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mercredi, 01 novembre 2017

Le Père Bernard Peyrous sommé d'interrompre son ministère.

Information concernant le Père Bernard Peyrous

30 octobre 2017 

Unknown.jpegLe cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, en lien avec les responsables de la Communauté de l’Emmanuel, a pris des mesures conservatoires à l’égard du Père Bernard Peyrous à la suite de gestes gravement inappropriés de sa part vis-à-vis d’une femme majeure. Il lui est demandé d’interrompre ses charges pastorales actuelles, et de renoncer, jusqu’à nouvel ordre, à la prédication de retraite et à l’accompagnement spirituel. Les responsables de la communauté accompagnent le Père Bernard Peyrous dans la mise en œuvre de ces décisions.

Nous sommes profondément affectés par la souffrance de cette femme. Nous avons eu l’occasion de lui manifester directement notre tristesse et notre soutien, et nous lui sommes reconnaissants de nous avoir alertés sur ces comportements inacceptables de la part d’un prêtre.

La Communauté de l’Emmanuel reste disponible à toute personne qui souhaiterait un contact ou une écoute. Sont présentées ci-dessous les informations utiles à cette fin.

Laurent Landete, modérateur général de la communauté
Père Henri-Marie Mottin, responsable des ministres ordonnés

PS 1 : Pour une prise de contact, envoyez un mail à une des adresses suivantes :
ecoute@emmanuelco.org
– Père Henri-Marie Mottin : hmmottin@emmanuelco.org
– Florence de Boisredon : fdeboisredon@emmanuelco.org
PS 2 : Contact presse : Louis-Etienne de Labarthe 06 37 17 80 90 – ledelabarthe@emmanuelco.org

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Le père Bernard Peyrous démis de ses fonctions

Ancien recteur des sanctuaires de Paray-le-Monial, spécialiste en histoire de la spiritualité et en théologie spirituelle, postulateur de la cause en béatification de Marthe Robin, le père Bernard Peyrous, prêtre de la communauté de l’Emmanuel, 70 ans, a été démis de ses fonctions.

Un communiqué publié sur le site de l’Emmanuel, lundi 30 octobre, indique que « le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, en lien avec les responsables de la Communauté de l’Emmanuel, a pris des mesures conservatoires » à son égard « à la suite de gestes gravement inappropriés de sa part vis-à-vis d’une femme majeure ».

Il est demandé au prêtre, très connu dans sa communauté et au-delà, accompagnateur très apprécié de centaines de personnes, d’« interrompre ses charges pastorales actuelles, et de renoncer, jusqu’à nouvel ordre, à la prédication de retraite et à l’accompagnement spirituel ». Les responsables de la communauté « accompagnent » le père Peyrous, qui a reconnu le caractère inapproprié de ses gestes, « dans la mise en œuvre de ces décisions », précisent-ils.

La femme ayant mis en cause le comportement du prêtre bordelais installé à l’Ile-Bouchard (Indre-et-Loir) a pris contact avec les responsables de la communauté il y a un mois, mais à ce stade, elle n’a pas souhaité porter plainte devant la justice civile pour ces faits qui remontent à moins de cinq ans.

« Nous sommes profondément affectés par la souffrance de cette femme », soulignent les signataires de ce communiqué, Laurent Landete, modérateur général de l’Emmanuel, et le père Henri-Marie Mottin, responsable des ministres ordonnés. « Nous avons eu l’occasion de lui manifester directement notre tristesse et notre soutien, et nous lui sommes reconnaissants de nous avoir alertés sur ces comportements inacceptables de la part d’un prêtre », affirment-ils.

La Croix , le 31/10/2017

lundi, 30 octobre 2017

L'Europe et le Pape François: la famille comme lieu fondamental

La famille est l’union harmonieuse des différences entre l’homme et la femme, qui est d’autant plus authentique et profonde qu’elle est procréatrice, capable de s’ouvrir à la vie et aux autres.

Pape François

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Zenit

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Les chrétiens reconnaissent que leur identité est de prime abord relationnelle. Ils sont insérés comme membres d’un corps, l’Église (cf. 1 Co 12, 12), dans lequel chacun, avec sa propre identité et particularité, participe librement à l’édification commune.

De manière analogue, ce lien se retrouve aussi dans le domaine des relations interpersonnelles et de la société civile. Devant l’autre, chacun découvre ses qualités et ses défauts; ses points forts et ses faiblesses: en d’autres termes, il découvre son visage, comprend son identité.

La famille, en tant que première communauté, demeure le lieu le plus fondamental de cette découverte. La diversité y est exaltée et en même temps est comprise dans l’unité. La famille est union harmonieuse des différences entre l’homme et la femme, qui est d’autant plus authentique et profonde qu’elle est procréatrice, capable de s’ouvrir à la vie et aux autres.

De même, une communauté civile est vivante si elle sait être ouverte, si elle sait accueillir la diversité et les talents de chacun et en même temps si elle sait engendrer de nouvelles vies, ainsi que du développement, du travail, de l’innovation et de la culture.

Tariq Ramadan, Henda Ayari dans Bourdin direct

Tariq Ramadan, Henda Ayari dans Bourdin direct

Un homme médiatique, Tariq Ramadan, peine à se défendre: réaction très tardive, arguments déviés sur la cause juive sans aucun rapport avec les faits ... Dramatique. 

Les règles de la communication de crise, qui peut être déclenchée par toutes personnes et toutes institutions à n'importe quels moments, demande une réaction immédiate, claire et rapide. Tout temps écoulé laisse à penser à une défense calculée. 

dimanche, 29 octobre 2017

FRANÇOIS, UN PAPE APPLAUDI PAR LE MONDE... MAIS DÉTESTÉ PAR SON CLERGÉ

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? Le Pape François serait détesté par son clergé ?

Un article du Guardian, repris par une farouche opposante au Pape, met en lumière l'incompréhension qu'une partie des détracteurs de François distille sur la toile.

Personnellement, j'aime beaucoup notre Saint Père car il m'aide à accomplir ma mission de prêtre. Cet homme, élevé par Dieu à la grâce de la papauté, n'est ni un théologien, ni un professeur, mais un communicateur de génie, un Pasteur prophétique. 

Andrew Brown

27 octobre 2017

www.theguardian.com

La traduction (Benoît et moi)

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(Photo "The Guardian")
 

FRANÇOIS, UN PAPE APPLAUDI PAR LE MONDE... MAIS DÉTESTÉ PAR SON CLERGÉ

Le pape François est aujourd'hui l'un des hommes les plus détestés du monde. Ceux qui le haïssent le plus ne sont pas des athées, ni des protestants, ni des musulmans, mais certains de ses propres disciples. En dehors de l'Église, il est extrêmement populaire comme une figure de modestie et d'humilité presque ostentatoire. Dès le moment où le cardinal Jorge Bergoglio est devenu pape en 2013, ses gestes ont captivé l'imagination du monde entier: le nouveau pape conduisait une Fiat, portait ses propres sacs et réglait ses propres factures dans les hôtels; il demandait aux homosexuels: "Qui suis-je pour juger?"

Mais à l'intérieur de l'Église, François a provoqué une réaction féroce de la part des conservateurs qui craignent que cet esprit divise l'Église, et puisse même la briser. Cet été, un prêtre anglais éminent m'a dit: "Nous avons hâte qu'il meure. C'est inimaginable ce qu'on dit en privé. Chaque fois que deux prêtres se rencontrent, ils racontent à quel point Bergoglio est horrible... Il est comme Caligula: s'il avait un cheval, il le ferait cardinal...". Bien sûr, après 10 minutes de lamentation, il a ajouté: "Il ne faut rien imprimer de tout ça, sinon je serais viré."

Ce mélange de haine et de peur est courant chez les adversaires du pape. François, le premier pape non européen des temps modernes, et le premier pape jésuite, fut élu comme étranger à l'establishment du Vatican, et on s'attendait à ce qu'il se fasse des ennemis. Mais personne n'avait prévu à quel point il en aurait. De son renoncement à la pompe du Vatican, qui a prévenu 3 000 fonctionnaires de l'Eglise qu'il voulait en être le maître, à son soutien aux migrants, à ses attaques contre le capitalisme mondial et, surtout, à ses tentatives de réexaminer les enseignements de l'Eglise sur la sexualité, il a scandalisé les réactionnaires et les conservateurs. A en juger par les chiffres du vote lors de la dernière réunion mondiale des évêques, près d'un quart du collège des cardinaux - le plus haut clergé de l'Église - pense que le pape flirte avec l'hérésie.

Le point critique est venu dans une bataille sur sa vision du divorce. Rompant avec des siècles, sinon des millénaires, de théorie catholique, le Pape François a essayé d'encourager les prêtres catholiques à donner la communion à certains couples divorcés et remariés, ou à des familles où cohabitent les parents non mariés. Ses ennemis tentent de le forcer à abandonner et à renoncer à cet effort.

Comme il ne le fera pas, et qu'il persévère tranquillement face au mécontentement grandissant, ils se préparent maintenant à la bataille. L'année dernière, un cardinal, soutenu par quelques collègues en retraite, a évoqué la possibilité d'une déclaration officielle d'hérésie - le rejet délibéré d'une doctrine établie de l'Église, un péché punissable d'excommunication. Le mois dernier, 62 catholiques mécontents, dont un évêque à la retraite et un ancien directeur de la banque du Vatican, ont publié une lettre ouverte accusant François de sept chefs d'accusation spécifiques d'enseignement hérétique.

Accuser un pape régnant d'hérésie est une option "nucléaire" [au sens d'"explosive"?] dans le raisonnement catholique. La doctrine soutient que le pape ne peut pas se tromper quand il parle sur les questions centrales de la foi; ainsi, s'il se trompe, il ne peut pas être pape. D'un autre côté, si ce pape a raison, tous ses prédécesseurs ont dû se tromper.

La question est particulièrement délétère car elle est presque entièrement théorique. Dans la pratique, dans la plupart des pays du monde, les couples divorcés et remariés se voient offrir la communion de façon habituelle. Le Pape François ne propose pas une révolution, mais la reconnaissance bureaucratique d'un système qui existe déjà, et qui pourrait même être essentiel à la survie de l'Eglise. Si les règles étaient appliquées à la lettre, personne dont le mariage a échoué ne pourrait plus jamais avoir de rapports sexuels. Ce n'est pas une façon pratique de s'assurer qu'il y aura des générations futures de catholiques.

Mais les réformes prudentes de François semblent à ses adversaires menacer la croyance que l'Église enseigne des vérités intemporelles. Et si l'Église catholique n'enseigne pas les vérités éternelles, se demandent les conservateurs, à quoi sert-elle? La bataille sur le divorce et le remariage a porté à un point crucial deux idées profondément opposées de ce à quoi sert l'Église. Les insignes du pape sont deux clés croisées. Elles représentent celles que Jésus est supposé avoir donné à saint Pierre, symbolisant les pouvoirs de lier et de délier: proclamer ce qui est péché et ce qui est permis. Mais quel pouvoir est le plus important, et le plus urgent aujourd'hui?

La crise actuelle est la plus grave depuis que les réformes libérales des années 1960 ont incité un groupe éclaté de conservateurs intransigeants à s'éloigner de l'Église (leur leader, l'archevêque français Marcel Lefebvre, fut par la suite excommunié). Au cours des dernières années, les auteurs conservateurs ont constamment agité le spectre du schisme. En 2015, le journaliste américain Ross Douthat, converti au catholicisme, a écrit un article pour le magazine Atlantic intitulé "Will Pope François Break the Church?". Un post sur un blog du Spectator, celui de l'anglais Damian Thompson, a prévenu "Le pape François est maintenant en guerre avec le Vatican". Selon un archevêque du Kazakhstan, les vues du pape sur le divorce et l'homosexualité ont permis à "la fumée de Satan" d'entrer dans l'Église.

L'Église catholique a passé une grande partie du siècle dernier à lutter contre la révolution sexuelle, tout comme elle a lutté contre les révolutions démocratiques du XIXe siècle, et dans cette lutte, elle a été forcée de défendre une position absolutiste indéfendable, dans laquelle toute contraception artificielle est interdite, de même que tous les rapports sexuels en dehors d'un mariage à vie. Comme le reconnaît François, ce n'est pas ainsi que les gens se comportent. Le clergé le sait, mais on s'attend à ce qu'il fasse semblant de ne pas le savoir. L'enseignement officiel ne peut pas être remis en question, mais il ne peut pas non plus être respecté. Quelque chose DOIT SE PASSER, et le moment venu, l'explosion qui en résultera pourrait briser l'Église.

Il est assez juste de dire que les haines parfois âpres au sein de l'Église - que ce soit à propos du changement climatique, de la migration ou du capitalisme - ont atteint leur paroxysme dans une lutte gigantesque contre les implications d'une seule note de bas de page dans un document intitulé "La joie de l'amour" (ou, dans son nom latin, Amoris Laetitia). Le document, écrit par François, est un résumé du débat actuel sur le divorce, et c'est dans cette note de bas de page qu'il fait une affirmation apparemment modérée, que les couples divorcés et remariés peuvent parfois recevoir la communion.

Avec plus d'un milliard d'adeptes, l'Église catholique est la plus grande organisation mondiale que le monde ait jamais vue, et beaucoup de ses disciples sont divorcés, ou parents célibataires. Pour mener à bien son travail dans le monde entier, elle dépend du volontariat. Si les fidèles ordinaires cessent de croire en ce qu'ils font, tout s'effondre. François le sait très bien. S'il ne parvient pas à concilier théorie et pratique, l'Église pourrait être vidée partout. Ses opposants croient aussi que l'Église est confrontée à une crise, mais leur prescription est le contraire. Pour eux, l'écart entre la théorie et la pratique est exactement ce qui donne à l'Église valeur et sens. Si tout ce que l'Église offre aux gens est quelque chose dont ils peuvent se passer, croient les opposants de François, alors elle s'effondrera à coup sûr.

