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vendredi, 22 avril 2016

Congrès à l'Université pontificale de la Sainte Croix: reprise du blog Le Suisse Rom@ain au mois de mai

Je serai à Rome du 24 au 29 avril pour participer au congrès de la faculté de communication à l'Université pontificale de la Sainte Croix.

Le thème pour 2016: "organiser la communication de l'Eglise dans un monde numérique" 

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Bonne semaine

Ma prière romaine vous accompagne. 

jeudi, 21 avril 2016

La convergence entre Benoît XVI et le Pape François

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"Amoris laetitia": l'harmonie et la convergence entre les deux Papes

"La joie de l'amour" est un texte sur la famille qui appartient au Magistère ordinaire du Pape François.

Or, elle peut être lue avec deux lunettes, ou deux herméneutiques déjà évoquées par le Pape Benoît XVI: celle de la rupture ou celle de la réforme (discours à la curie romaine de Noël 2005).

Ce texte sur la famille semble concentrer ou résumer deux approches combatives qui existent depuis le début du pontificat de François. 

L'interprétation de l'exhortation apostolique "Amoris laetitia" du Pape François vue comme une rupture est une fiction médiatique, largement répandue dans les blogs qui n'aiment pas ou qui récupèrent François. Elle est mère de deux attitudes: le progressisme ou le traditionalisme qui ont la même base commune, la même racine: la rupture. Ce deux interprétations sont erronées. 

L'équilibre ou l'interprétation selon la réforme se situent du côté du développement ou de l'approfondissement de la loi de la gradualité. Les prêtres sont des pasteurs qui offrent aux âmes un plan incliné praticable. L'objectif est toujours identique (cf. Saint Jean-Paul II), mais la recherche de la porte ouverte des coeurs devient fondamentale. Il suffit de vouloir faire un petit pas pour s'ouvrir à l'aide de l'Eglise. Cela appelle le dialogue et le discernement. 

L'interprétation droite et correcte est celle de la Miséricorde, celle de la réforme annoncée par le Pape Benoît XVI. De fait, "Amoris laetitia" doit être lue dans la continuité de l'enseignement de l'Eglise. Notamment depuis le Pape Saint Jean XXIII et le bienheureux Paul VI, la Miséricorde est centrale: 

Les paroles riches de sens que saint Jean XXIII a prononçées à l’ouverture du Concile pour montrer le chemin à parcourir reviennent en mémoire: « Aujourd’hui, l’Épouse du Christ, l’Église, préfère recourir au remède de la miséricorde plutôt que de brandir les armes de la sévérité … L’Eglise catholique, en brandissant le flambeau de la vérité religieuse, veut se montrer la mère très aimante de tous, bienveillante, patiente, pleine d’indulgence et de bonté à l’égard de ses fils séparés ».

Dans la même perspective, lors de la conclusion du Concile, le bienheureux Paul VI s’exprimait ainsi : « Nous voulons plutôt souligner que la règle de notre Concile a été avant tout la charité … La vieille histoire du bon Samaritain a été le modèle et la règle de la spiritualité du Concile…. Un courant d’affection et d’admiration a débordé du Concile sur le monde humain moderne. Des erreurs ont été dénoncées. Oui, parce que c’est l’exigence de la charité comme de la vérité mais, à l’adresse des personnes, il n’y eut que rappel, respect et amour. Au lieu de diagnostics déprimants, des remèdes encourageants ; au lieu de présages funestes, des messages de confiance sont partis du Concile vers le monde contemporain : ses valeurs ont été non seulement respectées, mais honorées ; ses efforts soutenus, ses aspirations purifiées et bénies… toute cette richesse doctrinale ne vise qu’à une chose : servir l’homme. Il s’agit, bien entendu, de tout homme, quels que soient sa condition, sa misère et ses besoins ».

Pape François, Misericordiae vultus

Le Pape émérite Benoît XVI a reconnu, encore tout récemment,  l'idée de la Miséricorde comme un signe des temps

Pour moi, le fait que l'idée de la miséricorde de Dieu devienne de plus en plus centrale et dominante - à partir de Sœur Faustine - dont les visions, à bien des égards, reflètent profondément l'image de Dieu propre à l'homme d'aujourd'hui et son désir de la bonté divine - est un "signe des temps".

La parabole ou l'image de Raphaël 

Au fond, François regarde le coeur la réalité ou la complexité de la pâte humaine et Benoît XVI montre l'objectif. L'image qui me vient en tête est celle de la peinture de Raphaël au musée du Vatican, qui met en image les écoles philosophiques grecs, notamment avec la représentation de Platon et d'Aristote; parabole limitée mais image sans doute parlante. 

Platon tient dans sa main l'un de ses dialogues, qui s'appelle le Timée tandis qu'Aristote a son Éthique à la main. Les gestes des deux philosophes - le premier tend sa main vers le ciel tandis que le second désigne la terre - offrent une représentation symbolique de leurs conceptions philosophiques. Comparaison n'est pas raison dit le dicton; la parabole s'arrête là, car François et Benoît XVI ne s'oppose justement pas. 

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Les deux approches de François et de Benoît XVI ne s'opposent nullement, mais se revoient l'une à l'autre pour s'harmoniser et s'intégrer dans la synthèse de la recherche de la vérité. 

La loi de la gradualité du Pape François, sorte de plan incliné proposé à la personne

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Aristote et son Éthique désigne la terre, représentant le monde sensible et immanent;

ou le Pape François qui descend dans l'épaisseur de la faiblesse humaine

Le plan incliné, la loi de la gradualité ou la porte ouverte du coeur sont résumés dans le petit pas. Sainte Thérèse de Lisieux parlait de lever son petit pied. C'est l'appel à la conversion. 

Dans le livre "le nom de Dieu est Miséricorde", Andrea Tornielli raconte une jolie anecdote. Avant l'édition du livre  François a demandé de changer une de ses phrases: "La médecine existe, la guérison aussi, si seulement nous faisons un petit pas vers Dieu". Après une relecture, le Pape demande à Andrea Tornielli d'écrire plutôt : " ... ou avons au moins le désir de faire ce petit pas".

François est le théologien de la vie, un grand spirituel, qui nous apprend a discerner les mouvement de nos âmes, avec un grand réalisme, conscient de la difficulté de chacune de nos vies. Pour les personnes qui vivent dans des situations irrégulières ou de ruptures fort difficiles, voici ce qu'il dit: 

Amoris laetitia
§ 305. À cause des conditionnements ou des facteurs atténuants, il est possible que, dans une situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement – l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer, et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église.[351]
*
[note de bas de page 351] Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements. Voilà pourquoi, « aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais un lieu de la miséricorde du Seigneur » : (Exhort. ap. Evangelii gaudium 24 novembre 2013, n. 44). Je souligne également que l’Eucharistie « n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles » (Evangelii gaudium, n. 47).

Lors de la confession, si le prêtre discerne une ouverture vers l'enseignement de l'Eglise, alors l'absolution est possible. En fait, tout comme dans son action pastorale, cela a toujours été ainsi dans l'enseignement classique de l'Eglise. 

L'enseignement du Compendium de l'Eglise catholique de Benoît XVI

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Platon et son Timée désigne le ciel;

ou le Pape Benoît XVI qui montre le but, l'objectif, la vie avec le Christ

Pour les personnes divorcées remariées, mais également pour tous et pour chacun, la réalité de l'amitié avec Jésus reste l'objectif final. Ce but, cet idéal est toujours valable. 

Le Compendium de Benoît XVI, dans sa brièveté, sa clarté et son intégralité, s’adresse aussi à toute personne qui, vivant dans un monde incohérent et aux multiples messages, désire connaître le Chemin de la Vie, la Vérité, confiée par Dieu à l’Église de son Fils.

391. Qu’implique pour nous l’accueil de la miséricorde de Dieu ?

Elle implique la reconnaissance de nos fautes et le repentir de nos péchés. Dieu lui-même, par sa Parole et son Esprit, éclaire,nos péchés, nous assure la vérité de notre conscience et l’espérance du pardon.

392. Qu’est-ce que le péché ?

Le péché est « une parole, un acte ou un désir contraires à la Loi éternelle » (saint Augustin). Il est une offense à Dieu, par désobéissance à son amour. Il blesse la nature de l’homme et porte atteinte à la solidarité humaine. Le Christ, dans sa Passion, éclaire pleinement la gravité du péché et il le vainc par sa miséricorde.

346. Quels sont les effets du sacrement de Mariage ?

Le sacrement de Mariage crée entre les époux un lien perpétuel et exclusif. Dieu lui-même ratifie le consentement des époux. Ainsi, le mariage conclu et consommé entre baptisés ne peut jamais être dissout. D’autre part, le sacrement donne aux époux la grâce nécessaire pour parvenir à la sainteté dans la vie conjugale, et dans l’accueil responsable et l’éducation des enfants.

347. Quels sont les péchés qui sont gravement contre le sacrement de mariage ?

Ce sont : l’adultère; la polygamie parce qu’elle s’oppose à l’égale dignité de l’homme et de la femme, à l’unité et l’exclusivité de l’amour conjugal; le refus de la fécondité, qui prive la vie conjugale du don des enfants; et le divorce, qui va contre l’indissolubilité.

349. Quelle est la position de l’Église à l’égard des divorcés remariés ?

Fidèle au Seigneur, l’Église ne peut reconnaître comme Mariage l’union des divorcés remariés civilement. « Celui qui renvoie sa femme pour en épouser une autre est coupable d’adultère envers elle. Si une femme a renvoyé son mari pour en épouser un autre, elle est coupable d’adultère » (Mc 10,11-12).

À leur égard, l’Église fait preuve d’une sollicitude attentive, les invitant à une vie de foi, à la prière, aux œuvres de charité et à l’éducation chrétienne de leurs enfants. Mais aussi longtemps que dure leur situation, qui est objectivement contraire à la loi de Dieu, ils ne peuvent recevoir l’absolution sacramentelle, ni accéder à la communion eucharistique, ni exercer certaines responsabilités dans l’Église *.

(* le Pape François a demandé de revoir l'exercice de certaines responsabilités )

Si la personne qui vient se confesser désire s'orienter vers cet objectif, cet idéal, le petit pas désiré ou accompli révèle alors la porte ouvertes du coeur. La Miséricorde, tel en torrent, s'engouffre dans la moindre petite ouverture. 

Le Pape François tweete et Solar Impulse décolle vers San Francisco

3 raisons #8 : l'Eglise

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L'Eglise, la science, la sexualité et la place de la femme ...

 Chaîne Youtube Unité pastorale Notre-Dame de Fribourg

 

Forum: interview de Mgr Charles Morerod sur les différentes interprétations du Coran

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Mgr Charles Morerod. [Marcel Bieri - Keystone]


podcast

 

Forum: interview de Mgr Charles Morerod sur les différentes interprétations du Coran

Les évêques suisses viennent de terminer une journée d'étude sur le Coran, ses interprétations et ses défis, dans le cadre d'une retraite de réflexion consacrée, notamment, à des sujets d'actualité.

Interview de Mgr Charles Morerod, président de la Conférence des évêques suisses et évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg.

mercredi, 20 avril 2016

Solar Impulse va décoller d'Hawaï jeudi 21 avril à 17h00 pour les USA

Solar Impulse est de retour: décollage demain jeudi 21 avril 17h00 (heure suisse)

CgA9xPXWwAAHdZt.jpgL'avion solaire suisse est de retour et doit décoller de Hawaï demain jeudi 21 avril à 17h (3 PM UTC).

Bertrand Piccard sera au commande de cet oiseau du ciel afin de gagner Mountain View près de San Francisco, dans l'Etat de la Californie sur la côte ouest des USA. Le vol devrait durer environ 62 heures. L'atterrissage est prévu ce dimanche 24 avril vers 7h.  

