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mardi, 17 janvier 2017

Amoris Laetitia: le Cardinal Burke tourne en rond

Amoris Laetitia: le Cardinal Burke tourne en rond

«Il n'y a aucun ultimatum au Pape, mais nous devons aller de l'avant. La foi est en péril»

Le cardinal Burke est le chef de file des cardinaux qui veulent corriger le Pape

«La confusion dans l'Eglise est évidente. Il faut de la clarté»

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images.jpegLa discussion sur les "dubia", les doutes soumis au Pape par quatre cardinaux sur la façon d'interpréter l'exhortation Amoris laetitia continue d'être au centre de l'attention médiatique.

Les dubia tournent autour de l'accès à l'Eucharistie pour les divorcés remariés qui vivent ensemble (more uxorio) sans être mariés, accès que, dans certains cas, Amoris laetitia permettrait. Le Magistère précédent a exclu à plusieurs reprises cette possibilité pour les divorcés remariés qui ne peuvent pas se séparer pour une bonne raison, sauf dans le cas d'un engagement à vivre comme frère et sœur. 

Le cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, le "watchdog" de l'orthodoxie, a dit dans une interview à Tgcom24 que les questions ne sont pas à poser publiquement (la lettre au pape date du mois de septembre et sa divulgation du mois novembre).  Il n'y a pas besoin de corriger le pape, car «il n'y a pas de danger pour la foi»

«La confusion dans l'Eglise sur l'interprétation de certains passages d'Amoris laetitia est au contraire évidente» dit le Cardinal Raymond Leo Burke, le plus exposé des quatre cardinaux (ndlr: que fait notre cardinal pour nous donner une juste interprétation d'AL ?)

«C'est pourquoi je ne vois pas comment on pourrait dire qu'il n'y a pas de danger pour la foi. Par ailleurs, nous avons communiqué les cinq dubia au Pape de manière très respectueuse. Quand nous n'avons pas reçu de réponse, nous avons décidé, pour le bien des âmes, de rendre public ce fait qu'il existe des doutes et que tous les fidèles sont appelés à y prêter attention».

Le cardinal Burke, signataire avec les cardinaux Walter Brandmüller, Carlo Caffara et Joachim Meisner, a ensuite soulevé la question d'une possible «correction formelle» du Pape. Selon ce qui a été rapporté par plusieurs médias italiens, extrapolant le contenu d'une interview publiée aux Etats-Unis, Burke aurait donné un ultimatum pour cette «correction formelle». Cet ultimatum devait expirer après les fêtes de Noël. (ndlr: l'ultimatum est tout de même posé: si le Pape ne répond pas, nous le corrigerons)

En réalité, il n'y a eu «absolument aucun ultimatum», confirme le cardinal Burke. «De nombreux médias ont mal compris. Dans cette interview aux États-Unis, ils m'avaient demandé quelles seraient les prochaines étapes concernant les dubia présentés au Saint-Père, et j'ai simplement dit que rien ne pouvait se produire à ce moment-là parce que nous étions sur le point de vivre le temps liturgique de Noël et de l'Epiphanie. Ce n'est qu'après qu'on pourrait éventuellement penser à la façon de procéder, mais ce n'était certainement pas un ultimatum pour une confrontation avec le Pape».

Le cardinal Brandmüller a déclaré que l'éventuelle «correction formelle» du pape pourrait avoir lieu "in camera caritatis".«En effet», précise Burke, «je n'ai jamais dit qu'il faudrait qu'il y ait une confrontation publique. Je suis d'accord avec le cardinal Brandmüller, la première étape serait de demander une rencontre privée avec le Saint-Père pour lui montrer les déclarations inacceptables d'Amoris laetitia , montrant comment, d'une manière ou d'une autre, elles ne conviennent pas pour exprimer ce que l'Eglise a toujours enseigné».( ndlr: pourquoi avoir publié les dubia et demander une rencontre privée ?)

Certains prétendent que dans la discipline de l'Eglise il n'y a pas d'institution de «correction formelle» du Saint-Père. L'avez-vous inventé vous-même?

«Bien sûr que non. Saint Thomas d'Aquin soulève dans ses écrits théologiques la question de la correction formelle du pape, et la discipline de l'Eglise en parle également. Elle a été rarement utilisée. Il y a des exemples, et certainement on peut envisager le cas d'un pape qui en quelque sorte peut tomber dans l'erreur. Dans ce cas, il doit y avoir une correction».

Soutenir que, dans certains cas, les divorcés remariés qui vivent more uxorio peuvent accéder à l'Eucharistie signifie-t-il faire une erreur ?