CHOISIR ENTRE L'OUVERTURE AU MONDE OU LE REPLI: "EXTRAVERTIS" VS "INTRAVERTIS"

Personne ne l'avait prévu lors de l'élection de François en 2013. L'une des raisons pour lesquelles il a été choisi par ses confrères cardinaux était de mettre de l'ordre dans la bureaucratie sclérosée du Vatican. Cette tâche était attendue depuis longtemps. Le cardinal Bergoglio de Buenos Aires a été élu comme un relatif étranger avec la capacité de débloquer une partie du blocage au centre de l'Église. Mais cette mission s'est rapidement heurtée à une ligne de faille encore plus âpre dans l'Église, généralement décrite en termes de lutte entre les "libéraux", comme François, et les "conservateurs", comme ses ennemis. Pourtant, il s'agit là d'une classification glissante et trompeuse.

Le conflit central est entre les catholiques qui croient que l'Église devrait établir l'agenda du monde, et ceux qui pensent que le monde doit établir l'agenda de l'Église.Ce sont là des types idéaux: dans le monde réel, tout catholique sera un mélange de ces orientations, mais chez la plupart d'entre eux, l'une prédominera.

François est un parfait exemple de catholique "orienté vers l'extérieur" ou extraverti, surtout comparé à ses prédécesseurs immédiats. Ses adversaires sont des introvertis. Beaucoup ont d'abord été attirés par l'Eglise pour sa distance des préoccupations du monde. Un nombre surprenant des introvertis les plus en vue sont des convertis du protestantisme américain, certains motivés par le manque de profondeur des ressources intellectuelles avec lesquelles ils ont été élevés, mais beaucoup plus par le sentiment que le protestantisme libéral mourait précisément parce qu'il n'offrait plus aucune alternative à la société qui l'entourait. Ils veulent du mystère et de la romance, et non du bon sens stérile ou de la sagesse conventionnelle. Aucune religion ne pourrait s'épanouir sans cette impulsion.

Mais aucune religion globale ne peut non plus s'opposer entièrement au monde. Au début des années 1960, un rassemblement de trois ans d'évêques de toutes les parties de l'Église, connu sous le nom de Concile Vatican II, ou simplement Vatican II, "ouvrit les fenêtres sur le monde", selon les mots du Pape Jean XXIII, qui le mit en route, mais mourut avant la fin de ses travaux.

Le Concile renonça à l'antisémitisme, adopta la démocratie, proclama les droits universels de l'homme et abolit largement la Messe latine. Ce dernier acte, en particulier, a assommé les introvertis. L'auteur Evelyn Waugh, par exemple, n'est jamais allée à une messe anglaise après la décision. Pour des hommes comme lui, les rituels solennels d'un service accompli par un prêtre avec le dos tourné à la congrégation, parlant entièrement en latin, face à Dieu sur l'autel, étaient le cœur même de l'Église - une fenêtre sur l'éternité ouverte à chaque représentation. Le rituel a été au centre de l'Église sous une forme ou une autre depuis sa fondation.

Le changement symbolique induit par la nouvelle liturgie - en remplaçant le prêtre introverti faisant face à Dieu devant l'autel par la figure extravertie faisant face à sa congrégation - fut immense. Certains conservateurs ne se sont pas encore réconciliés avec la réorientation; parmi eux, le cardinal ghanéen Robert Sarah, vanté par les introvertis comme successeur possible de François, et le cardinal américain Raymond Burke, devenu l'opposant le plus en vue de François. La crise actuelle, selon les mots de la journaliste catholique anglaise Margaret Hebblethwaite, partisane passionnée de François, n'est rien de moins que "Vatican II qui revient".

"Nous devons être inclusifs et accueillants à tout ce qui est humain", a dit Sarah lors d'une rencontre au Vatican l'année dernière, dans une dénonciation des propositions de François, "mais ce qui vient de l'Ennemi ne peut et ne doit pas être assimilé. Vous ne pouvez pas rejoindre le Christ et Bélial! Ce que le fascisme nazi et le communisme étaient au XXe siècle, les idéologies occidentales de l'homosexualité et de l'avortement et le fanatisme islamique le sont aujourd'hui".

Dans les années qui ont suivi immédiatement le concile, les religieuses ont abandonné leur habit, les prêtres ont découvert des femmes (plus de 100 mille ont quitté le sacerdoce pour se marier) et les théologiens ont jeté les chaînes de l'orthodoxie introvertie. Après 150 ans de résistance et de répulsion contre le monde extérieur, l'Église s'est retrouvée en contact avec lui partout, jusqu'à ce qu'il semble aux introvertis que tout l'édifice s'effondrait en ruines.

La fréquentation des églises a chuté dans le monde occidental, comme pour les autres dénominations. Aux Etats-Unis, 55% des catholiques allaient à la messe régulièrement en 1965, contre seulement 22% en 2000. En 1965, 1,3 million de bébés catholiques étaient baptisés aux Etats-Unis; en 2016, seulement 670 mille. La question de savoir s'il s'agissait d'une cause ou d'une corrélation demeure très controversée. Les introvertis la blâmaient pour l'abandon des vérités éternelles et des pratiques traditionnelles; les extravertis trouvaient que l'Église n'avait pas changé assez vite ou été trop loin.

En 1966, un comité pontifical de 69 membres, dont sept cardinaux et 13 médecins, dans lequel étaient également représentés des laïcs et même quelques femmes, vota massivement pour lever l'interdiction de la contraception artificielle, mais le pape Paul VI passa outre en 1968. Il ne pouvait pas admettre que ses prédécesseurs avaient eu tort, et les protestants raison. Pour une génération de catholiques, ce conflit est venu symboliser la résistance au changement. Dans le monde en voie de développement, l'Église catholique a été largement dépassée par un renouveau pentecôtiste énorme, qui offrait aux laïcs, y compris aux femmes, à la fois du spectacle et un statut.

Les introvertis se sont vengés avec l'élection du Pape (aujourd'hui Saint Pape) Jean-Paul II en 1978. Son Église polonaise avait été définie par son opposition au monde et à ses pouvoirs depuis que les nazis et les communistes avaient divisé le pays en 1939. Jean-Paul II était un homme d'une énergie, d'une volonté et de dons extraordinaires. Il était aussi profondément conservateur sur les questions de moralité sexuelle et avait, en tant que cardinal, fourni la justification intellectuelle de l'interdiction de la contraception. Dès le moment de son élection, il s'est mis à remodeler l'Église à son image. S'il ne pouvait pas lui insuffler son propre dynamisme et sa propre volonté, il pouvait, semblait-il, la purger de l'extraversion et l'installer à nouveau comme un rocher contre les courants du monde séculier.

Ross Douthat, le journaliste catholique [évoqué plus haut], était l'une des rares personnes du parti introverti à vouloir parler ouvertement du conflit actuel. Jeune homme, il fut l'un des convertis de l'Église du Pape Jean-Paul II. Il dit aujourd'hui: "L'Église peut être un foutoir [a mess], mais l'important est que le centre soit sain, et qu'on puisse toujours reconstruire les choses à partir du centre. L'important, dans la condition de catholique, c'est qu'on vous garantit la continuité au centre, et avec cela l'espoir de reconstitution de l'ordre catholique".

Jean-Paul II prit soin de ne jamais répudier les paroles de Vatican II, mais il s'efforça de les vider de l'esprit extraverti. Il s'employa à imposer une discipline féroce au clergé et aux théologiens. Il rendit le plus difficile possible pour les prêtres de partir et de se marier. Son allié dans ce domaine était la Congrégation pour la Défense (sic!) de la Foi, ou CDF, autrefois connue sous le nom de Saint-Office. La CDF est le plus institutionnellement introverti de tous les départements du Vatican (ou "dicastères", comme on les appelle depuis l'époque des empires romains; c'est un détail qui suggère le poids de l'expérience institutionnelle et de l'inertie - si le nom était assez bon pour Constantin, pourquoi le changer?).

Pour la CDF, le fait que le rôle de l'Église soit d'enseigner au monde, et non d'en recevoir des leçons, est un axiome. Elle traîne une longue histoire de punition des théologiens en désaccord: il leur a été interdit de publier, ou ils ont été renvoyés des universités catholiques.

Au début du pontificat de Jean-Paul II, la CDF publia Donum Veritatis (Le Don de la Vérité), un document expliquant que tous les catholiques doivent pratiquer la "soumission de la volonté et de l'intellect" à ce que le pape enseigne, même quand il n'est pas infaillible; et que les théologiens, bien qu'ils puissent être en désaccord et faire connaître leur désaccord à leurs supérieurs, ne doivent jamais le faire en public. Cela a été utilisé comme une menace, et parfois une arme, contre toute personne soupçonnée de dissidence "liberal" [au sens anglosaxon du terme, càd progressiste]. François, cependant, a retourné ces pouvoirs contre ceux qui avaient été leurs plus ardents défenseurs. Les prêtres catholiques, les évêques et même les cardinaux sont tous au service du pape, et peuvent à tout moment être licenciés. Les conservateurs devaient tout apprendre à ce sujet sous la direction de François, qui a renvoyé au moins trois théologiens de la CDF. Les jésuites exigent de la discipline.

 
 

France et la croix de la statue de Saint Jean Paul II: la liberté de penser pour tous (#MontreTaCroix)

France et la croix de la statue de Saint Jean Paul II: la liberté de penser pour tous (#MontreTaCroix)

Note: je suis pour la liberté de penser, pour tous, même les catholiques :-)

Croix retirée d'une statue de Jean-Paul II à Ploërmel  

 

Unknown-1.jpegAu nom de la séparation des Eglises et de l'Etat, le Conseil d'Etat a ordonné à Ploërmel, une commune du Morbihan, de retirer une croix surplombant une statue de Jean-Paul II. Une décision qui a fait réagir sur Twitter... mais aussi les autorités polonaises.

Le Conseil d'Etat a confirmé mercredi l'injonction, prononcée en première instance puis annulée en appel, de retirer une croix surplombant une statue de l'ancien pape Jean-Paul II installée sur une place de Ploërmel.

La commune du Morbihan, qui compte environ 9.000 habitants, a six mois pour procéder au retrait, la statue en elle-même n'étant pas remise en cause. "Dès lors que la croix constitue un signe ou un emblème religieux au sens de l'article 28 de la loi du 9 décembre 1905 et que son installation par la commune n'entre dans aucune des exceptions ménagées par cet article, sa présence dans un emplacement public est contraire à cette loi", a expliqué le Conseil d'Etat.

La Fédération morbihannaise de la libre pensée et deux habitants de la commune avaient saisi le tribunal administratif de Rennes après le refus implicite du maire de retirer le monument, d'une hauteur de 7,5 mètres, don de l'artiste russe Zourab Tseretel et installée en 2006. Le 30 avril 2015, le tribunal avait enjoint au maire de Ploërmel de faire procéder, dans un délai de six mois, au retrait du monument de son emplacement. 

Une décision annulée le 15 décembre 2015 par la cour administrative d'appel de Nantes qui invoquait une erreur de droit. Le Conseil d'État a en partie donné raison au tribunal administratif en estimant que la croix était contraire à la loi de 1905, qui interdit "d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public".

Contrairement au tribunal, il estime en revanche "que l'arche ne saurait, par elle-même, être regardée comme un signe ou emblème religieux" au sens de la loi. Le Conseil d'État ne se prononce donc pas sur le retrait de la statue en elle-même, la délibération la concernant étant devenue définitive.

Quant à l'ancien maire de la ville, Paul Anselin, il a regretté cette décision. "N’est-ce pas un précédent pour enlever toutes les croix mises en place après la guerre ?" interroge-t-il. "En attendant, c’est un coup de massue, une peine terrible. Au-delà de Ploërmel, cette statue est un symbole." "Notre association va organiser une marche interreligieuse en soutien à la statue en décembre, en veillant à aucune récupération politique" a-t-il également annoncé dans Ouest-France.

L'actuel maire de la commune regrette cette décision

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L'actuel maire de la commune, Patrick Le Diffon, a quant à lui encore quelques espoirs pour sauver la statue. Selon lui, elle a plus de sympathisants que de détracteurs. Il a indiqué que cette décision "pourrait nous amener à déplacer la statue en rétrocédant l’œuvre à un privé à condition que sa visibilité soit égale. Enfin, je n’exclus pas de porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme".

Son prédécesseur lui reprochait d'ailleurs d’avoir refusé l'idée de l’association "Touche pas à mon pape" qui se proposait de racheter le terrain afin qu’il devienne privé. Ainsi, la statue aurait pu conserver sa croix.

"Cette décision est scandaleuse" Nicolas Dupont-Aignan

Sur LCI, Nicolas Dupont-Aignan a jugé cette décision "scandaleuse. Cette croix, elle est dans l’espace public , elle fait partie de l’histoire du pays. Alors on va enlever toutes les croix qui sont dans notre pays, au détour des petits chemins de campagne, sur des monuments ? On va raser les églises ? Mais enfin, ils sont tombés sur la tête ! Je ne suis pas pour mettre des croix partout (...) mais le signes qui traduisent notre culture et notre histoire…. (...) Ces gens sont complètement fous, vraiment j’insiste là-dessus."

Samedi, de nombreux internautes ont réagi sur Twitter (et notamment des personnalités politiques) pour critiquer la décision à l'aide du hashtag #MontreTaCroix. 

 

samedi, 28 octobre 2017

Espagne-Catalogne: droit à l'autodétermination de chaque peuple

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d) Droits des peuples et des nations

157 Le domaine des droits de l'homme s'est élargi aux droits des peuples et des nations: De fait, « ce qui est vrai pour l'homme l'est aussi pour les peuples ». 

Le Magistère rappelle que le droit international « repose sur le principe de l'égal respect des États, du droit à l'autodétermination de chaque peuple et de leur libre coopération en vue du bien commun supérieur de l'humanité ». La paix se fonde non seulement sur le respect des droits de l'homme, mais aussi sur celui des droits des peuples, en particulier le droit à l'indépendance.

Les droits des nations ne sont rien d'autre que « les “droits humains” considérés à ce niveau spécifique de la vie communautaire ». 

La nation possède un « droit fondamental à l'existence »; à « garder sa propre langue et sa culture, par lesquelles un peuple exprime et défend ce que j'appellerai sa “souveraineté” spirituelle originelle »; à « mener sa vie suivant ses traditions propres, en excluant naturellement toute violation des droits humains fondamentaux et, en particulier, l'oppression des minorités »; à « construire son avenir en donnant une éducation appropriée à ses jeunes générations ». 