Pour l'étape précédente, l'avion immatriculé HB-SIB a décollé de Nagoya au Japon pour la traversée de l'océan Pacifique. Solar Impulse a déjà inscrit son nom dans l'histoire de l'aviation. André Borschberg a réalisé le vol en solitaire le plus long, 118 heures sans une seule goutte de pétrole et aucune escale pendant 5 jours et 5 nuits sur plus de 8200 km.

Cette aventure, réalisée par Bertrand Piccard, André Borschberg et une équipe de 160 personnes, avait malheureusement connue une pause à Hawaï en juillet dernier en raison d'une avarie. Les batteries, alimentées par 17 000 cellules solaires situées sur les ailes de l'avion, avaient subi des dommages irréversibles. 

Dans l'attente d'une fenêtre météo favorable, Solar Impulse était en mode retour en mission depuis une semaine.

Solar Impulse, en plein coeur des nouvelles technologies

Mountain View se trouve au cœur de la Silicon Valley et accueille notamment le siège de Google et un centre de recherche de la NASA

Le Temps

mardi, 19 avril 2016

Anniversaire de l'élection du Pape émérite Benoît XVI

Aleteia

(source Radio Vatican)

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Onzième anniversaire de l'élection de Benoît XVI

Le Pape émérite Benoît XVI est redevenu ces derniers jours l'objet d'une certaine attention médiatique à l'occasion de deux anniversaires, ses 89 ans, qu'il a fêtés 16 avril, et le 11e anniversaire de son élection comme Pape, le 19 avril 2005.

Ses apparitions publiques, très rares, sont observées avec attention et affection de la part de nombreux fidèles, qui, notamment en France, avaient pris connaissance d'informations très alarmistes sur son état de santé.

Certains médias avaient surinterprété des propos de son secrétaire, Mgr Georg Gänswein, qui avait déclaré dans un entretien à une revue italienne que Benoît XVI était «en train de s'éteindre comme une bougie», menant certains journalistes à en déduire que le Pape émérite était concrètement en fin de vie.

Pas de soucis de santé, mais le poids des années

En réalité, Benoît XVI poursuit une existence relativement paisible et sereine au monastère Mater Ecclesiae au cœur du Vatican. Si le poids de l'âge, naturellement, le restreint dans sa mobilité, sa santé ne suscite aucune inquiétude particulière.

Selon la Fondation Ratzinger, le Pape émérite a exprimé dans un communiqué ses remerciements à tous ceux qui lui ont adressé des vœux. «En remerciant pour les agréables vœux envoyés à l'occasion de ce double anniversaire, le Pape émérite Benoît XVI adresse lui aussi ses vœux, et, en cette Année jubilaire, accompagne tous avec sa prière et sa bénédiction.»

Le 16 avril dernier, le Pape François avait adressé un salut affectueux à Benoît XVI, lors de son échange avec les journalistes dans l'avion qui le menait vers Lesbos, en Grèce. Il avait aussi fait diffuser le même jour un tweet d'hommage à son prédecesseur, remerciant Dieu «pour l'avoir donné à l'Église et au monde».
Les frères Ratzinger réunis

À l'occasion de son anniversaire, samedi 16 avril, un concert a été donné en son honneur dans le studio musical de Radio Vatican, au Palais Léon XIII, et Benoît XVI a reçu pour quelques jours la visite de son frère aîné, Mgr Georg Ratzinger, qui, lui, a 92 ans.

Ils avaient été ordonnés prêtre ensemble en 1951 à Munich par le cardinal Michael von Faulhaber, célèbre opposant à Hitler, qui avait écrit en 1934 : «Il faut que s'opère dans notre peuple une transformation des esprits, que pâlisse le nimbe de l'uniforme et des parades militaires et que soient jetés au bric-à-brac des musées les vieux chants de guerre... Un nationalisme morbide déferle sur notre peuple. Ce qu'on veut, c'est anéantir tous les essais de réconciliation avec l'ennemi d'hier.

Prêter l'oreille au premier hurleur venu, ce n'est pas là faire œuvre de patriote.»
C'est dans cette logique d'opposition à l'aveuglement des totalitarismes que les frères Ratzinger avaient reçu l'appel à la vocation sacerdotale, dans le contexte d'une Allemagne ruinée, décrédibilisée, qui avait besoin d'une reconstruction non seulement économique mais aussi spirituelle.

(CV)

Lesbos: les réfugiés accueillis par le Pape n'ont pas été tirés au sort

Lien - La Croix avec I.Media

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Pape à Lesbos: 12 réfugiés de Syrie pas tirés au sort

Contrairement à ce qui a été lu par-ci, par là, les douze personnes réfugiés de Syrie accueillis par le Pape n'ont pas été tirés au sort. Ils ont été choisis après un entretien avec la communauté Sant'Egidio. Une famille chrétienne n'avait pas les papiers en règle et n'a pas pu repartir avec l'avion papal.

Ces douze réfugiés sont ainsi la cinquième famille accueillies par le Saint-Père, après deux familles de Syrie déjà hébergées dans chacune des deux paroisses au Vatican (Sainte Anne et Saint Pierre). Cependant, contrairement à ces familles, ces 12 personnes sont logés en ville de Rome.

En septembre 2015, le pape François avait invité chaque paroisse d'Europe à accueillir une famille de réfugiés et promis de donner l'exemple Une première famille est originaire de Damas. Ils sont membres de l'Eglise grecque-catholique melkite; le père, la mère et leurs deux fils sont hébergés par la paroisse Sainte-Anne. Cette famille était arrivée en Italie le 6 septembre 2015, le jour où le pape avait lancé son appel. Une seconde famille est arrivé plus tard. 

Cité du Vatican, 6 septembre 2015 (VIS).

Après l'angélus, le Pape a lancé un vibrant appel afin que tous les diocèses d'Europe accueillent une famille parmi les dizaines de milliers de réfugiés qui fuient les guerres et persécutions. "La miséricorde de Dieu -a-t-il dit- se reconnaît à travers nos oeuvres, comme en témoigne la vie de la bienheureuse Mère Teresa de Calcutta dont nous avons commémoré hier l'anniversaire de la mort. Face à la tragédie de dizaines de milliers de réfugiés qui fuient la mort à cause de la guerre et de la faim, et qui sont en chemin vers une espérance de vie, l'Evangile nous appelle, nous demande d'être les prochains des plus petits et abandonnés, de leur donner une espérance concrète. ...

C'est pourquoi, en vue du Jubilé de la miséricorde, j'adresse un appel aux paroisses, aux communautés religieuses, aux monastères et aux sanctuaires de toute l'Europe à exprimer concrètement l'Evangile et à accueillir une famille de réfugiés. Un geste concret en préparation de l'Année sainte de la miséricorde. Que chaque paroisse, chaque communauté religieuse, chaque monastère, chaque sanctuaire d'Europe accueille une famille, en commençant par mon diocèse de Rome. Je me tourne vers mes frères évêques d'Europe, véritables pasteurs, afin qu'ils soutiennent mon appel dans leurs diocèses, rappelant que Miséricorde est le deuxième nom de l'amour: Tout ce que vous avez fait à un seul de mes frères les plus petits, c'est à moi que vous l'avez fait. Les deux paroisses du Vatican accueilleront aussi ces jours-ci deux familles de réfugiés".

 

samedi, 16 avril 2016

Le Pape dans le camps des réfugiés à Lesbos et les dessins des enfants: si le soleil pleure, nous aussi !

Dessins d'enfants réfugiés à Lesbos: le soleil pleure !

Des dessins d'enfants valent mieux que tous les longs discours; et l'émotion du Pape mieux que toute les communications ! Ces dessins d'enfants sont un peu comme les petits cailloux de David lancés au géant Goliath. Ils sont comme propulsés, sous les projecteurs des caméras du monde entier, vers les grands de ce monde. Tant de misère, de souffrance !

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Après ce que j'ai vu aujourd'hui, dans les camps de réfugiés, c'était à pleurer. Les enfants !

J'ai apporté avec moi ce que des enfants m'ont offert, tant de dessins. 

Le premier dessin: ce que veux un enfant ? La Paix !

Le second: qu'on vu les enfants ? Regardez cela ! Ils ont vu des personnes couler, un enfant ! Cela, les enfants l'ont dans le coeur. Aujourd'hui, vraiment, une journée à pleurer. 

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Le troisième: Ces enfants ont cela dans leur mémoire. Il faudra du temps pour élaborer cela psychologiquement. On voit le soleil qui pleure. Si le soleil peut pleurer, nous aussi. Une larme nous fera du bien !

Le Pape à Lesbos: rencontre avec les journalistes

La conférence de presse du Pape au retour de Lesbos

Mère Térésa de Calcutta: "ce n'est qu'une goutte d'eau dans la mer, mais avec cette goutte elle n'est plus la même"

source KTO

"Ces familles avaient leurs documents en règle, prêtes au départ ....Je n'ai pas choisi entre chrétiens et musulmans. J'ai choisi des enfants de Dieu"

Le Figaro: pourquoi le Pape est rentré au Vatican avec des réfugiés de la Syrie, des familles musulmanes

C'est officiel : le Pape rentre au Vatican avec 12 réfugiés syriens, de 3 familles musulmanes

C'est officiel : le Pape rentre au Vatican avec 12 réfugiés syriens, de 3 familles musulmanes (6 mineurs)

Déclaration du Directeur de la Salle de Presse

Cité du Vatican, 16 décembre 2015 (VIS).

Avant le décollage de l'avion papal de Lesbos vers Rome (15 h 15' locales), le Directeur de la Salle de Presse a fait la déclaration suivante:

"Désirant accomplir un geste en faveur des migrants, le Pape a invité à bord trois familles syriennes, douze personnes dont six mineurs, toutes musulmanes. Elles étaient à Lesbos dès avant l'Accord entre Union Européenne et Turquie.

L'opération a été négociée par la Secrétairerie d'Etat auprès des autorités compétentes grecques et italiennes. Les hôtes du Saint-Père, qui proviennent de Damas et de Deir Azzor, en zone tenue par l'Etat islamique, ont perdu leurs habitations lors des bombardements. Le logement et la prise en charge de ces familles, d'abord accueillies à Rome par la communauté de Sant'Egidio, seront assurés par le Vatican".

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(photo Antonio Spadaro)

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(photo I.Media)

Lesbos: parmi les réfugiés accueillis à Rome, une femme syrienne mère de famille

Lesbos: Agnès a aidé Nour et sa famille; ils sont partis à bord du vol papal

La visite du Pape dans un camp de réfugiés. Youtube Vatican

Le Pape a souhaité aux fabriquants et trafiquants d’armes de passer ne serait-ce "qu'une seule journée" dans un camp de réfugiés, "cela leur fera du bien"

Le Pape émérite Benoît XVI fête ses 89 ans

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Il y a quatre-vingt-neuf ans, un certain samedi saint 16 avril 1927, un génie de la théologie, sûrement un futur saint et docteur de l'Église, voyait le jour.

François à Lesbos: avant d’être des numéros, les réfugiés sont des personnes, des visages, des noms, des histoires

Il ne faut cependant jamais oublier que les migrants, avant d’être des numéros sont des personnes, des visages, des noms, des histoires. L’Europe est la patrie des droits humains, et quiconque pose le pied en terre européenne devrait pouvoir en faire l’expérience

Pape François à Lesbos: mémoire des victimes de la migration.

Samedi, 16 avril 2016

M. Chef du Gouvernement,
Distinguées Autorités,
Chers frères et sœurs,

CgJ6Xk8WwAEPwSL.jpgDepuis que Lesbos est devenue un point de chute pour de nombreux migrants en recherche de paix et de dignité, j’ai ressenti le désir de venir ici. Aujourd’hui je remercie Dieu qui me l’a accordé. Et je remercie Monsieur le Président Paulopoulos de m’avoir invité, avec le Patriarche Bartholomée et l’Archevêque Hieronymos.