«On pourrait dire que la déclaration est matériellement inexacte, car il n'est pas possible de recevoir les sacrements pour une personne qui vit "more uxorio" avec quelqu'un qui n'est pas son mari ou sa femme. Au contraire, affirmer que c'est possible est une erreur formelle qui va à l'encontre de ce que Jésus lui-même a enseigné et a toujours été l'enseignement de l'Eglise».

Par conséquent, soutenir cela, c'est une hérésie?

«Non, je pense que l'on peut le qualifier d'erreur, mais c'est une situation complexe. L'hérésie est le déni obstiné ou le doute obstiné d'une vérité qui doit être crue par foi divine et catholique de la part d'une personne baptisée. Une hérésie pourrait être le fait de quelqu'un qui affirme qu'il n'y a pas d'actes moraux intrinsèquement mauvais. Dire cela serait dire quelque chose de contraire à la doctrine de l'Église et serait clairement une hérésie. L'affirmation sur l'accès aux sacrements dont je parlais avant, se réfère plutôt à une pratique qui contredit deux doctrines: celle sur l'indissolubilité du mariage et celle sur la présence réelle de Jésus dans l'Eucharistie. La première réaction serait de dire que c'est certainement une erreur».

Revenons aux "dubia". Certains ont insinué que les quatre cardinaux sont divisés entre eux. Est-ce vrai?

«C'est totalement faux, nous sommes unis et voilà pourquoi je ne veux faire aucune spéculation sur les éventuelles prochaines étapes à accomplir concernant l'initiative que nous avons prise. Si nous le faisons, nous le ferons après nous être confrontés».

Mais vous pensez encore que le pape répondra à vos dubia?

«Nous sommes toujours en attente d'une réponse du pape comme notre pasteur suprême. Ne pas attendre une réponse ne serait pas respectueux de son office».

Pour beaucoup, la réponse est déjà là: les quatre cardinaux ne sont que des "docteurs de la loi", durs et insensibles.

«Il me semble, à moi, que la loi morale n'est pas quelque chose qui emprisonne une personne, c'est exactement le contraire: la loi morale libère la personne et l'oriente à faire le bien. En effet, quand il n'y a pas de respect pour la loi morale, on voit se réaliser des situations chaotiques et moralement, il se passe une sorte d'emprisonnement.

Pour les personnes de foi, nous pouvons dire que la loi divine libère, et n'est pas une chose négative. Et puis enseigner la loi morale est un grand acte de charité envers le prochain parce qu'elle indique le chemin vers la liberté authentique et la félicité. Il est impossible d'affirmer qu'une personne peut trouver une quelconque forme de bonheur en péchant».

Le pape dit rencontrer une résistance "maléfique" qui "survient lorsque le diable inspire de mauvaises intentions". Vous êtes-vous senti visé?

«Je ne sais pas à quoi faisait référence le pape. Personnellement, je ne me suis certainement pas senti coupable, parce que ce n'est pas la description de ma position».

Avec votre initiative publique, ne vous semble-t-il pas contribuer à diviser l'Eglise plutôt que de l'unir?

«Ce qui divise est le mensonge et l'ambiguïté, la vérité unit toujours. Il est absurde de dire que quatre cardinaux qui posent cinq questions raisonnables, et d'une importance fondamentale pour tous les chrétiens, se comportent de manière à diviser l'Eglise. Nous sommes au service de l'Office pétrinien, donnant au pape l'occasion de confirmer l'enseignement de l'Eglise, face à une situation qui se montre ambiguë dans la pratique».

(Lien: les dubia divisent l'Eglise, par le Cardinal Müller)

D'autres cardinaux ou prélats partagent-ils votre position sur les questions que vous avez posées?

«Nous ne sommes pas seulement quatre. Je connais personnellement d'autres cardinaux qui partagent pleinement les dubia».

Pourquoi tant de bruit pour un problème que beaucoup ont du mal à comprendre?

«Nous avons à faire ici à un sujet qui concerne profondément l'Eglise: le mariage et la famille, qui est son fruit, et qui constituent le fondement de la vie de l'Eglise. Nous ne nous perdons pas derrière des problèmes complexes ou difficiles, nous apportons tout simplement notre contribution à la croissance de l'Eglise dans sa cellule vivante la plus élémentaire».

En fin de compte, le seul crime qui vous restera, c'est d'être désespérément traditionaliste?

«Eh bien, toutes ces étiquettes sont très commodes pour ne pas aborder le cœur de notre préoccupation, qui est la vie de l'Eglise. Les dubia, qu'on le veuille ou non, concernent cela».

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Je ne sais pas comment va se terminer ce roman, cette histoire de confusion semée par le cardinal. J'espère qu'il ne va pas persévérer dans son intention (errare humanum est, perseverare diabolicum - l'erreur est humaine, la persévérance dans l'erreur est diabolique)

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