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mercredi, 17 mai 2017

Medjugorje et Pape François: il faut encore enquêter sur les premières apparitions

Medjugorje et Pape François: il faut encore enquêter sur les premières apparitions

799918823.2.jpgDurant sa conférence de presse, le Pape François a clairement exprimé l'état de la situation sur les premières apparitions à Medjugorje. Il faut encore enquêter. 

L'excellent vaticaniste Andrea Tornielli prend pourtant le contre pied de l'avis du Pape. Dans Vatican Insider (repris par La Croix et I.Media), il annonce que la commission Ruini "aurait reconnu" les premières apparitions. De telles indiscrétions risquent de ruiner la crédibilité de la commission Ruini. Elles ne sont en aucun cas l'avis autorisé de l'Eglise. 

Honnêtement, tous les évêques du lieu, la congrégation pour la doctrine de la foi et désormais l'avis personnel du Pape vont dans le même sens. La dame qui apparaît à Medjugorje n'est pas la maman de Jésus. François a surtout avoué être plus "méchant" que les doutes exprimés par la commission.

Je vois mal le Pape François avoir lâché une telle phrase par une simple maladresse. Le Pape, toujours résolument pastoral, a préparé l'opinion publique catholique pour l'accueil d'une décision négative. Dans le même temps, une solution pastorale se fait jour afin de ne pas délaisser les personnes déçues et troublées. L'Eglise est une Mère aimante.

La solution romaine qui se profile serait pour Medjugorje comme un lieu de pèlerinage, sans aucun lien ni avec les apparitions mariales, ni avec les voyants.

Pour qui connaît le monde des journaux et le fonctionnement médiatique, les médias chrétiens reçoivent également de l'argent pour "tourner". Qui paie décide également sur le contenu publié. Et Medjugorje brasse énormément d'argent ...

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La Vie: une reconnaissance partielle des apparitions de Medjugorje

 

- La Croix: vers une reconnaissance des premières apparitions de Medjugorje

Unknown.pngLa presse italienne a révélé mardi 16 mai le contenu du rapport de la commission d’enquête sur Medjugorje, positif à l’égard des premières apparitions mais émettant de sérieux doutes sur la poursuite du phénomène.

De quel rapport s’agit-il ?

En 2010, Benoît XVI a décidé d’instituer une commission d’enquête présidée par le cardinal Camillo Ruini pour étudier le « phénomène Medjugorje », petite localité située à 25 kilomètres au sud-ouest de Mostar, en Bosnie-Herzégovine, qui serait depuis 35 ans le théâtre d’apparitions de la Gospa, la Vierge Marie.

Après quatre ans de travaux, cette commission d’une quinzaine de personnes a remis ses conclusions au pape François en 2014. La Congrégation pour la doctrine de la foi, compétente pour statuer, a, par la suite, souhaité compléter ce travail.

Sans évoquer le contenu de ce document, le pape a nommé en février l’archevêque polonais Henryk Hoser comme son envoyé spécial à Medjugorje, où il est arrivé en mars. D’ici l’été 2017, Mgr Hoser remettra les résultats de son enquête à François, qui devra alors se prononcer.

Mais, d’ores et déjà, dans l’avion qui le ramenait, samedi 13 mai, de Fatima à Rome, le pape s’est exprimé sur le sujet, résumant les conclusions du rapport, qu’il a qualifié de « très bon ».

Quels sont les résultats des travaux de la commission ?

Selon ce document, a ainsi indiqué le pape, « il faut distinguer trois choses » : « d’abord les premières apparitions », sur lesquelles l’enquête doit se poursuivre, puis les suivantes, au sujet desquelles le texte de la commission émet des « doutes », et enfin la dimension « spirituelle et pastorale » des conversions et de la dévotion de ceux qui s’y rendent en pèlerinage.

Mardi 16 mai, le journaliste italien Andrea Tornielli, qui a manifestement eu accès au rapport, a donné des précisions sur le site spécialisé Vatican Insider. D’après lui, la reconnaissance du caractère surnaturel des premières apparitions aurait obtenu treize votes favorables, un vote contre et une abstention.

La suite du phénomène a été abordée en deux parties. Concernant l’attitude des voyants et la véracité des apparitions, la commission a majoritairement suspendu son jugement, en s’abstenant de voter pour ou contre. Elle a en revanche donné un vote positif sur les fruits pastoraux de Medjugorje.

Dans l’avion, le pape est allé plus loin que le rapport. « Sur les présumées apparitions actuelles, l’enquête émet des doutes, a-t-il dit. Moi-même je serais plus méchant : je préfère la Madone mère, plutôt que la Madone chef de bureau qui envoie des messages tous les jours. Cette femme n’est pas la mère de Jésus ».

Quelles sont les deux phases des apparitions présumées ?

Les sept premières apparitions présumées auraient eu lieu entre le 24 juin et le 3 juillet 1981. D’un point de vue historique, cette période suscite aussi des objections de la part de détracteurs de Medjugorje, qui relèvent des incohérences dans les récits des six voyants. La commission accorde cependant du crédit aux récits des jeunes.

À partir du début du mois de juillet 1981, le Père Jozo Zovko, franciscain de la paroisse de la petite ville d’Herzégovine, sceptique dans un premier temps, prend fait et cause pour le phénomène des apparitions, qui se multiplient et commencent peu à peu à attirer les foules. Mais cette seconde phase des apparitions, non plus en groupe mais souvent individuelles, apparaît dès lors comme davantage sujette à caution, en raison notamment du conflit ouvert entre l’évêque de Mostar et les franciscains de la paroisse.

Marie Malzac
 
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I.Media: Medjugorje, Pape François et Andrea Tornielli

 

Unknown-2.jpegLe pape François l’a confié dans l’avion qui le ramenait de Fatima (Portugal) le 13 mai 2017 : la commission Ruini, chargée de statuer sur les apparitions de Medjugorje (Bosnie-Herzégovine) « est très, très bonne ». Cependant les conclusions finales de cette commission n’ont jamais été publiées. Le site Vatican insider révèle le 16 mai qu’elle aurait tranché en faveur des premières apparitions et suggéré que le site de Medjugorje devienne un sanctuaire pontifical. 

Dans l’avion du retour de Fatima (Portugal) le 13 mai 2017, le pape François a proposé de « distinguer » les différentes apparitions, les premières, des suivantes : « les premières apparitions, qui étaient celles des enfants, l’enquête dit, plus ou moins, qu’il faut continuer à enquêter là-dessus ». Ils se montre toutefois plus dubitatif quant aux secondes : « Puis les présumées apparitions actuelles, l’enquête a des doutes. (…) Je préfère la Madone mère, notre mère, et non la Madone chef de service, avec des graphiques et qui envoie des messages tous les jours ».

Les apparitions de la Vierge auraient débuté en juin 1981 et continueraient encore à ce jour. Si dans un premier temps elles seraient survenues à Medjugorje et ses environs, le lieu des apparitions va ensuite grandement se diversifier, les voyants affirmant avoir désormais des apparitions individuelles régulières là où ils se trouvent.

Une commission réunie entre 2010 et 2014 

En formulant un tel avis, le pape semble donc suivre les conclusions de la commission remises au pontife en janvier 2014. Selon Vatican Insider en effet, le résultat final de l’étude menée par la commission, pencherait ainsi en faveur d’une distinction des apparitions, avec un avis plutôt positif sur les premières : sur 15 votants, 13 auraient voté en faveur des sept premières apparitions, un seul aurait voté contre et un autre aurait souhaité s’abstenir. Concernant les apparitions suivantes, la commission se serait montrée plus partagée, dix membres émettant des doutes sur la qualité des « fruits spirituels » des messages transmis par les voyants.

Instituée par Benoit XVI en mars 2010, la commission Ruini, du nom de son président, le cardinal Camillo Ruini, vicaire pour le diocèse de Rome entre 1991 et 2008, avait pour objectif de statuer sur le caractère surnaturel ou non des apparitions et proposer des solutions pastorales.

Elle réunissait les cardinaux Jozef Tomko, Vinko Puljć, Josip Bozanič, Julian Herranz et Angelo Amato ainsi que neuf experts : quatre théologiens, un mariologue, un canoniste, un rapporteur de la Congrégation pour les causes des saints, un psychologue – le Père Tony Anatrella, et un représentant de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

De la paroisse au sanctuaire 

La commission aurait enfin statué en faveur de la levée de l’interdiction des pèlerinages organisés à Medjugorje (13 votes sur 14). Elle aurait aussi approuvé à l’unanimité la constitution de Medjugorje comme une « autorité dépendant du Saint-Siège » et la transformation de la paroisse en sanctuaire pontifical. Une décision motivée pour des raisons pastorales, afin que puissent être « pris en charge les millions de pèlerins et éviter l’apparition d’églises parallèles et que soit assurée une certaine clarté économique ».

En 2016, rappelle encore Vatican Insider, la Congrégation pour la doctrine de la foi, émettant quelques doutes au sujet de Medjugorje et de la commission Ruini, avait demandé aux membres de la Feria IV (la réunion mensuelle du dicastère) de partager leurs opinions. Le pape François, comme il l’a confié dans l’avion, avait alors demandé que ces avis lui soient remis. 

C’est après avoir examiné les conclusions de la commission et les opinions des membres de la Congrégation que le pontife a chargé en février dernier l’archevêque de Varsovie-Praga (Pologne), Mgr Henryk Hoser, d’acquérir « des connaissances plus approfondies sur la situation pastorale » de Medjugorje et « surtout sur les exigences posées par les fidèles qui se rendent sur les lieux“ afin de “suggérer d’éventuelles initiatives pastorales dans l’avenir ».

L’envoyé spécial devrait confier ses conclusions avant l’été 2017 au pape François, affirme Vatican Insider, qui pourrait alors décider de prendre des mesures. 

lundi, 15 mai 2017

Le 13 mai 1992, le Père Bergoglio était nommé évêque auxiliaire

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Le 13 mai 1992, le Père Bergoglio était nommé évêque auxiliaire

Durant la conférence de presse dans l'avion du Pape, Elisabetta Piqué, vaticaniste pour le journal argentin "La Nacion", a démontré qu'elle savait bien des choses., au point de faire rire le Saint-Père ... Le Pape vit sous la protection de la Vierge de Fatima. 

Greg Burke : Merci, Sainteté. Maintenant, Elisabetta Piqué

Elisabetta Piqué, « La Nación » : Merci, avant tout, pour ce voyage bref et très intense. Nous voulions vous demander : aujourd’hui, c’est le centenaire des apparitions de la Vierge de Fatima, mais c’est aussi un anniversaire important d’un fait de votre vie, qui a eu lieu il y a 25 ans, lorsque le nonce Calabresi vous a dit que vous alliez être évêque auxiliaire de Buenos Aires : quelque chose qui a signifié la fin de votre exil à Cordoba et un grand changement dans votre vie.

La question est la suivante : avez-vous jamais lié ce fait qui a changé votre vie avec la Vierge de Fatima ? Et si, ces jours-ci où vous avez prié devant elle, vous avez pensé à cela et ce que vous pouvez nous raconter. Merci.

Pape François : Les femmes savent tout ! [il rit]. Je n’ai pas pensé à la coïncidence ; seulement hier, pendant que je priais devant la Vierge Marie, je me suis aperçu qu’un 13 mai j’avais reçu l’appel téléphonique du nonce, il y a 25 ans. Oui. Je ne sais pas… j’ai dit : « Mais, regarde ! »… Et j’ai un peu parlé de cela avec la Vierge, je lui ai demandé pardon pour toutes mes erreurs, et aussi un peu du mauvais goût dans le choix des gens… [il rit]. Mais hier je m’en suis aperçu.

 

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sources: texte Zenit - photos instagram de Franciscus

Conférence de presse du Pape François dans l'avion Fatima

MEDJUGORJE, LEFEBVRISTES, TRUMP… : LA CONFÉRENCE DE PRESSE DU PAPE DANS L’AVION 

Lire sur Zenit

A bord de l'avion papal - le 13/05/2017 | Par Agence I.Media

Lors de son voyage retour du Portugal, le 13 mai 2017, le pape François a répondu aux questions des journalistes sur de larges sujets, en affirmant vouloir donner du temps aux questions. Le Souverain pontife a donné un avis personnel clairement négatif sur les apparitions “présumées“ de Medjugorje et affirmé avoir “de bons rapports“ fraternels avec Mgr Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité Saint-Pie X. 

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KTO: conférence de presse du Pape François dans l'avion Fatima

 

Aleteia: diaporama des belles photos du pèlerinage à Fatima

De Zenit.org :

Messe du centenaire des apparitions

Le pape préside la messe de canonisation de Francisco et Jacinta

Messe de canonisation présidée par le pape au sanctuaire portugais

Le Seigneur « vous console, même de manière cachée »

« L’adieu à la Vierge », geste traditionnel après une célébration

Quelques instants avant la messe de leur canonisation

Homélie au sanctuaire de Fatima, 12 mai 2017

«Ayez confiance, l’amour et la paix vaincront », homélie du card. Parolin

« La miséricorde de Dieu est plus forte que le pouvoir du mal »

En remerciant le « bien-aimé peuple portugais » pour son accueil et son hospitalité

dimanche, 14 mai 2017

Le Pape François exprime clairement ses doutes personnels sur les apparitions de Medjugorje: cette femme n'est pas la maman de Jésus

Le Pape François exprime clairement ses doutes personnels sur les apparitions de Medjugorje

 

Pape François, les messages journaliers:

 

cette femme (Medjugorje) n'est pas la maman de Jésus ! 

 
C_vHrmkXcAErzwq.jpgEn conférence de presse, le Pape François s'est exprimé d'une façon totalement inédite sur Medjugorje:
 
"Marie est une Mère et pas une femme à la tête d'un bureau télégraphique qui envoie chaque jour un message à telle heure"
 
" Moi, personnellement, je suis plus méchant: je préfère la madone mère, notre mère, et non la madone à la tête d'un bureau télégraphique et qui envoie des messages tous les jours: “Et donc, à partir de maintenant…”
 
Cette femme n'est pas la maman de Jésus ! C'est clair: ces présumées apparitions n'ont pas tant de valeurs, je le dis comme une opinion personnelle. Qui pense, en effet, que la vierge dirait «Venez demain à partir de telle heure, je dirai un message à tel voyant»? Non ... "
 
( conférence de presse avion Fatima )
 
En se basant sur le rapport Runin, le Pape a distingué les premières apparitions à des enfants (il faut continuer à enquêter là-dessus), les apparitions actuelles (pour les messages journaliers, le Pape dit non, "ce n'est pas la maman de Jésus !") et le phénomène spirituel, pastoral (un bon évêque aide les fidèles).
 
L'Eglise est une Mère et face à des milliers de pèlerins qui reçoivent des vrais grâces, elle ne veut pas brusquer. Les messages actuels, journaliers, quotidiens, ne viennent pas de la maman de Jésus (opinion personnelle du Pape). Les premières apparitions doivent encore faire l'objet d'enquêtes. 

 

Medjugorge: «La Madone n'est pas à la tête d'un bureau télégraphique »

 
 
«Toutes les apparitions ou les présumées apparitions appartiennent à la sphère privée. Elles ne font pas partie du magistère public et ordinaire de la foi. Quant à Medjugorge, Benoît XVI a lancé une commission présidée du cardinal Ruini. Fin 2013, début 2014, j'ai reçu les résultats de la part de ce cardinal. C'était une très bonne commission, formée de bons cardinaux et de théologiens.
 
Mais il y a eu ensuite des doutes émanant de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Cette Congrégation a jugé opportun d'envoyer toute la documentation aux membres de son conseil. Y compris des documents qui semblaient contraires aux résultats de la commission Ruini. Cela ne m'a pas paru juste. C'était comme mettre à la vente aux enchères l'enquête de la commission Ruini qui était très bien faite. J'ai aussitôt écrit au préfet de la congrégation pour la Doctrine de la foi de m'envoyer désormais tous ces éléments d'opinion à moi, personnellement. Finalement tout ce que j'ai reçu soulignait la densité de la commission d'enquête de Ruini.
 
Mais il faut distinguer trois choses en principe: les premières apparitions qui ont concerné des enfants. L'enquête dit, plus ou moins, qu'il faut continuer à enquêter là-dessus.
 
Ensuite, les apparitions… Les présumées apparitions actuelles.
 

Le Pape François exprime clairement ses doutes sur apparitions de Medjugorje (messages journaliers) : cette femme n'est pas la maman de Jésus !

 
Unknown.jpegL'enquête de la commission a ses doutes. Moi, personnellement, je suis plus méchant: je préfère la madone mère, notre mère, et non la madone chef de service télégraphique qui envoie des messages tous les jours: “Et donc, à partir de maintenant…” Cette femme n'est pas la maman de Jésus! C'est clair: ces présumées apparitions n'ont pas tant de valeurs, je le dis comme une opinion personnelle.
 
Qui pense, en effet, que la vierge dirait «Venez demain à partir de telle heure, je dirai un message à tel voyant»? Non… Distinguons donc les deux types apparitions.
 
Enfin, troisièmement - et c'est le noyau de l'enquête Ruini - il y a le fait spirituel et pastoral. Des gens se rendent là, se convertissent, ils rencontrent Dieu et changent de vie. Il n'y a pas de baguette magique là-bas. On ne peut donc pas nier ce fait spirituel et pastoral.
 
Il faut maintenant voir ces choses avec toutes ces données et avec les réponses que les théologiens m'ont envoyées. J'ai nommé un bon évêque qui a cette expérience pour voir comment se déroule l'aspect pastoral. Je me prononcerai à la fin.»
 
 
Zenit:

Mimmo Muolo : Bonsoir, Sainteté. Je vous pose une question au nom du groupe italien. Hier et aujourd’hui, à Fatima, nous avons vu un grand témoignage de foi populaire, avec vous ; la même que celle que l’on rencontre aussi, par exemple, dans d’autres sanctuaires mariaux comme Medjugorje. Que pensez-vous de ces apparitions – s’il y a eu des apparitions – et de la ferveur religieuse qu’elles ont suscitée, vu que vous avez décidé de nommer un évêque délégué pour les aspects pastoraux ? Et si je peux me permettre une seconde question, dont je sais qu’elle vous tient beaucoup à cœur aussi, outre qu’à nous, les Italiens : je voudrais savoir, les ONG ont été accusées de collusion avec les passeurs trafiquants d’hommes. Qu’en pensez-vous ? Merci.

