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vendredi, 23 septembre 2016

Le tweet de Mme Boutin sur la mort de Chirac ou le monde à l'envers

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La twittosphère puis les médias se sont à juste titre offusqués du tweet de Madame Boutin annonçant faussement la mort de l'ancien président français Jacques Chirac, femme politique pourtant ouvertement catholique et pour le respect de la vie de son commencement jusqu'à la mort naturelle. 

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Madame Boutin et la mort de Chirac: la twitttosphère pour la vie

L'immense majorité de l'opinion semble apparemment pencher vers l'euthanasie. Cependant, la réaction salutaire et saine envers le tweet scandaleux de Christine Boutin révèle paradoxalement le contraire: nous devons respecter les malades, les mourants, ne pas souhaiter et pas même vouloir leur mort. On ne mélange pas la vie avec la mort. Que du bon sens en fait. Voilà ce qui a choqué ! Nous lui avons reproché de ne pas respecter la vie, l'intimité de la famille et d'avoir donné une information non vérifiée. 

La puissance de bien juger, et distinguer le vrai d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes disait Decartes. 

Aux dernières nouvelles, Madame Boutin a finalement et heureusement retiré son tweet. Nous attendons sans doute un mot d'excuse et de pardon. Encore une valeur humaine, chrétienne ! 

   

Miséricorde: le Cardinal Müller avec le Pape François

Lien: le language positif du Pape

source: livre du Cardinal Müller "famille source d'espérance"

3054108574.jpgSaint Thomas d’Aquin a dit que la miséricorde est précisément l’accomplissement de la justice car, par elle, Dieu justifie et renouvelle la création de l’homme (S Th I, q21 a3). Donc ce ne peut pas être une justification pour suspendre ou invalider les commandements ou les sacrements. Nous serions dans ce cas face à une manipulation grossière de la miséricorde authentique et, pour ainsi dire, face à un vain essai de justification de notre propre indifférence envers Dieu et envers les hommes.

Dans l’Evangile, Jésus, dans son dialogue à propos du divorce avec les pharisiens, parle du binôme « divorce » et « miséricorde » (Matt 19-3-12). Dans ce passage il accuse les pharisiens de ne pas être miséricordieux puisque, dans leur interprétation tordue de la Loi, ils en arrivaient à la conclusion que Moïse avait accordé un supposé permis de répudiation de l’épouse.Jésus leur rappelle que la miséricorde de Dieu existe en dépit de notre faiblesse humaine. Dieu nous offre sa grâce pour que nous puissions être fidèles.

Voilà où se trouve la miséricorde de Dieu!Dieu pardonne un péché, même grave, tel que l’adultère, mais il n’autorise pas un autre mariage mettant en question le mariage sacramentel existant car celui-ci exprime la fidélité de Dieu. Faire appel à une « miséricorde » absolue, présumée de Dieu, n’est qu’un jeu de mots qui n’éclaire en aucun cas les termes du problème. En réalité, j’ose même dire que cela obscurcit la perception profonde de l’authentique miséricorde divine. C’est avec stupéfaction que je constate, chez certains théologiens, un raisonnement identique en ce qui concerne la miséricorde, dans le but de trouver une excuse permettant de favoriser l’admission aux sacrements des divorcés remariés civilement.

L’on prétend que, puisque Jésus s’est montré solidaire de ceux qui souffrent en leurs offrant son amour miséricordieux, la miséricorde est le signe véritable qui indique que nous suivons vraiment Jésus. C’est en partie vrai.Mais le « principe de miséricorde » devient vraiment très faible s’il est considéré comme le seul argument théologique sacramentel valide. Tout sacrement est l’oeuvre de la miséricorde divine, mais on ne peut annuler un sacrement en justifiant son annulation par le principe même sur lequel il est fondé.Une conception erronée de la miséricorde comporte un grave danger : elle peut fausser l’image de Dieu ; c'est-à-dire que Dieu ne serait pas libre et serait forcé de pardonner. Dieu ne se fatigue jamais de nous offrir sa miséricorde. C’est nous qui nous fatiguons de la lui demander en nous reconnaissant humblement pécheur comme nous l’a demandé le Pape François durant les 18 premiers mois du début de son pontificat.

Voilà le problème.L’Ecriture nous montre qu’en plus de la miséricorde, la sainteté et la justice appartienent aussi au mystère de Dieu. Si l’on occultait ces attributs divins ainsi que la réalité du péché le fait de demander la miséricorde de Dieu pour les autres n’aurait aucun sens. On comprend que Jésus après avoir parlé avec grande miséricorde à la femme adultère lui ai dit avec grand amour « va et désormais ne pèche plus » (Jean 8.11). La miséricorde de Dieu ne dispense pas de suivre les commandements et les instructions de l’Eglise.Au contraire, Dieu, par son infinie miséricorde, nous donne la force de la grâce pour accomplir pleinement ses commandements et pour pouvoir rétablir en nous après la chute une image parfaite de la paternité de Dieu.

   

jeudi, 22 septembre 2016

Les évêques polonais opposés à l'avortement et à la pénalisation des femmes

images.jpegLe Parlement polonais entame, jeudi 22 septembre, l’examen d’une proposition de loi déposée par le comité « Stop avortement » demandant, entre autres, la pénalisation des femmes pratiquant l’IVG.

Les évêques polonais opposés à l'avortement et à la pénalisation des femmes

Lu ici

Si l’Église en Pologne a toujours réprouvé l’avortement en soutenant l’interdiction de la pratique, elle a cependant clairement manifesté, quelques semaines après le dépôt du texte du comité à l’Assemblée, son opposition à la pénalisation de celles qu’elle considère comme « des deuxièmes victimes de l’IVG ».

Des motivations « complexes et variées : s’appuyant ainsi sur le paragraphe du numéro 59 de l’encyclique de Saint Jean-Paul II Evangelium vitae, l’épiscopat polonais avait rappelé dans un communiqué publié mi-avril, qu’il ne pouvait soutenir « la punition des femmes ayant avorté ».

Saint Jean-Paul II, Evangelium Vitae

Unknown.jpegJe voudrais adresser une pensée spéciale à vous, femmes qui avez eu recours à l'avortement. L'Eglise sait combien de conditionnements ont pu peser sur votre décision, et elle ne doute pas que, dans bien des cas, cette décision a été douloureuse, et même dramatique. Il est probable que la blessure de votre âme n'est pas encore refermée. En réalité, ce qui s'est produit a été et demeure profondément injuste.

Mais ne vous laissez pas aller au découragement et ne renoncez pas à l'espérance. Sachez plutôt comprendre ce qui s'est passé et interprétez-le en vérité. Si vous ne l'avez pas encore fait, ouvrez-vous avec humilité et avec confiance au repentir: le Père de toute miséricorde vous attend pour vous offrir son pardon et sa paix dans le sacrement de la réconciliation.

C’est à ce même Père et à sa miséricorde qu’avec espérance vous pouvez confier votre enfant. Avec l'aide des conseils et de la présence de personnes amies compétentes, vous pourrez faire partie des défenseurs les plus convaincants du droit de tous à la vie par votre témoignage douloureux. Dans votre engagement pour la vie, éventuellement couronné par la naissance de nouvelles créatures et exercé par l'accueil et l'attention envers ceux qui ont le plus besoin d'une présence chaleureuse, vous travaillerez à instaurer une nouvelle manière de considérer la vie de l'homme.

Arnaud Bédat: le Pape irait bientôt en Argentine

Marche pour la Vie à Berne: le discours de Jean-Pierre Graber

« C’est toi qui as formé mes reins, qui m’as tissé dans le sein de ma mère. Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. Tes œuvres sont admirables, et mon âme le reconnaît bien. Mon corps n’était point caché devant toi, lorsque j’ai été fait dans un lieu secret, tissé dans les profondeurs de la terre.

Quand je n’étais qu’une masse informe, tes yeux me voyaient ; et sur ton livre étaient tous inscrits les jours qui m’étaient destinés, avant qu’aucun d’eux existe. »

« Les graves atteintes à la sacralité de la vie humaine »

Discours de Jean-Pierre Graber
7ème marche pour la Vie
À Berne le 17 septembre 2016

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Chères participantes et chers participants à la 7ème marche pour la vie,

Je vous remercie toutes et tous d’être présents à Berne et de vous engager publiquement pour la sacralité de la vie.

Le 5 juin dernier, le peuple suisse a accepté de réviser la loi sur la procréation médicalement assistée dans un sens qui permet le diagnostic préimplantatoire.

14368886_1423451354336942_6805103290205215697_n.jpgCette acceptation du DPI fait suite à une série de décisions populaires qui, depuis une quarantaine d’années, ont avalisé des avancées sociétales en rupture toujours plus évidente avec les normes judéo-chrétiennes de protection de la vie. Ont notamment été admis l’avortement et l’expérimentation sur les cellules souches. Cela concerne le début de la vie. Pour ce qui est de la fin de la vie, des pressions toujours plus intenses visent à ancrer dans la loi l’assistance au suicide, voire même l’euthanasie active dans certains cas.

Dans le domaine sociétal, le démantèlement des barrières éthiques et plus particulièrement celui des normes de la protection de la vie humaine de sa conception à sa mort naturelle est presque toujours obtenu par la méthode gradualiste. Les partisans d’une application sans limite du génie génétique et d’une euthanasie active à la demande ou pratiquée sur des personnes sans discernement ne revendiquent presque jamais une libéralisation extrême par rapport aux victoires qu’ils ont précédemment enregistrées. Ils avancent pas à pas, parvenant à imposer à la société, et souvent avec son consentement, des modifications législatives qui auraient révulsé 80 % de la population des pays occidentaux il y a quelques décennies.

En Suisse, l’érosion progressive de la protection de la vie humaine contrevient à l’esprit sinon à la lettre de plusieurs dispositions de la Constitution qui imposent le respect de la dignité humaine, la non-discrimination du fait d’une déficience corporelle, mentale ou psychique et le droit de tout être humain à la vie.

Les dérives observées dans le domaine du traitement du début et de la fin de la vie humaine sont inquiétantes.

Les diagnostics prénatals et préimplantatoires risquent de nous conduire à l’eugénisme, à une sélection darwinienne volontariste et prométhéenne. Il n’est hélas pas invraisemblable de penser qu’à l’avenir seules les naissances d’embryons supposés impeccables à l’aune des critères intransigeants de la santé publique seront autorisées sous la pression de la société, de certains médecins et même de la plupart des caisses maladies. La médecine prédictive basée sur le diagnostic présymptomatique risque de délivrer des permis de vie et, dans le meilleur des cas, de déterminer des surcroîts de primes d’assurance pour les récalcitrants.

Aujourd’hui, des milliers d’embryons surnuméraires utilisés dans le cadre de la fécondation in vitro sont sacrifiés sur l’autel de la recherche et de la thérapie ou directement détruits.

Il y a une décennie déjà, le journaliste italien Giuliano Ferrara – qui se déclare pourtant ouvertement agnostique – a écrit ceci : « Le XXIème siècle risque de s’annoncer comme le siècle où le douteux diagnostic sur une parfaite santé génétique décidera à la place de la nature concernant la naissance et la mort des embryons… Nous risquons de subordonner la mort à la décision formalisée d’un comité éthique, de prescrire des euthanasies indolores qui vident la mort naturelle de sa signification plurimillénaire. »

Abordant la question de l’application des possibilités sans cesse plus étendues qu’offre la science, le pape émérite Benoît XVI, une des plus grandes intelligences de notre temps, s’est exprimé ainsi : « La science peut servir l’humanité mais elle peut aussi devenir l’instrument du mal et lui donner alors sa pleine mesure et entière monstruosité. Ce n’est qu’en assumant sa responsabilité morale qu’elle peut remplir sa vraie mission. »

En devenant autonomes relativement aux lois divines et aux lois de la nature, la science et la société se soumettent à une logique qui les conduisent à asservir les êtres humains, à donner une coloration pathologique à l’évolution de nos pays.

Les ingénieurs d’une société parfaite veulent être Dieu sans en avoir ni les attributs ni les moyens. C’est le drame d’une aventure prométhéenne qui menace gravement notre avenir.

Pour éviter que notre société de plus en plus dépourvue d’ancrages éthiques ne s’empare de la vie et de la mort de manière totalitaire, pour échapper aussi à la surveillance liberticide de nos actions et de nos pensées, nous devons réaffirmer partout cette grande vérité : l’humanité ne s’arrêtera au bord du précipice que si elle revient aux catégories fondamentales du Bien et du Mal.

Nous devons nous souvenir que pour Dieu, la vie est sacrée de la conception jusqu’à la mort, comme nous le rappelle ce magnifique texte du roi David extrait du livre des Psaumes (139, 13 – 16) : « C’est toi qui as formé mes reins, qui m’as tissé dans le sein de ma mère. Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. Tes œuvres sont admirables, et mon âme le reconnaît bien. Mon corps n’était point caché devant toi, lorsque j’ai été fait dans un lieu secret, tissé dans les profondeurs de la terre. Quand je n’étais qu’une masse informe, tes yeux me voyaient ; et sur ton livre étaient tous inscrits les jours qui m’étaient destinés, avant qu’aucun d’eux existe. »

Puisse cette grande vérité demeurer en nous afin de nourrir notre motivation à poursuivre le noble et beau combat en faveur de la vie humaine et de la véritable dignité.


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mercredi, 21 septembre 2016

Cardinal Parolin, secrétaire d'Etat, sur l'origine de la crise des réfugiés: les conflits et la guerre

(RV) À la veille de l'ouverture, ce mardi 20 septembre 2016, de l'Assemblée générale de l’ONU à New-York, les 193 pays membres de l'Organisation des Nations unies ont promis de tenter d'améliorer le sort des 65 millions de déplacés dans le monde. Leur déclaration d'intention ne fixe cependant aucun objectif chiffré, ni engagement précis sur l'aide aux réfugiés.

À la tribune, le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège, a proposé d’identifier et d’agir sur les causes qui ont forcé ces millions de personnes à quitter leurs foyers, leurs familles et leurs pays. «Traiter les causes profondes des déplacements des peuples exige de la force et de la volonté politique», mais pour le prélat, c’est de cette manière seulement qu’on pourra trouver une solution durable et de meilleurs moyens de partager notre responsabilité face à ce mouvement sans précédent de migrants.

La paix grâce au dialogue et à la diplomatie

Le cardinal estime que la première cause de cette vague de migration est la guerre, produit par la main de l’homme. «Le Saint-Siège plaide pour un engagement commun de la part de chaque état et de la communauté internationale pour mettre fin aux combats, à la haine et à la violence». Comment s’y prendre ? Le cardinal propose les armes de la diplomatie et du dialogue.

Le numéro deux du Saint-Siège invite les membres de l’ONU à ne pas «abandonner» les chrétiens qui ont été, comme d’autres mais peut-être plus que les autres, l’objet de persécutions religieuses.

Le cardinal Pietro Parolin a de nouveau appelé à limiter strictement et à contrôler la fabrication et la vente d'armes.

Enfin, le sort des migrants qui fuient des situations d’extrême pauvreté et désastres environnementaux doit être mieux pris en compte, car aujourd’hui, ces derniers ne peuvent bénéficier du statut de réfugié et pourtant, ce sont eux qui sont les personnes les plus vulnérables, susceptibles d'être victimes de trafic d’êtres humains et d’autres formes d’esclavage.

L'engagement de l'Eglise

Dans un discours liminaire pour un événement parallèle sur «le rôle des organisations religieuses pour répondre aux larges mouvements des migrants et des réfugiés», parrainés par la mission permanente d’observation du Saint-Siège auprès des Nations unies, la Commission internationale catholique pour les migrations et Caritas Internationalis, le cardinal Parolin a mis en avant l’engagement de nombreuses institutions catholiques auprès des migrants, ainsi que l’engagement personnel du Pape.

Selon lui, l’appel de François à toutes les paroisses catholiques d’Europe, pour accueillir une famille de réfugiés, a permis à plus de 30 000 migrants de trouver un refuge. Plusieurs familles de migrants sont d’ailleurs accueillis au Vatican. Le cardinal Parolin a également évoqué la création récente du dicastère pour le développement humain intégral, dans laquelle «le pape François a placé sous sa conduite personnelle la section qui supervise spécifiquement les questions concernant les réfugiés et les migrants».