Jean-Paul II, Discours à l'Assemblée Générale des Nations Unies pour la célébration du 50ème anniversaire de sa fondation (5 octobre 1995)

L'ordre international requiert un équilibre entre particularité et universalité, que toutes les nations sont appelées à réaliser; leur premier devoir est de vivre dans une attitude de paix, de respect et de solidarité avec les autres nations.

Note: ce principe de la doctrine sociale de l'Eglise n'est pas une prise de position personnelle sur ce conflit épineux, dont la question de l'indépendance de la Catalogne. Selon mes sources. la majorité des catalans ne souhaite pas l'indépendance. Il y a deux ans, un référendum eu lieu. Il fut déjà négatif. De plus, mes amis me signalent la grande indépendance actuelle de la Catalogne. 

En matière politique, je promeus la juste indépendance des laïcs. Des chrétiens et des catholiques ont des avis différents. Ce qui nous est commun: la promotion de la paix, le dialogue et la recherche de la justice. 

vendredi, 27 octobre 2017

Cardinal Müller: plutôt que la réforme, la révolution de Luther !

Cardinal Müller: plutôt que la réforme, la révolution de Luther !

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Précision: un évêque italien aurait qualifié la réforme d'oeuvre de l'Esprit Saint. Je ne suis pas certain de l'expression car je n'ai pas trouvé la source. Cependant, le dialogue oecuménique a toute son importance. Le Cardinal Ratzinger rappelait que Luther était un chercheur de Dieu.

Je pense également que la personne de Joseph Ratzinger restera pour l'Allemagne, l'Europe, le monde et toute l'Eglise, comme la fine fleur de la pensée, marquant l'interprétation mais aussi la réception du Concile Vatican II.

Son doux parler a rompu définitivement avec l'accent violent d'Adolf Hitler. Sa théologie restera pour la postérité, comme celle d'un Saint Thomas d'Aquin. 

Lien

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(Liberté Politique)

Il y a une grande confusion aujourd’hui dans le discours sur Luther, et il faut dire clairement que du point de vue de la théologie dogmatique, du point de vue de la doctrine de l’Eglise, il n’y eut pas en réalité une réforme mais une révolution, c’est-à-dire un bouleversement total des fondements de la foi catholique.

Il n’est pas réaliste de prétendre que son intention était de lutter contre certains abus relatifs aux indulgences, ou contre les péchés de l’Eglise de la Renaissance. Les abus et les mauvaises actions ont toujours existé dans l’Eglise, et pas seulement à la Renaissance, – il en existe même de nos jours. Nous sommes la Sainte Eglise par la grâce de Dieu et des sacrements, mais tous les hommes d’Eglise sont pécheurs, tous ont besoin de pardon, de la contrition et de la pénitence.
 
Cette distinction est très importante. Dans le livre écrit par Luther en 1520, De captivitate Babylonica ecclesiae, il semble tout à fait clair que Luther a tourné le dos à tous les principes de la foi catholique, de l’Ecriture Sainte, de la Tradition apostolique et du magistère du Pape et des Conciles, et de l’épiscopat. En ce sens, il a travesti le concept de développement homogène de la doctrine chrétienne, tel qu’on l’a explicité au Moyen Age, en venant jusqu’à nier le sacrement, signe efficace de la grâce qui s’y trouve ; il a remplacé cette efficacité objective des sacrements par une foi subjective.

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Ce faisant, Luther a aboli cinq sacrements, et il a aussi nié l’Eucharistie : le caractère sacrificiel du sacrement de l’Eucharistie, et la transformation réelle de la substance du pain et du vin en la substance du corps et du sang de Jésus-Christ. Et encore : il a qualifié le sacrement de l’ordre épiscopal, le sacrement de l’ordre, d’invention du pape – défini comme l’Antichrist – et comme ne faisant pas partie de l’Eglise de Jésus-Christ. Nous disons au contraire que la hiérarchie sacramentelle, en communion avec le successeur de Pierre, est un élément essentiel de l’Eglise catholique, et pas seulement un principe d’organisation humaine.
 
C’est pourquoi nous ne pouvons pas accepter que la réforme de Luther soit définie comme une réforme de l’Eglise au sens catholique. Est catholique une réforme qui est un renouvellement de la foi vécue dans la grâce, dans le renouvellement des coutumes, de l’éthique : un renouvellement spirituel et moral des chrétiens ; pas une nouvelle fondation, une nouvelle Eglise.

Il est donc inacceptable d’affirmer que la réforme de Luther « était un événement du Saint-Esprit »

 
Il est donc inacceptable d’affirmer que la réforme de Luther « était un événement du Saint-Esprit ». Au contraire, elle était dirigée contre le Saint-Esprit. Parce que le Saint-Esprit aide l’Eglise à maintenir sa continuité à travers le magistère de l’Eglise, surtout dans le ministère pétrinien : c’est sur Pierre seul que Jésus a fondé son Eglise (Mt 16,18), son Eglise qui est « l’Eglise du Dieu vivant, la Colonne et le soutien de la vérité » (1 Tim 3:15). Le Saint-Esprit ne se contredit pas lui-même.
 
On entend beaucoup de voix qui parlent de Luther avec trop d’enthousiasme, sans connaître exactement sa théologie, ses polémiques et les effets désastreux de ce mouvement qui a séparé des millions de chrétiens de l’Eglise catholique. Nous pouvons apprécier sa bonne volonté, l’explication claire des mystères de la foi commune, mais pas ses déclarations contre la foi catholique, surtout en ce qui concerne les sacrements et la structure hiérarchique-apostolique de l’Eglise.
 
Il n’est pas non plus exact d’affirmer que Luther avait au départ de bonnes intentions, en signifiant ainsi que c’était donc l’attitude rigide de l’Eglise qui l’avait poussé sur le mauvais chemin. Ce n’est pas vrai : Luther avait certes la volonté de lutter contre la vente des indulgences, mais la cible n’était pas les indulgences en tant que telles, mais en tant qu’élément du sacrement de pénitence.
 
Il n’est davantage exact que l’Eglise a refusé le dialogue : Luther a d’abord eu une discussion avec Johannes Eck, puis le pape a envoyé cardinal Cajetan comme légat pour dialoguer avec lui. On peut discuter des modalités, mais en ce qui concerne la substance de la doctrine, il faut affirmer que l’autorité de l’Eglise n’a pas commis d’erreur. Sans quoi, il faudrait soutenir que l’Eglise a enseigné pendant mille ans des erreurs par rapport à la foi, alors que nous savons – et il s’agit là d’un élément essentiel de la doctrine – que l’Eglise ne peut pas se tromper sur la transmission du salut dans les sacrements.

Pas une réforme, une révolution !

 
Il ne faut pas confondre les erreurs personnelles, les péchés des personnes dans l’Eglise avec des erreurs quant à la doctrine et aux sacrements. Celui qui fait cela croit que l’Eglise n’est qu’une organisation composée d’hommes, et nie le principe selon lequel Jésus lui-même a fondé son Eglise et qu’Il la protège dans la transmission de la foi et de la grâce dans les sacrements par le Saint-Esprit. Son Eglise n’est pas seulement une organisation humaine : elle est le corps du Christ, où se trouve l’infaillibilité du Concile et du pape, selon des modalités précisément définies.

Tous les conciles parlent de l’infaillibilité du magistère par rapport à la proposition de la foi catholique. Dans la confusion actuelle qui touche un si grand nombre on en est arrivé à mettre la réalité sens dessus dessous : ils considèrent le pape comme infaillible lorsqu’il parle en privé, mais quand les papes de toute l’histoire ont proposé la foi catholique, ils disent que cela est faillible.
 
Bien sûr, cinq cents ans ont passé, et l’heure n’est plus à la polémique mais à la recherche de la réconciliation – non, cependant, au prix de la vérité. Il ne faut pas faire de confusion. Si d’une part nous devons savoir saisir l’efficacité de l’Esprit Saint dans ces autres chrétiens non catholiques qui sont de bonne volonté, qui n’ont pas commis personnellement ce péché de séparation d’avec l’Eglise, de l’autre, nous ne pouvons pas changer l’histoire, ce qui est arrivé il y a cinq cents ans.

Une chose est le désir d’avoir de bonnes relations avec les chrétiens non-catholiques d’aujourd’hui, afin de se rapprocher d’une pleine communion avec la hiérarchie catholique, et aussi avec l’acceptation de la tradition apostolique selon la doctrine catholique, autre chose est de ne pas comprendre ou de falsifier ce qui s’est passé il y a cinq cents ans, et l’effet désastreux que cela a eu. Un effet contraire à la volonté de Dieu : « Pour que tous ils soient un, comme vous, mon Père, vous êtes en moi, et moi en vous, pour que, eux aussi, ils soient un en nous, afin que le monde croie que vous m’avez envoyé » (Jn 17:21).

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Le Cardinal secrétaire d'Etat dit la même chose, mais autrement. 

LA RÉFORME DE L’EGLISE N'EST PAS UNE “RÉVOLUTION”, ESTIME LE CARDINAL PAROLIN

Vatican - le 27/10/2017 | Par Agence I.Media

parolon-l125-h81.jpgLe respect de la “continuité“ est nécessaire à tout renouvellement de l’Eglise, a affirmé le cardinal Pietro Parolin, le 25 octobre 2017, dans un discours rapporté par le blog vaticaniste  Il Sismografo  le 26 octobre 2017. Sans quoi, a déclaré le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, il ne s’agit pas d’une “authentique réforme catholique”.

Le Pape émérite Benoît XVI : la sagesse de la vieillesse

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Le Pape émérite Benoît XVI : la sagesse de la vieillesse

Le Pape émérite Benoît XVI a un hématome sous œil droite, suite à une chute semaine passée. Cependant il va bien pour son âge. (Photo Vik). Il va bien, n'est pas mourant, mais il est faible. Quoi de plus normal. 

"Allô Houston?" "Habemus Papam"

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Les gens ne peuvent pas venir ici et voir la beauté indescriptible de notre Terre sans être touchés dans leur âme.

"Allô Houston?" "Habemus Papam"

 Le Père Lombardi avait déjà eu cette idée géniale avec Benoît XVI. 

Le Pape François dialogue avec les astronautes de la station spatiale internationale (ISS)

 

AAA0082-1-1-800x533.jpgRandolph Bresnik – Ce qui me donne la plus grande joie, tous les jours, est de regarder dehors et de voir la création de Dieu, peut-être un peu de sa perspective. Les gens ne peuvent pas venir ici et voir la beauté indescriptible de notre Terre sans être touchés dans leur âme.

Nous voyons ici la paix et la sérénité de notre planète tandis qu’on tourne à 10 km par secondes, et il n’y a pas de frontière, il n’y a pas de conflit, c’est juste paisible. Et l’on voit la finesse de l’atmosphère et cela fait réaliser combien notre existence ici est fragile;

Pape François et l'ISS: un dialogue au plus haut des cieux

 

 

Zenit

Voir la Terre « paisible », du point de vue de Dieu, c’est l’émerveillement que les astronautes de la Station spatiale internationale ont confié au pape François, avec qui ils ont eu une liaison directe, à 15h (heure de Rome), ce 26 octobre 2017.

« Houston station, nous sommes prêts pour l’événement. » Une expression relativement connue mais rare au Vatican, a résonné dans les murs du petit Etat, où le pape a dialogué durant quelque 25 minutes avec l’équipage de six personnes de l’expédition 53, devant un écran, depuis la petite salle de la Salle Paul VI.

Après un réajustement pour cause d’écho, l’astronaute italien Paolo Nespoli, qui menait la conversation, a confirmé : « Nous vous recevons 5/5 » (« we hear you loud and clear »). Avec parfois une dizaine de secondes de décalage – la station était à 400 km de la Terre – les cosmonautes et le pape ont échangé sur divers thèmes, tels la recherche, la force de l’amour qui meut le monde, la collaboration internationale…

« Je vous remercie d’avoir été avec nous, de nous avoir conduits plus haut, de nous avoir sortis de cette mécanicité quotidienne, de nous avoir fait penser à des choses plus grandes que nous », a conclu Paolo Nespoli.

Les six astronautes étaient tous chrétiens : un baptiste, trois catholiques et deux russes orthodoxes. Il s’agissait de Randolph Bresnik (Etats-Unis), commandant, de la NASA ; Paolo Nespoli (Italie), ingénieur de l’ESA; Mark T. Vande Hei (Etats-Unis), ingénieur de la NASA; Joseph Acaba, (Etats-Unis, d’origine portoricaine), ingénieur de la NASA; Sergey Ryazanskiy (Russie), ingénieur et Alexander Misurkin (Russie), ingénieur.

Le président de l’Agence spatiale italienne (ASI), Roberto Battiston et le directeur des programmes d’Observation de la Terre de l’Agence spatiale européenne (ASE), Josef Aschbacher, étaient présents au côté du pape, qui était assis à une petite table, sous un tableau représentant la dernière scène de la Divine Comédie de Dante Alighieri.

Voici notre traduction du dialogue.

AK

Equipe de la Station spatiale, capture CTV
 
Ce qui me donne la plus grande joie, tous les jours, est de regarder dehors et de voir la création de Dieu, peut-être un peu de sa perspective.

Dialogue du pape avec les astronautes

Pape François – Good morning you all.

Paolo Nespoli – Sainteté, bonjour, bienvenue sur la station internationale parmi nous, parmi l’équipage de l’expédition 52 et 53.

Pape François – Bonjour ou bonsoir, car lorsqu’on est dans l’espace, on ne sait jamais ! Cher Monsieur Nespoli, chers astronautes, je pense que là-bas, dans la station spatiale, les journées passent de façon différente, n’est-ce pas ? Je vous remercie, ainsi que ceux qui ont organisé cette liaison, qui me donne la possibilité de ‘vous rencontrer’ et de vous adresser quelques questions.