Pape François : Je commence par la seconde. J’ai lu dans le journal que je feuillette le matin qu’il y avait ce problème, mais je ne connais pas encore les détails. Et c’est pourquoi je ne peux pas émettre un avis. Je sais qu’il y a un problème et que les enquêtes avancent. Je souhaite qu’elles se poursuivent et que toute la vérité se fasse.

La première ? Medjugorje. Toutes les apparitions ou les apparitions supposées appartiennent à la sphère privée, elles ne font pas partie du Magistère public ordinaire de l’Église. Medjugorje : une commission présidée par le cardinal Ruini a été faite. C’est Benoît XVI qui l’a faite. Moi, à la fin de l’année 2013 ou au début de 2014, j’ai reçu le résultat du card. Ruini. Une commission de bons théologiens, évêques et cardinaux. Des bons, bons, bons.

Le rapport Ruini est très, très bon. Ensuite, il y a eu quelques doutes à la Congrégation pour la Doctrine de la foi et la Congrégation a jugé opportun d’envoyer à chacun des membres du congrès, de cette « feria quarta » toute la documentation, y compris les choses qui semblaient contre le rapport Ruini. J’ai reçu la notification ; je me souviens que c’était un samedi soir, en fin de soirée. Cela ne m’a pas semblé juste : c’était comme de mettre aux enchères – pardonnez-moi l’expression – le rapport Ruini, qui était très bien fait. Et le dimanche matin le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi a reçu de moi une lettre dans laquelle je lui demandais de dire qu’au lieu de les envoyer à la « feria quarta », on m’envoie à moi, personnellement, les opinions. Ces opinions ont été étudiées et toutes soulignent la densité du rapport Ruini.

Oui, principalement il faut distinguer trois choses. Sur les premières apparitions, quand [les « voyants »] étaient jeunes, le rapport dit plus ou moins qu’il faut continuer d’investiguer. À propos des apparitions actuelles supposées, le rapport a des doutes. Moi, personnellement, je suis plus « méchant » : je préfère la Vierge Mère, notre Mère, et non la Vierge chef de bureau télégraphique qui envoie tous les jours un message à telle heure… celle-ci n’est pas la maman de Jésus. Et ces apparitions supposées n’ont pas beaucoup de valeur. Et ceci, je le dis en tant qu’opinion personnelle.

Mais qui pense que la Vierge Marie dit : « Venez demain à telle heure et je dirai un message à tel voyant » ? Non. [Dans le rapport Ruini on] distingue les deux apparitions. Et troisièmement, le véritable noyau du rapport Ruini : le fait spirituel, le fait pastoral, les gens qui vont là-bas et se convertissent, les gens qui rencontrent Dieu, qui changent de vie… Pour cela, il n’y a pas de baguette magique et ce fait spirituel et pastoral ne peut être nié. Maintenant, pour voir les choses avec toutes ces données, avec les réponses que m’ont envoyées les théologiens, on a nommé cet évêque – bien, bien, parce qu’il a de l’expérience – pour voir comment va la partie pastorale. Et à la fin, on dira quelque chose.

François et les abus sexuels: "Mary Collins a un peu raison" affirme le Pape

François et les abus sexuels: "Mary Collins a un peu raison" affirme le Pape

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Au retour de Fatima, le Pape François a été interrogé sur la démission de Mary Collins de la Commission pour la protection des mineurs. François a reconnu que l’Irlandaise, seule victime d’abus qui restait dans la commission, avait eu « un peu raison ».

« Les retards se sont accumulés », a reconnu le pape tout en soulignant que, « dans quasiment tous les diocèses, il y a un protocole pour traiter » les abus. « C’est un grand progrès. Une avancée », s’est-il félicité.

Mais il a aussi expliqué qu’il fallait « plus de gens compétents là-dessus ». « Deux ou trois personnes ont été embauchées », a-t-il continué.

Le pape a aussi annoncé une évolution de la procédure trop complexe à ses yeux, surtout quand les dossiers envoyés par les évêques ne sont pas bien faits. « Nous pensons à mettre en place tribunaux continentaux : c’est en cours de planification », a-t-il expliqué, soulignant aussi qu’il avait clarifié la procédure d’appel.

« J’ai créé un autre tribunal à la tête duquel j’ai mis une personne indiscutable, très compétente, l’archevêque de Malte, Mgr Scicluna, qui est l’un des plus forts contre les abus, a-t-il expliqué. Maintenant, parce que nous devons être justes, celui qui fait un recours a le droit d’avoir un défenseur. »

Il a aussi expliqué que tout prêtre condamné pouvait demander une grâce au pape. « Moi, je n’ai jamais signé aucune grâce », a-t-il affirmé, coupant court à une rumeur fréquente à Rome ces derniers mois.

source: La Croix, Nicolas Senèze, dans le vol papal Fatima-Rome
 

zenit: 

Greg Burke : Joshua McElwee, del “National Catholic Reporter”.

Joshua McElwee : Merci, Saint-Père. Ma question : la dernière membre de la Commission pour la protection des mineurs, qui a été abusée par un prêtre, a donné sa démission en mars. Madame Marie Collins a dit qu’elle devait donner sa démission parce que les officials au Vatican ne mettaient pas en œuvre les conseils de la Commission que vous-même, Saint-Père, avez approuvés. J’ai deux questions. Qui a la responsabilité ? Et que faites-vous, Saint-Père, pour garantir que les prêtres et les évêques au Vatican mettent en œuvre vos recommandations, conseillées par votre Commission ?

Pape François : Vrai. Marie Collins m’a bien expliqué la chose. J’ai parlé avec elle : c’est une femme bien. Elle continue de travailler dans la formation avec les prêtres sur ce point. C’est une femme bien qui veut travailler. Elle a prononcé une accusation et elle a un peu raison. Pourquoi ? Parce qu’il y a beaucoup de cas en retard, parce qu’ils s’accumulaient… Et puis, en cette période, il a fallu faire la législation pour cela : que doivent faire les évêques diocésains ? Aujourd’hui, dans presque tous les diocèses, il y a le Protocole à suivre dans ces cas-là : c’est un grand progrès. Ainsi, les dossiers sont bien faits. C’est un pas. Un autre pas : il y a peu de personnes, il faut plus de personnes capables de cela et la Secrétairerie d’État est en train de chercher, ainsi que le card. Müller, pour présenter neuf personnes.

L’autre jour, deux ou trois de plus ont été admis. On a changé le directeur du Bureau disciplinaire qui était bien, il était très bien mais il était un peu fatigué : il est retourné dans sa patrie pour faire le même travail avec son épiscopat. Et le nouveau – c’est un Irlandais, Mgr Kennedy – est une personne très bien, très efficace, rapide et cela aide beaucoup.

Et puis il y a une autre chose. Parfois les évêques envoient ; si le protocole va bien, cela va aussitôt à la « feria quarta » et la « feria quarta » étudie et décide. Si le protocole ne va pas bien, il doit être renvoyé et il faut le refaire. C’est pourquoi on pense aux aides continentales, ou deux par continent : par exemple, en Amérique latine, un en Colombie et un autre au Brésil… Ce serait comme des pré-tribunaux, ou tribunaux continentaux. Mais c’est en train d’être planifié. Et puis, cela va bien : la « feria quarta » l’étudie et on enlève l’état clérical au prêtre qui retourne dans son diocèse et présente un recours. Avant, c’était cette même « feria quarta », qui avait prononcé la sentence, qui étudiait le recours, mais c’est injuste.

Et j’ai créé un autre tribunal et j’ai mis à sa tête une personne incontestable : l’archevêque de Malte, Mgr Scicluna, qui est un des plus forts contre les abus. Et dans ce second tribunal – parce que nous devons être justes – celui qui présenter un recours a le droit d’avoir un défenseur. Si celui-ci approuve la première sentence, le cas est fini. Il reste seulement [la faculté d’écrire] une lettre, demandant la grâce au pape. Je n’ai jamais signé de grâce. Nous avançons tels que se présentent les choses. Marie Collins, sur ce point, avait raison ; mais nous aussi nous étions sur le chemin. Mais il y a deux mille cas accumulés ! Merci.

Le Pape François veut encore cheminer avec Ecône, la FSSPX, avant un accord

Le Pape François veut encore cheminer avec Ecône, la FSSPX, avant un accord

Extraits conférence de presse du Pape François à bord de l'avion (13 mai 2017, Fatima) 

«J'écarterai toute forme de triomphalisme, totalement. Il y a quelques jours, la Feria IV de la congrégation pour la Doctrine de la foi - on l'appelle la Feria IV car ce conseil se réunit le mercredi - a étudié un document. Et le document n'est pas encore abouti. J'ai étudié le document.

Par ailleurs les rapports actuels sont fraternels. L'année dernière, j'ai leur donné à tous, la permission pour la confession. J'ai aussi accordé une forme de juridiction pour les mariages ( ndlr pour les prêtres de la Fraternité Saint Pie X et leurs fidèles ). 

Mais avant tout cela, la congrégation pour la Doctrine de la foi traitait tous les problèmes de sa compétence et qui devaient être résolus. Par exemple, les abus (abus sexuels): les abus chez eux, ils nous en référaient. Idem pour Pénitencerie (le tribunal du Vatican, NDLR) et la réduction à l'état laïc d'un prêtre.

Il y a des rapports fraternels. Avec Mgr Fellay, j'ai de bons rapports. Nous avons parlé quelques fois. Je ne veux pas brusquer les choses. Il faut cheminer, cheminer, cheminer… Et après, on verra.

Pour moi, ce n'est pas un problème de gagnants ou de perdants mais de frères qui doivent cheminer ensemble cherchant la formule qui permet de faire des pas en avant.»

jeudi, 11 mai 2017

Fatima, message du Pape François au peuple portugais: offrir à la Vierge le bouquet des plus belles fleurs

Fatima, message du Pape François au peuple portugais: offrir à la Vierge le bouquet des plus belles fleurs

Message du pape François

Cher peuple portugais,

fatima.pngIl manque désormais peu de jours avant mon pèlerinage et votre pèlerinage jusqu’aux pieds de la Vierge de Fatima, jours vécus dans l’attente joyeuse de notre rencontre dans la maison de la Mère.

Je sais que vous me voulez aussi dans vos maisons et vos communautés, dans vos villages et vos villes: l’invitation m’est arrivée ! Inutile de dire que j’aimerais l’accueillir, mais je ne le peuxpas ! Dès maintenant je remercie les différentes Autorités pour la compréhension avec laquelle elles ont accepté ma décision de limiter la visite aux moments et aux actes habituels à un pèlerinage au Sanctuaire de Fatima, fixant moi-même le rendez-vous avec tous aux pieds de la Vierge Mère.

En effet, c’est dans la fonction de Pasteur universel que je voudrais paraître devant la Vierge, lui offrant le bouquet des plus belles “fleurs” que Jésus a confiées à mes soins (cf. Jn 21, 15-17), c’est-à-dire les frères et les sœurs du monde entier sauvés par son sang, sans exclure personne. Voilà pourquoi j’ai besoin que vous soyez tous unis à moi; j’ai besoin de votre union (physique ou spirituelle, l’important est qu’elle vienne du cœur) pour composer mon bouquet de fleurs, ma “rose d’or”. Et ainsi, formant «un seul cœur et une seule âme» (cf. Ac 4, 32), je vous confierai à la Vierge, lui demandant de murmurer à chacun: “Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu” (Apparition de juin 1917).

“Avec Marie, pèlerin dans l’espérance et dans la paix”: c’est ce que dit la devise de notre pèlerinage, qui renferme en elle tout un programme de conversion. Je suis heureux de savoir que, à ce moment béni qui est le sommet d’un siècle de moments bénis, vous venez, en vous préparant par une prière intense. Elle élargit notre cœur et le prépare à recevoir les dons de Dieu. Je vous remercie pour les prières et les sacrifices que vous offrez quotidiennement pour moi et dont j’ai tant besoin, parce que je suis un pécheur parmi les pécheurs, “je suis un homme aux lèvres impures, et j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures” (Is 6, 5). Que la prière éclaire mes yeux pour savoir voir les autres comme Dieu les voit, pour aimer les autres comme il les aime.

En son nom, je viendrai au milieu de vous dans la joie de partager avec tous l’Évangile de l’espérance et de la paix. Que le Seigneur vous bénisse et que la Vierge Mère vous protège !

© Librairie éditrice du Vatican

mardi, 09 mai 2017

Interview de son Excellence Pierre-Yves Fux, ambassadeur suisse auprès du Saint-Siège: double invitation suisse au Pape François

Interview de son Excellence Pierre-Yves Fux, ambassadeur suisse auprès du Saint-Siège: double invitation suisse au Pape François

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(source photo @Arnaud Bédat - palais apostolique)

En plus de l'invitation des autorités fédérales, et dans ce cadre, la République et Canton du Jura a proposé une visite à Porrentruy, par une lettre que j'ai formellement transmise au Saint-Siège.

Pierre-Yves Fux, ambassadeur suisse auprès du Saint-Siège

 

M. l'Ambassadeur, vous venez de vivre des journées intenses avec l'assermentation de 40 nouveaux gardes et la visite de notre présidente de la Confédération Mme Doris Leuthard. Qu'est-ce que cela représente comme charge de travail ? et la préparation d'une telle visite ? Quelles sont vos impressions, vos souvenirs saillants ?

Le Giuramento de la Garde et les célébrations militaires et religieuses qui l'entourent attirent chaque année de nombreux compatriotes à Rome. Parmi eux se trouvent, surtout ces dernières années, des membres éminents du gouvernement et du parlement fédéral, que j'ai l'honneur d'accompagner chez le pape et sur le lieu de l'assermentation.

Pour que leur visite soit réussie et se déroule avec efficacité et naturel, il y a un important travail de préparation et de coordination, qui va du minutage d'un programme au contenu des discussions, en passant par l'information aux médias et le choix de cadeaux symboliques. J'ai été frappé par la manière dont fonctionne le protocole séculaire du Palais apostolique : violant sciemment les règles, les gentilshommes ont fait passer devant tout le monde la mamma della Signora Presidente ; le préfet Gänswein lui consacrait toute son attention, et même en schwyzertütsch !

La proverbiale gentillesse du pape François semble contagieuse. J'aurais de nombreux autres souvenirs à évoquer ! Si ma priorité est bien sûr la délégation présidentielle, je me suis efforcé d'aider à l'accueil de six autres groupes de Suisses. Cela a commencé le 3 mai avec Lauriane Sallin, "miss Suisse", venue elle aussi avec sa maman, et qui a pu saluer le pape François à l'audience générale. Faciliter des rencontres fortes et inoubliables est un des très beaux côtés de mon travail.


Vous êtes le troisième ambassadeur de la Suisse auprès du Saint-Siège. Quand avez-vous été nommé ? Qui sont vos prédécesseurs ?

Le Conseil fédéral m'a nommé en octobre 2013 et j'ai commencé d'exercer ces fonctions le 1er février 2014, en parallèle à d'autres, alors que j'étais détaché à Ammann, en Jordanie ! J'ai présenté mes lettres de créance au pape le 15 mai : formellement, c'est ce jour que débute le mandat d'un ambassadeur. Jean-François Kammer a été ambassadeur près le Saint-Siège pendant près de sept ans, entre 2005 et 2011, avant Paul Widmer. Auparavant, à partir de 1991, il y a eu quatre ambassadeurs en mission spéciale.

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(source photo @Arnaud Bédat - palais apostolique)


Les convergences entre l'action diplomatique du Saint-Siège sont nombreuses, comme l'écologie humaine avec l'Encyclique "Laudato Si'", le droit humanitaire et les institutions internationales basées à Genève. Quelles sont vos lignes d'actions prioritaires ?

Oui, ces convergences sont nombreuses : la présidente de la Confédération l'a encore souligné. Mon but est de transformer ces convergences de vues en action coordonnée ou commune, chaque fois que possible, pour renforcer l'impact de la politique extérieure de la Suisse. Pour cela, je suis de près ce que dit et fait le Saint-Siège dans les régions du monde ou dans les domaines qui intéressent le plus nos autorités.

Par exemple, l'abolition de la peine de mort, le conflit en Syrie, la lutte contre la traite d’être humains et l'extrémisme violent, le changement climatique. Concrètement, je fais connaître notre action à l'entourage du pape, et je communique au DFAE les développements présentant un intérêt particulier. Il faut parfois réagir très vite.

Cela concerne les convergences et aussi les divergences qui peuvent exister par exemple à l'ONU. Grâce à un réseau de contacts, je cherche à répondre, même à distance, aux demandes très variées qui me parviennent de Berne ou parfois de nos ambassades à l'autre bout du monde. Et bien sûr, auprès de mes interlocuteurs au Vatican, je suis là pour "expliquer la Suisse".

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(source photo @Le Suisse Rom@in - via della Concilliazione Rome)


Racontez-nous vos relations avec le Pape François... comment percevez-vous sa personnalité ? Et son action diplomatique avec le Cardinal secrétaire d'Etat Mgr Parolin et le ministre des affaires étrangères Mgr Gallagher ?

Comme bien d'autres, je suis impressionné par l'humanité et la simplicité du pape François. Autant, voire plus que ses propos, c'est son regard, son attention, ses gestes qui frappent ses interlocuteurs. Je le rencontre assez fréquemment, mais je lui ai peu parlé, beaucoup moins que les visiteurs suisses que j'ai eu le privilège de lui présenter. Mes entretiens avec le cardinal Parolin et avec l'archevêque Gallagher sont toujours très substantiels, en plus d'être chaleureux.

