mardi, 25 novembre 2014

Roger Federer: de la Coupe Davis à la coupe de la vie

De la Coupe Davis à la coupe de la victoire de la foi

 

10353583_10205281303941518_5126324451946287309_n.jpgLe sport est une parabole, une image ou une métaphore de la vie, sans oublier la vie chrétienne. J’ai aimé la victoire historique de l’équipe suisse, championne du monde de tennis, avec Roger Federer, Stan Wawrinka et toute l'équipe, parce que cela me renvoie à ma vie quotidienne. 

 

La vie est faite de luttes, de chutes et de victoires. Nous avons tous notre propre Coupe Davis à remporter. Tout le monde a dans sa vie des deuils, des maladies, des épreuves qui nous sont lancés comme des défis à relever. 

 

Roger Federer: du dimanche des Masters au dimanche de la Coupe Davis

 

La semaine de Roger peut être une illustration de notre propre semaine. Un coup dur, une blessure qu’il faut encaisser pour se remonter et être en forme le jour J. 

 

La pratique de la vie chrétienne s'enracine dans le dimanche. Toute la semaine est orientée vers le dimanche suivant. 

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Chaque dimanche à la Messe, la vraie coupe est élevée. Pour les victoires sportives, le geste d'élever la coupe symbolise à peine la Messe, durant laquelle la victoire concrète, véritable et authentique du Christ, sur la mort, le péché, la souffrance et le mal nous est donnée dimanche après dimanche. C'est le Christ qui nous donne et nous partage Sa Victoire. 

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Ne nous privons par de cette coupe de la vie !

Le discours du Pape François à Strasbourg

DISCOURS DU PAPE FRANÇOIS
AU CONSEIL DE L'EUROPE

 source: www.vatican.va

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Le Pape à Strasbourg: une visite éclair pour un discours du tonnerre !

Monsieur le Secrétaire Général,Madame la Présidente,
Excellences, Mesdames et Messieurs,

Je suis heureux de pouvoir prendre la parole en cette Assemblée qui voit réunie une représentation significative  de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe, les Représentants des pays membres, les Juges de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, et aussi les diverses Institutions qui composent le Conseil de l’Europe.

 

De fait, presque toute l’Europe est présente en cette enceinte, avec ses peuples, ses langues, ses expressions culturelles et religieuses, qui constituent la richesse de ce continent. Je suis particulièrement reconnaissant à Monsieur le Secrétaire général du Conseil de l’Europe, Monsieur Thorbjørn Jagland, pour la courtoise invitation et pour les aimables paroles de bienvenue qu’il m’a adressées. Je salue Madame Anne Brasseur, Présidente de l’Assemblée parlementaire, ainsi que les représentants des diverses institutions qui composent le Conseil de l’Europe. Je vous remercie tous de tout cœur pour l’engagement que vous prodiguez et pour la contribution que vous offrez à la paix en Europe, par la promotion de la démocratie, des droits humains et de l’État de droit.

 

Dans l’intention de ses Pères fondateurs, le Conseil de l’Europe, qui célèbre cette année son 65ème anniversaire, répondait à une tension vers un idéal d’unité qui, à plusieurs reprises, a animé la vie du continent depuis l’antiquité. Cependant, au cours des siècles, des poussées particularistes ont souvent prévalu, caractérisées par la succession de diverses volontés hégémoniques. Qu’il suffise de penser que dix ans avant ce 5 mai 1949, où a été signé à Londres le Traité qui a institué le Conseil de l’Europe, commençait le plus cruel et leplus déchirant conflit dont ces terres se souviennent et dont les divisions se sont poursuivies pendant de longues années, alors que ce qu’on a appelé le rideau de fer coupait en deux le continent de la Mer Baltique au Golfe de Trieste.

 

Le projet des Pères fondateurs était de reconstruire l’Europe dans un esprit de service mutuel, qui aujourd’hui encore, dans un monde plus enclin à revendiquer qu’à servir, doit constituer la clef de voûte de la mission du Conseil de l’Europe, en faveur de la paix, de la liberté et de la dignité humaine.

 

D’autre part, la voie privilégiée vers la paix - pour éviter que ce qui est arrivé durant les deux guerres mondiales du siècle dernier ne se répète -, c’est de reconnaître dans l’autre non un ennemi à combattre, mais un frère à accueillir. Il s’agit d’un processus continu, qu’on ne peut jamais considérer pleinement achevé. C’est justement l’intuition qu’ont eue les Pères fondateurs, qui ont compris que la paix était un bien à conquérir continuellement, et qu’elle exigeait une vigilance absolue.

 

Ils étaient conscients que les guerres s’alimentent dans le but de prendre possession des espaces, de figer les processus qui progressent et de chercher à les arrêter ; par contre, ils recherchaient la paix qui peut s’obtenir seulement par l’attitude constante d’initier des processus et de les poursuivre.De cette manière, ils affirmaient la volonté de cheminer en murissant dans le temps, parce que c’est justement le temps qui gouverne les espaces, les éclaire et les transforme en une chaîne continue de croissance, sans voies de retour. C’est pourquoi, construire la paix demande de privilégier les actions qui génèrent de nouveaux dynamismes dans la société et impliquent d’autres personnes et d’autres groupes qui les développeront, jusqu’à ce qu’ils portent du fruit dans des événements historiques importants [1].

 

Pour cela, ils ont créé cet Organisme stable. Le bienheureux Paul VI, quelques années après, eut à rappeler que « les institutions mêmes qui, sur le plan juridique et dans le concert des nations, ont pour rôle - et ont le mérite - de proclamer et de conserver la paix, n'atteignent le but prévu que si elles sont continuellement à l'œuvre, si elles savent à chaque instant engendrer la paix, faire la paix »[2]. Un chemin constant d’humanisation est nécessaire, de sorte qu’« il ne suffit pas de contenir les guerres, de suspendre les luttes, (…) une paix imposée ne suffit pas, non plus qu'une paix utilitaire et provisoire; il faut tendre vers une paix aimée, libre, fraternelle, et donc fondée sur la réconciliation des esprits »[3]. C’est-à-dire poursuivre les processus sans anxiété mais certainement avec des convictions claires et avec ténacité.

 

Pour conquérir le bien de la paix, il faut avant tout y éduquer, en éloignant une culture du conflit qui vise à la peur de l’autre, à la marginalisation de celui qui pense ou vit de manière différente. Il est vrai que le conflit ne peut être ignoré ou dissimulé, il doit être assumé. Mais si nous y restons bloqués, nous perdons la perspective, les horizons se limitent et la réalité elle-même demeure fragmentée.  Quand nous nous arrêtons à la situation conflictuelle, nous perdons le sens de l’unité profonde de la réalité[4], nous arrêtons l’histoire et nous tombons dans les usures internes des contradictions stériles.

 

Malheureusement, la paix est encore trop souvent blessée. Elle l’est dans de nombreuses parties du monde, où font rage des conflits de diverses sortes. Elle l’est aussi ici en Europe, où des tensions ne cessent pas. Que de douleur et combien de morts encore sur ce continent, qui aspire à la paix, mais pourtant retombe facilement dans les tentations d’autrefois ! Pour cela, l’œuvre du Conseil de l’Europe dans la recherche d’une solution politique aux crises en cours est importante et encourageante.

 

Mais la paix est aussi mise à l’épreuve par d’autres formes de conflit, tels que le terrorisme religieux et international, qui nourrit un profond mépris pour la vie humaine et fauche sans discernement des victimes innocentes. Ce phénomène est malheureusement très souvent alimenté par un trafic d’armes en toute tranquillité. L’Église considère que « la course aux armements est une plaie extrêmement grave de l’humanité et lèse les pauvres d’une manière intolérable »[5]. La paix est violée aussi par le trafic des êtres humains, qui est le nouvel esclavage de notre temps et qui transforme les personnes en marchandises d’échange, privant les victimes de toute dignité.

 

Assez souvent, nous notons également comment ces phénomènes sont liés entre eux.  Le Conseil de l’Europe, à travers ses Commissions et ses Groupes d’Experts, exerce un rôle important et significatif dans le combat contre ces formes d’inhumanité.

 

Cependant, la paix n’est pas la simple absence de guerres, de conflits et de tensions. Dans la vision chrétienne, elle est, en même temps, don de Dieu et fruit de l’action libre et raisonnable de l’homme qui entend poursuivre le bien commun dans la vérité et dans l’amour. « Cet ordre rationnel et moral s'appuie précisément sur la décision de la conscience des êtres humains à la recherche de l'harmonie dans leurs rapports réciproques, dans le respect de la justice pour tous»[6].

 

Comment donc poursuivre l’objectif ambitieux de la paix ?

 

Le chemin choisi par le Conseil de l’Europe est avant tout celui de la promotion des droits humains, auxquels est lié le développement de la démocratie et de l’État de droit. C’est un travail particulièrement précieux, avec d’importantes implications éthiques et sociales, puisque d’une juste conception de ces termes et d’une réflexion constante sur eux dépendent le développement de nos sociétés, leur cohabitation pacifique et leur avenir. Cette recherche est l’une des plus grandes contributions que l’Europe a offerte et offre encore au  monde entier.

 

C’est pourquoi, en cette enceinte, je ressens le devoir de rappeler l’importance de l’apport et de la responsabilité de l’Europe dans ledéveloppement culturel de l’humanité. Je voudrais le faire en partant d’une image que j’emprunte à un poète italien du XXème siècle, Clemente Rebora, qui, dans l’une de ses poésies, décrit un peuplier, avec ses branches élevées vers le ciel et agitéespar le vent, son tronc solide et ferme, ainsi que ses racines profondes qui s’enfoncent dans la terre[7]. En un certain sens, nous pouvons penser à l’Europe à la lumière de cette image.

 

Au cours de son histoire, elle a toujours tendu vers le haut, vers des objectifs nouveaux et ambitieux, animée par un désir insatiable de connaissance, de développement, de progrès, de paix et d’unité. Mais l’élévation de la pensée, de la culture, des découvertes scientifiques est possible seulement à cause de la solidité du tronc et de la profondeur des racines qui l’alimentent. Si les racines se perdent, lentement le tronc se vide et meurt et les branches – autrefois vigoureuses et droites – se plient vers la terre et tombent. Ici, se trouve peut-être l’un des paradoxes les plus incompréhensibles pour une mentalité scientifique qui s’isole : pour marcher vers l’avenir, il faut le passé, de profondes racines sont nécessaires et il faut aussi le courage de ne pas se cacher face au présent et à ses défis.  Il faut de la mémoire, du courage, une utopie saine et humaine.

 

D’autre part – fait observer Rebora – « le tronc s’enfonce là où il y a davantage de vrai »[8]. Les racines s’aliment de la vérité, qui constitue la nourriture, la sève vitale de n’importe quelle société qui désire être vraiment libre, humaine et solidaire.  En outre, la vérité fait appel à la conscience, qui est irréductible aux conditionnements, et pour cela est capable de connaître sa propre dignité et de s’ouvrir à l’absolu, en devenant source des choix fondamentaux guidés par la recherche du bien pour les autres et pour soi et lieu d’une liberté responsable[9].

 

Il faut en suite garder bien présent à l’esprit que sans cette recherche de la vérité, chacun devient la mesure de soi-même et de son propre agir, ouvrant la voie à l’affirmation subjective des droits, de sorte qu’à la conception de droit humain, qui a en soi une portée universelle, se substitue l’idée de droit individualiste. Cela conduit à être foncièrement insouciant des autres et à favoriser la globalisation de l’indifférence qui naît de l’égoïsme, fruit d’une conception de l’homme incapable d’accueillir la vérité et de vivre une authentique dimension sociale.

 

Un tel individualisme rend humainement pauvre et culturellement stérile, parce qu’il rompt de fait les racines fécondes sur lesquelles se greffe l’arbre. De l’individualisme indifférent naît le culte de l’opulence, auquel correspond la culture de déchet dans laquelle nous sommes immergés. Nous avons, de fait, trop de choses, qui souvent ne servent pas, mais nous ne sommes plus en mesure de construire d’authentiques relations humaines, empreintes de vérité et de respect mutuel. Ainsi, aujourd’hui nous avons devant les yeux l’image d’une Europe blessée, à cause des nombreuses épreuves du passé, mais aussi à cause des crises actuelles, qu’elle ne semble plus capable d’affronter avec la vitalité et l’énergie d’autrefois. Une Europe un peu fatiguée, pessimiste, qui se sent assiégée par les nouveautés provenant d’autres continents.

 

À l’Europe, nous pouvons demander : où est ta vigueur ? Où est cette tension vers un idéal qui a animé ton histoire  et l’a rendue grande? Où est ton esprit d’entreprise et de curiosité ? Où est ta soif de vérité, que jusqu’à présent tu as communiquée au monde avec passion ?

 

De la réponse à ces questions, dépendra l’avenir du continent. D’autre part – pour revenir à l’image de Rebora – un tronc sans racines peut continuer d’avoir une apparence de vie, mais à l’intérieur il se vide et meurt. L’Europe doit réfléchir pour savoir si son immense patrimoine humain, artistique, technique, social, politique, économique et religieux est un simple héritage de musée du passé, ou bien si elle est encore capable d’inspirer la culture et d’ouvrir ses trésors à l’humanité entière. Dans la réponse à cette interrogation, le Conseil de l’Europe avec ses institutions a un rôle de première importance.

