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jeudi, 09 novembre 2017

Pape François et portable à la Messe: "élevons notre coeur et abaissons nos portables"

Pape François et portable à la Messe: "élevons notre coeur et abaissons nos portables"

mercredi, 08 novembre 2017

Lutte contre le terrorisme : Le grand imam d'Al-Azhar rencontre le pape François

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Lutte contre le terrorisme : Le grand imam d'Al-Azhar rencontre le pape François

 

 

Le grand imam de l'influente institution sunnite Al-Azhar, Ahmad Al-Tayeb, a rencontré aujourd'hui, mardi 7 novembre 2017, à Rome, le pape François et promis la plus grande collaboration dans la lutte contre le terrorisme.

"Nos avons discuté des nombreuses questions qui tourmentent le monde et nous avons cherché à sonder l'avenir pour trouver ensemble les moyens de réduire les souffrances qui frappent le pauvres et les malheureux", a expliqué l'imam, se déclarant "optimiste".

Selon l'AFP, le pape François, qui l'avait déjà reçu en mai 2016 au Vatican et lui a rendu visite en avril au Caire, est "un homme symbole, profondément bon. Il a un coeur inondé d'amour et du désir que l'humanité puisse bénéficier de l'échange entre les cultures", a ajouté l'imam.

"Je veux dire ma conviction de la nécessité d'un dialogue entre les religions, entre les sages, au risque de retomber dans des périodes de violence et d'obscurité", a signalé l'imam.

mardi, 07 novembre 2017

Tariq Ramadan et la communication de crise

Tariq Ramadan mis en congé de l'Uni d'Oxford

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Tariq Ramadan et la communication de crise

Unknown.jpegJe ne suis ni un juge, ni un journaliste. Je ne peux et surtout ne veux pas condamner Tariq Ramadan. 

Au niveau de la communication, il y a tout de même des erreurs manifestes. Un homme de média quitte sa scène pour le judiciaire ?

Comment se fait-il qu'un homme aussi investi dans les médias, avec un réseau mondial, soit soudainement incapable de faire face ? Tariq était si prompt à communiquer, à parler pour occuper la scène. Voilà qu'il se tai, ou communique mal et très peu. Ce premier changement pose question. 

Forum sur Radio Suisse Romande

Note: la première règle de communication de crise veut que "l'accusé" ou le "condamné" par l'opinion publique se prononce immédiatement et médiatiquement. Tout retard résonne comme une manière de calculer, pour mettre en place une tactique juridique. Le temps des médias n'est pas celui de la justice. 

Le silence étale la crise dans le temps. Honnêtement, une tempête comme celle-ci est une opportunité pour la personne mise en cause de faire résonner la vérité.

En l'état, force est de constater: la crédibilité de Tariq est fortement compromise. 

Mise au point à la TV Suisse Romande

Curie Romaine: le Pape François nomme deux femmes sous-secrétaires

Curie Romaine: le Pape François nomme deux femmes sous-secrétaires

 
images.jpegUne femme fait pleinement partie de l'Eglise, de droit et par le droit. La hiérarchie est certes masculine, le gouvernement étant lié au sacrement de l'ordre. 
 
Une congrégation romaine possède le pouvoir juridique. Elle est présidée normalement par un Cardinal avec un secrétaire archevêque. Ce dernier fait la plus grande partie du travail. 
 

Le Pape François nomme deux femmes comme sous-secrétaires du dicastère pour les laïcs, la famille et la vie. 

Les deux femmes choisies par le souverain pontife sont aussi hautement qualifiées.  
 
- pour la section de la vie, Gabriella Gambino
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- pour la section des fidèles laïcs, Linda Ghisoni 
 
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(les ministres ordonnés sont aussi des fidèles qui dépendent soit de la congrégation pour le clergé, soit des religieux)
 
 

Fake news: non le Pape François, le Vatican, ne va pas célébrer une Messe oecuménique

Unknown.jpegFake news: non le Pape François, le Vatican, ne va pas célébrer une Messe oecuménique

Rien que samedi, une fidèle s'approche de moi en me demandant loyalement: Monsieur l'abbé, est-ce vrai que le Pape va célébrer une Messe oecuménique, avec des pasteurs protestants ?