L'action diplomatique du Saint-Siège a eu des succès frappants, comme la normalisation des relations entre Cuba et les USA. Cependant, comme la diplomatie suisse, celle du pape a une importante face invisible, celle des démarches pour libérer des victimes de violations ou pour préparer la paix. Le Saint-Siège développe encore une autre importante forme de diplomatie, religieuse, menée notamment par notre compatriote le cardinal Koch.

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(source photo @Darius Rochebin - conférence de presse avec Mme la Présidente de la Confédération Doris Leuthard)

Comment vivez-vous votre mission d'Ambassadeur au jour le jour ? Quels sont vos joies, vos soucis ?

Je suis actuellement à la fois ambassadeur en Slovénie et près le Saint-Siège. Ce sont deux activités passionnantes et très diverses ; elles réclament beaucoup de disponibilité et d'énergie, parfois de la créativité et toujours une bonne organisation. Il y a plusieurs heures de voiture et de train entre Ljubljana et Rome, de quoi lire, écrire, et préparer ce qui sera ensuite l'objet de démarches, de discours ou de contacts personnels.

Les joies sont d'abord celles d'échanges marquants avec personnalités très diverses et de vivre des instants d'exception. Les soucis ? Ne pas toujours pouvoir être là où il le faudrait… mais avec l'appui d'autrui et d'internet, on finit par se démultiplier !

Que peut-on vous souhaiter pour cette année du Jubilé du 600ème Anniversaire de la naissance de saint Nicolas de Flüe ? Et pour la commémoration de la Réforme protestante ?

Catholiques et protestants suisses se sont associés à la fois pour écouter le message de saint Nicolas de Flüe et pour représenter notre pays à Wittenberg, lors de l'exposition mondiale de la Réforme qui débute le 20 mai prochain : en soi, c'est un signal exemplaire, une illustration du génie de la Suisse, pays de concordance. J'espère que ce message sera entendu et approfondi cette année. Notre pays a un riche patrimoine spirituel et politique. J'espère aussi que les commémorations de 2017 me permettront et permettront à chacun d'en approfondir les leçons.

Nous savons que les autorités fédérales ont invité le Pape François en Suisse. Quels sont les projets proposés ?

L'exemple des doubles commémorations de 2017 me fait penser qu'une visite du pape en Suisse aurait une forte dimension œcuménique et ne se limiterait pas aux catholiques. Elle ne serait sans doute pas limitée non plus à la rencontre avec les Suisses, vu la présence d'institutions internationales à Genève, qui elles aussi, directement, exprimé leur grand souhait d'une visite du pape.

En plus de l'invitation des autorités fédérales, et dans ce cadre, la République et Canton du Jura a proposé une visite à Porrentruy, par une lettre que j'ai formellement transmise au Saint-Siège.

Je ne suis pas en mesure de faire des pronostics. Les attentes sont fortes chez nous, mais les autres invitations reçues par le pape sont nombreuses. Pour le moment, ce sont les Suisses qui viennent à la rencontre du pape : je pense à tous nos compatriotes qui font le voyage de Rome le 6 mai et le reste de l'année, sans oublier la Garde suisse, qui depuis 511 ans veille sur le Saint-Père.

Propos recueillis par @ Le Suisse Rom@ain

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(source photo: @Pierre-Yves Fux)

Avec une double invitation de la Suisse au Pape François, le Pape pourrait-il venir visiter la Confédération helvétique ? "Je ne suis pas en mesure de faire des pronostics" avance Pierre-Yves Fux, ambassadeur suisse auprès du Saint-Siège. Un bon point: la Suisse connaît la double crème ! 

lundi, 08 mai 2017

Rome: le Pape François reconnaît Arnaud Bédat

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(source photo: Arnaud Bédat)

Cette photo ne trompe pas. Le Pape François a bien reconnu le journaliste suisse Arnaud Bédat. Les yeux du Pape se sont préalablement comme illuminés pour exprimer "son joyeux étonnement", "sa grande et belle surprise" de le voir là. Le reporter, présent pour l'assermentation de la garde suisse et la visite de la présidente de la confédération helvétique le 6 mai, est sans aucun doute le plus grand connaisseur de l'entourage argentin du Cardinal Bergoglio. Sa soeur n'y est sans doute pas étrangère. 

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Rome: le Pape François reconnaît Arnaud Bédat

Arnaud Bédat est entré dans le monde des médias par la célèbre "Course autour du monde", une émission phare des télévisions francophones au début des années 80. Journaliste d’investigation à l’Illustré et à Paris-Match, il est désormais le journaliste suisse le plus proche du Pape. Il est à bord de l’avion papal, « the place to be » ou « embedded », de l’anglais "embarqué".

Après son premier livre « François l’Argentin », ce reporter de terrain signe un second opus: « François seul contre tous. Enquête sur un Pape en danger ». Son point fort réside dans sa connaissance approfondie de la vie de Bergoglio en Argentine. Il a rencontré sa famille, les personnes intimes, ses proches amis et ses collaborateurs.

Assurément, le titre « seul contre tous » peut paraître un peu forcé, mais les coups de semonce de François à l’encontre de la mafia, de Daesh et des grands de ce monde corrompu le met clairement en danger.

Certes, Arnaud Bédat ne connaît pas encore vraiment à fond Saints Jean-Paul II, Ratzinger devenu Benoît XVI ou l’histoire du Concile Vatican II. Toutefois, il a amplement raison lorsqu’il décrit François comme un Pape prophétique, révolutionnaire qui s’en remet à la Providence de Dieu. Le mot révolution se décline non pas sur le plan politique, mais en fonction de la Pentecôte, un brouhaha apparemment désordonné, une sorte de chaos qui change les coeurs.

La réforme de la curie ou de l’Eglise ne se situe pas ailleurs. Pour ce Pape venu du bout du monde, la seule révolution est celle de la sainteté. Une enquête qui se lit aisément, comme un vrai roman. Sous la plume d’un agnostique, la crédibilité en sort renforcé.

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Pape François: "J'ai eu honte du nom d'une bombe, qu'ils ont appelée la mère de toutes les bombes, alors que la mère donne la vie"

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Pape François: "J'ai eu honte du nom d'une bombe, qu'ils ont appelée la mère de toutes les bombes, alors que la mère donne la vie"

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Le pape François a dit avoir eu «honte» de l'expression «mère de toutes les bombes», utilisée pour qualifier celle récemment lancée par les États-Unis sur un fief montagneux du groupe Daech en Afghanistan.

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 La plus puissante bombe américaine non-nucléaire, la G"J'ai eu honte du nom d'une bombe, qu'ils ont appelée la mère de toutes les bombes, alors que la mère donne la vie"BU-43/B surnommée « mère de toutes les bombes », a détruit le 13 avril un fief du groupe Daech dans l'est de l'Afghanistan, tuant au moins 36 de ses combattants, une opération qualifiée de « nouveau succès » par Donald Trump.

 

Petites nouvelles romaines

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Après deux journées passées pour l'assermentation des 40 nouveaux gardes suisses, au coeur du monde catholique, je profite de publier quelques petites précisions sur le pontificat de François:

Le Pape François aurait deux visages, deux faces ou deux manières d'agir ?

Unknown-17.jpegL'évêque de Rome serait comme la lune, avec sa face cachée. François parle beaucoup de douceur, de bonté, de Miséricorde ou du rôle néfaste des ragots, des bavardages. Par contre, dans son gouvernement de la curie romaine, le souverain pontife serait brutal, s'appuyant sur les dénonciations des uns ou des autres. 

Chacun se souvient par exemple du licenciement du commandant de la garde suisse ou du renvoi de prêtres travaillant dans une congrégation renvoyés sans ménagement. 

Il n'en est rien. Le visage de François est tellement transparent. Cela reflète un homme sans aucune hypocrisie. Dans chaque cas, le Pape a rencontré en tête à tête les personnes pour proposer soit une solution soit une demande claire de changement d'attitudes. Après un peu de temps, une fois confronté à des non-respects des demandes acceptées réciproquement, il tranche avec exigence. Toutefois, tout a été clarifié en amont. 

François veut un accord avec Ecône, la Fraternité sacerdotale Saint Pie X fondée par Mgr Lefevbre

Unknown-18.jpegLe Pape François a les médias et l'opinion publique dans sa poche. Il peut tout dire, sans risquer une polémique mondiale. Un changement à 180 degrés en regard de Ratzinger.

Tout comme Saint Jean-Paul II ou Benoît XVI, il veut colmater la brèche du schisme causé par la frange intégriste. Cela lui tient à coeur, il veut obtenir un accord doctrinal et une structure juridique, certes pas à n'importe quel prix. Il pèsera de tout son poids pour que la FSSPX soit doté d'une structure canonique telle que la prélature personnelle. La seule inconnue ? Le temps que cela prendra pour y parvenir. 

Durant son gouvernement à Buenos Aires, il a toujours gardé des contacts avec les prêtres de la Fraternité. La reconnaissance de la validité de la confession et du sacrement du mariage pour les prêtres officiant dans la FSSPX n'est donc pas étrangère à ce rapprochement. 

Le Pape François et Medjugorje

Unknown-19.jpegLe Pape François procède avec un grand sens pastoral. Comme la décision de non-reconnaissance fera des vagues, le Pape préfère de montrer son affection sincère et profonde pour les pèlerins.

Il veut que l'Eglise soit une Mère aimante. Les grâces reçues sont souvent vraies et authentiques, sans que cela ai un lien quelconque avec la véracité des apparitions mariales. Au bout du chemin, Medjugorje restera un lieu spirituel, mais sans aucun lien avec les apparitions ou les voyants.  

 

dimanche, 07 mai 2017

Petite retrospective de la fête de famille des suisses lors de l'assermentation de 40 nouveaux gardes suisses

Petite retrospective de la fête de famille des suisses lors de l'assermentation de 40 nouveaux gardes suisses

C_LIiMZW0AIDsBo.jpgLa vérité est éternelle. A Rome, le temps se compte en siècles.

Depuis le sac de Rome en 1527, qui a vu le sacrifice de 147 gardes suisses morts au service du Pape Clément VII, la prestation de serment des nouveaux gardes marque les esprits. Le défilé est réglé au millimètre, telle la précision légendaire d'une horloge suisse. Les pierres et les pavés de la fameuse cours Saint Damase du palais apostolique en gardent la mémoire.

Même le petit vent frais qui caresse les cuirasses et agite la magnifique crinière rouge sang des casques de soldats du Pape n'emporte pas dans l'inconnu les mots de l'assermentation: 

« Moi, hallebardier ... , je jure d'observer loyalement et de bonne foi tout ce qui vient de m'être lu. Aussi vrai que Dieu et nos Saints Patrons m’assistent. »

L'écho est limpide et vient graver les coeurs des jeunes suisses

Les mot prennent racine dans les poumons du garde, serrés par l'historique cuirasse, et font vibrer virilement la petite collerette blanche des hallebardiers. Le drapeau de la garde est tenu fermement dans la main gauche, la main droite est levée avec force et les trois doigts font le signe de la Trinité. 

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L'assermentation de 40 nouveaux gardes suisses: une histoire de famille

Le 6 mai est une fête de famille pour les confédérés. Habitués aux montagnes, ils gravissent aisément et avec la joie, la toute petite colline du Vatican. Pierre, le Prince des Apôtres, y est enterré. Dans le cirque de Néron, l'obélisque situé désormais au centre de la place Saint-Pierre a certainement accueilli son dernier regard terrestre. Crucifié la tête en bas, le monument égyptien lui indiquait fièrement le ciel. Le martyr conduit tout droit au ciel. Les soldats suisses s'étaient réunis lorsque ce monument était encore situé au Campo Santo Teutonico. 

Pour cette cuvé 2017, le Jubilé des 600 ans de la naissance du saint patron Nicolas de Flüe, le canton d'Obwald était l'invité d'honneur. Madame Doris Leuthard, présidente de la confédération, a rencontré le Pape François. 

Sous la houlette de l'ambassadeur suisse auprès du Saint-Siège, son Excellence Pierre-Yves Fux, le protocole prévoit un entretien en tête à tête. Crise migratoire, réfugiés, écologie sont des sujets qui furent évoqués autour de la table. 

La présidente soulignera que l'encyclique "Laudato Si'" était providentielle. Les idées de l'humanisme intégrale et une saine écologie promues par le Pape François ont notablement aidé à l'accouchement d'un accord international sur le climat. 

Tout au fond de la basilique, tôt le matin, à la chair de Saint Pierre, la messe du matin célébrée par le Cardinal préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, son Eminence le Cardinal Müller a permis de souder les esprits. Le cantique suisse a résonné en quatre langues dans la plus grande église du monde. 

Que cela soit les rencontres officielles et diplomatiques, l'émouvante salutation des familles des nouveaux gardes avec le successeur de Pierre, ou l'apéritif servi dans le quartier suisse, ces journées reflètent la joie et la bonne humeur. L'esprit de famille y souffle avec fraîcheur. Tel est le secret de l'avenir de l'Eglise et de la société. Pour le week-end des vocations sacerdotales et religieuses, les suisses ne peuvent pas mieux espérer. 

Selfies avec Miss Suisse Lauriane Sallin ou Darius Rochebin, livres évoqués tel que celui d'Arnaud Bédat, photos souvenirs publiées sur la page Facebook ou celles bien plus classes de l'Observatoire Romano, seront précieusement conservés dans les archives. Les souvenirs évoqués au coin du feu ou autour de la table agrémenteront pour bien longtemps encore les conversations de tout un chacun. 

"Je jure de servir avec fidélité, loyauté et honneur le Souverain Pontife régnant le Pape François et ses légitimes successeurs, ainsi que de me consacrer à eux de toutes mes forces, offrant, si cela est nécessaire, ma vie pour leur défense.

J’assume également ces engagements à l’égard du Sacré Collège des cardinaux pendant la vacance du Siège apostolique. Je promets en outre au commandant et aux autres supérieurs respect, fidélité et obéissance. Je jure d'observer tout ce que l'honneur exige de mon état"

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Arnaud Bédat à Forum

 

jeudi, 04 mai 2017

Monseigneur Vitus Huonder, l'évêque de Coire, restera jusqu'à 77 ans

topelement.jpgMonseigneur Vitus Huonder, l'évêque de Coire, restera jusqu'à 77 ans

( 24 Heures ) L'évêque de Coire Vitus Huonder restera encore deux ans en poste. Le pape François a accepté la démission du prélat pour Pâques 2019 seulement, a annoncé jeudi l'évêché de Coire.

Malgré la fronde, petits et grands peuvent se réjouir, de 7 à 77 ans dit le dicton. 

Lien: Le Suisse Rom@in

Le mois de mai, le plus beau de l'année, le temps de Marie: Ave Maria

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Le mois de mai, le plus beau de l'année, le temps de Marie: Ave Maria

(source inconnu)

Des millions de catholiques récitent quotidiennement la prière du Je vous salue Marie. Parfois à la va-vite, sans penser à ce qu’ils disent. Voici un texte qui pourra nous aider à le faire avec plus de ferveur, en étant davantage conscients de sa profondeur.

Un Je vous salue Marie bien récité comble de joie le cœur de la Sainte Vierge et nous attire de grandes grâces. Plus de grâces que mille dits sans réfléchir.

Cette prière est une mine d’or à laquelle on peut puiser sans que jamais elle ne s’épuise. Est-il difficile de réciter un Je vous salue Marie ? La seule chose que nous avons à faire est de connaître sa valeur et de comprendre sa signification.

« Aucune prière que tu pourrais composer ne me donnerait autant de joie que l’Ave Maria »

Saint Jérôme disait que « les vérités contenues dans l’Ave Maria sont tellement sublimes, tellement merveilleuses, qu’aucun homme, aucun ange ne pourrait les comprendre entièrement ».

Saint Thomas d’Aquin, le prince des théologiens – « le plus sage des saints et le plus saint des sages », disait Léon XIII – a prêché sur cette prière mariale durant quarante jours à Rome, comblant les cœurs d’extase.

Le père Suárez, jésuite érudit, déclara qu’à l’heure de sa mort, il échangerait volontiers tous les livres qu’il avait écrits, toutes les œuvres qu’il avait réalisées, contre le mérite d’un seul Ave Maria récité avec dévotion.

Un jour, sainte Mathilde, qui aimait beaucoup la Vierge Marie, s’efforçait à composer une belle prière en son honneur. Notre Dame lui apparut portant sur son sein la salutation angélique écrite en lettres d’or : « Ave, Maria, gratia plena ». Et elle lui dit : "Ma fille, aucune prière que tu pourrais composer ne me donnerait autant de joie que l’Ave". 


Marie n’a jamais refusé d’entendre les prières de ses enfants sur Terre

Un jour, le Seigneur demanda à saint François qu’il Lui donne quelque chose. Le saint répondit : « Seigneur, je ne puis rien te donner que je ne t’ai donné : tout mon amour ». Jésus sourit et dit : « François, donne-moi tout de nouveau, et de nouveau tu me donneras la même joie ». De la même manière, notre Mère chérie accueille chaque Je vous salue Marie que nous lui offrons avec la même joie que celle avec laquelle elle entendit la salutation de la bouche de l’ange Gabriel le jour de l’Annonciation, quand elle devint la Mère du Fils de Dieu.

Saint Bernard et de nombreux autres saints ont souligné que Marie n’a jamais refusé d’entendre les prières de ses enfants sur Terre. Pourquoi nous arrive-t-il de ne pas adopter ces vérités réconfortantes ? Pourquoi refusons-nous l’amour et la consolation que la douce Mère de Dieu nous offre ?
Hugh Lammer était un protestant convaincu qui prêchait avec violence contre L’Église catholique. Un jour, il tomba sur une explication de l’Ave Maria qui l’enchanta, et il commença à le réciter tous les jours. Et c’est alors que toute son animosité anticatholique disparut comme par enchantement. Il ne se convertit pas seulement, il devint prêtre et professeur de théologie catholique à Breslau.