Je commence tout de suite avec la première question : l’astronomie nous fait contempler les horizons illimités de l’univers et suscite en nous les questions : d’où venons-nous ? Où allons-nous ? Je vous demande à vous, Monsieur Nespoli, à la lumière de vos expériences dans l’espace, quelle est votre pensée sur la place de l’homme dans l’univers ?

Paolo Nespoli – Saint-Père, c’est une question complexe, je me sens une personne technique, un ingénieur, je suis à l’aise parmi les machines, les expérimentations ; mais quand on parle de ces choses beaucoup plus intérieures – “d’où venons-nous…” – je reste moi aussi perplexe. C’est un discours très délicat. Je pense que notre objectif ici est celui de connaître notre être, pour compléter la connaissance, comprendre ce qui est autour de nous. Et entre autres, c’est intéressant parce que plus nous connaissons, plus nous nous rendons compte que nous connaissons peu. J’aimerais beaucoup qu’une personne comme vous, non seulement des ingénieurs, non seulement des physiciens, mais des personnes comme vous – des théologiens, des philosophes, des poètes, des écrivains… – puissent venir ici dans l’espace et cela sera sûrement l’avenir, j’aimerais qu’ils viennent ici, pour explorer ce que veut dire avoir un être humain dans l’espace.

Pape François – C’est vrai, ce que vous dites.

Dans cette salle d’où je vous parle, se trouve – comme vous voyez – une tapisserie artistique inspirée du verset célèbre, avec lequel Dante conclut la Divine Comédie : « L’amour qui met en mouvement le soleil et les autres étoiles » (Paradiso, XXXIII, 145). Je vous demande : quel sens cela a pour vous, qui êtes tous ingénieurs et astronautes, comme vous l’avez dit, d’appeler “amour” la force qui met en mouvement l’univers ?

Alexander Misurkin répond en russe, avant d’être traduit par son confrère italien :

Paolo Nespoli – Saint-Père, j’espère que nous ne vous avons pas surpris avec le russe : est-ce possible pour vous d’avoir une traduction ou devons-nous résumer rapidement ?

Pape François – C’est mieux de synthétiser rapidement.

Paolo Nespoli – Le collègue Alexander a fait une très belle réponse en russe, que je vais traduire un peu rapidement. Il fait référence à un livre qu’il est en train de lire en ce moment, pour réfléchir, “Le Petit Prince” de Saint-Exupéry, et il se réfère à l’histoire du jeune garçon qui donnerait volontiers sa propre vie pour retourner et sauver plantes et animales sur la Terre. En substance, l’amour est cette force qui te donne la capacité de donner ta vie pour quelqu’un d’autre.

Pape François – J’aime cette réponse. C’est vrai, sans amour, ce n’est pas possible de donner sa vie pour un autre. On voit que vous avez compris le message que Saint-Exupéry explique si poétiquement et que, vous les Russes, avez dans le sang, dans votre tradition si humaniste et si religieuse. C’est beau cela, merci.

J’ai une curiosité. On dit que seules les femmes sont curieuses, mais nous aussi les hommes sommes curieux ! Qu’est-ce qui vous a motivés à devenir astronautes ? Qu’est-ce qui vous donne le plus de joie dans le temps que vous passez dans la station spatiale ?

Sergey Ryazanskiy – Nous représentons ici différents pays, différents peuples, des peuples de notre planète ; chacun à son histoire, sa façon de devenir astronaute… mon histoire a commencé avec mon grand-père qui était ingénieur en chef … dans le premier satellite construit, Spoutnik. Et pour moi, c’est un grand honneur de continuer ce qu’il faisait, pour accomplir ses rêves, parce que le vol dans l’espace est l’avenir pour l‘humanité et le vol spatial est toujours une frontière pour de nouvelles… sciences et de nouvelles approches.

Randolph Bresnik – Ce qui me donne la plus grande joie, tous les jours, est de regarder dehors et de voir la création de Dieu, peut-être un peu de sa perspective. Les gens ne peuvent pas venir ici et voir la beauté indescriptible de notre Terre sans être touchés dans leur âme. Nous voyons ici la paix et la sérénité de notre planète tandis qu’on tourne à 10 km par secondes, et il n’y a pas de frontière, il n’y a pas de conflit, c’est juste paisible. Et l’on voit la finesse de l’atmosphère et cela fait réaliser combien notre existence ici est fragile ; et nous qui travaillons ici dans cette station spatiale, avec notre partenariat international, nous espérons que cet exemple de ce que nous pouvons réaliser ensemble, soit un exemple pour le monde et toute l’humanité, afin que nous travaillions pour élargir l’accès à l’espace et que plus de personnes puissent voir cette perspective de l’espace. (Alors) peut-être l’avenir de l’humanité sera-t-il bien meilleur que ce que nous avons aujourd’hui.

Pape François – Dans cette réponse, j’ai beaucoup aimé, ce que vous avez dit tous les deux : vous, d’abord, êtes allé à vos racines pour expliquer cela ; vous avez évoqué le grand-père. Et vous, qui venez d’Amérique, avez réussi à comprendre que la Terre est trop fragile ; c’est un moment qui passe : 10 Km par secondes, a dit Monsieur Nespoli… c’est une réalité très fragile, subtile, l’atmosphère, tant qu’elle peut se détruire. Et vous êtes allé justement regarder avec les yeux de Dieu. Le grand-père et Dieu : les racines et notre espérance, notre force. Ne jamais oublier les racines : cela me fait du bien de l’entendre et de l’entendre de vous ! Merci.

Je voudrais vous poser une autre question : voyager dans l’espace modifie tant de choses que l’on considère acquises dans la vie quotidienne, par exemple l’idée d’en-haut et d’en-bas. Je me demande : y a-t-il quelque chose en particulier que vous avez appris en vivant dans la station spatiale ? Et y a-t-il au contraire quelque chose qui vous a touché justement parce que vous en avez trouvé une confirmation là aussi, dans un contexte si différent ?

Mark T. Vande Hei – Saint-Père, ce qui me surprend, c’est la façon dont aborder quelque chose d’une perspective différente, semble rendre méconnaissable quelque chose de très familier. Parfois lorsque je travaille sur quelque chose qui est très proche de moi, je me concentre là-dessus, et je ne réalise pas que j’ai tourné autour, et lorsque je vais sur un autre module, quand je l’approche d’un côté différent, que je n’attendais pas, c’est déroutant d’abord, quand j’essaie de comprendre où je suis. Cela a été très intéressant. Ce qui a été surprenant pour moi, quelque chose qui n’a pas changé, c’est que dans cet environnement où nous n’avons pas vraiment besoin des concepts d’en-haut et d’en-bas, pour me repérer, je dois encore décider quelle direction percevoir comme le haut, afin de donner du sens aux choses.

Pape François – C’est une chose très humaine, la capacité de décider, de décision. La réponse me semble intéressante parce qu’elle va aussi aux racines humaines.

A présent, si vous avez la bonté d’écouter, je poserai une autre question : notre société est très individualiste ; au contraire, dans la vie, la collaboration est essentielle. Je pense à tout le travail qu’il y a derrière une entreprise comme la vôtre. Pouvez-vous me donner quelque exemple significatif de votre collaboration dans la Station spatiale ?

Joseph Acaba – Saint-Père, c’est un grand honneur de parler avec vous. La station spatiale internationale est un grand exemple de collaboration internationale, comme vous pouvez voir avec les membres de l’équipage que nous avons ici, de pays divers, et avec le travail que nous faisons tous les jours, parlant avec différents centres du monde entier : nous avons les Etats-Unis, le Canada, le Japon, la Russie, et neuf pays d’Europe. Mais ce que je trouve intéressants, ce sont les individus qui constituent cette collaboration. C’est notre diversité qui nous rend plus forts et je pense qu’il faut que nous comprenions qui nous sommes comme individus et respecter ceux qui sont autour de nous, et en travaillant ensemble nous pouvons faire des choses bien plus grandes qu’en tant qu’individus.

Pape François – Vous êtes un petit “palais de verre” ! La totalité est plus grande que la somme des parties, et c’est l’exemple que vous nous donnez. Merci beaucoup, chers amis, je voudrais dire : chers frères, parce que nous vous voyons comme représentants de toute la famille humaine dans le grand projet de recherche qu’est la Station spatiale. Je vous remercie de tout cœur pour ce dialogue qui m’a beaucoup enrichi. Que le Seigneur vous bénisse, votre travail et vos familles. Je vous assure : je prierai pour vous. Et vous, s’il vous plaît, priez pour moi. Merci.

Paolo Nespoli – Saint-Père, au nom de tous, je veux vous remercier d’avoir été avec nous aujourd’hui sur la Station spatiale internationale. C’est un lieu où nous faisons tant de recherches, où nous allons chercher les choses de tous les jours … Je vous remercie d’avoir été avec nous, de nous avoir conduits plus haut, de nous avoir sortis de cette mécanicité quotidienne, de nous avoir fait penser à des choses plus grandes que nous. Merci encore.

Pape François – Merci à vous.

Traduction de Zenit, Anne Kurian

mardi, 24 octobre 2017

Le Pape François ne recadre pas le Cardinal Sarah, mais le protège des traditionalistes

Unknown.jpegNous devons être reconnaissants au pape François d'avoir nommé un maître spirituel à la tête de la congrégation responsable de la célébration de la liturgie dans l'Église. ...

... Avec le cardinal Sarah, maître du silence et de la prière intérieure, la liturgie est en bonnes mains.

Benoît XVI

Le Pape François ne recadre pas le Cardinal Sarah, mais le protège des traditionalistes

Pour ma part, je ne parle pas de recadrage ou de correction paternelle.

Premièrement, le Pape émérite Benoît XVI a remercié le Pape François pour la nomination du cardinal Sarah à la tête de la congrégation pour la liturgie. Pour Ratzinger, la liturgie est en de bonnes mains. 

Deuxièmement, pour la France gallicane, pays d'origine de Mgr Marcel Lefebvre, le Cardinal Sarah se laisse sans doute tirer la soutane par certains milieux traditionalistes. L'effet déformant est immédiat: cela lui cause du tort. 

Troisièmement, le Pape François sait manœuvrer, lui qui se décrit comme fourbe et malin. Alors que la Congrégation s'occupait des traductions, les conférences épiscopales bloquaient parfois ce travail. En inversant "la navette ou l'iter", le va et vient entre Rome et les Eglises particulières, Rome se trouve désormais dans la position favorable de celui qui valide la traduction.

La curie romaine est au service des évêques. Cela débloquera la situation pour la traduction tant attendue du missel romain en français. 

Pour avoir eu la chance de parler avec le cardinal Sarah, je sais qu'il est un homme de Dieu, fidèle, compétant et priant. Le Pape François est son Père dans la foi. 

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Ci-dessous, l'article de l'Homme Nouveau dont le Pape a demandé une rectification. 

Humble contribution pour une meilleure et juste compréhension du Motu Proprio Magnum Principium

Rédigé par Cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements. le dans Religion

Humble contribution pour une meilleure et juste <br>compréhension du Motu Proprio Magnum Principium

Actuel Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, le cardinal Robert Sarah avait demandé à L’Homme Nouveau de publier en exclusivité, publié depuis dans le monde entier, le texte suivant qui donne la juste interprétation du récent Motu Proprio Magnum Principium par lequel le Pape François règle la question des traductions liturgiques, le rôle des Conférences épiscopales à ce sujet et celui de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements. On prêtera notamment une particulière attention au commentaire du cardinal Sarah concernant la « recognitio » des adaptations et la « confirmatio » des traductions qui ne modifient en rien la responsabilité suprême du Saint-Siège.

Le cardinal Sarah rappelle d’ailleurs à cet égard que le texte de référence concernant les traductions liturgiques reste l’instruction Liturgiam authenticam de 2001. Qu’il nous soit permis de signaler que l’on trouve dans ce texte la marque propre du cardinal Sarah : un profond attachement à l’Église et au Saint-Siège associé à une réelle fermeté et à une non moins véritable élévation d’esprit.

La « recognitio » des adaptations et la « confirmatio » des traductions dans le canon 838

Le 3 septembre 2017, le Saint-Père a promulgué le Motu Proprio Magnum Principium sur les traductions liturgiques, qui modifie les paragraphes 2 et 3 du canon 838 du Code de Droit Canonique. Nous accueillons avec respect et reconnaissance cette initiative du Pape François, qui permet de situer encore plus clairement et plus rigoureusement les responsabilités respectives des Conférences épiscopales et du Saint-Siège en vue d’une collaboration confiante, fraternelle et intense au service de l’Église. Ce point, qui constitue en quelque sorte le cœur du Motu Proprio, est développé dans la Lettre du 26 septembre dernier, que la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements a adressée aux Conférences épiscopales.

C’est dans cette perspective qu’a été rédigée cette humble contribution à partir de l’observation suivante : du côté de notre Dicastère, la collaboration au travail d’adaptation et de traduction des Conférences épiscopales est tout entière incluse dans ces deux mots du canon 838 : « recognitio »et « confirmatio ». Que signifient-ils exactement ? Tel est l’objet de cette modeste note.

Code Droit Canonique Canon 838 avant « Magnum Principium »

Can. 838 – § 1. Sacrae liturgiae moderatio ab Ecclesiae auctoritate unice pendet : quae quidem est penes Apostolicam Sedem et, ad normam iuris, penes Episcopum dioecesanum.

§ 2. Apostolicae Sedis est sacram liturgiam Ecclesiae universae ordinare, libros liturgicos edere eorumque versiones in linguas vernaculas recognoscere, necnon advigilare ut ordinationes liturgicae ubique fideliter observentur.

§ 3. Ad Episcoporum conferentias spectat versiones librorum liturgicorum in linguas vernaculas, convenienter intra limites in ipsis libris liturgicis definitos aptatas, parare, easque edere, praevia recognitione Sanctae Sedis.

§ 4. Ad Episcopum dioecesanum in Ecclesia sibi commissa pertinet, intra limites suae competentiæ, normas de re liturgica dare, quibus omnes tenentur.

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Can. 838 – § 1. L’ordonnancement de la sainte liturgie dépend uniquement de l’autorité de l’Église ; cette autorité est détenue par le Siège Apostolique et, selon le droit, par l’Évêque diocésain.

