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lundi, 26 décembre 2016

Amoris Laetitia: aimer le Pape

"celui qui est saint ne peut être en dissentiment avec le Pape" 

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Amoris Laetitia: aimer le Pape

"C'est pourquoi quand on aime le Pape, on ne discute pas au sujet des mesures ou des ordres qu’il donne; on ne recherche pas jusqu’où doit aller l’obéissance, et quelles sont les choses dans lesquelles on doit obéir.

Quand on aime le Pape, on n’objecte pas qu’il n’a pas parlé assez clairement, comme s’il était obligé de répéter à l’oreille de chacun ses volontés clairement exprimées, tant de fois, non seulement de vive voix, mais encore par des lettres et d’autres documents publics; on ne met pas en doute ses ordres, sous le prétexte, si facile pour celui qui ne veut pas obéir, que ce n’est pas le Pape qui commande, mais ceux qui l’entourent. On ne limite pas le champ où son autorité peut et doit s’exercer.

On ne préfère pas à l’autorité du Pape celle d’autres personnes, si doctes soient-elles, qui ne sont pas du même avis que le Pape: car, si elles ont la science, elles n’ont pas la sainteté, parce que celui qui est saint ne peut être en dissentiment avec le Pape"

(Saint Pie X, 18 Novembre 1912).

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"On ne préfère pas à l’autorité du Pape celle d’autres personnes, si doctes soient-elles, qui ne sont pas du même avis que le Pape: car, si elles ont la science, elles n’ont pas la sainteté, parce que celui qui est saint ne peut être en dissentiment avec le Pape"

Commentaires

Merci, cher Dominique pour ce partage.

J'en suis intimement convaincu.

Et je suis aussi convaincu qu'une grande partie de ces objections révèlent plus le manque d'intelligence spirituelle et de profondeur théologale de ceux qui les profèrent plutôt que les soi-disant erreurs ou imprécisions du Saint-Père.

Écrit par : Nicolas Buttet | mardi, 27 décembre 2016

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Merci à Saint Pie X ! je ne sais pas comment cela va finir cette histoire. Il serait tellement plus simple d'avoir un peu plus d'humilité et de se laisser rejoindr par Dieu, une rencontre dans e la réalité et la vie concrète de nos vies. C'est le réalisme de Saint Thomas d'Aquin.

Écrit par : Don Dom | mardi, 27 décembre 2016

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Quand on connaît un peu les informations liées aux Dubia, on ne peut qu'être surpris par cette réflexion, qui ne sert pas la vérité, mais qui ne constitue en réalité qu'un Xe exercice de communication pour sauver le soldat Bergoglio, en fâcheuse posture.

Sans le dire explicitement, vous prêtez au Cardinal Burke et aux trois autres qui, jusqu'à ce jour, se sont formellement exprimés, des sentiments qui ne sont pas les leur (manque d'humilité, manque d'intelligence spirituelle et de profondeur théologale...).

Pour s'en convaincre, il suffit de lire l'entretien qu'il a donné à Edward Pentin, mais que vous n'avez manifestement pas jugé digne d'intérêt pour permettre aux gens de se faire une opinion, honnêtement, en pleine connaissance de cause:

http://benoit-et-moi.fr/2016/actualite/dubia-le-cardinal-burke-sexplique.html

Si Amoris laetitia était clair en tout point, le débat ne se poserait pas. Or, manifestement, il ne l'est pas. Souvenez-vous que lors d'un de ces entretiens qui rythme chaque retour de voyage, alors qu'un journaliste faisait référence au chapitre 8 de A.L. (et en particulier à cette note en bas de page), François a esquivé la question en renvoyant aux commentaires de son préposé de service, le Cardinal Schönborn. Tout est stratégique, non seulement dans l'écrit, mais aussi dans l'intention et dans la stratégie. Il ne faut pas avoir étudié la communication pour s'en rendre compte.

Lorsqu'on s'aperçoit qu'un texte est ambigu, qu'il soulève des controverses, ou pire encore, qu'il risque de donner lieu à des applications différentes, d'un diocèse à l'autre, conduisant même des prêtres à s'opposer les uns les autres, par rapport à un point aussi crucial que celui du sacrement du mariage et de l'accès à la communion, on corrige. C'est précisément un devoir de charité chrétienne, et même une obligation d'état, de demander une clarification.

L'opposition à l'enseignement de St Pie X est donc parfaitement incongrue, inopportune et, excusez-moi du terme, grossière.

Il ne s'agit pas à préférer à l'autorité du pape celle d'autres personnes. Il s'agit de suivre l'enseignement du Christ, et pas des arrangements qui nous conviennent, au prix de transformer le sacrement du mariage en prétexte à une miséricorde vidée de son sens, destinée à nos accommodements humains (ce que vous appelez la "vie concrète de nos vies").

Puisque vous citez Saint Pie X, comment celui-ci aurait-il réagi si un homme avait dit:


"What is reconciliation? Taking one from this side, taking another one for that side and uniting them: no, that’s part of it but it's not it ... True reconciliation means that God in Christ took on our sins and He became the sinner for us. When we go to confession, for example, it isn’t that we say our sin and God forgives us. No, not that! We look for Jesus Christ and say: 'This is your sin, and I will sin again'. And Jesus likes that, because it was his mission: to become the sinner for us, to liberate us. "

?????????????

Comment Saint Pie X aurait-il réagi si un homme, fût-il pape avait dit:
"Est-ce que Dieu est injuste? Oui, il a été injuste avec son fils, il l'a envoyé sur la croix"

?????????????

Les exemples pleuvent...

Comment finira cette histoire ? Nous en connaissons déjà le dénouement. Jésus nous l'a déjà annoncé: le monde passera, mais mes paroles ne passeront pas.