Il existe mille histoires semblables, diverses et variées : un prêtre se trouve près du lit d’un homme en train de mourir dans le désespoir en raison de ses péchés et de son manque de foi. L’homme refuse de se confesser. En dernier ressort, le prêtre l’aide à prier au moins un Ave Maria. Peu après, le malheureux fait une confession sincère et meurt dans la grâce de Dieu.

Dans son livre Révélations, sainte Gertrude nous dit que, lorsque nous remercions Dieu pour les grâces qu’Il accorde à un saint, nous devenons participants de ces mêmes grâces. Alors quelles grâces recevons-nous quand nous prions un Je vous salue Marie en remerciant Dieu pour toutes les grâces extraordinaires qu’Il a accordées à Sa Sainte Mère ?

« Un Ave Maria dit sans ferveur sensible, mais avec un désir authentique dans un moment d’aridité, a beaucoup plus de valeur, pour moi, qu’un rosaire entier récité au milieu des consolations », a confié Notre-Dame à Sœur Benigna Consolata Ferrero (1885-1916).

mercredi, 03 mai 2017

Et les Mistrals gagnants sur les écrans suisse romands

 

Et les mistrals gagnants au 19.30 de la RTS

Les quatre garçons (Camille, Charles, Imad, Tugdual) et la fille (Ambre) ont tous en eux une force insoupçonnée inhérente à leur combat. «Rien n’empêche d’être heureux», dit Tugdual, tandis que Camille annonce très calmement: «Je suis malade. Mais quand je serai mort, je serai plus malade.»

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Lien: Et les mistrals gagnants sur les écrans en Suisse Romande

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Et les Mistrals gagnants sur les écrans suisse romands

Anne-Dauphine Julliand à la radio suisse romande: Vertigo

Anne-Dauphine Julliand est journaliste, écrivaine et réalisatrice. En 2011 elle avait raconté la maladie de ses filles dans "Deux petits pas sur le sable mouillé" (éd. Les Arènes). Aujourdʹhui, elle réalise un documentaire qui suit le destin de cinq petits malades. "Et les mistrals gagnants" est à voir sur les écrans romands dès le 3 mai.
Anne Dauphine Julliand est lʹinvitée de Pierre Philippe Cadert.

Anne-Dauphine Julliand, réalisatrice du film "Et les mistrals gagnants" à la RTS au 12h45

Présidentiel 2017 Le Pen-Macron: un débat politique, pas catholique

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Présidentiel 2017 Le Pen-Macron: un débat politique, pas catholique

La culture politique des catholiques français est ainsi faite, elle divise les esprits. Cela remonte à la révolution française de 1789 avec l'avénement de la gauche et de la droite. L'autre fissure prend racine au ralliement demandé par Léon XIII, la fin de siècle qui a vu la naissance de l'enseignement social chrétien. La dernière à la seconde guerre mondiale, entre les tenants du Maréchal Pétain ou du général de Gaule, avec en filigrane historique la condamnation par l'Eglise catholique de l'action française de Charles Maurras et du Sillon de Marc Sangnier. 

Pourtant l'union des catholiques se situe sur un autre plan, celui de la foi et des moeurs. Le phare provient de la doctrine sociale de l'Eglise. Deux livres permettent de former nos esprits. Après cela, chacun a droit à ses opinions. Le service du bien commun, forme éminente de la charité, est la vocation des laïcs, des baptisés. 

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lundi, 01 mai 2017

1er mai, une prière pour la fête de Saint Joseph artisan, travailleur.

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1er mai, une prière pour la fête de Saint Joseph artisan, travailleur.

La seule parole connue de Saint Joseph : Jésus ! D'après les Écritures, il lui a donné ce nom.

Après Marie, il a passé le plus de temps avec lui. Ce tout grand saint et patriarche connaît donc fort bien Jésus.

Bonne fête de Saint Joseph artisan, travailleur !

( homélie de l'abbé Evrat, basilique Notre - Dame Fribourg )

dimanche, 30 avril 2017

Election présidentielle en France: Le Pen-Macron, l'Eglise ne donne aucune consigne de vote

Le conseiller d'Emmanuel Macron Richard Ferrand a invité le Pape François au QG du mouvement En Marche ! pour faire la connaissance du candidat à l'élection présidentielle.

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«Des deux candidats politiques, je ne connais pas l'histoire. Je sais que l'un représente la droite forte mais l'autre, vraiment je ne sais pas qui il est. Alors je ne peux pas donner une opinion claire sur la France». Pape François

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Le Pape François est un people pour le monde médiatique. L'avoir à ses côtés n'est jamais une mauvaise chose. Même si le milieu catholique français ne déborde pas d'une totale adhésion envers ce Pape latino, un conseiller d'Emmanuel Macron répond aux propos du Pape: 

(Closer) Le conseiller d'Emmanuel Macron Richard Ferrand a invité le Pape François au QG du mouvement En Marche ! pour faire la connaissance du candidat à l'élection présidentielle.

Richard Ferrand lance une invitation au Pape François ! Le conseiller d'Emmanuel Macron et secrétaire général d'En Marche ! a réagi aux propos du pontife qui avouait récemment ne pas être au courant de la politique actuelle en France. Sur France 3, il a déclaré dimanche 30 avril d'un ton sec : "Si le pape veut faire connaissance, nous pouvons le recevoir au 99 rue de l'Abbé Groult (ndlr : adresse du QG de campagne d'Emmanuel Macron). Vous voyez, nous sommes logés dans une rue bien nommée pour accueillir sa sainteté." 

Il a ajouté que si le Pape ne sait pas d'où vient Emmanuel Macron, c'est aussi "le problème de beaucoup de Français". "Marine Le Pen, on sait trop d'où elle vient", a-t-il ajouté, taclant au passage la présidente du FN et adversaire de son candidat.

Election présidentielle en France: Le Pen-Macron, l'Eglise ne donne aucune consigne de vote

Au retour d'Egypte, le Pape François l'a laissé entendre durant sa conférence de presse aérienne: l'Eglise catholique respecte les opinions; pas de consigne de vote papale.

Après la stratégie médiatique de la chaise vide pour cashinvestigation, la coupe est plutôt pleine.

Les évêques français réagissent différemment. Trop de prélats s'exposent sans aucune légitimité, pour un choix qui relèvent des laïcs, des baptisés. 

Très honnêtement: sur la pédophilie la CDF pratique plutôt la politique médiatique de la chaise vide (cashinvestigation); sur cette élection présidentielle, Le Pen-Macron, elle pratique surtout la chaise pleine ! Toutes ces déclarations pour/contre deviennent un peu too much. Les fidèles attendent une inversion de la tendance ...

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La conférence des évêque de France a communiqué

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Le DOCAT, un petit livre sur la doctrine sociale de l'Eglise

La hiérarchie de l'Eglise ne fait pas de politique. Elle laisse cette forme de charité aux laïcs, la noble vocation des baptisés, plus compétents et mieux formés. Seule la doctrine sociale de l'Eglise assure une unité, qui se décline en toute liberté et en conscience pour chacun et chacune. Aucun parti ne reprend totalement l'enseignement social chrétien.

Un travail de pondération est donc nécessaire en tenant compte que l'Eglise défend chaque personne humaine, qu'elle soit réfugiée, étrangère, pas encore née, sans famille, ou proche de la mort ...  Rendons à César ce qui revient à César.

 

La photo du voyage du Pape en Egypte

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Une bonne photo vaut mieux qu'un long discours. Ce cliché résume à lui tout seul le voyage du Pape François en Egypte. 

Tout comme celui de Benoît XVI à la mosquée bleue (2006), suite à la polémique de Ratisbonne en 2005

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Ou cette photo du Pape François devant le mur de séparation entre les palestiniens et les israéliens. 

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Ou encore Saint Jean Paul II glissant son billet dans le mur des lamentations à Jérusalem

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QUI VEUT S’EN PRENDRE AU PAPE FRANÇOIS ? AVEC ARNAUD BEDAT ET NELLO SCAVO

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QUI VEUT S’EN PRENDRE AU PAPE FRANÇOIS ?

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Le pape fait face à une vive opposition de la part des conservateurs catholiques, mais aussi du milieu de la finance, des islamistes et de la mafia, selon deux récents livres. La Presse a rencontré le journaliste suisse Arnaud Bédat, auteur de François seul contre tous, lors de son passage à Montréal, et s’est entretenue au téléphone cet hiver avec le vaticaniste romain Nello Scavo, auteur des Ennemis du pape.

QUELLES SONT LES MENACES AUXQUELLES FAIT FACE FRANÇOIS ?

Unknown-5.jpegArnaud Bédat : Il y a eu un complot terroriste très réel aux Philippines et il y aura certainement des tentatives de la part des islamistes, qui n’aiment pas les déclarations de François voulant que l’islam soit compatible avec la démocratie. Ils préféraient Benoît XVI, qui a écrit [en 2004 dans son livre Foi, vérité, tolérance] que l’islam n’admet pas de « séparation entre les sphères politique et religieuse », contrairement au christianisme. Au sein de l’Église, personne évidemment ne complote son assassinat, mais beaucoup de conservateurs aimeraient qu’il insiste davantage sur les interdits moraux et résistent à l’abolition de leurs privilèges, leurs grands appartements, la pompe.

Unknown-6.jpegNello Scavo : Je pense qu’on limite trop à l’Église l’opposition à François. Oui, des cardinaux lui résistent, mais il y a beaucoup plus grave : les islamistes, les grands banquiers, les élites qui contrôlent le monde, les criminels tentent activement de le discréditer, ou pire. Même les anarchistes de gauche sont contre lui, parce qu’il monopolise le discours sur la justice sociale d’une manière qui ne leur plaît pas, en insistant sur la nécessité de travailler et sur la responsabilité de l’individu envers la société.

EST-CE QUE LES DIFFÉRENTS CRITIQUES DU PAPE COORDONNENT LEURS ACTIONS ?

AB : Au sein de l’Église, certainement. On l’a vu avec la publication cet automne par quatre prélats, dont deux cardinaux, d’une lettre demandant à François de déclarer clairement que l’Église n’approuve ni l’homosexualité ni le divorce, puis cet hiver la publication anonyme d’autres critiques sous forme d’affiches dans Rome et un faux numéro de L’Osservatore romano [quotidien du Vatican]. Mais je pense qu’on exagère l’hostilité du secteur financier, qui émet simplement ses opinions et a certainement peu de contacts avec la hiérarchie de l’Église.

NS : C’est une association très lâche, avec des contacts épisodiques. Les ennemis de François n’ont rien en commun, hormis la haine qu’ils nourrissent à son endroit. Mais je pense qu’elle est assez forte pour avoir suscité des discussions çà et là entre les élites bancaires, la mafia, l’American Enterprise Institute, qui contrôle la politique américaine, et les trafiquants d’hommes des Balkans.

EN QUOI FRANÇOIS DIFFÈRE-T-IL DE SES PRÉDÉCESSEURS BENOÎT XVI ET JEAN-PAUL II ?

AB : Sur le plan du dogme, il n’y a pas de changement. Sous le pontificat de Jean-Paul II, Joseph Ratzinger [futur Benoît XVI] avait promulgué un catéchisme qui reconnaissait les « dons et qualités » des homosexuels. Tous parlent de l’importance de l’accueil. Il y a une certaine naïveté chez les médias qui ne voient pas que François dit les mêmes choses avec d’autres mots. Mais la rhétorique, l’image forte d’un pape qui lave les pieds des prisonniers, c’est important dans le monde moderne. Cela dit, François semble plus déterminé dans la tentative amorcée sous son prédécesseur de limiter les privilèges des dirigeants au Vatican. Et selon moi, il va permettre l’accession à la prêtrise des hommes mariés qui ne vivent plus avec leur épouse ou qui sont veufs.

NS : François a exactement les mêmes combats que Benoît XVI et Jean-Paul II, mais avec des mots beaucoup plus forts. Jean-Paul II avait compris l’importance de la communication, mais François porte la modernisation de la façon d’évangéliser le monde à un autre niveau, beaucoup plus sophistiqué.

QUELLE EST LA POSITION EXACTE DE FRANÇOIS SUR L’HOMOSEXUALITÉ ET LE DIVORCE ?

AB : Il n’y aura pas de mariage homosexuel catholique. Il n’adhère pas du tout aux objectifs des groupes LGBT occidentaux et dénonce souvent la volonté de considérer que le genre est différent du sexe d’une personne à sa naissance comme une forme de colonialisme imposé aux pays pauvres. Il veut que l’Église accueille les homosexuels au lieu de les condamner. Pour ce qui est de la communion aux divorcés, il a, en Argentine, baptisé des enfants de couples remariés et a même célébré des mariages. Mais il s’agit généralement de femmes abandonnées par leur mari pour qui il est important d’avoir un père pour leurs enfants, situation qu’on voit souvent dans les pays pauvres. Je ne pense pas qu’il aurait beaucoup de patience avec les divorces comme on en voit chez nous.

FRANÇOIS DÉNONCE LE SYSTÈME FINANCIER ET LE MANQUE DE SOUTIEN AUX DÉMUNIS, MAIS PARLE SOUVENT DE LA « DIGNITÉ DANS LE TRAVAIL » ET A ATTAQUÉ LES GOUVERNEMENTS DES KIRSCHNER EN ARGENTINE, QUI SE PRÉSENTAIENT COMME DES HÉRAUTS DE LA GAUCHE. N’EST-CE PAS UNE CONTRADICTION ?

AB : François s’intéresse aux démunis, aux laissés-pour-compte, à ceux qui n’ont rien, pas à la classe moyenne qui veut prendre sa retraite à 62 ans plutôt que 65, qui veut avoir plus de semaines de congé, qui ne veut pas avoir trop de pression pour recommencer à travailler quand elle est au chômage. Il s’intéresse par exemple beaucoup aux stages professionnels de la Suisse. Il parle aussi des embauches qui doivent se faire selon les compétences, pas par favoritisme. On peut penser qu’il ne tient pas aux règles d’embauche selon l’ancienneté non plus.

ILS S’OPPOSENT AU PAPE

Raymond Burke

Cardinal américain, responsable du tribunal suprême du Vatican jusqu’en 2014, il est l’un des signataires d’une lettre très critique à l’endroit de François, rendue publique l’automne dernier. Il a aussi eu plusieurs contacts avec Stephen Bannon, le conseiller de Donald Trump.

Carlo Caffara

Ancien archevêque de Bologne, il s’oppose publiquement aux politiciens appuyant le mariage entre conjoints du même sexe et est l’un des signataires de la lettre de l’automne dernier.

Wilfrid Napier

Cardinal sud-africain, il affirme sur toutes les tribunes que l’ouverture de François envers les homosexuels et les divorcés minent la réputation de l’Église en Afrique.

Stanislaw Gadecki

Cet ancien favori de Jean-Paul II n’a pas été nommé cardinal par ses successeurs, à son grand dam, et a affirmé que François « s’éloignait de l’héritage de Jean-Paul II ».

Horacio Verbitsky

Ce journaliste argentin, qui a collaboré tant avec la dictature qu’avec les terroristes des Montoneros, a lancé la rumeur voulant que Jorge Bergoglio, futur pape François, ait livré aux militaires argentins deux jésuites contestataires durant la dictature, à la fin des années 70. Selon Arnaud Bédat, il a manipulé une citation pour appuyer sa théorie.

Election présidentielle Macron-Le Pen: le Pape ne donne pas de consigne de vote

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«Des deux candidats politiques, je ne connais pas l'histoire. Je sais que l'un représente la droite forte mais l'autre, vraiment je ne sais pas qui il est. Alors je ne peux pas donner une opinion claire sur la France».

Election présidentielle Macron-Le Pen: le Pape ne donne pas de consigne de vote

Ce qui est vrai, c'est que l'Europe est en danger de se dissoudre.

Il y a un problème qui fait peur et qui, peut-être, alimente le problème de l'immigration. C'est vrai. Mais n'oublions pas que l'Europe a été faite par les migrants!

Des siècles et des siècles d'immigrants, voilà ce que nous sommes!

«Vous avez parlé, à l'université Al-Azhar, des «populismes démagogiques». Les catholiques français en cette période, sont tentés par le vote populiste ou extrême. Ils sont divisés et désorientés. Quels pourraient être les éléments de discernement que vous pourriez donner à ces électeurs catholiques?»

«Vous savez que ce mot, “populisme”, j'ai dû le réapprendre parce qu'en Amérique du Sud, il a une autre signification.» «Il y a le problème de l'Europe. Ce que j'ai dit sur l'Europe je ne le répéterai pas aujourd'hui. Je l'ai dit à Strasbourg, lors de la réception du prix Charlemagne et à l'occasion des commémorations du 60e anniversaire du traité de Rome. 

«Devant cette question chaque pays est libre de faire les choix qu'il croit lui convenir. Je ne peux juger si ce choix est fait au motif de l'Europe ou pour un autre. Je ne connais pas la politique interne.»

«Ce qui est vrai, c'est que l'Europe est en danger de se dissoudre. Je l'ai dit avec douceur à Strasbourg, je l'ai répété plus fortement lors de la réception du prix Charlemagne, et, plus récemment, sans nuances. Nous devons méditer là-dessus. L'Europe qui va de l'Atlantique à l'Oural… Il y a un problème qui fait peur et qui, peut-être, alimente le problème de l'immigration. C'est vrai. Mais n'oublions pas que l'Europe a été faite par les migrants!

Des siècles et des siècles d'immigrants, voilà ce que nous sommes! C'est un problème que l'on doit étudier de près. Et en respectant les opinions. Mais des opinions considérées dans une discussion politique avec une majuscule. Une grande majuscule! Une grande Politique et non une petite politique du pays qui se termine à la fin par une chute.»

«Sur la France, je vous le dis en vérité: je ne comprends pas la politique intérieure française… J'ai cherché à avoir de bons rapports avec l'ancien président Hollande. Il y a eu un conflit à un moment donné, mais on a pu en parler clairement, sur les causes et en respectant son opinion

«Des deux candidats politiques, je ne connais pas l'histoire. Je sais que l'un représente la droite forte mais l'autre, vraiment je ne sais pas qui il est. Alors je ne peux pas donner une opinion claire sur la France».

