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dimanche, 05 novembre 2017

Le père Thomas G. Weinandy, membre de la Commission Théologique Internationale depuis 2014, viré aux USA

Le père Thomas G. Weinandy, membre de la Commission Théologique Internationale depuis 2014, viré aux USA

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Pape François: un théologien américain accuse le Pape de semer la chaos. Il finit K.O !

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Un théologien écrit au pape : « C’est le chaos dans l’Église et vous en êtes une des causes »

Source: La Croix

Après les « dubia » des quatre cardinaux frondeurs, c’est sans doute la remise en cause publique la plus virulente de la part d’une personne qualifiée depuis le début du pontificat de François.

La lettre en question, adressée au pape François au cœur de l’été et rendue publique le 31 octobre, est en effet signée de la main du père Thomas G. Weinandy, membre de la Commission Théologique Internationale depuis 2014, nommé par François. Il était consulteur du Comité pour la doctrine de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) jusque très récemment, après en avoir été le directeur pendant plusieurs années.

La publication de ce courrier au vitriol lui a valu une convocation de la part du Secrétariat général de l’USCCB. Dans la foulée, sa démission était annoncée.

« Une confusion chronique semble marquer votre pontificat », écrit le théologien dans sa lettre, rédigée après avoir « longuement prié sur la tombe de saint Pierre ». « La lumière de la foi, de l’espoir et de l’amour n’est pas absente mais elle est trop souvent obscurcie par l’ambiguïté de vos mots et de vos actions. Ce qui nourrit un malaise croissant chez les fidèles », pointe-t-il.

Le Père Weinandy cite alors l’exemple du « controversé chapitre 8 d’Amoris Laetitia », celui qui traite de la question des personnes divorcées remariées. « La principale source de préoccupation concerne votre façon d’enseigner, poursuit ainsi le capucin. Dans Amoris laetitia, vos orientations semblent parfois intentionnellement ambiguës. »

Dévalorisation de la doctrine

« L’Esprit Saint est donné à l’Église, et plus particulièrement à vous, pour dissiper l’erreur et non pas la favoriser », rappelle-t-il. « Vous semblez censurer et même vous moquer de ceux qui interprètent le chapitre 8 d’Amoris laetitia en accord avec la tradition de l’Église, en les traitant de pharisiens jeteurs de pierres qui incarneraient un rigorisme impitoyable. Ce genre de calomnie est étranger à la nature du ministère pétrinien. »

« Deuxièmement, votre façon de faire semble trop souvent dévaloriser l’importance de la doctrine de l’Église », regrette encore le théologien américain.

« Troisièmement, ajoute-t-il, les fidèles catholiques ne peuvent qu’être décontenancés par votre choix de certains évêques, des hommes qui semblent non seulement ouverts à ceux qui défendent des thèses contraires à la foi chrétienne mais qui les soutiennent et même les défendent ».

« Quatrièmement, l’Église forme un seul corps, le Corps mystique du Christ et vous avez reçu du Seigneur lui-même la mission de promouvoir et de renforcer cette unité. Mais vos actions et vos déclarations semblent trop souvent avoir l’effet inverse. Encourager une forme de "synodalité" qui autorise et encourage différentes options morales et doctrinales au sein de l’Église ne peut que mener à davantage de confusion théologique et pastorale », soutient le père Weinandy.

« Cela m’amène à ma dernière préoccupation, relève enfin le théologien. Vous avez souvent parlé d’un besoin de transparence au sein de l’Église. (…) Mais avez-vous remarqué que la majorité des évêques à travers le monde sont étonnamment silencieux ? (…) Les évêques apprennent vite et ce que beaucoup ont appris de votre pontificat ce n’est pas que vous êtes ouvert à la critique mais bien que vous ne l’admettez pas ».

Enseignant de renom

À 71 ans, le père Weinandy a enseigné dans de nombreuses universités aux États-Unis, pendant douze ans à Oxford ainsi qu’à Rome, et à l’Université pontificale grégorienne. Il a par ailleurs été pendant neuf ans le directeur exécutif du Secrétariat pour la doctrine de la Conférence épiscopale des États-Unis et en est devenu par la suite un conseiller écouté.

Les commentaires n’ont pas manqué d’abonder à la suite de cet épisode, le courrier ayant par ailleurs beaucoup circulé, notamment dans les milieux les plus sceptiques quant à l’action du pape François.

Plusieurs observateurs ont relevé la violence des critiques adressées au pape, notamment l’accusation de « pécher contre l’Esprit Saint ». Dans une tribune, le Catholic National Reporter souligner « l’ironie » de l’évocation de la censure dans la bouche d’un théologien ayant autrefois censuré nombre de ses pairs.

De leur côté, les évêques américains, embarrassés par une opposition de plus en plus audible à François, ont publié un communiqué dans lequel ils rappellent que s’il peut exister des « discussions » sur des sujets théologiques ou pastoraux, leur loyauté envers le pape est indéfectible.

Marie Malzac

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