§ 2. Il revient au Siège Apostolique d’organiser la sainte liturgie de l’Église tout entière, d’éditer les livres liturgiques, de reconnaître (recognoscere-recognitio) leurs traductions en langues vernaculaires et de veiller à ce que les règles liturgiques soient fidèlement observées partout.

§ 3. Il appartient aux conférences des Évêques de préparer les traductions des livres liturgiques en langues vernaculaires, en les adaptant de manière appropriée dans les limites fixées par ces livres liturgiques, et de les publier après reconnaissance (recognitio) par le Saint-Siège.

§ 4. En matière liturgique, il appartient à l’Évêque diocésain de porter, pour l’Église qui lui est confiée et dans les limites de sa compétence, des règles auxquelles tous sont tenus.

Canon 838 actuellement en vigueur (« Magnum Principium »)

Can. 838 – § 1. Idem

§ 2. Apostolicae Sedis est sacram liturgiam Ecclesiae universae ordinare, libros liturgicos edere, aptationes, ad normam iuris a Conferentia Episcoporum approbatas, recognoscere, necnon advigilare ut ordinationes liturgicae ubique fideliter observentur.

§ 3. Ad Episcoporum Conferentias spectat versiones librorum liturgicorum in linguas vernaculas fideliter etconvenienter intra limites definitos accommodatas parare et approbare atque libros liturgicos, pro regionibus ad quas pertinent, post confirmationem Apostolicae Sedis edere.

§ 4. Idem

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Can. 838 – § 1. Idem

§ 2. Il revient au Siège Apostolique d’organiser la sainte liturgie de l’Église tout entière, d’éditer les livres liturgiques, de ratifier (recognoscere-recognitio) les adaptations approuvées selon les normes du droit par la Conférence épiscopale, mais aussi de veiller à ce que les règles liturgiques soient fidèlement observées partout.

§ 3. Il appartient aux Conférences des évêques de préparer fidèlement les traductions des livres liturgiques en langues vernaculaires, en les adaptant de manière appropriée dans les limites fixées, d’approuver et de publier les livres liturgiques, pour les régions relevant de leur compétence, après confirmation (confirmatio) par le Siège apostolique.

§ 4. Idem

NOTE : c. 838 § 3 : les mots « aptatas » (ancien canon) et « accomodatas » (nouveau canon) sont synonymes, d’où la traduction française unique : « en les adaptant de manière appropriée dans les limites fixées ». Le changement de mot est justifié, en latin, par le contexte, c’est-à-dire en l’occurrence la suppression de la mention : « in ipsis libris liturgicis » (« par ces livres liturgiques ») dans le nouveau c. 838 § 3.

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Commentaire

1. Il faut noter que le texte de référence des traductions liturgi­ques demeure l’Instruction Liturgiam authenticam (L.A.) du 28 mars 2001. Ainsi, les traductions fidèles (« fideliter ») réalisées et approuvées par les Conférences épiscopales doivent être conformes en tous points aux normes de cette Instruction. On ne note donc aucun changement quant aux exigences requises et au résultat qui doit en résulter pour chaque livre liturgique. Comme on le verra plus loin, étant donné que les mots recognitio et confirmatio, sans être strictement synonymes, sont néanmoins interchangea­bles, il suffit de remplacer le premier par le second dans l’Instruction L.A. Cela vaut en particulier pour les nn. 79 à 84.

2. Les modifications du canon 838 ne portent que sur les paragraphes 2 et 3, et elles concernent ces deux points : A. La distinction entre « adaptation », pour laquelle est requise la recognitio, et « traduction », pour laquelle est requise la confirmatio par le Siège Apostolique. B. En ce qui concerne les traductions liturgiques, l’affirmation explicite qu’il appartient aux Conférences des évêques de préparer fidèle­ment (« fideliter ») les traductions des livres liturgiques, de les approuver et de les publier après avoir obtenu la confirmation du Siège Apostolique.

Remarque importante :la nouveauté ne porte que sur le point A. précité : la distinction entre recognitio et confirmatio. Le point B. est l’inscription « dans le marbre » du Code de Droit Canonique de la pratique habituelle et constante qui est suivie depuis la première Instruction sur les traductions liturgiques Comme le prévoit, du 25 janvier 1969, et a fortiori depuis la promulgation de Liturgiam authenticam en 2001.

3. La recognitio est définie par le Conseil pour les Textes Législatifs dans une note de 2006 comme « une conditio iuris qui, par la volonté du Législateur Suprême, est requise ad validitatem » (Cf. Communicationes 38, 2006, 16). Par conséquent, si la recognitio n’est pas accordée, le livre liturgique ne peut pas être publié. La recognitio a pour objet de vérifier et sauvegarder la conformité au droit et la communion de l’Église (son unité).

4. La confirmatio (confirmation) est utilisée par le Code de Droit Canonique (CIC) dans diverses circonstances : voici trois exemples : A. le cas d’une élection qui a besoin d’être confirmée par une autorité supérieure (cf. c. 147, 178, 179). B.  la confirmation des décrets du Concile œcuménique par le Pontife Romain avant leur promulgation (c. 341 § 1). C. le décret de renvoi d’un religieux, qui ne peut entrer en vigueur qu’après la confirmation par le Saint-Siège ou l’évêque diocésain selon la nature – de droit pontifical ou de droit diocésain – de l’institut (c. 700).

Dans tous ces cas, il y a un responsable qui agit selon l’autorité qui lui est propre, et une autorité supérieure qui doit confirmer sa décision pour vérifier et sauvegarder la conformité au droit. Par conséquent, si une Conférence épiscopale a préparé et approuvé la traduction d’un livre liturgique, elle ne peut le publier sans avoir obtenu préalablement la confirmation du Siège Apostolique. Dans les cas précités qui requièrent la confirmatio, l’autorité supérieure est tenue de vérifier la conformité de l’acte au droit en vigueur avant de le confirmer ; de même, le Siège Apostolique ne doit accorder laconfirmatio qu’après avoir dûment vérifié si la traduction est « fidèle » (« fideliter »), c’est-à-dire conforme au texte de l’editio typica en langue latine sur la base des critères énoncés par l’Instruction Liturgiam authenticam sur les traductions liturgiques.

5. Tout comme la recognitio, la confirmatio n’est en aucun cas un acte formel, c'est-à-dire une sorte d’approbation qui serait accordée après une vérification rapide du travail sur la base d’une présomption a priori favorable que la traduction approuvée par la Conférence des évêques a été réalisée fidèlement (« fideliter »). Bien plus, comme pour la recognitio exigée dans l’ancien c. 838 § 3, la confirmatio suppose et implique une vérification détaillée de la part du Saint-Siège, et la possibilité pour ce dernier de conditionner sine qua non la confirmatio aux modifications de certains points qui pourraient être exigés du fait de leur non-conformité au critère de « fidélité », qui est désormais inscrit dans le Code de Droit Canonique. Sa décision s’imposerait alors à la Conférence épiscopale.

Notons à ce sujet que telle est bien la mens de cette norme, qui correspond à l’interprétation qui en a été donnée par le Secrétaire de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, S. Exc. Mgr A. Roche dans son Commentaire du Motu Proprio Magnum principium : « La “confirmatio” du Siège apostolique n’apparaît pas, par conséquent, comme une intervention alternative de traduction, mais comme un acte d’autorité par lequel le dicastère compétent ratifie l’approbation des évêques, en supposant bien entendu une évaluation positive de la fidélité et de la congruence des textes produits, par rapport à l’édition typique sur laquelle se fonde l’unicité du rite, et en tenant compte surtout des textes d’importance majeure, en particulier les formules sacramentelles, les prières eucharistiques, les prières d’ordination, le rite de la messe, et ainsi de suite ».

Ainsi, par exemple, si, dans le Credo du rite de la Messe, l’expression : « consubstantialem Patri » est traduit en français par : « de même nature que le Père », le Saint-Siège peut imposer – et même il le doit (cf. n. 6) – la traduction : « consubstantiel au Père », comme condition sine qua non de sa confirmatio de l’ensemble du Missel Romain en langue française.

6. On constate donc que la modification du texte du c. 838 § 3 (la recognitio est remplacée par la confirmatio) ne modifie absolument pas la responsabilité du Saint-Siège, et donc ses compétences à l’égard des traductions liturgiques : le Siège Apostolique doit vérifier si les traductions réalisées par les Conférences épiscopales sont bien « fidèles » (« fideliter ») à l’editio typica en langue latine pour garantir, sauvegarder et promouvoir la communion dans l’Église, c’est-à-dire son unité.

7. Les mots recognitio et confirmatio ne sont pas strictement synonymes pour les deux raisons suivantes :

A. Le mot recognitio est réservé aux adaptations approuvées par les Conférences épiscopales selon les normes du droit (ad normam iuris) (c. 838 § 2), tandis que le mot confirmatio concerne les traductions liturgiques (c. 838 § 3). Cette distinction est positive, car elle a le mérite de bien distinguer dorénavant deux domaines très différents : l’adaptation et la traduction. Même s’ils sont interchangeables au niveau de la responsabilité du Saint-Siège (cf. n. 6), les deux mots ne sont pas strictement synonymes par rapport à leur effet sur l’editio typica.

Tout d’abord, les adaptations réalisées ad normam iuris modifient l’editio typica dans certains cas déterminés par le droit (cf. pour le Missel Romain, l’Institutio Generalis Missalis Romani – Présentation Générale du Missel Romain, chap. 9, nn. 386-399), d’où la nécessité d’une recognitio. Les traductions ne modifient pas l’editio typica, bien au contraire, elles doivent lui être fidèles (« fideliter »), d’où la nécessité d’une confirmatio. Il faut donc souligner de nouveau ce point important : loin d’être une sorte de recognitio atténuée ou amoindrie, la vigueur de la confirmatio est aussi forte que la recognitio dont il était question dans l’ancien c. 838 § 3.

B. Ensuite, par rapport à la recognitio, il semble que la confirmatio ait un caractère plus unilatéral, qui intervient à la fin de l’iter : préparation-approbation par la Conférence épiscopale. En effet, on peut penser que, du fait de sa nature, la recognitio, qui intervient aussi a posteriori, suppose une concertation préalable pendant le processus du travail de traduction, ce qui permet d’établir un texte acceptable par les deux parties.

Dans le c. 838 § 3 modifié par le Motu Proprio Magnum principium, la confirmatio, du côté du Saint-Siège, est à mettre en perspective avec « fideliter » et « approbatio » (« approbare ») du côté des Conférences épiscopales. Dans la mesure où, désormais, la Conférence épiscopale est appelée explicitement par la norme du Droit Canonique à « approuver » des traductions « fidèles » au texte latin de l’editio typica, le Saint-Siège lui fait a priori confiance.

Il n’intervient donc pas normalement dans son travail, jusqu’à la confirmatio, qui constitue un acte final ou conclusif (toutefois, cf. aussi à ce sujet n. 5). Il est évident que la procédure de confirmatio peut aussi donner lieu à des échanges préalables si la Conférence épiscopale adresse une demande dans ce sens au Saint-Siège ou si une procédure de concertation mutuelle est prévue de part et d’autre, ce qui peut sembler souhaitable.

Conclusion

La réalité de la « recognitio » et de la « confirmatio » est inscrite dans notre vie de chaque jour : en effet, conscients de nos limites, nous faisons naturellement appel à une autre personne pour qu’elle « vérifie » le travail que nous avons réalisé de notre mieux ; nous pouvons ainsi l’améliorer à partir de ses observations, voire de ses corrections, si cela s’avère nécessaire.

Telle est la responsabilité du professeur vis-à-vis de l’étudiant qui prépare une thèse, ou, plus simplement, des parents à l’égard du travail scolaire de leurs enfants fait à la maison, et aussi, plus généralement, des autorités académiques ou de tutelle… Notre vie est donc tissée de « recognitio » et de « confirmatio », qui nous permettent de progresser dans une plus grande « fidélité » par rapport aux exigences du réel et dans tous les domaines de la connaissance pour le service de Dieu et de notre prochain (cf. la parabole des talents, Mt 25, 14-30).

La « recognitio » et la « confirmatio » de la part du Saint-Siège, qui supposent une collaboration confiante, fraternelle et intense avec les Conférences épiscopales entrent dans ce cadre. Comme le dit admirablement le Motu Proprio du Saint-Père, auquel se réfère la Lettre du 26 septembre adressée aux Conférences épiscopales, il s’agit « de rendre plus facile et plus fructueuse la collaboration entre le Siège Apostolique et les Conférences épiscopales ».

Cité du Vatican, le 1er octobre 2017
Robert Card. Sarah
Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements

Le silence de la Vierge de Marie-Laure Janssens: redécouvrir le courage personnel des évêques disait le Cardinal Ratzinger

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Le silence de la Vierge de Marie-Laure Janssens: redécouvrir le courage personnel des évêques disait le Cardinal Ratzinger

Le Cardinal Ratzinger invitait les évêques à redécouvrir le courage personnel, à l'instar de l'évêque Von Galen, le lion de Münster, qui se distingua de la conférence des évêques d'Allemagne durant le régime nazi. Il eu le courage de la parole. 

Ce livre rend hommage à l'intervention décisive du Cardinal Barbarin. Lien La Croix

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lundi, 23 octobre 2017

Petite histoire de la réforme de Luther

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Petite histoire de la réforme de Luther

A l'interne de l'Eglise catholique, avant même celle de Luther, il existait déjà une volonté de réforme. A la fin du XVème siècle, la réforme des observants souhaitait un retour aux origines.

L'Eglise sortait aussi d'une crise provoquée par le grand schisme, et le Concile de Constance-Bâle avait rejeté le conciliarisme (un Concile est supérieur au Pape). Or, selon la foi, seul le Pape peut promulguer les décrets d'un Concile. 

Pour l'Eglise catholique, un évêque est un Pasteur. En France, deux tiers à trois quart des Pères Abbés étaient aux commandes de l'Eglise. Il y eut même un évêque en charge de 7 diocèses avec plus de 15 Abbayes. Ce cumul engendrait des revenus financiers conséquents. Il fallait une réforme et un réseau d'évêques la souhaitait.