«Parlant des Catholiques, un homme m'a dit “mais pourquoi vous ne pensez pas à la politique en grand? A faire un parti pour les catholiques?”» Réponse de François: «Ce monsieur est quelqu'un de bien mais il vit au siècle dernier…»

«les populismes ont un rapport avec les immigrés mais ce n'est pas le sujet de ce voyage, si j'ai du temps ce soir, j'y reviendrai».

Egypte: conférence de presse du Pape François à bord de l'avion

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EGYPTE, POLITIQUE FRANÇAISE, CORÉE DU NORD, VENEZUELA… : LA CONFÉRENCE DE PRESSE DU PAPE DANS L’AVION 

Vatican - le 29/04/2017 | Par Agence I.Media

Dans l’avion de retour de son 18e voyage apostolique en Egypte, le pape François s’est prêté le 29 avril 2017 aux questions des journalistes. Pendant une trentaine de minutes, le Souverain pontife a souhaité répondre en priorité à ce qui concernait sa visite en Egypte. Il s’est aussi exprimé sur le populisme et le vote des catholiques en France, la Corée du nord et le Venezuela.

Egypte: conférence de presse du Pape François à bord de l'avion

Pour une rencontre avec Donald Trump

Le pape s'est dit être ouvert à la perspective de rendez-vous à Rome avec le président Donald Trump: «Je n'ai pas encore été informé par la secrétairerie d'État qu'il y ait eu une demande. Je reçois tous les chefs d'État qui formulent une demande.» - la rencontre devrait probablement se tenir au Vatican de la dernière semaine de mai.

La tension entre les États-Unis et la Corée du Nord.

( Zenit ) «Je les appelle et je les appellerai à travailler pour trouver une solution en empruntant le chemin diplomatique. Il y a tant de médiateurs dans le monde qui se proposent. La Norvège par exemple qui est toujours prête à aider. La voie est celle de la négociation, de la solution diplomatique. Cette guerre en morceaux est en morceaux mais les morceaux se sont multipliés et se sont concentrés sur des points qui déjà étaient chauds.

La question des missiles en Corée, on en parle depuis un an mais aujourd'hui il semble que cela se soit trop réchauffé. Une guerre large aujourd'hui détruirait une bonne partie de l'humanité mais aussi la culture… Ce serait terrible. L'humanité n'est pas capable de supporter cela aujourd'hui. Regardons les pays qui vivent la guerre au Moyen-Orient, en Afrique, au Yémen… Arrêtons! Cherchons une solution diplomatique. Les Nations unies ont le devoir de reprendre leur leadership. Elles se sont noyées.»

"Il y a plus de martyrs au Moyen-Orient que dans les premiers siècles"

La Russie: «J'ai vu que l'État Russe parlait de la défense des chrétiens du Moyen-Orient, c'est une bonne chose. Il y a plus de martyrs là que dans les premiers siècles.»

"Le seul fait d'être enfermés, sans rien faire, est un «lager» mais cela n'a rien à voir avec l'Allemagne.»

Sur le terme de «camps de concentration» qu'il avait utilisé pour qualifier les camps de réfugiés en Europe: « J'ai toujours admiré la capacité d'intégration de l'Allemagne. Quand j'ai étudié dans ce pays il y avait tant de Turcs. Et des Turcs intégrés! Ils participaient à une vie normale. Je n'ai donc pas commis de lapsus.

"Il y a des camps des camps de réfugiés qui sont des camps de concentration".

«Pensez un instant: que font ces gens qui sont enfermés et qui ne peuvent sortir. (…) Ils sont enfermés à l'intérieur!»

«Une histoire m'a fait rire. C'est un peu la culture italienne. Cela se passe dans un camp de réfugiés en Sicile. Les autorités de la ville, où se trouve un camp, ont parlé avec les gens de ce camp de réfugiés. Ils leur ont dit: “Il n'est pas bon pour vous de rester à l'intérieur pour votre santé mentale. Vous devez sortir, mais s'il vous plaît, ne faites pas de mauvais coups. Nous, nous ne pouvons pas ouvrir la porte. Mais faisons un trou dans la clôture, derrière! Vous sortez, vous faites une belle promenade!”

"Le seul fait d'être enfermés, sans rien faire, est un «lager» mais cela n'a rien à voir avec l'Allemagne".

C'est ainsi que ce sont créées de bonnes relations avec les habitants de ce village. Les réfugiés ne commettent pas de délinquance, ni de criminalité. Le seul fait d'être enfermés, sans rien faire, est un «lager» mais cela n'a rien à voir avec l'Allemagne.»

Sur le Venezuela Zenit

vendredi, 28 avril 2017

Discours du Pape François aux autorités égyptiennes: "Dieu n'a pas besoin d'être protégé par les hommes, c'est lui qui les protège"

Discours du Pape François aux autorités égyptiennes: "Dieu n'a pas besoin d'être protégé par les hommes, c'est lui qui les protège"

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"La paix est un don de Dieu mais elle est aussi un travail de l’homme. C’est un bien à construire et à protéger, dans le respect du principe qui affirme la force de la loi et non la loi de la force"

"Nous avons tous le devoir d’enseigner aux nouvelles générations que Dieu, le Créateur du ciel et de la terre, n’a pas besoin d’être protégé par les hommes, au contraire c’est lui qui protège les hommes ; lui ne veut jamais la mort de ses enfants mais leur vie et leur bonheur ; il ne peut ni demander ni justifier la violence, au contraire il la déteste et la rejette".

L’Égypte « joue un rôle irremplaçable au Moyen Orient », a affirmé le pape François au premier jour de son voyage apostolique dans le pays, devant les autorités égyptiennes, le 28 avril 2017 : elle est « appelée… à sauver cette région bien-aimée de la famine de l’amour et de la fraternité; elle est appelée à condamner et à vaincre toute violence et tout terrorisme ».

Depuis l’Hotel Al-Màsah du Caire, devant quelque 800 représentants des institutions, du Corps diplomatique et de la société civile, le pape a rappelé que « sur le sol égyptien, a trouvé refuge et hospitalité la Sainte Famille ». Une hospitalité qui « reste dans la mémoire collective de l’humanité » et qui fait de l’Égypte « une terre qu’en un certain sens nous sentons tous comme nôtre ».

Très applaudi durant son discours, le pape François a encouragé les responsables à valoriser « le génie inné de ce peuple » pour « une Égypte où ne manquent à personne le pain, la liberté et la justice sociale ».

L’Égypte a « un devoir particulier », a-t-il fait observer en évoquant les attentats perpétrés dans le pays : « renforcer et consolider aussi la paix régionale, tout en étant, sur son propre sol, affectée par des violences aveugles ». « L’Égypte, qui en même temps construit et combat le terrorisme, est appelée à donner la preuve que ‘‘AL DIN LILLAH WA AL WATÀN LILGIAMIA’ / La foi est pour Dieu, la patrie est pour tous’’ », a-t-il insisté.

Et le pape de conclure : « Paix à ce pays bien-aimé ! Paix à toute cette région, en particulier à la Palestine et à Israël, à la Syrie, à la Libye, au Yémen, à l’Irak, et au Soudan du Sud ; paix à tous les hommes de bonne volonté ! »

AK

Discours du pape François

Monsieur le Président,
Honorables membres du Gouvernement et du Parlement,
Messieurs les Ambassadeurs et membres du Corps diplomatique,
Mesdames et Messieurs,

Al Salamò Alaikum / la paix soit avec vous !

Je vous remercie, Monsieur le Président, pour vos cordiales paroles de bienvenue et pour l’aimable invitation que vous m’avez adressée à visiter votre cher pays. Je garde vivant le souvenir de votre visite à Rome, en novembre 2014, tout comme celui de la rencontre fraternelle avec Sa Sainteté le Pape Tawadros II, en 2013, et avec le Grand Imam de l’Université d’Al-Azhar, le Docteur Ahmad Al-Tayyib, l’année dernière.

Je suis heureux de me trouver en Égypte, terre d’une très ancienne et noble civilisation, dont nous pouvons admirer les vestiges encore aujourd’hui et qui, dans leur majesté, semblent vouloir défier les siècles. Cette terre représente beaucoup pour l’histoire de l’humanité et pour la Tradition de l’Église, non seulement par son prestigieux passé historique – des pharaons, copte et musulman, – mais aussi parce que beaucoup de Patriarches ont vécu en Égypte ou l’ont traversée.

En effet, l’Égypte est mentionnée un grand nombre de fois dans les Saintes Écritures. Sur cette terre, Dieu a fait entendre sa voix, il « a révélé son nom à Moïse » (Jean-Paul II, Discours lors de la cérémonie de bienvenue, 24 février 2000 : Insegnamenti XXIII, 1 [2000], p. 248) et sur le mont Sinaï, il a confié les dix commandements divins à son peuple ainsi qu’à l’humanité. Sur le sol égyptien, a trouvé refuge et hospitalité la Sainte Famille : Jésus, Marie et Joseph.

L’hospitalité offerte avec générosité, il y a plus de deux mille ans, reste dans la mémoire collective de l’humanité et est source d’abondantes bénédictions qui s’étendent encore. L’Égypte est donc une terre qu’en un certain sens nous sentons tous comme nôtre ! Et comme vous le dites : ‘‘Misr um al dugna / L’Égypte est la mère de l’univers’’. Aujourd’hui, y trouvent également accueil des millions de réfugiés provenant de divers pays, dont le Soudan, l’Erythrée, la Syrie et l’Irak, réfugiés qu’on cherche à intégrer dans la société égyptienne avec un engagement admirable.

L’Égypte, en raison de son histoire et de sa situation géographique particulière, joue un rôle irremplaçable au Moyen Orient et dans le contexte des pays à la recherche de solutions à des problèmes aigus et complexes qui ont besoin d’être affrontés maintenant, pour éviter une dérive de violence plus grave encore. Je me réfère à cette violence aveugle et inhumaine causée par divers facteurs : par le désir borné de pouvoir, du commerce des armes, par de graves problèmes sociaux et par l’extrémisme religieux qui utilise le Saint Nom de Dieu pour perpétrer des massacres et des injustices inouïs.

Ce destin et cette tâche de l’Égypte constituent aussi le motif qui a conduit le peuple à aspirer à une Égypte où ne manquent à personne le pain, la liberté et la justice sociale. Certes, cet objectif deviendra une réalité à condition qu’ensemble tout le monde ait la volonté de transformer les paroles en actions, les légitimes aspirations en engagement, les lois écrites en lois appliquées, en valorisant le génie inné de ce peuple.

L’Égypte a donc un devoir particulier : renforcer et consolider aussi la paix régionale, tout en étant, sur son propre sol, affectée par des violences aveugles. Ces violences font souffrir injustement de nombreuses familles – dont certaines sont ici présentes – qui pleurent leurs fils et leurs filles.

Ma pensée va en particulier à toutes les personnes qui, ces dernières années, ont donné la vie pour sauvegarder leur patrie : les jeunes, les membres des forces armées et de la police, les citoyens coptes et tous les anonymes victimes de diverses actions terroristes. Je pense aussi aux assassinats et aux menaces qui ont provoqué un exode de chrétiens du Sinaï septentrional. J’exprime ma reconnaissance aux Autorités civiles et religieuses et à tous ceux qui ont offert accueil et assistance à ces personnes si éprouvées. Je pense également à ceux qui ont été touchés lors des attentats aux églises coptes, aussi bien en décembre dernier que récemment à Tanta et à Alexandrie. À leurs proches et à toute l’Égypte, vont mes plus sincères condoléances et ma prière au Seigneur afin qu’il accorde une prompte guérison aux personnes blessées.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,

je ne peux pas ne pas encourager l’audace des efforts pour la réalisation de nombreux projets nationaux, ainsi que les nombreuses initiatives qui ont été prises en faveur de la paix dans le pays et en dehors, en vue du développement appelé de tous les vœux, dans la prospérité et dans la paix, que le peuple désire et mérite.

Le développement, la prospérité et la paix sont des biens inaliénables qui méritent tout sacrifice. Ce sont également des objectifs qui demandent du travail sérieux, un engagement convaincu, une méthodologie appropriée et, surtout, le respect inconditionnel des droits inaliénables de l’homme, tels que l’égalité entre tous les citoyens, la liberté religieuse et d’expression, sans aucune distinction (cf. Déclaration universelle des droits de l’homme ; Constitution égyptienne de 2014, chap. III). Des objectifs qui exigent une attention spéciale au rôle de la femme, des jeunes, des plus pauvres et des malades. En réalité, le développement authentique se mesure à la sollicitude envers l’homme – cœur de tout développement – à son éducation, à sa santé et à sa dignité ; en effet, la grandeur de toute nation se révèle par le soin dont elle entoure réellement les plus faibles de la société : les femmes, les enfants, les personnes âgées, les malades, les personnes porteuses de handicap, les minorités afin que personne et aucun groupe social ne soit exclu ou laissé pour compte.

Face à une situation mondiale délicate et complexe, qui fait penser à celle que j’ai appelée une ‘‘guerre mondiale par morceaux’’, il faut rappeler qu’on ne peut pas construire la civilisation sans rejeter toute idéologie du mal, de la violence et toute interprétation extrémiste qui prétend annuler l’autre et anéantir les diversités, en manipulant et en outrageant le Saint Nom de Dieu.

Monsieur le Président, vous m’en avez parlé plus d’une fois et en diverses circonstances avec une clarté, qui mérite écoute et appréciation.

Nous avons tous le devoir d’enseigner aux nouvelles générations que Dieu, le Créateur du ciel et de la terre, n’a pas besoin d’être protégé par les hommes, au contraire c’est lui qui protège les hommes ; lui ne veut jamais la mort de ses enfants mais leur vie et leur bonheur ; il ne peut ni demander ni justifier la violence, au contraire il la déteste et la rejette. Le vrai Dieu appelle à l’amour inconditionnel, au pardon gratuit, à la miséricorde, au respect absolu de toute vie, à la fraternité entre ses enfants, croyants et non croyants.

Nous avons le devoir d’affirmer ensemble que l’histoire ne pardonne pas à ceux qui proclament la justice et pratiquent l’injustice ; elle ne pardonne pas à ceux qui parlent d’égalité et rejettent l’autre qui est différent. Nous avons le devoir de démasquer les vendeurs d’illusions sur l’au-delà, qui prêchent la haine pour voler aux gens simples leur vie présente et leur droit de vivre avec dignité, en les transformant en bois à brûler et en les privant de la capacité de choisir avec liberté et de croire avec responsabilité. Monsieur le président, vous avez dit il y a quelques instants que Dieu est le Dieu de la liberté, et cela est vrai. Nous avons le devoir de démonter les idées homicides et les idéologies extrémistes, en affirmant l’incompatibilité entre la vraie foi et la violence, entre Dieu les actes de mort.

En revanche, l’histoire honore les bâtisseurs de paix, qui, avec courage et sans violence, luttent pour un monde meilleur : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5, 9).

L’Égypte qui, au temps de Joseph, a sauvé les autres peuples de la famine (cf. Gn 47, 57), est donc appelée aujourd’hui également à sauver cette région bien-aimée de la famine de l’amour et de la fraternité; elle est appelée à condamner et à vaincre toute violence et tout terrorisme ; elle est appelée à donner le grain de la paix à tous les cœurs affamés de cohabitation pacifique, de travail digne, d’éducation humaine. L’Égypte, qui en même temps construit et combat le terrorisme, est appelée à donner la preuve que ‘‘AL DIN LILLAH WA AL WATÀN LILGIAMIA’ / La foi est pour Dieu, la patrie est pour tous’’, comme le dit la devise de la Révolution du 23 juillet 1952, manifestant qu’on peut croire et vivre en harmonie avec les autres, en partageant avec eux les valeurs humaines fondamentales et en respectant la liberté et la foi de chacun (cf. Constitution égyptienne de 2014, art. 5). Le rôle particulier de l’Égypte est nécessaire pour pouvoir affirmer que cette région, berceau des trois grandes religions, peut, voire doit se réveiller de la longue nuit de tribulation pour faire rayonner de nouveau les valeurs suprêmes de la justice et de la fraternité, qui sont le fondement solide et la voie obligatoire de la paix (cf. Message pour la Journée Mondiale de la Paix 2014, n. 4). De grandes nations, on ne peut peu attendre !

Cette année, se célèbrera le 70ème anniversaire des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et la République Arabe d’Égypte, l’un des premiers pays arabes à établir de telles relations diplomatiques. Elles ont toujours été caractérisées par l’amitié, par l’estime et par la collaboration réciproque. Je souhaite que ma présente visite puisse les consolider et les renforcer.

La paix est un don de Dieu mais elle est aussi un travail de l’homme. C’est un bien à construire et à protéger, dans le respect du principe qui affirme la force de la loi et non la loi de la force (cf. Message pour la Journée Mondiale de la Paix 2017, n. 1). Paix à ce pays bien-aimé ! Paix à toute cette région, en particulier à la Palestine et à Israël, à la Syrie, à la Libye, au Yémen, à l’Irak, et au Soudan du Sud ; paix à tous les hommes de bonne volonté !

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,

je voudrais adresser une salutation affectueuse et une accolade paternelle à tous les citoyens égyptiens, qui sont symboliquement présents dans cette salle. Je salue également les fils et les frères chrétiens qui vivent dans ce pays : les coptes orthodoxes, les gréco-byzantins, les arméniens orthodoxes, les protestants et les catholiques. Que Saint Marc, l’évangélisateur de cette terre, vous protège et nous aide à construire et à atteindre l’unité, si désirée par Notre Seigneur (cf. Jn 17, 20- 23). Votre présence dans ce pays n’est ni nouvelle ni fortuite, mais historique et inséparable de l’histoire de l’Égypte. Vous êtes une partie intégrante de ce pays et vous avez développé au cours des siècles une sorte de relation unique, une symbiose particulière, qui peut être prise comme exemple par d’autres nations. Vous avez démontré et vous démontrez qu’on peut vivre ensemble, dans le respect réciproque et dans la confrontation loyale, en trouvant dans la différence une source de richesse et jamais un motif d’affrontement (cf. Benoît XVI, Exhort. ap. postsyn. Ecclesia in Medio Oriente, nn. 24-25).