Ma réponse: une fake news, lancée sur Internet et les réseaux sociaux, par des trolls. 

La vérité d'une info de dépend pas du moyen de communication, mais du message lui-même. 

Avec les médias "traditionnels", les journalistes (certes droits ou menteurs) opéraient un premier discernement: vérification, croisement des infos ...

Avec les réseaux sociaux, ce filtre n'existe plus. Nous sommes invités à évaluer l'info par nous-mêmes. 

lundi, 06 novembre 2017

Amoris Laetitia: la pastorale des personnes divorcées remariées est l'arbre qui cache la forêt car nous avons un problème avec la pastorale de l’eucharistie.

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Amoris Laetitia:

 

la pastorale des personnes divorcées remariées est l'arbre qui cache la forêt

 

car nous avons un problème avec la pastorale de l’Eucharistie.

 

Pourquoi la communion focalise-t-elle tous les débats ?

 

(Famille Chrétienne)

La pastorale des personnes divorcées remariées est un peu l’arbre qui cache la forêt ! En réalité, nous avons un problème avec la pastorale de l’eucharistie.

La dimension de repas a été beaucoup mise en avant, au détriment de la dimension de sacrifice.

Mais si la messe n’est qu’un repas, on ne comprend plus ce que signifie participer à l’eucharistie sans communier. C’est pourtant ce que faisaient nos ancêtres qui communiaient deux fois par an.

Je pense qu’il faut interroger notre pratique de la communion systématique et retrouver le lien avec le sacrement de la réconciliation.

Un timbre pour la commémoration de la réforme, pour des réactions qui font du Pape un timbré ?

Un timbre pour la commémoration de la réforme, pour des réactions qui font du Pape un timbré ?

335bcce389288e43c9b8757b3f512837.jpegCela marque les esprits.

Une statue de Luther dans une salle d'audience et un timbre du réformateur, les polémiques anti-François se déchaînent. A l'heure du mail, plutôt surprenant ! 

Luther n'est pas un saint, mais un chrétien, pour Benoît XVI un chercheur de Dieu. Si vous voulez dialoguer, allez-vous traiter l'autre d'hérétique ? de diable en personne ?

Depuis le Concile Vatican II, la nouvelle attitude de l'Eglise consiste à attirer vers la plénitude de la vérité. Benoît XVI écrivait: l'Eglise avance par attraction. 

Un simple timbre et le Pape est un timbré ? N'est-ce pas la même attitude que Luther ? 

Les commentaires affluent sur les réseaux sociaux. Comme la Russie, un certain milieu traditionaliste publie des fake news et agit comme des trolls.  

Saint François de Sales, doux et humble réformateur catholique, patron des journalistes, a lui aussi son timbre. Qu'il nous vienne en aide pour être modéré, pour une dispute joyeuse. 

En argot Internet, un troll caractérise ce qui vise à générer des polémiques. Il peut s'agir d'un message (par exemple sur un forum), d'un débat conflictuel dans son ensemble ou de la personne qui en est à l'origine. Ainsi, « troller », c'est créer artificiellement une controverse qui focalise l'attention aux dépens des échanges et de l'équilibre habituel de la communauté.

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dimanche, 05 novembre 2017

Le père Thomas G. Weinandy, membre de la Commission Théologique Internationale depuis 2014, viré aux USA

Le père Thomas G. Weinandy, membre de la Commission Théologique Internationale depuis 2014, viré aux USA

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Pape François: un théologien américain accuse le Pape de semer la chaos. Il finit K.O !