 

Je pense particulièrement au rôle de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, qui constitue en quelque sorte la ‘‘conscience’’ de l’Europe pour le respect des droits humains. Je souhaite que cette conscience murisse toujours plus, non par  un simple consensus entre les parties, mais comme fruit de la tension vers ces racines profondes, qui constituent les fondements sur lesquels les Pères fondateurs de l’Europe contemporaine ont choisi de construire.

 

Avec les racines – qu’il faut chercher, trouver et maintenir vivantes par l’exercice quotidien de la mémoire, puisqu’elles constituent le patrimoine génétique de l’Europe – il y a les défis actuels du continent qui nous obligent à une créativité continue, pour que ces racines soient fécondes aujourd’hui et se projettent vers des utopies de l’avenir. Je me permets d’en mentionner seulement deux : le défi de la multipolarité et le défi de la transversalité.

 

L’histoire de l’Europe peut nous amener à concevoir celle-ci naïvement comme une bipolarité, ou tout au plus comme une tripolarité (pensons à l’antique conception : Rome – Byzance – Moscou), et à nous mouvoir à l’intérieur de ce schéma, fruit de réductionnismes géopolitiques hégémoniques, dans l’interprétation du présent et dans la projection vers l’utopie de l’avenir.

 

Aujourd’hui, les choses ne se présentent pas ainsi et nous pouvons légitimement parler d’une Europe multipolaire. Les tensions – aussi bien celles qui construisent que celles qui détruisent – se produisent entre de multiples pôles culturels, religieux et politiques. L’Europe aujourd’hui affronte le défi de «globaliser» mais de manière originale cette multipolarité. Les cultures ne s’identifient pas nécessairement avec les pays : certains d’entre eux ont diverses cultures et certaines cultures s’expriment dans divers pays. Il en est de même des expressions politiques, religieuses et associatives.

Globaliser de manière originale – je souligne cela : de manière originale – la multipolarité comporte le défi d’une harmonie constructive, libérée d’hégémonies qui, bien qu’elles semblent pragmatiquement faciliter le chemin, finissent par détruire l’originalité culturelle et religieuse des peuples.

 

Parler de la multipolarité européenne signifie parler de peuples qui naissent, croissent et se projettent vers l’avenir. La tâche de globaliser la multipolarité de l’Europe, nous ne pouvons pas l’imaginer avec l’image de la sphère – dans laquelle tout est égal et ordonné, mais qui en définitive est réductrice puisque chaque point est équidistant du centre – mais plutôt avec celle du polyèdre, où l’unité harmonique du tout conserve la particularité de chacune des parties. Aujourd’hui, l’Europe est multipolaire dans ses relations et ses tensions ; on ne peut ni penser ni construire l’Europe sans assumer à fond cette réalité multipolaire.

 

L’autre défi que je voudrais mentionner est la transversalité. Je pars d’une expérience personnelle : dans les rencontres avec les politiciens de divers pays de l’Europe, j’ai pu remarquer que les politiciens jeunes affrontent la réalité avec une perspective différente par rapport à leurs collègues plus adultes. Ils disent peut-être des choses apparemment similaires, mais l’approche est différente. Les paroles sont semblables, mais la musique est différente. Cela s’observe chez les jeunes politiciens des divers partis. Cette donnée empirique indique une réalité de l’Europe contemporaine que l’on ne peut ignorer sur le chemin de la consolidation continentale et de sa projection future : tenir compte de cette transversalité qui se retrouve dans tous les domaines.

 

Cela ne peut se faire sans recourir au dialogue, même inter-générationnel. Si nous voulions définir aujourd’hui le continent, nous devrions parler d’une Europe en dialogue, qui fait en sorte que la transversalité d’opinions et de réflexions soit au service des peuples unis dans l’harmonie.

 

Emprunter ce chemin de communication transversale comporte non seulement une empathie générationnelle mais aussi une méthodologie historique de croissance. Dans le monde politique actuel de l’Europe, le dialogue uniquement interne aux organismes (politiques, religieux, culturels) de sa propre appartenance se révèle stérile. L’histoire aujourd’hui demande pour la rencontre, la capacité de sortir des structures qui « contiennent » sa propre identité afin de la rendre plus forte et plus féconde dans la confrontation fraternelle de la transversalité. Une Europe qui dialogue seulement entre ses groupes d’appartenance fermés reste à mi-chemin ; on a besoin de l’esprit de jeunesse qui accepte le défi de la transversalité.

 

Dans cette perspective, j’accueille positivement la volonté du Conseil de l’Europe d’investir dans le dialogue inter-culturel, y compris dans sa dimension religieuse, par les Rencontres sur la dimension religieuse du dialogue interculturel. Il s’agit d’une occasion propice pour un échange ouvert, respectueux et enrichissant entre personnes et groupes de diverses origine, tradition ethnique, linguistique et religieuse, dans un esprit de compréhension et de respect mutuel.

 

Ces rencontres semblent particulièrement importantes dans le contexte actuel multiculturel, multipolaire, à la recherche de son propre visage pour conjuguer avec sagesse l’identité européenne formée à travers les siècles avec les instances provenant des autres peuples qui se manifestent à présent sur le continent.

C’est dans cette logique qu’il faut comprendre l’apport que le christianisme peut fournir aujourd’hui au développement culturel et social européen dans le cadre d’une relation correcte entre religion et société. Dans la vision chrétienne, raison et foi, religion et société sont appelées à s’éclairer réciproquement, en se soutenant mutuellement et, si nécessaire, en se purifiant les unes les autres des extrémismes idéologiques dans lesquelles elles peuvent tomber.

 

La société européenne tout entière ne peut que tirer profit d’un lien renouvelé entre les deux domaines, soit pour faire face à un fondamentalisme religieux qui est surtout ennemi de Dieu, soit pour remédier à une raison « réduite », qui ne fait pas honneur à l’homme.

 

Les thèmes d’actualité, dans lesquels je suis convaincu qu’il peut y avoir un enrichissement mutuel, où l’Église catholique – particulièrement à travers le Conseil des Conférences Épiscopales d’Europe (CCEE) – peut collaborer avec le Conseil de l’Europe et offrir une contribution fondamentale, sont très nombreux. Avant tout, à la lumière de tout ce que je viens de dire, il y a le domaine d’une réflexion éthique sur les droits humains, sur lesquels votre Organisation est souvent appelée à se pencher. Je pense particulièrement aux thèmes liés à la protection de la vie humaine, questions délicates qui ont besoin d’être soumises à un examen attentif, qui tienne compte de la vérité de tout l’être humain, sans se limiter à des domaines spécifiques médicaux, scientifiques ou juridiques.

 

De même, ils sont nombreux, les défis du monde contemporains qui requièrent une étude et un engagement commun, à commencer par l’accueil des migrants, qui ontbesoin d’abord et avant tout de l’essentiel pour vivre, mais principalement que leur dignité de personnes soit reconnue. Il y a ensuite le grave problème du travail, surtout en ce qui concerne les niveaux élevés de chômage des jeunes dans beaucoup de pays – une vraie hypothèque pour l’avenir – mais aussi pour la question de la dignité du travail.

 

Je souhaite vivement que s’instaure une nouvelle collaboration sociale et économique, affranchie de conditionnements idéologiques, qui sache faire face au monde globalisé, en maintenant vivant ce sens de solidarité et de charité réciproques qui a tant caractérisé le visage de l’Europe grâce à l’action généreuse de centaines d’hommes et de femmes – dont certains sont considérés saints par l’Église catholique – qui, au cours des siècles, se sont dépensés pour développer le continent, tant à travers l’activité d’entreprise qu’à travers des œuvres éducatives, d’assistance et de promotion humaine. Surtout ces dernières représentent un point de référence important pour les nombreux pauvres qui vivent en Europe. Combien il y en a dans nos rues ! Ils demandent non seulement le pain pour survivre, ce qui est le plus élémentaire des droits, mais ils demandent aussi à redécouvrir la valeur de leur propre vie, que la pauvreté tend à faire oublier, et à retrouver la dignité conférée par le travail.

 

Enfin, parmi les thèmes qui sollicitent notre réflexion et notre collaboration, il y a la protection de l’environnement, de notre bien-aimée Terre qui est la grande ressource que Dieu nous a donnée et qui est à notre disposition non pour être défigurée, exploitée et avilie, mais pour que nous puissions y vivre avec dignité,en jouissant de son immense beauté.

 

Monsieur le Secrétaire, Madame la Présidente, Excellences, Mesdames et Messieurs,

 

Le bienheureux Paul VI a défini l’Église « experte en humanité »[10].  Dans le monde, à l’imitation du Christ, malgré les péchés de ses enfants, elle ne cherche rien d’autre que de servir et de rendre témoignage à la vérité [11]. Rien d’autre que cet esprit ne nous guide dans le soutien du chemin de l’humanité.

 

Avec cette disposition d’esprit, le Saint-Siège entend continuer sa propre collaboration avec le Conseil de l’Europe, qui revêt aujourd’hui un rôle fondamental pour forger la mentalité des futures générations d’Européens. Il s’agit d’effectuer ensemble une réflexion dans tous les domaines, afin que s’instaure une sorte de « nouvelle agorà », dans laquelle chaque instance civile et religieuse puisse librement se confronter avec les autres, même dans la séparation des domaines et dans la diversité des positions, animée exclusivement par le désir de vérité et parcelui d’édifier le bien commun.

 

La culture, en effet, naît toujours de la rencontre réciproque, destinée à stimuler la richesse intellectuelle et la créativité de ceux qui y prennent part ; et cela, outre le fait quec’est la réalisation du bien, cela est beauté. Je souhaite que l’Europe, en redécouvrant son patrimoine historique et la profondeur de ses racines, en assumant sa vivante multipolarité et le phénomène de la transversalité en dialogue, retrouve cette jeunesse d’esprit qui l’a rendue féconde et grande.

Merci !

 

[1] Cf. Evangelii gaudium, n. 223

[2] Paul VI, Message pour la VIIIe Journée Mondiale de la Paix, 8 décembre 1974.

[3] Ibid.

[4] Cf. Evangelii gaudium, n. 226.

[5] Catéchisme de l’Église Catholique, n. 2329 et Gaudium et spes n. 81.

[6] Jean-Paul II, Message pour la XVe Journée Mondiale de la Paix, 8 décembre 1981, n. 4.

[7] “Vibra nel vento con tutte le sue foglie / il pioppo severo; / spasima l’aria in tutte le sue doglie / nell’ansia del pensiero: / dal tronco in rami per fronde si esprime / tutte al ciel tese con raccolte cime: / fermo rimane il tronco del mistero, / e il tronco s’inabissa ov’è più vero”, Il pioppo in : Canti dell’Infermità, ed. Vanni Scheiwiller, Milano 1957, 32.

[8] Ibid.

[9] Cf. Jean-Paul II, Discours à l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe, Strasbourg, 8 octobre 1988, n. 4.

[10] Lett. Enc. Populorum progressio, n. 13.

[11] Cf. ibid.

lundi, 24 novembre 2014

Le Cardinal Sarah nommé au culte divin

URGENT : LE CARDINAL ROBERT SARAH NOMMÉ PRÉFET DE LA CONGRÉGATION POUR LE CULTE DIVIN ET LA DISCIPLINE DES SACREMENTS.

Vatican - le 24/11/2014 | Par Agence I.Media

Le pape François a nommé, dans la matinée du 24 novembre 2014, le cardinal guinéen Robert Sarah préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. Ce dicastère n'avait pas de préfet à sa tête depuis août dernier. Le cardinal Robert Sarah était jusqu'alors président du Conseil pontifical Cor Unum.

I.MEDIA

dimanche, 23 novembre 2014

Le Synode et le Synode des médias: guerre feutrée entre vaticanistes

spiral-staircase-423345_150.jpgCommunication sur le "Vatican": ne pas critiquer, mais chercher à comprendre

Article fort intéressant du correspondant de l'AFP à Rome ( Agence France Presse - Jean-Louis de La Vassière ) qui nous explique comment fonctionne la communication sur le Pape.

Ces lignes me rappellent l'ambiance que j'ai eu la grâce de connaître durant mes trois années d'études romaines, culminant avec la licence, précisément sur la salle de presse comme source d'information durant le Synode de 2010. 

La guerre feutrée entre vaticanistes

Les vaticanistes jouent un très grand rôle, faisant souffler le vent, tomber la pluie ou briller le soleil dans la météo médiatique du Vatican. Ce sont parfois ces spécialistes qui créent de toutes pièces les événements et pour ainsi dire habillent le Pape des adjectifs comme traditionaliste, progressiste, conservateur. 

il n'y a parfois pas d'ambigüité dans les paroles du Saint-Père; pourtant, ce monde fascinant affectionne les intrigues vaticanesques. 

