son second lui vaut d’être carrément révoqué depuis le 31 août dernier, par l’Archevêque Javier Martínez Fernández. Sa deuxième critique d’Amoris Laetitia n’est pas passée… Le professeur Josef Seifert, philosophe catholique autrichien éminent, est accusé de vouloir semer la discorde quand il voulait lever la confusion et prévenir, avec charité et respect, des dommages conséquents pour l’Église de Pierre et ses fidèles.
Dans une longue interview publiée par le site OnePeterFive, il parle d’une « obligation stricte », dans le but de servir le pape et l’Église – LifeSiteNews en fait écho.


Amoris Laetitia : « la vision d’une immense menace »


Jeanne Smits l’avait évoqué dans ces pages, Amoris Laetitia recèle, selon Josef Seifert, une logique de dissolution du caractère absolu de la loi morale, si le pape François ne révoque pas certains points et n’en éclaire pas d’autres. Et il est revenu une seconde fois sur ce texte tant il y voit « une immense menace », aux conséquences logiques et potentielles « terribles ».
« Je me suis senti obligé d’écrire ceci, afin d’éviter une bombe atomique destructrice morale-théologique qui pourrait transformer l’ensemble de l’enseignement moral de l’Eglise. Ainsi, j’ai eu l’intention, en posant cette question avec la plus grande clarté possible, de fournir une aide au Magistère du pape François pour éviter un tel dégât ».


« Ce que Dieu veut qu’ils fassent dans la complexité de leur situation »


Il soulève à nouveau les points cruciaux d’Amoris Laetitia, à savoir ce caractère (affolant) qu’on donne à Dieu de pouvoir demander aux personnes d’accomplir des actions mauvaises…
L’adultère, peut-on lire dans l’exhortation, « c’est ce que Dieu lui-même demande » à certains couples dans des situations « irrégulières » : très exactement, « ce que Dieu veut qu’ils fassent dans la complexité de leur situation ». Car une abstinence temporaire pourrait mener l’un et l’autre à commettre des péchés pires… Il n’y a pas de péché mortel, car soit il n’ y a pas de compréhension parfaite, soit il n’y a pas la force de la volonté libre pour observer le commandement divin.
La faute est donc en fonction… de la bonne volonté du prêtre ? Et, chose encore plus grave, s’il y a des cas où l’adultère est concédé, permis, il n’y a alors plus rien qui empêche tout autre acte intrinsèquement mauvais, comme la contraception et l’homosexualité, d’être finalement justifié – malgré tout l’enseignement de l’Église sur le sujet.
« Je suis convaincu que, si le pape Francis ne révoque pas l’enseignement que j’analyse dans mon dernier article, et s’il ne répond pas aux dubia des cardinaux, en établissant clairement qu’il y a des actes intrinsèquement mauvais et que ces actes ne sont jamais justifiés dans aucune situation, Humanae Vitae sera interprétée comme un idéal qui ne peut être exigé de tout le monde ; et que, après discernement, ceux qui pratiquent la contraception (avec ou sans effets abortifs) peuvent être admis dans les sacrements et que Dieu lui-même, dans certaines situations difficiles, veut qu’ils utilisent la contraception ».
Détail révélateur, à aucun moment Amoris Laetitia ne cite les mots de « blasphème » ou de « sacrilège ».


Pour Seifert, elle peut se révéler un chemin vers l’enfer


Josef Seifert s’inquiète des résultats dramatiques qui pourraient en découler, comme l’inévitable damnation de certaines âmes. « Si seulement un ou plusieurs, et encore plus, la plupart des nombreux couples dans des « situations irrégulières » qui reçoivent maintenant les sacrements commettent un sacrilège et un péché grave, Amoris Laetitia aura évidemment des conséquences spirituelles dévastatrices. Et les mots du Christ à un « vidente » (un voyant) à Grenade sont vraies, selon lesquelles ces « enseignements gravement erronés amènent beaucoup d’âmes sur le chemin de l’enfer »
Il voit aussi le mal causé aux prêtres. A ces vocations qui, sans doute, ne s’accompliront pas, les séminaristes craignant de donner contre leur conscience les sacrements à ces catholiques remariés. A ces prêtres opprimés par leurs évêques parce qu’ils ne veulent pas appliquer cette nouvelle « pastorale », et sont menacés d’être congédiés de leurs paroisses. A ces hommes d’Église, enfin, qui se sentent encouragés à recevoir les sacrements et à célébrer la messe, malgré un manque de volonté libre de s’abstenir d’actes homosexuels ou de relations sexuelles avec des femmes…
Une énorme confusion règne et beaucoup perdent leur foi à cause d’elle. Les quatre cardinaux, auteurs des dubia, ont agi « avec une grande retenue et respect pour le pape et avec une justification complète ». C’est l’absence de réponse à leurs questions qui crée la confusion.


Oui et oui : le relativisme absolu

Confusion savamment entretenue par le pape François qui dit « oui » à tous, sans jamais éclaircir sa pensée. Louant les évêques de Buenos Aires qui affirment que « la seule lecture correcte d’Amoris Laetitia » est d’admettre les adultères impénitents et d’autres couples, après discernement, aux sacrements, ou encore ceux de Malte. Et acceptant en même temps le refus unanime et courageux des évêques polonais de « changer » les règles…
Ainsi, il semble que le Magistère ne doive pas avoir un seul enseignement sur ces questions et tolérer la diversité culturelle et nationale des « traditions morales »… Le relativisme s’installe bel et bien.
L’archevêque Javier Martínez Fernández prétend que l’article de Seifert « endommage la communion de l’Église (…) sème la méfiance envers le Successeur de Pierre (…) ne sert pas la vérité de la Foi, mais plutôt les intérêts du monde » – quelle contre-vérité absolue !

Écrit par : Sonia | mercredi, 13 septembre 2017

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allez courage don vous avez du merite
La parole est vivante et l histoire de l homme est a construire comme elle l a ete depuis 2000 ans... lorsque le sage montre la lune le fou est desesperemment attache a decortiquer son doigt...

Écrit par : remix | mercredi, 13 septembre 2017

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allez courage don vous avez du merite
La parole est vivante et l histoire de l homme est a construire comme elle l a ete depuis 2000 ans... lorsque le sage montre la lune le fou est desesperemment attache a decortiquer son doigt...

Écrit par : remix | mercredi, 13 septembre 2017

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allez courage don vous avez du merite
La parole est vivante et l histoire de l homme est a construire comme elle l a ete depuis 2000 ans... lorsque le sage montre la lune le fou est desesperemment attache a decortiquer son doigt...

Écrit par : remix | mercredi, 13 septembre 2017

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Sonia : Jeanne Smits a pris le parti de l'évêque Auxiliaire Mgr Schneider. Cela sème encore plus la confusion. Dommage car elle a souvent des bons postes.

Écrit par : Don Dom | jeudi, 14 septembre 2017

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