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Un théologien écrit au pape : « C’est le chaos dans l’Église et vous en êtes une des causes »

Source: La Croix

Après les « dubia » des quatre cardinaux frondeurs, c’est sans doute la remise en cause publique la plus virulente de la part d’une personne qualifiée depuis le début du pontificat de François.

La lettre en question, adressée au pape François au cœur de l’été et rendue publique le 31 octobre, est en effet signée de la main du père Thomas G. Weinandy, membre de la Commission Théologique Internationale depuis 2014, nommé par François. Il était consulteur du Comité pour la doctrine de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) jusque très récemment, après en avoir été le directeur pendant plusieurs années.

La publication de ce courrier au vitriol lui a valu une convocation de la part du Secrétariat général de l’USCCB. Dans la foulée, sa démission était annoncée.

« Une confusion chronique semble marquer votre pontificat », écrit le théologien dans sa lettre, rédigée après avoir « longuement prié sur la tombe de saint Pierre ». « La lumière de la foi, de l’espoir et de l’amour n’est pas absente mais elle est trop souvent obscurcie par l’ambiguïté de vos mots et de vos actions. Ce qui nourrit un malaise croissant chez les fidèles », pointe-t-il.

Le Père Weinandy cite alors l’exemple du « controversé chapitre 8 d’Amoris Laetitia », celui qui traite de la question des personnes divorcées remariées. « La principale source de préoccupation concerne votre façon d’enseigner, poursuit ainsi le capucin. Dans Amoris laetitia, vos orientations semblent parfois intentionnellement ambiguës. »

Dévalorisation de la doctrine

« L’Esprit Saint est donné à l’Église, et plus particulièrement à vous, pour dissiper l’erreur et non pas la favoriser », rappelle-t-il. « Vous semblez censurer et même vous moquer de ceux qui interprètent le chapitre 8 d’Amoris laetitia en accord avec la tradition de l’Église, en les traitant de pharisiens jeteurs de pierres qui incarneraient un rigorisme impitoyable. Ce genre de calomnie est étranger à la nature du ministère pétrinien. »

« Deuxièmement, votre façon de faire semble trop souvent dévaloriser l’importance de la doctrine de l’Église », regrette encore le théologien américain.

« Troisièmement, ajoute-t-il, les fidèles catholiques ne peuvent qu’être décontenancés par votre choix de certains évêques, des hommes qui semblent non seulement ouverts à ceux qui défendent des thèses contraires à la foi chrétienne mais qui les soutiennent et même les défendent ».

« Quatrièmement, l’Église forme un seul corps, le Corps mystique du Christ et vous avez reçu du Seigneur lui-même la mission de promouvoir et de renforcer cette unité. Mais vos actions et vos déclarations semblent trop souvent avoir l’effet inverse. Encourager une forme de "synodalité" qui autorise et encourage différentes options morales et doctrinales au sein de l’Église ne peut que mener à davantage de confusion théologique et pastorale », soutient le père Weinandy.

« Cela m’amène à ma dernière préoccupation, relève enfin le théologien. Vous avez souvent parlé d’un besoin de transparence au sein de l’Église. (…) Mais avez-vous remarqué que la majorité des évêques à travers le monde sont étonnamment silencieux ? (…) Les évêques apprennent vite et ce que beaucoup ont appris de votre pontificat ce n’est pas que vous êtes ouvert à la critique mais bien que vous ne l’admettez pas ».

Enseignant de renom

À 71 ans, le père Weinandy a enseigné dans de nombreuses universités aux États-Unis, pendant douze ans à Oxford ainsi qu’à Rome, et à l’Université pontificale grégorienne. Il a par ailleurs été pendant neuf ans le directeur exécutif du Secrétariat pour la doctrine de la Conférence épiscopale des États-Unis et en est devenu par la suite un conseiller écouté.

Les commentaires n’ont pas manqué d’abonder à la suite de cet épisode, le courrier ayant par ailleurs beaucoup circulé, notamment dans les milieux les plus sceptiques quant à l’action du pape François.