Le site de Jean-Louis de La Vassière: guerre feutrée entre vaticanistes  

vendredi, 21 novembre 2014

N'oublions pas Asia Bibi

Trois bonnes raisons pour venir à la Saint Nicolas 2014, cathédrale de Fribourg

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Conception et réalisation de la vidéo pour l'Unité pastorale Notre-Dame à Fribourg: Isolde Cambournac

Doctorante en théologie de l'université de Fribourg, Isolde est une globetrotteuse qui a attrapé le virus de la vidéo lors d'un séjour à Washington en 2012. Depuis, pour aller au bout de sa passion, elle vit la caméra à la main et se perfectionne auprès de caméramans chevronnés de Suisse-romande. Isolde travaille aussi pour Attraction ...

Les vidéos d'Attraction

Les vidéos de l'Unité pastorale Notre-Dame

Les vidéos de la commission de bioéthique de la CES

mercredi, 19 novembre 2014

Le Pape François et La Vie: les interventions oubliées par "les mainstreams" médiatiques

4004314647.pngLe Pape François et La Vie ( PMA, avortement, euthanasie, homme et femme pour la famille ... )

Deux interventions du Pape sont passées quasiment inaperçues dans les grands médias.

Les "mainstreams" sont les agences de presse mondiale - AFP, AP, Reuters, ANSA ... puis par exemple le New York Time, le Monde, CNN - qui sont repris ensuite par tout le circuit de l'information.

Ils sont les grands et principaux porteurs de l'information, ceux qui donnent la note, dictent le ton et qui décident des sujets dont le grand public va parler.

En langage technique, ils gèrent l'agenda setting, comme l'agenda du jour lors d'une réunion. Celui qui décide des sujets qui seront traités possèdent un réel pouvoir. Les médias ne peuvent toutefois pas décider de la façon dont les gens vont appréhender les thèmes.  

Pape François: lorsque l'homme en blanc parle de La Vie, c'est la page blanche et le black out

"Il est toujours plus évident que le déclin de la culture du mariage est associé à une augmentation de la pauvreté et à une série de nombreux autres problèmes sociaux qui touchent de façon disproportionnée les femmes, les enfants et les personnes âgées".

"La crise de la famille est à l'origine d'une crise écologique humaine, "puisque les milieux sociaux, comme les milieux naturels, ont besoin d'être protégés" .. "qu'il est indispensable de promouvoir une nouvelle écologie humaine".

Pape François

Sur l'avortement, la PMA et l'euthanasie.

Sur l'homme et le femme, pour la famille. 

Le Pape Benoît XVI aurait eu droit à une salve de critiques.

Le Pape François n'est ni écologiste, ni marxiste

Le Pape François n'est donc ni marxiste, ni défenseur de la théologie de la libération, car la pauvreté est d'abord causée par la crise de la famille, la crise de la culture du mariage, et non pas d'abord et en premier lieu par les conditions de l'économie . 

Le Pape François promeut une écologie humaine. L'homme est un résumé de la Création, le sommet de la Création. Par voie de conséquence, l'écologie humaine va protéger également la création et la nature. 

I.Media: réforme de la curie romaine pour février 2015

Vatican - le 19/11/2014 à 12:49:00 Agence I.Media

La réforme de la curie romaine devrait aboutir en février 2015.

Un peu moins de deux ans après avoir été élu par le collège cardinalice, le pape François devrait faire aboutir début 2015 la réforme de la curie romaine réclamée par nombre de cardinaux à la veille du conclave, a appris I.MEDIA de sources concordantes. Le 24 novembre 2014, révèle pour sa part le quotidien français La Croix, le pape réunira dans cet objectif l’ensemble des chefs des dicastères afin de les entendre sur un projet d’organigramme de la nouvelle curie romaine.


Avant une nouvelle réunion du Conseil des cardinaux chargés d’assister le pape dans le gouvernement de l’Eglise (C9) programmée du 9 au 11 décembre, le pontife réunira un ‘conseil des ministres’, confirme-t-on de sources vaticanes. Les préfets de congrégations et présidents de conseils pontificaux seront alors appelés à se prononcer sur le futur organigramme de la curie romaine. 

Une nouvelle réunion du C9 aura lieu du 9 au 11 février 2015, lors de laquelle pourrait être adoptée la réforme de la curie romaine avec la publication d’une nouvelle constitution. La dernière réforme de l’appareil curial, sous le feu de nombreuses critiques après ‘l’affaire Vatileaks’ en 2012, remonte à 1988 avec la publication de la Constitution apostolique Pastor Bonus.

La réforme de la curie pourrait voir la fusion de certains dicastères mineurs, des conseils pontificaux, et pourquoi pas la disparition de certains d’entre eux. Deux dicastères importants pourraient alors voir le jour. L’un serait ainsi chargé des questions liées aux laïcs et à la famille, regroupant les deux conseils pontificaux concernés, l’autre serait en charge des différentes questions de société et rassemblerait alors au moins quatre conseils pontificaux : Justice et Paix, Cor Unum, la santé et les migrants.

La nouvelle constitution devra aussi définir avec plus de précisions les compétences précises des deux secrétariats placés à sa tête, la Secrétairerie d’Etat et le nouveau Secrétariat pour l’économie. D’aucuns jugent possible qu’un troisième secrétariat voit le jour pour englober les dicastères n’ayant pas trait aux affaires générales, à la diplomatie et à l’économie. Reste que la nouvelle constitution doit logiquement passer entre les mains du Conseil pontifical pour les textes législatifs. AMI

Attraction: "quelle est votre expérience de la pauvreté ?" avec le Père Chauveau ( vidéo 2 )

Quelle est l'expérience personnelle de pauvreté du curé des prostitué(e)s et fondateur de l'Association Magdalena, le père Jean-Philippe Chauveau ?

photo.PNG

Deuxième vidéo d'une série sur la pauvreté et l'évangélisation par Attraction Communication Services. ( première vidéo ).

A visionner dans le bus, dans le métro, un témoignage rempli d'affection par un homme de coeur, à la fois divin et tellement humain.

A voir et à revoir ...

www.attraction-communication.com

mardi, 18 novembre 2014

Pape François: complot contre le Cardinal Burke ? Non ...

topic.jpegDans la foulée d'un François comme un Pape de rupture, d'aucun avance la mise à l'écart des cardinaux conservateurs. 

Aleteia prend de la hauteur et explique les raisons des changements, surtout celui du Cardinal américain Burke nommé par le Pape à l'Ordre de Malte. 

Y a-t-il un complot  mené par François pour purger l'église des conservateurs ?

"Non, et voici pourquoi.
Ceux qui contestent la théorie de la querelle soulignent que, si le cardinal Burke a été démis de sa fonction, le pape François n'a pas réagi suite à l'opposition menée par Burke au synode. Ce remaniement du Vatican était prévu depuis des mois. Il se peut qu'il fasse partie d'un changement de direction plus vaste et intentionnel de la part du Pape, comme le fait observer le père Mark Drew dans un excellent article du Catholic Herald britannique . Mais, en même temps, le cardinal Burke venait juste d'arriver au terme des cinq années traditionnellement prévues pour les préfets de la Signature apostolique". ...

suite Aleteia

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Dans la même idée d'une fausse perception du Pape François, le Cardinal émérite de Chicago s'explique dans une interviewe à John Allen

Le Cardinal George est archevêque émérite de Chicago, gravement malade et président émérite de la conférence épiscopale des USA

Le Cardinal George précise que le François dépeint comme "révolutionnaire" n'est pas le Pape François

"C'est ce qui m'inquiète, à un certain moment, les gens qui l'ont peint comme le héros de leurs scénarios de changements dans l'Eglise vont découvrir qu'il ne l'est pas."

lundi, 17 novembre 2014

Université de Fribourg, le Salon Beige, le gender et le doctorat honoris causa de Judith Butler

Mgr Charles Morerod (o.p)

extrait du site internet de l'évêché: .... On voit particulièrement bien dans un tel contexte que c'est en argumentant, plutôt qu'en insultant (je pense à certains messages reçus), que l'on peut à la fois défendre ses propres idées et discuter celles des autres. L'insulte donne l'impression que l'on n'a pas d'argument.

+Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg

Judith Butler: le professeur Philippe Lefebvre, de l'Uni de Fribourg, met les choses O.P. (au point !)

philipe_lefebre.jpgPour l'affaire Judith Butler, le Salon Beige a déteint sur Fribourg, au point d'engendrer les titres de la presse: des ultras-catholiques manifestent à Fribourg. 

La RTS n'a heureusement pas pu qualifier les Veilleurs d'un tel adjectif très connoté. L'amalgame a été évité. 

On sait maintenant pourquoi l'ordre des Frères Prêcheurs est abrégé o.p ( ordre frères prêcheurs - Ordo Fratrum Prædicatorum en latin).

Fribourg et Judith Butler: le professeur Lefebvre est au point

C'est bien à une belle mise "au point" à laquelle les lecteurs ont droit. 

Le professeur d'Ancien Testament Philippe Lefebvre, dominicain, précise sur son mur Facebook:

"Le site Le Salon Beige continue sa désinformation sur l'Université de Fribourg, à l'occasion de la remise du doctorat honoris causa à Judith Butler par la fac des lettres de cette université.

- Contrairement à ce qui est suggéré par l'article de ce site, l'université de Fribourg est une université d'Etat, non une Université catholique.

- Contrairement à ce que dit ce site, les évêques de Suisse ne patronnent pas l'université de Fribourg. Seule la faculté de théologie, tout en délivrant des diplômes d'Etat, est reconnue par les autorités ecclésiastiques et elle est en partie sous la responsabilité et le contrôle de la conférence des évêques de Suisse.

- Contrairement à ce que dit ce site, le maître de l'Ordre des Dominicains n'est pas Chancelier de l'Université, mais de la seule faculté de théologie.

- Contrairement à ce que dit ce site, le frère dominicain à qui il demande à ses lecteurs d'écrire n'est plus prieur de son couvent depuis un an.

Le Salon beige, en dramatisant les choses, en laissant croire que l'Université jadis unanimement catholique, serait tombée aujourd'hui dans l'apostasie -elle et ses tuteurs ecclésiastiques-, fait quelque chose qui s'apparente à ce qu'on pourrait appeler un mensonge.

Pourtant toutes les informations que je viens de rappeler se trouvent sur le site de l'Université.

Quand on n'est pas fichu de lire une page pour avoir les informations de base, cela augure mal du reste : le Salon beige fait-il par ailleurs un travail d'information sérieux ? Sait-il exactement de quoi il parle ? Étonnante manière de prétendre sauver les valeurs chrétiennes tout en pratiquant, par la désinformation mensongère et l'approximation tendancieuse, l'inverse desdites valeurs.

Étonnante façon aussi d'esquiver tout débat d'idée en privilégiant l'invective et en prouvant au passage qu'on est très, très approximatif. C'est d'ailleurs pour cela qu'on évite le débat d'idées habituellement : parce qu'on se sait très approximatif".

Le Pape François n'est ni progressiste, ni conservateur; le Pape est le Pape

Agence I.MEDIA

Pape François, s'exprimant sur la famille: “On ne peut pas parler aujourd’hui de famille conservatrice ou de famille progressiste : la famille est la famille“

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dimanche, 16 novembre 2014

Sandro Magister et le Magistère du Pape François

Sandro Magister et le Pape François

magister_160.jpgDans une interviewe (lire ci-dessous), le vaticaniste Sandro Magister avance la thèse de la confusion créée par le Pape François.

Or, ce n'est pas le Pape qui se contredit, mais bien plutôt l'article, dont les questions et les réponses sèment précisément cette confusion. 

Un vaticaniste, un journaliste, se doit de raconter et d'expliquer. 

Le Pape François ne désoriente pas les fidèles

(J'ai mis après les réponses de Sandro Magister des éclairages personnelles entre parenthèses, pour mettre en lumière les propos et les actions cohérentes du Pape. Le premier des droits est celui de la vérité, tout particulièrement le droit des fidèles et des lecteurs d'entendre les paroles et la pensée authentiques du Saint-Père. Ce droit est primordial, précède le droit d'auteur et fonde même ce droit d'auteur)

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LE PAPE DÉSORIENTE BEAUCOUP D'ÉVÊQUES
... parce qi'il joue sur plusieurs plans et souvent, il se contredit

source de la traduction en français

par Goffredo Pistelli

Question. Magister, le pape Bergoglio, ces derniers mois, a connu un succès planétaire, mais un certain nombre de décisions ont émergé, qui laissent songeurs. Par exemple, lui qui s'est présenté comme évêque de Rome, au Synode sur la famille a été jusqu'à rappeler les codes du droit canon qui affirment pouvoir pétrinien.

Réponse. Certes, dans son discours de clôture. (perso: le Pape est évêque de Rome et Pasteur universel de l'Eglise. Les deux sont unis, comme deux faces d'une même médaille)

Q. Il a tracé les lignes d'une vision partagée et ouverte du gouvernement de l'Eglise, et il a nommé un commissaire pour les Franciscains de l'Immaculée de façon plutôt dure et a muselé les conférences épiscopales ...

R. Certaines, comme celles d'Italie, sont de fait anihilées (anéanties).

(perso: c'est Benoît XVI qui a commencé les enquêtes; un commissaire a été envoyé à la demande des membres de l'Institut.

