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jeudi, 16 novembre 2017

Affaire Anatrella : le dossier s'enlise

source: Facebook

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Affaire Anatrella : le dossier s'enlise

Nouvel article de la journaliste Bernadette Sauvaget que je me permets de donner ci-dessous (nom de l'auteur connu via Facebook) après ces quelques mots d'introduction de ma part. L'affaire Anatrella s'enlise.

Le procès canonique ( = à l'intérieur de l'Eglise), décidé il y a 8 mois, n'a pas commencé et rien ne dit qu'il commencera bientôt. La levée de la prescription espérée a été refusée par les autorités romaines après des mois de débat.

Tout traîne. Pour moi qui connais quelque peu ce dossier, j'ai bien compris que personne, dans la hiérarchie de l'Eglise, n'avait vraiment intérêt à faire justice : les faits reprochés au prêtre et psychanalyste Anatrella sont précis, les témoignages nombreux, ils ont été délibérément cachés pendant des années, Anatrella a été protégé pendant des décennies de manière active etc.

J'ai écrit un mémorandum d'une dizaine de pages sur ce dont j'ai été témoin et ce que j'ai fait concernant cette affaire depuis janvier 2006 (soit bientôt 12 ans).

Je me réserve de le publier un jour. Ce mémorandum est accompagné de documents… Une des pièces essentielles est une lettre que j'ai envoyée à Mgr Pontier, président de la conférence des évêques de France en 2014 ; elle est restée sans réponse. Je l'ai renvoyée en 2016 en recommandé avec accusé de réception, j'ai aussi téléphoné et écrit par mail à son secrétariat pour signaler que j'envoyais cette lettre.

Elle m'a été renvoyée par la poste un mois plus tard avec cette mention sur l'enveloppe : "avis de passage, mais pli non réclamé". "Nous faisons tout ce que nous pouvons" disent certains prélats… Non ! Si l'on était si certain de l'innocence de T. Anatrella, le procès canonique aurait eu lieu depuis longtemps. Si l'on était soucieux de justice, justice serait rendue.

Affaire Anatrella : le dossier s'enlise

Par Bernadette Sauvaget — 16 novembre 2017 à 17:24

Le diocèse de Paris a monté une commission pour entendre d'anciens patients disant avoir été abusés par le prêtre Anatrella

Accusé d’abus sexuels sur d’anciens patients, le «psy de l’Église», Tony Anatrella est sous le coup d’une procédure interne. Mais la non-levée de la prescription et le retard pris dans les poursuites inquiètent les victimes.

• Affaire Anatrella : le dossier s'enlise

images.jpegPour les victimes présumées, c’est le brouillard. «Notre dossier a été transmis il y a déjà huit mois à l’officialité de Toulouse [le tribunal interne à l’Eglise, ndlr].

Mais rien n’a véritablement bougé, si ce n’est qu’on vient de nous annoncer une nouvelle enquête», affirme à Libération, l’un des anciens patients du prêtre Tony Anatrella, accusé d’abus sexuels par plusieurs personnes ayant suivi des thérapies avec lui. Surnommé le «psy de l’Eglise», pourfendeur de l’homosexualité, Anatrella, médiatique et influent au Vatican, est sous le coup d’une procèdure lancée, à l’été 2016, par le diocèse de Paris duquel il dépend.

A ce jour, aucune procèdure, en revanche, n’a été ouverte par la justice «des hommes», les faits étant considérés (au moins pour ceux qui ont été portés à sa connaissance) comme prescrits.

Le même problème se pose pour l’Eglise. Toutefois, l’archevêque de Paris André Vingt-Trois avait, il y a quelques mois, transmis une demande de levée de la prescription au pape François. Celui-ci, selon une source proche du dossier au diocèse de Paris, a récemment tranché : la prescription ne devrait pas être levée dans l’affaire Anatrella, l’un des gros scandales d’abus sexuels auquel est confrontée l’Eglise catholique en France.

Dans son cabinet place de la Nation, le prêtre a reçu, pendant plusieurs décennies, des patients envoyés notamment par des évêques et des supérieurs d’ordre religieux. «La prescription a été levée dans des affaires de pédophilie, concernant des mineurs mais l’affaire Anatrella concerne des majeurs», explique une source proche de l’archevêque de Paris pour expliquer la décision du Vatican. «C’est une très grosse déception», affirme à Libération l’un des plaignants.

Une pétition

Alerté de cas d’abus sexuel mettant en cause Tony Anatrella depuis le début des années 2000, l’Eglise catholique a tardé à bouger, couvrant même dans un premier temps le prêtre. Dans la tourmente des affaires de pédophilie, l’archevêque de Paris André Vingt-Trois avait finalement diligenté, il y a un peu plus d’un an, une enquête interne confiée à l’un de ses auxillaires, Eric de Moulin-Beaufort.

Une dizaine de victimes se seraient alors manifestées. Par la suite, le dossier avait été transmis à l’officialité de Toulouse pour l’ouverture d’un procès canonique (interne à l’Eglise). «On ne peut à la fois faire traîner le dossier et nous objecter ensuite la prescription», s’insurge Daniel L., le premier à avoir alerté sur les pratiques déviantes de Tony Anatrella. En 2001, il avait été reçu par le cardinal Jean-Marie Lustiger pour évoquer cette affaire. Redoutant que le prêtre ne soit pas sanctionné, Daniel L. affirme réfléchir à d’autres modalités d’actions, «une pétition» ou «un voyage à Rome».

Même si la prescription n’est pas levée, l’affaire Anatrella n’est pas terminée pour autant. Une procèdure (moins sévère) est toujours en cours et plusieurs plaignants devraient prochainement être entendus par un juge écclésiastique. «On a l’impression de repartir à zéro», se désespère l’un d’entre eux.

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