Plusieurs observateurs ont relevé la violence des critiques adressées au pape, notamment l’accusation de « pécher contre l’Esprit Saint ». Dans une tribune, le Catholic National Reporter souligner « l’ironie » de l’évocation de la censure dans la bouche d’un théologien ayant autrefois censuré nombre de ses pairs.

De leur côté, les évêques américains, embarrassés par une opposition de plus en plus audible à François, ont publié un communiqué dans lequel ils rappellent que s’il peut exister des « discussions » sur des sujets théologiques ou pastoraux, leur loyauté envers le pape est indéfectible.

Marie Malzac

Amoris Laetitia: le préfet émérite de la CDF le Cardinal Müller croit en la vérité enseignée par le Pape

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Amoris Laetitia: le préfet émérite de la CDF le Cardinal Müller croit en la vérité enseignée par le Pape

"Nous ne croyons pas des choses simplement parce qu’un pape nous les enseigne, mais parce que ces vérités sont contenues dans la Révélation"

L'Homme nouveau a publié dans son dernier numéro un entretien avec le cardinal Gerhard Ludwig Müller, ancien Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi. C'est une traduction de l'entretien accordé au journaliste américain Edward Pentin, correspondant à Rome du National Catholic Register.

En voici quelques courts extraits (pour lire l'intégralité, il est utile de s'abonner à L'Homme Nouveau) :

Source: Le Salon Beige

Une-1649"[...] J’ai entendu dire que le Pape était proche de certains théologiens mais ces derniers ne peuvent pas prétendre être les interprètes autorisés du Pape. Si, par exemple, l’archevêque Fernández [recteur de l’Université catholique pontificale d’Argentine à Buenos Aires] fait une déclaration, c’est seulement à titre privé. Elle n’a pas plus de poids que la déclaration d’un autre évêque – et assurément pour l’Église dans son ensemble, il n’a pas d’autorité magistérielle –, et donc cela n’a pas plus d’autorité pour moi que n’importe quelle autre voix théologique. [...]

[J]e crains qu’il n’y ait plus une idée très claire sur le statut ecclésiologique de l’Église romaine sous la forme de la Congrégation des cardinaux et de la Curie romaine. Certains pensent que le Pape peut à titre personnel faire tout ce qu’il veut car il est le souverain absolu, mais ce n’est pas vrai. [...]

Dans mes fonctions comme préfet de la Congrégation, j’ai fait plusieurs interventions dans lesquelles j’ai expliqué que la seule vraie et juste interprétation d’Amoris Lætitia – qui est globalement très bonne et en faveur du mariage – est l’interprétation orthodoxe, et par là nous voulons dire qu’elle est dans le droit fil de la Sainte Écriture, de la tradition apostolique et des décisions définitives du magistère papal et épiscopal, qui est ininterrompu jusqu’à présent. Il n’est nulle part exigé des fidèles dans Amoris Lætitia de croire quoi que ce soit de contraire au dogme, car l’indissolubilité du mariage est une chose évidente. [...]

N’est-il pas problématique que le Pape donne sa propre interprétation qui semble être en désaccord avec l’interprétation orthodoxe que vous faites vôtre, comme, par exemple, dans sa lettre à des évêques argentins et son éloge des évêques de Malte ?

Dans le cas de la lettre à des évêques argentins, si le Pape écrit une lettre privée et personnelle, ce n’est pas un document doctrinal officiel.

Elle a été mise en ligne sur le site Internet du Vatican.

Le site Internet du Vatican a un certain poids, mais il n’a pas d’autorité magistérielle et si vous lisez ce que disent ces évêques argentins dans leur directive, vous pouvez l’interpréter de manière orthodoxe. [...]