Le Motu Proprio libéralise la forme extraordinaire de l'unique rite romain pour tous les prêtres, sans permission pour la messe sans fidèle.

Pour les communautés religieuses et la messe de la communauté, cela dépend de leurs constitutions. Pour cet Institut, il n'est pas certain que la célébration de la forme ordinaire soit un acquis (d'où les plaintes internes adressées à Benoît XVI ? la célébration de la forme extraordinaire exige en effet la reconnaissance da la validité de la forme ordinaire, qui doit être célébrée au moins lors du Triduum pascal.

Les décisions du Pape François sont dans la ligne, et du Motu Proprio, et de l'Eglise. Sinon c'est insinuer une rupture entre les deux Papes, une non-continuité de l'Eglise avec la succession des Papes)

Q. Et parlant aux mouvements populaires, il a paru faire écho à certaines analyses de Toni Negri sur le travail, comme vous l'avez écrit dans le blog Settimo Cielo (cf. Le Pape activiste politique), puis il a accepté le «licenciement» de 500 calligraphes, peintres et imprimantes dont l'Aumônerie du Vatican a décidé de se passer.

R. En effet, cette histoire jure un peu ... (perso: lien ; ces bénédictions étaient un peu données trop facilement, et désormais l'office en charge donnera encore plus d'argent aux pauvres)

Q. ... tout comme jurent les positions «ultragarantistes» (ndt: dans le sens juridique, favorable à la garantie des droits civils), sur la justice et la prison, avec son choix de faire incarcérer préventivement l'ancien nonce à Saint-Domingue, en attente du jugement pour actes de pédophilie (cf. settimo Cielo)

R. C'est ce qui s'est passé. (perso: les actes du nonce apostolique sont graves et scandaleuses et le Pape suit la ligne de Benoît XVI)

Q. Eh bien, vous qui êtes vaticaniste de longue date, quelle idée vous êtes-vous faite?

R. Qu'il y a des contradictions et qu'elles représentent un jugement fondé, basé sur l'observation de plusieurs mois, inhérentes à la personnalité de Jorge Bergoglio.

(perso: hélas, c'est notre vaticaniste qui se contredit; au lieu d'expliquer, de raconter et de rendre compte, il se perd dans la confusion des idées)

Q. Et quelles conclusions en tirez-vous?

R. C'est une personne qui, tout au long de sa vie, et maintenant encore en tant que pape, agit simultanément sur plusieurs registres, laissant des portes ouvertes et, à première vue, a de nombreuses contradictions. Mais celles que vous avez mentionnées, toutefois, ne sont pas les seules.

Q. Pouvez-vous m'en signaler d'autres...

R. Voilà un pape extrêmement loquace, qui téléphone, qui accoste les personnes les plus diverses et les plus éloignées, mais qui reste muet sur le cas d'Asia Bibi.

(perso: le Pape est très exposé et veut éviter une confrontation, une croisade musulmans-chrétiens et agit par ses collaborateurs)


Q. Le pakistanaise condamnée à mort pour apostasie, depuis un certain temps en prison ...

R. Oui, sur cette histoire François n'a pas prononcé un mot. Tout comme sur les filles nigérianes enlevées, et sur l'acte incroyable d'il y a quelques jours au Pakistan, sur ces époux chrétiens, brûlés dans un four.

(perso: le Pape a écrit une lettre vigoureuse au G20, en demandant aux gouvernants d'agir contre les djihadistes)

Q. Ce sont des histoires qui concernent la relation avec l'islam, sur laquelle nous reviendrons. Mais ces contradictions, certains commencent à les définir comme «jésuitisme» dans le sens d'une pensée changeante.

R. Dit ainsi, c'est une qualification péjorative et inacceptable, même s'il est vrai que la spiritualité des jésuites a démontré dans le passé savoir s'adapter aux situations les plus différentes et parfois en conflit les unes avec les autres.

Q. La gestion du récent Synode est également apparue comme contradictoire...

R. Une gestion soigneusement calculée par le Pape et non pas laissée au hasard comme on a voulu nous le faire croire, et qui enregistre d'autres éléments contradictoires.

Q. Comme quoi?

R. Bergoglio a dit, et à plusieurs reprises, qu'il ne voulait pas transiger avec la doctrine, rester dans la tradition de l'Eglise. Mais ensuite, il a ouvert des discussions, comme celles sur la communion pour les personnes remariées, qui touchent les pierres angulaires du magistère.

Q. Pourquoi?

R. Parce qu'il est inexorable que la communion aux remariés débouche sur l'acceptation des secondes noces et donc la dissolution du lien sacramentel du mariage.

(perso: le Pape veut que ceux qui s'opposent se parlent droit dans les yeux. Il n'a jamais parlé contre l'enseignement de l'Eglise, ni prononcé une seule parole en faveur des thèses pour la communion des divorcés remariés. Il veut que l'Eglise soit accueillante pour tous et chacun)

Q. Je ne suis pas vaticaniste, mais le sentiment, vu de l'extérieur est qu'il se répand un peu de confusion, et pas seulement dans les hiérarchies. Mais aussi dans des milieux qui ne peuvent certainement pas être définis comme traditionalistes ...

R. Ceci ne fait aucun doute. Il y a des personnalités d'importance notable, et certainement pas lefebvristes, qui le font comprendre, même si elles ne le disent pas en termes drastiques d'opposition. Même le cardinal Raymond Leo Burke, l'ancien préfet de la Signature apostolique, récemment démis, ne l'a pas fait, parce qu'il n'y a pas de courant hostile a priori au pape. Bien sûr, il y a des manifestations évidentes de malaise.

(perso: sans doute que la Capamagna (très long habit rouge des Cardinaux) n'est plus guère d'actualité)

Q. Quelques exemples?

R. Prenons l'épiscopat des Etats-Unis, c'est-à-dire les évêques de l'un des pays qui compte le plus de catholiques au monde. Cette conférence épiscopale, au cours des dernières années, a exprimé une ligne cohérente et combative sur le terrain public, y compris contre certaines décisions de Barack Obama sur les questions éthiques. Une ligne partagée par de nombreux prélats d'importance.

Un collectif, plutôt qu'une somme d'individus, disons un noyau dirigeant. (perso: le Pape a parlé clairement pour la vie devant des médecins et veut parler de ces thèmes dans des circonstances bien précises, pour ne pas être monothématique)

Q. Et donc, les Américains ? ..

R. Ils sont plutôt mal à l'aise. C'est le cas de cardinaux et d'archevêques, Timothy Dolan de New York, Patrick O'Malley de Boston, Jose Gomez à Los Angeles ou Charles Chaput à Philadelphie. Un épiscopat dont provient Burke lui-même, qui n'est certainement pas confiné à des circuits traditionalistes marginaux, mais qui continue de faire partie d'une des plus solides Églises nationales.

Q. Et également la CEI, comme nous l'avons dit précédemment, semble un peu en difficulté.

R: Il y en a, des difficultés, pour se mettre au pas de ce pape. Avec un président, Angelo Bagnasco, qui semble le plus en difficulté de tous.

Q. Aussi parce que son successeur a déjà été désigné en la personne de l'archevêque de Pérouse, Gualtiero Bassetti, créé cardinal par Bergoglio.

R. Mais il me semble que même Bassetti est parmi les évêques italiens qui sont mal à l'aise.

Q. Parmi les italiens, les plus explicites ont peut-être été le Milanais Angelo Scola et le bolognais Carlo Caffara.

R. Ils l'ont été en s'exprimant avant et pendant le Synode. Mais c'était inévitable compte tenu de la décision du pape de confier au cardinal Walter Kasper, l'ouverture de la discussion, et donc, en pratique, l'ouverture des hostilités.

Q. Pourquoi ?

R. Parce que Kasper repropose aujourd'hui, telles quelles, les thèses vaincues en 1993 par le binôme Jean-Paul II et Joseph Ratzinger, ce dernier dans le rôle de préfet du Saint-Office.

(perso: ces deux géants de l'Eglise étaient en grande union et nous manquent sans aucun doute. Tentons toutefois de nous mettre à leur niveau)

Q. Oui, le Pape a lancé Kasper, il a fait secrétaire spéciale du synode Mgr Bruno Forte, qui, durant les travaux a pesé, au point de susciter les réactions de certains père du synode, mais ensuite, à la fin, François est intervenu, fustigeant les uns et les autres. Presque comme un vieux DC (démocrate chrétien) contre les extrémistes des deux bords.

R. C'est un autre des formes récurrentes d'expression de ce pontife: bastonner d'un côté et de l'autre. Pourtant, si l'on veut faire un inventaire, ses bastonnades aux traditionalistes, aux légalistes, aux défenseurs rigides de la doctrine aride, semblent beaucoup plus nombreuses et ciblés. Mais quand il s'en prend aux bien-pensants (buonisti), on ne sait jamais de qui il parle.

(perso: le Pape touche et réforme la vie concrète de nous tous. La foi est d'abord une vie intérieure, avec des actes qui sont avant tout des enseignements. L'Eglise ne s'explique pas avec des critères d'ordre politiques)

Q. Le Synode a lancé de plus en plus le directeur de la Civiltà Cattolica, le père Antonio Spadaro.

R. Il se pose désormais comme porte-parole du Pape et le magazine jésuite, qui avait entamé un déclin progressif (déjà sous sa direction, alors qu'il s'occupait beaucoup du web et des réseaux sociaux), est à présent l'expression du sommet suprême du Vatican. Surtout après la première grande interview avec le pape jésuite. Tandis que le «nègre» de François est Manuel Fernandez, le recteur de l'Université catholique de Buenos Aires, que le pape a fait archevêque.

C'est avec Fernandez que François a écrit Evangelii Gaudium, tout comme dans le passé, il avait écrit avec lui le document d'Aparecida, au Brésil, en 2007, quand l'ex-archevêque de Buenos Aires conduisit au port la conférence des évêques latino-américains, un document qui pour beaucoup, est l'anticipation de cette papauté.

(perso: ce document d'Aparecida est fondamental pour l'Amérique latine, une révolution pour une nouvelle pastorale, une évangélisation sans critères politiques importés par la théologie de la libération)

Q. Face à un grand consensus, il y en a aussi, comme l'écrivain Antonio Socci, qui contestent la validité de l'élection du pape. Avez-vous lu son livre 'Non è Francesco?'

R. Je l'ai lu en une soirée, d'une seule traite, bien qu'il compte plus de 300 pages. Et pas pour la thèse de l'invalidité de l'élection, à cause de l'annulation d'un tour de scrutin au conclave, en raison d'un bulletin blanc en trop. Une thèse à mon avis inconsistante.

(perso: la théorie du complot fascinera toujours les esprits. Heureusement, Sandro Magister n'y succombe pas)

Q. Alors, pourquoi la lecture était-elle intéressante ?

R. Pour ce qui fait le succès du livre, au point de le propulser au sommet des ventes, dépassant même les livres de et sur Bergoglio. A savoir qu'il reconstruit, avec des faits et des mots incontestables, les contradictions que nous avons mentionnées.

Q. Un livre dont personne ne parle, comme s'il risquait de nuire à la popularité de François, qui est énorme. Malgré ce consensus, cependant, la pratique religieuse n'augmente pas, et on voit même une aversion croissante, y compris publique, au catholicisme. Bergoglio oui, le reste non.

R. Même la popularité de ses prédécesseurs, ne l'oublions pas, était très forte. Jean-Paul II a connu un succès dans le monde entier et pas seulement quand il a affronté la maladie. Et Benoît XVI, entre 2007 et 2008, a atteint des sommets dans les sondages, même si on l'oublie. Son voyage aux États-Unis a été le point culminant, avec une réception ample et positive, y compris par l'opinion publique laïque.

Q. Alors, quelle est la différence ?

R. Que ses prédécesseurs étaient populaires, surtout dans l'Eglise, même s'ils étaient âprement contestés par les pointes dures de l'opinion publique non chrétienne. Tandis que la popularité la plus frappante de François est hors de l'Eglise, même si elle ne cause pas de vagues de convertis. Et même, avec lui il y a une certaine complaisance dans la culture étrangère ou hostile au christianisme.

Q. Dans quel sens ?

R. En voyant que le chef de l'Eglise se déplace vers leurs positions, qu'il semble comprendre et même accepter. L'histoire des entretiens répétés avec Eugenio Scalfari l'illustre: le pape accepte que le fondateur de la République, autrefois le plus dur opposant du pape, puisse publier tout ce qu'il veut de ces entretiens.

(Scalfari a reconnu n'avoir pris ni enregistrement ni de note durant son entretien. Ces interviews, même publiées dans un livre, ne sont pas des documents du Magistère)

Q. En fait, Scalfari lui-même a déclaré qu'il avait également publié ce que Bergoglio n'avait pas dit.

R. Tout à fait. Mais dans tout cela, il n'y aucune approche du christianisme. Le christianisme mis dans la bouche de Bergoglio n'est plus provocateur, il ne pose pas de problème comme avant, il peut être traité avec courtoisie, supériorité, détachement. Le christianisme compte moins. Qu'il suffise de dire que le président du conseil, Matteo Renzi, un catholique, se moque (se fiche) de ce que fait la CEI. En somme, d'une situation de confrontation ou de conflit, nous sommes passés au désintérêt.