Je voudrais exprimer mon admiration au peuple grec qui, malgré les graves difficultés à affronter, a su tenir ouverts les cœurs et les portes. Beaucoup de personnes simples ont mis à disposition le peu qu’elles avaient pour le partager avec celui qui était privé de tout. Dieu saura récompenser cette générosité, comme celle d’autres nations voisines, qui, dès les premiers moments, ont accueilli avec une grande disponibilité de très nombreux migrants forcés.

Est aussi bénie la présence généreuse de beaucoup de volontaires et de nombreuses associations qui, avec les diverses institutions publiques, ont apporté et apportent leur aide, exprimant concrètement une proximité fraternelle.

Je voudrais renouveler aujourd’hui un appel plein de tristesse à la responsabilité et à la solidarité face à une situation si dramatique. Beaucoup de réfugiés qui se trouvent sur cette île et en divers endroits de la Grèce vivent dans des conditions critiques, dans un climat d’anxiété et de peur, parfois de désespoir, en raison des difficultés matérielles et de l’incertitude de l’avenir.

Les préoccupations des institutions et des personnes, ici en Grèce comme dans d’autres pays d’Europe, sont compréhensibles et légitimes. Il ne faut cependant jamais oublier que les migrants, avant d’être des numéros sont des personnes, des visages, des noms, des histoires. L’Europe est la patrie des droits humains, et quiconque pose le pied en terre européenne devrait pouvoir en faire l’expérience ; ainsi il se rendra plus conscient de devoir à son tour les respecter et les défendre. Malheureusement, certains – parmi lesquels beaucoup d’enfants – n’ont même pas réussi à arriver : ils ont perdu la vie en mer, victimes de voyages inhumains et soumis aux brimades de lâches bourreaux.

Vous, habitants de Lesbos, vous montrez qu’en cette terre, berceau de civilisation, bat encore le cœur d’une humanité qui sait reconnaître avant tout le frère et la sœur, une humanité qui veut construire des ponts et qui renonce à l’illusion de construire des enclos pour se sentir plus en sécurité. En effet, les barrières créent des divisions, au lieu d’aider le vrai progrès des peuples, et les divisions provoquent tôt ou tard des conflits.

Pour être vraiment solidaires avec celui qui est contraint de fuir de sa propre terre, il faut travailler pour supprimer les causes de cette dramatique réalité : il ne suffit pas de se limiter à faire face à l’urgence du moment, mais il faut développer des politiques de longue haleine, qui ne soient pas unilatérales. Avant tout il est nécessaire de construire la paix là où la guerre a apporté destructions et mort, et empêcher que ce cancer se répande ailleurs. Pour cela il est nécessaire de s’opposer avec fermeté à la prolifération et au trafic des armes, et de leurs réseaux souvent occultes. Que ceux qui poursuivent des projets de haine et de violence soient privés de tout soutien.

En revanche, que la collaboration entre les pays, les Organisations internationales et les Institutions humanitaires soit promue inlassablement, non pas en isolant mais en soutenant celui qui fait face à l’urgence. Dans cette perspective, je renouvelle le souhait que le premier Sommet Humanitaire Mondial, qui aura lieu à Istanbul le mois prochain, soit un succès.

Tout cela, on peut seulement le faire ensemble : ensemble on peut et on doit chercher des solutions dignes de l’homme à la question complexe des réfugiés. Et pour cela, la contribution des Eglises et des Communautés religieuses est aussi indispensable. Ma présence ici, avec le Patriarche Bartholomée et l’Archevêque Hieronymos, témoigne de notre volonté de continuer à collaborer pour que ce défi de notre temps devienne une occasion, non pas de conflit, mais de croissance de la civilisation de l’amour.

Chers frères et sœurs, face aux tragédies qui blessent l’humanité, Dieu n’est pas indifférent, il n’est pas distant. Il est notre Père qui nous aide à construire le bien et à repousser le mal. Non seulement il nous soutient, mais en Jésus il nous a montré le chemin de la paix. Face au mal du monde, il s’est fait notre serviteur, et par son service d’amour il a sauvé le monde. Voilà le vrai pouvoir qui engendre la paix. Seul celui qui sert avec amour construit la paix. Le service fait sortir de soi-même et il prend soin des autres, il ne permet pas que les personnes ni les choses tombent en ruine, mais il sait les préserver, dépassant la couche épaisse d’indifférence qui obscurcit les esprits et les cœurs.

Merci à vous, parce que vous êtes des gardiens d’humanité, parce que vous prenez soin avec tendresse de la chair du Christ qui souffre dans le frère le plus petit, affamé et étranger, et que vous avez accueilli (cf. Mt 25, 35).

PRIÈRE

Bien que beaucoup de leurs tombes ne portent aucun nom,
chacun d’eux est connu, aimé et chéri de toi.

Prière à l’occasion de la
Visite de Sa Sainteté le Pape François
au Camp des réfugiés de Mória

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Dieu miséricordieux,
nous te prions pour tous les hommes, pour toutes les femmes et pour tous les enfants,
qui sont morts après avoir quitté leur pays à la recherche d’une vie meilleure.

Bien que beaucoup de leurs tombes ne portent aucun nom,
chacun d’eux est connu, aimé et chéri de toi.

Puissions-nous ne jamais les oublier, mais honorer leur sacrifice
plus par les actes que par les paroles.

Nous te confions tous ceux qui ont fait ce voyage,
affrontant la peur, l’incertitude et l’humiliation,
en vue de parvenir à un endroit de sécurité et d’espérance.

Tout comme tu n’as jamais abandonné ton Fils
lorsqu’il a été conduit à un endroit sûr par Marie et par Joseph,
de même à présent sois proche de tes fils et de tes filles que voici,
à travers notre tendresse et notre protection.

En prenant soin d’eux, puissions-nous travailler pour un monde
où personne n’est contraint à abandonner sa maison
et où chacun peut vivre dans la liberté, la dignité et la paix.

Dieu miséricordieux et Père de tous,
réveille-nous du sommeil de l’indifférence,
ouvre nos yeux à leur souffrance,
et libère-nous de l’insensibilité
générée par le confort mondain et l’égocentrisme.

Aide-nous, en tant que nations, communautés et individus,
à voir que ceux qui viennent dans nos contrées sont nos frères et sœurs.

Puissions-nous partager avec eux les bénédictions que nous avons reçues de tes mains,
et reconnaître qu’ensemble, comme une famille humaine unique,
nous sommes tous des migrants, en chemin dans l’espérance vers toi, notre vraie maison,
où toute larme sera essuyée,
où nous serons tous en paix et en sécurité dans tes bras.

Le Pape rentre au Vatican avec 10 réfugiés

Le Pape rentre au Vatican avec 10 réfugiés

Philippine de Saint Pierre, envoyé spécial de KTO, a annoncé que le Pape rentrait au Vatican avec 10 réfugiés au Vatican.

Ils sont en train de faire leurs affaires afin de prendre le bus et rejoindre l'aéroport, pour monter à bord de l'avion papal. 

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(une famille rencontrée par le Pape; photo Père Antonio Spadaro S.J.)

Le Pape à Lesbos: droit de rester dans son pays et accueil des réfugiés

Pape François à Lesbos: les deux aspects de la crise migratoire

... nous appelons tous les dirigeants politiques à utiliser tous les moyens afin d’assurer que les individus et les communautés, y compris les Chrétiens, restent dans leurs pays et jouissent du droit fondamental à vivre en paix et en sécurité.

...tant que le besoin perdure, nous exhortons tous les pays à étendre l’asile temporaire, à offrir le statut de réfugié à ceux qui sont éligibles, à accroître leurs efforts d’assistance et à travailler avec tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté en vue d’une fin rapide des conflits en cours.

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Déclaration commune de Sa Sainteté Bartholomée, Patriarche œcuménique de Constantinople,de Sa Béatitude Hyeronimos, Archevêque d’Athènes et de toute la Grèce et du Saint Père François

Mòria refugee camp, Lesvos
Samedi, 16 avril 2016

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Déclaration conjointe

Nous, Pape François, Patriarche Œcuménique Bartholomée et Archevêque d’Athènes et de toute la Grèce Hieronymos, nous nous sommes rencontrés sur l’Île grecque de Lesbos afin de montrer notre profonde préoccupation face à la condition tragique des nombreux réfugiés, des migrants et des demandeurs d’asile qui sont venus en Europe en fuyant des situations de conflit et, dans beaucoup de cas, des menaces à leur survie. L’opinion mondiale ne peut pas ignorer la gigantesque crise humanitaire créée par la propagation de la violence et du conflit armé, par la persécution et le déplacement de minorités religieuses et ethniques ainsi que par le déracinement des familles de leurs maisons, en violation de leur dignité humaine ainsi que de leurs droits humains fondamentaux et de leurs libertés.

La tragédie de la migration et du déplacement forcés affecte des millions de personnes, et c’est fondamentalement une crise d’humanité, qui appelle une réponse de solidarité, de compassion, de générosité et un engagement de ressources immédiat et pratique. De Lesbos, nous appelons la communauté internationale à répondre avec courage en affrontant cette crise humanitaire massive et ses causes sous-jacentes, par des initiatives diplomatiques, politiques et de charité ainsi que par des efforts de coopération, à la fois au Moyen-Orient et en Europe.

En tant que dirigeants de nos Eglises respectives, nous sommes unis dans notre désir de paix et dans notre sollicitude pour promouvoir la résolution des conflits à travers le dialogue et la réconciliation. En reconnaissant les efforts déjà en cours pour apporter de l’aide et des soins aux réfugiés, aux migrants et aux demandeurs l’asile, nous appelons tous les dirigeants politiques à utiliser tous les moyens afin d’assurer que les individus et les communautés, y compris les Chrétiens, restent dans leurs pays et jouissent du droit fondamental à vivre en paix et en sécurité.

Un large consensus international et un programme d’assistance sont d’une nécessité urgente pour soutenir le droit, pour défendre les droits humains fondamentaux dans cette situation insoutenable, pour protéger les minorités, pour combattre la traite et le trafic humains, pour éliminer les routes qui ne sont pas sûres, telles que celles à travers la mer Égée et toute la Méditerranée, et pour développer des procédures de réinstallation sûre.

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De cette manière, nous serons en mesure d’assister ces pays directement engagés à pourvoir aux besoins de si nombreux de nos frères et sœurs souffrants. À titre particulier, nous exprimons notre solidarité avec le peuple grec, qui, malgré ses propres difficultés économiques, a répondu avec générosité à cette crise.

Ensemble, nous plaidons solennellement pour une fin de la guerre et de la violence au Moyen-Orient, pour une paix juste et durable et pour le retour honorable de ceux qui ont été contraints à abandonner leurs maisons. Nous demandons aux communautés religieuses d’accroître leurs efforts pour recevoir, pour assister et pour protéger les réfugiés de toutes les confessions ; et que les services d’assistance religieux et civils travaillent à coordonner leurs initiatives.

Car, tant que le besoin perdure, nous exhortons tous les pays à étendre l’asile temporaire, à offrir le statut de réfugié à ceux qui sont éligibles, à accroître leurs efforts d’assistance et à travailler avec tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté en vue d’une fin rapide des conflits en cours.

L’Europe affronte aujourd’hui l’une de ses plus sérieuses crises humanitaires depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Pour répondre à ce grave défi, nous appelons tous les disciples du Christ à se souvenir des paroles du Seigneur, sur lesquelles nous serons jugés un jour : « Car, j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi… Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 35-36.40).