Écrit par : Philippe | mardi, 27 décembre 2016

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Bonjour Monsieur l’abbé Rimaz et Père Buttet
Comment concilier cette phrase du Pape St Pie X avec la possibilité que la théologie catholique reconnaît la possibilité qu’un Pape soit hérétique ?
Ce qui compte dans l’autorité, c’est que son magistère confirme ou précise ce qui a toujours été enseigné par la Sainte Eglise, et c’est cette vérité qui est source de sainteté.
Est-ce que Amoris Laetitia confirme ou précise l’enseignement constant de l’Eglise sur le péché mortel, les sacrilèges envers le Saint Sacrement, le risque de damnation ? Est-ce que cette exhortation tient compte que depuis plusieurs décennies des prêtres, infidèles à leur sacerdoce, donnent ou font la promotion de la réception de sacrements par des personnes qui vivent en contradiction avec le sixième commandement. Sans parler des hypocrites qui feintent l’orthodoxie et qui, en douce, permettent ces sacrilèges.
Vous parlez de réalisme..très bien. La première réalité c’est que les grands électeurs du Pape François, Kasper, Daneels, Hummes,et. sont des partisans de la communion aux personnes vivant dans l’adultère. Tous les partisans de cet acte sacrilège se réjouissent de cette exhortation sans que celui qui a reçu mandat de confirmer ces frères dans la foi ne les reprennent. Ça c’est la réalité loin de tout verbiage.
‘’Une erreur à laquelle on ne s’oppose pas doit être considérée comme approuvée, et une vérité mollement défendue est en réalité niée.’’ Selon l’adage bien connu…
Vous parlez de St Thomas d’Aquin mais dans la Somme théologique, l’exposition des erreurs et leur réfutation prennent autant de place, sinon d’avantage, que l’exposition de la vérité. Saint Thomas, dans un opuscule, déclarait : « c’est par la résistance aux contradicteurs que la voie vers la vérité est le mieux ouverte et celle vers l’erreur le mieux fermée » (Contra pestiferam doctrinani retrahentium hommes a religionis ingressu.)

Ce n’est pas la polémique qui divise mais l’erreur. C’est pourquoi nous attendons que la vérité sorte de la bouche de celui qui est le Vicaire de la…Vérité
Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient dévoilées; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses oeuvres soient manifestées, parce qu'elles sont faites en Dieu. (Jn 3,20)

Écrit par : steve | mardi, 27 décembre 2016

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Cela paraît assez simple: un Pape ne peut pas être hérétique dans son Magistère.

Écrit par : Don Dom | mardi, 27 décembre 2016

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Vous avez raison. Cela étant dit, je vous renvoie aux paroles du Cardinal Brandmüller:

"Celui qui pense que l'adultère permanent et la réception de la sainte communion sont compatibles est un hérétique et favorise le schisme".

Donc le droit de l'Eglise permettant à des évêques d'obtenir des clarifications, le pape a l'obligation de clarifier sa position et de mettre fin aux ambiguïtés qu'il a lui-même provoquées. Ce n'est du reste pas la première fois dans l'histoire qu'un pape est ainsi amené à se corriger, d'autant que nous n'avons pas affaire, ici, à une dispute théologique ardue, mais à un point de doctrine clairement établi, et qui est directement lié aux paroles du Christ.

Ce que vous avez écrit dans votre dernier commentaire est totalement compatible par contre avec les paroles du Cardinal Burke: un pape qui professerait une hérésie cesserait automatiquement d'être pape. Que cela lui plaise ou non. Il n'est pas le successeur du Christ, mais un successeur de St Pierre. Il est l'intendant. Pas celui qui peut disposer du dépôt de la foi à sa guise.

Les choses finiront bien par se régler, le seigneur est dans la barque.

Écrit par : Philippe | mardi, 27 décembre 2016

Vous avez raison. Cela étant dit, je vous renvoie aux paroles du Cardinal Brandmüller:

"Celui qui pense que l'adultère permanent et la réception de la sainte communion sont compatibles est un hérétique et favorise le schisme".

Donc le droit de l'Eglise permettant à des évêques d'obtenir des clarifications, le pape a l'obligation de clarifier sa position et de mettre fin aux ambiguïtés qu'il a lui-même provoquées. Ce n'est du reste pas la première fois dans l'histoire qu'un pape est ainsi amené à se corriger, d'autant que nous n'avons pas affaire, ici, à une dispute théologique ardue, mais à un point de doctrine clairement établi, et qui est directement lié aux paroles du Christ.

Ce que vous avez écrit dans votre dernier commentaire est totalement compatible par contre avec les paroles du Cardinal Burke: un pape qui professerait une hérésie cesserait automatiquement d'être pape. Que cela lui plaise ou non. Il n'est pas le successeur du Christ, mais un successeur de St Pierre. Il est l'intendant. Pas celui qui peut disposer du dépôt de la foi à sa guise.

Les choses finiront bien par se régler, le seigneur est dans la barque.

Écrit par : Philippe | mardi, 27 décembre 2016

Vous avez raison. Cela étant dit, je vous renvoie aux paroles du Cardinal Brandmüller:

"Celui qui pense que l'adultère permanent et la réception de la sainte communion sont compatibles est un hérétique et favorise le schisme".

Donc le droit de l'Eglise permettant à des évêques d'obtenir des clarifications, le pape a l'obligation de clarifier sa position et de mettre fin aux ambiguïtés qu'il a lui-même provoquées. Ce n'est du reste pas la première fois dans l'histoire qu'un pape est ainsi amené à se corriger, d'autant que nous n'avons pas affaire, ici, à une dispute théologique ardue, mais à un point de doctrine clairement établi, et qui est directement lié aux paroles du Christ.

Ce que vous avez écrit dans votre dernier commentaire est totalement compatible par contre avec les paroles du Cardinal Burke: un pape qui professerait une hérésie cesserait automatiquement d'être pape. Que cela lui plaise ou non. Il n'est pas le successeur du Christ, mais un successeur de St Pierre. Il est l'intendant. Pas celui qui peut disposer du dépôt de la foi à sa guise.

Les choses finiront bien par se régler, le seigneur est dans la barque.

Écrit par : Philippe | mardi, 27 décembre 2016

La gravité de la situation mérite mieux que des formules toute faites. Ainsi, quand le Cardinal Burke dit:

"si vous prenez la question du mariage, l'Église enseigne que le mariage est indissoluble, en accord avec la parole du Christ: "Celui qui répudie sa femme et en épouse une autre, commet un adultère". Par conséquent, si vous êtes divorcé, vous ne pouvez pas entrer dans une relation conjugale avec une autre personne à moins que le lien indissoluble auquel vous êtes lié soit déclaré nul, être inexistant. Mais si nous disons, eh bien, dans certains cas, une personne vivant dans une union matrimoniale irrégulière peut recevoir la sainte communion, alors l'une de ces deux choses doit être vraie: ou bien le mariage, en réalité, n'est pas indissoluble - comme, par exemple, dans le genre de "théorie éclairée" (“enlightenment theory”) du cardinal [Walter] Kasper, qui soutient que le mariage est un idéal auquel, en tout réalisme, nous ne pouvons pas obliger les gens - dans un tel cas, nous avons perdu le sens de la grâce du sacrement, qui permet aux mariés de vivre la vérité de leur engagement de mariage -; ou bien la Communion n'est pas la communion avec le Corps et le Sang du Christ. Bien sûr, aucune de ces deux alternatives n'est possible. Elles contredisent les enseignements constants de l'Eglise depuis le début et, par conséquent, elles ne peuvent pas être vraies."