Nous devons distinguer entre ce qui est la doctrine officielle de l’Église, le rôle du Pape et ce qu’il dit dans des conversations privées. Ces opinions privées du Pape doivent être respectées parce que ce sont des opinions et des paroles du Saint-Père, mais personne n’est obligé d’accepter inconditionnellement tout ce qu’il dit, par exemple en matière de questions politiques ou scientifiques. Ce sont là ses opinions personnelles, mais cela n’a rien à voir avec notre foi catholique par laquelle nous sommes justifiés dans la grâce de Dieu. [...]

Quiconque devient évêque, ou cardinal, ou pape doit apprendre à distinguer entre les critiques contre la personne et les critiques contre la mission dont vous êtes investi. Le Saint-Père François doit savoir qu’il est important que l’on accepte ses intentions : aider ces gens qui sont éloignés de l’Église, de la croyance de l’Église, de Jésus-Christ, ceux qui veulent les aider... Cette discussion n’est pas contre lui, ce n’est pas contre ses intentions, mais on a besoin de plus de clarification. Dans le passé aussi nous avons eu des discussions sur la foi et son application pastorale. Ce n’est pas la première fois que cela se passe dans l’Église, et alors pourquoi ne pas apprendre de notre longue expérience comme Église, avoir une discussion bonne et profonde dans le but de promouvoir la foi, la vie de l’Église, et de ne pas personnaliser tout cela et de nous diviser ?

Ce n’est pas une critique personnelle contre lui, et chacun doit l’apprendre et respecter sa haute responsabilité. C’est un très grand danger pour l’Église que certains groupes idéologiques se présentent eux-mêmes comme les gardiens exclusifs de l’interprétation authentique d’Amoris Lætita. Ils pensent avoir le droit de qualifier toutes les personnes qui ont une autre position, de stupides, de rigides, de dépassés, de moyenâgeux, etc. [...]

On trouve parfois des comportements peu chrétiens imprimés dans L’Osservatore Romano, le quotidien semi-officiel du Vatican, ou publiés dans des organes médiatiques officiels, pour créer des polémiques et de la rhétorique. Cela ne nous aidera pas dans la situation présente, mais une discussion théologique profonde le pourra. [...]

Souhaiteriez-vous que le Pape réponde aux dubia ? Est-ce vital pour le bien-être de la doctrine ?

La meilleure chose aurait été, pour le Saint-Père, d’accorder une audience avant leur publication. Nous avons désormais le spectacle d’une épreuve de force. C’est mieux de parler avant, d’approfondir les questions et de donner de bonnes réponses. [...] Le successeur de saint Pierre mérite un respect total pour sa personne et son mandat qu’il tient de Dieu, en même temps, ceux qui le critiquent honnêtement méritent une réponse convaincante.

Une solution possible serait qu’un groupe de cardinaux désignés par le Saint-Père, engage un débat théologique avec quelques représentants éminents des dubia et des « corrections », sur les interprétations différentes et parfois controversées de certaines déclarations du chapitre VIII d’Amoris Lætitia. [...]

Une fois, dans un entretien avec le Corriere della Sera [2015], [Mgr Fernández] m’a publiquement critiqué en disant que le préfet de la Congrégation n’avait rien à dire, que le Pape était son ami, qu’il en était l’authentique interprète, que le Saint-Père reçoit ses lumières directement du Saint- Esprit. Mais je n’ai jamais lu nulle part que le Saint-Père recevait des lumières du Saint-Esprit, dans le sens d’une nouvelle révélation.

Le Pape n’est assisté par le Saint-Esprit que pour interpréter authentiquement la révélation de Dieu dans le Christ. Lui et les évêques sont des coopérateurs humains pour transmettre la Révélation qui est entièrement donnée par Jésus-Christ, le Verbe incarné de Dieu, mais ils ne reçoivent aucune autre sorte de révélation.

