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lundi, 07 octobre 2013

Sans le Dimanche, nous ne pouvons pas vivre

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Suite à la session diocésaine ( diocèse de Lausanne-Genève et Fribourg (Neuchâtel) ) sur le dimanche, quelques lignes fort intéressantes sur le Dimanche

DISCOURS DU CARDINAL GIOVANNI BATTISTA RE, COMMISSION PONTIFICALE POUR L'AMÉRIQUE LATINE, 20 janvier 2005

La Messe du dimanche 
doit être le centre de la vie chrétienne 

Messieurs les Cardinaux, Excellences, 

Chers confrères,

1. Après la célébration eucharistique, l'esprit et le cœur tournés vers le Christ, nous ouvrons les travaux de l'Assemblée plénière de la Commission pontificale pour l'Amérique latine.

Il ne s'agit pas d'une rencontre entre experts des problèmes de l'Amérique latine, mais entre des pasteurs attentifs au bien des hommes et des femmes d'Amérique latine.

Je vous salue tous avec une profonde affection : je salue les pasteurs venus de divers pays latino-américains, ainsi que tous ceux qui prêtent leur service ici, au sein de la Curie Romaine.

Nous sommes tous animés par le même amour pour le Christ et par le même amour pour l'Eglise qui est en pèlerinage en Amérique latine.

Le Saint-Père Jean-Paul II encourage notre travail et sera heureux de nous recevoir et de nous adresser sa parole.

2. Le thème de notre rencontre est : "La Misa dominical, centro de la vida cristiana en América Latina".

Ce thème est non seulement en harmonie avec l'Année eucharistique que nous célébrons, mais l'engagement pour la Messe dominicale correspond à l'un des premiers objectifs à atteindre que le Saint-Père a indiqué pour le début du troisième millénaire. Dans la Lettre apostolique Novo Millennio ineunte, le Pape demande en effet aux pasteurs et aux fidèles de s'engager de toutes leurs forces pour retrouver et protéger la place centrale du dimanche dans la vie chrétienne (n. 36). Il affirme en outre que "la participation à l'Eucharistie doit être le cœur du dimanche". Et il précise qu'il s'agit d'"un engagement auquel on ne peut renoncer et qu'il faut vivre, non seulement pour obéir à un précepte, mais parce que c'est une nécessité pour une vie chrétienne vraiment consciente et cohérente".

Le thème de la Messe dominicale est un thème central de la foi chrétienne et c'est un thème capital pour l'avenir de l'Eglise sur le continent latino-américain.

Dans l'Amérique latine d'aujourd'hui, le faible pourcentage - à quelques rares exceptions près - de personnes qui participent à la Messe dominicale est préoccupant. S.Exc. Mgr le Secrétaire du CELAM nous entretiendra de cette question dans quelques instants.

Mais ce qui est encore plus préoccupant est que se diffusent une mentalité et une culture qui tendent à ne pas accorder suffisamment d'importance au dimanche et, en particulier, à la participation à la Messe dominicale. Les dimanches sont devenus des journées assez semblables aux autres jours de la semaine. Nous devons être réalistes et reconnaître qu'il y a une disparition du sens du dimanche et de son importance fondamentale pour la vie chrétienne.

Dans les siècles passés, l'Eglise s'est toujours largement préoccupée de faire en sorte que les chrétiens participent à la Messe dominicale et aux célébrations des jours fériés. Le dimanche est le jour de l'identité des chrétiens et la fête de notre appartenance à l'Eglise.

Au  dimanche  chrétien, tout entier consacré à l'élévation de l'esprit, à la participation à la Messe, en rendant à Dieu le culte qui lui est dû, au rappel des buts suprêmes de la vie, à la bonté, aux réunions familiales, au repos après la fatigue physique des autres jours, se substitue progressivement un dimanche envisagé seulement comme un "week end", c'est-à-dire un jour destiné aux loisirs qui, même lorsqu'ils ne conduisent pas au péché, consistent en une simple dissipation, privée du contenu vivifiant de la prière, de l'écoute de la Parole de Dieu, de la lumière et de la force qui viennent de l'Eucharistie.

Nous devons, en tant que Pasteurs préoccupés par le bien des âmes, aider les chrétiens d'Amérique latine à redécouvrir la place centrale du dimanche dans la vie ecclésiale et sociale de l'Amérique latine et à comprendre que sans la Messe dominicale, c'est le souffle même de la vie chrétienne qui vient à manquer.