... peut-on encore prétendre que l'exhortation du pape est conforme à la parole du Christ ?

Vous-même, enseignez-vous que Dieu est injuste ? Qu'il a été injuste en envoyant son fils sur la croix?

Enseignez-vous, comme Bergoglio le fait, que le Christ est devenu un pécheur pour nous ?

Pas facile de défendre l'indéfendable...

Écrit par : Ph | mardi, 27 décembre 2016

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Pour les deux dernières phrases je peux vous assurer que le Pape n'a jamais dit cela.

AL est un texte magnifique, rempli de citations bibliques, avec beaucoup de réalisme.

Honnêtement croyez-vous qu'un Pape Jésuite, formé aux exercices spirituelles, qui invite donc à se placer sous la bannière du Christ, à renoncer au mal, à Satan, à haïr le péché, puisse conseiller d'aimer les péchés qui empêchent la grâce de se déployer ? Il redit haut et fort que nous devons pas seulement nous préoccuper de l'adultère, car l'obsession ne fait pas de bien, mais regarder aussi tous les autres péchés qui détruisent la vie familiale. Le Pape est positif et réaliste, il invite au bien, à l'amour fidèle. Bref la lecture du texte est stimulante. Il faut le lire, avec Joie et Espérance.

Écrit par : Don Dom | mardi, 27 décembre 2016

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Il faut vraiment être aveugle pour ne pas voir que le Pape est un progressiste. Comme tous ces amis de la mafia de St Gall. La révolution va continuer avec le mariage de prêtres et le diaconat des femmes.

Écrit par : Raph | mardi, 27 décembre 2016

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Le Pape est tout simplement catholique.
La commission théologique internationale a déjà fait un travail théologique sur le diaconat des femmes. Le Pape ira aussi dans ce sens. Cette commission d'études veut approfondir la place des femmes dans l'Eglise. Ceci est très encourageant, les saintes femmes sont les premières témoins de la résurrection, les Apôtres d'Apôtres.

Le mariage des prêtres n'a jamais été à l'ordre du jour, car jamais les prêtres se sont mariés. Par contre, l'ordination d'hommes mariés est une possibilité, par exemple des diacres permanents, qui auraient la vocation au sacerdoce.
Ne croyez pas systématiquement tout ce que vous lisez ici ou là sur les propos du Pape.

Quant à la mafia de Saint-Gall, il s'agit d'une expression du Cardinal Daneels. Je ne suis pas certain que cela soit la ligne du Pape.

Les Cardinaux Kasper, Marx ... ne reflètent pas toujours l'authentique pensée de François. Les Cardinaux Burke, Caffarra, Brandmüller, Cordes, ou Meisner non plus.

Il y a débats dans le collège des Cardinaux, c'est un fait.

Tout l'héritage de la Tradition, de la réforme du Concile (remise en forme, remettre dans le moule originel) et le Magistère des Papes Saint Jean XXIII, du bienheureux Paul VI, de Saint Jean-Paul II et de Benoît XVI n'a jamais été remis en question. Le Pape est un Pasteur, au milieu de nous, avec nous, qui traduit en langage simple et accessible, la foi de toujours. Lorsque que quelqu'un parle, on recherche la réalité qu'il veut décrire.

Il aime beaucoup la petite Thérèse de l'Enfant Jésus, avec son geste de lever son petit pied. François, le Pape des petits pas vers Dieu, avec l'ascenseur de la Miséricorde.

Écrit par : Don Dom | mardi, 27 décembre 2016

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Le 25 décembre 2016, le Brésilien Leonardo Boff, l'un des théoriciens et acteurs les plus éminents de la théologie latino-américaine de la libération, a donné une entrevue franchement instructive et révélatrice au journal régional Allemand Kölner Stadt-Anzeiger. En raison de sa ouverture confiante, sinon présomptueuse, Boff (né le 14 décembre 1938), âgé de 78 ans, parle de plusieurs sujets d’actualité dont on n'entendrait pas parler si facilement.

Par exemple, il révèle ce qui suit :

Comment et pourquoi le Pape François n'a pas rencontré Boff à Rome, comme prévu, la veille du deuxième Synode sur la Famille en 2015 — parce que le Pape était en colère concernant la lettre des Treize Cardinaux et essayait de calmer la situation (et lui-même ? ) avant le Synode ;

Comment le Cardinal Walter Kasper a récemment dit à Boff que le Pape François a des « grandes surprises » prévues ;
Comment le Pape François veut permettre à l'Église Catholique du Brésil des prêtres mariés, comme l'a demandé son ami le Cardinal Claudio Hummes depuis quelque temps ;
Comment le Pape François avait demandé à Boff de rédiger sa propre encyclique Laudato Si et comment le Pape le remercia plus tard ;
Comment Boff considère le Pape François comme « l'un des nôtres », c'est-à-dire l'un des sympathisants de soutien de la théologie de la libération.

Dans ce qui suit, je vais traduire des parties de cet important entretien. Les paroles de Leonardo Boff parlent d'elles-mêmes. Il est important de noter dans ce contexte que Boff lui-même a été publiquement critiqué et réduit au silence en 1985 par le Cardinal Joseph Ratzinger — alors Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF) — pour ses écrits peu orthodoxes contre la Doctrine de l'Église. Ainsi, en 1992, il a formellement quitté l'Ordre Françiscain auquel il appartenait et il a aussi quitté publiquement le sacerdoce Catholique.

Q : La théologie de la libération de l'Amérique latine — l'un des plus importants représentants que vous êtes certainement — a maintenant reçu de nouveaux honneurs [et un soutien encourageant] de et par le Pape François. [Y a-t-il maintenant] une réhabilitation aussi pour vous personnellement, après vos longues luttes avec le Pape Jean-Paul II lui-même et avec son plus haut défenseur de la Doctrine, Joseph Ratzinger, qui deviendra plus tard le Pape Benoît XVI ?

François est l'un des nôtres. Il a transformé la théologie de la libération en une propriété commune de l'Église. Et il l'a élargie. Celui qui parle aujourd'hui des pauvres, doit aussi parler de la terre parce qu'elle est aussi pillée et maltraitée. « Pour entendre le cri des pauvres », cela signifie entendre le cri des animaux, des forêts, de toute la création torturée. Toute la terre pleure. Aussi, dit le Pape — et il cite ainsi l'un des titres d'un de mes livres —nous devons entendre simultanément le cri des pauvres et le cri de la terre. Et, à coup sûr, les deux doivent être libérés. J'ai moi-même traité, dans le passé récent, cet élargissement de la théologie de la libération. Et que [cette dimension environnementale] est aussi l'aspect fondamentalement nouveau de Laudato Si.