65 millions de déplacés

Le Haut-commissariat pour les réfugiés de l’ONU a recensé 65 millions de personnes déplacées dans le monde en 2015, dont 21 millions de réfugiés, fuyant persécutions, pauvreté ou conflits. Plus de la moitié des réfugiés vivent dans huit pays –Liban, Jordanie, Turquie, Iran, Kenya, Ethiopie, Pakistan, Ouganda- tandis que les pays les plus riches n'en accueillent que 14%..

 

Céline Dion: "je dois ma vie à un prêtre"

images.jpegCéline Dion, la chanteuse canadienne la plus populaire de tous les temps, est la quatorzième enfant d'Adhémar-Charles Dion et Thérèse Tanguay.

La chanteuse a révélé en 2001, alors qu'elle donnait naissance à son premier enfant, qu'elle-même a failli être avortée.

Céline Dion: "je dois ma vie à un prêtre"

Quand sa mère, Thérèse, fut angoissée en apprenant qu'elle était enceinte, elle alla consulter un prêtre. Céline raconta: « Le curé lui dit qu'elle n'avait pas le droit d'agir contre la nature. Je dois donc admettre que je dois ma vie à un prêtre. »

Dion dit qu'elle adore sa mère, que Thérèse était « la star » de sa famille. « Je n'oublierai jamais que c'est elle qui est allée trouver René Angélil. Je n'étais qu'une enfant. C'est elle qui a écrit ma première chanson. Je lui dois tout. »

Assise: Appel pour la Paix "s’opposer à toute forme de violence et d’abus de la religion pour justifier la guerre et le terrorisme"

Lien : Cath.ch prière au Liban autour de la Vierge Marie

(Radio Vatican)

Document - A la fin de la cérémonie clôturant les trois journées de la 30° Rencontre interreligieuse d'Assise, un Appel à la paix a été lu en public. Ce document a été signé le 20 septembre 2016 par l'ensemble des leaders religieux, soit 450 personnes de neuf confessions. Avec eux, le Pape a remis ce texte à des enfants venant du monde entier.

s’opposer à toute forme de violence et d’abus de la religion pour justifier la guerre et le terrorisme

Voici cet Appel pour la paix d'Assise

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"Hommes et femmes de religions différentes, nous sommes réunis, comme pèlerins, dans la cité de Saint François. Ici, en 1986, il y a 30 ans, à l’invitation du Pape Jean-Paul II, se réunirent des Représentants religieux du monde entier, pour la première fois en si grand nombre et avec une telle solennité, pour affirmer le lien indissoluble entre le grand bien de la paix et un authentique engagement religieux. De cet événement historique, s’est amorcé un long pèlerinage qui, touchant de nombreuses villes du monde, a rassemblé beaucoup de croyants dans le dialogue et dans la prière pour la paix ; il a uni sans confondre, donnant vie à de solides amitiés interreligieuses et contribuant à éteindre de nombreux conflits.

Voilà l’esprit qui nous anime : réaliser la rencontre dans le dialogue, s’opposer à toute forme de violence et d’abus de la religion pour justifier la guerre et le terrorisme. Pourtant, au cours des années passées, de nombreux peuples ont encore été douloureusement blessés par la guerre. On n’a toujours pas compris que la guerre détériore le monde, laissant un héritage de douleurs et de haines. Tous, avec la guerre, sont des perdants, même les vainqueurs.

Nous avons adressé notre prière à Dieu, afin qu’il donne la paix au monde. Nous reconnaissons la nécessité de prier constamment pour la paix, parce que la prière protège le monde et l’illumine. La paix est le nom de Dieu. Celui qui invoque le nom de Dieu pour justifier le terrorisme, la violence et la guerre, ne marche pas sur Sa route : la guerre au nom de la religion devient une guerre à la religion elle-même. Avec une ferme conviction, nous réaffirmons donc que la violence et le terrorisme s’opposent au véritable esprit religieux.

Nous nous sommes mis à l’écoute de la voix des pauvres, des enfants, des jeunes générations, des femmes et de nombreux frères et sœurs qui souffrent de la guerre ; avec eux nous disons avec force : Non à la guerre ! Que le cri de douleur de tant d’innocents ne reste pas inécouté. Nous implorons les Responsables des Nations afin que soient désamorcés les mobiles des guerres : l’avidité du pouvoir et de l’argent, la cupidité de qui fait du commerce d’armes, les intérêts des parties, les vengeances à cause du passé. Qu’augmente l’engagement concret pour éliminer les causes sous-jacentes aux conflits : les situations de pauvreté, d’injustice et d’inégalité, l’exploitation et le mépris de la vie humaine.

Qu’enfin s’ouvre un temps nouveau, où le monde globalisé devienne une famille de peuples. Que soit mise en œuvre la responsabilité de construire une véritable paix, que l’on soit attentif aux besoins authentiques des personnes et des peuples, que l’on prévienne les conflits par la collaboration, que l’on vainc les haines et surmonte les barrières, par la rencontre et le dialogue. Rien n’est perdu en pratiquant effectivement le dialogue. Rien n’est impossible si nous nous adressons à Dieu dans la prière. Tous nous pouvons être des artisans de paix ; d’Assise nous renouvelons avec conviction notre engagement à l’être, avec l’aide de Dieu, avec tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté."

Pape François à Assise: «Seule la paix est sainte, pas la guerre !»

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(Radio Vatican)

La cérémonie finale s'est achevée à Assise, en présence du Pape François, concluant trois jours de rencontre: la 30° Rencontre mondiale interreligieuse pour la paix, organisée par la communauté de Sant’Egidio dans la ville de Saint François. Près de 500 leaders religieux sont présents, neuf religions sont représentées. L'ensemble des dignitaires religieux ont signé un nouvel appel à la paix.

Assise 2016: Le Pape François cite Benoît XVI

Avant cela, le Pape avait prononcé un discours, martelant encore le fait que «Le nom de Dieu ne peut justifier la violence» a répété à deux reprises le Saint-Père, sous les applaudissements. «Aucune forme de violence ne représente la vraie nature de la religion», a souligné le Pape, citant son prédécesseur Benoît XVI.

François a dénoncé le paganisme de l’indifférence face à ceux qui souffrent. Des mots forts pour condamner le virus qui paralyse, qui rend inerte. «Nous sommes venus à Assise comme pèlerins en recherche de paix», a ajouté François. Il a rappelé les conflits oubliés, la souffrance que vivent les réfugiés, l’angoisse des peuples qui ont soif de paix. Le Pape a cité son déplacement à Lesbos, en compagnie du patriarche Bartholomée Ier, se rappelant des yeux des réfugiés qui exprimaient la douleur de la guerre.

La prière pour toute arme

«Nous n’avons pas d’arme, mais nous avons la force de la prière», a déclaré le Saint-Père devant des dizaines de croyants, faisant écho aux mots de Jean-Paul II il y a trente ans. «Nos traditions religieuses sont diverses, mais aujourd’hui, nous avons prié les uns à coté des autres, les uns pour les autres».

C’est la prière et la volonté de collaboration qui permettront une vraie paix. La Paix, un mot si simple et en même temps difficile, a reconnu François. «Paix veut dire "pardon" qui rend possible de guérir les blessures du passé. Paix veut dire "accueil". Paix veut dire "collaboration", un échange vivant avec l’autre. Paix veut dire enfin "éducation"», a ajouté le Saint-Père : un appel à acquérir la culture de la rencontre, en purifiant la conscience de toute tentation de violence, contraire au nom de Dieu.

«Comme chefs religieux, a conclu le Pape, nous sommes appelés à etre des solides ponts de dialogue, des médiateurs créatifs de paix». François a aussi lancé un appel aux leaders des nations. Car, comme le disait Jean Paul II, la paix est une responsabilité universelle. «Assumons ensemble cette responsabilité», a conclu le Pape.
(MD-SB)

Intégralité du discours du Pape :

Discours du Saint-Père
Place Saint-François – 20 septembre 2016

Saintetés, illustres Représentants des Églises, des Communautés chrétiennes et des Religions, chers frères et sœurs !

Unknown.jpegJe vous salue avec grand respect et affection et je vous remercie de votre présence. Je remercie la Communauté de Sant’Egidio, le diocèse d’Assise et les Familles franciscaines qui ont préparé cette journée de prière. Nous sommes venus à Assise comme des pèlerins en recherche de paix. Nous portons en nous, et nous mettons devant Dieu les attentes et les angoisses de nombreux peuples et personnes. Nous avons soif de paix, nous avons le désir de témoigner de la paix, nous avons surtout besoin de prier pour la paix, car la paix est un don de Dieu et il nous revient de l’invoquer, de l’accueillir et de la construire, chaque jour avec son aide.

« Bienheureux les artisans de paix » (Mt 5,9). Beaucoup d’entre vous ont fait une longue route pour rejoindre ce lieu béni. Sortir, se mettre en route, se retrouver ensemble, se prodiguer pour la paix : ce ne sont pas seulement des mouvements physiques, mais surtout des mouvements de l’âme, ce sont des réponses spirituelles concrètes pour vaincre les fermetures en s’ouvrant à Dieu et aux frères. Dieu nous le demande, en nous exhortant à faire face à la grande maladie de notre époque : l’indifférence. C’est un virus qui paralyse, qui rend inertes et insensibles, un mal qui attaque le centre même de la religiosité, provoquant un nouveau paganisme extrêmement triste : le paganisme de l’indifférence.

Nous ne pouvons pas rester indifférents. Aujourd’hui, le monde a une ardente soif de paix. Dans de nombreux pays on souffre de guerres souvent oubliées, mais qui sont toujours causes de souffrance et de pauvreté. A Lesbos, avec le cher Patriarche œcuménique Bartholomée, nous avons vu dans les yeux des réfugiés la douleur de la guerre, l’angoisse de peuples assoiffés de paix. Je pense aux familles dont la vie a été bouleversée ; aux enfants qui n’ont rien connu d’autre dans la vie que la violence ; aux personnes âgées contraintes de laisser leurs terres : tous ont une grande soif de paix. Nous ne voulons pas que ces tragédies tombent dans l’oubli. Nous désirons prêter notre voix à tous ceux qui souffrent, à tous ceux qui sont sans voix et sans personne qui les écoute. Eux savent bien, souvent mieux que les puissants, qu’il n’y a aucun avenir dans la guerre, et que la violence des armes détruit la joie de la vie.

Nous, nous n’avons pas d’armes. Mais nous croyons dans la douce et humble force de la prière. En ce jour, la soif de paix s’est faite invocation à Dieu, pour que cessent les guerres, le terrorisme et les violences. La paix que nous invoquons d’Assise n’est pas seulement une protestation contre la guerre, elle n’est pas non plus le résultat « de négociations, de compromis politiques ou de marchandages économiques. Elle résulte de la prière » (Jean Paul II, Discours, Basilique Sainte Marie des Anges, 27 octobre 1986 : Enseignements IX, 2 [1986], 1252). Cherchons en Dieu, source de la communion, l’eau limpide de la paix dont l’humanité est assoiffée : elle ne peut jaillir des déserts de l’orgueil ni des intérêts de parti, des terres arides du gain à tout prix et du commerce des armes.

Nos traditions religieuses sont diverses. Mais la différence n’est pas pour nous un motif de conflit, de polémique ou de froide distance. Nous n’avons pas prié aujourd’hui les uns contre les autres, comme c’est malheureusement arrivé parfois dans l’histoire. Sans syncrétisme et sans relativisme, nous avons en revanche prié les uns à côté des autres, les uns pour les autres. Saint Jean-Paul II, en ce même lieu, a dit : « Peut-être que jamais comme maintenant dans l’histoire de l’humanité, le lien intrinsèque qui unit une attitude religieuse authentique et le grand bien de la paix est devenu évident pour tous » (Id., Discours, Place de la Basilique inférieure de Saint François, 27 octobre 1986 : l.c., 1268).

En poursuivant le chemin commencé il y a trente ans à Assise - où la mémoire de cet homme de Dieu et de paix que fut saint François est vivante - « une fois encore, nous qui sommes réunis ici, nous affirmons ensemble que celui qui utilise la religion pour fomenter la violence en contredit l’inspiration la plus authentique et la plus profonde » (Id., Discours aux Représentants des Religions, Assise, 24 janvier 2002 : Enseignements XXV, 1 [2002], 104), qu’aucune forme de violence ne représente « la vraie nature de la religion. Elle en est au contraire son travestissement et contribue à sa destruction » (Benoît XVI, Intervention à la journée de réflexion, de dialogue et de prière pour la paix et la justice dans le monde, Assise, 27 octobre 2011 : Enseignements VII, 2 [2011], 512). Ne nous lassons pas de répéter que jamais le nom de Dieu ne peut justifier la violence. Seule la paix est sainte. Seule la paix est sainte, pas la guerre !

Aujourd’hui, nous avons imploré le saint don de la paix. Nous avons prié pour que les consciences se mobilisent pour défendre la sacralité de la vie humaine, pour promouvoir la paix entre les peuples et pour sauvegarder la création, notre maison commune. La prière et la collaboration concrète aident à ne pas rester prisonniers des logiques de conflit et à refuser les attitudes rebelles de celui qui sait seulement protester et se fâcher. La prière et la volonté de collaborer engagent une vraie paix qui n’est pas illusoire : non pas la tranquillité de celui qui évite les difficultés et se tourne de l’autre côté, si ses intérêts ne sont pas touchés ; non pas le cynisme de celui qui se lave les mains des problèmes qui ne sont pas les siens ; non pas l’approche virtuelle de celui qui juge tout et chacun sur le clavier d’un ordinateur, sans ouvrir les yeux aux nécessités des frères ni se salir les mains pour qui en a besoin. Notre route consiste à nous immerger dans les situations et à donner la première place à celui qui souffre ; d’assumer les conflits et de les guérir de l’intérieur ; de parcourir avec cohérence les voies du bien, en repoussant les faux-fuyants du mal ; d’entreprendre patiemment, avec l’aide de Dieu et de la bonne volonté, des processus de paix.

La paix, un fil d’espérance qui relie la terre et le ciel, un mot si simple, et en même temps difficile. Paix veut dire Pardon qui, fruit de la conversion et de la prière, naît de l’intérieur et, au nom de Dieu, rend possible de guérir les blessures du passé. Paix signifie Accueil, disponibilité au dialogue, dépassement des fermetures, qui ne sont pas des stratégies de sécurité, mais des ponts sur le vide. Paix veut dire Collaboration, échange vivant et concret avec l’autre, qui est un don et non un problème, un frère avec qui chercher à construire un monde meilleur. Paix signifie Education : un appel à apprendre chaque jour l’art difficile de la communion, à acquérir la culture de la rencontre, en purifiant la conscience de toute tentation de violence et de raidissement, contraires au nom de Dieu et à la dignité de l’homme.

Nous ici, ensemble et dans la paix, nous croyons et nous espérons en un monde fraternel. Nous désirons que les hommes et les femmes de religions différentes, partout se réunissent et créent de la concorde, spécialement là où il y a des conflits. Notre avenir est de vivre ensemble. C’est pourquoi nous sommes appelés à nous libérer des lourds fardeaux de la méfiance, des fondamentalismes et de la haine. Que les croyants soient des artisans de paix dans l’invocation à Dieu et dans l’action pour l’homme ! Et nous, comme Chefs religieux, nous sommes tenus à être de solides ponts de dialogue, des médiateurs créatifs de paix.

