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vendredi, 24 février 2012

Action de Carême: bon chic, mauvais genre

topelement.jpgUne bonne campagne avec un mauvais instrument

La Campagne de Carême en Suisse connaît une polémique, non pas en ce qui concerne la lutte contre la pauvreté, la misère et la faim dans le monde, mais sur l'emploi de l'idéologie du gender pour lutter contre cette misère, idéologie présente dans quelques documents. La soupe de Carême se mange avec une cuillère, en faveur de la pauvreté, or l'ajout du couteau du gender, qui divise, blesse et provoque hélas la polémique, est de trop. Mais au fond, qu'en est-il de cette idéologie du gender ?

L'idéologie du gender ?

1244558458xEW7h6.jpgElle est très complexe, et comporte notamment des éléments de marxisme (lutte des sexes) et d'idéalisme (la nature, la vérité, la réalité n'existent pas). Les gender studies ont aujourd'hui une influence certaine sur l'élaboration des politiques relatives à la famille, que ce soit au niveau national ou à l'échelle mondiale. C'est tout le rapport entre l'inée et l'acquis, entre la nature et le social qui sont ainsi visés. 

Simone de Beauvoir

Simone de Beauvoir eut cette phrase célèbre: "on ne naît pas femme, on le devient". Il n'y aurait en fait qu'une base biologique, sexuelle et physique différente entre l'homme et la femme, mais il n'y aurait dès lors pas de nature humaine, ni une spécificité masculine et féminine. La lecture de la Bible, dans le premier livre de la Genèse "Dieu créa l'homme et la femme, homme et femme il le créa" est niée. Dieu a crée la nature humaine d'un homme et d'une femme pour une complémentarité, une unité. L'usage du singulier le, Dieu le créa souligne l'unité et l'égalité entre l'homme et la femme. 

De la nature humaine à la famille

Pour la théorie du gender, l'éducation sociale, qui est un rapport de force, une construction qui vient d'un pouvoir imposé, attribue ou impose en fait les rôles sociaux qui sont acquis durant l'enfance par une intériorisation (un garçon jouera à la guerre et une fille à la poupée - ou seront forcés...). L'idoélogie du genre est très puissante, car la relation homme-femme, la définition naturelle de la famille, le mariage entre un homme et une femme qui fait de la famille la cellule fondamentale de la société, sont remises en question. Toutes les questions telles que l'adoption d'enfant par des "couples" homosexuels, du mariage entre deux hommes ou deux femmes proviennent de cette théorie. 

Les rôles

Le terme de « genre », dont l’acception actuelle est d’origine anglo-saxonne (gender), a ainsi fait l'objet d'une définition lors de la Conférence de Pékin sur la famille, en 2005, explicitement inspiré des gender studies : « le genre se réfère aux relations entre hommes et femmes basées sur des rôles socia­lement définis que l’on assigne à l’un ou l’autre sexe ». Cette définition, clairement inspirée du vocabulaire du genre, entend substituer, comme concept pertinent, le genre au sexe. Cette influence a été d'autant plus prégnante que l'anglais est la langue principale des instances internationales, rendant plus aisée la promotion du terme de gender

Les études de genre naissent dans les années 1980 et le début des années 1990 de l'évolution des études féministes. Cette approche souhaite questionner le rapport entre les sexes au sein de la société sans se focaliser spécifiquement sur les femmes. Ces études vont effectuer une distinction entre le sexe et le genre pour s'interroger sur la construction des rôles sociaux attribués naturellement.

Un pouvoir

Elles vont aussi permettre de questionner le rôle du sexe lié à des paramètres biologiques et naturels et celui du genre lié à une construction sociale. Comme le mentionne Rubin Gayle le rapport entre le sexe et le genre est une représentation "porte-manteau" du sexe sur le corps dépendant des représentations culturelles de la société. Les études genres sont de nature constructiviste et vont permettre de déconstruire les catégories de représentations du féminin et du masculin en les situant dans le temps et l'espace par rapport aux relations de pouvoir. 

Revenir au réel

creation.jpgDans l'anthropologiehébraïque ou dans l'anthropologiechrétienne grâce notamment à la lecture d'Aristote par Thomas d'Aquin, l'âme et le corps sont intrinséquement unis dans une personne.. Ainsi, pour le pape Jean-Paul II, « l'âme elle-même ne peut être qualifiée de féminine, ou appartenant au genre féminin, mais plutôt l'âme d'une femme qui est un être humain féminin».

Cette anthropologie hébraïque, grecque et chrétienne repose donc sur une lecture de la réalité et de la vérité de l'homme. La théorie du gender lutte contre cette réalité anthropologique de nature. Cette dernière rejette en cela l'explication unisexe de la personne et le dualisme entre corps et âme, que l'on trouve chez Platon, puis Descartes. Cette anthropologie réaliste considère, au contraire, que les hommes et les femmes sont fondamentalement des modes différents d'être des personnes.Jutta Burggraf, théologienne, a estimé que « les hommes et les femmes ressentent et réagissent différemment au monde qui les entoure, et cette réalité a un solide fondement dans leur constitution biologique propre ».

Le Conseil pontifical pour la famille a publié un livre intitulé "Gender, la controverse" rassemblant les analyses de 7 experts sur la théorie des genres.

Chanoine Claude Duccaroz, Prévot de la cathédrale: "J’ai été étonné et gêné de retrouver dans les documents annexes de l’Action de Carême des relents de cette théorie qui fait l’objet de contestations justifiées, notamment dans les milieux catholiques. Je crois que l’on peut laisser de côté ces documents-là si l’on ne parvient pas à séparer le bon grain de l’ivraie. Heureusement, l’Action de Carême, c’est beaucoup plus que ces quelques alinéas critiquables."

source: Wikipédia

Lien:

Choisir la Vie

Philanthropos, Institut européen à Fribourg qui est né sur une phrase du bienheureux Jean Paul II, parlant de la crise de l'anthropologie que connaît l'Occident (Encyclique Fides et Ratio). 

Commentaires

Cher Abbé,
Merci pour cette réaction pertinente et très étayée. J'aimerais m'inspirer de votre texte pour expliquer le gender en introduction de la pétition que nous lançons et qui sera adressée à la CES.
En vous remerciant,
En union de prière
Olivier Dehaudt
président Choisir la Vie

Écrit par : Olivier Dehaudt | samedi, 25 février 2012

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