Q : ... qui est maintenant dans l'Encyclique écologique du Pape promulguée en 2015. Quelle ampleur y a-t-il de Leonardo Boff dans Jorge Mario Bergoglio ?

L'Encyclique appartient au Pape. Mais il a consulté de nombreux experts.

Q : A-t-il lu vos livres ?

Plus que ça. Il m'a demandé du matériel dans l’intérêt de Laudato Si. Je lui ai donné mon conseil et lui ai envoyé certaines choses que j'avais écrites. Et qui a été aussi utilisé. Quelques personnes m'ont dit ce qu'elles pensaient en lisant : « Attendez, c'est du Boff ! » En passant, le Pape François m'a directement dit : « Boff, ne m'envoie pas les papiers directement à moi ».

Q : Pourquoi pas ?

Il a dit : « Sinon, les Sottosegretari (les employés de l'administration du Vatican, les éditeurs [de la Kölner Stadt-Anzeiger]) les intercepteront et je ne les recevrai pas. Au lieu de cela, envoyez les choses à l'Ambassadeur Argentin [au Saint-Siège] avec qui j'ai un bon lien, puis ils m'arriveront sûrement entre les mains ». Pour cela, il faut savoir que l'actuel ambassadeur au Saint-Siège est un vieil ami du Pape de son temps à Buenos Aires. Ils ont souvent bu ensemble du mate [une boisson spéciale de l'Argentine, une sorte de thé]. Puis, un jour avant la publication de l'Encyclique, le Pape fit appeler quelqu'un pour me remercier de mon aide.

Q : Une rencontre personnelle avec le Pape est-elle encore en suspens ?

Il [ le Pape François ] a cherché une réconciliation avec les représentants les plus importants de la théologie de la libération : avec Gustavo Gutierrez, Jon Sobrino et de même avec moi. Je lui ai dit à propos du Pape Benoît XVI — respectivement Joseph Ratzinger — « Mais cet autre est toujours vivant, après tout ! » Le Pape n'a pas accepté cela. « Non, a-t-dit, le Pape, c'est moi ! » Nous étions les bienvenus. C'est là que vous voyez son courage et sa détermination.

Q : Pourquoi votre visite n'est-elle pas encore terminée ?

J'avais reçu une invitation et j'avais déjà atterri à Rome. Mais juste à ce jour, juste avant le début du [deuxième] Synode sur la Famille en 2015, 13 Cardinaux — parmi eux le Cardinal Allemand Gerhard Müller — ont répété une rébellion contre le Pape avec une lettre qui lui était adressée, alors, ô surprise ! , elle a été publiée dans un journal. Le Pape était en colère et il m'a dit : « Boff, je n'ai pas le temps. Je dois rétablir le calme avant le début du Synode. Nous nous reverrons une autre fois.

Q : Mais aussi avec le calme espéré, qui n'a pas vraiment réussi, non plus, n'est-ce pas ?

Le Pape éprouve la netteté du vent de face de ses propres rangs, spécialement des États-Unis. Le Cardinal Burke, Leo Burke, qui —avec votre retraité Cardinal Meisner de Cologne — a déjà écrit une autre lettre [au Pape]; il est le Donald Trump de l'Église Catholique (rires). Mais contrairement à Trump, Burke a été neutralisé dans la Curie. Grâce à Dieu. Ces gens croient vraiment que c'est à eux de corriger le Pape. Comme s’ils étaient au-dessus du Pape. Quelque chose comme cela est inhabituel [sic !], Sinon sans précédent dans l'histoire de l'Église. On peut critiquer le Pape, on peut avoir des discussions avec lui. C'est ce que j'ai souvent fait. Mais, que les Cardinaux accusent publiquement le Pape de répandre des erreurs théologiques ou même des hérésies, c'est trop à mon avis. C'est un affront que le Pape ne peut pas supporter. Le Pape ne peut être jugé, c'est l'enseignement de l'Église.

Q : Avec tout votre enthousiasme pour le Pape — qu’en est-il de ces réformes de l'Église que tant de Catholiques ont attendu de François ; mais où, en fait, y en a-t-il tant qui soient encore arrivées ?

Vous savez, pour autant que je sache, le centre de son intérêt n'est plus l'Église — et certainement pas le fonctionnement interne de l'Église — mais plutôt la survie de l'humanité, l'avenir de la terre. [...] Je crois qu'il y a une hiérarchie de problèmes pour lui. Lorsque la terre périt, tous les autres problèmes ont également été pris en charge. Mais, en ce qui concerne les questions dans et autour de l'Église : attendez et voyez ! Récemment, le Cardinal Walter Kasper, un proche confident du Pape, m'a dit qu'il y aura bientôt de grandes surprises.

Q : À quoi vous attendez-vous ?

Qui sait ? Peut-être un diaconat pour les femmes, après tout. Ou la possibilité que les prêtres mariés puissent être de nouveau engagés dans la pastorale. C'est une demande explicite de la part des Évêques Brésiliens au Pape, en particulier de son ami, le retraité curial Cardinal Claudio Hummes. J'ai entendu dire que le Pape voulait répondre à cette demande — pour l'instant et pour une certaine période expérimentale au Brésil. Ce pays avec ses 140 millions de Catholiques devrait au moins avoir 100 000 prêtres. Mais il n'y en a que 18 000. Institutionnellement, c'est une catastrophe. Pas étonnant que les fidèles vont maintenant en masse vers les Évangéliques et les Pentecôtistes, qui remplissent ce vide personnel. Si tous ces milliers de prêtres déjà mariés pouvaient à nouveau exercer leur charge, ce serait là un premier pas vers une amélioration de la situation et, en même temps, ce serait une impulsion et un signe que l'Église Catholique desserre les chaînes du célibat obligatoire. [mon soulignement]

Q : Si le Pape devait prendre une décision dans ce sens et dans cette direction, est-ce que vous-même, en tant qu'ancien prêtre Françiscain, reprendriez les devoirs sacerdotaux ?

Personnellement, je n'ai pas besoin d'une telle décision. Cela ne changerait rien pour moi parce que je fais toujours ce que j'ai toujours fait : je baptise, je donne des sépultures Chrétiennes et, si je viens dans une paroisse sans prêtre, je célèbre aussi la Messe avec le peuple.

Q : Est-il très « Allemand » de vous demander si vous êtes autorisé à faire cela ?