Pour notre part, obéissant à la volonté de notre Seigneur Jésus Christ, nous nous engageons fermement et sans réserve à intensifier nos efforts pour promouvoir la pleine unité de tous les chrétiens. Nous réaffirmons notre conviction qu’il « appartient à la réconciliation (entre les chrétiens) de favoriser la justice sociale, dans et entre tous les peuples…

Nous voulons ensemble contribuer à ce que les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile soient accueillis dignement en Europe » (Charte Œcuménique, 2001). En défendant les droits humains fondamentaux des réfugiés, des demandeurs d’asile et des migrants, et de toutes les personnes marginalisées dans nos sociétés, nous visons à accomplir la mission de service des Eglises en faveur du monde.

Notre rencontre d’aujourd’hui est destinée à aider à apporter courage et espérance à ceux qui cherchent un refuge ainsi qu’à tous ceux qui les accueillent et les assistent. Nous exhortons la communauté internationale à faire de la protection des vies humaines une priorité et à soutenir à tous les niveaux les politiques d’inclusion qui s’étendent à toutes les communautés religieuses. La terrible situation de tous ceux qui sont affectés par la présente crise humanitaire, y compris beaucoup de nos frères et sœurs chrétiens, appelle notre prière constante.

Lesbos, le 16 avril 2016

jeudi, 14 avril 2016

Année sainte et oeuvres de Miséricorde: nous serons jugés sur l'Amour

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Les oeuvres de Miséricorde

La Miséricorde fait certes d’abord penser au sacrement de la réconciliation, à la confession et au pardon. Toutefois, comme le nom de Dieu est Miséricorde, la richesse de la Miséricorde est insondable.

La Miséricorde invite aussi à ouvrir notre coeur aux précarités, aux souffrances, aux blessures de nombres de personnes qui vivent dans les périphéries.

François parle si bien de la Miséricorde, pour la décliner dans toute son amplitude et sa profondeur; je désire lui laisser d’abord la parole:

"J’ai un grand désir que le peuple chrétien réfléchisse durant le Jubilé sur les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles. Ce sera une façon de réveiller notre conscience souvent endormie face au drame de la pauvreté, et de pénétrer toujours davantage le coeur de l’Evangile, où les pauvres sont les destinataires privilégiés de la miséricorde divine.

La prédication de Jésus nous dresse le tableau de ces oeuvres de miséricorde, pour que nous puissions comprendre si nous vivons, oui ou non, comme ses disciples. Redécouvrons les oeuvres de miséricorde corporelles : donner à manger aux affamés, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, accueillir les étrangers, assister les malades, visiter les prisonniers, ensevelir les morts. Et n’oublions pas les oeuvres de miséricorde spirituelles : conseiller ceux qui sont dans le doute, enseigner les ignorants, avertir les pécheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter patiemment les personnes ennuyeuses, prier Dieu pour les vivants et pour les morts.

Nous ne pouvons pas échapper aux paroles du Seigneur et c’est sur elles que nous serons jugés : aurons-nous donné à manger à qui a faim et à boire à qui a soif ? Aurons-nous accueilli l’étranger et vêtu celui qui était nu ? Aurons-nous pris le temps de demeurer auprès de celui qui est malade et prisonnier ? (cf. Mt 25, 31-45).

De même, il nous sera demandé si nous avons aidé à sortir du doute qui engendre la peur, et bien souvent la solitude; si nous avons été capable de vaincre l’ignorance dans laquelle vivent des millions de personnes, surtout des enfants privés de l’aide nécessaire pour être libérés de la pauvreté, si nous nous sommes faits proches de celui qui est seul et affligé; si nous avons pardonné à celui qui nous offense, si nous avons rejeté toute forme de rancoeur et de haine qui porte à la violence, si nous avons été patients à l’image de Dieu qui est si patient envers nous; si enfin, nous avons confié au Seigneur, dans la prière nos frères et soeurs.

C’est dans chacun de ces « plus petits » que le Christ est présent. Sa chair devient de nouveau visible en tant que corps torturé, blessé, flagellé, affamé, égaré… pour être reconnu par nous, touché et assisté avec soin. N’oublions pas les paroles de Saint Jean de la Croix : « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour » »

Pape François, bulle Misericordiae vultus n°15

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Les 2 x 7 oeuvres de Miséricorde

Le catéchisme de l’Eglise catholique décrit les oeuvres de Miséricorde corporelles et spirituelles "comme les actions charitables par lesquelles nous venons en aide à notre prochain dans ses nécessités corporelles et spirituelles" (cf. Isaïe 58, 6-7 / Lettre aux Hébreux 13,3).

Pour facilité la mémoire, on peut donc mettre un certain ordre basé sur le chiffre 7, qui évoque la plénitude, la perfection, comme les 7 sacrements, les 7 demandes du Notre Père … Les petites citations sont là pour nous inviter à l’action.

Oeuvres de Miséricorde corporelles:

- donner à manger aux affamés. La prière du Notre Père nous invite à prier: « donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour".

- donner à boire à ceux qui ont soif. Dans son Encyclique sur l’écologie intégrale « Laudato Si’ », François rappelle que "priver les pauvres de l’accès à l’eau signifie nier le droit à la vie".

- vêtir ceux qui sont nus. Le célèbre Saint Martin de Tours a partagé son manteau pour vêtir un mendiant.

- accueillir les étrangers. Le jugement dernier de Saint Matthieu dit: « j’étais un étranger et vous m’avez accueilli » (Mt 25,35).

- assister les malades. Le Catéchisme de l’Eglise catholique souligne: "La maladie et la souffrance ont toujours été parmi les problèmes les plus graves. Dans la maladie, l’homme fait l’expérience de son impuissance".

- visiter les prisonniers. Le jugement dernier nous y invite: « J’étais en prison et vous êtes venus me voir » (Mt 25, 36). 

- ensevelir les morts. En Israël, être privé de sépulture était perçu comme un mal horrible, faisant partie de ces châtiments dont on menaçait les impies. La sépulture est donc chez les Juifs un acte de piété.

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Oeuvre de Miséricorde spirituelles:

- conseiller ceux qui doutent. La Bible insiste sur l’importance du conseil, comme l’affirme le livre des Proverbes: "le salut se trouve dans un grand nombre de conseil » car le « conseil du sage est comme un source de vie (Siracide 21,13). Dans la vie, nous avons souvent besoin de bons conseils. Ben Sirac le Sage renvoie à la conscience qui cherche la vérité: « Tiens-toi au conseil de ton coeur, car nul de peut t’être plus fidèle »

- enseigner les ignorants. Dans le livre des Actes des Apôtres, Philippe demande au fonctionnaire: « comprends-tu donc ce que tu lis ? Le fonctionnaire de répondre: « et comment le pourrrais-je … si personne ne me guide? ». Toute la catéchèse de l’Eglise recherche à donner cette connaissance de l’espérance.

- avertir les pécheurs. Dans l’Evangile de Matthieu, il est question de la correction fraternelle: « si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul » (Matthieu 18, 15).

- consoler les affligés. Dieu est celui qui console son peuple avec l’affection d’un père, l’ardeur d’un fiancé ou d’un époux et avec la tendresse d’une mère.

- pardonner les offenses. Jésus nous invite à pardonner 77x 7 x, et le prière du Notre Père nous demande de pardonner les offenses.

- supporter patiemment les personnes ennuyeuses. La sagesse de la Bible invite à la patience. Face à des frères qui irritent le sage, « mieux vaut un homme lent à la colère qu’un héros, un homme maître de soi qu’un preneur de villes (Proverbes 16,32)

- prier Dieu pour les vivants et pour les morts. Lorsqu’on prie pour un personne, on la place sous le regard bienveillant et plein d’Amour de Dieu, et on invoque les dons de Dieu et sa bénédiction, afin qu’en Lui, elle trouve le chemin de la vie (Ephésiens 1, 3-14) Les relations humaines sont parfois difficiles et compliqués.

Ces oeuvres de Miséricorde pour le prochain nous aideront à mettre de l’huile dans le rapport compliqué et difficile avec les autres. 

Des évêques nous expliquent le texte du Pape sur la joie de l'Amour (Amoris laetitia)

Le Pape François a envoyé un petit mot très personnel aux quelques 4500 évêques du monde entier. Au lieu de nous faire croire que l'exhortation n'est qu'une méditation personnelle du Saint-Père, nombres d'entre eux descendent dans l'arène pour nous expliquer la portée de ce texte beau du Magistère.

Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne

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Pour l’évêque de Bayonne, l’exhortation apostolique Amoris Laetitia appelle à se garder de toute dialectique doctrinale.

Quelle votre impression générale à la lecture de l’exhortation apostolique Amoris laetitia ?

C’est un très beau texte, qui a du souffle et qui assume pleinement l’enseignement de l’Église. Le pape François intègre des données absentes chez ses prédécesseurs comme la question du gender ou des mères porteuses, qu’il juge sévèrement, ainsi que, comme il dit, l’accélération de la « destruction juridique de la famille ».

Mais il cite aussi abondamment les catéchèses sur la théologie du corps de saint Jean-Paul II, ainsi que le passage de Deus caritas est de Benoît XVI sur l’eros et l’agapè. Ce texte porte aussi la marque personnelle du pape. On la voit notamment dans le magnifique quatrième chapitre de cinquante pages consacré à l’amour dans le mariage. C’est un prolongement pastoral de l’enseignement de l’Église. Cette dimension personnelle est intéressante parce que, même quand il dit qu’il ne fallait pas attendre de ce document un changement de la discipline de l’Église, il l’assume de manière tout aussi personnelle.

suite Famille Chrétienne

La conférence des évêques suisses par Mgr Lovey

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Le Pape François se rend à Lesbos

mardi, 12 avril 2016

Amoris laetitia: le Cardinal Burke crée la confusion

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La réflexion personnelle du Cardinal Burke sur un document du Magistère

Dans une interview, le Cardinal américain met d'avantage de confusion dans la cacophonie.

Pour notre prélat, Amoris laetitia est une réflexion personnelle du Pape. Il y exhorte heureusement à une lecture conforme au magistère constant de l'Eglise: 

"Le Pape François a clarifié dès le début que l'Exhortation apostolique post-synodale n'est pas un acte du Magistère (cf. n. 3)*.

La typologie même de document le confirme. Il est écrit comme une réflexion du Saint-Père sur le travail des deux dernières sessions du Synode des Évêques."

"National Catholic Register", le 11 avril 2016.

L'exhortation apostolique "Amoris laetitia" appartient au Magistère ordinaire et universel de l'Eglise

Une exhortation apostolique appartient au Magistère ordinaire et universel de l'Eglise, qui demande l'adhésion de l'intelligence et de la volonté (lien-profession de foi):

...avec une soumission religieuse de la volonté et de l'intelligence, j'adhère à l'enseignement proposé tant par le Pontife romain que par le Collège des évêques, lorsqu'ils exercent le Magistère authentique ...

Très honnêtement, le Pape n'a éteint aucune des étoiles qui composent notre univers humain et chrétien. Pour prendre une image, nous avançons de nuit vers Jésus dans une mer agitée. Pour se diriger, nous avons l'étoile polaire et les planètes qui gravitent autour d'elle, l'étoile du matin et le soleil levant.

Le Pape est justement un Pasteur qui nous invite à discerner pour naviguer au large avec le sens de la progression, même par un petit pas (loi de la gradualité). La configuration de la terre et du ciel n'a nullement changé. Par ce document, le Pape nous apprend à naviguer par beau et par mauvais temps. 

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Saint Jean Bosco songea ou rêva de trois blancheurs: le Pape, la Vierge et l'Eucharistie. 

Dans cette tourmente et cette cacophonie, l'âme avisée met le cap en suivant l'étoile polaire du Pape et toutes les constellations des évêques  qui gravitent autour d'elle, se laisse guider par la Vierge Marie qui brille comme l'étoile du matin, toute illuminée par le soleil qui pointe à l'horizon, le soleil de l'Eucharistie vers qui tous le monde regarde. 