Cette aspiration aurait pu se concrétiser lors du Vème Concile du Latran en 1517. Ce dernier se voulait un Concile de Réforme. Malheureusement, ce fut une occasion manquée.

images.jpegLes indulgences, réalités spirituelles totalement gratuites, un don de la grâce, étaient très mal présentées, notamment par quelques dominicains. Elles existent depuis fort longtemps; un pèlerinage pouvait être indulgencié.

Jules II voulait rebâtir l'ancienne basilique Saint Pierre, dites de Constantin. Michel-Ange avait fait les plans (seront modifiés par son successeur). Ce projet engendrait une grande quantité de frais.

Le Pape Jules II eu l'idée, peu génial et contestable, de commuter un pèlerinage ou une prière, par le financement de la nouvelle basilique. L'obole de Saint Pierre, qui existe d'ailleurs encore aujourd'hui pour les oeuvres de charité du Pape, devint un moyen d'obtenir une indulgence.

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L'idée de payer la vie éternelle entra malheureusement en scène ! Cette porte grande ouverte provoqua un appel d'air très regrettable. Quelques dominicains prêchaient: "une pièce dans la quête et une âme s'envole vers le ciel, quitte le purgatoire". Cela choque !

La politique se pratiquait sous le manteau de la religion catholique.
Pour Luther, cet imbroglio, dont le lien politique-foi catholique, dont notamment la représentation "divine" ou "catholique "de Sa Majesté du Saint Empire germanique, l'énervait. Des princes apparurent sous l'Empereur Charles Quint, avec la naissance de principautés. La division vit le jour. Cela embrasa le mouvement du protestantisme.

Pape François: Message du Pape aux jeunes du Canada

Pape François: Message du Pape aux jeunes du Canada

 

LE PAPE FRANÇOIS DEMANDE AUX JEUNES CANADIENS DE SE LAISSER TOUCHER PAR LE CHRIST

 

Vatican - le 23/10/2017 | Par Agence I.Media

Le pape François s’est adressé aux jeunes du Canada, dans une vidéo diffusée le 22 octobre 2017, à l'occasion du 'Forum jeunesse 2017', a annoncé le Bureau de presse du Saint-Siège le 23 octobre.

Le monde a besoin d’être “irrigué” de la joie qui vient de l’Evangile et de la rencontre avec le Christ, leur déclare le pape dans ce message tourné au Vatican.

 

dimanche, 22 octobre 2017

Liturgie: le Cardinal Ratzinger, le Cardinal Sarah sont déformés. Le Pape écrit une lettre au Cardinal

Le Pape François écrit une lettre au Cardinal Sarah

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Liturgie: le Cardinal Ratzinger, le Cardinal Sarah sont déformés. Le Pape écrit une lettre au Cardinal

 

Liturgie: lettre du pape au cardinal Sarah (traduction intégrale)

 

Zenit

J'ai eu la chance de parler avec le Cardinal Sarah. Avec humilité et clarté, il m'a dit: je ne suis pas opposé au Pape François, c'est mon Père. Ce sont certains médias qui nous opposent.  

"... Enfin, Eminence, je confirme ma reconnaissance fraternelle pour votre engagement, et constatant que la note “Commentaire” a été publiée sur certains sites internet, et attribuée à tort à votre personne, je vous demande s’il vous plaît de faire le nécessaire pour la divulgation de ma réponse sur ces sites ainsi que pour son envoi à toutes les Conférences épiscopales, aux membres et aux consulteurs de ce Dicastère.

Et en demandant votre prière pour moi, je vous assure de la mienne pour vous !

Fraternellement,

François"

Le Saint-Siège n’impose pas de traduction aux Conférences épiscopales

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Cath.ch: le Pape ne corrige pas, ou ne désavoue nullement, le Cardinal Sarah ! mais François  ne veut pas d'une mauvaise interprétation de la fine pensée de ce grand Cardinal (déformation: voir L'Homme Nouveau)

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samedi, 21 octobre 2017

Pologne : Mgr Wojciech Polak menace de suspension tout prêtre qui participerait à une manifestation contre l’accueil de réfugiés

Pologne : Mgr Wojciech Polak menace de suspension tout prêtre qui participerait à une manifestation contre l’accueil de réfugiés

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vendredi, 20 octobre 2017

Le silence de la Vierge de Marie-Laure Janssens ou les pervers narcissiques

 

Le silence de la Vierge de Marie-Laure Janssens ou les pervers narcissiques

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Cette communauté contemplative avait à sa tête des personnes narcissiques et manipulatrices. Elles avaient une emprise totale, séduisante.

Au lieu de grandir dans la liberté pour devenir un être humain, une personne, une chrétienne, les sœurs étaient devenues psycho dépendantes de leur supérieure, avec la bénédiction du gourou. Le tout justifié par la spiritualité. Une honte ! Les choix n’étaient plus personnels mais ceux de l’autre...

Heureusement, Rome est intervenu. Toutefois les perverses narcissiques ont réussi à passer par dessus.

Il reste une part criminelle: l’abus spirituel. Le droit canon ou le droit civil n'a pas vraiment des moyens de le reconnaître. 

Dieu merci, la foi, l’espérance et la charité ne nous obligent ni au silence, ni à l’abbandon de la recherche de la justice et de la vérité. L’Eglise est Sainte, bien qu’elle enferme des pécheurs, des corrompus, des pervers.

Parlons ! pour que plus jamais des jeunes épris de Dieu ne tombent dans ce genre de communautés sectaires, destructrices et orgueilleuses.

Les déviances que j'ai repérées:

- la supérieure répond seule de la vocation. Or, la décision appartient d'abord à la personne, avec le discernement de l'Eglise. Le oui de l'Eglise est comme un écho du oui de l'appelée. 

- l'isolement, afin que la personne se taise. La moindre critique constructive devient un manque à la charité. Or le sens critique fait partie de la Charité. 

- le croisement entre le for externe ( ce qui se voit ) et le for interne ( la confession ). Une supérieure ne doit jamais avoir accès au for interne. Sinon cela devient un totalitarisme. Même une religieuse doit toujours suivre la voix de sa conscience. 

- l'orgueil: penser que la communauté sauve l'Eglise. C'est exactement l'inverse. Le Christ sauve. 

- le culte de la personnalité. Un fondateur n'est pas canonisé de son vivant. Il devient une sorte de gourou avec ses sbires.

- au lieu d'être un intermédiaire entre l'âme et le Christ, la communauté ou la supérieure deviennent des idoles. 

- dans certains secteurs de l'Eglise, la formation humaine et psychologique est lacunaire. Il faut repérer rapidement les personnalités pervers narcissiques ( détecter, comprendre, agir )

- discerner entre ce qui relève de la nature humaine ( psychologie, maladies ... ) ou du spirituel. L'anthropologie de Saint Thomas d'Aquin est éclairante. Pour la personne, ce qui relève de la nature se soigne par la nature ( médecine, médicaments... et non pas par la lunule du Saint Sacrement ) ce qui relève de la grâce se guérit par la prière, les sacrements. 

- les abus sont recouverts par "l'enseignement de l'Eglise catholique". 

- l'auteur des abus compte sur le silence de sa victime. Or parler est crucial, un impératif salutaire. Il faut que la victime soit reconnue comme telle, qu'une personne de la hiérarchie ecclésiale écoute son témoignage et le valide entièrement «  oui, Madame vous avez été manipulée ». Pour certains, les scandales doivent être tus. Or, le scandale c’est plutôt le silence . La souffrance est  comme doublée si elle  n’est pas reconnue. 

- enfin, la communauté devient auto-référentielle. Or, l'Eglise possède une richesse qui vient de la sagesse de tant  de saints et de saintes. La fermeture à cette universalité devient sectaire. 

 

Lien: Pascal Ide, les manipulateurs, détecter, comprendre, agir

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jeudi, 19 octobre 2017

Greg Burke: une photo du Pape émérite Benoît XVI

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(photo Fondation vaticane Joseph Ratzinger-Benoît XVI)

mercredi, 18 octobre 2017

Le Pape émérite Benoît XVI n'est pas mourant

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Le Pape émérite Benoît XVI n'est pas mourant

Une fake news circule sur les réseaux sociaux: la mort prochaine de Benoît XVI. A cela s'ajoute une rumeur: l'aggravation récente de sa santé. Avec ces possibilités, une chaîne de prière s'est mise en place. 

Paloma Garcia Ovejero, numéro deux de la salle de presse du Saint-Siège, a démenti ces affirmations. 

Lien

En mars 2016, une petite maladresse médiatique de son fidèle secrétaire Mgr Gänswein avait déjà laissé entendre que le Pape émérite s'éteignait comme une bougie.

Pas évidant de démentir une réalité: le Pape émérite vieillit. Toutes les spéculations deviennent des possibilités. 

Occasion de prier pour notre Pape François, et pour le Pape émérite Benoît XVI. 

Benoît XVI mourant ? une photo vaut mieux que tous les discours

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Benoît XVI avec les prêtres de Lyon, octobre 2017

 

 

lundi, 16 octobre 2017

Le pontificat du Pape François à l'étude dans un séminaire à l'Université pontificale de la Sainte Croix

Le pontificat du pape François : une invitation au dialogue. Université Pontificale de la Sainte-Croix Faculté de Communication Institutionnelle

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Cath.ch - Lien

Le Séminaire a exploré les thèmes du dialogue avec les autres religions, avec les jeunes, ou encore avec les médias. Les participants rencontreront notamment Greg Burke, directeur du Bureau d’information du Saint-Siège.


Forte “délégation” suisse

Outre cath.ch, plusieurs Suisses participent au colloque. Antonino, correspondant à Rome d’un quotidien romand, traite de façon régulière les informations sur le Vatican. Il souhaite augmenter sa connaissance de l’Eglise et partager son expérience de journalisme avec des collègues.

L’abbé fribourgeois Dominique Rimaz est aussi de l’aventure. Il s’agit pour lui de sa troisième participation. “Le Séminaire est toujours bien organisé et intéressant”, souligne le prêtre qui a étudié la communication à l’Université pontificale de la Sainte-Croix. “On peut y avoir une meilleure vision des défis qui touchent l’Eglise et sa mission. Il s’agit d’une formation permanente qui aide également dans le ministère”. L’abbé, qui est engagé de longue date dans la communication au sein de l’Eglise romande, assure qu’il est important pour les acteurs pastoraux de comprendre les formes de communication actuelles.

(cath.ch/rz)

Le Silence de la vierge: "j'ai vécu sous l'emprise d'une communauté religieuse" de Marie-Laure Janssens

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Joseph Ratzinger: pourquoi suis-je encore dans l'Eglise ? La lune reflète totalement la lumière du soleil. Avec les astronautes, on sait que la lune a ses cratères, ses zones d'ombres et pourtant elle continue d'éclairer la terre. 

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N'ayons pas peur de nommer le mal, de le dénoncer, de parler, afin que la vérité nous rende libre. 

mardi, 10 octobre 2017

Séminaire romain sur le pontificat du Pape François

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Le pontificat du pape François : une invitation au dialogue. Université Pontificale de la Sainte-Croix Faculté de Communication Institutionnelle

Chers lecteurs,

je serai à Rome dès demain pour un séminaire sur le pontificat de notre Pape François. A dimanche ! 

Avec ma prière pour chacun auprès de Saint Pierre et Saint Paul. 

Merci pour vos visites. 

Lien

Séminaire Romain-ProgrammeDef20170606-153054.pdf

 

 

 

samedi, 07 octobre 2017

Pape François: le célibat des prêtres est un cadeau, et cela ne changera pas

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Pape François: le célibat des prêtres est un cadeau, et cela ne changera pas

Le célibat sacerdotal : « un don joyeux fait à l’Église, pour l’Église », « C’est un cadeau », « et je ne vois pas pourquoi cela changerait ».

source: Zenit

Le Cardinal Pell en audience le 5 mars 2018

Le Cardinal Pell en audience le 5 mars 2018

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Lien: les évêques australiens à Rome

(Radio Vatican) Le cardinal australien George Pell devra affronter une audience préliminaire le 5 mars prochain, pour des accusations d’abus sexuels remontant au temps où il était prêtre.

 Le prélat a affronté ce vendredi 6 octobre 2017 la deuxième audience devant la Cour de Melbourne, durant 20 minutes, consacrée aux questions administratives. L’exacte nature et le détail des accusations n’ont pas été rendu publics, mais on sait que le cardinal les rejette toutes.

La déposition de 50 témoins est prévue pour l’audience de 5 mars, qui déterminera s’il y a des preuves suffisantes pour soumettre le cardinal à un procès. Il n’a pas été formellement demandé au cardinal Pell de se déclarer coupable ou non coupable, mais son avocat Robert Richter avait déclaré lors de l’audience du 25 juillet que son client se serait déclaré non coupable.

 Le cardinal Pell est arrivé peu après 9h au tribunal de Melbourne, accompagné par son avocat. Le cardinal, qui ne s’est pas exprimé, était aussi face au juge, qui a déterminé les critères avec lesquels établir la liste des témoins des audiences qui s’ouvriront le 5 mars, et qui pourront être soumis à des contre-interrogatoires. Son avocat Robert Richter a remarqué que l’accusation devrait expliquer pourquoi elle a proposé de si nombreux témoins.

En juin dernier, le Pape avait accordé au cardinal de 76 ans une période de congé de sa charge de Préfet du Secrétariat pour l’Économie auquel il avait été nommé en 2014.

(CV)

Prix Nobel de la Paix: pour l'abolition des armes nucléaires. Une initiative qui rejoint la politique du Saint-Siège

Pape François: internet et la dignité des enfants

Pape François: la violence sexuelle qui déferle sur internet provoque des ravages chez les jeunes

Pape François: internet et la dignité des enfants

images.jpegToutes les composantes de la société, et en particulier l'Eglise, doivent "réveiller les consciences" sur la violence sexuelle qui déferle sur internet et provoque des ravages chez les jeunes, a plaidé vendredi le pape François.