Jusqu'à présent, aucun Évêque que je connais ne l’a jamais critiqué ou interdit. Les Évêques, au contraire, sont heureux et me disent : « Le peuple a un droit [sic] à l'Eucharistie. Continuez à le faire ! » Mon professeur de théologie, le Cardinal Paulo Evaristo Arns — qui est mort il y a quelques jours — était par exemple très ouvert. Il est allé aussi loin que, quand il a vu des prêtres mariés assis dans le banc pendant la messe, il les fit venir à l'autel et il a ensuite concélébré l'Eucharistie avec eux. Il le faisait souvent et disait : « Vous êtes, après tout, toujours des prêtres — et vous le resterez !

[Fin de la traduction]

Commentaire :

Dans le contexte de cette entrevue directe — et des critiques « orthodoxes » apparemment nouvelles de Boff à l'égard des personnes qui osent même critiquer un Pape — il pourrait être utile de rappeler et de lire ce que disait plus tôt Leonardo Boff en 2001.

Car, lors de l'entrevue de 2001 avec le site Internet Communità Italiana, il a également parlé sans ambages du Cardinal Joseph Ratzinger lui-même — alors chef de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sous le Pape Jean-Paul II — et de la défense par Ratzinger des positions et des Doctrines de l'Église Catholique :

« Ce que je peux dire, c'est que la tendance dominante au Vatican sous ce pontificat [de Jean-Paul II] est hautement fondamentaliste. Un Cardinal comme J. Ratzinger qui publie un document officiel [Vatican] dans lequel il dit que la seule véritable Église est l'Église Catholique et que les autres ne sont même pas des églises, que la seule religion légitime est la religion Catholique et que les autres n’ont pas de foi (ce ne sont que des convictions et des croyances) — il commet du terrorisme religieux [sic] et tombe aussi dans une grave erreur théologique ». [mon soulignement]

Le caractère poignant et l'ironie de ces commentaires de la part de Boff s’intensifient quand on considère que, en 1970 à Munich, c'est le Cardinal Ratzinger lui-même qui faisait partie du comité de guides professoraux de la thèse de doctorat « de Ecclesia » de Leonardo Boff : concernant « l’Église comme un Sacrement » à la lumière de certaines des expériences présumées du monde. Le titre principal de la dissertation de Boff, en Allemand, était : Die Kirche als Sakrament im Horizont der Welterfahrung.

Dans le contexte plus large de cette récente interview de Leonardo Boff, le 25 décembre 2016, nous voudrions également rappeler aux lecteurs le travail du spécialiste du Vatican, le docteur Sandro Magister, qui a maintes fois souligné la possibilité, voire la probabilité, que le Pape François lui-même accordera au Brésil la permission d'autoriser les prêtres mariés. Nous nous souvenons également que nous-mêmes avons signalé plus tôt comment — juste après la publication de la Lettre des 13 Cardinaux par le Dr Magister lui-même — des rapports dignes de confiance ont rapporté la colère du Pape François concernant cette initiative polie mais fermement orthodoxe des Cardinaux. Ainsi, dans son franc-parler confiant, Léonard Boff confirme inopinément le travail antérieur des journalistes tant du Dr Magister lui-même que le mien dans une plus petite mesure.

Écrit par : Sonia | mercredi, 28 décembre 2016

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L'étrange filiation du cardinal Bergoglio par jejomau 2016-12-27 08:35:54 Imprimer Imprimer

je donne ci-dessous la synthèse d'une excellente recherche faite par le blog "le terrorisme pastoral".



Tout d'abord il faut dire qu'Il n’existe en français aucune étude sur la « théologie du peuple » dont la conception fut élaborée par le cardinal Bergoglio quand il était en Argentine.

C'est un père jésuite Rogelio Garcia Mateo qui fait apparaître dans « Religion y Razon- En el Krausismo y en la Generacion del 98 » que le cardinal Bergoglio est associé à la pensée de Krause, franc-maçon notoire puisque pour le 150è anniversaire de la mort de Krause en 1931, la revue mensuelle de la Grande Loge de Prusse, La Pierre brute, fut…publié un article commémoratif dans lequel l’auteur, le frère Trommsdorf, qualifiait Krause de « plus grand et de plus authentique penseur de la philosophie maçonnique ».

Voilà ce qu'écrit maintenant Rogelion Garcia Mateo dans son œuvre:

Traduction de Religion y Razon pages 186 et 187.

« Le cardinal W. Kasper, spécialiste de Schelling et également de la pensée allemande, voit avec raison dans cette compréhension du peuple, une pénétration, à travers le krausisme, du Volksgeist propre au romantisme germanique ; …

On peut dire que peu de politiques ont développé et encouragé comme Yrigoyen, l’idée de solidarité, au point de la comparer à la fraternité chrétienne. Ce qui fait que le libéralisme dépasse son défaut individualiste et élitiste et cède le pas à un libéralisme solidaire, populaire et humaniste. Ces attitudes trouveront une expression littéraire et se propageront dans le poème épique national argentin de Martin Fierro (1872). Une telle conception proche du peuple et de l’humanité se différencie beaucoup… de la conception marxiste fondée sur la lutte des classes, pour autant la conception krausiste n’escamote pas les injustices et le conflit social.

C’est sur ce fondement qu’a surgi en Argentine sous la direction de Lucio Gera (1924-2012), une théologie de la libération qui n’utilise pas l’analyse marxiste, mais une conception historique de la culture du peuple, qui ne désire pas imposer une doctrine, mais se met à l’écoute de la sagesse populaire. Ce qui fait que de la religiosité populaire acquiert une haute valeur. Gera fut le professeur de théologie de Jorge M. Bergoglio, ce qui éclaire beaucoup la singularité des convictions religieuses et théologiques du pape actuel lorsqu’il parle du peuple saint de Dieu, de la fraternité et de la solidarité, etc. ». (En note un renvoi au livre du cardinal Kasper que nous avons présenté).

Écrit par : Sonia | mercredi, 28 décembre 2016

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Monsieur l'Abbé,

Dans une réponse que vous avez rédigée suite à un de mes commentaires d'hier, vous dites que le pape n'a jamais prêté les propos que je lui prête.

Votre intention (louable, entendons-nous) était de me rassurer. Eh bien, je ne le suis pas.

"le Christ est devenu un pécheur pour nous"

http://en.radiovaticana.va/storico/2013/06/15/pope_the_christian_life_proclaims_the_road_to_reconcilation_with_god/en1-701813

"Dieu est injuste. Il a été injuste en envoyant son fils sur la croix"

https://www.avvenire.it/papa/pagine/papa-udienza-al-bambino-gesu

Voir le passage suivant, sous le lien supra:
"Dio è ingiusto? Sì, è stato ingiusto con suo figlio, l’ha mandato in croce. Ma è la nostra esistenza umana, la nostra carne che soffre in quel bambino, e quando si soffre non si parla: si piange e si prega in silenzio"

Écrit par : Philippe | mercredi, 28 décembre 2016

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Léonarda Boff raconte des belles choses, mais également des idées tout à fait personnels. Bergoglio n'a jamais été en faveur de la théologie de la libération, ni professé des idées marxistes. Il est par contre avec les pauvres, sans aucune idéologie. C'est l'Evangile vivant. Le Pape est un Pasteur, au côté, avec les gens. Il module à merveille la foi pour qu'elle rejoigne et touche la multitude.