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Les théologies compliquées perdent les âmes, et comme le disait fort bien la petite Thérèse de Lisieux, nous cassent la tête. Jésus a révélé la vérité aux tout petits, pour la cacher aux intelligents. 

Sans aucunement viser notre Cardinal, mais bien les théologies compliquées, la Parole de Dieu, avec Saint Paul écrivant à Timothée, nous avertissait déjà il y a 2000 ans: 

Si quelqu’un donne un enseignement différent, et n’en vient pas aux paroles solides, celles de notre Seigneur Jésus Christ, et à l’enseignement qui est en accord avec la piété, un tel homme est aveuglé par l’orgueil, il ne sait rien, c’est un malade de la discussion et des querelles de mots. De tout cela, il ne sort que jalousie, rivalité, blasphèmes, soupçons malveillants, disputes interminables de gens à l’intelligence corrompue, qui sont coupés de la vérité et ne voient dans la religion qu’une source de profit.

Certes, il y a un grand profit dans la religion si l’on se contente de ce que l’on a. De même que nous n’avons rien apporté dans ce monde, nous n’en pourrons rien emporter.

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Ce que dit le Pape François dans l'introduction d'Amoris laetitia: 

* La réflexion des pasteurs et des théologiens, si elle est fidèle à l’Église, si elle est honnête, réaliste et créative, nous aidera à trouver davantage de clarté. Les débats qui se déroulent dans les moyens de communication ou bien dans les publications et même entre les ministres de l’Église, vont d’un désir effréné de tout changer sans une réflexion suffisante ou sans fondement, à la prétention de tout résoudre en appliquant des normes générales ou bien en tirant des conclusions excessives à partir de certaines réflexions théologiques.

3. En rappelant que « le temps est supérieur à l’espace », je voudrais réaffirmer que tous les débats doctrinaux, moraux ou pastoraux ne doivent pas être tranchés par des interventions magistérielles.

lundi, 11 avril 2016

Lorsque le Pape François anticipait quelque peu Amoris laetitia: homélie du Jeudi Saint

images.jpegOn est toujours plus intelligent après dit-on.

En relisant la magnifique homélie du Pape François pour le Jeudi Saint, il est permis d'y voir comme une petite anticipation de l'exhortation apostolique Amoris leatitia, surtout sur la Miséricorde qui veut ouvrir une brèche.

Le Pardon de Dieu suscite "le petit pas" et nous donne la dignité la plus haute, après la honte la plus honteuse.

Le Pape François est un maître spirituel, qui discerne les mouvements de l'âme avec une grande finesse.

Les prêtres risquent d'avoir une théologie compliquée, qui résonne comme des portes fermées pour les personnes en souffrance. En revanche, Dieu veut ouvrir une brèche, ouvrir la porte de notre coeur afin d'y déverser sa douce Miséricorde. 

La clef de lecture des textes du Pape est bien la Miséricorde. François la décline dans toutes ses dimensions.  

Extraits

La porte du coeur, la brèche de la Miséricorde

.... Jésus, par ses paroles et ses gestes, fait en sorte que se révèle ce que tout homme et toute femme porte en son cœur.

Et là où le Seigneur annonce l’Évangile de la miséricorde sans condition du Père envers les plus pauvres, les plus éloignés et opprimés, c’est justement là que nous sommes appelés à choisir, à « mener le bon combat, celui de la foi » (1Tm 6, 12). La lutte du Seigneur n’est pas contre les hommes mais contre le démon (cf. Ep 6, 12), ennemi de l’humanité.

Mais le Seigneur « passe au milieu » de ceux qui cherchent à l’arrêter et va son chemin (cf. Lc 4, 30). Jésus ne combat pas pour consolider un espace de pouvoir. S’il brise les clôtures et remet en cause les sécurités, c’est pour ouvrir une brèche au torrent de la miséricorde qu’il désire déverser sur la terre, avec le Père et l’Esprit. Une miséricorde qui avance de mieux en mieux : elle annonce et apporte quelque chose de nouveau : elle guérit, elle libère et elle proclame l’An de Grâce du Seigneur.

La miséricorde de notre Dieu est infinie et ineffable ; et nous exprimons le dynamisme de ce mystère comme une miséricorde « toujours plus grande », une miséricorde en chemin, une miséricorde qui cherche tous les jours le moyen de faire un pas en avant, un petit pas en avant, avançant sur la terre inconnue, où règnent l’indifférence et la violence.

.... Chacun de nous, regardant sa propre vie avec le regard bon de Dieu, peut exercer sa mémoire et découvrir comment le Seigneur a fait preuve de miséricorde avec nous, comment il a été beaucoup plus miséricordieux que nous le pensions, et ainsi nous encourager à lui demander qu’il fasse un petit pas en plus, qu’il se montre beaucoup plus miséricordieux à l’avenir. « Fais-nous voir, Seigneur, ton amour » (Ps 85, 8).

Cette manière paradoxale de prier un Dieu toujours plus miséricordieux aide à briser les schémas étroits dans lesquels nous enfermons tant de fois la surabondance de son cœur. Cela nous fait du bien de sortir de nos enclos, parce que c’est propre au cœur de Dieu de déborder de miséricorde, [de déborder], répandant sa tendresse, de sorte qu’il en reste toujours, puisque le Seigneur préfère que quelque chose soit perdu plutôt que manque une goutte ....

En tant que prêtres, nous sommes témoins et ministres de la miséricorde toujours plus grande de notre Père ; nous avons la douce et réconfortante tâche de l’incarner, comme a fait Jésus, qui, «là où il passait, faisait le bien » (Ac 10, 38) de mille manières, parce qu’il allait à tous. ...

Le Seigneur exagère dans Sa Miséricorde

.... Aujourd’hui, en ce Jeudi Saint de l’Année Jubilaire de la Miséricorde, je voudrais parler des deux domaines dans lesquels le Seigneur exagère dans sa miséricorde. Puisque c’est lui qui nous donne l’exemple, nous ne devons pas avoir peur d’exagérer nous aussi : un domaine est celui de la rencontre ; l’autre est celui de son pardon qui nous fait avoir honte et qui nous donne de la dignité.

L’autre domaine dans lequel nous voyons que Dieu exagère dans une miséricorde toujours plus grande, c’est le pardon lui-même. Non seulement il pardonne des dettes incalculables, comme au serviteur qui le supplie, et qui ensuite se montrera mesquin envers son compagnon, mais il nous fait passer directement de la honte la plus honteuse à la dignité la plus haute sans étapes intermédiaires. Le Seigneur permet à la pècheresse pardonnée de lui laver familièrement les pieds de ses larmes.

L'exemple de Pierre

A peine Simon Pierre lui confesse-t-il son péché et lui demande-t-il de s’éloigner, qu’il l’élève à la dignité de pêcheur d’hommes. Nous, en revanche, nous avons tendance à séparer les deux attitudes : quand nous avons honte du péché, nous nous cachons et allons tête basse, comme Adam et Ève ; et quand nous sommes élevés à une certaine dignité nous cherchons à cacher les péchés et nous aimons nous faire voir, presque nous pavaner.

Notre réponse au pardon surabondant du Seigneur devrait consister à nous maintenir toujours dans cette saine tension entre une honte digne et une dignité qui sait avoir honte : attitude de celui qui par lui-même cherche à s’humilier et s’abaisser, mais qui est capable d’accepter que le Seigneur l’élève pour le bien de la mission, sans s’y complaire. Le modèle que consacre l’Évangile, et qui peut nous servir quand nous nous confessons, est celui de Pierre qui se laisse longuement interroger sur son amour et, en même temps, renouvelle son acceptation du ministère de paître les brebis que le Seigneur lui confie.

Le risque d'une théologie compliquée

.... Comme prêtres, nous nous identifions à ce peuple rejeté, que le Seigneur sauve, et nous nous souvenons qu’il y a d’innombrables personnes pauvres, ignorantes, prisonnières, qui se trouvent dans cette situation parce que d’autres les oppriment. Mais nous nous souvenons aussi que chacun sait dans quelle mesure, souvent, nous sommes aveugles, privés de la belle lumière de la foi, non parce que nous n’aurions pas l’Évangile à portée de la main, mais par excès de théologies compliquées.

Le risque des murs de pierres, des clôtures d'acier 

Nous sentons que notre âme est assoiffée de spiritualité, mais non par manque d’Eau Vive – que nous buvons seulement à petits coups – mais par excès de spiritualité « pétillante », de spiritualité « légère ». Nous nous sentons aussi prisonniers, non pas entourés, comme tant de peuples, par d’infranchissables murs de pierres ou par des clôtures d’acier, mais par une mondanité virtuelle qui s’ouvre et se ferme d’un simple clic. Nous sommes oppressés, non par des menaces et des bourrades, comme beaucoup de pauvre gens, mais par l’attrait de mille propositions de consommation dont nous ne pouvons pas nous défaire en nous secouant pour marcher, libres, sur les sentiers qui nous conduisent à l’amour de nos frères, au troupeau du Seigneur, aux brebis qui attendent la voix de leurs pasteurs.

Et Jésus vient nous racheter, nous faire sortir, pour nous transformer de pauvres et aveugles, de prisonniers et opprimés en ministres de miséricorde et de consolation. Et il nous dit, avec les paroles du prophète Ezéchiel au peuple qui s’était prostitué et qui avait trahi gravement son Seigneur : « Moi, je me ressouviendrai de mon alliance, celle que j’ai conclue avec toi au temps de ta jeunesse […].

Tu te souviendras de ta conduite, et tu seras déshonorée, quand tu recueilleras tes sœurs, tes ainées et tes cadettes et quand je te les donnerai pour filles, sans que cela découle de ton alliance. Moi, je rétablirai mon alliance avec toi. Alors, tu sauras que je suis le Seigneur. Ainsi tu te souviendras, tu seras couverte de honte. Dans ton déshonneur, tu n’oseras pas ouvrir la bouche quand je te pardonnerai tout ce que tu as fait – oracle du Seigneur Dieu » (Ez 16, 60-63).

En cette Année jubilaire célébrons notre Père, avec toute la gratitude dont est capable notre cœur, et prions-le pour qu’ “il se souvienne toujours de sa miséricorde” ; accueillons, avec une dignité qui sait avoir honte, la miséricorde dans la chair blessée de notre Seigneur Jésus-Christ, et demandons-lui de nous laver de tout péché et de nous libérer de tout mal ; et avec la grâce de l’Esprit Saint engageons-nous à communiquer la miséricorde de Dieu à tous les hommes, en pratiquant les œuvres que l’Esprit suscite en chacun pour le bien de tout le peuple fidèle de Dieu.

dimanche, 10 avril 2016

Amoris laetitia: l'opposition au Pape s'organise

Amoris laetitia: l'opposition au Pape s'organise

Unknown.jpegIl fallait s'y attendre, la nébuleuse traditionaliste et intégriste s'oppose encore plus ouvertement au Pape. 

Je me demande s'ils ont pris le temps de lire avec patience et droiture le texte du Pape François. Il faut en convenir, pour notre génération, le travail d'évangélisation pour la famille ne fait que commencer. Un lent et patient travail vient à peine de commencer. 

Pas pour rien que le Pape a adressé à tous les évêques du monde son petit mot personnel à l'occasion de la sortie de son document. Les quelques 4500 évêques du monde, et tous les chrétiens en communion avec eux, ont du pain sur la planche. 

source

L'Exhortation post-synodale Amoris laetitia, est bien pire que le rapport du cardinal Kasper, contre lequel se sont à juste titre élevées de nombreuses critiques dans des livres, des articles, des interviews.

Le cardinal Kasper avait posé quelques questions; l'Exhortation Amoris laetitia offre la réponse: elle ouvre la porte aux divorcés remariés, canonise la morale de situation et entame un processus de normalisation de toute les cohabitation more uxorio.