Q. Avec le monde musulman, François est silencieux. Et le secrétaire d'État Pietro Parolin, parlant récemment à l'ONU, a été très prudent. Certains parlent d'une grande prudence et, quand ils le font, ils citent le discours de Benoît XVI à Ratisbonne, qui a provoqué des réactions et même des morts (ndt: un mort, en fait).

R. C'est une prudence poussée à l'extrême, mais, dans la pratique, je n'en vois pas les avantages, je ne pense pas qu'elle soit une aide, même petite ou partielle, pour les chrétiens de ces régions. La crainte, on peut la comprendre, si on la mesure à la proportionnalité de l'effet, elle ne vaut que si elle produit moins de dégâts. La situation me rappelle le silence de Pie XII sur les juifs.

(perso: la prudence est le propre des hommes de gouvernements. Parolin est un fin diplomate. La diplomatie du Saint-Siège continue d'être un phare puissant pour notre monde)

Q. Une controverse historique, mais récente ...

R. Papa Pacelli a tout fait pour sauver les Israélites, également personnellement au Vatican, maintenant nous le savons. Mais il hésitait à dénoncer ouvertement la chose, craignant que cela passe comme aux Pays-Bas, où la dénonciations de quelques évêques a été suivie de persécutions encore pires.

Q. Pourtant, le silence persiste.

R. Sauf le cardinal Jean-Louis Tauran, préfet du dialogue interreligieux, qui ne ménage pas les jugements, même sévères. (le Cardinal agit avec l'assentiment du Pape)

Q. Quel est le problème ?

R. Il est qu'il y a dictateurs comme l'Isis, dont on s'empresse de dire qu'ils n'ont rien à voir avec l'islam, mais qui sont alimentés par un islamisme radical qui n'a pas résolu la question de la rationalité et donc de la relation entre la foi et la violence. Voilà exactement ce qu'a dénoncé Papa Ratzinger à Ratisbonne. Et en effet, le seul véritable dialogue entre le christianisme et l'islam est né de ce discours, avec la lettre des 138 savants musulmans.

Q. Bien que la visite de la Mosquée bleue à Istanbul, l'année suivante, ait été considérée comme une réparation de Benoît XVI.

R. Ratzinger pouvait faire ce geste, justement pour avoir dit ces choses à Ratisbonne. Son jugement n'était pas énigmatique, on le comprenait très bien, il l'avait exprimé avec une clarté cristalline.

Q. Et François, il est clair ?

R: Parfois pas. Quand à Bethléem il s'arrête devant le mur qui sépare Israël des territoires et reste en silence absolu: on ne sait pas ce qu'il veut dire. Et quand à Lampedusa il crie «honte!», et on ne sait pas qui devrait avoir honte. L'Italie qui a sauvé des milliers de vies? Pourquoi ne le dit-il pas? Souvent, il y a des mots et des gestes qui sont délibérément laissés dans l'incertitude.

(perso: les murs sont une honte et mieux vaut construire des ponts ! L'image à fait le tour du monde, grâce à  un Pape, un génie de la comm. ! Lampedusa est une honte, mais pour tous ! aussi bien pour les pays qui n'arrivent pas à assurer la sécurité de ceux qui doivent fuir - il existe aussi une droit de ne pas immigrer - comme pour ceux qui les ignorent de façon inhumaine. D'où l'expression de la "globalisation de l'indifférence")

Q. On n'a pas le temps de parler des affaires vaticanes, comme celle d'Ettore Gotti Tedeschi, qui a été démis de l'IOR sous la Secrétairerie du cardinal Tarcisio Bertone, mais dont l'honnêté a émergé à plusieurs reprises. Y compris par le non-lieu de la justice italienne.

R. On lui refuse la réhabilitation. Il a demandé une entrevue au pape mais elle lui a été refusée (perso: Ettore Tedeschi a obtenu justice et il a pu déjà démasquer le mobbing qu'il avait subi)

Q. L'Eglise «hôpital de campagne» garde parfois ses portes bien fermées.

A. Tout à fait.

samedi, 15 novembre 2014

RTS Radio Suisse Romande: Judith Butler, les Veilleurs et le doctorat honoris causa pour le gender qui engendre ...

Judith Butler: les Veilleurs sont pacifiques et réfléchis

patriot-69492_150.jpgLa RTS n'a pu que le relever ( écouter le 12.30 et regarder le 19.30 ).

Les mails et les articles précédents le doctorat de Judith Butler n'ont finalement réussi qu'à mettre le feu aux poudres et donner un climat agressif.

Judith Butler ou les deux attitudes: l'agressivité ou la paix de la réflexion

Car toute autre est la médiatisation des Veilleurs (qui s'inspire de Ghandi). Il est impossible de les ranger parmi les ultras, les extrémistes et les personnes agressives et revendicatrices. Les tenants de l'union indissoluble et fécond entre un homme et une femme n'appartiennent en aucun cas à cette caricature. 

Les images parlent d'elles-mêmes: la réflexion, la bienveillance, la lecture de textes et les bougies ne laissent aucune place au doute. Même chose pour la prière. 

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L'évêché de Fribourg, au travers de son communiqué pondéré et circonstancié, a donné le ton pour indiquer la bonne ligne. 

Même le 19.30 (le titre est trompeur !), qui a certes laissé une toute petite place à la paix et aux Veilleurs (quelques secondes à la fin des 2 minutes) n'a pu que constater qu'il existe un fossé entre les extrémistes, les opposants et les ultras et l'évêché de Fribourg et les Veilleurs. 

Butler et le paradoxe du doctorat honoris causa à Fribourg: le gender engendre !

Cette provocation du doctorat honoris causa a finalement permis la naissance d'un mouvement positif et pro-actif. Ils sont tous jeunes et pleins d'avenir. 

RTS, Judith Butler et les Veilleurs

 

Le 12h30


podcast

Le 19.30

 

Le Pape François pour la vie: avortement, euthanasie, procréation médicalement assistée et cellules souches ...

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Le Pape François: la vie humaine est sacrée

“Il n’existe pas de vie humaine plus sacrée qu’une autre“ ... “La vie humaine est toujours sacrée, valide et inviolable, et comme telle elle doit être aimée, défendue et soignée“.

Pape François: fausse compassion pour l'avortement, la PMA et l'euthanasie

“La pensée dominante propose parfois une fausse compassion, celle qui considère que c’est une aide à la femme de favoriser l’avortement, un acte de dignité de procurer l’euthanasie, une conquête scientifique de ‘produire’ un enfant considéré comme un droit au lieu de l’accueillir comme un don, ou d’utiliser une vie humaine comme un cobaye de laboratoire pour en sauver probablement d’autres“.

Pape François: fabriquerdes enfants est un péché contre Dieu Créateur

“Fabriquer des enfants au lieu de les accueillir comme un don… on joue avec la vie, c’est un péché contre Dieu créateur“.

Pape François: l'avortement est un problème scientifique

L’avortement “n’est pas un problème religieux, ni philosophique, c’est un problème scientifique“

Pape François: l'euthanasie est un péché contre Dieu Créateur

l’euthanasie, même “l’euthanasie cachée“ dont sont victimes de “nombreuses personnes âgées“, est “un péché contre Dieu créateur“.

Vatican - le 15/11/2014 à 14:11:00 Agence I.Media

Avortement, euthanasie, PMA, cellules souches : Le pape dénonce avec force les atteintes à la vie humaine.

“La vie humaine est toujours sacrée“. C’est ce que le pape François a soutenu avec force devant plusieurs milliers de médecins catholiques italiens, le 15 novembre 2014 au Vatican, assurant que les atteintes à la vie étaient “un péché contre Dieu créateur“. Le pape a particulièrement fustigé la “pensée dominante“ qui propose une “fausse compassion“ pour justifier des pratiques comme l’avortement, l’euthanasie, la PMA ou encore la recherche sur les embryons.


© I.MEDIA

Recevant en audience les membres de l’Association des médecins catholiques italiens, venus célébrer au Vatican les 70 ans de la fondation de leur association, le pape François a tout d’abord reconnu que grâce aux “progrès scientifiques et techniques, les possibilités de guérison physique avaient considérablement augmenté“. Pour le pontife, “les conquêtes de la science et de la médecine peuvent contribuer à l’amélioration de la vie humaine“, mais à condition de ne pas s’éloigner “des racines éthiques de ces disciplines“.

“Il n’existe pas de vie humaine plus sacrée qu’une autre“, a alors rappelé le pape, avant d’insister : “La vie humaine est toujours sacrée, valide et inviolable, et comme telle elle doit être aimée, défendue et soignée“.

“La pensée dominante propose parfois une ‘fausse compassion’, a ensuite dénoncé le pape, celle qui considère que c’est une aide à la femme de favoriser l’avortement, un acte de dignité de procurer l’euthanasie, une conquête scientifique de ‘produire’ un enfant considéré comme un droit au lieu de l’accueillir comme un don, ou d’utiliser une vie humaine comme un cobaye de laboratoire pour en sauver probablement d’autres“.

Quittant son texte des yeux, et visiblement ému, le pape François a déploré : “on vit un temps d’expérimentation de la vie humaine, mais on l’expérimente mal“. “Fabriquer des enfants au lieu de les accueillir comme un don… on joue avec la vie, a-t-il insisté, c’est un péché contre Dieu créateur“.

L’avortement “n’est pas un problème religieux, ni philosophique, c’est un problème scientifique“, a repris le pape en improvisant. “Il n’est pas licite de rejeter une vie humaine pour résoudre un problème“, a-t-il poursuivi. De la même façon, a estimé le pontife, l’euthanasie, même “l’euthanasie cachée“ dont sont victimes de “nombreuses personnes âgées“, est “un péché contre Dieu créateur“.

Dans ces circonstances, le pape a invité les médecins catholiques à faire des “choix courageux et à contre-courant“, en vertu de “l’objection de conscience“.

Des paroles rares

Convaincu que le monde connaît la “pensée de l’Eglise“ sur ce type de questions, le pape François intervient rarement dans ce domaine. “Il n’est pas nécessaire d’en parler en permanence“, expliquait-il ainsi durant l’été 2013 dans un entretien accordé aux revues jésuites, tout en tempérant : “Lorsqu’on en parle, il faut le faire dans un contexte précis“.

C’est ainsi à de très rares reprises que le pape François a jusque-là évoqué directement l’avortement ou l’euthanasie, préférant fustiger avec force “la culture du rejet“ dont sont victimes des enfants et des personnes âgées, ou encore “la culture de la mort“.

En janvier dernier, cependant, le pape François avait assuré devant le corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège que l’avortement lui faisait “horreur“. Deux mois plus tôt, dans son Exhortation apostolique Evangelii Gaudium, il indiquait de façon très claire que l’Eglise n’entendait pas changer de position sur la défense de la vie, en particulier dans son opposition à l’avortement et à l’euthanasie. 

BL/AMI

vendredi, 14 novembre 2014

Judith Butler, le gender et le doctorat honoris causa à Fribourg: résultat des courses

Judith Butler et la tactique médiatique

newtons-cradle-256213_150.jpgDans la sphère médiatique, la réaction est toujours perdante. Face à la provocation du doctorat honoris causa de Judith Butler, la stratégie gagnante est celle de la patience, du sourire, de la bonté et de la réflexion. 

Majoritairement, cela n'a pas toujours été suivi, même avec les meilleurs intentions du monde. Manifestations ? avalanches de mails ... Face à notre clavier, la précipitation et l'agitation sont un gros risque. 

La logique médiatique des tenants du gender consiste à révéler les soi-disant agressivité, intolérance et surtout la pseudo violence des opposants. Du moment qu'on leur prête le flanc, ils finissent inévitablement par nous caricaturer.

Résultat des courses ( La Liberté du 14 novembre 2014 )

Judith Butler: service de sécurité engagé

 

Résultat: la conférence que donnera Judith Butler vendredi soir à l’Université de Fribourg sera encadrée par un service de sécurité, explique l’organisateur François Gauthier, professeur associé en sciences des sociétés, des cultures et des religions. 

 

La conférence des évêques suisse au travail

L'évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg Mgr Morerod, philosophe, théologien et dominicain agissent avec sagesse et pro-activité: "soucieuse de la polémique autour des études de genre, une commission des évêques suisses suit actuellement la question et communiquera ultérieurement sur le sujet". cf: site Internet

 

mercredi, 12 novembre 2014

RTS découverte: la sonde Rosetta expliquée en quelques secondes

Le Pape François dénonce les soutiens aux djihadistes

Le Pape dénonce les soutiens aux djihadistes

Le Figaro avec AFP

Dans une lettre adressée au prochain G20 en Australie, le pape François a appelé aujourd'hui à faire pression contre les soutiens des djihadistes au Moyen-Orient mais aussi à lutter contre un système économique d'exclusion qui favorise le recrutement de terroristes.