Écrit par : Don Dom | mercredi, 28 décembre 2016

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Philippe, c'est très vilain de croire que les traductions reflètent parfaitement la pensée du Pape. Il a parlé en italien, langue qu'il ne maîtrise pas totalement. Lorsque je vous dit qu'il faut aller à "ce qui est dit", et non pas en rester au mot. Un mot désigne une réalité, un concept.

Ensuite, il faut remettre les phrases dans leur contexte.

Saint Paul dit que Jésus s'est fait péché pour nous. Il a pris les conséquences du péché sur lui.

Un bon conseil: cessez svp de déformer les propos du Pape. Ne faîtes pas comme les pharisiens qui cherchaient à prendre Jésus en flagrant délit. Le problème vient que vous avez dans la tête, qu'il n'est pas vraiment le Pape, qu'il faut faire attention, et le moindre petit hiatus vous conforte dans votre erreur.

Donc, prudence avec les traductions, prudence avec le contexte. Benoît XVI a souffert aussi de passablement de fausses informations. C'est toujours le cas avec François.

Écrit par : Don Dom | mercredi, 28 décembre 2016

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Monsieur l'Abbé,

Vous seriez bien aimable de ne pas me tancer comme un enfant ("c'est très vilain de...").

Ce n'est pas par hasard que j'ai repris Radio Vatican comme source d'un côté et l'Avvenire de l'autre.

Vous reprenez Saint Paul, et il est probable que cela soit effectivement la source de ses paroles, mais qui sont exprimées très maladroitement. Une maladresse de plus. Elles ne se comptent décidément plus.

Il ne maîtrise pas parfaitement l'Italien dites-vous ? Et il n'y a personne au Vatican pour corriger ses erreurs ? Vous mêlez le contexte à des propos qui sont clairs par eux-mêmes (selon l'adage: ubi claris est, non interpretare debemus).

Et par-dessus le marché, vous écrivez que je déforme les propos du pape ?

Cette attitude de malhonnêteté intellectuelle n'est pas la mienne. Chacun en tirera les conclusions qu'il convient.

Pour ce qui me concerne, j'ai fait le tour de votre blog et n'y retournerai donc pas.

Écrit par : Philippe | mercredi, 28 décembre 2016

Pour Leonardo Boff, je dis bof .... Il est facile de se montrer pro-François, être dans le vent. Mais il ne reflète que ses propres idées. Lorsque Benoît XVI a rencontré Hans Küng, nous n'avons pas conclu que ce penseur était devenu docile et croyant. Idem pour Boff.
Nous sommes chrétiens et nous pouvons être justement critique sur les idées. Mais Boff et Küng restent des penseurs, avec leurs qualités et leurs limites. Leurs interviews de sauraient refléter une authentique lecture des pontificats.

Écrit par : Don Dom | mercredi, 28 décembre 2016

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Pour Leonardo Boff, je dis bof .... Il est facile de se montrer pro-François, être dans le vent. Mais il ne reflète que ses propres idées. Lorsque Benoît XVI a rencontré Hans Küng, nous n'avons pas conclu que ce penseur était devenu docile et croyant. Idem pour Boff.
Nous sommes chrétiens et nous pouvons être justement critique sur les idées. Mais Boff et Küng restent des penseurs, avec leurs qualités et leurs limites. Leurs interviews de sauraient refléter une authentique lecture des pontificats.

Écrit par : Don Dom | mercredi, 28 décembre 2016

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Parce que vous vous savez mieux les propos du Pape que Radio Vatican ! Alors ça c'est formidable. On savait aussi que Boff qui c'est convertit à Gaïa à influencé Laudato Si

Écrit par : Raph | mercredi, 28 décembre 2016

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Bonjour Monsieur l’abbé,

Vous dites qu’un Pape ne peut-être hérétique dans son Magistère. Les papes seraient des demi-dieux qui perdraient leur liberté et qui seraient obligatoirement fidèles ? Comme les apôtres ??

La constitution dogmatique Pastor aeternus établit clairement l’infaillibilité du Pape :
‘’ C'est pourquoi, nous attachant fidèlement à la tradition reçue dès l'origine de la foi chrétienne, pour la gloire de Dieu notre Sauveur, pour l'exaltation de la religion catholique et le salut des peuples chrétiens, avec l'approbation du saint concile, nous enseignons et définissons comme un dogme révélé de Dieu: le Pontife romain, lorsqu'il parle ex cathedra, c'est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu'une doctrine sur la foi ou les mœurs doit être tenue par toute l'Église, jouit, par l'assistance divine à lui promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que fût pourvue son Église, lorsqu'elle définit la doctrine sur la foi et les mœurs. Par conséquent, ces définitions du Pontife romain sont irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement de l'Église.’’

Ce n’est donc que dans ces limites bien fixées que le Pape est infaillible. De plus si vous lisez bien le Souverain Pontife tire son infaillibilité de la Sainte Eglise ce qui empêcherait un Pape mal avisé de prononcer ex cathedra une hérésie car il doit se trouver en accord avec l’enseignement constant de l’Eglise. Pour celui qui n’est pas d’accord avec cela la constitution dogmatique ajoute : ‘’ Si quelqu'un, ce qu'à Dieu ne plaise, avait la présomption de contredire notre définition, qu'il soit anathème.’’

De plus la même constitution exprime ceci : ‘’ le Saint Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils fassent connaître sous sa révélation une nouvelle doctrine, mais pour qu’avec son assistance ils gardent saintement et EXPOSENT FIDèLEMENT la Révélation transmise par les Apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi.’’.

La théologie c’est comme l’histoire faut pas improviser pour que ça colle à vos points de vue. Désolé

Écrit par : steve | mercredi, 28 décembre 2016

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Philippe.... je n'ai fait que de révéler des pièges tendus pour prendre le Saint-Père en défaut. La Parole de Dieu, les Evangiles, les saintes Écritures ne sont pas toujours clairs. Est-ce que je conclus que Dieu manque de logique ? J'avoue ne pas toujours comprendre certaines phrases de Jésus ? Est-ce qu'il n'a pas existé ? Le manque ce clarté n'est pas une indication d'erreur ou de mensonge mais une stimulation pour continuer de chercher la vérité. Dieu n'est pas une équation à résoudre mais un mystère à découvrir. Un seul Dieu en trois personnes, ce n'est pas logique et pourtant c'est vrai. Dieu est plus grand que nous. N'est-ce pas cela qui est adorable ? L'Eternité ne suffira pas pour en faire le tour, il est inépuisable, infini.