"Nous devons avoir les yeux ouverts et ne pas nous cacher une vérité qui est désagréable", a lancé le pape en recevant vendredi au Vatican une assemblée de scientifiques, sociologues, avocats et représentants de l'industrie numérique, réunis cette semaine à Rome pour plancher sur "la dignité des enfants" à l'ère d'internet.

suite

vendredi, 06 octobre 2017

Le silence de la vierge: "j'ai vécu sous l'emprise d'une communauté religieuse" de Marie-Laure Janssens

Le silence de la vierge: "j'ai vécu sous l'emprise d'une communauté religieuse" de Marie-Laure Janssens

 

Onze ans dans une « secte catholique »

 

source: René Poujol: "sur onze ans dans une secte catholique" 

Un livre impitoyable pour les sœurs contemplatives de Saint-Jean et les silences de l’Eglise. 

Marie-Laure Janssens est entrée à 23 ans chez les sœurs contemplatives de Saint-Jean, à Saint-Jodard (Loire). Elle est restée onze ans dans la communauté devenant à partir de 2005, selon sa propre expression, un «rouage essentiel du système». Aujourd’hui mariée et mère de deux enfants, elle livre dans un récit (1) écrit avec le journaliste Mikael Corre, une plongée accablante au cœur des dérives de certaines communautés catholiques – « J’ai bel et bien passé onze ans dans une secte. » écrit-elle dès l’introduction – et des complaisances ou paralysies épiscopales.

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Le livre commence en mode mineur, piano, sur une centaine de pages, comme pour mieux nous préparer au pire. On y retrouve les ingrédients désormais bien connus de l’emprise psychologique et spirituelle. Ou comment une jeune fille, diplômée de Sciences politiques, se laisse séduire par une communauté religieuse où elle pense pouvoir satisfaire sa soif d’absolu et sa quête de vérité, dans un total abandon à l’amour de Dieu.

Au nom de la «docilité confiante à la volonté du Seigneur»

Et c’est bien là que, très vite, le bât blesse. Tant la «docilité confiante à la volonté du Seigneur» dérive rapidement vers une totale sujétion à la responsable des novices : sœur Marthe. A Saint-Jodard, la formation intellectuelle est superficielle, l’approche des Ecritures réduite à la seule lecture des écrits du fondateur : le dominicain Marie-Dominique Philippe.

Les sœurs sont dissuadées de nouer entre-elles des relations d’amitié, de se confier à qui que ce soit, notamment à leur famille «qui n’a pas la grâce». La correction fraternelle, au moyen de «billets» transmis par la supérieure, peut porter sur le simple «fait de marcher trop vite, signe de manque d’esprit communautaire». Pas de prise de médicament sans l’aval de sœur Marthe. «Mon corps ne n’appartenait pas. Je me diluais dans un tout…» se souvient l’ancienne novice.

Quelques années plus tard, en mission aux Philippines, ce seront, pendant deux ans, des brimades quotidiennes de la part de sa responsable sœur Marie-Ségolène.

Une absence totale de discernement 

La communauté ne propose aux postulantes aucun type de discernement, aucun recul pour juger du sérieux de leur engagement. Lorsque le poisson est ferré, il faut tout faire pour le garder dans le vivier. Ainsi, durant onze ans, et cela dès les premiers mois, Marie-Laure oscille-t-elle entre l’adhésion sincère à une projet de vie exigeant et le doute sur la réalité de sa vocation. Un doute dont il lui est interdit de faire part à quiconque, fut-il prêtre ou confesseur, au risque de voir – lui dit-on – le démon s’immiscer dans cette faille et la dissuader de poursuivre sur les sentiers abrupts de la sainteté.

Déjà consternant, le récit bascule alors une première fois, à l’évocation des départs et suicides de religieuses ; de la nécessaire reprise en main de la congrégation par le cardinal Barbarin puis de la dégradation de l’état de santé de la jeune sœur.

Départs, dépressions, suicides…

Début 2001, elle découvre que «des sœurs disparaissent». Des départs accompagnés parfois d’une demande de relève des vœux. A Saint-Jodard ces départs sont perçus comme autant de trahisons qui ne doivent en rien remettre en cause les manières de vivre de la communauté. Deux ans plus tard, la presse se fait l’écho du possible suicide d’une sœur Hélène. «Elle avait un grand désir d’aller vers le ciel, a-t-elle voulu partir plus vite ?» interroge le prieur général des frères de Saint-Jean.

D’autres cas sont portées à sa connaissance de sœurs anorexiques hospitaliéses d’urgence, mais également de cas de suicides ou de tentatives de suicide. Sans parler des «pétages de plombs» nécessitant ultérieurement un long suivi psychiatrique. Les dérives sont les mêmes du côté de la communauté des frères de Saint-Jean. La presse (La Vie, le Monde, le Figaro…) s’en fait régulièrement l’écho depuis 1999, tout comme l’AVREF, association créée l’année précédente pour dénoncer les dérives sectaires dans les communautés religieuses

La persécution… premier pas vers la sainteté

Au printemps 2005, le cardinal Philippe Barbarin, décide de dissoudre les sœurs mariales, rattachées à la communauté Saint-Jean, en raison du comportement de la fondatrice et des plaintes formulées, pour manque de liberté et violences, par des familles de religieuses. Cette première alerte sera suivie, quatre ans plus tard, par la destitution de sœur Marthe elle-même et de tout le Conseil de Saint-Jodard, placé sous la juridiction canonique de l’archevêque de Lyon.

Dans l’un et l’autre cas la réaction des religieuses est la même : réflexe de victimisation, dénonciation de campagnes de calomnies, refus de se soumettre, tenue de chapitres clandestins… Pour toutes «la persécution subie apparaissait comme un premier pas vers la canonisation.»

Des «messes de guérison de l’arbre généalogique»

En 2007, de violentes douleurs abdominales contraignent sœur Marie Laure à rentrer des Philippines. On la confie alors à un exorciste, prêtre de Saint-Jean, le père Paul-Marie. Le diagnostic est immédiat : toute douleur est considérée d’origine diabolique. Supposant une complaisance personnelle de la part de la religieuse et un antécédent familial, le prêtre célèbre des «messes de guérison de l’arbre généalogique» et lui appose, sur le dos, la lunule (2) de l’ostensoir portant l’hostie consacrée…

Revenant sur cette période de sa vie, sœur Marie-Laure confie : «Les troubles que je ressentais n’avaient pas d’autre cause que l’emprise dans laquelle ma supérieure me maintenait. (…) Je me sentais de plus en plus coupée de Dieu. Ma foi n’a jamais été aussi aride que durant ma vie communautaire.»

«Ce n’est pas avoir peur de la vérité que de garder le silence.»

Le lecteur qui, au travers du récit, suit la religieuse dans son calvaire «consenti» (toujours au nom de la volonté de Dieu) n’est pas au bout de ses surprises. Il découvre qu’en 2004, Mgr Poulain et Mgr Madec (3) chargés de suivre la communauté de Saint-Jean, répliquent aux accusations de l’Avref et se disent «témoins de la vitalité de cette communauté et de la fécondité de la consécration de ses membres au service de l’Evangile.» En février 2006, accueillant la communauté à Rome au nom du Saint Père, le cardinal Poupard déclare à l’adresse du père Marie-Dominique Philippe : «Continuez, cher père, à accompagner de votre sagesse et de votre fervente charité, ces filles et ces fils de l’Eglise.»

En 2009, au plus fort de la crise, le Vatican nomme auprès des sœurs de Saint-Jean un administrateur en la personne de Mgr Bonfils (4). L’année suivante, Marie-Laure Janssens qui a quitté définitivement la communauté lui adresse un rapport accusateur et lui rend visite à Saint-Jodard, avec le sentiment que ses récriminations importunent le prélat. En 2012, elle se tourne vers Mgr Brincard (5) qui lui a succédé et lui fait meilleur accueil. Lorsque, quelques mois plus tard, elle lui demande l’autorisation de rendre public son témoignage, elle reçoit de lui la réponse suivante :

«Votre témoignage est impressionnant. Il est très éclairant. Je vous en remercie. Le silence de l’Eglise est, à sa manière, un acte de miséricorde à l‘égard des personnes. Ce n’est pas avoir peur de la vérité que de garder le silence lorsque celui-ci est le langage du don de soi, le langage du service comme la Vierge Marie vous le fait comprendre.»

Pour celle qui, durant onze ans, a été victime «d’abus spirituel», c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Miséricorde à l’égard des responsables de ces dérives ? Mais quelle miséricorde pour leurs victimes ? La réponse ne lui parviendra jamais. Quelques mois plus tard Mgr Brincard meurt d’un cancer.

Rien n’avait changé…

L’ancienne religieuse aurait pu en rester là. Après tout, elle vivait désormais heureuse avec son mari rencontré au Québec et leurs deux enfants. Quelle idée lui a-t-elle pris, en 2013 à son retour en France, d’aller consulter sur Internet, le site de la Communauté Saint-Jean ? Elle y découvre « les mêmes mensonges », les « hommages mielleux du père Zanotti-Sorkine et de Daniel Ange » à l’adresse du fondateur, décédé en 2006, que le nouveau général de la Communauté Saint-Jean vient pourtant de reconnaître coupable d’abus sexuels, euphémisés sous le vocable : «gestes contraires à la chasteté».

Elle apprend que les sœurs dissidentes, interdites par Rome, sont désormais accueillies en Espagne par l’évêque de Saint-Sébastian… «Le nom de la communauté avait changé. Le nom des évêques protecteurs et responsables avaient changé. L’habit avait changé. Mais je savais rien qu’en lisant (…) que cette nouvelle communauté était un fac simile de celle qui m’avait fait souffrir.»

«Face au silence criminel de l’institution…»

Les dernières pages du témoignage sonnent douloureusement. «J’ai cru pendant des années que pour que la vérité éclate, il fallait s’adresser aux évêques.» (…) Je sais aujourd’hui que «témoigner auprès d’un évêque c’est comme hurler dans une pièce insonorisée.» (6)

Dès 2013, pourtant, «L’appel de Lourdes» lancé par un collectif de victimes et parents de victimes (7), a interpellé directement les évêques de France sur la question des dérives sectaires dans les communautés catholiques. En leur nom, Mgr Pontier Président de la Conférence des évêques de France, a «assuré les victimes de leur compassion et appelé à faire la vérité.» Mais, pour beaucoup, la question reste posée de la détermination réelle de l’Eglise à mener ce combat jusqu’au bout en totale transparence et vérité.

Que dans son travail d’écriture, l’auteure du livre omette, à l’heure du bilan, de verser au crédit de l’Eglise la double intervention du cardinal Barbarin dans la gestion de la crise, est significatif. Cet « oubli » en dit long sur sa conviction, partagée par d’autres victimes en d’autres affaires, que l’Eglise reste finalement paralysée par la peur du scandale et ne va pas jusqu’au bout de son devoir de vérité.

Certes, il lui arrive d’agir, lorsque la situation est devenue intenable, mais sans ce travail pédagogique en toute clarté qui permettrait aux principaux intéressés  – ici les religieuses – comme à l’opinion publique de comprendre, d’entendre vraiment ce que veut dire l’Eglise.

Il faut lire le Silence de la Vierge, il faut entendre dans sa rudesse l’ultime message de celle qui a finalement choisi de témoigner à visage découvert  : «Face au silence criminel de l’institution, face aussi à l’aveuglement de « mes sœurs » qui, par dizaines, souvent de manière anonyme, viennent régulièrement sur la toile témoigner de l’innocence de leurs fondateurs et du trésor de leur vocation, j’ai choisi de simplement vous raconter une autre histoire, mon histoire.»

  1. Marie-Laure Janssens avec Mikael Corre, Le silence de la vierge, Bayard, 2017, 250 p. La sortie du livre en librairie est annoncée pour le 11 octobre.
  2. La lunule est la partie vitrée de l’ostensoir qui contient l’hostie consacrée.
  3. Mgr Poulain évêque émérite de Périgueux a été nommé «assistant religieux» par le cardinal Barbarin pour vérifier que la vie communautaire des sœurs est saine. Mgr Madec est alors assistant pour la congrégation des frères.
  4. Mgr Bonfils est évêque émérite de Nice.
  5. Mgr Brincard, aujourd’hui décédé, est alors évêque du Puy.
  6. Dans cette affaire, la seule lueur semble être venue de Mgr Benoît-Gonnin, évêque de Beauvais auquel elle signale en 2014 la présence d’une communauté sur le territoire de son diocèse. Un an plus tard il l’informe qu’il vient de fermer le prieuré, non sans avoir du affronter des pressions de tous ordres.
  7. L’appel est signé de Yves Hamant, Xavier Léger, Aymeri Suarez-Pazos que l’on peut joindre ainsi que par une quarantaine de victimes ou parents de victimes de différentes communautés.

Amoris Laetitia: le vicaire général de l'Opus Dei, Mariano Fazio, soutient le Pape François

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Le Pape François avec le prélat de l'Opus Dei, Mgr Ocariz

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Monseigneur Mariano Fazio est le vicaire général de l'Opus Dei. Comme le Pape François, il est argentin. Dans un interview, il répond aux questions touchant à la correction publique du Pape. 

en substance: 

- un fils ne corrige pas son père en public. 

- la correction est équivoque et engendre la désunion dans l'Eglise. 

- le Pape François n'a pas changé l'enseignement de l'Eglise. Il place les personnes au centre. 

- le Saint-Père souffre de cette situation. 

(photo: Mgr Fazio avec Mgr Ocariz)

Unknown-5.jpegPour Mgr Fazio, cette correction équivoque crée un scandale, une désunion dans toute l'Eglise, car elle attaque le Pape.

Ce n'est malheureusement pas la première fois dans l'histoire de l'Eglise de ces dernières années qu'une minorité, un petit groupe attaquent le Pape, dont peut-être certaines personnes avec une intention bonne.

D'un côté, c'est une manifestation de liberté d'opinion que l'Eglise et le Pape respectent. D'un autre côté, la méthode est équivoque: un fils ne "corrige" pas filialement son père en public. 

Ettore Tedeschi, ex-président de l'IOR (banque du Vatican) est surnuméraire de l'Opus Dei. Pour Mgr Fazio, cette signature est également équivoque.