Les Évangiles sont des mots humains inspirés par le Saint-Esprit, mais cela n’exclut pas la coopération authentiquement humaine des évangélistes. La théologie catholique ne parle pas « d’illumination du magistère du Pape et des évêques ». Les Apôtres ont écouté les paroles de Jésus – c’était une médiation humaine de fait de nature humaine, et c’est pourquoi la coopération de l’Église est absolument nécessaire. Personne ne peut croire sans avoir entendu avec des oreilles humaines la parole de Dieu.

Quand des conseillers du Pape invoquent fréquemment le Saint-Esprit pour justifier leurs positions, impliquant par là que si quelqu’un ne [les] comprend pas il ne comprend pas ce qu’opère le Saint-Esprit, n’est-ce pas là une tendance dangereuse ?

Je crains qu’il y ait une sorte d’incompréhension pentecôtiste quant au rôle du Saint-Esprit. Dans le Verbe incarné de Dieu, dans le Fils de Dieu, Jésus-Christ, nous sont données toute grâce et toute vérité. Le Saint-Esprit réalise la plénitude de la Révélation dans la doctrine et les sacrements de l’Église. Le Saint-Père joue un rôle très important dans la tradition apostolique, mais ce n’est pas le seul. Son enseignement se règle sur la parole de Dieu dans la Bible et sur la tradition dogmatique de l’Église. Le magistère et tous les croyants sont soutenus par le Saint-Esprit dans l’actualisation de la Révélation pleine et entière, mais ils ne reçoivent aucune nouvelle révélation publique qui ferait partie du depositum fidei, comme l’a confirmé le concile de Vatican II [Lumen Gentium, n. 25].

Personne ne peut exiger d’un catholique qu’il croit une doctrine qui serait en opposition évidente à la Sainte Écriture, à la tradition apostolique et aux définitions dogmatiques des papes et des conciles œcuméniques en matière de foi et de morale. Ce qui est requis c’est l’obéissance religieuse mais non une foi aveugle au Pape et aux évêques, et rien du tout aux amis personnels et aux conseillers.

Ces gens doivent venir présenter leurs arguments mais il ne leur est pas permis d’exiger un quelconque respect à leur supposée autorité magistérielle. Nous ne croyons pas des choses simplement parce qu’un pape nous les enseigne, mais parce que ces vérités sont contenues dans la Révélation [Dei Verbum, n. 10]."

Mort naturelle de Jean Paul Ier: la simple vérité finit par s'imposer. Le Pape ne fut pas empoisonné

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Mort naturelle de Jean Paul Ier: la simple vérité finit par s'imposer. Le Pape ne fut pas empoisonné

Jean Paul Ier fut élu après le décès du bienheureux Paul VI, en 1978. Le Cardinal Albino Luciani avait quelque peu caché sa fragilité cardiaque. (Radio Vatican)

Stupeur, 30 jours après son élection, il est retrouvé mort dans son lit. 

Une religieuse découvre Jean Paul Ier décédé

C'est une religieuse qui vit la lumière sous la porte très tôt le matin. Cette même religieuse découvrit le vicaire du Christ mort dans son lit, un livre à la main, la lumière n'était pas éteinte. Albin Luciani est décédé la veille. La soeur ira informé immédiatement le secrétaire du Pape. Selon les médias, il découvrit la stupéfiante nouvelle. 

J'ai eu l'occasion de lui parler au séminaire irlandais. J'entendis donc cette info de sa bouche. 

Un livre raconte la mort naturelle de Jean Paul Ier. Il ne fut ni assassiné, ni empoisonné. Jean Paul II sera élu le 16 octobre 1978. 

 

samedi, 04 novembre 2017

Traduction liturgique de la Messe: François penche pour Benoît XVI

Le Pape François avoue un faible pour le travail théologique de Joseph Ratzinger

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En latin "pro multis"

A la Messe, lors des paroles de la consécration en français, la bonne traduction dit: .. "sang versé pour la multitude", et non pas "pour tous".

En italien, nous devrions dire: "versato per molti", au lieu de "per tutti". En anglais, "for many" (traduction officielle - et plus "for all"). 

