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mardi, 08 juin 2010

Mgr Padovese: “j’ai tué le grand Satan, Dieu est grand"

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Embarras palpable au Vatican après l’assassinat du président de l’épiscopat turc.

Vatican - Agence I.MEDIA - 8 juin 2010

Au lendemain des funérailles du président de la Conférence épiscopale turque, Mgr Luigi Padovese, assassiné à son domicile d’Iskenderun (Turquie) le 3 juin 2010 par son chauffeur, les motivations de cet assassinat restent encore floues. Alors que l’agence de presse missionnaire AsiaNews affirme que le vicaire apostolique d’Anatolie a été décapité lors d’un “sacrifice rituel“ musulman, le Vatican ne nie pas cette version des faits, mais il juge qu’il est trop tôt pour tirer des conclusions.

Selon l’agence romaine AsiaNews, appartenant à l’Institut pontifical pour les missions étrangères, Mgr Luigi Padovese aurait reçu plusieurs coups de couteau assénés par son chauffeur, Murat Altun. Le prélat aurait ensuite réussi à sortir de son domicile pour appeler à l’aide avant d’être décapité. Selon des témoins cités par AsiaNews, l’homme, qui a reconnu le meurtre, aurait par la suite crié depuis le toit de la maison : “j’ai tué le grand Satan, Allah Akbar (‘Dieu est grand’, en arabe, ndlr)“.

Interpellé par I.MEDIA, le père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a confié le 8 juin qu’il attendait d’avoir “une vision plus complète de la situation“ pour s’exprimer. “Je n’ai rien à dire“, a-t-il affirmé avant d’ajouter qu’il n’avait “pas d’éléments pour dresser un cadre complet des évènements“. “Je ne confirme pas ce que dit AsiaNews, elle prend ses responsabilités, je ne le nie pas, mais je ne l’ai pas entendu“, a encore déclaré le père Lombardi à propos de ce qu’aurait crié le meurtrier.

Ainsi, si le meurtre de Mgr Padovese a vite été attribué à la santé mentale fragile de son chauffeur, certaines voix, comme celle de l’agence AsiaNews, s’élèvent donc pour défendre la thèse d’un “sacrifice rituel contre le mal“. Selon la presse turque, le jeune de 26 ans aurait en outre affirmé à la police avoir agi après avoir reçu une “révélation“ divine.

Au lendemain de cet assassinat, alors qu’il rencontrait les journalistes dans l’avion qui le menait à Chypre, Benoît XVI avait souhaité que ce meurtre ne soit pas attribué “à la Turquie ou aux Turcs“. “Ce qui est certain, c’est qu’il ne s’agit pas d’un assassinat politique ou religieux ; il s’agit d’une affaire personnelle“, avait renchéri le pape tout en reconnaissant disposer de “peu d’informations“. “Nous attendons encore tous les éclaircissements, avait ajouté Benoît XVI, mais nous ne voulons pas en ce moment mélanger cette situation tragique avec le dialogue avec l’islam“. Au cours de son séjour de 3 jours à Chypre, Benoît XVI avait séjourné à la nonciature apostolique à Nicosie, sur la ‘Ligne verte’ contrôlée par l’ONU et qui sépare la République de Chypre de la partie turque de l’île, au nord.

L'assassin, un fou ?

Au Vatican, un haut prélat joint par I.MEDIA a jugé que le pape aurait mieux fait de ne pas intervenir si tôt sur cette question délicate. Il a confié que le chauffeur de Mgr Padovese, qu’il avait eu l’occasion de rencontrer, était loin d’être “le malade mental“ qu’avait immédiatement présenté les autorités turques, ni même un converti au christianisme. Le haut prélat a enfin rappelé que la décapitation, dans l’islam, était réservée “aux moutons et aux infidèles“.

Un autre prélat a confié qu’il était “pour le moins bizarre que tous les assassins de chrétiens en Turquie soient présentés comme des fous“. Il a noté en outre que le chauffeur de Mgr Padovese était “de trop faible constitution pour s’attaquer seul à l’évêque“, un homme particulièrement “costaud“. Enfin, cette source vaticane a indiqué que l’évêque d’origine italienne aurait confié avoir reçu à plusieurs reprises des menaces de mort.

Le directeur de L’Osservatore Romano, dans l’édition datée du 8 juin du quotidien du Vatican, est brièvement revenu sur la mort de Mgr Padovese en évoquant “le massacre et l’assassinat d’un homme sans défense“.

Le quotidien italien Il Foglio a pour sa part indiqué que “la persécution des chrétiens en Turquie“ avait lieu “sous les yeux des autorités, dans un climat d’indifférence silencieuse de la part de l’Etat et de la société dite laïque“. “En Turquie, pays qui se dit ‘tolérant’, le prosélytisme chrétien est interdit“, a soutenu le journal, notant que “l’article 163 du code pénal punit encore sévèrement ‘l’évangélisation’“. LB/AMI

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