Amoris laetitia et les personnes divorcées remariées: oui l'Eglise veut ouvrir une porte, mais laquelle ?

Aleteia

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C'est officiel, le pape François entrouvre une porte de l'Église qui était jusque-là fermée aux divorcés remariés.

Lien  Le Figaro

Cette petite phrase résume un peu le chaos médiatique qui suit la publication du document du Pape sur la famille.

Amoris laetitia et les personnes divorcées remariées: oui l'Eglise veut ouvrir une porte, mais laquelle ?

François invite au discernement et surtout à la lecture du document avec patience, sans conclure hâtivement. 

Le changement est bien plutôt une conversion; du côté de l'Eglise tout est ouvert; mais oui, ceux qui percevaient l'Eglise comme fermée, bornée, sans coeur et sans chaleur humaine peuvent heureusement espérer ce réchauffement. Le Pape François a la voix et le ton rassurants et bons ! Cependant, avouons-le, la porte ouverte doit surtout et d'abord être la nôtre. 

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Le Pape "du petit pas"

"La médecine existe, la guérison aussi, si seulement nous faisons un petit pas vers Dieu". Après une relecture, le Pape demande à Andrea Tornielli d'écrire plutôt : "  ... ou avons au moins le désir de faire ce petit pas". 

Pape François, le nom de Dieu est Miséricorde 

Cette petite phrase, bonne, réaliste et très humaine, doit comme couronner toutes les pages d'Amoris laetitia. 

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.......

Le Pape veut ouvrir les portes de la conscience  

L'ambiance médiatique n'est que probable, un peu comme la météo. Très honnêtement, pour la publication de l'exhortation apostolique post-synodal du Pape François "Amoris laetitia" - la joie de l'Amour - j'avais plutôt prévu un clash, ou un basculement négatif avec les grands médias.

Très sincèrement, je m'attendais à la fin de la lune de miel entre les grands médias et François. Je pensais que les gros titres seraient plutôt: le Pape déçoit les attentes de millions de catholiques. Le Blick, journal zurichois, va tout de même dans ce sens. Le premier bilan ne peut être que nuancé. Bonnes nouvelles: les relations avec le monde de la communication continuent et c'est réjouissant (cat.ch).  L'Eglise catholique est attractive et intéressante ! Quelle bonne nouvelle !

Toutefois, la première conséquence me semble plutôt une grande confusion et un chaos assez général. Tout le petit monde de la communication s'est jeté sur les passages concernant les personnes divorcées remariées pour repérer un changement, une révolution. Une fois vu le mot "sacrement possible", les titres ont fusé: changement radical, révolution ...

Par le truchement de la communication, François devient celui qui a enfin ouvert une brèche, qui a entrouvert la porte aux personnes divorcées remariées. Ratzinger était l'homme intangible, le gardien de la porte fermée, celle du dogme et de la morale. Bergoglio est celui qui fait bouger les lignes et basculer les portes. 

On pardonne tout au Pape François ! Il a beau être en harmonie avec Saint Jean Paul II et Benoît XVI, on tente  de le cacher pour bien le dissimuler. Il peut parler du diable, on lui pardonne. Il peut parler avec le leader d'Ecône, la FSSPX intégriste, Mgr Fellay, il ne se voit nullement accuser de vouloir faire pencher l'Eglise à droite. Le Pape est bien devenu une sorte d'icône, un intouchable, un objet commercial qui se vend bien. 

La porte de l'Eglise est ouverte depuis 2000 ans

Unknown-3.jpegAvec cette exhortation, François n'a pas ouvert la porte de l'Eglise, car elle est toujours ouverte, mais invite à discerner l'ouverture des coeurs. L'Eglise vit une année sainte, avec les portes saintes largement ouvertes dans les cathédrales du monde entier.

Un signe assez éclatant: Jésus a le coeur transpercé, éclaté et ouvert pour tous et pour chacun. Jésus a les bras grands ouverts sur la croix; et on pense que soudainement l'Eglise tend enfin une main aux personnes divorcées remariées. Elle le faisait depuis toujours. 

François rappelle: 

Il est important de faire en sorte que les personnes divorcées engagées dans une nouvelle union sentent qu’elles font partie de l’Église, qu’elles ‘‘ne sont pas excommuniées’’ et qu’elles ne sont pas traitées comme telles, car elles sont inclues dans la communion ecclésiale. ... il faut encourager leur participation à la vie de la communauté. Prendre soin d’eux ne signifie pas pour la communauté chrétienne un affaiblissement de sa foi et de son témoignage sur l’indissolubilité du mariage, c’est plutôt précisément en cela que s’exprime sa charité.

L'Eglise a toujours invité à cette attitude de bonté et d'ouverture. 

Il s’agit d’intégrer tout le monde, on doit aider chacun à trouver sa propre manière de faire partie de la communauté ecclésiale, pour qu’il se sente objet d’une miséricorde ‘‘imméritée, inconditionnelle et gratuite’’. Personne ne peut être condamné pour toujours, parce que ce n’est pas la logique de l’Évangile. 

La porte ouverte est celle du coeur

Le Pape François, tel un bon Pasteur, cherche à ouvrir la porte des coeurs, car il est un théologien de la vie, un homme qui veut cheminer avec les personnes. L'ouverture n'est donc pas du côté de l'Eglise, mais bien du côté de la porte de nos coeurs. La vie c'est le mouvement disent les philosophes, dès lors la vie chrétienne c'est la conversion. La vie est un mouvement qui nous fait quitter l'obscurité du péché pour entrer dans la lumière de la grâce. 

Pour la délicate question des personnes divorcées remariées, le Pape rappelle point pour point que la communion ou la confession ne sont pas des trophées, des récompenses donnés aux uns plutôt qu'aux autres. Pas de double morale. D'ailleurs nous sommes tous fragiles, boiteux, hésitants, avec nos croix et nos joies. 

A ce propos, cessons de stigmatiser les personnes qui souffrent d'une divorce, car le commandement de communier en état de grâce est valable pour tous et chacun: avant de communier, chacun doit examiner sa conscience à la lumière de l'Esprit Saint pour lui demander si nous sommes bien en état de grâce. 

Tout ce qu'a écrit l'Eglise sur ce sujet sensible, douloureux et délicat demeure.  

Afin d’éviter toute interprétation déviante, je rappelle que d’aucune manière l’Église ne doit renoncer à proposer l’idéal complet du mariage, le projet de Dieu dans toute sa grandeur ...

Pour le Pape François, l'enseignement classique que les personnes divorcées remariées ne peuvent pas avoir accès aux sacrements est toujours valable (lien).

Penser que désormais, les personnes divorcées remariées peuvent communier ne correspond nullement au texte du Pape. "L’idée qu’un prêtre peut concéder rapidement des ‘‘exceptions’’, ou qu’il existe des personnes qui peuvent obtenir des privilèges sacramentaux en échange de faveurs" est bel et bien une fausse conception. 

Le Pape poursuit :"Je ne me réfère pas seulement aux divorcés engagés dans une nouvelle union, mais à tous, en quelque situation qu’ils se trouvent. Bien entendu, si quelqu’un fait ostentation d’un péché objectif comme si ce péché faisait partie de l’idéal chrétien, ou veut imposer une chose différente de ce qu’enseigne l’Église, il ne peut prétendre donner des cours de catéchèse ou prêcher, et dans ce sens il y a quelque chose qui le sépare de la communauté (cf. Mt 18, 17). Il faut réécouter l’annonce de l’Évangile et l’invitation à la conversion".

François descend plus en profondeur dans notre fragilité humaine: "je crois sincèrement que Jésus Christ veut une Église attentive au bien que l’Esprit répand au milieu de la fragilité : une Mère qui, en même temps qu’elle exprime clairement son enseignement objectif, « ne renonce pas au bien possible, même [si elle] court le risque de se salir avec la boue de la route ». Les Pasteurs, qui proposent aux fidèles l’idéal complet de l’Évangile et la doctrine de l’Église, doivent les aider aussi à assumer la logique de la compassion avec les personnes fragiles et à éviter les persécutions ou les jugements trop durs ou impatients.

Les Père synodaux ont affirmé que, même si l’Église comprend que toute rupture du lien matrimonial « va à l’encontre de la volonté de Dieu, [elle] est également consciente de la fragilité de nombreux de ses fils ». Illuminée par le regard de Jésus Christ, elle « se tourne avec amour vers ceux qui participent à sa vie de manière incomplète, tout en reconnaissant que la grâce de Dieu agit aussi dans leurs vies, leur donnant le courage d’accomplir le bien, pour prendre soin l’un de l’autre avec amour et être au service de la communauté dans laquelle ils vivent et travaillent ».

D’autre part, cette attitude se trouve renforcée dans le contexte d’une Année Jubilaire consacrée à la miséricorde. Bien qu’elle propose toujours la perfection et invite à une réponse plus pleine à Dieu, « l’Église doit accompagner d’une manière attentionnée ses fils les plus fragiles, marqués par un amour blessé et égaré, en leur redonnant confiance et espérance, comme la lumière du phare d’un port ou d’un flambeau placé au milieu des gens pour éclairer ceux qui ont perdu leur chemin ou qui se trouvent au beau milieu de la tempête. N’oublions pas que souvent la mission de l’Église ressemble à celle d’un hôpital de campagne.

Si l'enseignement de l'Eglise continue d'éclairer les consciences inquiètes, qu'est-ce qui a changé ? Le mot changement n'est pas adéquat, car il faut parler d'approfondissement, de continuité et surtout de discernement. Nous marchons pas à pas vers le Seigneur, dans la durée, avec une ascension progressive, comme un montagnard qui connaît des chutes et des relèvements. L'Eglise parle alors de la gradualité. 

Premier approfondissement : le discernement

L''accent est mis sur la recherche de la porte ouverte du coeur

"Les pasteurs doivent savoir que, par amour de la vérité, ils ont l'obligation de bien discerner les diverses situations" disait déjà Saint Jean-Paul II, dans son exhortation apostolique Familiaris Consortio de 1981. 

Le maître mot du Pape François vient de Saint Ignace de Loyola: discernement. Amoris laetitia aide justement à discerner ou percevoir cette porte ouverte du coeur:  

Rappelons-nous qu’« un petit pas, au milieu de grandes limites humaines, peut être plus apprécié de Dieu que la vie extérieurement correcte de celui qui passe ses jours sans avoir à affronter d’importantes difficultés ». La pastorale concrète des ministres et des communautés ne peut cesser de prendre en compte cette réalité. 

Second approfondissement: la loi de la gradualité

Unknown.jpegOn ne nait pas saint, on le devient peu à peu. Comme un sportif, le regard du chrétien est fixée vers l'objectif, vers l'arrivée. Un sportif s'entraîne avec patience, avec des hauts et des bas. Il rejoint avec patience son but, jamais d'un coup, mais graduellement, par étape. 

Dans ce sens, saint Jean-Paul II proposait ce qu’on appelle la ‘‘loi de gradualité’’, conscient que l’être humain « connaît, aime et accomplit le bien moral en suivant les étapes d'une croissance ».[323] Ce n’est pas une ‘‘gradualité de la loi’’, mais une gradualité dans l’accomplissement prudent des actes libres de la part de sujets qui ne sont dans des conditions ni de comprendre, ni de valoriser ni d’observer pleinement les exigences objectives de la loi.

En effet, la loi est aussi un don de Dieu qui indique le chemin, un don pour tous sans exception qu’on peut vivre par la force de la grâce, même si chaque être humain « va peu à peu de l'avant grâce à l'intégration progressive des dons de Dieu et des exigences de son amour définitif et absolu dans toute la vie personnelle et sociale de l'homme »

Troisième approfondissement: le petit pas

Personne n'est exclu de l'Eglise. Chacun doit y trouver une place !

