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mercredi, 02 novembre 2011

Le Cardinal Barbarin et le blasphème

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Source: Benoît et Moi

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L'évêque de Rennes

- On vous retrouve dans votre Basilique Saint-Jean, au pied de Fourvière, en cette fête de Toussaint, pour les catholiques. Les catholiques dont on se demande s'ils sont divisés par cette affaire d'une pièce de théâtre ... dont les représentations sont perturbées par des activistes dont on ne sait trop s'ils sont catholiques intégristes, militants politiques d'extrême-droite, ou simples fidèles touchés par ce qui ressemble selon eux à un blasphème, parce qu'on toucherait à l'image du Christ, ce que conteste d'ailleurs l'auteur de la pièce. En 2011, le blasphème doit redevenir un délit, Père (!!) Barbarin?


- Oui, bien sûr, pour nous c'est très grave, pour nous les croyants, le blasphème, c'est insulter Dieu.

- Oui mais lui, il s'en défend, l'auteur, il dit que c'est une métaphore.


- J'ai lu quelques témoignages de prêtres qui sont allés voir. Il y a eu aussi les paroles très claires de l'archevêque de Paris. Après tout, ça se passe dans sa ville à lui. Ils disent qu'il y a eu un malentendu épouvantable, qu'on confond tout. Je crois qu'il est bon de s'insurger parfois, d'ailleurs nous le faisons à chaque fois que la foi d'un autre est insultée ou malmenée mais il ne faut pas tout confondre, et ces gens qui s'insurgent énormément, j'ai envie de leur dire qu'ils me font penser à Saint-Pierre, vous savez, un jour Saint-Pierre dit "faut pas toucher à Jésus", il sort son épée et Jésus lui dit "chut... du calme, rentre ton épée voilà, on se calme un peu", il [Saint Pierre] dit "on va pas se laisser marcher sur les pieds une fois, deux fois, sept fois", "non pas sept fois mais soixante dix fois sept fois, heureux les persécutés, heureux serez-vous si l'on vous insulte à cause de moi" - ça c'est l'évangile d'aujourd'hui, la fête de la Toussaint, on lit les Béatitudes (ndlr: dit avec le sourire, très perceptible dans la version audio).

- Alors, le Saint Pierre du jour (ndlr: en réalité, dans le contexte, c'est exactement l'inverse), c'est une femme politique, une fervente catholique, elle est candidate à l'élection présidentielle, Christine Boutin, elle parle d'une manipulation des jeunes chrétiens qui viennent manifester, car elle dit "d'après les témoignages, il n'y a qu'une métaphore de la compassion, il n'y a pas de scandale, et là on tente de récupérer notre foi pour essayer de promouvoir un message politique d'extrême droite".


- J'ai l'impression qu'elle dit une parole de paix, probablement, elle s'est mieux informée que moi, je n'ai pas vu cette pièce, mais ça correspond à ce que je disais des prêtres tout à l'heure, il y a un malentendu épouvantable et on confond tout, donc elle leur dit "du calme, ne vous laissez pas manipuler".

- Est-ce que ce n'est pas l'honneur, finalement, de notre société, de notre civilisation, y compris depuis 1905, depuis la laïcité, de pouvoir évoquer librement toutes les idées, toutes les images, y compris celle de celui qui représente Dieu pour les catholiques?


- Oui, enfin, sans cracher à la figure des autres, si vous voulez. Parler avec les autres, dire "je ne suis pas du tout d'accord, et cette valeur que tu prônes, moi, elle m'est complètement étrangère", évidemment qu'on a le droit. Mais de là à cracher au visage de quelqu'un, c'est quand même une blessure, ça arrive parfois. Je crois que ce n'est pas le cas dans cette pièce, je ne l'ai pas vu, en tout cas, les témoignages que l'on me donne vont dans ce sens, et ils disent aux jeunes "que vous ayiez le sang bouillonnant, c'est pas forcément ce qu'il y a de mieux, c'est arrivé à Saint-Pierre, Jésus l'a calmé, calmez-vous, on n'a jamais vu que la violence recule avec la violence, l'arme des chrétiens, si l'on peut dire, c'est la miséricorde et l'amour: Aime-les davantage, et leur coeur changera.

- Mais est-ce qu'il y a aujourd'hui, à vos yeux, une forme d'hostilité particulière à l'égard des catholiques et des chrétiens, une christianophobie, comme disent ces militants devant le théâtre de la ville.


- Oui, ce n'est pas nouveau;

- Elle est réelle, en France?


- Bien sûr, qu'elle est réelle. Dans les années 1900, dès qu'on voyait un prêtre qui se baladait avec sa soutane, on faisait "coi-coi-coi" (???), il y a eu d'autres périodes beaucoup plus violentes (interrompu)...

- On n'en est plus là..


- Oui, on a coupé des têtes, aujourd'hui, on voit bien, un prêtre de mon diocèse, simplement parce qu'il portait une croix, on lui a craché dessus dans le métro. Bien sûr qu'il y en a, de la violence, on n'est quand même pas dans une société toute irénique, toute paisible. Que nous défendions notre honneur, notre droit d'être nous-mêmes, c'est bien qu'il y ait... (interrompu)

- Est-ce qu'il y a pas là une tentative de récupération, puisqu'on est allé chercher aussi des militants pro-islam, des juifs intégristes, qui sont tous allés manifester devant le Théâtre de la Ville, une tentative de récupération de la sincérité, de la naïveté peut-être des croyants à des fins politiques, à six mois de la présidentielle?


- D'où les avertissements qui leur ont été donnés, y compris par le cardinal de Paris.

- C'est-à-dire?


- Je crois que vous avez raison. Maintenant NE VOUS LAISSEZ PAS MANIPULER. Soyez libres. Vous avez le droit de réagir, y compris avec force, en disant "stop, quoi! Nous avons le droit d'être respectés". Jamais par la violence, et en tout cas, faites attention à ce que vous dites, à ce que vous faites, et à l'objet, et là, apparemment, il y a un malentendu épouvantable .....

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