Nous nous tournons aussi vers ceux qui ont une responsabilité plus haute dans le service des peuples, aux Leaders des Nations, pour qu’ils ne se lassent pas de chercher et de promouvoir des chemins de paix en regardant au-delà des intérêts de parti et du moment : que ne demeurent pas inécoutés l’appel de Dieu aux consciences, le cri de paix des pauvres et les bonnes attentes des jeunes générations. Ici, il y a trente ans, saint Jean-Paul II a dit : « La paix est un chantier ouvert à tous et pas seulement aux spécialistes, aux savants et aux stratèges. La paix est une responsabilité universelle » (Discours, Place inférieure de la Basilique de saint François, 27 octobre 1986 : l.c., 1269). Sœurs et frères, assumons cette responsabilité, réaffirmons aujourd’hui notre oui à être, ensemble, constructeurs de la paix que Dieu veut et dont l’humanité est assoiffée.

lundi, 19 septembre 2016

Amoris Laetitia, chapitre VIII: la loi de la gradualité avec les évêques argentins

Amoris Laetitia, chapitre VIII: la loi de la gradualité et le discernement avec les évêques argentins

Unknown.jpegL'Eglise n'a pas changé son enseignement sur le mariage, ni sur la nécessité d'être en état de grâce pour recevoir la communion.

Comme le dit bien le Cardinal Müller, le Pape a un langage positif afin d'être engageant et attirant. Cela a révolutionné la communication de la foi, pour la rendre offensive (certes pas offensante; mais qui pouvait être "réactionnaire" ou défensive). 

Dans une certaine nébuleuse assez puissante d'internet, il y a d'abord des sites qui brouillent, tordent et manipulent puissamment et gravement l'enseignement du Pape François (par exemple, entre autres: Jeanne Smits, Benoît et Moi ou Sandro Magister ... ). 

Une lecture patiente, droite et attentive, dans le contexte et avec les textes et citations, montre que le Pape ne remet nullement en cause l'enseignement morale de Saint Jean-Paul, de Benoît XVI, du catéchisme de l'Eglise catholique, mais qu'il va encore plus en profondeur dans le discernement des situations de souffrance, afin de discerner le petit pas, l'ouverture de la porte du coeur, pour que la personne ne reste pas à terre, sans bouger, dans une situation fixée et figée, mais qu'elle puisse trouver l'aide de la grâce (parfois des sacrements) pour désirer se lever avec la force de la grâce et cheminer. 

Il est clair que si la personne s'installe, revendique sa situation ou ne désire pas bouger, alors l'aide des sacrements sera impossible et inutile. Une prière et une bénédiction sont alors souhaitées, comme l'indique d'ailleurs le Pape dans son livre avec Andrea Tornielli, "le nom de Dieu est Miséricorde". 

"... ouvrez-leur les bras et soyez miséricordieux, même si vous ne pouvez pas les absoudre. Donnez-leur une bénédiction, quoi qu'il en soit. Une de mes nièces s'est mariée, civilement, avec un homme dont le précédent mariage n'avait pas encore été annulé par la justice. Ils voulaient se marier, ils s'aimaient, ils souhaitaient des enfants, ils en ont trois. Le juge avait même attribué à l'homme la garde des enfants, nés de son premier mariage. Un homme extrêmement pieux, qui allait à la messe tous les dimanches, qui se confessait et disait au prêtre: "Je sais  que vous ne pouvez pas me donner l'absolution, mais j'ai péché en ceci et cela, donnez-moi une bénédiction". C'est cela, un homme religieusement formé."

(Le nom de Dieu est Miséricorde, pp 39-40.)

Voici le texte des évêques argentins de Buenos Aires, avec les notes auxquelles il renvoie. On comprendra pourquoi, avec un peu de patience et de bonne volonté, le Pape ai trouvé dans ces lignes une juste interprétation d'Amoris Laetitia. Les dispositions de l'esprit doivent être libres de tout fixisme, pour voir encore une fois la progression, la volonté de bouger, pour rejoindre l'appel réel et concret du Christ qui forme la conscience. 

Chers prêtres,

Nous avons reçu avec joie l'exhortation Amoris Laetitia, qui nous appelle avant tout à développer l'amour des époux et à motiver les jeunes à opter pour le mariage et la famille. Ce sont des grandes questions qui ne devraient jamais être négligées ou éclipsées par d'autres questions. François a ouvert plusieurs portes dans la pastorale de la famille et nous sommes appelés à utiliser ce temps de miséricorde, pour assumer en tant qu'Eglise pèlerine la richesse que nous offre l'Exhortation apostolique dans ses différents chapitres.

AL n°300

300. Si l’on tient compte de l’innombrable diversité des situations concrètes, comme celles mentionnées auparavant, on peut comprendre qu’on ne devait pas attendre du Synode ou de cette Exhortation une nouvelle législation générale du genre canonique, applicable à tous les cas. Il faut seulement un nouvel encouragement au discernement responsable personnel et pastoral des cas particuliers, qui devrait reconnaître que, étant donné que « le degré de responsabilité n’est pas le même dans tous les cas »,[335] les conséquences ou les effets d’une norme ne doivent pas nécessairement être toujours les mêmes.[336] Les prêtres ont la mission « d’accompagner les personnes intéressées sur la voie du discernement selon l’enseignement de l’Église et les orientations de l’évêque. Dans ce processus, il sera utile de faire un examen de conscience, grâce à des moments de réflexion et de repentir. Les divorcés remariés devraient se demander comment ils se sont comportés envers leurs enfants quand l’union conjugale est entrée en crise ; s’il y a eu des tentatives de réconciliation ; quelle est la situation du partenaire abandonné ; quelles conséquences a la nouvelle relation sur le reste de la famille et sur la communauté des fidèles ; quel exemple elle offre aux jeunes qui doivent se préparer au mariage. Une réflexion sincère peut renforcer la confiance en la miséricorde de Dieu, qui n’est refusée à personne ».[337] Il s’agit d’un itinéraire d’accompagnement et de discernement qui « oriente ces fidèles à la prise de conscience de leur situation devant Dieu. Le colloque avec le prêtre, dans le for interne, concourt à la formation d’un jugement correct sur ce qui entrave la possibilité d’une participation plus entière à la vie de l’Église et sur les étapes à accomplir pour la favoriser et la faire grandir. Étant donné que, dans la loi elle-même, il n’y a pas de gradualité (cf. Familiaris consortio , n. 34), ce discernement ne pourra jamais s’exonérer des exigences de vérité et de charité de l’Évangile proposées par l’Église. Pour qu’il en soit ainsi, il faut garantir les conditions nécessaires d’humilité, de discrétion, d’amour de l’Église et de son enseignement, dans la recherche sincère de la volonté de Dieu et avec le désir de parvenir à y répondre de façon plus parfaite ».[338] Ces attitudes sont fondamentales pour éviter le grave risque de messages erronés, comme l’idée qu’un prêtre peut concéder rapidement des ‘‘exceptions’’, ou qu’il existe des personnes qui peuvent obtenir des privilèges sacramentaux en échange de faveurs. Lorsqu’on rencontre une personne responsable et discrète, qui ne prétend pas placer ses désirs au-dessus du bien commun de l’Église, et un Pasteur qui sait reconnaître la gravité de la question entre ses mains, on évite le risque qu’un discernement donné conduise à penser que l’Église entretient une double morale.

Maintenant, nous nous arrêtons uniquement sur le chapitre VIII, car il se réfère à «l'orientation de l'évêque» (300) afin de discerner le possible accès aux sacrements de certains «divorcés dans de nouvelles unions». Nous croyons convenable, comme évêques d'une même région pastorale, de nous accorder sur certains critères minimaux. Nous les offrons en vertu de l'autorité que chaque évêque a dans son propre diocèse pour les clarifier, les compléter ou les limiter.

1) En premier lieu, nous rappelons qu'il ne convient pas de parler de «permission» pour accéder aux sacrements, mais d'un processus de discernement accompagné par un pasteur. C'est un discernement «personnel et pastoral» (300).

2) Dans ce chemin, le pasteur devra mettre l'accent sur l'annonce fondamentale, le kérygme, qui stimule ou renouvelle la rencontre personnelle avec Jésus-Christ vivant (cf. 58).

AL n°58

58. Face aux familles et au milieu d’elles, doit toujours et encore résonner la première annonce, qui constitue ce qui « est plus beau, plus grand, plus attirant et en même temps plus nécessaire » [50] et qui « doit être au centre de l’activité évangélisatrice ».[51] C’est le principal message « que l’on doit toujours écouter de nouveau de différentes façons et que l’on doit toujours annoncer de nouveau durant la catéchèse sous une forme ou une autre ».[52] Car « il n’y a rien de plus solide, de plus profond, de plus sûr, de plus consistant et de plus sage que cette annonce » et « toute la formation chrétienne est avant tout l’approfondissement du kérygme ».

3) L'accompagnement pastoral est un exercice de la "via caritatis". C'est une invitation à suivre «le chemin de Jésus, celui de la miséricorde et de l'intégration» (296). Cet itinéraire réclame la charité pastorale du prêtre qui accueille le pénitent, l'écoute attentivement et montre le visage maternel de l'Eglise, tout en acceptant sa bonne intention et son juste propos de placer sa vie entière à la lumière de l'Evangile et de pratiquer la charité (cf. 306).

AL n° 296

Le discernement des situations dites ‘‘irrégulières’’

296. Le Synode s’est référé à diverses situations de fragilité ou d’imperfection. À ce sujet, je voudrais rappeler ici quelque chose dont j’ai voulu faire clairement part à toute l’Église pour que nous ne nous trompions pas de chemin : « Deux logiques parcourent toute l’histoire de l’Église : exclure et réintégrer […]. La route de l’Église, depuis le Concile de Jérusalem, est toujours celle de Jésus : celle de la miséricorde et de l’intégration […]. La route de l’Église est celle de ne condamner personne éternellement ; de répandre la miséricorde de Dieu sur toutes les personnes qui la demandent d’un cœur sincère […Car] la charité véritable est toujours imméritée, inconditionnelle et gratuite ! »[326] Donc, « il faut éviter des jugements qui ne tiendraient pas compte de la complexité des diverses situations ; il est également nécessaire d’être attentif à la façon dont les personnes vivent et souffrent à cause de leur condition ».[327]

AL n°306

306. En toute circonstance, face à ceux qui ont des difficultés à vivre pleinement la loi divine, doit résonner l’invitation à parcourir la via caritatis. La charité fraternelle est la première loi des chrétiens (cf. Jn 15, 12 ; Ga 5, 14). N’oublions pas la promesse des Écritures : « Avant tout, conservez entre vous une grande charité, car la charité couvre une multitude de péchés » (1P 4, 8). « Romps tes péchés par les œuvres de justice, et tes iniquités en faisant miséricorde aux pauvres » (Dn 4, 24). « L'eau éteint les flammes, l'aumône remet les péchés » (Si 3, 30). C’est aussi ce qu’enseigne saint Augustin : « Comme en danger d’incendie nous courons chercher de l’eau pour l’éteindre, […] de la même manière, si surgit de notre paille la flamme du péché et que pour cela nous en sommes troublés, une fois que nous est donnée l’occasion d’une œuvre de miséricorde, réjouissons-nous d’une telle œuvre comme si elle était une source qui nous est offerte pour que nous puissions étouffer l’incendie ».

4) Ce chemin ne se termine pas nécessairement uniquement dans les sacrements, mais peut se tourner vers d'autres formes de plus grande intégration dans la vie de l'Eglise: une plus grande présence dans la communauté, la participation à des groupes de prière ou de réflexion, l'engagement dans les différents services ecclésiaux, etc. (Cf. 299).

AL n° 299

299. J’accueille les considérations de beaucoup de Pères synodaux, qui sont voulu signaler que « les baptisés divorcés et remariés civilement doivent être davantage intégrés dans les communautés chrétiennes selon les diverses façons possibles, en évitant toute occasion de scandale. La logique de l’intégration est la clef de leur accompagnement pastoral, afin que non seulement ils sachent qu’ils appartiennent au Corps du Christ qu’est l’Église, mais qu’ils puissent en avoir une joyeuse et féconde expérience. Ce sont des baptisés, ce sont des frères et des sœurs, l’Esprit Saint déverse en eux des dons et des charismes pour le bien de tous. Leur participation peut s’exprimer dans divers services ecclésiaux : il convient donc de discerner quelles sont, parmi les diverses formes d’exclusion actuellement pratiquées dans les domaines liturgique, pastoral, éducatif et institutionnel, celles qui peuvent être dépassées. Non seulement ils ne doivent pas se sentir excommuniés, mais ils peuvent vivre et mûrir comme membres vivants de l’Église, la sentant comme une mère qui les accueille toujours, qui s’occupe d’eux avec beaucoup d’affection et qui les encourage sur le chemin de la vie et de l’Évangile. Cette intégration est nécessaire également pour le soin et l’éducation chrétienne de leurs enfants, qui doivent être considérés comme les plus importants »

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5) Lorsque les circonstances concrètes d'un couple le rendent possible, spécialement lorsque les deux sont chrétiens et engagés sur un chemin de foi, on peut leur proposer l'effort de vivre dans la continence. Amoris Laetitia n'ignore pas les difficultés de cette option (cf la note 329) et laisse ouverte la possibilité d'accéder au sacrement de la réconciliation en cas de défaillance par rapport à cet engagement (cf. la note 364, selon l’enseignement de saint Jean-Paul II au cardinal W. Baum du 22 mars 1996).

AL note 329

[329] Jean-Paul II, Exhort. ap. Familiaris consortio (22 novembre 1981), n. 84 : AAS 74 (1982), p. 186. Dans ces situations, connaissant et acceptant la possibilité de cohabiter ‘‘comme frère et sœur’’ que l’Église leur offre, beaucoup soulignent que s’il manque certaines manifestations d’intimité « la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis » (Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, sur l’Église dans le monde de ce temps, n. 51).

Concile Vatican II, Gaudium et Spes n°51

L'amour conjugal et le respect de la vie humaine

51. 1. Le Concile ne l'ignore pas, les époux qui veulent conduire harmonieusement leur vie conjugale se heurtent souvent de nos jours à certaines conditions de vie et peuvent se trouver dans une situation où il ne leur est pas possible, au moins pour un temps, d'accroître le nombre de leurs enfants; ce n'est point alors sans difficulté que sont maintenues la pratique d'un amour fidèle et la pleine communauté de vie. Là où l'intimité conjugale est interrompue, la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis: car en ce cas sont mis en péril et l'éducation des enfants et le courage nécessaire pour en accepter d'autres ultérieurement.

Familiaris Consortio n°84

e) Les divorcés remariés

84. L'expérience quotidienne montre, malheureusement, que ceux qui ont recours au divorce envisagent presque toujours de passer à une nouvelle union, évidemment sans cérémonie religieuse catholique. Et comme il s'agit là d'un fléau qui, comme les autres, s'attaque de plus en plus largement aux milieux catholiques eux-mêmes, il faut d'urgence affronter ce problème avec la plus grande sollicitude. Les Pères du Synode l'ont expressément étudié. L'Eglise, en effet, instituée pour mener au salut tous les hommes, et en particulier les baptisés, ne peut pas abandonner à eux-mêmes ceux qui - déjà unis dans les liens du sacrement de mariage - ont voulu passer à d'autres noces. Elle doit donc s'efforcer, sans se lasser, de mettre à leur disposition les moyens de salut qui sont les siens.

Les pasteurs doivent savoir que, par amour de la vérité, ils ont l'obligation de bien discerner les diverses situations. Il y a en effet une différence entre ceux qui se sont efforcés avec sincérité de sauver un premier mariage et ont été injustement abandonnés, et ceux qui par une faute grave ont détruit un mariage canoniquement valide. Il y a enfin le cas de ceux qui ont contracté une seconde union en vue de l'éducation de leurs enfants, et qui ont parfois, en conscience, la certitude subjective que le mariage précédent, irrémédiablement détruit, n'avait jamais été valide.

Avec le Synode, j'exhorte chaleureusement les pasteurs et la communauté des fidèles dans son ensemble à aider les divorcés remariés. Avec une grande charité, tous feront en sorte qu'ils ne se sentent pas séparés de l'Eglise, car ils peuvent et même ils doivent, comme baptisés, participer à sa vie. On les invitera à écouter la Parole de Dieu, à assister au Sacrifice de la messe, à persévérer dans la prière, à apporter leur contribution aux oeuvres de charité et aux initiatives de la communauté en faveur de la justice, à élever leurs enfants dans la foi chrétienne, à cultiver l'esprit de pénitence et à en accomplir les actes, afin d'implorer, jour après jour, la grâce de Dieu. Que l'Eglise prie pour eux, qu'elle les encourage et se montre à leur égard une mère miséricordieuse, et qu'ainsi elle les maintienne dans la foi et l'espérance!