La théologie n'est pas la logique, la philosophie, mais l'usage de la raison pour penser la Foi. La Foi est un don de Dieu. Sans la Foi, cela devient des sciences religieuses.

Je ne vous ai pas insulté, ni critiqué, mais ces procédés qui consistent à discréditer ou invalider des phrases du Pape sont connus. Cela provoque des confusions. On a accusé Jésus de vouloir détruire le Temple, ce fut le fait de guides spirituels. Voilà pourquoi j'ai osé être un peu ferme.

Après vous êtes libre ... Bien à vous Joyeux Noël

Écrit par : Don Dom | mercredi, 28 décembre 2016

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Steve je crois avoir cité un grand saint ... vous devriez être content ?

Si Jésus dit "paie mes agneaux" ... Si Jésus dit "tu es Pierre et sur cette Pierre je bâtirai mon Église".
Si l'Eglise croit que le foi de Pierre ne déviera jamais, elle s'appuie sur les paroles de Jésus, qui prenne leur source dans la mort de Jésus. C'est aussi un fait corroboré par l'histoire. La Papauté n'a jamais succombé. Elle traverse les siècles, les conflits, les empires. Vu le flux d'intox qui peut tourner autour de la chair de Pierre, c'est un miracle qu'elle existe toujours.

Enfin, l'infaibilité du Pape est un dogme. Mais le Pape n'use pas toujours de cette prérogative. Est-ce dire que le Pape ne dit pas la vérité ? Le Pape annonce l'Evangile même lorsqu'il ne parle pas ex cathedra.

Les laïcs annoncent la Foi sans avoir le privilège de l'infaillibilité. Pourtant c'est vrai. ainsi c'est toute l'Eglise qui est infaillible lorsque du dernier des fidèle jusqu'au Pape, elle professe unanimemt la Foi. Ce qui est en jeu n'est donc pas l'infaillibilité mais la verite de la Foi.
Des grands-mamans sont plus saintes que des Cardinaux, et leur foi est plus pure, plus belle.

Il est grand le mystère de la foi. le Pape n'est pas un dictateur car il sert la foi. Il n'est pas un tyran car il est au service de la conscience.

Cet argument de l'infaillibilité est utilisé par l'aile dites progressistes. Autrement dit qui relativise.

Dans l'Eglise nous cherchons Dieu, la vie, la grâce. Là où est le Christ là est l'Eglise. Là où est Pierre, là est l'Eglise.
Un évêque qui n'est pas en communion avec Pierre est un électron libre, isolé. Toute Messe se célèbre en communion avec notre Pape et notre évêque.

Le sacrement ne suffit pas, il faut la juridiction.

Tous ces exemples pour montrer la grandeur du mystère de l'Eglise, guidée par l'Esprit Saint.

Saint Jean se penche vers le tombeau vide. La foi est première, l'amour qui cherche est premier. Cependant il n'entre pas. Il laisse passer Pierre. C'est cela la primauté.

Si Jean prend les devants, sans le dogme de l'infaillibilité, cela veut dire que la vérité de la foi n'a pas toujours besoin de la prérogative de l'infaillibilité papale, qui est un privilège de l'Eglise.

Pour AL, un document du Magistère, la profession de foi et de fidélité demande d'adhérer avec une humble soumission ( mettre la verite au-dessus de soi et non pas une humiliation ) de l'intelligence et de la volonté.

J'adhère librement à des vérités qui ne dépendent pas de l'infaillibilité pontificale. Ceci est un développement du credo: je crois en l'Eglise, une, Sainte, catholique et apostolique. LEglise est au service de l'Evangile, de la Parole de Dieu, des sacrements, elle est guidée par l'Esprit Saint.

Voilà des petits flashs pour appuyer les beaux propos de Saint Pie X.

Ensuite, il est clair que le Magistère de l'Eglise a différents moyens de s'exprimer, il y a des degrés internes. Mais c'est organique.

Écrit par : Don Dom | mercredi, 28 décembre 2016

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Quant au site de Benoît et Moi, il y a certes un bel effort, mais je crains que cela ne tourne qu'autour du Moi. Ce n'est pas vraiment une experte en communication ou une personne fidèle à la foi. C'est un certain genre littéraire, intéressant, mais tellement confu.

Écrit par : Don Dom | mercredi, 28 décembre 2016

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Bonjour,
Il me semble que ce que dit l'abbé Rimaz, concernant l'attitude envers les personnes, relève du plus élémentaire sens chrétien. Maintenant je pense que le point de vue exposé par Guy n'est pas l'expression d'une attitude dogmatique détachée des réalités, cela relève aussi de la plus élémentaire des fidélités chrétiennes.
Pourquoi donc une telle confrontation alors que les deux points de vue se complètent, du point de vue qui est le mien?
Parce que, à mon avis, les informations concernant le pape et ses idées ou décisions ne nous parviennent pas seulement par les textes pontificaux mais aussi par les organisations mises en place officiellement par l'Eglise, et par les médias, chrétiens ou pas. Or il faut bien reconnaître que beaucoup de "canaux" de l'Eglise sont animés par des personnes qui se permettent d'interpréter tout ça à la mode Kasper-Boff, de même dans beaucoup de médias chrétiens. Quant aux autres médias, mon expérience est qu'ils connaissent et diffusent, au moins "en gros" les idées à la mode Kasper-Boff mais je n'ai jamais rien lu concernant le cardinal Burke et les autres auteurs ou supporters de "dubia".
De plus, les cardinaux et supporters de "dubia" ont été remis en place par le pape mais pas les autres.
Je ne sais pas si c'est un choix du pape mais je pense que ce n'est pas la bonne voie quoi qu'il en soit. Vu l'avalanche des interprétations à la mode Kasper-Boff, jamais clairement rectifiées, alors que les "dubia" font surtout du bruit dans les milieux ecclésiaux, et alors que leur désapprobation ressemble forcément à une approbation des autres, je ne vois pas comment on peut espérer une clarification, voire une pacification. Il y a là un gros problème de communication, de justice, de loyauté dont on fait trop peu de cas et dont les fidèles de base payent les pots cassés, la "pastorale" devrait aussi s'occuper de ça.