3. Le dimanche est le jour où les chrétiens se retrouvent pour confesser ensemble leur foi et pour se nourrir de la Parole de Dieu et de l'Eucharistie.

Sans la participation au Banquet de la Parole et au Banquet de l'Eucharistie, il ne peut y avoir d'Eglise vivante.

Comme nous le savons, l'Eglise se construit avant tout: 

1) selon une coordonnée spatiale, qui est la communauté chrétienne, et tout d'abord la communauté paroissiale; 
2) et selon une coordonnée temporelle, qui est le dimanche, vécu avant tout à travers la participation à la Messe. C'est d'ailleurs dans la célébration eucharistique dominicale que la paroisse trouve le moment le plus élevé et le plus beau de sa vie.

Si s'affaiblit ou vient même à manquer l'une de ces deux coordonnées, c'est la transmission de la foi qui s'affaiblit et la construction de l'Eglise qui se fragilise.

Pour de nombreux chrétiens en Amérique latine, le seul contact avec l'Eglise, la seule source qui nourrit leur vie chrétienne est la Messe dominicale. C'est pourquoi, si nous manquons la Messe dominicale, nous ne pouvons pas nous dire chrétiens, parce que peu à peu le Christ nous viendra à manquer. Lors de la Messe, en effet, nous rencontrons le Christ vivant et présent dans le mystère de son Corps et de son Sang, qui est offert pour nous. Il nous manque la Parole de Dieu, qui donne sa vérité et son sens à notre vie quotidienne. Il nous manque le rapport avec la communauté chrétienne, et ainsi, sans la Messe, nous nous trouvons de plus en plus seuls et isolés dans un monde sécularisé qui tend à ignorer Dieu. Il nous manque, enfin, la lumière et la force de la foi, le soutien de l'espérance, la chaleur de la charité.

Le manquement au précepte dominical affaiblit la foi et étouffe le témoignage chrétien.

Lorsque le dimanche perd sa signification fondamentale de "Jour du Seigneur" et se transforme en "week-end", c'est-à-dire en jour de simple évasion et de divertissement, l'on demeure prisonnier d'un horizon terrestre, tellement étroit qu'il ne permet plus d'apercevoir le ciel (cf. Dies Domini, n. 4).

Lorsque, en l'an 303, les 49 martyrs d'Abitinie, une petite ville dans les environs de Carthage, furent interrogés puis condamnés par le juge pour avoir assisté à la Messe, ils répondirent : "Nous ne pouvons pas vivre sans célébrer le dimanche".

Nous non plus, nous ne pouvons pas être chrétiens sans nous réunir le dimanche pour célébrer l'Eucharistie.

Il faut redécouvrir et accueillir dans toute sa richesse le sens du dimanche comme jour du Seigneur, comme jour de la joie des chrétiens. En tant qu'Evêques, nous devons essayer de sauver et de faire revivre en profondeur l'identité religieuse de ce jour. Il est d'une importance capitale que chaque fidèle soit convaincu de ne pas pouvoir vivre sa foi sans participer régulièrement à l'assemblée eucharistique du dimanche, de ne pas pouvoir lutter contre les influences nocives de la "culture de la mort" sans se nourrir régulièrement du "Pain de la vie". Il s'agit d'une exigence inscrite au plus profond de l'existence chrétienne. C'est la condition pour pouvoir vivre correctement la spiritualité chrétienne.

La fidélité à l'Eucharistie dominicale engendre un dynamisme chrétien qui conduit à regarder le ciel sans oublier la terre, et à regarder la terre dans une perspective céleste.

La fidélité à l'Eucharistie dominicale vivifie chaque semaine la foi et augmente la soif de Dieu et la nécessité de la prière.

La culture de notre société sécularisée et mondialisée tend à vider le dimanche de sa signification religieuse et originelle et tend à faire perdre sa signification et son importance à la Messe dominicale. 
C'est là que prend sa source notre devoir nécessaire de sauver le dimanche, en restaurant son identité de jour du Seigneur et de jour de la prière, de jour de l'Eglise, de jour du repos et donc du bien de l'homme, de jour de la famille, de jour de la charité et de la solidarité.