L'Eglise, cependant, réaffirme sa discipline, fondée sur l'Ecriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés. Ils se sont rendus eux-mêmes incapables d'y être admis car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Eglise, telle qu'elle s'exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie. Il y a par ailleurs un autre motif pastoral particulier: si l'on admettait ces personnes à l'Eucharistie, les fidèles seraient induits en erreur et comprendraient mal la doctrine de l'Eglise concernant l'indissolubilité du mariage.

La réconciliation par le sacrement de pénitence - qui ouvrirait la voie au sacrement de l'Eucharistie - ne peut être accordée qu'à ceux qui se sont repentis d'avoir violé le signe de l'Alliance et de la fidélité au Christ, et sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l'indissolubilité du mariage. Cela implique concrètement que, lorsque l'homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs - par l'exemple l'éducation des enfants -, remplir l'obligation de la séparation, «ils prennent l'engagement de vivre en complète continence, c'est-à-dire en s'abstenant des actes réservés aux époux»(180).

De la même manière, le respect dû au sacrement de mariage, aux conjoints eux-mêmes et à leurs proches, et aussi à la communauté des fidèles, interdit à tous les pasteurs, pour quelque motif ou sous quelque prétexte que ce soit, même d'ordre pastoral, de célébrer, en faveur de divorcés qui se remarient, des cérémonies d'aucune sorte. Elles donneraient en effet l'impression d'une célébration sacramentelle de nouvelles noces valides, et induiraient donc en erreur à propos de l'indissolubilité du mariage contracté validement.

En agissant ainsi, l'Eglise professe sa propre fidélité au Christ et à sa vérité; et en même temps elle se penche avec un cœur maternel vers ses enfants, en particulier vers ceux qui, sans faute de leur part, ont été abandonnés par leur conjoint légitime.

Et avec une ferme confiance, elle croit que même ceux qui se sont éloignés du commandement du Seigneur et continuent de vivre dans cet état pourront obtenir de Dieu la grâce de la conversion et du salut, s'ils persévèrent dans la prière, la pénitence et la charité.

AL note 364

[364] Peut-être par scrupule, sous couvert d’un grand souci de fidélité à la vérité, certains prêtres exigent-t-ils des pénitents une promesse d’amendement sans aucune ombre, et ainsi la miséricorde est ensevelie par la recherche d’une justice supposée pure. À ce sujet, il vaut la peine de rappeler l’enseignement de saint Jean-Paul II qui a affirmé que la probabilité d’une nouvelle chute « ne nuit pas à l’authenticité de la résolution » : (Lettre au Card. William W. Baum à l’occasion du cours annuel sur le for interne organisé par la Pénitencerie Apostolique (22 mars 1996), n. 5 : Insegnamenti, XIX, 1 [1996], p. 589).

6) Dans d'autres circonstances plus complexes, et lorsqu'il n'a pas été possible d'obtenir une déclaration de nullité, l'option évoquée peut ne pas être mise en œuvre dans les faits. Cependant, un chemin de discernement est également possible. Si on en arrive à reconnaître que, dans un cas concret, il y a des limitations qui atténuent la responsabilité et la culpabilité (cf. 301-302), particulièrement lorsqu'une personne estime qu'elle tomberait dans une nouvelle faute en faisant du tort aux enfants de la nouvelle union, Amoris Laetitia ouvre la possibilité de l'accès aux sacrements de la Réconciliation et de l'Eucharistie (cf. les notes 336 et 351). Ceux-ci à leur tour disposent la personne à continuer de mûrir et de croître avec la force de la grâce.

AL n° 301-302

Les circonstances atténuantes dans le discernement pastoral

301. Pour comprendre de manière appropriée pourquoi un discernement spécial est possible et nécessaire dans certaines situations dites ‘‘irrégulières’’, il y a une question qui doit toujours être prise en compte, de manière qu’on ne pense jamais qu’on veut diminuer les exigences de l’Évangile. L’Église a une solide réflexion sur les conditionnements et les circonstances atténuantes. Par conséquent, il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite ‘‘irrégulière’’ vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante. Les limites n’ont pas à voir uniquement avec une éventuelle méconnaissance de la norme. Un sujet, même connaissant bien la norme, peut avoir une grande difficulté à saisir les « valeurs comprises dans la norme »[339] ou peut se trouver dans des conditions concrètes qui ne lui permettent pas d’agir différemment et de prendre d’autres décisions sans une nouvelle faute. Comme les Pères synodaux l’ont si bien exprimé, « il peut exister des facteurs qui limitent la capacité de décision ».[340] Saint Thomas d’Aquin reconnaissait déjà qu’une personne peut posséder la grâce et la charité, mais ne pas pouvoir bien exercer quelques vertus,[341] en sorte que même si elle a toutes les vertus morales infuses, elle ne manifeste pas clairement l’existence de l’une d’entre elles, car l’exercice extérieur de cette vertu est rendu difficile : « Quand on dit que des saints n’ont pas certaines vertus, c’est en tant qu’ils éprouvent de la difficulté dans les actes de ces vertus, mais ils n’en possèdent pas moins les habitudes de toutes les vertus ».[342]

302. En ce qui concerne ces conditionnements, le Catéchisme de l’Église catholique s’exprime clairement : « L’imputabilité et la responsabilité d’une action peuvent être diminuées voire supprimées par l’ignorance, l’inadvertance, la violence, la crainte, les habitudes, les affections immodérées et d’autres facteurs psychiques ou sociaux ».[343] Dans un autre paragraphe, il se réfère de nouveau aux circonstances qui atténuent la responsabilité morale, et mentionne, dans une gamme variée, « l’immaturité affective, […] la force des habitudes contractées, […] l’état d’angoisse ou [d’]autres facteurs psychiques ou sociaux ».[344] C’est pourquoi, un jugement négatif sur une situation objective n’implique pas un jugement sur l’imputabilité ou la culpabilité de la personne impliquée. [345] Au regard de ces convictions, je considère très approprié ce que beaucoup de Pères synodaux ont voulu soutenir : « Dans des circonstances déterminées, les personnes ont beaucoup de mal à agir différemment […]. Le discernement pastoral, tout en tenant compte de la conscience correctement formée des personnes, doit prendre en charge ces situations. Les conséquences des actes accomplis ne sont pas non plus nécessairement les mêmes dans tous les cas ».

AL n°336

[336] Pas davantage en ce qui concerne la discipline sacramentelle, étant donné que le discernement peut reconnaître que dans une situation particulière il n’y a pas de faute grave. Ici, s’applique ce que j’ai affirmé dans un autre document : cf. Exhort. ap. Evangelii gaudium (24 novembre 2013), nn. 44.47 : AAS 105 (2013), pp. 1038.1040.

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Pape François Evangelii Gaudium 

n°44.47

44. D’autre part, tant les pasteurs que tous les fidèles qui accompagnent leurs frères dans la foi ou sur un chemin d’ouverture à Dieu, ne peuvent pas oublier ce qu’enseigne le Catéchisme de l’Église Catholique avec beaucoup de clarté : « L’imputabilité et la responsabilité d’une action peuvent être diminuées voire supprimées par l’ignorance, l’inadvertance, la violence, la crainte, les habitudes, les affections immodérées et d’autres facteurs psychiques ou sociaux ».[49]

Par conséquent, sans diminuer la valeur de l’idéal évangélique, il faut accompagner avec miséricorde et patience les étapes possibles de croissance des personnes qui se construisent jour après jour.[50] Aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais le lieu de la miséricorde du Seigneur qui nous stimule à faire le bien qui est possible. Un petit pas, au milieu de grandes limites humaines, peut être plus apprécié de Dieu que la vie extérieurement correcte de celui qui passe ses jours sans avoir à affronter d’importantes difficultés. La consolation et l’aiguillon de l’amour salvifique de Dieu, qui œuvre mystérieusement en toute personne, au-delà de ses défauts et de ses chutes, doivent rejoindre chacun.

45. Nous voyons ainsi que l’engagement évangélisateur se situe dans les limites du langage et des circonstances. Il cherche toujours à mieux communiquer la vérité de l’Évangile dans un contexte déterminé, sans renoncer à la vérité, au bien et à la lumière qu’il peut apporter quand la perfection n’est pas possible. Un cœur missionnaire est conscient de ces limites et se fait « faible avec les faibles […] tout à tous » (1Co 9, 22). Jamais il ne se ferme, jamais il ne se replie sur ses propres sécurités, jamais il n’opte pour la rigidité auto-défensive. Il sait que lui-même doit croître dans la compréhension de l’Évangile et dans le discernement des sentiers de l’Esprit, et alors, il ne renonce pas au bien possible, même s’il court le risque de se salir avec la boue de la route.

V. Une mère au cœur ouvert

46. L’Église “en sortie” est une Église aux portes ouvertes. Sortir vers les autres pour aller aux périphéries humaines ne veut pas dire courir vers le monde sans direction et dans n’importe quel sens. Souvent il vaut mieux ralentir le pas, mettre de côté l’appréhension pour regarder dans les yeux et écouter, ou renoncer aux urgences pour accompagner celui qui est resté sur le bord de la route. Parfois c’est être comme le père du fils prodigue, qui laisse les portes ouvertes pour qu’il puisse entrer sans difficultés quand il reviendra.

47. L’Église est appelée à être toujours la maison ouverte du Père. Un des signes concrets de cette ouverture est d’avoir partout des églises avec les portes ouvertes. De sorte que, si quelqu’un veut suivre une motion de l’Esprit et s’approcher pour chercher Dieu, il ne rencontre pas la froideur d’une porte close. Mais il y a d’autres portes qui ne doivent pas non plus se fermer. Tous peuvent participer de quelque manière à la vie ecclésiale, tous peuvent faire partie de la communauté, et même les portes des sacrements ne devraient pas se fermer pour n’importe quelle raison. Ceci vaut surtout pour ce sacrement qui est “ la porte”, le Baptême. L’Eucharistie, même si elle constitue la plénitude de la vie sacramentelle, n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles.[51] Ces convictions ont aussi des conséquences pastorales que nous sommes appelés à considérer avec prudence et audace. Nous nous comportons fréquemment comme des contrôleurs de la grâce et non comme des facilitateurs. Mais l’Église n’est pas une douane, elle est la maison paternelle où il y a de la place pour chacun avec sa vie difficile.

AL note 351

[351] Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements. Voilà pourquoi, « aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais un lieu de la miséricorde du Seigneur » : Exhort. ap. Evangelii gaudium (24 novembre 2013), n. 44 : AAS 105 (2013), p. 1038. Je souligne également que l’Eucharistie « n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles » (Ibid., n. 47 : p. 1039).

note 351 dans son contexte

Dans cette même ligne, s’est exprimée la Commission Théologique Internationale : « La loi naturelle ne saurait donc être présentée comme un ensemble déjà constitué de règles qui s’imposent a priori au sujet moral, mais elle est une source d’inspiration objective pour sa démarche, éminemment personnelle, de prise de décision ».[350] À cause des conditionnements ou des facteurs atténuants, il est possible que, dans une situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement – l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer, et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église.[351] Le discernement doit aider à trouver les chemins possibles de réponse à Dieu et de croissance au milieu des limitations. En croyant que tout est blanc ou noir, nous fermons parfois le chemin de la grâce et de la croissance, et nous décourageons des cheminements de sanctifications qui rendent gloire à Dieu. Rappelons-nous qu’« un petit pas, au milieu de grandes limites humaines, peut être plus apprécié de Dieu que la vie extérieurement correcte de celui qui passe ses jours sans avoir à affronter d’importantes difficultés ».[352] La pastorale concrète des ministres et des communautés ne peut cesser de prendre en compte cette réalité.

7) Mais il faut éviter de comprendre cette possibilité comme un accès sans restriction aux sacrements, ou comme si toute situation le justifie. Ce qui est proposé est un discernement qui distingue adéquatement chaque cas. Par exemple, un soin particulier est requis par «une nouvelle union qui suit un divorce récent» ou «la situation de quelqu'un qui a échoué à plusieurs reprises dans ses engagements familiaux» (298). Et aussi, quand il y a une sorte d'apologie ou d'ostentation de sa propre situation», «comme si elle faisait partie de l'idéal chrétien» (297). Dans ces cas plus difficiles, les pasteurs doivent accompagner patiemment la recherche d'un chemin d'intégration (cf. 297, 299).

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AL n°297-298-299

297. Il s’agit d’intégrer tout le monde, on doit aider chacun à trouver sa propre manière de faire partie de la communauté ecclésiale, pour qu’il se sente objet d’une miséricorde ‘‘imméritée, inconditionnelle et gratuite’’. Personne ne peut être condamné pour toujours, parce que ce n’est pas la logique de l’Évangile ! Je ne me réfère pas seulement aux divorcés engagés dans une nouvelle union, mais à tous, en quelque situation qu’ils se trouvent. Bien entendu, si quelqu’un fait ostentation d’un péché objectif comme si ce péché faisait partie de l’idéal chrétien, ou veut imposer une chose différente de ce qu’enseigne l’Église, il ne peut prétendre donner des cours de catéchèse ou prêcher, et dans ce sens il y a quelque chose qui le sépare de la communauté (cf. Mt 18, 17). Il faut réécouter l’annonce de l’Évangile et l’invitation à la conversion. Cependant même pour celui-là, il peut y avoir une manière de participer à la vie de la communauté, soit à travers des tâches sociales, des réunions de prière ou de la manière que, de sa propre initiative, il suggère, en accord avec le discernement du Pasteur. En ce qui concerne la façon de traiter les diverses situations dites ‘‘irrégulières’’, les Pères synodaux ont atteint un consensus général, que je soutiens : « Dans l’optique d’une approche pastorale envers les personnes qui ont contracté un mariage civil, qui sont divorcées et remariées, ou qui vivent simplement en concubinage, il revient à l’Église de leur révéler la divine pédagogie de la grâce dans leurs vies et de les aider à parvenir à la plénitude du plan de Dieu sur eux »,[328] toujours possible avec la force de l’Esprit Saint.

298. Les divorcés engagés dans une nouvelle union, par exemple, peuvent se retrouver dans des situations très différentes, qui ne doivent pas être cataloguées ou enfermées dans des affirmations trop rigides sans laisser de place à un discernement personnel et pastoral approprié. Une chose est une seconde union consolidée dans le temps, avec de nouveaux enfants, avec une fidélité prouvée, un don de soi généreux, un engagement chrétien, la conscience de l’irrégularité de sa propre situation et une grande difficulté à faire marche arrière sans sentir en conscience qu’on commet de nouvelles fautes. L’Église reconnaît des situations où « l'homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs - par exemple l'éducation des enfants -, remplir l'obligation de la séparation ».[329] Il y aussi le cas de ceux qui ont consenti d’importants efforts pour sauver le premier mariage et ont subi un abandon injuste, ou celui de « ceux qui ont contracté une seconde union en vue de l'éducation de leurs enfants, et qui ont parfois, en conscience, la certitude subjective que le mariage précédent, irrémédiablement détruit, n'avait jamais été valide ».[330] Mais autre chose est une nouvelle union provenant d’un divorce récent, avec toutes les conséquences de souffrance et de confusion qui affectent les enfants et des familles entières, ou la situation d’une personne qui a régulièrement manqué à ses engagements familiaux. Il doit être clair que ceci n’est pas l’idéal que l’Évangile propose pour le mariage et la famille. Les Pères synodaux ont affirmé que le discernement des Pasteurs doit toujours se faire « en distinguant attentivement »[331] les situations, d’un « regard différencié ». [332] Nous savons qu’il n’existe pas de « recettes simples ».[333]

299. J’accueille les considérations de beaucoup de Pères synodaux, qui sont voulu signaler que « les baptisés divorcés et remariés civilement doivent être davantage intégrés dans les communautés chrétiennes selon les diverses façons possibles, en évitant toute occasion de scandale. La logique de l’intégration est la clef de leur accompagnement pastoral, afin que non seulement ils sachent qu’ils appartiennent au Corps du Christ qu’est l’Église, mais qu’ils puissent en avoir une joyeuse et féconde expérience. Ce sont des baptisés, ce sont des frères et des sœurs, l’Esprit Saint déverse en eux des dons et des charismes pour le bien de tous. Leur participation peut s’exprimer dans divers services ecclésiaux : il convient donc de discerner quelles sont, parmi les diverses formes d’exclusion actuellement pratiquées dans les domaines liturgique, pastoral, éducatif et institutionnel, celles qui peuvent être dépassées. Non seulement ils ne doivent pas se sentir excommuniés, mais ils peuvent vivre et mûrir comme membres vivants de l’Église, la sentant comme une mère qui les accueille toujours, qui s’occupe d’eux avec beaucoup d’affection et qui les encourage sur le chemin de la vie et de l’Évangile. Cette intégration est nécessaire également pour le soin et l’éducation chrétienne de leurs enfants, qui doivent être considérés comme les plus importants ».[334]

8) Il est toujours important de pousser les personnes à se placer devant Dieu avec leur conscience, et à cette fin, l'"examen de conscience" proposé par Amoris Laetitia n. 300, est utile, en particulier en ce qui concerne «la façon dont ils se sont comportés avec leurs enfants» ou le conjoint abandonné. Quand il y a eu des injustices non résolues, l'accès aux sacrements est particulièrement scandaleux.