Le Pape François avoue ainsi un faible pour le travail théologique et liturgique de Joseph Ratzinger. Le Pape émérite avait demandé, en 2006, de revenir à la version allemande "für viele " et non pas "für alle".   

François penche pour Benoît XVI

Dans le délicat débat sur la traduction du ;pro multis;» dans le canon de la messe, le pape François a discrètement fait sentir, vendredi 3 novembre, sa préférence pour Benoît XVI et la traduction française « pour la multitude ».

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Le pape François est discrètement entré, vendredi 3 novembre, dans le délicat débat sur la traduction du « pro multis », dans les paroles consécratoires de la prière eucharistique, qui agite les milieux liturgiques depuis de nombreuses années.

Dans son homélie pour la messe de suffrage des cardinaux et évêques morts au cours de l’année, célébrée à l’autel de la Chaire de Pierre de la basilique vaticane, François a en effet commenté le passage du Livre de Daniel où le prophète rappelle que « beaucoup de gens qui dormaient dans la poussière de la terre s’éveilleront » et que « ceux qui sont des maîtres de justice pour la multitude brilleront comme les étoiles pour toujours et à jamais » (Daniel 12, 2.3).

« Pour tous » ou « pour beaucoup » ?

« Le “grand nombre” qui ressuscitera pour une vie éternelle est à comprendre comme le “grand nombre” pour lesquels le sang du Christ a été versé, a affirmé le pape dans son homélie. Ils sont la multitude qui, grâce à la bonté miséricordieuse de Dieu, pourra faire l’expérience de la réalité de la vie qui ne finit pas, la victoire complète sur la mort par la résurrection. »

Par ces mots, François a ainsi discrètement pris position dans le débat sur la traduction de la formule de la consécration du sang du Christ au cours de la messe : « qui pro vobis et pro multis effundetur ».

De nombreux épiscopats avaient jusqu’ici fait le choix de traduire cette phrase en « le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle qui sera versé pour vous et pour tous » : « per tutti » en italien, « für alle » en allemand, « for all » en anglais, « por todos los hombres » en espagnol…

Laisser au croyant « la liberté de dire oui à » l’amour de Dieu

Un choix que, sous l’impulsion de Benoît XVI, Rome avait contesté en 2006, demandant aux évêques de revenir à la formule « pour beaucoup ».

En 2012, Benoît XVI avait lui-même écrit aux évêques allemands pour leur demander de passer à la traduction « für viele » (pour beaucoup) plutôt que « für alle ». Pour le pape allemand, en effet, bannir le « pour tous » préserve une juste conception du salut qui laisse au croyant « la liberté de dire oui à » l’amour de Dieu.

L’épiscopat allemand a néanmoins toujours résisté sur ce point, tandis que les anglophones ont opté, eux, pour « for many » dans la nouvelle traduction du Missel Romain.

Dans ce débat, qui n’est pas seulement technique mais traduit la conception que l’Église a du salut, seuls les francophones sont épargnés, ayant choisi dès le début de traduire « pro multis » par « pour la multitude », une formulation à la fois plus biblique et plus proche du texte latin.

En évoquant, dans son homélie dont le texte a été distribué dans différentes langues, « le “grand nombre” pour lesquels le sang du Christ a été versé », François a semblé ainsi discrètement pencher pour la position de Benoît XVI, tout en affichant, avec sa mention de la « multitude », une préférence pour le choix des francophones.

Messe pour les cardinaux et évêques décédés dans l’année

La veille, lors de la messe pour la commémoration des fidèles défunts au cimetière de Nettuno, le pape avait utilisé la seconde prière eucharistique, en italien, avec les mots « per tutti » (pour tous), la traduction actuellement en vigueur en Italie. Ce vendredi au Vatican, il a usé de la même prière eucharistique mais en latin, avec le « pro multis ».