Merci pour votre chaleureux accueil. Je demande à Dieu Tout-puissant et Unique de combler tous les citoyens égyptiens de ses bénédictions divines. Qu’il accorde à l’Égypte paix et prospérité, progrès et justice et qu’il bénisse tous ses enfants !

« Béni soit l’Égypte, mon peuple », dit le Seigneur dans le Livre d’Isaïe (19, 25).

Shukram wa tahìah misr! / Merci et vive l’Égypte !

© Librairie éditrice du Vatican

Le Pape François en Egypte parle sans langue de bois aux musulmans: "tu ne tueras point" et la distinction entre le temporel et le spirituel

Le Pape François en Egypte parle sans langue de bois aux musulmans: "tu ne tueras point" et la distinction entre le temporel et le spirituel

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A lire: Le Cardinal Parolin Zenit: le Pape, un messager de la Paix

Source: I.Media Aymeric Pourbaix

Tu ne tueras point’

capture-d-ecran-2017-04-28-a-17-44-48-l125-h81.pngPour faire face à ce “défi civilisationnel”, le pape a recommandé de s’appuyer sur la dignité humaine et sur les dix commandements donnés à Moïse sur le Mont Sinaï – situé en Egypte – et notamment celui, central, du ‘Tu ne tueras point’.

“La violence est la négation de toute religiosité authentique”, a-t-il de nouveau rappelé. En tant que dignitaires religieux, “nous sommes tenus (…) de mettre en lumière les tentatives de justifier toute forme de haine au nom de la religion, et de les condamner comme des falsifications idolâtriques de Dieu”.

“Répétons un ‘non’ fort et clair à toute forme de violence”, a martelé le pontife, “affirmons ensemble l’incompatibilité entre violence et foi”, et “décrétons la sacralité de toute vie humaine”, a-t-il invité les représentants religieux réunis pour cette Conférence pour la paix.

Risque de confusion des domaines spirituel et temporel

S’inspirant de la vision chrétienne de la laïcité, ce défi suppose encore, a ajouté le pape François, de ne pas “reléguer la religion dans la sphère privée”, en “excluant Dieu de l’horizon”, mais de ne pas non plus confondre les sphères politique et religieuse, sans les distinguer.

Il existe en effet un risque, a relevé le pontife, que “la religion soit absorbée par la gestion des affaires temporelles, et tentée par les mirages des pouvoirs mondains qui en réalité l’instrumentalisent”. Dans l’islam, les deux sphères temporelle et spirituelle sont confondues, alors que le christianisme établit une distinction entre les deux domaines.

Egypte: le Pape François et le Pape copte Tawadros II signent une Déclaration commune

Egypte: le Pape François et le Pape copte Tawadros II signent une Déclaration commune

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La signature du texte commun par le Pape François et Tawadros II.

Une fois encore, les martyrs sont nos guides. Dans l’Église primitive, le sang des martyrs était la semence de nouveaux chrétiens. De même, de nos jours, puisse le sang des très nombreux martyrs être la semence d’unité parmi les disciples du Christ, un signe et un instrument de communion comme de paix pour le monde.

Radio Vatican 

(RV) Le Pape François, chef de l'Église catholique, et son homologue copte orthodoxe, Tawadros II, ont signé une Déclaration commune qui marque une nouvelle étape dans le rapprochement entre coptes et catholiques, en incluant le principe de reconnaissance mutuelle des baptêmes. Les deux Églises renoncent donc solennellement à la possibilité d'un deuxième baptême en cas de passage d'une juridiction à une autre.

Aujourd’hui nous, Pape François et Pape Tawadros II, en vue de satisfaire le cœur du Seigneur Jésus, ainsi que les cœurs de nos fils et filles dans la foi, nous déclarons mutuellement que, dans le même esprit et d’un même cœur, nous chercherons sincèrement à ne plus répéter le baptême qui a été administré dans nos respectives Églises pour toute personne qui souhaite rejoindre l’une ou l’autre. Nous confessons cela en obéissance aux Saintes Écritures et à la foi des trois Conciles œcuméniques célébrés à Nicée, à Constantinople et à Éphèse.

En voici le texte intégral.

Voyage apostolique en Égypte: Déclaration commune de Sa Sainteté François et de Sa Sainteté Tawadros II

Nous, François, Évêque de Rome et Pape de l’Église catholique, et Twardros II, Pape d’Alexandrie et Patriarche du Siège de saint Marc, remercions Dieu dans l’Esprit Saint de nous offrir la joyeuse occasion de nous rencontrer une fois encore, pour échanger une fraternelle accolade et pour nous unir de nouveau dans la prière. Nous glorifions le Tout-Puissant pour les liens de fraternité et d’amitié existant entre le Siège de saint Pierre et le Siège de saint Marc.

Le privilège d’être ensemble ici, en Égypte, est le signe que la solidité de notre relation s’accroît d’année en année, que nous grandissons dans la proximité, dans la foi et dans l’amour du Christ notre Seigneur. Nous remercions Dieu pour l’Égypte bien-aimée, cette ‘‘patrie qui vit en nous’’ comme aimait le dire Sa Sainteté Shenouda III, pour le ‘‘peuple béni de Dieu’’ (cf. Is 19, 25), avec cette antique civilisation des pharaons, avec l’héritage grec et romain, avec la tradition copte et la présence islamique. L’Égypte est le lieu où la Sainte Famille a trouvé refuge, une terre de martyrs et de saints.

Des jeunes martyrs égyptiens 

 

 

 

Notre profond lien d’amitié et de fraternité a son origine dans la pleine communion qui a existé entre nos Églises au cours des premiers siècles et qui était exprimée de multiples manières par les premiers Conciles œcuméniques, jusqu’au Concile de Nicée en 325 et par la contribution du courageux Père de l’Église saint Athanase, qui a reçu le titre de ‘‘Protecteur de la foi’’. Notre communion était exprimée par la prière et par des pratiques liturgiques similaires, par la vénération des mêmes martyrs et saints, ainsi que par le développement et par l’expansion du monachisme, suivant l’exemple du grand saint Antoine, connu comme le Père des moines.

Cette même expérience de communion avant le temps de la séparation a une signification spéciale dans nos efforts pour restaurer la pleine communion aujourd’hui. La plupart des relations existant au cours des premiers siècles entre l’Église catholique et l’Église copte orthodoxe ont perduré jusqu’aujourd’hui malgré les divisions, et ont été revivifiées récemment. Elles nous incitent à intensifier nos efforts communs afin de persévérer dans la recherche d’une unité visible dans la diversité, sous la conduite de l’Esprit Saint.

Nous nous souvenons avec gratitude de la rencontre historique, il y a quarante-quatre ans, entre nos prédécesseurs, le Pape Paul VI et le Pape Shenouda III, dans une accolade de paix et de fraternité, après plusieurs siècles où nos liens mutuels d’amour n’étaient pas capables de trouver une expression à cause de la distance qui est survenue entre nous. La Déclaration commune qu’ils ont signée le 10 mai 1973 a représenté un jalon sur le chemin de l’œcuménisme, et a servi de point de départ à la Commission pour le dialogue théologique entre nos deux Églises, qui a porté beaucoup de fruit et a ouvert la voie à un dialogue plus large entre l’Église catholique et toute la famille des Églises Orientales orthodoxes.

Dans cette Déclaration, nos Églises ont reconnu que, en lien avec la tradition apostolique, elles professent «une foi dans le Dieu Un Trine» et «la divinité de l’Unique Fils né de Dieu… Dieu parfait pour ce qui est de sa divinité, et homme parfait pour ce qui est de son humanité». Il a également été reconnu que «la vie divine nous est donnée et est nourrie en nous à travers les sept sacrements» et que «nous vénérons la Vierge Marie, Mère de la Vraie Lumière», la «Theotokos».

C’est avec une profonde gratitude que nous nous rappelons notre rencontre fraternelle à Rome, le 10 mai 2013, et la proclamation du 10 mai comme le jour où chaque année nous approfondissons l’amitié ainsi que la fraternité entre nos Églises. Cet esprit renouvelé de proximité nous a rendus capables de reconnaître une fois encore que le lien qui nous unit était reçu de notre unique Seigneur le jour de notre baptême. Car c’est à travers le baptême que nous devenons membres du corps unique du Christ qu’est l’Église (cf. 1 Co 12, 13). Cet héritage commun est la base du pèlerinage que nous faisons ensemble vers la pleine communion, tandis que nous grandissons dans l’amour et la réconciliation.

Nous sommes conscients d’avoir encore un long chemin à parcourir dans ce pèlerinage, cependant nous nous souvenons de tout ce qui a été déjà accompli. En particulier, nous nous rappelons la rencontre entre le Pape Shenouda III et saint Jean-Paul II, venu en Égypte en pèlerin durant le Grand Jubilé de l’an 2000. Nous sommes déterminés à suivre leurs pas, animés par l’amour du Christ le Bon Pasteur, profondément convaincus qu’en marchant ensemble, nous grandissons dans l’unité. Puissions-nous puiser notre force de Dieu, parfaite source de communion et d’amour !

Cet amour trouve sa plus profonde expression dans la prière commune. Lorsque des chrétiens prient ensemble, ils en viennent à réaliser que ce qui les unit est plus grand que ce qui les divise. Notre désir d’unité est inspiré par la prière du Christ «que tous soient un» (Jn 17, 21). Approfondissons nos racines communes dans la foi apostolique en priant ensemble et en recherchant les traductions communes de la Prière du Seigneur et une date commune pour la célébration de Pâques.

Alors que nous cheminons vers le jour béni où, enfin, nous serons rassemblés autour de la même table eucharistique, nous pouvons coopérer dans plusieurs domaines et démontrer d’une manière tangible la grande richesse qui nous unit déjà. Nous pouvons témoigner ensemble de valeurs fondamentales telles que la sainteté et la dignité de la vie humaine, le caractère sacré du mariage et de la famille, ainsi que le respect de toute la création, qui nous a été confiée par Dieu.

Face à de nombreux défis contemporains comme la sécularisation et la globalisation de l’indifférence, nous sommes appelés à offrir une réponse commune fondée sur les valeurs de l’Évangile et sur les trésors de nos traditions respectives. À ce sujet, nous sommes encouragés à entreprendre une étude plus approfondie des Pères orientaux et latins, et à promouvoir un échange fructueux sur le plan pastoral, spécialement dans la catéchèse, et pour un mutuel enrichissement spirituel entre des communautés monastiques et religieuses.

Notre témoignage chrétien commun est un signe de réconciliation et d’espérance rempli de grâce pour la société égyptienne et pour ses institutions, un grain semé pour porter des fruits de justice et de paix. Puisque nous croyons que tout être humain est créé à l’image de Dieu, nous luttons pour la sérénité et la concorde à travers une cohabitation pacifique des chrétiens et des musulmans, en témoignant ainsi du désir de Dieu pour l’unité et l’harmonie de la famille humaine tout entière et pour l’égale dignité de chaque être humain. Nous partageons la préoccupation pour le bien-être et l’avenir de l’Égypte.

Tous les membres de la société ont le droit et le devoir de participer pleinement à la vie de la nation., en jouissant de la pleine et égale citoyenneté et en collaborant pour bâtir leur société.  La liberté de religion, incluant la liberté de conscience, enracinée dans la dignité de la personne, est la pierre angulaire de toutes les autres libertés. C’est un droit sacré et inaliénable.

Intensifions notre inlassable prière pour tous les chrétiens en Égypte et de par le monde entier, et spécialement au Moyen Orient. Les expériences tragiques ainsi que le sang versé par nos fidèles persécutés et tués pour la seule raison d’être chrétiens rappellent à nous tous combien davantage l’œcuménisme du martyre nous unit et nous encourage sur le chemin de la paix et de la réconciliation. Car, comme l’a écrit saint Paul : «Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance» (1 Co 12, 26).

Le mystère de Jésus qui est mort et ressuscité par amour se trouve au cœur de notre cheminement vers l’unité. Une fois encore, les martyrs sont nos guides. Dans l’Église primitive, le sang des martyrs était la semence de nouveaux chrétiens. De même, de nos jours, puisse le sang des très nombreux martyrs être la semence d’unité parmi les disciples du Christ, un signe et un instrument de communion comme de paix pour le monde.

Obéissant au travail de l’Esprit Saint, qui sanctifie l’Église, la garde tout au long des siècles, et la conduit vers la pleine unité – cette unité pour laquelle Jésus a prié :

Aujourd’hui nous, Pape François et Pape Tawadros II, en vue de satisfaire le cœur du Seigneur Jésus, ainsi que les cœurs de nos fils et filles dans la foi, nous déclarons mutuellement que, dans le même esprit et d’un même cœur, nous chercherons sincèrement à ne plus répéter le baptême qui a été administré dans nos respectives Églises pour toute personne qui souhaite rejoindre l’une ou l’autre. Nous confessons cela en obéissance aux Saintes Écritures et à la foi des trois Conciles œcuméniques célébrés à Nicée, à Constantinople et à Éphèse.

Nous demandons à Dieu notre Père de nous guider, dans le temps et par les moyens que l’Esprit Saint choisira, vers la pleine unité dans le Corps mystique du Christ.

Laissons-nous, donc, guider par les enseignements et par l’exemple de l’apôtre Paul, qui a écrit : «Ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous» (Ep 4, 3-6).

(CV)

"Votre souffrance est notre souffrance", lance le pape aux orthodoxes visés par les attentats

28.04.2017 par Aymeric Pourbaix, I.MEDIA, depuis le Caire

RV25183_Articolo.jpgA l’issue de la première journée de son voyage apostolique en Egypte, le 28 avril 2017, le pape François s’est rendu auprès du patriarche copte orthodoxe Tawadros II au siège du patriarcat. Le successeur de Pierre a souligné la fécondité des nombreux martyrs de ce pays pour l’unité des chrétiens.

Après une brève rencontre en privé avec le patriarche copte d’Alexandrie et de toute l’Afrique, le pape François s’est adressé aux différentes délégations chrétiennes présentes: “que de martyrs dans ce pays, depuis les premiers siècles du christianisme”, s’est exclamé le pape, qui ont vécu la foi héroïquement et jusqu’au bout, “en versant leur sang plutôt que de renier le Seigneur”.

Le sang innocent de fidèles sans défense

Encore récemment, a rappelé le pontife en parlant des attentats contre les coptes en avril et décembre dernier, “le sang innocent de fidèles sans défense a été cruellement versé”. Mais “leur sang innocent nous unit”, a-t-il cependant souligné.

“Très cher Frère, s’est-il adressé au patriarche copte, tout comme la Jérusalem céleste est unique, unique est notre martyrologe, et vos souffrances sont aussi nos souffrances”. Il a en outre demandé de prier pour que “tant de sacrifices ouvrent la voie à un avenir de pleine communion entre nous et de paix pour tous”.

La sainteté au désert

Dans cette “merveilleuse histoire de sainteté de cette terre”, le pape François a également mentionné, après les persécutions, l’émergence dans le désert égyptien du monachisme, “vie nouvelle qui a fait fleurir de sainteté le désert”. Le monachisme chrétien est en effet né dans le désert d’Egypte au 4e siècle, avec saint Antoine, avant d’être ‘importé’ en Occident.

Dans son discours d’introduction, le patriarche copte Tawadros II a notamment remercié l’Eglise catholique pour l’œuvre accomplie par les ordres religieux – religieuses, jésuites, dominicains – en matière de culture et d’instruction en Egypte. Ceux-ci, a-t-il affirmé, ont apporté  l’expérience moderne  et contribué au développement de toute la société égyptienne.

Rompre ensemble le pain sur l’autel sacré

Le 118e patriarche copte d’Alexandrie a aussi confié attendre “le jour où nous romprons ensemble le pain sur l’autel sacré”. Le prédécesseur de l’actuel patriarche, Chenouda III, avait jusqu’à présent interdit aux catholiques de communier au cours d’une eucharistie orthodoxe en Egypte.

A l’issue de la rencontre, le pape et le patriarche ont signé une déclaration commune, avant de participer à une prière œcuménique en faveur des coptes tués lors des récents attentats. Dans cette déclaration, les deux chefs religieux rappellent la déclaration conjointe du pape Paul VI et du patriarche Chenouda III, en 1973. En matière de sacrements, le pape François et Tawadros II affirment notamment leur désir commun de partager la même table eucharistique, et de ne pas ‘rebaptiser’ un fidèle déjà baptisé dans une autre confession chrétienne.

(cath.ch/imedia/ap/be)

Le Pape François en Egypte s'exprime à l'Université Al-Azhar du Caire:"aujourd’hui, il faut des des pompiers et non des pyromanes"

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(Photo: Philippine de Saint Pierre KTO)

Le Pape François en Egypte s'exprime à l'Université Al-Azhar du Caire: "aujourd’hui, il faut des des pompiers et non des pyromanes". 

La violence, en effet, est la négation de toute religiosité authentique.

Seule la paix est sainte et aucune violence ne peut être perpétrée au nom de Dieu, parce qu’elle profanerait son Nom.

Aujourd’hui, il faut des bâtisseurs de paix, non des armes ; aujourd’hui il faut des bâtisseurs de paix, non des provocateurs de conflits ; des pompiers et non des pyromanes ; des prédicateurs de réconciliation et non des propagateurs de destruction.

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Le Pape François a confié son voyage à la Vierge Marie (Photo Greg Burke)

(A lire: discours aux autorités d'Egypte, Zenit)

 

VOYAGE APOSTOLIQUE DU PAPE FRANÇOIS EN ÉGYPTE

(28-29 AVRIL 2017)

DISCOURS DU SAINT-PÈRE
AUX PARTICIPANTS À LA
CONFÉRENCE INTERNATIONALE POUR LA PAIX

Al-Azhar Conference Centre, Le Caire
Vendredi 28 avril 2017

[Multimédia]


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Le Pape François dans l'avion vers l'Egypte (photo Greg Burke)

  

La vidéo avec Rome Reports

 

Al Salamò Alaikum !

