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vendredi, 09 décembre 2016

La vie à Cuba: interview d’un curé français en visite à Cuba lors de la mort de Fidel Castro.

Interview d’un curé français en visite à Cuba lors de la mort de Fidel Castro.

Ce qui m’a alors profondément marqué c’est l’absence de manifestations de joie ou de tristesse comme si nul n’osait exprimer ce qu’il pouvait ressentir.

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Unknown.jpegAprès avoir été envoyé cinq ans à Cuba par la Communauté Saint-Martin, don François Lamarque, curé de Font-Romeu y est retourné pour une visite de dix jours afin de revoir la mission dans laquelle il avait œuvré en tant que vicaire de la paroisse de Placetas du diocèse de Santa Clara situé au centre de l’île cubaine. C’est pendant son passage que fut annoncée la mort de Fidel Castro le 25 novembre dernier.

Dans quelles circonstances avez-vous appris la mort de Fidel Castro ?

Pendant ma visite à Cuba, alors que je me trouvais au sein d’une zone montagneuse pour une visite auprès d’amis, j’ai appris que le « Commondante en Jefe » venait d’être déclaré mort le 25 novembre. Grande fut ma surprise doutant de l’information dans un premier temps. Stupeur partagée avec l’ensemble des personnes rencontrées qui semblaient toutes déconcertées par l’annonce de cet événement. Ce qui m’a alors profondément marqué c’est l’absence de manifestations de joie ou de tristesse comme si nul n’osait exprimer ce qu’il pouvait ressentir.

Comment les autorités ont-elles réagi ?

Presque immédiatement après l’annonce de la mort de Fidel Castro, neuf jours de deuils nationaux furent annoncés (avec interdiction de la musique et de l’alcool ce qui n’est pas rien pour les Cubains). Les autorités cubaines qui ne sont pourtant pas réputées pour leur sens de l’organisation ont semblé pourtant parfaitement maîtriser le temps et l’espace pour rendre au dictateur un hommage retentissant. Ainsi, la population toute entière a été « conviée » à venir signer un livre de condoléance et à réaffirmer les « principes de la Révolution » pour jurer leur allégeance au mouvement initié par Fidel Castro.

Grand nombre de journaux et de politiques français ont parlé de l’émoi et du témoignage des Cubains vis-à-vis de Castro. Qu’en est-il réellement ?

La mort de Fidel Castro représente la fin d’une époque et nous pourrions alors parler d’une forme de nostalgie quant à une page qui se tourne. Des manifestations de tristesse ont été montrées dans la population pour un homme qui est apparu comme « un père, un libérateur ». Cependant, les cérémonies qui se sont déroulées ne sont que des leurres de la part du gouvernement qui, comme dans toute dictature, utilise la propagande pour garder prisonnier sa propre population et faire croire au reste du monde que son système assure le salut de son peuple. Pour le parti communiste cubain tout a commencé avec la Révolution et le pays ne peut trouver sa fin que dans le communisme d’où l’importance de garder la main sur la situation de crise actuelle qui les mène dans une impasse.

La mort de Fidel Castro est le moment de réaffirmer leur capacité à assurer un ordre juste. Ainsi la population a été contrainte d’une certaine manière d’aller rendre hommage au Lider Maximo en signant un livre de condoléances et de jurer fidélité aux principes de la Révolution. Dans ce pays où l’Etat contrôle tout de manière directe (enseignement, soins, production…) ou indirecte (par le commerce notamment) il leur était facile de contraindre chacun de se plier à leurs exigences… Peu ont eu le courage de refuser ces démarches mais cela ne sera pas sans conséquences. Ils perdront probablement leur travail et mis en marge de la société.

L’absence de réaction est dû à cette peur d’être réprimander et de perdre une situation déjà difficile pour beaucoup.

Qu’en est-il du rôle de l’Eglise à Cuba ?

Cuba a arrêté de se développer au début des années 60 avec la Révolution. C’est une vitrine vivante d’une époque vieille de près de 60 ans. Beaucoup de délabrement, pauvreté humaine et matérielle pour la grande majorité, le pays est en survie.

L’Eglise qui avait été oppressée et ayant subi l’expulsion des prêtres étrangers et la fermeture des congrégations enseignantes connait un renouveau à Cuba depuis le passage de Jean-Paul II en 1998. Les venues de ses successeurs ont également permis de desserrer l’étau. Le rôle de l’Eglise est élémentaire pour assurer ce que l’Etat cubain n’arrive pas à assumer : enseignement, attention aux plus démunis… et pour transmettre la Foi dans le Christ. La paroisse confiée à la Communauté Saint-Martin essaie de jouer ce rôle auprès des plus pauvres telles que les personnes âgées, des personnes sans ressources, les enfants handicapées. S’occuper de la jeunesse est aussi une de ses priorités avec notamment le soin d’un internat et d’un soutien scolaire comptant 300 élèves.

Un grand nombre de problèmes liés à l’alcool et à la sexualité sont à déplorer. Il y a beaucoup de travail et d’éducation à faire en ce sens pour former des personnes responsables surtout si le pays s’ouvre sur un monde de vie consumériste avec l’Amérique à côté avec le risque de basculer d’un extrême à l’autre passer d’un état de contrôle et de contrainte à un laxisme effréné qui sera une autre forme d’asservissement.

L’Eglise apporte l’espérance que le Christ est le Sauveur et permet d’être comme un socle sur lequel les gens peuvent venir s’appuyer et trouver des valeurs donnant sens à leur vie.

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Ce témoignage permet de jeter un regard lucide sur les affirmations de Mme Ségolène Royal

Commentaires

Mon père, vous pouvez parler sans crainte. Vous pourrez vous confesser pour'avoir débité autant de mensonges sur Cuba. Quel mépris pour les Cubains et pour le Pape François dont les propos ont démenti tout ce que vous dites. Quelle tristesse de voir un homme de foi si aveugle.

Écrit par : Gloria | vendredi, 09 décembre 2016

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Ah bon ?

Écrit par : Don Dom | vendredi, 09 décembre 2016

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