Le Figaro

DES VIES SONT EN JEU, IL FAUT ALLER AU-DELÀ DES “DÉCLARATIONS DE PRINCIPE“, ASSURE LE PAPE AUX MEMBRES DU G20

Vatican - le 11/11/2014 | Par Agence I.Media

A l’approche du sommet du G20, le pape François exhorte les chefs d’Etat et de gouvernement des principaux pays de la planète à aller au-delà “des déclarations de principe“ car “de nombreuses vies sont en jeu“ dans leurs discussions.

Dans une lettre adressée au premier ministre australien Tony Abbott, hôte du sommet organisé à Brisbane les 15 et 16 novembre 2014, le pape demande au G20 de permettre enfin un “arrêt définitif“ de l’agression des minorités au Moyen-Orient.

mardi, 11 novembre 2014

Judith Butler, le gender et le doctorat honoris causa à Fribourg: Mgr Charles Morerod et l'évêché de Fribourg communiquent

Université de Fribourg: Doctorat honoris causa à Judith Butler

Note préliminaire:

Les universités catholiques sont organisées par la Constitution apostolique "Ex Corde Ecclesiae" de 1990 (Saint Jean Paul II).

La Consititution "Sapientia Chritiana", concerne les universités et facultés ecclésiastiques qui enseignent les sciences sacrées. 

Judith Butler est docteure honoris causa de la faculté des lettres de l'Université de Fribourg

Dans ce sens juridique du terme, l'Université de Fribourg n'est pas une Université ecclésiastique, ni une Université catholique. Seule la Faculté de théologie dépend de l'Eglise catholique. 

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Source: site du diocèse LGF

La prochaine remise par la Faculté des Lettres de l'Université de Fribourg, le 15 novembre, du titre de Docteur honoris causa à la chercheuse Judith Butler, contributrice majeure dans les études de genre, a amené plusieurs personnes à interpeller l'Evêché de Lausanne, Genève et Fribourg pour demander une suppression de cette distinction.

QUELQUES PRÉCISIONS

L'Université de Fribourg n'est pas et n'a jamais été une Université catholique, au sens juridique du terme (dont les normes actuelles sont régies par la Constitution Ex Corde Ecclesiae, publiée par le pape Jean-Paul II le 15 août 1990). C'est une Université d'Etat fondée au XIX siècle dans un canton catholique, et on l'a traditionnellement appelée "Université des Catholiques Suisses".

Pour cette raison, une quête est proposée chaque année aux catholiques suisses, dans le but de favoriser une certaine présence catholique dans des projets interfacultaires.

La Faculté de Théologie est la seule formellement liée à l'Eglise, et elle a un Grand Chancelier qui est le Maître général des dominicains. Celui-ci doit approuver les doctorats honoris causa de la Faculté de Théologie, mais il n'a absolument aucun rôle dans les autres Facultés.

Lors de la fondation de l'Université, l'Etat de Fribourg (notamment le Conseiller d'Etat Georges Python) a souhaité que l'évêque du diocèse n'ait pas son mot à dire sur la vie interne de l'Université, et pour cette raison il a pris contact avec l'Ordre dominicain en ce qui concerne la Faculté de Théologie.

Soucieuse de la polémique autour des études de genre, une commission des évêques suisses suit actuellement la question et communiquera ultérieurement sur le sujet.

Fribourg, le 10 novembre 2014

Le Service diocésain de la communication

Lien

Délits graves: le Pape François continue la lutte commencée par saint Jean-Paul II et Benoît XVI

PÉDOPHILIE : CRÉATION D’UN COLLÈGE SPÉCIAL POUR EXAMINER LES RECOURS DE PRÊTRES ACCUSÉS DE DÉLITS GRAVES

Vatican - le 11/11/2014

Par Agence I.Media

Face à “l’accumulation des cas de recours“ de prêtres accusés de délits graves, en majeure partie dans des affaires de pédophilie, le pape François a créé un collège spécialement chargé de traiter ces recours, a annoncé le Vatican le 11 novembre 2014.

Ce collège spécial sera formé de sept cardinaux et évêques, tous nommés par le pape, mais pas nécessairement membres de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), le dicastère en charge de ces questions.

Pape François: complément des dispositions en matière de délits graves

Cité du Vatican, 11 novembre 2014 (VIS) 

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Le Motu Proprio de Jean-Paul II Sacramentorum Sanctitatis Tutela, publié en 2001 et actualisé en 2010 par Benoît XVI indique les divers délits de compétence de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et ce en conformité à l'article 52 de la Constitution Pastor Bonus.

Celle-ci les juge, au pénal comme à l'administratif, tout en se réservant la possibilité de recourir à une décision du Pape pour les cas les plus graves. En première instance, les délits contre la foi restent du ressort de l'évêque ou du supérieur. Etant donnée la quantité des recours et la nécessité de les examiner plus rapidement, le Saint-Père a décidé par décret:

L'institution, au sein de la Congrégation pour la doctrine de la foi, d'un Collège de sept Cardinaux et Evêques, qui pourront être membres ou non de ce dicastère. Son Président comme ses Membres seront de nomination papale. Instance de la Session ordinaire de la Congrégation, ce collège est destiné à optimiser l'examen des recours sans que soient modifiées les compétences de la Session en la matière.

Si l'accusé est évêque, son recours sera examiné par la Session ordinaire, qui pourra en certains cas en référer au jugement du Pape. A cette Session pourront être déférés d'autres cas soumis au jugement du Collège. En toute circonstance, le Collège informera périodiquement de ses décisions la Session ordinaire. Un règlement interne précisera le fonctionnement du Collège.

A la suite de l'audience papale du 3 novembre, le Cardinal Secrétaire d'Etat a promulgué ce jour le décret qui prend effet immédiatement.

Université de Fribourg: Judith Butler doctora honoris causa pour faire causer

Judith Butler sera docteur honoris causa de la faculté des lettres de l'Université de Fribourg. 

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L'intellectuelle américaine, fer de lance du gender, sera honorée par une faculté de l'Université de Fribourg ( cf. La Liberté 11 novembre 2014 ). 

Université de Fribourg: un doctorat honoris causa à Judith Butler ( gender ) pour faire causer

Le père dominicain et professeur Benoît-Dominique De la Soujeole, de l'Albertinum de Fribourg, précise que ni la Faculté de théologie, ni l’Ordre dominicain n’ont à voir avec cette décoration.

Judith Butler: rien à voir avec la faculté de théologie

C’est la Faculté des lettres, totalement indépendante de la Faculté de théologie, qui est responsable devant Dieu et devant les hommes de cette initiative. Le père Benoît-Dominique ne souscrit ni au gender ni à la remise de ce Doctorat, lors duquel il ne sera pas présent. 

Cette provocation recherche la confrontation pour obtenir de l'audience. La réaction et les manifestations sont recherchées. N'offrons donc pas ce qui est consciemment voulu et désiré. Agir positivement, être pro et actif (pro-actif) est la seule attitude indiquée. On devient souvent l'otage de ce qui est combattu alors qu'on est libre de ce qui est promu. 

Si une faculté des lettres décerne un tel doctorat, c'est sans doute parce que les recherches de Judith Butler versent d'avantage vers le roman et la littérature ...

Lien utile: M.-A.Peeters, grande spécialiste du "gender" 

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Ce que pense le Pape François sur la famille

Le Pape François et la famille

Quelques jours après la fin des travaux de l’assemblée extraordinaire du synode sur la famille, le Pape a reçu 7 500 membres du Mouvement apostolique de Schoenstatt, qui fêtait à Rome le centenaire de sa fondation par un prêtre allemand, le père Josef Kentenich. À cette occasion, François a pris du temps pour répondre aux questions des fidèles, notamment autour du mariage et de la famille. Sur ces sujets, comme sur d’autres, le pape a ses idées propres, nourries par sa longue expérience de pasteur. Mais comment ne pas penser qu’en répondant, il n’avait pas en tête les multiples interventions auxquelles il a assisté – en écoutant et en prenant des notes ? Ses propos, qui rappellent sa pensée ou la font découvrir, permettent de se faire une idée de ce qui s’est dit lors de ce synode historique.

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Pape François: la famille n’a jamais été aussi attaquée

« Je  pense que la famille chrétienne, la famille, le mariage, n’ont jamais été aussi attaqués qu’en ce moment (…) Combien de familles sont blessées, combien de mariage cassés, que de relativisme dans la conception du sacrement du mariage. En ce moment, d’un point de vue sociologique et du point de vue des valeurs humaines, comme de celui du sacrement catholique, du sacrement chrétien, il y a une crise de la famille ; crise parce qu’elle prend des coups qui la blessent de tous les côtés. »

suite Aleteia

lundi, 10 novembre 2014

Les aprioris sur Benoît XVI et le Pape François

Les aprioris sur Benoît XVI et François

La communication d’un pape se joue sur des petits détails, des petites phrases, brefs comme des tweets. Le pontificat de Benoît XVI a, comme celui de François connu passablement d’aprioris:

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Ratzinger: panzer, nazi, traditionaliste

Ratzinger est un « Panzer Kardinal ». Or tout ceux qui l’ont rencontré ont souligné sa timidité, son humilité, sa douceur et son humanité. Durant leurs visites à Rome, les évêques de France aimaient aller à la congrégation pour la doctrine de la foi afin de rencontrer Joseph Ratzinger car il les écoutait, ayant toujours préparé ses entretiens avec bonté et bienveillance.

Le jeune Ratzinger fut des jeunesses hitlériennes. En effet, il était impossible pour un allemand d’être d’une autre jeunesse, car il n’y en avait pas d’autres et cet enrôlement était forcé pour tous. Le jeune Joseph en a été membre forcé (et non volontaire) d’une branche non armée.

Benoît XVI est traditionaliste, le preuve il a réintégré les évêques de Saint Pie X. Propos erronés, car durant son pontificat il a uniquement levé leur excommunication, une peine liée au schisme de Monseigneur Lefebvre. Mais Ecône n’est pas réintégré, car aucune mission et organisation canonique ne leur est actuellement confiée. En comparaison, c’est Ratzinger lui-même qui avait singé le fameux accord luthéro-catholique sur la justification de la foi. Benoît XVI n’est pourtant pas qualifié pour autant de protestant ! Il est simplement un ouvrier de l’unité de l’Eglise, un des grands axes de son pontificat.

Pape François: ouvert sur l'homosexualité et les divorcés, progressiste, un Pape de rupture 

Le Pape François connait aussi de tels raccourcis:

Le Pape a dit être pour l’homosexualité, étant donné qu’il affirme: « qui suis-je pour juger ». Il faut, pour bien comprendre, écouter l’ensemble de ses propos: « si une personne homosexuelle cherche droitement le Seigneur, qui suis-je pour juger ?».

François s’approche en cela de Joseph Ratzinger qui affirmait que la vie morale consiste à chercher le Seigneur et que la vie chrétienne est une réponse à l’Amour de Dieu. Avec ces deux pontifes, on retrouve ce que toute l’Eglise a toujours enseigné : la conversion, la prière et les sacrements changent notre vie. L’enseignement moral de l’Eglise Catholique provient de la Personne de Jésus. La vie chrétienne étant un événement, une rencontre avec le Christ.

François n’aime pas les communautés qui célèbrent le rite romain dans sa forme extraordinaire, comme l’Institut des Franciscains de l’Immaculée. N’oublions pas que l’enquête menée sur ces frères remonte au pontificat de Benoît XVI. Le Pape François n’a jamais révoqué le Motu Proprio de son prédécesseur libéralisant la célébration de la forme extraordinaire, ou la Messe de Saint Jean XXIII ( une évolution de la liturgie de Saint Pie V), Pape canonisé par François lui-même.

Le Pape François veut un changement sur les personnes divorcées remariées et les personnes homosexuelles. François veut mettre l’accent sur les Synodes, institution créée par le bienheureux Paul VI. Notre Souverain Pontife n’a pas dit une seule phrase, un seul mot sur ce débat. Cette stigmatisation des personnes ne vient pas du Pape, mais d’une certaine presse d’opinion qui se focalise sur la question. Le Pape a voulu que le Synode se prononce, et celui-ci a affirmé ne pas vouloir changer l’enseignement classique de l’Eglise. 

Aussi le Saint-Père ne veut pas être isolé, mais cherche à s’appuyer aussi sur les évêques en communion avec lui. Il veut centraliser l’enseignement de l’Eglise sur la communion de la foi, car l’Eglise n’est ni un Parlement, ni une démocratie, mais une famille qui du dernier des croyants au Pape puise infailliblement dans la foi commune reçue des Apôtres.

- Le Pape François a osé dire que Dieu n’était pas catholique. En effet, c’est l’Eglise qui est catholique. Une interviewe de Ratzinger avec Peter Seewald avançait dans ce même sens disant aussi que l’Eglise est catholique et que ce vocable ne s’applique pas à Dieu. Donc, rien de nouveau.

Bergoglio considère le Pape comme un vieux, un grand-papa au Vatican. Dans la culture occidentale, les personnes âgées sont mises de côtés. On s’en débarrasse volontiers, souhaitant même qu’elles se suicident…. Or en Amérique latine, qualifier une personne de « vieux » (el viejo) est un honneur. Les Argentins vénèrent les vieux, qui n’est pas un terme dépréciatif, ni péjoratif. Au contraire, cela relève leur dignité.