C’est un grand don d’être ici et de commencer en ce lieu ma visite en Égypte, en m’adressant à vous dans le cadre de cette Conférence internationale pour la paix. Je remercie mon frère, le Grand Imam pour l’avoir conçue et organisée et pour avoir eu l’amabilité de m’inviter. Je voudrais vous proposer quelques pensées, en les tirant de la glorieuse histoire de cette terre, qui au cours des siècles est apparue au monde comme une terre de civilisation et une terre d’alliances.

C-gbnmIW0AAQXFq.jpgTerre de civilisation. Depuis l’antiquité, la société apparue sur les rives du Nil a été synonyme de civilisation : en Égypte, la lumière de la connaissance s’est hissée très haut, en faisant germer un patrimoine culturel inestimable, fait de sagesse et de talent, d’acquisitions mathématiques et astronomiques, de formes admirables d’architecture et d’art figuratif. La recherche du savoir et la valeur de l’instruction ont été des choix féconds de développement réalisés par les anciens habitants de cette terre. Ce sont également des choix nécessaires pour l’avenir, des choix de paix et pour la paix, car il n’y aura pas de paix sans une éducation adéquate des jeunes générations. Et il n’y aura pas une éducation adéquate pour les jeunes d’aujourd’hui si la formation offerte ne correspond pas bien à la nature de l’homme, en tant qu’être ouvert et relationnel.

L’éducation devient, en effet, sagesse de vie quand elle est capable de faire jaillir de l’homme, en contact avec Celui qui le transcende et avec ce qui l’entoure, le meilleur de lui-même, en modelant une identité non repliée sur elle-même. La sagesse recherche l’autre, en surmontant la tentation de se raidir et de s’enfermer ; ouverte et en mouvement, humble et en recherche à la fois, elle sait valoriser le passé et le mettre en dialogue avec le présent, sans renoncer à une herméneutique appropriée. Cette sagesse prépare un avenir dans lequel on ne vise pas à se faire prévaloir, mais à faire prévaloir l’autre comme partie intégrante de soi ; elle ne se lasse pas, dans le présent, de repérer des occasions de rencontre et de partage ; elle apprend du passé que du mal n’émane que le mal, et de la violence que la violence, dans une spirale qui finit par emprisonner. Cette sagesse, en rejetant la soif de prévarication, met au centre la dignité de l’homme, précieux aux yeux de Dieu, et une éthique qui soit digne de l’homme, en refusant la peur de l’autre et la crainte de connaître par ces moyens dont le Créateur l’a doté[1].

Justement dans le domaine du dialogue, spécialement interreligieux, nous sommes toujours appelés à marcher ensemble, convaincus que l’avenir de tous dépend aussi de la rencontre entre les religions et les cultures. En ce sens, le travail du Comité mixte pour le Dialogue entre le Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux et le Comité d’Al-Azhar pour le Dialogue nous offre un exemple concret et encourageant. Trois orientations fondamentales, si elles sont bien conjuguées, peuvent aider le dialogue : le devoir de l’identité, le courage de l’altérité et la sincérité des intentions. Le devoir d’identité, car on ne peut pas bâtir un vrai dialogue sur l’ambiguïté ou en sacrifiant le bien pour plaire à l’autre ; le courage de l’altérité, car celui qui est différent de moi, culturellement et religieusement, ne doit pas être vu et traité comme un ennemi, mais accueilli comme un compagnon de route, avec la ferme conviction que le bien de chacun réside dans le bien de tous ; la sincérité des intentions, car le dialogue, en tant qu’expression authentique de l’humain, n’est pas une stratégie pour réaliser des objectifs secondaires, mais un chemin de vérité, qui mérite d’être patiemment entrepris pour transformer la compétition en collaboration.

Éduquer à l’ouverture respectueuse et au dialogue sincère avec l’autre, en reconnaissant ses droits et ses libertés fondamentales, spécialement la liberté religieuse, constitue la meilleure voie pour bâtir ensemble l’avenir, pour être des bâtisseurs de civilisation. Car l’unique alternative à la civilisation de la rencontre, c’est la barbarie de la confrontation, il n’y en a pas d’autre. Et pour s’opposer vraiment à la barbarie de celui qui souffle sur la haine et incite à la violence, il faut accompagner et faire mûrir des générations qui répondent à la logique incendiaire du mal par la croissance patiente du bien : des jeunes qui, comme des arbres bien plantés, sont enracinés dans le terrain de l’histoire et, grandissant vers le Haut et à côté des autres, transforment chaque jour l’air pollué de la haine en oxygène de la fraternité.

Dans ce défi de civilisation si urgent et passionnant, nous sommes appelés, chrétiens et musulmans, ainsi que tous les croyants, à apporter notre contribution : « nous vivons sous le soleil d’un unique Dieu miséricordieux […] En ce sens, nous pouvons donc nous appeler, les uns les autres, frères et sœurs […], car sans Dieu la vie de l’homme serait comme le ciel sans le soleil » (Jean-Paul II, Discours aux autorités musulmanes, Kaduna (Nigéria), 14 février 1982). Que se lève le soleil d’une fraternité renouvelée au nom de Dieu et que jaillisse de cette terre, embrassée par le soleil, l’aube d’une civilisation de la paix et de la rencontre ! Qu’intercède pour cela saint François d’Assise, qui, il y a huit siècles, est venu en Égypte et a rencontré le Sultan Malik al Kamil !

Terre d’alliances. En Égypte, ne s’est pas levé uniquement le soleil de la sagesse ; la lumière polychromatique des religions a également rayonné sur cette terre : ici, tout au long des siècles, les différences de religion ont constitué « une forme d'enrichissement mutuel au service de l'unique communauté nationale » (Id., Discours lors de la cérémonie d’arrivée, le Caire, 24 février 2000). Des croyances diverses se sont croisées et des cultures variées se sont mélangées, sans se confondre mais en reconnaissant l’importance de l’alliance pour le bien commun. Des alliances de ce genre sont plus que jamais urgentes aujourd’hui. En en parlant, je voudrais utiliser comme symbole le ‘‘Mont de l’Alliance’’ qui se dresse sur cette terre. Le Sinaï nous rappelle avant tout qu’une authentique alliance sur cette terre ne peut se passer du Ciel, que l’humanité ne peut se proposer de jouir de la paix en excluant Dieu de l’horizon, ni ne peut gravir la montagne pour s’emparer de Dieu (cf. Ex 19, 12).

Il s’agit d’un message actuel, face à la persistance d’un danger paradoxal, qui fait que d’une part on tend à reléguer la religion dans la sphère privée, sans la reconnaître comme dimension constitutive de l’être humain et de la société ; d’autre part, on confond, sans distinguer de manière appropriée, la sphère religieuse et la sphère politique. Il existe le risque que la religion en vienne à être absorbée par la gestion des affaires temporelles et à être tentée par les mirages des pouvoirs mondains qui, en réalité, l’instrumentalisent.

Dans un monde qui a globalisé beaucoup d’instruments techniques utiles, mais en même temps beaucoup d’indifférence et de négligences, et qui évolue à une vitesse frénétique, difficilement soutenable, on observe la nostalgie des grandes questions de sens, que les religions font émerger et qui suscitent la mémoire des propres origines : la vocation de l’homme, qui n’est pas fait pour s’épuiser dans la précarité des affaires terrestres, mais pour cheminer vers l’Absolu vers lequel il tend. C’est pourquoi, aujourd’hui spécialement, la religion n’est pas un problème mais fait partie de la solution : contre la tentation de s’accommoder à une vie plate, où tout naît et finit ici-bas, elle nous rappelle qu’il faut élever l’âme vers le Haut pour apprendre à construire la cité des hommes.

En ce sens, en tournant encore le regard vers le Mont Sinaï, je voudrais me référer à ces commandements, qui y ont été promulgués, avant d’être écrits sur la pierre [2]. Au centre des ‘‘dix paroles’’ résonne, adressé aux hommes et aux peuples de tous les temps, le commandement « tu ne tueras pas » (Ex 20, 13). Dieu, qui aime la vie, ne se lasse pas d’aimer l’homme et c’est pourquoi il l’exhorte à s’opposer à la voie de la violence, comme présupposé fondamental de toute alliance sur la terre. Avant tout et en particulier aujourd’hui, ce sont les religions qui sont appelées à réaliser cet impératif ; tandis que nous nous trouvons dans le besoin urgent de l’Absolu, il est indispensable d’exclure toute absolutisation qui justifie des formes de violence. La violence, en effet, est la négation de toute religiosité authentique.

En tant que responsables religieux, nous sommes donc appelés à démasquer la violence sous les airs d’une présumée sacralité, qui flatte l’absolutisation des égoïsmes au détriment de l’authentique ouverture à l’Absolu. Nous sommes tenus de dénoncer les violations contre la dignité humaine et contre les droits humains, de porter à la lumière les tentatives de justifier toute forme de haine au nom de la religion et de les condamner comme falsification idolâtrique de Dieu : son nom est Saint, il est Dieu de paix, Dieu salam (cf. Discours à la Mosquée Centrale de Koudoukou, Bangui [République centrafricaine], 30 novembre 2015). C’est pourquoi, seule la paix est sainte et aucune violence ne peut être perpétrée au nom de Dieu, parce qu’elle profanerait son Nom.

18194257_10212430269701194_2036799732733005389_n.jpgEnsemble, de cette terre de rencontre entre Ciel et terre, terre d’alliances entre les peuples et entre les croyants, redisons un ‘‘non’’ fort et clair à toute forme de violence, de vengeance et de haine commise au nom de la religion ou au nom de Dieu. Ensemble, affirmons l’incompatibilité entre violence et foi, entre croire et haïr. Ensemble, déclarons la sacralité de toute vie humaine opposée à toute forme de violence physique, sociale, éducative ou psychologique. La foi qui ne naît pas d’un cœur sincère et d’un amour authentique envers Dieu Miséricordieux est une forme d’adhésion conventionnelle ou sociale qui ne libère pas l’homme mais l’opprime. Disons ensemble : plus on grandit dans la foi en Dieu, plus on grandit dans l’amour du prochain.

Mais la religion n’est certes pas uniquement appelée à démasquer le mal ; elle a en soi la vocation de promouvoir la paix, aujourd’hui probablement plus que jamais[3]. Sans céder à des syncrétismes conciliants (Cf. Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 251), notre devoir est de prier les uns pour les autres, demandant à Dieu le don de la paix, de nous rencontrer, de dialoguer et de promouvoir la concorde en esprit de collaboration et d’amitié. Nous, en tant que chrétiens – et moi je suis chrétien – « nous ne pouvons invoquer Dieu, Père de tous les hommes, si nous refusons de nous conduire fraternellement envers certains des hommes créés à l’image de Dieu » (Concile Vatican II, Décl. Nostra aetate, n. 5).

Frères de tous. En outre, nous reconnaissons que, immergés dans une lutte constante contre le mal qui menace le monde afin qu’il ne soit plus « le lieu d’une réelle fraternité », à ceux qui « croient à la divine charité, [Dieu] apporte ainsi la certitude que la voie de l’amour est ouverte à tous les hommes et que l’effort qui tend à instaurer une fraternité universelle n’est pas vain » (Id., Const. past. Gaudium et spes, nn. 37-38). Au contraire, cet effort est essentiel : il sert à peu de chose ou il ne sert à rien, en effet, de hausser la voix et de courir nous réarmer pour nous protéger : aujourd’hui, il faut des bâtisseurs de paix, non des armes ; aujourd’hui il faut des bâtisseurs de paix, non des provocateurs de conflits ; des pompiers et non des pyromanes ; des prédicateurs de réconciliation et non des propagateurs de destruction.

On assiste avec désarroi au fait que, tandis que d’une part on s’éloigne de la réalité des peuples, au nom d’objectifs qui ne respectent personne, de l’autre, par réaction, surgissent des populismes démagogiques, qui certes n’aident pas à consolider la paix et la stabilité : aucune incitation à la violence ne garantira la paix, et toute action unilatérale qui n’engage pas des processus constructifs et partagés est, en réalité, un cadeau aux partisans des radicalismes et de la violence.

Pour prévenir les conflits et édifier la paix, il est fondamental d’œuvrer pour résorber les situations de pauvreté et d’exploitation, là où les extrémismes s’enracinent plus facilement, et bloquer les flux d’argent et d’armes vers ceux qui fomentent la violence. Encore plus à la racine, il faut combattre la prolifération des armes qui, si elles sont fabriquées et vendues, tôt ou tard, seront aussi utilisées.

Ce n’est qu’en rendant transparentes les sombres manœuvres qui alimentent le cancer de la guerre qu’on peut en prévenir les causes réelles. Les responsables des nations, des institutions et de l’information sont tous tenus à cet engagement urgent et grave, comme nous, responsables de civilisation, convoqués par Dieu, par l’histoire et par l’avenir, nous sommes tenus d’engager, chacun dans son domaine, des processus de paix, en ne nous soustrayant pas à l’édification de solides bases d’alliance entre les peuples et les États. Je souhaite que cette noble et chère terre d’Égypte, avec l’aide de Dieu, puisse répondre encore à sa vocation de civilisation et d’alliance, en contribuant à développer des processus de paix pour ce peuple bien-aimé et pour la région moyenne-orientale tout entière.

Al Salamò Alaikum !

 


[1] « D’autre part, une éthique de fraternité et de coexistence pacifique entre les personnes et entre les peuples ne peut se fonder sur la logique de la peur, de la violence et de la fermeture, mais sur la responsabilité, sur le respect et sur le dialogue sincère » : La non-violence, style d’une politique pour la paix, Message pour la Journée Mondiale de la Paix 2017, n. 5.

[2] « Ils ont été écrits dans la pierre ; mais avant cela, ils ont été écrits dans le cœur de l'homme comme la loi morale universelle, valable en tout temps et en tout lieu. Aujourd'hui comme toujours, les dix Paroles de la Loi fournissent les seules véritables bases pour la vie des personnes, des sociétés et des nations […], elles constituent le seul avenir pour la famille humaine. Elles sauvent l'humanité des forces destructrices de l'égoïsme, de la haine et du mensonge. Elles mettent en évidence les faux dieux qui maintiennent les hommes dans l'esclavage : l'amour de soi jusqu'au refus de Dieu, l'avidité pour le pouvoir et le plaisir qui bouleverse l'ordre de la justice et dégrade notre dignité humaine et celle de notre prochain ». Id., Homélie lors de la célébration de la Parole au Mont Sinaï, Monastère de Sainte Catherine, 26 février 2000.

[3] « Peut-être, plus que jamais dans l’histoire de l’humanité, le lien intrinsèque entre une attitude authentiquement religieuse et le grand bien de la foi est-il devenu évident pour tous » (Jean-Paul II, Discours aux Représentants des Églises chrétiennes et des Communautés ecclésiales et des religions mondiales, Assise, 27 octobre 1986, Insegnamenti IX, 2 (1986), p. 1268.

A la mosquée Al-Azhar, le pape condamne la violence au nom de Dieu

28.04.2017 par Aymeric Pourbaix, I.MEDIA, depuis le Caire

A la mosquée Al-Azhar, le pape François a condamné la violence au nom de Dieu. Lors de son 18e voyage apostolique hors d’Italie, le pape François est intervenu, le 28 avril 2017 au Caire, au cours de la Conférence internationale pour la paix organisée par l’université Al-Azhar.

Le Souverain pontife a prononcé un discours d’équilibre et sans concession, appelant à éduquer les jeunes générations à rejeter toute violence au nom de Dieu, la qualifiant de “falsification”.

Après une entrevue en privé de 20 minutes environ au Palais présidentiel d’Heliopolis, au nord-est du Caire, avec le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, au cours de laquelle le pontife devait insister sur la protection des chrétiens, le pape s’est rendu à la mosquée-université d’Al-Azhar.

Il n’existe pas d’autre alternative à la “barbarie de la confrontation” que la culture de la rencontre, a prévenu le pontife au cours de son discours. “Pour s’opposer vraiment à la barbarie de celui qui souffle sur la haine, a-t-il poursuivi, il faut (…) faire mûrir des générations”, qui répondent à la logique “incendiaire” du mal par la “croissance patiente du bien”.

‘Tu ne tueras point’

Pour faire face à ce “défi civilisationnel”, le pape a recommandé de s’appuyer sur la dignité humaine et sur les dix commandements donnés à Moïse sur le Mont Sinaï – situé en Egypte – et notamment celui, central, du ‘Tu ne tueras point’.

“La violence est la négation de toute religiosité authentique”, a-t-il de nouveau rappelé. En tant que dignitaires religieux, “nous sommes tenus (…) de mettre en lumière les tentatives de justifier toute forme de haine au nom de la religion, et de les condamner comme des falsifications idolâtriques de Dieu”.

“Répétons un ‘non’ fort et clair à toute forme de violence”, a martelé le pontife, “affirmons ensemble l’incompatibilité entre violence et foi”, et “décrétons la sacralité de toute vie humaine”, a-t-il invité les représentants religieux réunis pour cette Conférence pour la paix.

Risque de confusion des domaines spirituel et temporel

S’inspirant de la vision chrétienne de la laïcité, ce défi suppose encore, a ajouté le pape François, de ne pas “reléguer la religion dans la sphère privée”, en “excluant Dieu de l’horizon”, mais de ne pas non plus confondre les sphères politique et religieuse, sans les distinguer.

Il existe en effet un risque, a relevé le pontife, que “la religion soit absorbée par la gestion des affaires temporelles, et tentée par les mirages des pouvoirs mondains qui en réalité l’instrumentalisent”. Dans l’islam, les deux sphères temporelle et spirituelle sont confondues, alors que le christianisme établit une distinction entre les deux domaines.

Dialogue en vérité, sans syncrétisme

Le dialogue interreligieux, a expliqué le successeur de Pierre, n’est pas un “syncrétisme conciliant”. Il doit suivre trois orientations fondamentales: le “devoir d’identité”, sans ambiguïté ni complaisance; le “courage de l’altérité” et enfin la sincérité des intentions”. Le dialogue ne peut être une stratégie pour réaliser des fins secondaires, a-t-il remarqué, mais doit être une “voie de vérité”.