Dans la curie romaine, l'opposition au Pape n'est qu'une minorité. Il connaît beaucoup de personnes de la curie , l'immense majorité, qui travaille silencieusement, avec un grand esprit de service envers l'Eglise, sans faire la une de la presse. 

Le chapitre VIII, qui concerne l'ouverture aux personnes divorcées remariées, a reçu un accueil mitigé dans les secteurs conservateurs de l'Eglise. 

Les fidèles de Opus Dei, comme tous catholiques, sont toujours avec le Pape. C'est une tradition continuelle dans l'histoire de l'oeuvre. Saint Josémaria Escrivà de Balaguer a toujours voulu être avec le Pape, peu importe qui soit ce Pape. 

Le prélat de l'Opus Dei, Mgr Fernando Ocàriz, a écrit:

" avec un coeur grand ouvert, je recherche la manière d'aider les personnes dites en "situation irrégulières". Le Pape a affirmé que la doctrine ne change pas. Il nous exhorte à une meilleure et plus grande attention envers ces frères et soeurs, qui, par le discernement, doivent être accueillis et accompagnés, pour être aider à dépasser ces situations, avec la grâce de Dieu".  

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Le 13 mars 2013 Jorge Mario Bergloglio a été 265e successeur de saint Pierre. Un Souverain pontife venu du bout du monde comme il a dit lui-même, avec l'expérience d'importantes réalisations pastorales. Un pape souriant, proche des gens, dont la simplicité a éveillé une curiosité médiatique grandissante, également parmi les non croyants. Mariano Fazio a connu de près l'actuel pape lorsque celui-ci résidait en Argentine.

A partir de cette amitié, il nous fait découvrir les clés de la pensée du Pape, de sa conception de l'apostolat et de son désir de dialoguer avec le monde.

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Pape François, le célibat sacerdotal et Amoris Laetitia

Amoris Laetitia

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Pape François, Amoris Laetitia:

 

une morale de la rencontre personnelle 

Il s’agit de « ne pas définir les gens par des qualificatifs tels que ‘mariés’, ‘divorcés’, mais par leur nom : ils s’appellent Paul, Jacques, Marie… Le Seigneur les aime comme des personnes ».

Il faut regarder « comment fait Jésus » qui « accueille avec charité » mais « qui dit parfois non ».

Il y a « une vérité du Christ, des personnes », et aussi « une vérité du contenu ». Mais il s’agit d’une « morale de la rencontre ». La « finalité », « c’est la croissance des personnes » 

Pape François

Zenit

Pape François, le célibat sacerdotal et Amoris Laetitia

Le célibat sacerdotal et « Amoris laetitia » ont été à l’ordre du jour de l’échange entre le pape François et les prêtres de Lyon, rapporte Mgr Emmanuel Gobilliard, évêque auxiliaire de Lyon : « Le Saint-Père est arrivé avec une feuille blanche et un crayon. Dans une attitude d’écoute comme un Père qui accueille ses enfants », « cette rencontre avec le pape François était d’une grande gratuité. »

Mgr Gobilliard a tenu un point presse au Séminaire français de Rome ce jeudi 5 octobre 2017, après la matinée au cours de laquelle 82 prêtres de Lyon (France), réunis autour de leur archevêque, le cardinal Philippe Barbarin, cette année dans la Ville éternelle autour, ont été reçus par le pape François. Ils ont aussi pu prier avec le pape émérite Benoît XVI.

L’audience du pape François, dans la Salle Clémentine, a duré une heure vingt, a précisé l’évêque : « Le pape a pris son temps, comme un frère, un père et un ami, attentif à chacun », « avec une grande simplicité… Nous avons parlé de la fraternité sacerdotale et d’Amoris laetitia. Ce n’était pas du tout ‘politique’ ».

 

Le célibat sacerdotal, « un cadeau »

Le pape s’est prêté au jeu des questions et des réponses : sur le célibat sacerdotal, il a affirmé, révèle l’évêque, que c’était « un don joyeux fait à l’Église, pour l’Église » : « C’est un cadeau », « et je ne vois pas pourquoi cela changerait ». Le pape, a continué l’évêque, a rappelé que « le fondement c’est le lien avec Dieu, avec les frères prêtres et avec le peuple de Dieu ». Mgr Gobilliard a souligné que le pape a indiqué « trois points importants » : « la place du pasteur doit être devant, au milieu et derrière ses fidèles ; pas de commérages ; avoir un cœur pur, une attitude vraie et profonde avec les gens ».

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Le personnalisme d’Amoris Laetitia

À propos d’Amoris laetitia, le pape François a invité à considérer les personnes « non pas comme des adjectifs mais comme des substantifs », a précisé l’évêque qui rapportait les propos du pape : il s’agit de « ne pas définir les gens par des qualificatifs tels que ‘mariés’, ‘divorcés’, mais par leur nom : ils s’appellent Paul, Jacques, Marie… Le Seigneur les aime comme des personnes ».

Mgr Gobilliard a ajouté que le pape a redit que « derrière Amoris laetitia, il y a Thomas d’Aquin, une vraie réflexion théologique, mais qui n’est pas une casuistique. Il s’agit « d’accompagner, a ajouté le pape en insistant sur l’importance de la proximité, avec Dieu et avec chaque personne ».

Quant à la préparation au mariage, qui est un des points importants mis en valeurs par les pères des deux synodes, il faut « la revoir » et la « prendre au sérieux ». Le pape a repris des propos qu’il avait tenu à Milan en mars dernier : « Il faut huit années pour se préparer au sacerdoce, mais seulement trois conférences avant de se marier : ce n’est plus possible ».

Discernement et Evangile

Enfin, sur le discernement, autre point clef de Amoris laetitia, Mgr Gobilliard rapporte que le pape n’a pas indiqué de « techniques pastorales » mais il a conseillé de « revenir à l’Évangile » : la théologie et la morale ont leur « source dans l’Évangile » ; il faut regarder « comment fait Jésus » qui « accueille avec charité » mais « qui dit parfois non ». Attention donc au « relativisme », a recommandé le pape : il y a « une vérité du Christ, des personnes », et aussi « une vérité du contenu ». Mais il s’agit d’une « morale de la rencontre ». La « finalité », « c’est la croissance des personnes », a insisté le pape.

A la fin de la rencontre, raconte Mgr Gobilliard, les prêtres ont spontanément entouré le pape François en chantant : « Que soit parfaite notre unité », le pape est resté « dans une humble attitude de prière ». Ils ont prié un Je vous salue Marie et le pape leur a accordé sa bénédiction.

En fait, conclut Mgr Gobilliard, pendant cette audience « il a été avec nous ce qu’il nous demande d’être avec les autres ».

jeudi, 05 octobre 2017

Le Pape François, le gender ou l'utopie du neutre

 

XXIIIe Assemblée générale de l’Académie pontificale pour la vie, au Vatican, le 5 octobre 2017

 

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Le Pape François, le gender ou l'utopie du neutre

Zenit

Le « culte du moi », « l’utopie du neutre » qui nie la différence sexuelle, « l’avilissement de l’humanisme », des « villes toujours plus hostiles aux enfants et des communautés toujours plus inhospitalières pour les personnes âgées » : ce sont les dénonciations du pape François devant les participants à la XXIIIe Assemblée générale de l’Académie pontificale pour la vie, qu’il a reçus au Vatican, le 5 octobre 2017. Il a appelé à « recomposer la fracture entre les générations » et à une « vraie compassion ».

suite

mercredi, 04 octobre 2017

L'opposition au Pape François relève aussi d'une idée politique viciée

L'opposition au Pape François relève aussi d'une idée politique viciée

images-1.jpegJe parcours parfois quelques sites ou blogs dit "catholiques". Je constate que la sourde opposition au Pape François relève aussi d'une vision vicieuse de la politique. 

Ces sites sont "catholiques" lorsqu'ils défendent la vie, de sa conception à sa fin naturelle. Il condamnent fermement l'avortement, la contraception, l'adultère, mais parfois jusqu'à l'obsession. François dirait auto-référentielle.

Ces moyens de communication moderne dit "catholiques" demeurent trop défensifs, comme si l'Eglise se devait d'être encore une citadelle. Dans la manière de faire, cela ne correspond pas vraiment à la volonté d'annoncer la foi d'une manière positive et attractive, à la manière d'un Saint Jean XXIII. Le Concile Vatican II invite à annoncer la même foi que Pie XII, ou du bienheureux Pie IX, du Concile de Trente ou de Jérusalem, dans ce monde marqué par le temps. 

Ces mêmes sites dévient vers l'idéologie politique: le refus de réfugiés, le nationalisme exacerbée ... Manifestement, la constitution Gaudium et Spes pour l'Eglise dans le monde de ce temps passe mal, tout comme le changement vis-à-vis du rapport entre le temporel et le spirituel opéré par la déclaration sur la liberté religieuse (Dignitatis Humanae). Le refus sournois de Vatican II est perceptible. Ils regrettent l'âge d'or de l'Etat catholique, qui n'existe d'ailleurs pas ...

Les coups assénées régulièrement au Pape viennent de ce côté. Pour eux, le Pape plaide trop la cause des réfugiés, des sans papiers, des pauvres et des petits. Autant qu'ils restent chez eux ! Notons au passage que l'Eglise rappelle également le droit de ne pas émigrer. 

Un petit exemple pour illustrer ma pensée (voir article dans Minute): le drame épouvantable des deux jeunes filles sauvagement assassinées à Marseille. Un non-sens diabolique ! Comment la folie d'une homme peut le pousser à égorger une fille, prise au hasard, se trouvant malgré elle au mauvais moment au mauvais endroit. Tuer ou égorger au nom de Dieu est satanique !

Or, pour ces sites, le coupable est tout désigné: l'étranger, le sans papier, le musulman. 

Profonde méprise sur la nature humaine ! Tout homme peut commettre le mal, indépendamment de sa race, de ses croyances ou de ses origines. Propager que les étrangers, les sans papiers ou les musulmans sont source de violence est intolérable. Inadmissible de le faire avec une couverture catholique ! Un musulman n'est pas un islamiste et l'islam est différent de l'islamisme. Et force est de constater, non sans une certaine douleur, que le milieu liturgique est comme l'arbre qui peut cacher cette forêt. 

Le Pape François ne dit nulle part d'accueillir les réfugiés sans discernement. Il faut qu'ils puissent être intégrés. Il ne dit pas non plus d'accueillir les terroristes islamistes, ou d'abolir les frontières. Grossière déformation de la doctrine sociale de l'Eglise. Il invite, comme Saint Jean-Paul II à construire des ponts, pas avec le mal ou Satan, ni avec les tueurs, mais avec nos frères et soeurs en humanité. 

Défendre l'enfant à naître et la vie naissante, c'est bien; empêcher l'euthanasie, c'est bien aussi; reste à trouver le langage et la manière positive ou pro-active pour le faire. Toutefois entre la conception, la naissance et la mort, il y a une longue vie et la dignité de la même personne doit être promue tout au long de cette vie, également lorsqu'elle fuit la violence et la guerre, ou se trouve au milieu du cimetière de la Méditerranée en criant au secours dans l'indifférence générale. 

Voilà cet article relayé par un site "catholique"*.

*Si les clandestins étaient expulsés, Laura et Mauranne seraient encore vivantes

Capture d’écran 2017-10-03 à 21.02.45

Lu dans Minute :

"En rentrant chez moi, dimanche, j’ai trouvé installé dans mon salon un individu qui s’y était introduit sans y être invité en brisant la fenêtre. J’ai fait comme si je ne le voyais pas et il a commencé à voler de l’argent dans le portefeuille de ma femme. Comme il était malade, j’ai fait venir le médecin et je lui ai payé ses médicaments. En guise de remerciement, il a vendu à mon insu de la drogue à mon fils et tenté de violer ma femme. Comme je lui faisais citoyennement la morale sans pour autant le mettre à la porte, il s’est emparé d’un couteau dans le tiroir de la cuisine, m’a traité de salaud et a égorgé ma fille sous mes yeux, en promettant de me faire subir le même sort à brève échéance si je ne remaniais pas la décoration de ma maison selon ses goûts et n’adoptais pas moi-même ses us, ses coutumes et sa religion. Si vous me dites que j’ai bien cherché ce qui m’arrive, je vous répondrai que vous êtes sans cœur et que vous n’accueillez pas les différences...

Si un particulier tenait un tel discours, il passerait pour fou ou idiot, voire les deux. C’est pourtant celui que nous tiennent les politiques, les satimbanques et les médias depuis des années et ce qui se passe à l’échelle du pays ne diffère pas de ce tableau. Parmi la liste impressionnante des criminels qui ont perpétré ou tenté de perpétrer des attentats en France au nom de l’islam, beaucoup sont des « Français de papier », issus de l’immigration mais nés sur le territoire français et par conséquent détenteurs de cette nationalité qu’ils méprisent et haïssent (il y aurait beaucoup à dire sur le « droit du sol »). [...]

Ahmed qui, dimanche, a assassiné deux jeunes filles à Marseille, illustre parfaitement cette situation ubuesque. S’étant introduit en France en transgressant nos lois, il a été signalé aux autorités une première fois en 2005 au moins, et à six autres reprises depuis, à chaque fois sous une identité différente. La dernière fois, le 29 septembre 2017, il avait été placé en garde à vue, à Lyon, pour un vol à l’étalage. Se déclarant sans domicile fixe, il avait alors avoué aux policiers consommer des drogues dures. Apparemment, tout cela ne constituait pourtant pas une raison suffisante pour le mettre dans un avion pour Tunis sans billet de retour.

Selon le procureur de la République de Paris, François Molins, « la procédure a été classée sans suite car l’in- fraction était insuffisamment caractérisée » ! Mais à quelle infraction le procureur fait-il allusion ? A la présence clandestine de ce ressortissant tunisien sur le territoire français ? Au fait qu’il ait décliné une fausse identité ? A la détention et consommation de stupéfiants (ce qui laisse soupçonner qu’il en trafiquait) ? Au vol ? La palette des délits est large... Moyennant quoi, il a été libéré, à temps pour se trouver deux jours plus tard à la gare Saint-Charles à Marseille et y poignarder ses victimes. Et cette fois, hélas, l’infraction a bien été « caractérisée ». [...]"