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jeudi, 10 novembre 2016

Les traces d'un Pasteur, les homélies du Cardinal Bergoglio par le Père Spadaro

Rite extraordinaire, homélies, populisme : nouvelles confidences du pape François

source. La Vie

Le Samaritain


Cw6FptxWQAI4etb.jpg-large.jpegDans tes yeux se trouve ma parole, tel est le titre du livre qui sort en Italie ce 10 novembre et regroupe tous les discours, textes, messages et homélies de la période pendant laquelle Bergoglio était archevêque de Buenos Aires.

Tout ou du moins ce dont il reste une trace écrite ou dont il était possible de faire la retranscription à partir d’un enregistrement.

Un pavé de 950 pages qui s’ouvre par une nouvelle interview, intitulée « Les traces d’un pasteur », donnée au père Antonio Spadaro, jésuite, directeur de la Civilta Cattolica et auteur du premier entretien du pontificat en 2013.

L'occasion pour François de revenir sur un certain nombre de sujets d'actualité.

Le rite extraordinaire

« La simplicité des enfants, m’évoque, avec les adultes, un rite direct, où tout le monde participe, elle m’évoque des messes paroissiales où on expérimente une telle piété. Me viennent à l’esprit des propositions visant à pousser les prêtres à tourner le dos aux fidèles, à repenser Vatican II, à employer le latin. Et cela pas seulement pour des petits groupes mais pour tous », explique le père Spadaro.

Réponse du pape : « Le pape Benoît XVI a posé un geste juste et magnanime pour aller à la rencontre d’une certaine mentalité présente dans certains groupes et parmi les personnes qui, nostalgiques, se sont éloignées. Mais c’est une exception. C’est pourquoi on parle de rite "extraordinaire". L’ordinaire de la messe, ce n’est pas cela. On doit aller à la rencontre de ceux qui sont liés à une certaine manière de prier, il faut être magnanime. Mais l’ordinaire ce n’est pas cela. Vatican II et Sacrosantum Consilium doivent être appliquées tels quels. Parler de la "réforme de la réforme" est une erreur. »

Notes:

Unknown.jpeg- le rite extraordinaire n'existe pas. Il n'y a dans l'Eglise latine qu'un seul et unique rite romain, sous deux formes: ordinaire (selon le bienheureux Paul VI) et extraordinaire (Saint Jean XXIII). Joseph Ratzinger disait bien: ce que l'Eglise a promu saintement durant des siècles ne saurait être abrogé. Il avait eu l'audace de le dire clairement et humblement au bienheureux Pape Paul VI. Dans son livre "derniers entretiens", le Pape émérite développe sa volonté de réconcilier l'Eglise avec elle-même. 

- il est avéré que le Pape Benoît XVI, et le Cardinal Ratzinger, grand spécialiste de la liturgie, n'a jamais utilisé le terme "réforme de la réforme". Sa ligne n'a nullement été de rendre la forme extraordinaire ordinaire. Comme le dit également le Pape François, c'est une exception. Le Cardinal Ratzinger a toujours été pour une diversité liturgique, dans la fidélité à l'Eglise. Il ne célébrait d'ailleurs que la forme ordinaire. 

- les textes de Benoît XVI sont totalement dans la ligne de Sacrosanctum Consilium, la première constitution du Concile Vatican II. Tout comme les interventions du Cardinal Sarah.

- le Cardinal Sarah, préfet de la congrégation pour la discipline des sacrements, va dans cette même ligne que le Pape émérite, dont les intuitions spirituels résident dans son livre "l'esprit de la liturgie", titre qui reprend celui de Romano Guardini. Pour le Cardinal Sarah, la réforme de la réforme, comprise comme une réécriture des normes liturgiques est bien-sûr une erreur. Le Cardinal Sarah et le Pape François se sont d'ailleurs rencontrés; cela à donner lieu à un communiqué du Père Lombardi (pas très clair). 

- L'expression réforme de la réforme est piégée, voilà ce que veut dire le Pape. Le Cardinal en charge de la liturgie s'est expliqué: réforme de la réforme n'est pas à prendre dans le sens d'une réécriture de la réforme liturgique opérée à la suite du Concile Vatican II, mais bien à une réforme de son application dans les faits. Les prêtres doivent se réformer, se convertir, se remettre dans le moule (reformer, remettre dans la forme originale) et célébrer la Messe selon la réforme authentique du Concile Vatican II et de ses applications postérieures, soit célébrer la liturgie de l'Eglise. L'enjeu de la réforme est là.  

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- il est tout à fait dans l'esprit de la liturgie de Vatican II de célébrer en latin, en se tournant vers l'Orient, face à Dieu. Cela dépend des circonstances. Les deux manières sont possibles dans la forme ordinaire. Il suffit de lire les rubriques et le Missel romain. Les normes liturgiques sont tout à fait claires. La messe en latin et une mauvaise expression, car elle ne concerne pas que la forme extraordinaire, mais aussi le forme ordinaire.  

- il est donc important d'analyser la réalité désignée par des mots. Si on n'en reste qu'aux mots, l'idéologie prend le dessus, et on oppose le Cardinal Sarah au Pape. Cela ne laisse malheureusement pas transparaître la véritable pensée du Pape François, qui ne contredit ni le Cardinal Sarah, ni le Pape émérite Benoît XVI. Cela fera simplement couler beaucoup d'encre et nous compliquera la vie. 

Commentaires

Dans une interview au journal français La Croix, le 28 décembre 2001 , le cardinal Ratzinger en arrivait à préconiser une "réforme de la réforme" :

"Certains experts voudraient nous faire croire que toutes les idées qui ne sont pas parfaitement conformes à leurs schémas sont un retour nostalgique vers le passé [...]. Ils ne le disent que par parti-pris. Nous devons sérieusement réfléchir aux choses et ne pas accuser les autres d'être partisans de Saint Pie V [...]. Chaque génération a le devoir d'améliorer et de rendre la liturgie plus conforme à l'esprit des origines . Et je crois qu'effectivement, aujourd'hui, il y a lieu de beaucoup travailler en ce sens, et de réformer la réforme . Sans révolution (je suis un réformiste , pas un révolutionnaire) , mais il doit y avoir un changement . Déclarer impossible a priori toute amélioration me semble un dogmatisme absurde."

Écrit par : Yves Willemaers | dimanche, 13 novembre 2016

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C'est ce que je tente de dire: les expressions renvoient à une réalité. L'expression "réforme de la réforme" est piégée, car elle dépend à quoi elle fait référence.

Je dis que je suis d'accord avec Ratzinger, notre Pape et Sarah: que les prêtres se réforme pour célébrer la liturgie telle que l'Eglise veut la célébrer. Le Pape dit que la forme extraordinaire est extraordinaire.

Cette expression "réforme de la réforme" est récupérée pour dire: la Messe de Paul VI, nous la refusons, regardez même Ratzinger et Sarah le disent: il faut réformer la Réforme. Or Sarah dit: comme l'autorité et quand l'Eglise le voudra. Autre attitude. L'une conteste, l'autre accueille le don de la liturgie qui nous vient par l'Eglise. Cette dernière est semper reformanda, comme le dit aussi notre Pape: elle cherche sans cesse à se mettre dans la forme originelle voulue par l'Esprit Saint à la Pentecôte. De là les expressions: radical, retourner aux racines, ou réforme, remettre dans la forme juste.

Un paradoxe: ce qui veulent la forme extraordinaire fixe et fige la liturgie. Or, ils utilisent l'expression réforme de la réforme pourquoi alors ?

Écrit par : Don Dom | dimanche, 13 novembre 2016

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