9) Il peut être opportun qu'un éventuel accès aux sacrements se réalise de manière discrète, surtout lorsque l'on prévoit des situations conflictuelles. Mais en même temps il ne faut pas manquer d'accompagner la communauté pour qu'elle grandisse dans l'esprit de compréhension et d'accueil, sans que cela implique de créer des confusions quant à l'enseignement de l'Église à propos du mariage indissoluble. La communauté est un instrument de la miséricorde qui est «imméritée, inconditionnelle et gratuite».

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10) Le discernement ne se ferme pas, car «il est dynamique et doit demeurer toujours ouvert à de nouvelles étapes de croissance et à de nouvelles décisions qui permettront de réaliser l’idéal plus pleinement» (303), selon la «loi de gradualité" (295) et confiant dans l'aide de la grâce.

AL n°303

303. À partir de la reconnaissance du poids des conditionnements concrets, nous pouvons ajouter que la conscience des personnes doit être mieux prise en compte par la praxis de l’Église dans certaines situations qui ne réalisent pas objectivement notre conception du mariage. Évidemment, il faut encourager la maturation d’une conscience éclairée, formée et accompagnée par le discernement responsable et sérieux du Pasteur, et proposer une confiance toujours plus grande dans la grâce. Mais cette conscience peut reconnaître non seulement qu’une situation ne répond pas objectivement aux exigences générales de l’Évangile. De même, elle peut reconnaître sincèrement et honnêtement que c’est, pour le moment, la réponse généreuse qu’on peut donner à Dieu, et découvrir avec une certaine assurance morale que cette réponse est le don de soi que Dieu lui-même demande au milieu de la complexité concrète des limitations, même si elle n’atteint pas encore pleinement l’idéal objectif. De toute manière, souvenons-nous que ce discernement est dynamique et doit demeurer toujours ouvert à de nouvelles étapes de croissance et à de nouvelles décisions qui permettront de réaliser l’idéal plus pleinement.

AL n°295

295. Dans ce sens, saint Jean-Paul II proposait ce qu’on appelle la ‘‘loi de gradualité’’, conscient que l’être humain « connaît, aime et accomplit le bien moral en suivant les étapes d'une croissance ».[323] Ce n’est pas une ‘‘gradualité de la loi’’, mais une gradualité dans l’accomplissement prudent des actes libres de la part de sujets qui ne sont dans des conditions ni de comprendre, ni de valoriser ni d’observer pleinement les exigences objectives de la loi. En effet, la loi est aussi un don de Dieu qui indique le chemin, un don pour tous sans exception qu’on peut vivre par la force de la grâce, même si chaque être humain « va peu à peu de l'avant grâce à l'intégration progressive des dons de Dieu et des exigences de son amour définitif et absolu dans toute la vie personnelle et sociale de l'homme »

Nous sommes avant tout pasteurs. Nous voulons donc accueillir ces paroles du Pape: «J’invite les pasteurs à écouter avec affection et sérénité, avec le désir sincère d’entrer dans le cœur du drame des personnes et de comprendre leur point de vue, pour les aider à mieux vivre et à reconnaître leur place dans l’Église».(312).

AL n°312

312. Cela nous offre un cadre et un climat qui nous empêchent de développer une morale bureaucratique froide en parlant des thèmes les plus délicats, et nous situe plutôt dans le contexte d’un discernement pastoral empreint d’amour miséricordieux, qui tend toujours à comprendre, à pardonner, à accompagner, à attendre, et surtout à intégrer. C’est la logique qui doit prédominer dans l’Église, pour « faire l’expérience d’ouvrir le cœur à ceux qui vivent dans les périphéries existentielles les plus différentes ».[366] J’invite les fidèles qui vivent des situations compliquées, à s’approcher avec confiance de leurs pasteurs ou d’autres laïcs qui vivent dans le dévouement au Seigneur pour s’entretenir avec eux. Ils ne trouveront pas toujours en eux la confirmation de leurs propres idées ou désirs, mais sûrement, ils recevront une lumière qui leur permettra de mieux saisir ce qui leur arrive et pourront découvrir un chemin de maturation personnelle. Et j’invite les pasteurs à écouter avec affection et sérénité, avec le désir sincère d’entrer dans le cœur du drame des personnes et de comprendre leur point de vue, pour les aider à mieux vivre et à reconnaître leur place dans l’Église.

Avec affection dans le Christ.

Les évêques de la région

5 septembre 2016

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La réponse du Saint-Père aux évêques argentins


Mon cher frère,


1915680420.44.jpegJ'ai reçu l’écrit de la région pastorale Buenos Aires “critères de base pour l'application du chapitre 8 d’Amoris laetitia”. Je vous remercie beaucoup de me l'avoir envoyé, et je vous félicite pour le travail que vous avez accompli : un véritable exemple d'accompagnement des prêtres… et nous savons tous combien est nécessaire cette proximité de l'évêque avec son clergé et du clergé avec l'évêque.

Le prochain « le plus prochain » de l'évêque et le prêtre, et le commandement d'aimer son prochain comme soi-même commence, pour nous autres évêques, précisément avec nos curés.

L'écrit est très bon et il explicite parfaitement le sens du chapitre 8 d’Amoris laetitia. Il n'y a pas d'autre interprétation. Et je suis sûr que cela fera beaucoup de bien. Que le seigneur vous rétribue cet effort de charité pastorale.

Et c'est précisément la charité pastorale qui nous pousse à sortir pour rencontrer ceux qui sont éloignés, et une fois que nous les avons rencontrés, a entamé un chemin d'accueil, d'accompagnement, de discernement et d'intégration dans la communauté ecclésiale. Nous savons que cela est fatiguant, il s'agit d'une pastorale du “corps à corps” qui ne se satisfait pas des médiations programmatiques, organisationnelles ou légales, même si elles peuvent être nécessaires. Simplement accueillir, accompagner, discerner, intégrer.

Parmi ces quatre attitudes pastorales, la moins cultivée, la moins pratiquée et le discernement ; et je considère urgente la formation au discernement, personnelle et communautaire, dans nos séminaires et dans nos presbytères.

Pour finir je voudrais rappeler qu’Amoris laetitia est le fruit du travail et de l'horizon de toute l'église, avec la médiation de deux synodes et du pape. C'est pourquoi je vous recommande une catéchèse complète de l'exhortation qui certainement aidera à la croissance, à la consolidation et à la sainteté de la famille.

Je vous remercie à nouveau du travail accompli et je vous encourage à aller de l'avant, dans les différentes communautés des diocèses, pour l'étude et la catéchèse d’Amoris laetitia.

S'il vous plaît n'oublier pas de prier et de faire prier pour moi.

Que Jésus vous bénisse et que la Sainte Vierge vous garde,

Fraternellement, François

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Assise 2016 : aucune religion n’est criminelle, mais il y a des criminels dans toute les religions

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« aucune religion n’est criminelle, mais il y a des criminels dans toute les religions"

source Zenit

Mohammad Sammak, conseiller politique du Grand Mufti du Liban, a rendu hommage au père Jacques Hamel, dimanche, 18 septembre 2016, à Assise, lors de la session inaugurale du rassemblement des religions pour la paix « Soif de paix », en ce 30e anniversaire de l’initiative de saint Jean-Paul II, le 27 octobre 1986.

Le Père Jacques Hamel

S’adressant à Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, présent dans l’assemblée, et qui venait de parler en tenant devant lui la photo du père Hamel, il a affirmé que le père Jacques, assassiné le 26 juillet dernier, alors qu’il célébrait la messe, à Saint-Etienne-du-Rouvray, était considéré « comme une victime pas seulement pour votre Eglise mais pour l’humanité tout entière ».

Il a ausi rendu hommage au pape François. En soulignant qu’ « aucune religion n’est criminelle, mais qu’il y a des criminels dans toute les religions, le pape François s’est proposé comme leader spirituel pour l’humanité entière », a déclaré Mohammed Sammak, conseiller politique du Grand Mufti du Liban, intervenu à l’inauguration de la rencontre internationale Hommes et religions qui s’est ouvert à Assise, le 18 septembre.

Sammak a aussi décrit les hommes de Daech comme un « groupe de personnes vindicatives, désespérées et extrémistes qui ont détourné l’islam, pour l’utiliser à des fins meurtrières, alors que l’Islam – en faisant référence à la destruction d’églises et monastères en Syrie et en Irak -, interdit à quiconque d’utiliser les pierres d’une Eglise pour bâtir sa propre maison ».

Le Père Paolo Dall'Oglio et l'évêque d'Alep

Le conseiller a par ailleurs évoqué le souvenir du père jésuite italien disparu en Syrie, Paolo Dall’Oglio qui a « passé sa vie à servir musulmans et chrétiens en Syrie », et celui de l’évêque d’Alep, enlevé il y a trois ans, Mar Gregorios Yohanna Ibrahim, qu’il avait connu aux rencontres de prière pour la paix organisées par Sant’Egidio les années passées. Puis une pensée est allée au père Jacques Hamel, tué le 26 juillet dernier dans une église à la périphérie de Rouen, assurant que le prêtre français est « une victime » pour l’Eglise catholique, mais « également pour notre religion », a-t-il dit.

Enfin, Mohammed Sammak estime que « les relations entre personnes de différentes religions ne peuvent reposer ni sur l’élimination de l’autre – comme voudrait Daesh – ni sur la tolérance, ... 

Docat, le petit livre bleu de François !

Docat, le petit livre bleu de François !

Voici le Docat ! pour transformer et changer le monde en s'engageant avec l'enseignement social de l'Eglise. 

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Nous connaissions le Youcat, le catéchisme pour les jeunes, écrit par le Cardinal Schönborn.

" What can I do ? " – que faire ? – c'est à cette question que veut répondre le Docat, dernier né de la série Youcat, les best-sellers planétaires. Après le catéchisme, puis la Bible pour les jeunes, la fondation Youcat s'attaque à la doctrine sociale de l'Eglise : autrement dit, le texte qui soutient et incite l'action des chrétiens dans le domaine social. Et quel meilleur moment que les JMJ pour partager ce message auprès des jeunes ? C'est l'ambition de ce Docat.

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Comme toujours on y retrouve une riche iconographie en couleur, des questions-réponses, des citations du pape François, de Sainte Mère Teresa, de Saint Jean-Paul II ou de Thérèse d'Avila, des témoignages de jeunes ou de moins jeunes, des pensées de philosophes, d'écrivains, de leaders, de tous ceux qui forment la jeunesse. Un livre pour agir et construire un monde meilleur.

Pacifique, la 7ème marche pour la Vie à Berne

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7e "Marche pour la vie" à Berne

19.09.2016 par Maurice Page


La 7e ‘Marche pour la vie’ s’est déroulée le 18 septembre 2016 à Berne, sous forte surveillance policière. Les forces de l’ordre craignaient les contre-manifestations potentiellement violentes. Environ 1700 opposants à l’avortement se sont réunis sur la Place fédérale pour écouter les discours et les témoignages et prier ensemble.

suite: cath.ch

Les contre-manifestants ont usé d'intimidation, de violence et de haine pour les faire en plus retomber sur les tenants de la vie. 

Propos de Mme Anne-Caroline Graber (source Facebook)

14316778_1423451114336966_1686356198749675586_n.jpg"Aujourd'hui il faut une centaine de policiers pour garantir la liberté d'expression de personnes parmi les plus pacifiques qui réaffirment la sacralité de la vie.

Une maman notamment raconte qu'elle a gardé son bébé malgré une grave malformation. Une femme atteinte d'un cancer témoigne de son combat pour la vie et de sa confiance en Dieu. Cette manifestation a suscité un degré de haine que j'ai rarement ressenti aussi directement.

Les forces de police ont très bien assuré notre sécurité. Néanmoins j'ai vu un projectile métallique passer à 2 mètres de moi. Sans de solides forces de sécurité, la liberté d'expression n'est aujourd'hui plus garantie. Cette évolution est hautement inquiétante pour la pérennité de la démocratie libérale".

Lien

 

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Cardinal Müller: le Pape n'est pas ambigu mais positif !

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Cardinal Müller: le Pape est ambigu ? Non, " il a un language positif que nous avons décidé ensemble"

source: 13 mai 2016 Come Gesù

Ces propos ont été tenus par le Cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, lors d'une rencontre tenus à l'Université Francisco de Vitoria de Madrid. Dans sa récente intervention publique, le Cardinal Müller a voulu démentir l'existence d'un langage ambigu de la part du souverain pontife, le définissant plutôt comme un langage positif. 

"Au début de son pontificat, nous avons parlé avec le Pape François, observant que durant les pontificats précédents, la presse a accusé l'Eglise de parler seulement de sexualité, d'avortement et de ces problèmes. Pour cela nous avons décidé avec François de parler toujours, toujours et toujours de manière positive. Si on regarde les textes complets du Pape François, il apparaît l'idéologie du genre, l'avortement ... oui, ils apparaissent encore ses problèmes, mais nous nous concentrons sur le positif".

Le Pape a un charisme, il est génial 

Personne n'en a rendu compte en Italie, même pas Sandro Magister pourtant toujours précis pour bombarder François. Les paroles du préfet allemand en février dernier sur le Magistère du Pape Bergoglio ne sont pas plus connus, un Magistère qui n'est "nullement révolutionnaire, mais se meut dans la ligne de ces prédécesseurs". "L'originalité est son charisme, grâce auquel il arrive à rompre les blocages chez les personnes et les positions endurcies". Müller l'a défini comme "simplement génial". 

Le Pape François le dit également dans sa belle interview à la "Civiltà Cattolica", voulant contourner l'imperméabilité et l'anesthésie du monde envers à la voix de l'Eglise: "nous ne pouvons pas inciter seulement sur les questions liées à l'avortement, le mariage homosexuel et l'usage de la contraception" dit le Pape François. "L'avis de l'Eglise est connu et je suis fils de l'Eglise, pas besoin d'en parler de manière continue. Nous devons trouver un nouvel équilibre, autrement l'édifice moral de l'Eglise risque de tomber comme un château de carte, de perdre la fraîcheur et le parfum de l'Evangile. La proposition de l'Evangile doit être plus simple, profonde et radieuse. Et de cette proposition, viennent les conséquences morales. Le message évangélique ne peut donc être réduit à ses quelques aspects, bien qu'important, mais qui seuls ne manifestent pas le coeur de l'enseignement de Jésus". 

