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vendredi, 14 avril 2017

Lyon: l'ancien Père Gréa suspendu "ad divinis"

Lyon: l'ancien Père Gréa suspendu "ad divinis"

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Famille Chrétienne

Dans une lettre adressée aux prêtres du diocèse, l’archevêque de Lyon annonce que le mariage civil du Père David Gréa entraîne une mesure canonique à son encontre. Il revient également sur les récentes affaires d’abus sexuels. 

Le ton est fraternel, mais ferme. Dans une lettre datée du mercredi saint et adressée à tous les prêtres du diocèse de Lyon, publiée par La Croix, le cardinal Philippe Barbarin revient longuement sur la situation du Père David Gréa, et sur les affaires d’abus sexuels dans l’Église.

« Je sais que beaucoup d’entre nous gardent David Gréa dans leur prière. Il est blessant pour nous qu’il se marie civilement ce samedi saint », écrit l’archevêque. L’ancien curé de la paroisse Sainte-Blandine avait été relevé de son poste pastoral en février dernier, après avoir annoncé sa relation avec une femme, et exprimé des doutes sur son célibat sacerdotal. «J’ai souhaité être en vérité avec l’Église en disant ma joie d’être prêtre et mon désir de me marier», expliquait-il dans une lettre ouverte à ses paroissiens.

« Je regrette qu’il n’ait pas respecté le temps de recul et de réflexion auquel je l’avais invité », déplore le cardinal Barbarin, qui explique avoir pris une « mesure canonique difficile, conformément à ce que demande l’Église ». Dans le cas où un prêtre se marie, le droit canon précise en effet qu’il doit être interdit de célébrer les sacrements, et renvoyé de l’état clérical. 

L’archevêque en profite pour dire son « admiration », pour l’attitude des paroissiens de Sainte-Blandine, dont il salue le « sens de l’Église » et le « désir d’y rester fidèle », tout en reconnaissant « ce qu’ils doivent à David ». Il précise que le Père Xavier Grillon prendra la succession du précédent curé en septembre prochain. 

De cette épreuve pour le diocèse, le cardinal Barbarin estime y avoir entendu « un appel à l’humilité, surtout pour ceux d’entre nous dont le ministère porte beaucoup de fruits visibles ». Il encourage également ses prêtres à « réfléchir ensemble à notre engagement au célibat pour le fonder à nouveau intérieurement ». 

« La priorité de l’Église, ce sont les victimes »

L’archevêque de Lyon revient également sur les affaires d’abus sexuels qui ont secoué le diocèse. « La priorité de l’Église, ce sont les victimes », martèle-t-il. « C’est au contact des victimes que progresse la compréhension de ce drame et de ces multiples conséquences », ajoute le cardinal, qui remercie les victimes qui ont accepté de rencontrer les responsables diocésains. 

Il confirme que le sort du Père Bernard Preynat est entre les mains de la justice civile et des tribunaux canoniques de l’Église. « Aujourd’hui, aucun prêtre qui serait identifié comme auteur d’un seul abus sur mineur n’exerce aucun ministère paroissial », prévient l’archevêque.

Le cardinal Barbarin termine sa lettre en empruntant les mots de la demande d’ordination d’un jeune se préparant à devenir prêtre dans le diocèse de Lyon : « Les événements qui se sont déroulés ces derniers mois m’ont montré la gravité des blessures que cause l’infidélité sacerdotale. (…) Cette fidélité au Christ me semble intrinsèquement liée à un choix de style de vie résolument et très concrètement pauvre, chaste et obéissant. »

En guise de signature, l’archevêque de Lyon partage aux prêtres un verset de la seconde lecture de la messe chrismale : « que la grâce et la paix vous soient données de la part de Jésus-Christ » (Ap 1,5). 

Pierre Jova

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