- En son temps, le Cardinal Bergoglio aurait critiqué Benoît XVI lors de la crise de communication qui suivit la levée des excommunications. C’est évidemment faux : ce Cardinal de Buenos Aires s’est alors séparé de son porte-parole, car il avait exprimé une opinion très critique à l’encontre du Pape, un avis privé, qui n’était nullement la pensée de son archevêque.

RTS: Interview de Mikhail Gorbatchev par Darius Rochebin

Pape François: des ponts, non des murs et Saint Jean Paul II

Cité du Vatican, 9 novembre 2014 (VIS).

Après l'angélus, le Pape a évoqué la chute du Mur de Berlin, survenue le 9 novembre 1989, qui fut pendant près de trente ans un symbole de division idéologique de l'Europe et du monde:

"Sa chute subite fut le résultat du long et dur labeur de très nombreuses personnes, dont certaines sacrifièrent leur vie. Au nombre de celles-ci, Jean-Paul II qui eut un rôle capital. Prions afin qu'avec l'aide du Seigneur et la collaboration de toutes les personnes de bonne volonté se développe une culture de la rencontre, capable de faire tomber les murs de division et d'empêcher que des innocents soient persécutés voire tués à cause de leurs convictions ou de leur religion.

Là où se dresse un mur, il y a clôture de l'esprit. On a besoin de ponts, non de murs".

samedi, 08 novembre 2014

Curie romaine: le Cardinal Burke s'en va, Mgr Mamberti et Mgr Gallagher s'en viennent

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Le Figaro

Le Cardinal Burke s'en va 

Bulletin de la salle de presse (italien)

LE BRITANNIQUE MGR GALLAGHER ‘MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES’ DU SAINT-SIÈGE ET LE CARDINAL BURKE POUSSÉ VERS LA SORTIE.

Vatican - le 08/11/2014 | Par Agence I.Media

Le pape François a procédé à plusieurs nominations, le 8 novembre 2014, parmi lesquelles celle du nouveau ‘ministre des Affaires étrangères’ du Saint-Siège.

Il a ainsi nommé le Britannique Mgr Paul Richard Gallagher secrétaire pour les relations avec les Etats en remplacement du Français Mgr Dominique Mamberti, nommé quant à lui préfet du Tribunal suprême de la signature apostolique.

Le Cardinal Burke nommé à l'ordre de Malte

Ce dernier succède au cardinal américain Raymond Leo Burke, nommé “cardinal patron“ de l’Ordre de Malte et manifestement écarté de la curie. 

URGENT : NOMINATION D’UN NOUVEAU SECRÉTAIRE POUR LES RELATIONS AVEC LES ÉTATS ET DU CARDINAL BURKE À L’ORDE DE MALTE.

Vatican - le 08/11/2014 | Par Agence I.Media

Le pape François a nommé le Britannique Mgr Paul Richard Gallagher, Secrétaire pour les relations avec les états, le 8 novembre 2014.

Il succède au Français Mgr Dominique Mamberti nommé quant à lui Préfet du Tribunal suprême de la signature apostolique. Il remplace le cardinal américain Leo Burke qui est nommé Patron de l’Ordre de Malte.

Le cardinal Burke n’a pas caché, ces derniers temps, ses dissensions avec le pape François.

I.MEDIA

Lien

jeudi, 06 novembre 2014

Pakistan: assassinat barbare du couple chrétiens, le Cardinal Tauran sous le choc

Vatican - le 06/11/2014 à 17:27:00 Agence I.Media

Pakistan : Le cardinal Tauran sous le choc après l’assassinat barbare d’un couple de chrétiens.

Le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, s’est dit profondément “choqué“ après qu’un jeune couple de chrétiens accusé de blasphème a été brûlé vif au Pakistan, le 4 novembre 2014. Interpellé par Radio Vatican deux jours plus tard, le haut prélat français s’est demandé si la communauté internationale pouvait demeurer passive face à “des actes d’une telle barbarie“. 

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“Je suis choqué, on reste évidemment sans paroles devant des actes d’une telle barbarie“, a ainsi affirmé le cardinal Jean-Louis Tauran après qu’une foule de musulmans en colère a attaqué et tué un jeune couple chrétien en périphérie de Lahore, dans le Pendjab, avant de brûler leurs corps dans le four à briques où ils travaillaient. “Ce qui est encore plus grave, ajoute le cardinal Tauran, c’est que l’on invoque la religion, or une religion ne peut pas justifier de tels actes, de tels crimes“.

“Est-ce que la communauté internationale ne doit pas intervenir ?“ s’interroge le cardinal Tauran, assurant qu’il y a “d’un côté des convictions religieuses que l’on doit respecter, mais (…) aussi un minimum de solidarité, d’humanité, qu’il faut sauvegarder“. “Je pose la question, insiste-t-il, est-ce que l’on peut rester passif devant des crimes que l’on légitime par la religion ?“

Aucune justification

Le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux explique qu’il n’existe “aucune justification pour ce genre de choses“ et que “c’est l’humanité tout entière qui est humiliée“. Dès lors, le haut prélat souhaite que ces exactions soient dénoncées “de manière vigoureuse“ par les leaders musulmans. “Il faut reconnaître, ajoute-t-il, que les premières victimes sont en fait les musulmans, car ces méfaits donnent une image de l’islam qui est terrible“.

Interpellé sur les violences croissantes à l’égard des minorités infligées par des groupes religieux, le cardinal Tauran assure que l’on est arrivé “au paroxysme“, à “ce que saint Paul appelle ‘le mystère de l’iniquité’, le mal à l’état pur, car même les animaux ne se comportent pas comme cela“.

S’il reconnaît que “l’on ne peut pas intervenir dans les affaires intérieures des Etats“, le cardinal Tauran assure que “l’on doit aider les responsables politiques à trouver des solutions dignes de l’homme et de la civilisation“. Dès lors, il juge que c’est la loi sur le blasphème, au Pakistan, “qui pose un problème“.

Le cardinal Jean-Louis Tauran souhaite enfin que “les chrétiens ressentent la solidarité de l’Eglise, qui est leur famille“. Il juge en outre que “l’Eglise locale est très courageuse“.

Shahzad Masih, 26 ans, et sa femme Shama Bibi, 24 ans, ont été séquestrés et retenus en otage le 2 novembre, accusés d’avoir profané le Coran. Deux jours plus tard, ils ont été battus puis brûlés vifs par une foule de musulmans provenant de cinq villages proches de Lahore. Le couple avait 3 enfants et Shama Bibi était enceinte de leur 4e enfant.

AMI

Pourquoi j'aime le Pape François

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Pourquoi est-ce que j’aime le Pape François

 

Lorsque le Cardinal Tauran prononça "Jorge Maria Bergoglio", je n’en croyais pas mes oreilles. Pour moi, ce nom m’était totalement et absolument inconnu. Jamais je n’avais entendu parler de lui, même auprès des vaticanistes. Je me suis dit: « mais c’est qui ? ». 

 

15 minutes après, je passais à la Télévision et je devais être informé. 

 

Le Pape François ou la divine surprise

 

Je me suis précipité sur Internet pour savoir qui était ce fameux Bergoglio. Je n’ai trouvé que ce que j’avais entendu par les journalistes: un jésuite, archevêque de Buenos Aires !

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Ma seule prédiction exacte était que le nouveau Pape viendrait du continent américain, du nouveau monde, du Nord au Sud. 

 

Lorsque le Pape est arrivé au balcon, je me suis dit: «  il a l’air rigide, coincé, il ne bouge pas ». Puis, le Pape s’est animé. Sa spiritualité m’a saisie. Un homme de Dieu, une voix douce et aimable, qui laisse entrevoir un homme au coeur gros comme ça. 

 

La première « conférence de presse » du Pape François m’a ému aux larmes. Une capacité hors norme pour communiquer, devant plus de 5000 journalistes. La classe !

 

Le Pape François est moins liturgique

 

La première messe célébrée par le nouveau vicaire du Christ ne m’a pas vraiment emballée. Durant trois ans, j’avais tellement aimé les liturgies du Pape Benoît XVI, avec ses homélies exceptionnelles, qu’il m’était devenu aisé de prier durant toute la Messe. Qu’allait devenir « l’herméneutique de la Réforme », le soin apporté à la liturgie ?

 

Le Pape Benoît XVI avait réussi à remettre le Christ au centre de la liturgie. Dieu merci, le Pape François est tout intérieure lors de la Messe. 

 

A la Messe, on touche Dieu. On prend soin de Jésus comme on reçoit un nouveau né dans ses bras, comme on accueille Jésus mort des mains de la Vierge. On ne fait pas un show, on ne mime pas, pas de place pour faire le clown. 

 

Pendant quelques semaines, je n’avais pas les outils intellectuels pour rendre compte de mon espérance. J’ai donc lu, parlé avec des amis romains et surtout beaucoup prié. A force d’insister, de chercher, d’enquêter, j’ai trouvé un fil conducteur. 

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L'oeuvre du temps et la patience

 

Le temps permet à toute chose de trouver sa place. On ne découvre une oeuvre d’art qu’en s’éloignant, en prenant de la distance. Avant la première photo de la terre depuis l’espace, nous n’avions qu’une vision plane. Maintenant, on voit la terre flotter dans l’espace noir rempli d’étoiles. 

 

Peu à peu, la fresque m’est apparue. Seul le pinceau avait changé. Il ne porte plus des souliers rouges, ne porte pas les habits plutôt baroques ou bavarois de Benoît XVI. Si on reste à cet aspect accidentel, on se mélange les pinceaux. Dans l’Eglise, ce qui me fascine, ce ne sont pas les apparences, mais le dessin de Dieu sur la toile des âmes, l’histoire profonde du monde. 

 

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Ne pas se mélanger les pinceaux ! Les deux Papes sont des instruments différents

 

« Lorsque le doigt montre la lune, l’imbécile regarde le doigt » dit le dicton chinois. Pour moi, les deux Papes sont soutanes blanches et blanches soutanes. La sève intérieure, la fresque de la foi est identique. 

 

Avec la maturation du temps, je m’aperçois que l’une des directions donnée par le Pape Benoît XVI est la nouvelle évangélisation. Le Pape émérite a créé un nouveau dicastère pour aller dans ce sens. Puis, l’année 2010 fut l’année consacrée aux prêtres. Le sacerdoce est l’Amour du Coeur Sacré de Jésus disait le Saint Curé d’Ars. Mais tant de boue a recouvert ce mystère, que le nom du prêtre est lié à la corruption financière, à la pédophile. « Pécheur oui, mais pas corrompu » rappelle Bergoglio. 

 

Le Pape François: un anticlérical

 

Le Pape François se situe exactement sur cette ligne de crête. Avec lui, je saisis son anticléricalisme, cette enflure ou cette excroissance du sacerdoce qui repousse les âmes: « privilèges, affaires économiques, emmitouflages violets, intrigues de cour pour faire carrière, corruption, hypocrisie, postes de prestige …». Le Pape François a donné un grand coup dans la fourmilière. 

 

On ne fait pas le prêtre, on est prêtre, par amour des personnes. On devient prêtre pour sauver les âmes. Lorsque j’ai vu le Pape serrer dans ses bras une personne avec un handicap, j’en fus ému. Lorsque j’ai entendu le Pape nous rappeler que la foi est d’abord une vie, ordinaire, réelle, j’ai grandi dans ma vie de prière. Toutes ses interventions rejoignent ma vie concrète, faite de chair et de sang, d’ascension et de chute. 

 

Dès lors, ma vie de prière a grandi. J’ai saisi la profonde homogénéité entre les deux Papes. Après un Pape théologien, un génie de l’harmonie de la foi, Dieu nous a envoyé un Pape Pasteur qui avance au large. Benoît XVI est comme Moïse sur la montagne, alors que le peuple élu combat dans la plaine.

 

Dans son monastère du Vatican, il prie les bras en croix. Dans le champ de bataille du monde, le Pape François édifie l’hôpital de campagne de l’Eglise ouvert pour toute détresse, pour toute souffrance, pour toute personne. 

 

La confession en live du Pape Bergoglio

 

La divine Miséricorde est sans doute la clef: « Eau et Sang jaillis du Coeur du Christ » priait Sainte Faustine, la première sainte du 3ème millénaire. Jamais les caméras du monde avaient vu un Pape se confesser en live. 

 

L’Eglise est née en sortie dit le Saint Père. L’eau et le sang ont jailli du Coeur du Christ percé sur la Croix. Lorsque les prêtres restent enfermés au Cénacle, l’air devient irrespirable, la corruption et la maladie nous saisissent. 

 

Ce Pape venu du bout du Monde, de la périphérie diplomatique, joue comme centre avant, en attaque. Pas pour rien que ces premières paroles au monde, via une interview pour les grands médias, furent: « Que San Lorenzo gagne ». Son équipe favorite n’est plus San Lorenzo club de foot de l’enfance de Bergoglio, mais la famille de l’Eglise. 