Le Pape et le Cardinal Müller ont décidé ensemble d'un nouveau langage

Aujourd'hui, on découvre que ce changement de langage n'est pas un coup personnel de François, mais comme le révèle justement le Cardinal Müller, une décision prise ensemble, entre le Pape et ses collaborateurs. Müller parle d'un langage positif, et c'est le Pape lui-même qui a expliqué sa signification dans l'exhortation "La joie de l'Evangile" n°159:

"Une autre caractéristique est le langage positif. Il ne dit pas tant ce qu’il ne faut pas faire, mais il propose plutôt ce que nous pouvons faire mieux. Dans tous les cas, s’il indique quelque chose de négatif, il cherche toujours à montrer aussi une valeur positive qui attire, pour ne pas s’arrêter à la lamentation, à la critique ou aux remords. En outre, une prédication positive offre toujours l’espérance, oriente vers l’avenir, ne nous laisse pas prisonniers de la négativité".

"En outre, une prédication positive offre toujours l'espérance, oriente vers le futur, ne se laissant pas être prisonnier de la négativité; il est opportun d'indiquer toujours le bien désirable, la proposition de vie, la maturité, la réalisation, à la la lumière de laquelle on peut comprendre notre dénonciation des maux qui peuvent l'obscurcir. Plus que comme des experts de diagnostiques apocalyptiques ou aux jugements obscures qui se complaisent dans l'art d'indiquer chaque danger et déviation, il est bien qu'ils puissent nous voir comme des messagers joyeux avec des propositions élevées, gardiens du bien et de la beauté qui resplendissent dans une vie fidèle à l'Evangile". 

La stratégie de réchauffer les coeurs

L'évêque argentin Victor Manuel Fernàndez, ami de François, a expliqué que par ce type d'approche "on réussi à réchauffer les coeurs ou pour le moins à montrer ce qui est attractif dans l'Evangile, et alors les personnes seront plus disposées à parler et dialoguer, à réfléchir également sur une réponse concernant la morale." 

"C'est une stratégie" explique le Cardinal Müller "pour éviter une concentration de l'opinion publique qui voudrait délimiter l'image de l'Eglise qui parle seulement de la sexualité". Ce n'est pas ainsi qu'on entreprend une métamorphose nécessaire de la communication. "Le Pape François a un style, il se sent comme un curé, avec une doctrine déjà bien mise en évidence dans les textes du Pape Benoît XVI. Allons de l'avant avec cette théologie tout en maintenant la charisme qui sait communiquer avec les personnes, qui ont besoin de ce charisme". 

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Beaucoup se lamentent de la main tendu aux "ennemis de l'Eglise", comme Scalfari, mais c'est en fait un signe d'amitié spontanée, sans s'arrêter à la seule condamnation pour faire une liste de leurs erreurs, comme a fait Jésus avec Zachée. 

Le démon

Et de fait, c'est le cas, La Repubblica a cessé depuis un bon bout de temps de s'inventer des scandales anticléricaux ou de faire une propagande anti-catholique, et ces mêmes choses adviennent à l'extérieur. Les seules fessés ou bordées contre les catholiques et contre l'Eglise proviennent de la manipulation des traditionalistes de droite, des sédévacantistes et des lefebvristes. Le même Cardinal Müller a fait l'éloge du langage positif du Pape François: "je pense que nous pouvons tous voir, par la réaction de la presse, qu'aujourd'hui il y a moins d'agressivité contre l'Eglise. Ils ne deviennent pas tous catholiques, clairement, mais au moins, mais au moins ils parlent aussi d'autres choses.

"Le Pape François à le courage de parler du démon. Si Benoît XVI avait dit ce que François avance sur le démon, ils l'auraient qualifié de rétrograde et moyenâgeux. Notre Pape a aujourd'hui le charisme d'affirmer ces réalités: le diable existe, il agit et il est très méchant, et celui qui accueille ses suggestions est coupable". 

Alors qu'en Italie, Antonio Socci ridiculise l'encyclique "Laudato Si'", la définissant comme une réflexion sur "le recyclage différencié des déchets, l'abus des verres en plastique et des climatiseurs", le Cardinal Müller l'a en revanche valorisée, expliquant que grâce à cette encyclique, "nous pouvons introduire le thème de la Création par exemple, même dans les cercles éloignés du catholicisme, comme les écologistes et les défenseurs des animaux". Il est donc possible d'approfondir la dimension de Dieu en rejoignant des secteurs sociaux généralement indifférents. 

Le Cardinal a fait quelques critiques de la presse n'ont pas manquées, notamment lorsqu'elle traite les paroles du Pape François "comme s'il parlait ex cathedra. L'homélie d'un prêtre à la même importance que les homélies de François à Sainte Marthe, elles sont une impulsion spirituelle, mais elles ne sont pas des déclarations du Magistère. Nous sommes tous sur le dos du Pape ! Pauvre Pape ! Il arrive que le Pape dise quelque chose avec humour, en faisant une blague à quelqu'un lors d'une audience, et puis cela apparaît dans la presse comme si c'était un déclaration officielle, et ceci est absurde". 

Le ratzinguérien Angelo Scola, archevêque de Milan et le Cardinal Müller ont fait l'éloge de "Amoris Laetitia", notamment quand ce texte accuse la colonisation idéologique.

Le Pape n'a pas changé la doctrine

Pour ce qui concerne le passage sur les personnes divorcées remariées, le Cardinal Müller a démenti les accusations contre le Pape qui "aurait changé la doctrine. Si Amoris Laetitia avait voulu annulé une discipline fondée et d'une telle signification, d'une telle portée, il l'aurait dit avec grande clarté, en présentant les raisons pour la soutenir.

En revanche, il n'y a aucune affirmations en ce sens; le Pape ne met pas en doute, à aucun moment, les arguments des ces prédécesseurs, qui ne se basent pas sur la culpabilité subjective de nos frères et soeurs, mais bien sur le manière visible, objective, la façon de vivre qui sont contraires à la parole du Christ". La fameuse note 351, dans laquelle il est écrit que dans certains cas, l'Eglise pourrait offrir l'aide des sacrements à ceux qui vivent dans une situation objective de péché ne met pas plus en doute l'enseignement de l'Eglise: "il suffit de dire" explique le prélat allemand "que cette note fait référence à des situations de péchés en général, sans citer les cas spécifique des divorcées qui vivent une nouvelle union civile. Leur situation a effectivement des caractéristiques particulières qui la distingue des autres situations. Un argument qui n'est pas présent dans la note, ni dans son contexte". 

Dans une interview d'octobre 2015, dans la revue allemande Focus (reprise aussi par Kath.net et par Vatican Insider"), le Cardinal Müller a soutenu la possibilité de donner les sacrements à ces personnes "en examinant les situations singulières". Bien que l'exhortation apostolique " Familiaris Consortio"  de Saint Jean-Paul II affirme " que l'Eglise rappelle la pratique, fondée sur l'Ecriture Sainte, de ne pas admettre à la communion eucharistique les personnes divorcées remariées", le Cardinal Müller précise "que dans cette direction, on peut penser au futur", ou "discerner les situations avec responsabilité à la lumière de cette pensée théologique". Le Pape François le demande également.

Au-delà de tout cela, il reste la grande vision commune entre le Pape argentin et le préfet allemand, exactement la même "identité de vision" que le Pape Benoît XVI a voulu rappeler récemment.  

dimanche, 18 septembre 2016

Mgr Lebrun à Assise avec le Pape François: 4 grâces à demander, avec le Père Jacques Hamel

Le Pape François lors de l'Angélus

«J’invite les paroisses, les associations ecclésiales et les fidèles du monde entier», à prier pour la paix. «La guerre est partout, nous devons prier ensemble pour la paix».

«À l’exemple de Saint François, homme de fraternité et de douceur, a-t-il encore ajouté, nous sommes tous appelés à offrir au monde un témoignage fort de notre engagement commun pour la paix et la réconciliation entre les peuples». 

Les rencontres d'Assise sont une série de rencontres interreligieuses ayant eu lieu dans la ville d'Assise en Italie, à l'invitation du pape.

Assise: être ensemble pour prier pour la Paix

La première rencontre a été la journée mondiale de prière ayant eu lieu le 27 octobre 1986, organisée par Jean-Paul II pour inviter toutes les grandes religions du monde à prier pour la paix.

Pour éviter tout relativisme et syncrétisme, le Cardinal Joseph Ratzinger précisait que nous pouvions certes pas prier ensemble, mais qu'ensemble nous pouvions tous prier pour la Paix.

Cette rencontre, manifestant une forme alors inédite du dialogue interreligieux, sera suivie d'une nouvelle journée de prière en 1993, une troisième se déroule en 2002, et une autre le 27 octobre 2011 avec Benoît XVI.

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(Radio Vatican) L’archevêque de Rouen se trouve dans la cité du Poverello, Saint François d'Assise, invité par la communauté de Sant’Egidio pour ce rassemblement interreligieux auquel le Pape François se joindra mardi, trente années après la première rencontre avec Saint Jean-Paul II en 1986. 

Ce dimanche, il s’est exprimé devant les délégations présentes à Assise.

«Je demande quatre grâces» 

Voici le texte intégral de l'intervention de Mgr Dominique Lebrun :

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«La Providence me conduit à Assise quelques semaines après l’assassinat du Père Jacques Hamel, à la fin de la messe, par deux jeunes hommes se réclamant de leur foi musulmane. Oui, l’esprit d’Assise est bien présent, et il porte du fruit un peu partout ! Mais voilà que le mystère du Mal semble nous submerger et venir troubler ce chemin.

Ici, je voudrais demander la grâce de continuer le chemin du dialogue, un dialogue qui soit plus fort et plus vrai, plus intérieur. Je demande quatre grâces :

Le pardon

1. Je demande à Dieu, par l’intercession de saint François et du père Jacques Hamel, la grâce du pardon. Pardonner les assassins ? Ce n’est pas si difficile de pardonner deux assassins, mais ceux qui les commanditent, les encouragent, les approuvent, cela est plus rude. Que la Parole de Jésus s’accomplisse : «Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font» (Lc 23;34).

Aimer ses ennemis

2. Lorsque des responsables de Daech sont tués par des bombardements, quelle est ma pensée : ils ont ce qu’ils méritent ? Ouf, en voilà quelques-uns d’éliminés ? Ou bien que va-t-il se passer pour eux en paraissant devant Dieu ? Suis-je capable de prier pour leur salut, de les aimer ? Je demande la grâce de les aimer comme des frères, c’est à dire de désirer les retrouver dans le Royaume des Cieux. Que la Parole de Jésus nous stimule : «Moi, je vous dis : aimez vos ennemis» (Mt 5;44).

Le martyr du Père Jacques Hamel 

3. Le père Jacques appartient à la lignée des martyrs. Il est bienheureux, dit le Pape François. Il n’est pas encore béatifié. Je reçois des lettres qui le demandent. Certaines m’incitent à demander la dispense de cinq ans. Je demande la grâce que la reconnaissance du martyre ne soit pas une bannière levée pour combattre et condamner ; mais la joie de rendre grâce pour le don d’un prêtre qui a donné sa vie comme le Christ. Que la Parole de Jésus m’habite : «Dieu a envoyé son Fils unique… non pas pour juger le monde, mais pour que par Lui, le monde soit sauvé» (Jn 3;17).

Le dialogue avec les musulmans

4. Enfin, je demande la grâce d’un dialogue en vérité avec mes amis musulmans. Des questions se posent sur notre possible cohabitation. Dans la vie sociale et familiale, tout est-il compatible entre nos religions ? J’aimerais aussi interroger avec un infini respect ce qu’ils appellent leur soumission à un Dieu qui est au-dessus de l’humanité. Ce qu’ils perçoivent de Dieu n’est-il pas d’un tel absolu que toute réalité, même la vie humaine, n’aurait guère d’importance en comparaison ? Je voudrais, en même temps, témoigner de ma foi en Dieu qui s’est fait homme en Jésus : il est entré dans l’humanité, et ainsi dans ses limites. Quel beau mystère qui élève l’homme à la dignité divine et qui, en même temps, se mêle à son histoire chaotique.

Je demande ces grâces, non sans remercier déjà pour celles reçues depuis l’offrande de la vie du père Jacques Hamel. Qu’il suffise de souligner la visite rendue par de nombreux musulmans à nos assemblées dominicales le dimanche 31 juillet. C’était bien une famille rendant visite à une famille en deuil, et cela est bon. Nous sommes de la même famille humaine, promis donc à la même famille divine. Par Jésus le Christ.»

(CV-MA)

Lien Tuer au nom de Dieu est satanique Pape François

Les médias ne connaissent pas le Pardon et ignorent la Miséricorde

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La communication qui moque les aveux, les confessions

Trois événements médiatiques, qui touchent la vie de trois personnes, retiennent mon attention. 

Christophe Darbellay, le président émérite du PDC Suisse a avoué "sa grave erreur" jusque dans les médias. Il est le père d'un quatrième enfant, né lors d'une infidélité en décembre 2015 à Berne. Sa femme lui a pardonné pour être avec lui. D'ailleurs, l'enfant lui ne saurait être le fruit du péché. Il est un enfant de Dieu à accueillir, à protéger à tout prix. 

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Les médias, qui majoritairement pousse à l'adultère (au préservatif, à l'avortement) ridiculise et ironise. (L'Hebdo)

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Dominique Warluzel, célèbre avocat genevois victime d'un AVC, avoue "sa grave connerie" dans le Matin Dimanche. Il avait tiré au pistolet vers une femme.

Enfin, une jeune italienne de 31 ans, Tiziana Cantone, après "une grave bêtise", une vidéo sextape envoyée à des copains puis postée sur la sphère d'internet et des réseaux sociaux, s'est finalement enlevée la vie.

Elle exigeait, avec raison, le droit à l'oubli. Elle avait dû changer de nom et de lieu, tellement sa phrase "tu fais une vidéo ? Bravo!" était ridiculisée, comme un slogan publicitaire.

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La maman de Tiziana lors des funérailles: "rendez lui sa dignité!"

En cette année sainte de la Miséricorde voulu par le Pape François, il est urgent de chercher à quitter l'ironie et le rire narquois, pour se détacher de la volonté d'écraser les autres qui sont tombés. Le diable ne pourra jamais se relever, ni changer, ni se convertir. Mettre à terre, rester vautrer et ramper au sol sont sans doute les meilleures images du serpent trompeur, tentateur et menteur. 

La lumière du confessionnal

« Dans l’art de monter, l’important n’est pas de ne pas tomber, mais de ne pas rester tombé ! »

Discours du Pape François pour le Jubilé des jeunes, Rome

Le lieu du véritable et de l'authentique pardon demeure heureusement le confessionnal, un lieu de communication intime avec Dieu, à l'abri des caméras, des flashs et du rire mesquin d'autrui, où Dieu nous invite, nous souri et nous attend avec patience et tendresse pour nous rendre notre dignité. 

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Saint Augustin: "mieux vaut marcher en boitant vers la vie éternelle, que de courir adroitement vers l'enfer"

 

samedi, 17 septembre 2016

Pour la vie = extrême droite, violent, conservateur ?

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Parmi tant d'autres, une mère de famille de 3 enfants, dont une enfant lourdement handicapée, était pacifiquement à Berne.

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Manif anti-avortement sous haute sécurité


Berne: La police est déployée en force ce samedi à Berne craignant des heurts entre militants pro et anti-avortement.

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Tribune de Genève

La marche pour la vie à Berne est qualifiée de violente par l'ATS, photo de la police à l'appui. Ne pas accepter l'avortement ou le DPI (diagnostic préimplantatoire) vous place dans un coin duquel vous ne pouvez apparement plus sortir. 

Or, c'est possible. 

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Le Pape François en visite chez 12 petits enfants malades (vendredi 16 septembre, Rome)

Une image du Pape illustre parfaitement le but ultime d'être en faveur du oui. Nombre des manifestants étaient des femmes, des parents qui ont accueilli un enfant malade ou avec un handicap. 

L'abbé en à marre "Monsieur le Curé fait sa crise" roman réaliste, profond et drôle de Jean Mercier

Vous voulez savoir la fin du roman ?  cliquez ici !