Avant son intervention lors de la Conférence pour la paix, le pape François avait rencontré en privé le cheikh Ahmad Al-Tayeb, Grand imam d’Al-Azhar, pendant une vingtaine de minutes. La mosquée d’Al-Azhar, construite en 969, un an après la conquête musulmane de l’Egypte par les Fatimides, est la plus ancienne université islamique. Gardienne de l’orthodoxie sunnite, elle accueille 300’000 personnes de l’ensemble du monde musulman.

Al-Azhar s’est opposée aux Frères musulmans lorsque ceux-ci ont voulu imposer leur idéologie politique radicale fondée sur l’islam, sous la présidence de Mohammed Morsi. Mais également à l’actuelle présidence d’Al-Sissi, lorsque celui-ci a demandé, il y a quelques semaines, une réforme du droit coranique, notamment en cas de divorce par répudiation, jusqu’à présent réduit à un simple mot prononcé trois fois.

(cath.ch/imedia/ap/be)

mercredi, 26 avril 2017

Le Pape François ne veut pas entrer dans le piège d'un guerre de religion avec l'islam

Le Pape François ne veut pas entrer dans le piège d'un guerre de religion avec l'islam

Unknown-3.jpegNombres de chrétiens reprochent au Pape François une approche angélique face à l'islam. 

Le Cardinal Secrétaire d'Etat Mgr Parolin a rappelé que le Saint Père ne veut surtout pas céder au piège tendu par les islamistes, les fondamentalistes, les extrémistes, les fanatiques, en clair l'Etat islamique ou Daesh.

Dans un monde en guerre, une guerre en morceaux, le but du Pape François consiste à construire des ponts, à dialoguer, à travailler avec les sages et bonnes personnes de la religion musulmane. Elles sont très et fort nombreuses, et peut-être trop silencieuses. 

Par rapport au monde musulman, complexe et vaste, l'unité n'existe pas. L'islam n'existe pas. Il y a des islams. Je pensais un temps que Magdi Cristiano Allam, baptisé catholique était fiable. Dès son départ de la foi catholique, je n'ai plus trop suivi ses discours. Ces attaques continuelles envers le Cardinal Tauran m'ont semblé peu équilibrées.

A l'aube du départ de notre Pape François pour l'Egypte, je partage un article du Père Boulad, jésuite égyptien, sans partager toutes ses opinions. Il est tout de même un grand connaisseur de l'histoire de l'islam. Certes, Sandro Magister, vaticaniste, est tout content de secouer le Pape François.

La mise en garde d’un jésuite égyptien face à l’islam, « religion de l’épée »

Unknown-2.jpegDans quelques jours, le vendredi 28 avril, le pape François atterrira dans une Egypte encore marquée par les massacres du dimanche des rameaux perpétré par des musulmans dans deux églises chrétiennes bondées de fidèles.

Pourtant, le mantra des autorités vaticanes, à commencer par le pape, continue à être que « l’islam est une religion de paix ».  Il est formellement interdit de parler de « guerre de religion » ou de « terrorisme islamique ».

« Civiltà Cattolica » avait bien tenté à une occasion d’affronter la réalité en face dans un éditorial de 2014 signé par le père Luciano Larivera qui écrivait ceci à propos de l’aile la plus belliqueuse du monde musulman :

« Il s’agit d’une guerre est une guerre de religion et d’anéantissement.  Elle instrumentalise le pouvoir pour la religion et non l’inverse. »

Mais le père Antonio Spadaro était immédiatement intervenu pour démentir cette vérité simple inopinément parue dans la revue qu’il dirige.

A la veille d’un voyage de François au Caire, voici pourtant que cette vérité refait surface, bien argumentée, cette fois dans les pages de l’Osservatore Romano, et à nouveau sous la plume d’un jésuite.

Le nom de ce dernier est Henri Boulad.  Il a 86 ans et est né à Alexandrie en Egypte.  Il est issu d’une famille syrienne de rite melkite qui a fui les massacres antichrétiens de 1860.  Il vit au Caire et ce qui va suivre est une partie de l’interview qu’il a accordée au quotidien du Saint-Siège en date du 13 avril, le jour du Jeudi Saint.

– Père Boulad, vous avez été recteur du Collège des jésuites au Caire où de nombreux musulmans et chrétiens ont étudié dans un exemple concret de vivre-ensemble. Et pourtant aujourd’hui le monde semble subir les assauts de ce même islam.

– Mais de quel islam parlons-nous ? Voilà toute la question. On trouve dans le Coran les versets de la Mecque et ceux de Médine. Dans ceux écrits à La Mecque, Mahomet tient un discours très ouvert qui parle d’amour et dans lesquels les juifs et les chrétiens sont nos amis, il n’y a pas d’obligation en matière de religion et Dieu est plus proche de nous. La première partie de la vie de Mahomet transmet donc un message spirituel, de réconciliation et d’ouverture.

Mais quand Mahomet quitte La Mecque pour fonder Médine, il y a un changement. De chef spirituel, il devient un chef d’Etat, militaire et politique. Aujourd’hui, ces versets de Médine forment les trois quarts du Coran et sont un appel à la guerre, à la violence et à la lutte contre les chrétiens.

Les musulmans des IXe et Xe siècles ont pris acte de cette contradiction et se sont mis ensemble pour tenter de la résoudre, le résultat fut qu’ils prirent cette décision désormais célèbre d’abrogeant et d’abrogé : les versets de Médine abrogent ceux de La Mecque. Mais ce n’est pas tout. Le soufisme fut mis à l’index et des bibliothèques entières furent incendiées en Egypte et en Afrique du Nord.

Il faudrait donc reprendre les versets originaux qui sont à la source, c’est-à-dire précisément les versets de La Mecque, mais ceux-ci sont abrogés, ce qui fait de l’islam une religion de l’épée.

– De nombreux observateurs et analystes parlent pourtant d’un islam modéré.

– L’islam modéré est une hérésie mais nous devons faire la distinction entre l’idéologie et les personnes, la majeure partie des musulmans sont des gens très ouverts, gentils et modérés. Mais l’idéologie présentée dans les manuels scolaires est quant à elle radicale.

Chaque vendredi, les enfants entendent la prédication de la mosquée qui est une incitation permanente : celui qui quitte la religion musulmane doit être puni de mort, il ne faut saluer ni une femme ni un infidèle. Heureusement cela n’est pas mis en pratique mais les frères musulmans et les salafistes souhaitent en revanche appliquer cette doctrine, les musulmans modérés n’ont pas voix au chapitre et le pouvoir se trouve dans les mains de ceux qui prétendent interpréter l’orthodoxie et la vérité.

Ceux qui ont le pouvoir aujourd’hui, ce ne sont pas les musulmans qui ont pris dans l’islam ce qui était compatible avec la modernité et avec la vie commune avec d’autres populations mais bien les musulmans radicaux, ceux qui appliquent une interprétation littérale et parfois instrumentale du Coran et qui refusent tout dialogue.

– Mais en agissant de la sorte, ils nient l’œuvre de tous les grands penseurs musulmans comme Avicenne ou Al-Ghazali.

– Oui, et c’est là le point sensible. La réforme qui s’est produite dans l’histoire de l’islam a été réfutée. par exemple, le calife abbasside El Maamoun né à Bagdad en 786 et mort à Tarse en 833, disciple des mutazilites, les rationalistes de l’islam, a bien tenté une réforme mais qui se souvient de lui aujourd’hui ? Ce qui a prévalu, c’est l’islam fermé et rigoriste de Mohammed ibn Abd al Wahhab.

La dernière réforme en date fut celle tentée par le cheikh Mahmoud Taha au Soudan, qui a été cependant pendu sur la place de Karthoum parce qu’il affirmait que les versets de La Mecque devaient abroger ceux de Médine.

Il s’agit d’un problème interne à l’islam qui ne propose pas de réponses aux questions de la vie moderne et se trouve face au besoin de se réformer. L’islam aurait besoin d’un Vatican II.

– Quels défis attendent aujourd’hui l’Egypte ?

– Un phénomène dont on parle assez peu, c’est l’athéisme. En Egypte, il y a plus de deux millions d’athées. Ils le sont devenus parce qu’ils ne supportent plus que la religion incite à la violence ou aux exécutions capitales. Dans cela, il n’y a rien de divin. Ils ne veulent plus du fanatisme ou de la liturgie comme répétition mécanique de gestes et de prières. Et abandonner la religion est quelque chose d’inédit en Egypte et dans le monde arabe.

Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.
 
Source

mardi, 25 avril 2017

Cardinal Müller: la grande masse des fidèles est trop fascinée par Medjugorje

yiiqqro6so5vp13dl3hgaowwmqszqx_lfufvx8e7xe_snel-zrv6lpwuioir5simxr5oygeqiljng5h4qzmr1n8hxl6oyq.jpgInterview du Cardinal par Aleteia: Amoris Laetitia, Medjugorje ... 

 

Cardinal Müller: la grande masse des fidèles est trop fascinée par Medjugorje

medjugorje-commission.jpgLe cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a précisé le 10 avril 2017 que la décision définitive du Saint-Siège sur les événements de Medjugorje pourrait prendre du temps.

Le prélat allemand a récemment accordé un entretien à l’agence de presse catholique polonaise KAI dans lequel il rappelle qu’un phénomène pastoral “ne saurait être basé sur de fausses fondations”. 

Cette déclaration intervient alors que Mgr Henryk Hoser, envoyé spécial du pape François à Medjugorje, est arrivé le 29 mars dernier dans le sanctuaire marial pour une mission d’ordre pastoral qui n’a pas à prendre position sur la réalité - ou non - des apparitions qui s'y dérouleraient depuis 36 ans. 

Mais pour le cardinal Müller, il n'est pas question d’équiparer Medjugorje à Fatima : dans le cas des apparitions de Fatima en 1917, au Portugal, a rappelé le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, il y avait « une invocation claire et catégorique contre la propagation du communisme et un appel prophétique à s’y opposer par la prière et le témoignage ». Les apparitions de Fatima avaient de plus été officiellement reconnues en 1930, soit 13 ans seulement après avoir eu lieu. 

Si les apparitions de Medjugorje venaient à être finalement reconnues par l’Eglise, il faudra « nuancer la position », a poursuivi le haut prélat. En effet, selon lui, « la grande masse des fidèles est trop fascinée par Medjugorje pour que le bien futur de l’Eglise locale soit dépendant de la véracité de ces apparitions ». 

Dans l’hypothèse inverse, de l’affirmation de la non-supernaturalité de ces événements, le cardinal Müller a vivement mis en garde: « un phénomène pastoral ne peut être basé sur de fausses fondations », insistant sur le fait qu'on ne peut pas "séparer les préoccupations pastorales des questions de l’authenticité de ces visions ».  

Des propos nuancés par rapport à ceux tenus le 5 avril par Mgr Hoser, qui avait affirmé lors d’une conférence de presse que le sanctuaire de Medjugorje pouvait permettre d’étancher « la soif de sacré » des 2,5 millions pèlerins qui s’y rendent annuellement. 

La position de l’Eglise demeure donc pour le moment celle édictée par la Conférence épiscopale yougoslave, en 1991, dans sa déclaration de Zadar : « On ne peut affirmer le caractère surnaturel de ces apparitions ou révélations ». 

(Sources : cath.ch / Imedia)

Et les Mistrals gagnants, avec Anne-Dauphine Julliand, en Suisse Romande

Et les Mistrals gagnants, avec Anne-Dauphine Julliand, en Suisse Romande

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Le Rex projette ce jeudi le film réalisé par Anne-Dauphine Julliand « Et les Mistrals gagnants ». Anne-Dauphine Julliand est l'auteure de "2 petits pas sur le sable mouillé" et "Une journée particulière".  

Bande Annonce

A voir absolument !!!

Fribourg, cinéma Rex, le jeudi 27 avril à 20h30, en avant première

Il s'agit de 5 petits enfants atteints de maladies très graves qu'on suit dans leur lutte contre la maladie et leur joie de vivre. C'est une magnifique ode à la vie !

Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual ont entre six et neuf ans. Ils vivent dans l‘instant. Avec humour et surtout l‘énergie optimiste de l‘enfance, ils nous prennent par la main, nous entraînent dans leur monde et nous font partager leurs jeux, leurs joies, leurs rires, leurs rêves, leur maladie. Avec beaucoup de sérénité et d‘amour ces cinq petits bouts d‘homme nous montrent le chemin du bonheur.

Année : 2017
Durée : 1h20
Pays : France

Le Patriarche Bartholomée Ier à Fribourg: interview exclusive

Le Patriarche Bartholomée Ier:  

"La foi chrétienne est une force de la paix, et il faut en témoigner par notre exemple". 

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Le Patriarche Bartholomée Ier à Fribourg: interview exclusive

 

Bartholomée Ier: "Pour nous, un crime commis au nom de la religion est un crime commis contre Dieu et la religion".

 

Lundi soir 24 avril 2017 à 17h, passée de quelques petites minutes, un événement œcuménique unique et historique s'est déroulé en la cathédrale de Fribourg. Le Prévôt Mgr Claude Ducarroz et le Chapitre cathédrale ont accueilli le Patriarche Bartholomée Ier de Constantinople. Le Patriarche de Constantinople est le premier parmi ses pairs des chefs des Eglises autocéphales formant les Églises orthodoxes.

C’est la première fois qu’un patriarche de Constantinople se rend en notre cathédrale où il est venu vénérer les reliques de Saint Nicolas, puis prononcer une conférence à l'Université de Fribourg.

ATS - Aleteia - Cath-fr.ch

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Le Suisse Rom@ain: Vous venez à Fribourg, dans la ville protégée par Saint Nicolas de Myre, originaire de Turquie, votre cher pays. Une relique du saint, un fémur, fait partie du patrimoine historique et spirituelle du chapitre de la cathédrale, via les moines de l'Abbaye d'Hauterive. Pourriez-vous nous partager vos impressions ? 

Saint Nicolas est un grand saint originaire d’Asie mineure, une région qui, comme nous le disons, génère des saints. Elle est « hagiotokos ». Nous sommes profondément touché de pouvoir vénérer une parcelle de ses saintes reliques dans une cathédrale catholique au cœur de l’Europe, comme nous nous sommes aussi rendu en pèlerinage à son tombeau à Bari en décembre dernier.

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Chez les orthodoxes, nous ne connaissons aucune église qui n’ait pas une icône de Saint Nicolas.

La sainteté est une catégorie centrale de notre vie ecclésiale. C’est un autre nom pour la vie en Christ. Chez les orthodoxes, nous ne connaissons aucune église qui n’ait pas une icône de Saint Nicolas. Il est le protecteur des navigateurs. Il est un saint très aimé et très proche des fidèles.

Vous vous engagez en faveur de la sauvegarde de la création, et vous êtes même cité dans l'Encyclique Laudato Si du Pape Françoise. Alors que les chrétiens orientaux sont persécutés, comment voyez-vous l'écologie comme facteur de Paix ? 

L’environnement naturel est notre maison commune. Nous ne pouvons pas nous préoccuper des hommes et en même temps détruire leur domicile. La destruction de l’environnement produit la pauvreté, la famine, l’animosité. C’est pourquoi notre engagement pour les questions écologiques est lié avec notre lutte pour une culture de la solidarité et la justice sociale.

C’est pourquoi l’écologie est un facteur de paix, et la paix et la justice sont des conditions positives pour un environnement sain. Les villes bombardées et les enfants massacrés sont l’expression d’une humanité éloignée de Dieu.

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Quel est votre message essentiel pour les chrétiens en Turquie ?

Qu’ils restent sur place, chez eux, dans une région qui fut le berceau du christianisme, et qu’ils continuent de témoigner d’une coexistence pacifique avec la majorité des autres habitants, en dépit de traditions religieuses diverses. La foi chrétienne est une force de la paix, et il faut en témoigner par notre exemple. 

Vous serez en Egypte du 28 au 29 avril prochain à côté du pape des copte Tawadros II. Les attentats ont très durement frappé les chrétiens. Vous êtes l'invité du grand imam de l’université Al-Azhar du Caire, plus haute autorité sunnite.

Pourriez-vous nous révéler quelques mots de votre message que vous adresserez au Caire au côté du Pape François ?

Nous sommes ému de nous rendre en Egypte, en même temps que le Pape François, de rencontrer les plus hautes autorités musulmanes du pays et de parler de la religion en tant que facteur de la paix, surtout après les récents attentats sanglants survenus le dimanche des Rameaux dans les églises coptes de Tanta et d’Alexandrie. 

Pour nous, un crime commis au nom de la religion est un crime commis contre Dieu et la religion. L’humanité attend de la religion un engagement plus résolu et un témoignage plus délibéré contre la violence et pour le respect et la protection de la dignité humaine. Nous sommes tous des créatures de Dieu.

Qu'est-ce que les catholiques occidentaux et les chrétiens peuvent faire concrètement pour promouvoir l'œcuménisme ? 

Pour promouvoir l’œcuménisme, nous devons concilier la fidélité à notre propre tradition avec l’ouverture vers les autres chrétiens. Le dialogue et la rencontre avec les autres est toujours un enrichissement et non pas un compromis ou reniement de notre identité. Nous ne perdons pas notre identité à travers le dialogue, mais au contraire, en rejetant la communication et en nous repliant sur nous-mêmes. Le homo clausus est un appauvrissement de l’être humain.

Quelles sont vos grandes préoccupations et les intentions de prières qui vous tiennent le plus à coeur ? 

Sauver la présence chrétienne dans « notre Orient chrétien ». Servir l’unité de l’Orthodoxie et l’unité des Chrétiens. Œuvrer pour la paix des religions et des cultures. Sauvegarder la création de Dieu. Protéger les enfants et la jeunesse. La vie en Christ comme liberté et agapé.

Propos recueillis par Le Suisse Rom@in