 

Le Pape François: un maître spirituel

 

Ce souffle intérieur, spirituel, que les Occidentaux ont perdu, au point d’être fascinés par les religions orientales, coule à travers Bergoglio. Attention, cet homme peut changer votre vie disait Greg Burke, conseiller médiatique auprès de la Secrétairerie d’Etat, paraphrasant une publicité pour les cigarettes. Il y a bien un rideau de fumée qui entoure le Pape François, qui empêche de le percevoir avec les yeux de la foi.

 

Ce brouillard, ce brouillage médiatique même, peut être percé par la vie intérieure, la pratique de la foi. Comme le dit Mgr Alain de Raemy, par la confession, le rosaire et la prière. 

 

Le Pape de Twitter: tweet and treat

 

« Treak or treat » disent les enfants américains le 31 octobre (fais un sketch ou paie). Pour nous tous, lisons les tweets de Bergoglio: « Tweet and treat » (lis les tweets et paie-le par ta vie). 

Suicide assisté ? Euthanasie ?? Exit ??? Un prêtre raconte

Suicide assisté ? Euthanasie ?? Exit ??? le récit d'un prêtre 

Vatican -le 04/11/2014| Par Agence I.Media

“Une profonde tristesse“, une “absurdité“. Les réactions du Vatican ne manquaient pas, le 4 novembre 2014, trois jours après le “suicide assisté“ d’une Américaine de 29 ans atteinte d’un cancer du cerveau incurable, qui a relancé le débat, aux Etats-Unis et en Europe, sur l’euthanasie.

Exit ??? Euthanasie ?? Suicide assisté ? Hommage d'un prêtre aux personnes parties vers Dieu dans la dignité

Cette dépêche de l’agence I.Media m’invite à parler, à témoigner, à raconter.

Comme prêtre, je côtoie très souvent la mort au point qu’elle est devenue comme une compagne de vie. Trois urgences font régulièrement voler en éclat mon calendrier, mes horaires ou mes rendez-vous: les malades, les confessions et les mourants. Sans trahir de secrets, je désire évoquer en toute simplicité quelques récits qui illustrent bien cette fréquentation.

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Pardonné avant Noël

Prêtre fraîchement ordonné, je fais la tournée des malades avant la fête de Noël: confession, communion et sacrement des malades. Une religieuse de la cure me sollicite pour la visite d’une personne seule. Aussitôt dit, aussitôt fait, je m’arrête durant la tournée chez un brave et aimable Monsieur. Nous parlons de tout et de rien, du beau temps, du village… Puis, me reviens le conseil d’un ami prêtre: « pour les personnes âgées, afin de leur faciliter la confession, parle simplement avec eux de Dieu, de la prière, des autres et d’eux-mêmes. Pose quelques questions afin qu’elle puisse se confier ».

Je commence donc à évoquer des choses essentielles de la vie. Le dialogue devient soudain plus profond, plus intense et plus riche. Voyant la sincérité de cet homme, je lui dis: « N’avez-vous pas l’impression que vous venez de vous confesser ? ». Il me répond: «Oui tout à fait, j’ai tout dit ». Je lui propose alors de lui donner le Pardon. L’homme pleure de joie, les larmes ruissellent sous ses yeux douloureux et usés par la vie. Nous faisons ensemble le signe de croix, les paroles de l’absolution glissent sur mes lèvres et le Pardon divin s’empare de ma pauvre et petite personne pour se déverser sur la vie du vieil homme.

Nous nous sommes quittés dans la prière, nous disant à bientôt et surtout Joyeux Noël. Lorsque je ferme les yeux je le vois encore sourire, le regard plein de lumière... Je m’en retourne tout joyeux à la cure, une amitié est née. A peine deux jours plus tard, la soeur qui nous avait mis en contact me croise dans les escaliers et m’annonce la mort de ce nouvel ami… La Providence ne se sert-elle pas de tout ?

Présent au dernier souffle

Un autre jour, je suis en voiture et ressens le besoin d’aller voir rapidement une vieille dame malade dont je n’ai plus de nouvelles depuis quelques jours. Je prends immédiatement la route pour le Home, passe par l’entrée principale, trouve rapidement l’ascenseur et me tiens devant sa porte pour entrer. Alors que je frappe doucement, sa fille vient m’ouvrir expliquant que toute la famille est réunie pour sa maman qui est en train de s’en aller.

J’entre alors dans ce lieu sacré avec le coeur rempli d’émotion au moment même où la grand-maman rend son dernier souffle à Dieu… A la seconde près, j’étais présent pour son départ ! Dans les confidences qui suivirent cette mort impressionnante, la fille me confie que sa maman a prié toute sa vie, pour mourir en présence d’un prêtre ! J’en suis encore aujourd’hui profondément bouleversé.

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De la révolte au Pardon

La Bénichon est une institution bien ancrée en ville de Fribourg. Invité dans une famille pour cette occasion, je fais connaissance avec les personnes autour de la table. Mon voisin est un homme viscéralement contre Dieu, contre la foi, les curés et toutes ces histoires… Il me dit alors droit dans les yeux: « si un prêtre vient me voir à l’hôpital, dans mon lit, je le fous à la porte ». Malgré cette intransigeance, son caractère ne m’empêche pas de le trouver fortement sympathique. 

Une année passe et j’apprends que mon voisin de table est à l’hôpital. Je m’y rends évidemment le plus vite possible pour le visiter. Arrivé à l’étage, je demande à l’infirmière de prévenir mon ami que je suis présent. La soignante me demande plutôt de le rejoindre directement, mais j’insiste pour ne pas le brusquer: « je ne préfère pas. Dites-lui simplement que je suis là ». L’infirmière revient et m’invite à entrer. J’entre alors dans la chambre d’hôpital tout en invoquant la Vierge Marie.

L’homme est très faible, assis au bord de son lit, le regard dans le vide... Nous nous saluons et parlons sereinement, de Dieu, de la mort et de la vie. Je remarque que la porte de son coeur s’est légèrement entrouverte et que Dieu est patient. Quelques jours plus tard, j’apprend son décès, mais surtout qu’un prêtre est venu en urgence lui donner les derniers sacrements.

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Les deux mains du prêtre: les clés pour ouvrir le Ciel 

Des histoires comme celles-ci, mes confrères prêtres peuvent vous en raconter des centaines. J’ai souhaité en parler, sous l’instigation d’un proche, pour rendre hommage à toutes ces personnes aimées par Dieu comme tous et chacun. 

La mort est un instant tellement sacré qu’il est juste de s’en approcher uniquement avec la prière et la grâce de Dieu. Comme prêtre je suis, par grâce, serviteur aux mains en formes de clefs pour ouvrir le Ciel lors de la célébration de la Messe et par le Sacrement du Pardon. C’est donc une immense souffrance de voir que des personnes prennent les sentiers du suicide assistée, refusant ainsi ce grand cadeau qui est offert pour leur âme.

Je sais que tout doit être entrepris pour soulager la douleur, pour donner un cadre humain à chaque personne. Je sais surtout que les personnes parties vers le Père dans la dignité parlent plus fort que toutes les théories.

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Alors que la rage de vivre fait cruellement défaut dans nos sociétés opulentes, je souhaite, en ce mois de novembre que l’Eglise dédie aux fins dernières (mort, jugement, enfer et paradis) rendre hommage à toutes les personnes que j’ai eu l’honneur et la grâce d’accompagner vers Dieu. Je les remercie vivement d’avoir croisé, pas par hasard, le sentier de ma vie, le chemin de mon coeur, la porte de la Vie éternelle. Je prie souvent pour elles et leurs familles.

mercredi, 05 novembre 2014

Le Pape François intensifie son action en faveur des pauvres

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Stop, fini le business des bénédictions apostoliques sur parchemin ! L'Aumônerie Apostolique reprend la main. 

Aleteia

Très populaire à Rome,  l’aumônier du Pape, Mgr Krajewski, se rend souvent personnellement chez les personnes qui ont écrit au pape et leur remet son aide lui même.  « Tu ne resteras pas derrière un bureau à signer des parchemins », lui avait dit le Pape, quand il l’a nommé à la tête de l’Aumônerie Apostolique, en aout 2013. « Je veux que tu sois tout le temps parmi les gens ». 

Gageons qu’avec cette décision, il le sera encore davantage.

Mgr Krajewski témoigne de la sainteté du Pape Jean-Paul II

lundi, 03 novembre 2014

Le Synode tel qu'il s'est passé

Antonio Spadaro: ce qui s’est passé au Synode

Le Père Jésuite Antonio Spadaro rend compte du déroulement du dernier Synode consacré à la famille. 

Ces quelques lignes du Père jésuite,  que je résume succinctement, dans les pages de la Civiltà Cattolica, organe prestigieux de la compagnie de Jésus, et édité avec le placet de la Secrétairerie d’Etat, permettent de comprendre le projet pastoral du Pape François. Le Pape désire que le Synode soit un lieu de dialogue, incluant les fidèles laïcs. Cela s'est remarqué dans la préparation de la rencontre et dans son déroulement. Ce projet synodal, de dialogue, est présent dans la suite pastorale en vue du Synode de 2015. 

Il est intéressant de noter que le document provisoire a été rédigé par le Cardinal Erdö et par le théologien italien Mgr Forte. On apprend ensuite que le texte a été également amendé par des Pères du Synode lors des rencontres linguistiques. Sa lecture dans l’Aula fut d’ailleurs suivi par vingt secondes d’applaudissements, ce qui est symboliquement très fort.

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Le Synode est normalement précédé de Lineamenta. Pour cette édition, une consultation mondiale auprès des diocèses, afin d’interroger et de sonder tous les fidèles, a remplacé un tel document. Ce fut le document de travail de base en vue du Synode.

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Notes personnelles

Mes doutes quant à l’opportunité de publier un texte provisoire

Le mystère de la publication de ce document reste pourtant entier. Des questions méritent d’être posées : y avait-il une stratégie de communication ? Comment se fait-il que ce document provisoire, qui fut toujours rendu public par le passé, n’a pas été l’occasion d’une réflexion médiatique au sein du Synode ? Et surtout, comment se fait-il que ce texte provisoire ne reflétait pas l’ensemble des débats de l’Aula synodale ? Finalement, pourquoi l'excellente stratégie pastorale décrite par le Père Spadaro n'est pas doublée d'une stratégie médiatique équivalente ?

Par exemple, le thème de l’homosexualité comporte en lui-même une « news value », c’est-à-dire une valeur médiatique très importante. Les agences de presse sont donc à l’affut de la moindre déclaration sur ce genre de sujets.

Prenons pour preuve le préservatif évoqué, avec raison, par le Pape Benoît XVI dans son avion pour l’Afrique en 2010. Le Synode sur l’Afrique de 2008 fut pourtant un événement totalement oublié par nos médias occidentaux et les thèmes cruciaux abordés complètements passés sous silence: la pauvreté, l’alimentation, la lutte contre les maladies etc.

Tout contribue au bien: la volonté du Pape de dialoguer

Comme le souligne le Père jésuite, le Pape François, connaisseur des débats synodaux depuis 2001, a souhaité que les Pères puissent parler dans le Seigneur sans aucune crainte, sans avoir des rétorsions après leurs interventions. Le Pape, garant de la foi, a demandé expressément la liberté totale de parole.

the-vatican-92803__180.jpgDe même pour la suite de ce Synode extraordinaire : le Pape souhaite que la discussion se poursuive dans les diocèses, parmi les chrétiens.

Le Saint-Père veut et souhaite ce débat, non pas pour remettre en cause l’enseignement de l’Eglise, car il pense comme elle, mais pour que ces points forts et délicats, telle que la communion pour les personnes divorcées remariées, des personnes homosexuelles, des unions civils, ne soient plus des « tabous », que l’on en explique les raisons, sans se contenter "de l’interdit".

Parler, dialoguer, discuter, sans menacer les autres, mais avec bienveillance, avec charité et miséricorde, voilà le vent de l’Esprit Saint qui ne demande qu’à souffler parmi les fidèles.

L’Eglise n’est pas que le Pape, les évêques, les prêtres, les religieux et religieuses, mais nous sommes tous ensemble, par le baptême, des fidèles de l’unique Eglise du Christ (catéchèse du Pape François après le Synode).

Au bout du compte, on ne pourra jamais reprocher à l’Eglise de n’avoir pas oser parler ensemble des sujets délicats, des thèmes en souffrance. Nous pourrions dire que le Pape et les évêques sont désormais moins seuls et isolés, car le Synode pense comme eux. L’Eglise n’est pas une monarchie, ni un Parlement, mais une communion des fidèles dans la foi.

Confiance en l’Esprit Saint

Le Pape François fait en quelque sorte basculer le centre de la foi vers le Christ, fait confiance à l’Esprit Saint, qui parle au coeur des laïcs, des familles, des couples qui vivent la vocation du mariage. L’un des fruits du dernier Synode a fleuri: le Pape n’est plus celui qui "dicte la foi", car avec lui, des évêques, des prêtres, de laïcs, des couples pensent comme lui, avec lui. Pierre est le gardien, le garant. 

Dans les années 2000, le Cardinal Ratzinger le rappelait: lorsque les évêques, les conférences épiscopales relayeront la foi commune, la décentralisation tant espérée se fera naturellement. 

A lire: Abbé Philippe Aymon, le Cardinal Müller