Écrit par : C.J | mardi, 03 janvier 2017

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Bonjour,
Il me semble que ce que dit l'abbé Rimaz, concernant l'attitude envers les personnes, relève du plus élémentaire sens chrétien. Maintenant je pense que le point de vue exposé par Guy n'est pas l'expression d'une attitude dogmatique détachée des réalités, cela relève aussi de la plus élémentaire des fidélités chrétiennes.
Pourquoi donc une telle confrontation alors que les deux points de vue se complètent, du point de vue qui est le mien?
Parce que, à mon avis, les informations concernant le pape et ses idées ou décisions ne nous parviennent pas seulement par les textes pontificaux mais aussi par les organisations mises en place officiellement par l'Eglise, et par les médias, chrétiens ou pas. Or il faut bien reconnaître que beaucoup de "canaux" de l'Eglise sont animés par des personnes qui se permettent d'interpréter tout ça à la mode Kasper-Boff, de même dans beaucoup de médias chrétiens. Quant aux autres médias, mon expérience est qu'ils connaissent et diffusent, au moins "en gros" les idées à la mode Kasper-Boff mais je n'ai jamais rien lu concernant le cardinal Burke et les autres auteurs ou supporters de "dubia".
De plus, les cardinaux et supporters de "dubia" ont été remis en place par le pape mais pas les autres.
Je ne sais pas si c'est un choix du pape mais je pense que ce n'est pas la bonne voie quoi qu'il en soit. Vu l'avalanche des interprétations à la mode Kasper-Boff, jamais clairement rectifiées, alors que les "dubia" font surtout du bruit dans les milieux ecclésiaux, et alors que leur désapprobation ressemble forcément à une approbation des autres, je ne vois pas comment on peut espérer une clarification, voire une pacification. Il y a là un gros problème de communication, de justice, de loyauté dont on fait trop peu de cas et dont les fidèles de base payent les pots cassés, la "pastorale" devrait aussi s'occuper de ça.

Écrit par : C.J | mardi, 03 janvier 2017

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Bonjour,
Il me semble que ce que dit l'abbé Rimaz, concernant l'attitude envers les personnes, relève du plus élémentaire sens chrétien. Maintenant je pense que le point de vue exposé par Guy n'est pas l'expression d'une attitude dogmatique détachée des réalités, cela relève aussi de la plus élémentaire des fidélités chrétiennes.
Pourquoi donc une telle confrontation alors que les deux points de vue se complètent, du point de vue qui est le mien?
Parce que, à mon avis, les informations concernant le pape et ses idées ou décisions ne nous parviennent pas seulement par les textes pontificaux mais aussi par les organisations mises en place officiellement par l'Eglise, et par les médias, chrétiens ou pas. Or il faut bien reconnaître que beaucoup de "canaux" de l'Eglise sont animés par des personnes qui se permettent d'interpréter tout ça à la mode Kasper-Boff, de même dans beaucoup de médias chrétiens. Quant aux autres médias, mon expérience est qu'ils connaissent et diffusent, au moins "en gros" les idées à la mode Kasper-Boff mais je n'ai jamais rien lu concernant le cardinal Burke et les autres auteurs ou supporters de "dubia".
De plus, les cardinaux et supporters de "dubia" ont été remis en place par le pape mais pas les autres.
Je ne sais pas si c'est un choix du pape mais je pense que ce n'est pas la bonne voie quoi qu'il en soit. Vu l'avalanche des interprétations à la mode Kasper-Boff, jamais clairement rectifiées, alors que les "dubia" font surtout du bruit dans les milieux ecclésiaux, et alors que leur désapprobation ressemble forcément à une approbation des autres, je ne vois pas comment on peut espérer une clarification, voire une pacification. Il y a là un gros problème de communication, de justice, de loyauté dont on fait trop peu de cas et dont les fidèles de base payent les pots cassés, la "pastorale" devrait aussi s'occuper de ça.

Écrit par : C.J | mardi, 03 janvier 2017

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Bonjour,
Il me semble que ce que dit l'abbé Rimaz, concernant l'attitude envers les personnes, relève du plus élémentaire sens chrétien. Maintenant je pense que le point de vue exposé par Guy n'est pas l'expression d'une attitude dogmatique détachée des réalités, cela relève aussi de la plus élémentaire des fidélités chrétiennes.
Pourquoi donc une telle confrontation alors que les deux points de vue se complètent, du point de vue qui est le mien?
Parce que, à mon avis, les informations concernant le pape et ses idées ou décisions ne nous parviennent pas seulement par les textes pontificaux mais aussi par les organisations mises en place officiellement par l'Eglise, et par les médias, chrétiens ou pas. Or il faut bien reconnaître que beaucoup de "canaux" de l'Eglise sont animés par des personnes qui se permettent d'interpréter tout ça à la mode Kasper-Boff, de même dans beaucoup de médias chrétiens. Quant aux autres médias, mon expérience est qu'ils connaissent et diffusent, au moins "en gros" les idées à la mode Kasper-Boff mais je n'ai jamais rien lu concernant le cardinal Burke et les autres auteurs ou supporters de "dubia".
De plus, les cardinaux et supporters de "dubia" ont été remis en place par le pape mais pas les autres.
Je ne sais pas si c'est un choix du pape mais je pense que ce n'est pas la bonne voie quoi qu'il en soit. Vu l'avalanche des interprétations à la mode Kasper-Boff, jamais clairement rectifiées, alors que les "dubia" font surtout du bruit dans les milieux ecclésiaux, et alors que leur désapprobation ressemble forcément à une approbation des autres, je ne vois pas comment on peut espérer une clarification, voire une pacification. Il y a là un gros problème de communication, de justice, de loyauté dont on fait trop peu de cas et dont les fidèles de base payent les pots cassés, la "pastorale" devrait aussi s'occuper de ça.

Écrit par : C.J | mardi, 03 janvier 2017

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A la lecture de ces échanges une pensée me vient. Pourquoi donc le christ dans ses évangiles n'a t il pas été plus clair pour laisser autant de marge d'appréciation à son peuple. On en viendrait presque à regretter de ne pas être musulman non ? Car à vous lire mon cher Philippe le mal ne vient pas du pape françois mais bien de Jésus qui alors que l'écriture existait (!) aurait pu consigner bien d'avantage à l'écrit ...

Je vous l'accorde ma parole est provocante mais n'y a -t-il pas un message à entendre du christ même.

Non ce pape n'est pas "boffien" ni "burkien" il me semble juste essayer de nous rappeller qu'à l'origine était le christ, qu'il avait des choses essentielles à nous dire et que depuis l'esprit saint souffle et qu'il faut tendre l'oreille à son murmure.

Et ce message est claire et limpide Père, fils et esprit saint

Écrit par : remi | mardi, 03 janvier 2017

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