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« Monsieur le Curé fait sa crise », l’abbé Amar le décrypte 
Jean Mercier, journaliste, romance avec une magnifique plume, l’histoire d’un curé légèrement à bout. Un roman empreint d’humanité et d’amour.

L’abbé Amar l’a lu et en parle.

Radio Notre-Dame


« Trop, c’est trop« . Oui il n’y a pas à dire, l’abbé Benjamin Bucquoy en a ras son col romain des chamailleries de paroissiens. Pas moyen de leur faire entendre raison, dans un monde où les égos, la jalousie, le manque de leadership et de soutien terrassent ce curé de plusieurs clochers.

L’abbé, cinquantenaire, se retrouve confronter à plusieurs paroissiens chacun avec leurs difficultés quotidiennes: Brigitte et Guillemette, qui se crêpent le chignon à longueur de temps, pour des fleurs. Evelyne, nommée par l’évêque, qui dit mettre « l‘Homme avant le dogme » et qui voit dans l’adoration eucharistique « de la piété de bas étage », allant à l’encontre de ce que veut faire l’abbé. Il y a aussi cet Enguerrand Guerre, qui veut sauver Ste Gudule et n’hésite pas à lancer des pétitions et des fausses rumeurs à l’encontre du pauvre curé déjà à bout.

Ou il y a encore Monique, dame cathé par excellence, qui est outrée que le père propose le sacrement de réconciliation aux parents des futurs confirmés, y voyant une dérive totalitaire et une « obsession du péché » qui est « insupportable« , »on se croirait revenu à l’avant Vatican II » sifflera même la Monique. Alors oui, Monsieur le Curé craque et finit par s’emmurer dans son presbytère pour disparaître.

En voyant le titre, vous avez eu envie de le lire ce livre ?

J’ai eu très peur en lisant le titre. Jean Mercier a eu la gentillesse de me l’envoyer un petit peu en avance et en fait ce livre m’a bouleversé. Il m’a bouleversé comme prêtre et comme curé de paroisse. Jean Mercier, au-delà du talent de journaliste qu’on lui connaît, a été au carrefour des confidences des prêtres. Qu’on se rassure, il ne s’agit pas de raconter des confessions. Non, il s’agit juste de raconter les joies et les peines de ces hommes qui sont aujourd’hui curés de paroisse au 21 ème siècle mais qui ont aussi la joie des autres, le souci des autres mais aussi leurs propres soucis et leurs propres joies.

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Jean Mercier a eu un talent incroyable pour rendre compte de ça avec beaucoup de vérité, beaucoup de tact. Vous savez le curé c’est quelqu’un de très pudique, il n’aime pas trop montrer ses émotions et l’auteur a tout un talent pour faire parler ces prêtres, pour en faire un roman. Un roman qui n’est pas si romancé que ça et ça c’est incroyable. Au fil des pages, je me suis reconnu entre les larmes et les fous rires, je me suis reconnu dans ce curé, alors il ne faut pas dévoiler l’intrigue aux auditeurs mais je me suis reconnu. Voilà un auteur qui connaît bien les prêtres.

Le personnage principal Benjamin Bucquoy revient régulièrement sur ce manque de temps de prières, de temps pour confesser, c’est un sentiment que vous partagez aussi ?

La tentation essentielle qu’on a, c’est de devenir des gestionnaires. On est à la tête de petits ensembles paroissiaux, avec beaucoup de clochers, beaucoup d’antennes. Vous voyez, si on voulait gérer ça comme une entreprise, l’antenne principal serait le presbytère avec pleins de petits établissements secondaires qui seraient les différents lieux de cultes qu’on anime, les communautés locales. Du coup, le risque c’est de courir pour gérer la boutique et ça peut nous guetter. Et si on n’a pas les ressources intérieures nécessaires, que ce soit dans la vie de prières ou la vie sacramentelle, pardonnez moi mais on fait pas que sa crise, on pète les plombs.

Jean Mercier le rappelle à travers l’intrigue, il ne faut pas oublier que les prêtres sont aussi des hommes… Les paroissiens ont tendance à l’oublier dans notre monde non ?

Il faut absolument que nos paroissiens réalisent que si le sacerdoce, l’ordination sacerdotale, a fait de nous des hommes à part, nous a mis à part, c’est à dire séparés d’eux, ça n’a pas fait de nous des hommes meilleurs. Nous sommes bien mis à part pour le service du Seigneur, mis de côté pour lui, réservés pour lui.

Pour autant ça fait pas de nous, subitement, des hommes bien meilleurs, bien plus serviable, bien plus patient que certains de nos paroissiens. L’ordination a fait de nous des hommes à part mais certainement pas des surhommes. Saint Thomas d’Aquin dit ça dans un de ces raccourcis dont il a le secret : « la grâce ne détruit pas la nature« . La grâce élève notre nature humaine, elle fait de nous des hommes à part mais elle ne change pas le fait que nous sommes des hommes ordinaires avec nos joies, nos soucis, nos misères, nos faiblesses et nos qualités.

Alors Benjamin Bucquoy s’emmure et il est soulagé d’être loin de son téléphone et d’internet. Aujourd’hui, il y a le net, avec Facebook, les mails, vous n’avez pas l’impression que ça dénature les échanges que les jeunes ou les moins jeunes peuvent avoir avec les prêtres ?

Vous prêchez un convaincu, d’ailleurs je sors bientôt un livre expliquant qu’internet est comme une sorte de nouveau presbytère (« Internet, le nouveau presbytère« , Ed Artège, NDLR). Internet a bouleversé notre quotidien de prêtre. Il y a des rencontres virtuelles, numériques sur internet mais ça ne remplacera une rencontre en chair et en os à la sortie d’une messe sur le parvis de l’église. Nous sommes les disciples de la rencontre, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de messe sans hosties, ni de vin. Il n’y a pas de baptêmes sans eau qui mouille. Il n’y a pas d’onctions des malades sans huile qui marque le front et les mains. Donc à la fois internet est un instrument comme lieu de rencontre. Des personnes nous envoient des messages sur internet, de façon indirecte et se confient, se livrent peut-être plus facilement qu’ils ne le feraient de vives voix.

Mais il est certain qu’internet, si on arrive pas à se discipliner, devient chronophage pour le prêtre. Il faut pas se leurrer nos églises ne sont pas pleines mais il y a sur internet, des « Nicodèmes numériques », des visiteurs du soir, qui qu’il y a un prêtre qui répond, qui tient un blog ou qui est assez numériquement présent, viennent frapper à la porte. On entame des dialogues avec ces personnes, qui peuvent être incroyants ou éloignés de la foi chrétienne. Il y a une part d’évangélisation numérique qu’il ne faut pas délaisser et ça j’en parle dans mon livre. La question est de savoir quels pourraient être les dangers et les limites de cette évangélisation et puis comment rassembler des brebis avec des souris.

Monsieur le Curé fait sa crise, vous le conseillez aux paroissiens ?

Non seulement, je le conseille à tous nos paroissiens, mais aussi à tous nos évêques. Je trouve que les évêques gagneraient à lire ce livre. Moi il m’a bouleversé, j’ai été très touché à la fois pour le fond et la forme. J’encouragerai tout le monde à le lire. Pour que tout le monde puisse connaître les prêtres, mais peut-être de l’intérieur et du coup, les aimer encore plus, comme ils sont et non pas comme on aimerait qu’il soit. Oui, Monsieur le Curé fait sa crise, mais ça finit bien, il faut le lire.

L’abbé Amar est membre du Padreblog, il intervient régulièrement, sur notre l’antenne, pour un « Prêtre vous répond«

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MERCIER Jean
Editions Quasar
Date de parution : 18/08/2016
12, 00 euros

Belgique: première euthanasie d'un enfant

L'euthanasie est légale depuis 2002 en Belgique pour les personnes majeures. En 2014, une loi étendant ce droit aux mineurs a été adoptée

Si seulement, comme on dit en Belgique, ce n'était "qu'un fois ". Que dire, sinon d'abord cela:

La vie est la vie

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La vie est beauté, admire-la
La vie est félicité, profites-en.
La vie est un rêve, réalise-le.
La vie est un défi, relève-le.
La vie et un devoir, fais-le.
La vie est un jeu, joue-le.
La vie est précieuse, soigne-la bien.
La vie est richesse, conserve-la.
La vie est amour, jouis-en.
La vie est un mystère, pénètre-le.
La vie est une promesse, tiens-la.
La vie est tristesse, dépasse-la.
La vie est un hymne, chante-le.
La vie est un combat, accepte-le.
La vie est une tragédie, lutte avec elle.
La vie est une aventure, ose-la.
La vie est bonheur, mérite-le.
La vie est la vie, défends-la.

Sainte Mère Teresa de Calcutta

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Belgique: première euthanasie d'un mineur

(Radio Vatican) En Belgique, un mineur a été euthanasié, à sa demande. Aucune précision n'a été donnée sur l'identité ou le dossier de ce mineur, si ce n'est qu'il souffrait d'une maladie en phase terminale. C'est une première depuis l'adoption, en 2014, de la loi étendant le droit à l'euthanasie aux mineurs atteints d'une maladie incurable et dont les souffrances sont insupportables.

Tout en confirmant l'information, le président de la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie a souligné que ce cas de figure demeurait exceptionnel et réservé aux cas désespérés. «Il n'y a heureusement que très peu d'enfants qui entrent en considération, mais cela ne signifie pas que nous devrions leur refuser le droit à une mort digne», a-t-il expliqué.
«Une situation médicale sans issue»

L'euthanasie est légale depuis 2002 en Belgique pour les personnes majeures. En 2014, une loi étendant ce droit aux mineurs a été adoptée, faisant de la Belgique le deuxième pays à autoriser l'euthanasie des mineurs après les Pays-Bas. La loi belge ne prévoit aucune limite d'âge mais requiert des conditions strictes. Elle énonce que le mineur devra se «trouver dans une situation médicale sans issue entraînant le décès à brève échéance».

Il devra également être confronté à une «souffrance physique constante et insupportable qui ne peut être apaisée et qui résulte d'une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable». L'enfant ou adolescent doit prendre l'initiative de la demande, étudiée par une équipe médicale et un psychiatre ou psychologue indépendant. Les parents doivent également donner leur consentement.

Crimes pédophiles des prêtres: sortir du silence

Motu Proprio du Pape: "comme une Mère aimante"

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Un livre qui nous arrache les larmes, dont la lecture nous recentre sur l'écoute de la parole des victimes.

"Notre Eglise doit d'abord écouter l'horreur, s'arrêter, désarmée, au côté des victimes". Entreprise difficile, parfois insupportable, mais nécessaire, parce que "devant l'horreur on se protège et si l'on se protège, on n'écoute pas". 

citation d'un prêtre, dans Isabelle de Gaulmyn, Histoire d'un silence, p.24

Isabelle de Gaulmyn, histoire d'un silence, pédophilie à Lyon: une catholique raconte

"Pour cela, il m'a semblé d'emblée qu'il fallait d'abord écouter les victimes, longuement, parce trop longtemps, l'Eglise, les a ignorées. Ce sont elles qui doivent désormais être au centre des nos questionnements" 

Isabelle de Gaulmyn, p.23

 

vendredi, 16 septembre 2016

Motu Proprio du Pape François: "comme une Mère aimante"

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Engagement de l’Église dans la protection des plus faibles, en particulier des mineurs, en donnant la possibilité de démettre un évêque ou un supérieur religieux pour manque de diligence grave dans son traitement des cas d’abus sexuels.

« Comme une mère aimante », Motu Proprio du Pape François

4 juin 2016, lettre apostolique en forme de motu proprio du pape François sur la protection des plus faibles. Exclusif, La Documentation catholique en propose la traduction en français.

Texte original italien dans l’Osservatore Romano du 5 juin 2016 (*)

Le 4 juin 2016 a été rendu public un motu proprio, intitulé « Comme une mère aimante », concernant les évêques qui ont été négligents dans les cas de pédophilie. Dans ce motu proprio, le pape François veut renforcer l’engagement de l’Église dans la protection des plus faibles, en particulier des mineurs, en donnant la possibilité de démettre un évêque ou un supérieur religieux pour manque de diligence grave dans son traitement des cas d’abus sexuels.

La révocation pour « négligence » ne concerne pas seulement la pédophilie. Elle concerne plus largement les actes ayant provoqué un dommage grave « physique, moral, spirituel ou patrimonial » sur des personnes ou envers « une communauté dans son ensemble ».

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Comme une mère aimante l’Église aime tous ses enfants, mais elle s’occupe et soigne avec une affection toute particulière ceux qui sont les plus petits et sans défense : il s’agit d’un devoir que le Christ lui-même confie à toute la communauté chrétienne dans son ensemble. Consciente de cela, l’Église surveille de façon vigilante la protection des enfants et des adultes vulnérables.


Un tel devoir de protection et de soin incombe à l’Église tout entière, mais c’est en particulier à travers ses bergers que celui-ci doit être exercé. Par conséquent, les évêques diocésains, les éparques et ceux qui ont la responsabilité d’une Église, doivent appliquer une diligence toute particulière dans la protection de ceux qui sont les plus faibles parmi les personnes qui leur sont confiées.


Le Droit canonique prévoyait en effet la possibilité de la révocation de l’office ecclésiastique « pour raisons graves » : cela concerne également les évêques diocésains, les éparques et ceux à qui le droit confère un statut équivalent (cf. canon 193 § 1 CIC ; canon 975 § 1 CCEO).

Avec cette lettre, j’entends préciser que parmi les dites « causes graves » se trouve la négligence des évêques dans l’exercice de leur mission, en particulier par rapport aux cas d’abus sexuels commis sur des mineurs et des adultes vulnérables, prévus par le Motu Proprio Sacramentorum Sanctitatis Tutela (1) promulgué par Saint Jean-Paul II et amendé par mon prédécesseur bien-aimé Benoît XVI (2). Dans de pareils cas, il faudra observer la procédure suivante.

Art. 1

§ 1. L’évêque diocésain ou l’éparque, ou celui qui, à titre temporaire, a la responsabilité d’une Église en particulier, ou d’une autre communauté de fidèles qui lui est assimilée en vertu du canon 368 CIC et du canon 313 CCEO, peut être légitimement démis de ses fonctions, s’il a, par négligence, accompli ou omis des actes qui auraient porté un dommage grave à autrui, qu’il s’agisse de personnes physiques, ou d’une communauté dans son ensemble. Le préjudice peut être physique, moral, spirituel ou patrimonial.


§ 2. L’évêque diocésain ou l’éparque peut être démis de ses fonctions seulement s’il a objectivement manqué, de manière très grave, à la diligence qui lui a été demandée par son bureau pastoral, même sans grave faute morale de sa part.


§ 3. Dans le cas où il s’agit d’abus sur des mineurs ou sur des adultes vulnérables, le manque de diligence peut être considéré comme un motif grave.
§ 4. À l’évêque diocésain et à l’éparque sont assimilés les supérieurs majeurs des instituts religieux et des Sociétés de vie apostolique de droit pontifical.

Article 2

§ 1. Dans tous les cas où de sérieux indices apparaissent, selon ce qui est prévu dans l’article précédent, la Congrégation de la Curie romaine compétente peut commencer une enquête à ce sujet, tout en informant l’intéressé et en lui donnant la possibilité de fournir des documents et des témoignages.


§ 2. Il sera donné à l’évêque la possibilité d’assurer sa défense, ce qu’il pourra faire avec les moyens prévus par le droit. Toutes les étapes de l’enquête lui seront communiquées et il lui sera toujours permis de rencontrer les supérieurs de la Congrégation de la Curie romaine compétente. Si l’évêque ne prend pas l’initiative de cette rencontre, elle sera proposée par le Dicastère lui-même.


§ 3. À la suite des arguments présentés par l’évêque, la Congrégation peut décider d’une enquête supplémentaire.

Article 3

§ 1. Avant de prendre sa propre décision, la Congrégation pourra rencontrer, selon les opportunités, d’autres évêques ou éparques appartenant à la Conférence épiscopale, ou au Synode des évêques de l’Église sui iuris, dont fait partie l’évêque ou l’éparque en question, dans le but d’examiner l’affaire.