Certes, parfois « nous nous comportons fréquemment comme des contrôleurs de la grâce et non comme des facilitateurs. Mais l’Église n’est pas une douane, elle est la maison paternelle où il y a de la place pour chacun avec sa vie difficile ».

Par conséquent, un Pasteur ne peut se sentir satisfait en appliquant seulement les lois morales à ceux qui vivent des situations ‘‘irrégulières’’, comme si elles étaient des pierres qui sont lancées à la vie des personnes. C’est le cas des cœurs fermés, qui se cachent ordinairement derrière les enseignements de l’Église « pour s’asseoir sur la cathèdre de Moïse et juger, quelquefois avec supériorité et superficialité, les cas difficiles et les familles blessées ».

À cause des conditionnements ou des facteurs atténuants, il est possible que, dans une situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement – l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer, et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église.

Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements. Voilà pourquoi, « aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais un lieu de la miséricorde du Seigneur ». Je souligne également que l’Eucharistie « n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles » 

Le Pape est très explicite: si un personne désire pratiquer ce que l'Eglise enseigne, avec des petits pas, progressivement, peu à peu, comme sur un plan incliné, alors les sacrements sont une grande aide. Il s'agit toujours de discerner cette petite porte ouverte ! Par contre si la personne s'installe et refuse de bouger, elle se ferme à la grâce. 

Le discernement doit aider à trouver les chemins possibles de réponse à Dieu et de croissance au milieu des limitations. En croyant que tout est blanc ou noir, nous fermons parfois le chemin de la grâce et de la croissance, et nous décourageons des cheminements de sanctifications qui rendent gloire à Dieu.

Rappelons-nous qu’« un petit pas, au milieu de grandes limites humaines, peut être plus apprécié de Dieu que la vie extérieurement correcte de celui qui passe ses jours sans avoir à affronter d’importantes difficultés ». La pastorale concrète des ministres et des communautés ne peut cesser de prendre en compte cette réalité.

La nouveauté: le langage intimiste de l'Eglise, car le Pape parle à notre intimité, presque comme au confessionnal 

12924431_10208967224207221_644979204643089318_n.jpgQue mes amis les journalistes me pardonnent, car je les aime tout comme leur noble travail, mais ils n'ont pas accès au confessionnal. Et là, dans ce lieu qui n'est pas une salle de torture mais un haut lieu, la communication de l'Eglise ne passe plus par les studios de télévision ou de radio, ni par les journaux ou les agences de presse, ni sur Twitter et sur Facebook ou sur les blogs, mais entre Dieu et la personne, dans une communication intime, personnelle, amoureuse, délicate et miséricordieuse avec Jésus le Christ, doux et humble de coeur. 

Alors oui, nous les chrétiens nous ne sommes pas parfaits. Nous avons pu nous montrer fermés, insensibles. Cela doit changer. 

Cela nous offre un cadre et un climat qui nous empêchent de développer une morale bureaucratique froide en parlant des thèmes les plus délicats, et nous situe plutôt dans le contexte d’un discernement pastoral empreint d’amour miséricordieux, qui tend toujours à comprendre, à pardonner, à accompagner, à attendre, et surtout à intégrer. C’est la logique qui doit prédominer dans l’Église, pour « faire l’expérience d’ouvrir le cœur à ceux qui vivent dans les périphéries existentielles les plus différentes. 

L'Eglise est la famille des familles

Le Pape nous encourage: 

J’invite les fidèles qui vivent des situations compliquées, à s’approcher avec confiance de leurs pasteurs ou d’autres laïcs qui vivent dans le dévouement au Seigneur pour s’entretenir avec eux. Ils ne trouveront pas toujours en eux la confirmation de leurs propres idées ou désirs, mais sûrement, ils recevront une lumière qui leur permettra de mieux saisir ce qui leur arrive et pourront découvrir un chemin de maturation personnelle.

Et j’invite les pasteurs à écouter avec affection et sérénité, avec le désir sincère d’entrer dans le cœur du drame des personnes et de comprendre leur point de vue, pour les aider à mieux vivre et à reconnaître leur place dans l’Église.

Amoris laetitia: communiqué de la conférence des évêques suisses

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Amoris laetitia: le chemin du discernement et de l’accompagnement

Mgr Jean-Marie Lovey présente l’Exhortation apostolique post-synodale «Amoris Laetitia»

images.jpegOn l’attendait, on l’espérait et la voici: l’Exhortation apostolique post-synodale. Le Pape François la publie à peine 6 mois après la fin des travaux du Synode sur la Famille. Son titre: Amoris Laetitia, la Joie exultante de l’amour, donne déjà, à lui seul, une clé intéressante qui va ouvrir les différentes portes d’entrée.

Le Pape, qui a assisté à toutes les séances plénières du Synode, a entendu l’Assemblée dire que «c’est avec une joie intime et un profond réconfort que l’Eglise regarde les familles qui sont fidèles aux enseignements de l’Evangile, les remerciant et les encourageant pour le témoignage qu’elles offrent. Grâce à elles, la beauté du mariage indissoluble et fidèle pour toujours devient crédible.» (Relatio Synodi, n. 51)

Pour mieux accueillir ce document, il peut être fécond d’emprunter la porte du discernement. Puisque l’Evangile est un trésor confié à l’Eglise pour le bien de tous, il importe qu’il puisse rejoindre chacun dans sa vie et sa situation réelles. Le discernement invitera le pasteur à prendre en compte les situations différentes vécues par les gens, les familles, les couples, sans généralisation. Les situations, ainsi que la manière de leur proposer une réponse, sont souvent complexes.

«Le discernement exige que l’on ne donne pas pour acquis une formulation de la vérité ni les choix à accomplir.» Il ne s’agit pas de «cataloguer ou d’enfermer dans des situations trop rigides sans laisser un espace à un discernement adéquat, personnel et pastoral» (AL, n. 298).

Il s’agit bien plutôt d’offrir un accompagnement à toutes les situations, y compris aux plus complexes, avec comme instance de discernement la Parole de Dieu, dans le but d’éclairer la réalité de chaque vie. Voilà une autre porte qui exige une grande docilité à l’Esprit Saint en qui seul, «amour et vérité se rencontrent» parfaitement.

Ainsi, le discernement pastoral pourra qualifier l’attitude de l’Eglise appelée à accompagner toutes les situations, faisant appel à la conscience des gens, qu’il s’agit d’éclairer, sans se substituer à elle. (cf AL, n. 37) Autrement dit, l’accompagnement est senti comme une façon de faire quelques pas avec les autres sur leur chemin, en adoptant «une attitude savamment différenciée».

Cette porte de l’accompagnement ouvre sur celle de l’inclusion et non de l’exclusion. L’inclusion suppose l’effort d’accepter la diversité, de dialoguer avec ceux qui pensent autrement, de favoriser la participation de ceux qui ont des aptitudes différentes.

Le Pape François avait souligné, déjà dans ses catéchèses sur la famille, qu’«en famille, entre frères, on apprend la cohabitation humaine et comment coexister en société», et que d’expérience, dès «les premières années de notre vie, nous avons été dépendants des soins et de la bienveillance des autres.»

Parlant des personnes vivant dans des situations complexes, ‘’d’irrégularité’’, le texte dira que «la logique de l’intégration est la clé de leur accompagnement pastoral… Ce sont des baptisés, ce sont des frères et sœurs, l’Esprit Saint déverse en eux des dons et ses charismes pour le bien de tous.» (AL, n. 299)

En cette année où il a ouvert le Jubilé de la Miséricorde, le souci pastoral du Pape François est que les portes de nos vies et celles de l’Eglise restent toujours ouvertes pour que nous soyons «toujours disposés à comprendre, à pardonner, à accompagner, à espérer, et surtout à intégrer» (AL, n. 312).

Mgr Jean-Marie Lovey, Evêque de Sion,

Délégué de la Conférence des évêques suisses à l’Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques 2015

 

samedi, 09 avril 2016

Amoris laetitia: interview du Cardinal Schönborn à Radio Vatican


Le cardinal Schönborn précise le sens de l'exhortation apostolique "Amoris Laetitia"


(RV) Entretien - Amoris Laetitia, "La Joie de l'amour", l'exhortation apostolique du Pape François sur la famille, a été rendue publique ce vendredi midi, 8 avril 2016. Ce texte fait suite aux deux Synodes sur la famille, de 2014 et 2015. Il fixe les nouvelles orientations de la pastorale familiale de l'Église catholique avec un langage nouveau, mais dans une grande continuité doctrinale avec les pontificats précédents de saint Jean-Paul II et de Benoît XVI.

Olivier Bonnel a interrogé le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne (Autriche), qui a été invité à présenter ce texte en Salle de presse du Saint-Siège.

source

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Le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne (Autriche). - REUTERS


«Il y a une fraîcheur du langage, que nous avions déjà découverte avec Evangelii Gaudium, une immédiateté du langage, un langage poétique, imagé, on peut dire que c’est un évènement de langage.

Il y a quelque chose qui se passe dans la manière dont le Pape François utilise le langage. Mais je dirais quand même qu’il y a des éléments de continuité qui me paraissent importants. Je dirais, la continuité avec Benoît XVI, qui était mon maître, mon professeur, avec qui j’ai eu la chance de travailler beaucoup : cette attention à la dimension existentielle. C’est ce qui nous a fascinés chez le professeur Ratzinger.

Bien sûr, son langage est plus philosophique et théologique, mais toujours existentiel. Il y a une nette continuité avec le Pape François. Cela touche directement la vie.

Saint Jean-Paul II, c’est l’aspect phénoménologique. Quand vous lisez les chapitres 4 et 5 de Amoris Laetitia, moi ça m’a rappelé les grandes catéchèses de Jean-Paul II sur la théologie du corps. Parce que, je dirais presque, il est amoureux de ce regard phénoménologique, de cette attention aux mouvements concrets de la vie. Donc, il y a nouveauté, mais il y a aussi une profonde continuité.

En parlant de nouveau langage, est-ce que l’on parle d’un langage plus accessible pour le Peuple de Dieu ?

Oui, je crois que pour des documents ecclésiastiques, ce que Benoît XVI a écrit lui-même, c’est toujours très accessible, magnifiquement accessible. Mais admettons humblement, et avec une part d’autocritique, que certains documents ecclésiastiques ont vraiment la langue de bois. Et ça, avec le Pape François, ce n’est vraiment pas la langue de bois ! C’est une langue vivante, simple, proche de la vie, proche de l’expérience. Et certainement abordable pour beaucoup de personnes.

Le Pape met en garde dans ce document contre le risque de tout changer sans une réflexion suffisante, et de l’autre côté, de la tentation de tout résoudre en appliquant des normes générales.

Est-ce que Amoris Laetitia propose une nouvelle pédagogie pour la famille ?

Exactement ! Le mot "pédagogie". Le Pape François est jésuite, il est pédagogue, il a enseigné longtemps, il a exercé la fonction de pédagogue, et on le sent dans tout ce document. Lisez le chapitre sur l’éducation, le chapitre 5, et mettez-le en rapport avec le chapitre 8, sur comment accompagner les situations difficiles, les situations irrégulières. Et vous verrez qu’il y a une grande proximité.

Ce qu’il dit sur l’éducation de la conscience : ne pas penser que la conscience s’éduque en mettant partout des panneaux d’avertissement, mais de l’éveiller. Donc, pour moi, le terme clé de ce document, c’est l’accompagnement, c’est cette attitude pédagogique d’un père avec ses enfants, d’un maître qui accompagne des jeunes dans la croissance. D’où l’importance du mot croissance. Se réjouir des petits pas de croissance : ça, c’est tout à fait sa pédagogie.