4. Mais il existe un motif et une raison plus profonds de placer la Messe dominicale au cœur de la pastorale : c'est la conscience que la célébration de l'Eucharistie est la rencontre avec le Christ ressuscité. Tel est l'aspect spécifique qui inspire notre réunion de la Commission pour l'Amérique latine. Il me semble important d'étudier si, parmi toutes les initiatives pastorales louables que développent les paroisses en Amérique latine, il en est une qui, en quelque sorte, les synthétise toutes, et qui permette de donner à toutes les communautés catholiques latino-américaines un signal indiquant la façon dont la vie chrétienne devrait retrouver son "centre", sur lequel concentrer les énergies spirituelles. Ce "centre", c'est la célébration eucharistique du dimanche et des fêtes, justement définie par le Concile Vatican II comme "source et sommet de la vie de l'Eglise" (Lumen gentium, n. 11). En harmonie avec les orientations du Saint-Père pour l'Année de l'Eucharistie, je voudrais suggérer que notre rencontre tente de proposer à tous les diocèses latino-américains, également avec l'aide du CELAM, de concentrer  pour un an ou deux leurs efforts sur l'importante initiative pastorale concernant la Célébration eucharistique le jour du Seigneur.

La Messe du dimanche n'est pas un simple rite à célébrer:  dans ses deux moments - célébration de la parole et célébration de l'Eucharistie - elle est une rencontre qu'il faut accomplir avec le Christ ressuscité. Il faut entrer en communion avec la force de la Parole du Christ et participer au banquet de la cène du Seigneur. C'est uniquement en se nourrissant du Corps et du Sang du Christ que les chrétiens peuvent être soutenus dans leur témoignage au service de la vérité de l'Evangile et affronter avec efficacité les défis de notre époque. Il ne fait aucun doute que le dimanche est le centre de la pastorale et la Messe est le centre du dimanche, pour renouveler et renforcer la foi et pour soutenir la vie chrétienne. L'écoute de la Parole de Dieu et la communion au corps du Christ nous font croître dans l'amour de Dieu et dans la solidarité envers nos frères.

Dès le début, les chrétiens abandonnèrent le samedi comme jour à consacrer à Dieu et le remplacèrent par le "jour suivant le samedi". Pour quelle raison? Parce que c'est le dimanche que le Seigneur est ressuscité et c'est le dimanche qu'eut lieu la Pentecôte. Et le Christ donna ensuite de l'importance au dimanche en apparaissant aux apôtres le soir de Pâques et en retournant au Cénacle le dimanche suivant, lorsque saint Thomas était présent. Si tous les Evêques et prêtres latino-américains, comme fruit de l'Année de l'Eucharistie, prennent un engagement unanime, le Dimanche redeviendra le coeur de la vie paroissiale et la Messe le coeur du dimanche. La participation à la Messe dominicale redeviendra le signe distinctif du chrétien.

Les chrétiens des premiers siècles considéraient la Messe dominicale comme une nécessité, sans laquelle ils ne pouvaient pas vivre. L'observance de la Messe dominicale était l'élément qui distinguait les chrétiens par rapport aux autres. Saint Ignace d'Antioche, au début du II siècle, définit les chrétiens comme:  "ceux qui célèbrent le dimanche".

L'Eucharistie dominicale, en effet, est le moment où est construite notre identité chrétienne et notre existence comme Eglise.

Si nous voulons un renouveau du catholicisme en Amérique latine, la voie maîtresse est celle de "repartir du Christ, reconnu dans la fraction du pain":  c'est-à-dire qu'il faut travailler pour que "la Messe dominicale soit le centre de la vie chrétienne en Amérique latine". Il est impossible de vivre réellement en chrétiens sans participer à la Messe du dimanche et des jours de fêtes, parce que graduellement, le Christ nous vient à manquer; il nous vient à manquer la Parole de Dieu, qui nourrit en vérité et donne un sens à notre existence; il vient à manquer la force du pain eucharistique; il vient à manquer la relation avec la communauté chrétienne et le soutien qu'apporte cette relation.

Nous devons donc multiplier les efforts et les initiatives pour faire comprendre que le temps que nous donnons à Dieu en allant à la Messe tous les dimanches est employé au mieux.

De dimanche en dimanche, la participation à la Messe devient une grande école de vie chrétienne et une source inépuisable de lumière et de force pour vaincre le mal par le bien.

Mais comment faire pour que les fidèles aillent à la Messe le dimanche? Tel est le devoir que le Christ nous a donné à nous, Pasteurs de l'Eglise d'aujourd'hui. C'est le devoir de tous les Evêques et de tous les prêtres; c'est également  notre  devoir en tant que Conseillers et Membres de la Commission pour l'Amérique latine.

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LA SESSION DIOCÉSAINE, C'EST FINI !

La session diocésaine a eu lieu à l'Université de Fribourg du 1er au 3 octobre. Elle a eu pour thème : "Dimanche pour la vie".

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