§ 2. La Congrégation assume ses conclusions réunies en Session ordinaire.

Article 4

Si la Congrégation juge opportun que l’évêque soit démis de ses fonctions, elle devra établir, en fonction des circonstances de l’affaire, si elle doit :
1°. Rendre, dans les meilleurs délais, le décret de révocation ;
2°. Exhorter fraternellement l’évêque à présenter sa démission dans un délai de 15 jours. Si l’évêque ne donne pas de réponse dans les délais prévus, la Congrégation pourra rendre le décret de révocation.

Article 5

La décision de la Congrégation qui aux articles 3-4 doit être soumise à l’approbation spécifique du Pontife romain, lequel, avant de rendre sa décision définitive, se fera assister par un Collège approprié de juristes désignés.

Tout ce que j’ai délibéré dans cette Lettre apostolique en forme de motu proprio, j’ordonne qu’elle soit observée dans toutes ses parties, malgré toute chose contraire, même si digne de mention spéciale, et je stipule qu’elle soit publiée dans le commentaire officiel Acta Apostolicae Sedis et qu’elle soit promulguée sur le quotidien L’Osservatore Romano et qu’elle entre en vigueur le 5 septembre 2016.

(*) Traduction française de Sophie Lafon d’Alessandro pour La DC. Notes de La DC.

(1) DC 2002, n. 2268, p. 363.

(2) DC 2002, n. 2268, p. 364-365.

jeudi, 15 septembre 2016

Selon Arnaud Bédat, Roger Federer rencontrerait plutôt le Pape en octobre

Affaires de pédophilie du Père Preynat à Lyon: le livre d'Isabelle de Gaulmyn "Histoire d'un silence"

Dans le livre Histoire d'un silence, la journaliste Isabelle de Gaulmyn dissèque l'affaire Preynat, qui secoue le diocèse de Lyon. Une affaire qu'elle connaît bien puisqu'elle a elle-même fréquenté pendant son enfance la troupe scoute du prêtre accusé d'actes pédophiles. Elle souhaite que la parole soit donnée aux victimes afin qu'elles soient au coeur de l'Eglise. 

Pour Isabelle de Gaulmyn, il n'y a pas d'affaire Barbarin, mais bien une affaire Preynat. 

Ce prêtre qui, de 1972 à 1991, est soupçonné d’avoir abusé de jeunes scouts entre 8 et 12 ans, «faisant entre 65 et 100 victimes», estime-t-elle.

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Lien AFP

 

mercredi, 14 septembre 2016

Le Pape à l'évêque de Rouen: "tu peux exposer la photo du Père Hamel, il est bienheureux maintenant"

Lien: Radio Vatican, entretien avec la soeur du Père Hamel

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Le Pape François à l'évêque de Rouen:

"tu peux exposer la photo du Père Hamel, il est bienheureux maintenant. Si on te dit que tu ne peux pas, tu réponds que le Pape l'a autorisé !"

source: Francesco Antonio Grana, farodiroma - photos Radio Vatican - Zenit

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N.B. Un bienheureux est une âme qui est au ciel, qui voit Dieu, la vision béatifique. C'est le bonheur, d'où le nom "bienheureux". Avec le martyr, une personne tuée en haine de la foi, l'âme va directement au ciel, sans passer par le purgatoire. Le Pape a ainsi reconnu le martyr du Père Hamel (cf.homélie du Pape François). Un martyr est au ciel !

Le procès en béatification n'aura pas non plus besoin d'un miracle pour confirmer la conclusion rationnelle de la sainteté d'une personne. Le miracle est en quelque sorte la réponse de Dieu. Pour un martyr, la reconnaissance du martyr suffit. 

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Messe du Pape François pour le père Jacques Hamel: "tuer au nom de Dieu est satanique"

«va-t’en, Satan !» les derniers mots du Père Jacques Hamel

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"aujourd’hui dans l’Église il y a plus de martyrs chrétiens qu’aux premiers temps".

Pape François

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Lien Famille Chrétienne: le Père Jacques Hamel est un martyr

Pape François: le Père Jacques Hamel est un martyr

"Que lui, du Ciel, - parce que nous devons le prier, c’est un martyr !"

(Radio Vatican) Devant les 80 pèlerins du diocèse de Rouen rassemblés dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe ce mercredi 14 septembre, le Pape François a délivré un homélie très forte sur le martyre du père Jacques Hamel.

En voici une traduction complète :

Dans la Croix de Jésus-Christ – aujourd’hui, l’Église célèbre la fête de la Croix de Jésus-Christ – nous comprenons pleinement le mystère du Christ, ce mystère d’annihilation, de proximité pour nous. «Lui, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix.» (Lettre de Saint Paul aux Philippiens, chapitre 2, versets 6 à 8)


Ceci est le mystère du Christ. Ceci est un mystère qui se fait martyr pour le salut des hommes. Jésus-Christ, le premier Martyr, le premier qui donne la vie pour nous. Et à partir de ce mystère du Christ commence toute l’histoire du martyre chrétien, des premiers siècles jusqu’à aujourd’hui.


Les premiers chrétiens ont fait la confession de Jésus-Christ, en le payant avec leur vie. Aux premiers chrétiens était proposée l’apostasie, c’est-à-dire : «Dites que notre dieu est le vrai, et non pas le vôtre. Faites un sacrifice à notre dieu, ou à nos dieux.» Et quand ils ne faisaient pas cela, quand ils refusaient l’apostasie, ils étaient tués. Cette histoire se répète jusqu’à aujourd’hui ; et aujourd’hui dans l’Église il y a plus de martyrs chrétiens qu’aux premiers temps.

Aujourd’hui, il y a des chrétiens assassinés, torturés, emprisonnés, égorgés parce qu’ils ne renient pas Jésus-Christ. Dans cette histoire, nous arrivons à notre père Jacques : lui, il faut partie de cette chaîne des martyrs. Les chrétiens qui souffrent aujourd’hui, que ce soit en prison, que ce soit avec la mort ou les tortures, pour ne pas renier Jésus-Christ, font voir justement la cruauté de cette persécution. Et cette cruauté qui demande l’apostasie, disons le mot : elle est satanique. Et comme il serait bien que toutes les confessions religieuses disent : «Tuer au nom de Dieu est satanique».


Le père Jacques Hamel a été égorgé sur la Croix, justement pendant qu’il célébrait le sacrifice de la Croix du Christ. Un homme bon, doux, de fraternité, qui cherchait toujours à faire la paix, a été assassiné comme s’il était un criminel. Ceci est le fil satanique de la persécution.

Mais il y a une chose, en cet homme qui a accepté son martyre là, avec le martyre du Christ, à l’autel, il y a une chose qui me fait beaucoup réfléchir : au milieu du moment difficile qu’il vivait, au milieu aussi de cette tragédie que lui, il voyait venir, un homme doux, un homme bon, un homme qui faisait de la fraternité, n’a pas perdu la lucidité d’accuser et de dire clairement le nom de l’assassin, et il a dit clairement : «va-t’en, Satan !» Il a donné la vie pour nous, il a donné la vie pour ne pas renier Jésus. Il a donné la vie dans le sacrifice même de Jésus sur l’autel, et de là, il a accusé l’auteur de la persécution : «va-t’en, Satan !»


Et que cet exemple de courage, mais aussi le martyre de la propre vie, de se vider de soi-même pour aider les autres, de faire de la fraternité entre les hommes, nous aide nous tous à aller de l’avant sans peur. Que lui, du Ciel, - parce que nous devons le prier, c’est un martyr ! Et les martyrs sont bienheureux, nous devons le prier – nous donne la douceur, la fraternité, la paix, et aussi le courage de dire la vérité : tuer au nom de Dieu est satanique.

(CV)

Amoris Laetitia ou la quadrature du cercle ?

Amoris Laetitia, la joie de l'Amour, impossible à interpréter ?

Unknown-1.jpegOn ne sait plus ce qu'il faut penser, le Pape François ferait tellement bouger les lignes: son texte sur la famille n'est qu'une médiation personnelle, qui n'engage pas l'Eglise; ou encore: enfin le Pape a abattu le mur d'intolérance d'une Eglise fermée et rétrograde.

Pas facile en effet d'aller à la source de la pensée du Saint-Père, tant chacun semble pousser sa petite chansonnette. Essayons d'y voir plus clair. 


Le blog italien « Come Gesù » tente d’énumerer une liste des différentes interprétations de la dernière exhortation apostolique du Pape François sur la famille ( AL - Amoris Laetitia), la joie de la l’Amour.

Il discerne quatre groupes:

- le premier est, d’une manière assez nette, contraire à AL: les représentants les plus extrêmes soutiennent, bien que le Pape dise le contraire, qu’en réalité il désire changer l’enseignement de l’Eglise. Selon eux, en pratique, la vraie indissolubilité n’existe plus. Ce ne sont pas seulement les tenants de Mgr Lefebvre qui soutienne cette position, mais différents catholiques rigoristes qui, pour ne pas tomber dans le paradoxe de devoir dire que le Pape est hérétique, tentent de soutenir qu’AL n’a pas le rang d’un texte du Magistère.

- un second groupe se limite à offrir des discours généraux qui applaudissent l’exhortation papale ou des synthèses du document et qui pointent du doigt certains aspects sans toutefois entrer dans le chapitre VIII (accompagner, discerner, intégrer -situations irrégulières)

- une troisième groupe est simplement enthousiaste de la nouveauté et dit substantiellement: il y a des années que nous donnons la communion aux personnes divorcées remariées, et donc finalement le Pape également dit que cela peut se faire.

- une quatrième groupe, toutefois moins nombreux, souligne avec des arguments difficiles et bien réfléchis que le Pape ne change pas la doctrine sur le mariage, mais change l’attitude pastorale: cela concerne le fameux « discernement », ou encore mieux la vision du cas par cas qui cherche à intégrer les personnes dans la communion avec Jésus.

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Amoris Laetitia est un texte du Magistère

Pour ma part, je suis résolument dans le quatrième groupe, car le Pape montre que l'Eglise est ouverte, attractive et positive pour tous et chacun; il y a une place pour chaque personne avec sa vie difficile. Il faut alors approfondir la loi de la gradualité, du pas à pas ( le Pape du petit pas ) et de la conversion afin de marcher avec espérance pour gravir le plan incliné de notre chemin qui mène vers la vie éternelle. Cela exige un effort de discernement, spécialité des disciples de Saint Ignace de Loyola.

La lecture patiente du long texte papal m'a confirmé dans mon jugement. Il y a un approfondissement et une continuité de l'enseignement classique de l'Eglise sur le mariage, sans rupture ni contradiction. 

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Amoris Laetitia et la pastorale: accueillir, accompagner, discerner, intégrer

Un texte pour l'Argentine, Buenos Aires ou l'ancien diocèse de Cardinal Bergoglio, donne une interprétation (la seule possible selon le Pape) du chapitre VIII. François a également envoyé une lettre, publiée ci-dessous. 

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en espagnol - document pour Buenos Aires

A lire: Zenit et la pastorale de la famille en Argentine, Buenos Aires

La réponse du Saint-Père


Mon cher frère, 


images-1.jpegJ'ai reçu l’écrit de la région pastorale Buenos Aires “critères de base pour l'application du chapitre 8 d’Amoris laetitia”. Je vous remercie beaucoup de me l'avoir envoyé, et je vous félicite pour le travail que vous avez accompli : un véritable exemple d'accompagnement des prêtres… et nous savons tous combien est nécessaire cette proximité de l'évêque avec son clergé et du clergé avec l'évêque.

Le prochain « le plus prochain » de l'évêque et le prêtre, et le commandement d'aimer son prochain comme soi-même commence, pour nous autres évêques, précisément avec nos curés. 

L'écrit est très bon et il explicite parfaitement le sens du chapitre 8 d’Amoris laetitia. Il n'y a pas d'autre interprétation. Et je suis sûr que cela fera beaucoup de bien. Que le seigneur vous rétribue cet effort de charité pastorale. 

Et c'est précisément la charité pastorale qui nous pousse à sortir pour rencontrer ceux qui sont éloignés, et une fois que nous les avons rencontrés, a entamé un chemin d'accueil, d'accompagnement, de discernement et d'intégration dans la communauté ecclésiale. Nous savons que cela est fatiguant, il s'agit d'une pastorale du “corps à corps” qui ne se satisfait pas des médiations programmatiques, organisationnelles ou légales, même si elles peuvent être nécessaires. Simplement accueillir, accompagner, discerner, intégrer.

Parmi ces quatre attitudes pastorales, la moins cultivée, la moins pratiquée et le discernement ; et je considère urgente la formation au discernement, personnelle et communautaire, dans nos séminaires et dans nos presbytères. 

Pour finir je voudrais rappeler qu’Amoris laetitia est le fruit du travail et de l'horizon de toute l'église, avec la médiation de deux synodes et du pape. C'est pourquoi je vous recommande une catéchèse complète de l'exhortation qui certainement aidera à la croissance, à la consolidation et à la sainteté de la famille. 

Je vous remercie à nouveau du travail accompli et je vous encourage à aller de l'avant, dans les différentes communautés des diocèses, pour l'étude et la catéchèse d’Amoris laetitia. 

S'il vous plaît n'oublier pas de prier et de faire prier pour moi. 

Que Jésus vous bénisse et que la Sainte Vierge vous garde, 

Fraternellement, François

Pape Benoît XVI: "dernières conversations", avec Peter Seewald

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Famille Chrétienne

EXCLUSIF MAG - Quasi silencieux depuis mars 2013, le pape émérite est sur tous les fronts en cette rentrée. Quatre coups de projecteur sur un livre d’entretien alors qu’un théologien italien publie une biographie dont nous proposons quelques passages clés. 

C’est un livre événement. Probablement pour la dernière fois, le pape émérite se confie. Dans un dialogue très vivant avec le journaliste allemand Peter Seewald suite

- le Pape émérite balaye au passage la rumeur selon laquelle il serait parti sous la pression, notamment à la suite de l’affaire Vatileaks. 

- comme tout le monde, Benoît XVI a été surpris par l’élection du pape François (« Je le connaissais, bien sûr, mais je n’avais pas pensé à lui »)

- Tout de même, insiste Peter Seewald, n’est-il pas trop impétueux, trop excentrique ? « Chacun son tempérament », répond Benoît XVI en riant. Ajoutant : « Il y a une nouvelle fraîcheur dans l’Église, une nouvelle joie, un nouveau charisme qui plaît aux gens. »

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2 autres livres de Benoît XVI avec Peter Seewald

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Lumière du Monde

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Le sel de la terre

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A lire: la trilogie Jésus de Nazareth par Joseph Ratzinger / Benoît XVI

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mardi, 13 septembre 2016

Roger Federer chez le Pape François

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Pendant que Stan Wawrinka savoure son titre décroché à l'US Open, Roger Federer (35 ans, 7e), quant à lui, s'occupe tout autrement.

Roger Federer chez le Pape François

En compagnie de 150 autres athlètes ou anciens athlètes de renommée mondiale tels que Pelé ou Yao Ming, il participera à une rencontre avec le Pape François pendant trois jours.

Lors de cette conférence intitulée "Le sport et le service à l'humanité", Roger expliquera comment la foi et le sport peuvent travailler ensemble pour promouvoir des valeurs positives et inspirer les jeunes à mieux servir l'humanité.

source

 

samedi, 07 mai 2016

Le blog Le Suisse Romain en veilleuse

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Pour quelques temps, je mets mon  blog en stand by, mode veilleuse. Merci pour votre compréhension et vos prières.

Abbé Dominique Fabien Rimaz

vendredi, 22 avril 2016

Congrès à l'Université pontificale de la Sainte Croix: reprise du blog Le Suisse Rom@ain au mois de mai

Je serai à Rome du 24 au 29 avril pour participer au congrès de la faculté de communication à l'Université pontificale de la Sainte Croix.

Le thème pour 2016: "organiser la communication de l'Eglise dans un monde numérique" 

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Bonne semaine

Ma prière romaine vous accompagne.