Le Pape François explique qu’il faut tenir compte de l’innombrable diversité des situations concrètes, pour leur apporter vraiment une réponse pastorale. Ce n’était pas suffisamment pris en compte. Là, il y a vraiment un appel à la responsabilité des pasteurs ?

Je crois qu’il le dit explicitement à un endroit : il dit qu’il comprend ceux qui veulent se cacher derrière des règles sûres, mais qu’il préfère une Église qui sort et qui se salit les souliers dans la boue.

C’est-à-dire : c’est bien d’avoir la clarté sur les normes, mais d’abord il faut rencontrer des personnes dans leurs vies, dans leurs situations, et ce n’est pas une éthique de la situation, une morale de la situation, mais c’est une morale qui est attentive aux situations, aux innombrables diversités de situations, parce que chaque histoire est unique, et que chaque personne mérite qu’on la considère dans sa vie concrète.

Parmi les situations, on sait que la question des divorcés remariés civilement a été très débattue lors des deux Synodes. Est-ce que l’exhortation va apporter une réponse à ces chrétiens qui souffrent ?

Je pense que le Pape apporte une réponse, mais ce n’est pas la réponse que certains attendaient et que d’autres craignaient. D’abord, il dit très clairement qu’il ne faut pas attendre, ni d’un Synode, ni de ce document, de nouvelles normes canoniques qui seraient valables pour tous les cas. N’attendez pas un changement de la discipline de l’Église. Mais le mot qu’il aime beaucoup c’est le mot "inclusion".

Il faut non pas exclure mais inclure, car chacun a son cheminement avec Dieu. Et l’Église est une mère qui doit accueillir, intégrer chacun, selon l’étape où il se trouve, selon le chemin sur lequel il se trouve. Et alors, le Pape fait sien ce que le Synode avait dit sur les critères d’accompagnement. Je suis très fier, je dois le dire, que ce soit le document du cercle allemand, qui a été voté à l’unanimité, qui a été d’abord repris par le Synode et puis le Pape le fait sien, où nous avions proposé des critères de discernement qui ne sont pas d’abord des questions de sacrements mais des questions de morale familiale.

Le Pape m’avait dit une fois que la question des sacrements pour les divorcés-remariés est «una trappola», c’est un piège. Parce que l’on ne regarde pas assez les situations. Et alors, nous avons mis dans ce document, qui se retrouve maintenant dans ce document du Pape, comme première attention : «Qu’est-ce que vous avez fait des enfants ?» Avant de parler de la miséricorde de l’Église pour les divorcés-remariés, pour l’accès aux sacrements, il faut leur poser la question : «et vos enfants ?»


«Est-ce que vous avez fait peser le poids de votre conflit sur le dos de vos enfants ? Est-ce que vous en avez fait l’otage de votre conflit ?»

C’est là qu’il faut d’abord se convertir. «Essayez de demander pardon. Essayez de faire pénitence du mal que vous avez fait à vos enfants.» Et puis on énumère tout une série d’autres points de discernement qui forment une sorte de chemin de conversion et de pénitence. Et alors, la question des sacrements, elle peut venir, mais elle vient plutôt à la fin d’un vrai cheminement. Et le Pape le dit dans une note, une petite note, il dit : «L’aide de l’Église peut aussi être dans certains cas l’aide des sacrements.» Il n’en dit pas plus.

vendredi, 08 avril 2016

Amoris laetitia est également une hymne à la joie de la l'Amour

La joie de l'amour est également un texte rempli de poésie

Le texte de cette encyclique est dense, profond et humain, mais il est aussi poétique et réaliste. Le Pape démontre ses capacités et son génie de Pasteur, notamment par son discernement des esprits et par sa lecture de la complexité du réel. Il serait préjudiciable de tirer trop hâtivement des conclusions, sauf celles de la continuité et de l'approfondissement.

"Les pasteurs doivent savoir que, par amour de la vérité, ils ont l'obligation de bien discerner les diverses situations" disait Saint Jean-Paul II. Le Pape François approfondit ce discernement, en bon théologien de la vie.

Certes, les polémiques sont à venir et les pasteurs d'âmes devront étudier, prier et travailler pour faire resplendir la beauté de ce texte pastoral.  

Amoris laetitia est un texte à méditer, à prier, à savourer, à ruminer même, comme une petite somme pastorale pour la famille aujourd'hui. 

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Le Pape François lève le voile sur le colloque des âmes avec le confesseur

Le changement de ton est surtout à rechercher dans l'enracinement de l'intimité de la conscience. Le Pape ne se gène pas de se confesser publiquement. Ce génie de la communication est également un expert de la confession. ‪

Dans son exhortation apostolique pleine de bonté et de sagesse, le Pape lève un peu le voile sur les colloques entre l'âme et le confesseur, pour proclamer haut et fort, médiatiquement pour ainsi dire, la Miséricorde.

Il est vrai que les journalistes, qui exercent une si noble mission dans le monde actuel, s'arrêtent aux portes du confessionnal. Or, je peux vous l'assurer, les propos du Pape se retrouvent dans ce colloque intime et scellé entre le prêtre-confesseur et la multitude des âmes. 

Pas de révolution, de changement ou d'ouverture de l'Eglise, mais un appel à la conversion,  à une ouverture de la personne au Christ

La recherche d'une révolution, d'un changement ou d'une ouverture sont des mauvaises questions ou des manières de voir qui ne correspondent pas à la réalité. L'encyclique ne parle pas de révolution ou de changement, mais fait bel et bien retentir l'appel à la conversion et attend l'ouverture du coeur. 

Ainsi, la recherche d'une ouverture de l'Eglise est une mauvaise manière d'aborder ce texte pastoral, car ses portes sont de fait ouvertes depuis 2000 ans. Le Pape invite bien plutôt, avec patience, à l'ouverture des âmes, des coeurs et des intelligences vers la vérité toute entière de l'Evangile, la personne de Jésus. 

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Excellente interview du Cardinal Schönborn

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Amoris laetitia: la loi de la gradualité

Le Pape rappelle un enseignement classique de l'enseignement de l'Eglise: le discernement

Unknown 19.52.54.jpeg"Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements."

Pape François, Amoris leatitia, note de bas de page

François serait un jésuite, au raisonnement flou, qui ménagerait les ailes traditionaliste et progressiste de l'Eglise dans un savant compromis. Or, le Pape démontre surtout sa grande finesse spirituelle, sa large expérience de confesseur, son humanité et sa fidélité au Bon Pasteur. Un jésuite sait discerner les esprits. 

"Les pasteurs doivent savoir que, par amour de la vérité, ils ont l'obligation de bien discerner les diverses situations" disait Saint Jean-Paul II. Le Pape François approfondit ce discernement.

Pour Amoris laetitia, la lecture qui se base sur la rupture ou le changement est erroné. Au fond, la vie c'est le mouvement et l'Eglise offre le phare de la vérité qui brille dans la nuit. La porte n'a donc pas été ouverte, car de fait elle l'était déjà. 

Cela fut toujours possible dans l'Eglise. Donner les sacrements dépend d'un certain dynamisme et d'une volonté de changement. Si une personne s'installe dans le péché, elle se ferme et rend impossible la réception de la grâce. Mais si l'âme veut changer et désire s'orienter vers la vérité de l'Evangile, alors le recours au sacrement est possible. Au fond, la grâce de Dieu est un peu comme l'eau, elle coule jusqu'à ce qu'un obstacle l'arrête. 

L'ouverture n'est pas celle de l'Eglise, car Jésus est la Porte toujours ouverte, mais celle du pénitent qui ouvre son coeur

Pour les personnes divorcées remariées par exemple, le discernement fut toujours laissé au confesseur. Dans certains cas difficile et complexe, avec la volonté manifeste de s'orienter vers la vérité qui libère, le prêtre discerne la possibilité de donner l'absolution. 

Cependant, il n'est pas correct de considérer cette attitude comme un changement par rapport à l'enseignement de l'Eglise, ou de Saint Jean-Paul II. 

extraits

305. Par conséquent, un Pasteur ne peut se sentir satisfait en appliquant seulement les lois morales à ceux qui vivent des situations ‘‘irrégulières’’, comme si elles étaient des pierres qui sont lancées à la vie des personnes. C’est le cas des cœurs fermés, qui se cachent ordinairement derrière les enseignements de l’Église « pour s’asseoir sur la cathèdre de Moïse et juger, quelquefois avec supériorité et superficialité, les cas difficiles et les familles blessées ».[349] Dans cette même ligne, s’est exprimée la Commission Théologique Internationale :

« La loi naturelle ne saurait donc être présentée comme un ensemble déjà constitué de règles qui s’imposent a priori au sujet moral, mais elle est une source d’inspiration objective pour sa démarche, éminemment personnelle, de prise de décision ».[350]

À cause des conditionnements ou des facteurs atténuants, il est possible que, dans une situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement – l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer, et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église.

[351] Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements. Voilà pourquoi, « aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais un lieu de la miséricorde du Seigneur » : Exhort. ap. Evangelii gaudium (24 novembre 2013), n. 44 : AAS 105 (2013), p. 1038. Je souligne également que l’Eucharistie « n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles » (Ibid., n. 47 : p. 1039).

Le discernement doit aider à trouver les chemins possibles de réponse à Dieu et de croissance au milieu des limitations. En croyant que tout est blanc ou noir, nous fermons parfois le chemin de la grâce et de la croissance, et nous décourageons des cheminements de sanctifications qui rendent gloire à Dieu. Rappelons-nous qu’« un petit pas, au milieu de grandes limites humaines, peut être plus apprécié de Dieu que la vie extérieurement correcte de celui qui passe ses jours sans avoir à affronter d’importantes difficultés ».[352]

La pastorale concrète des ministres et des communautés ne peut cesser de prendre en compte cette réalité.

L'exhortation apostolique Amoris laetitia - la joie de l'Amour - est publique

CfgjrlsWIAEhUQP.jpgUn enseignement identique pour une pastorale délicate et tendre

Dans ce document de 260 pages, découpé en 325 paragraphes, le pape François donne les conclusions du long processus de consultation et des travaux des synodes sur la famille d’octobre 2014 et 2015.

Le Pape appelle principalement l’Église à « intégrer tout le monde », à accompagner les couples en difficulté, à ne pas condamner « pour toujours ».

Comme l'a toujours enseigné l'Eglise, le Pape souhaite que les divorcés remariés soient « intégrés » à la vie de l’Église après un « examen de conscience » personnel et pastoral.

Le pape François cite les catéchèses sur la théologie du corps de Jean-Paul II ou encore, largement, saint Thomas d’Aquin, sainte Thérèse de Lisieux, Martin Luther King, et même son film préféré, le festin de Babette, pour expliquer le concept de gratuité. Dès le début, le pape François met en garde devant le risque d’une « lecture générale et hâtive » de ce document.

Le Pape démontre son humanité, son réalisme, sa grande connaissance de la psychologie humaine, sa large expérience de confesseur, en plongeant dans nos fragilités humaines, nos péchés et nos misères, pour progressivement, avec gradualité, tendresse et miséricorde, nous mener vers la sainteté et la joie de l'Amour. 

Exhortation apostolique Amoris Laetitia

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En petit apéritif pour Amoris laetitia - la joie de l'amour - le Pape envoie un message à l'évêque

Le Vatican, 8 avril 2016

Cher frère, 

en invoquant la protection de la Sainte Famille de Nazareth, je suis heureux de t'envoyer l'exhortation apostolique "Amoris laetitia" pour le bien de toutes les familles et de toutes personnes, jeunes et plus âgées, qui sont confiées à ton ministère pastoral. 

Unis dans le Seigneur Jésus, avec Marie et Joseph, je te demande de ne pas oublier de prier pour moi. 

François

 

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Amoris Laetitia, interview du Cardinal Schönborn

cath.ch

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