Cette messe annuelle rappelait la mémoire des 14 cardinaux et 137 évêques de l’Église catholique morts au cours de l’année, dont les Français Léon Soulier, évêque émérite de Limoges, Robert Sarrabère, évêque émérite de Dax, Albert Malbois, évêque émérite d’Évry, Jacques Fihey, évêque émérite de Coutances, Georges Rol, évêque émérite d’Angoulême, Olivier de Berranger, évêque émérite de Saint-Denis, Marcel Herriot, évêque émérite de Soissons, Edmond Abelé, évêque émérite de Digne, Maurice Marie-Sainte, archevêque émérite de Fort-de-France, Marcel Perrier, évêque émérite de Pamiers.

Nicolas Senèze, à Rome

vendredi, 03 novembre 2017

Des laïcs catholiques ressuscitent l'Académie pour la Vie de Jean-Paul II (sic)

Des laïcs catholiques ressuscitent l'Académie pour la Vie de Jean-Paul II (sic)

La Croix

 
 
Des laïcs catholiques ont ressuscité l'Académie pour la vie de Jean-Paul II après que le Pape François a nommé des apologistes de l'avortement à l'Académie pour la Vie parrainée par le Vatican.

L'annonce a été faite par le professeur Josef Seifert lors d'une conférence sur Humanae Vitae à Rome le 28 octobre.

Le professeur Seifert est le premier président de l'Académie, nommée Académie Jean-Paul II pour la vie humaine et la famille. Elle servira les mêmes objectifs que l'originale, à savoir la "défense de la vie humaine dans toutes ses étapes" et "l'étude du mariage".
 
Ce sera une organisation non gouvernementale indépendante mais, contrairement à l'Académie de la vie du Vatican, elle agira en stricte conformité avec la foi catholique.
 
Note:
 
Nous assistons encore a une désinformation sérieuse du pontificat de François. 
 
- Paul VI, auteur de l'encyclique Humanae Vitae, a été béatifié par François.

jeudi, 02 novembre 2017

Le Saint-Siège veut "réguler" la situation pastorale à Medjugorje explique le Cardinal Parolin

LE SAINT-SIÈGE VEUT “RÉGULER” LA SITUATION PASTORALE À MEDJUGORJE, EXPLIQUE LE CARDINAL PAROLIN
Vatican - le 01/11/2017 | Par Agence I.Media

medjugorje-sanctuaire-l125-h81.pngAu cours de son voyage en Croatie du 29 au 31 octobre 2017, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, a évoqué devant la presse la question du sanctuaire de Medjugorje (Bosnie-Herzégovine), a rapporté l’agence catholique italienne  SIR  le 31 octobre. Le Saint-Siège, a-t-il expliqué, veut “réguler” la situation pastorale dans ce sanctuaire marial.

Note: prochainement, le Pape François devrait encore un fois donner l'avis de l'Eglise sur le phénomène de Medjugorje. Dans un interview à bord de l'avion papal, il avait clairement exprimé son grand scepticisme quant aux apparitions de Marie. 

Par contre, les grâces reçues sont souvent authentiques et proviennent de la bonté et de largesse de Dieu. La solution pastorale sera certainement celle d'un sanctuaire et d'un lieu pèlerinage détachés des apparitions et des voyants. 

mercredi, 01 novembre 2017

Un théologien écrit au pape : « C’est le chaos dans l’Église et vous en êtes une des causes »

Je me demande simplement ce que fait notre théologien pour expliquer ce pontificat ? cela me fait plutôt penser au pyromane qui crie au feu ...

Plus je lis les Evangiles, plus je me rends compte que les pharisiens dénoncent systématiquement les propos de Jésus, avec hypocrisie. 

Vous voulez comprendre ce pontificat ? allez chez les pauvres, les petits, les malades, les personnes avec un handicap ... 

Un théologien écrit au pape : « C’est le chaos dans l’Église et vous en êtes une des causes »

Thomas G. Weinandy est l’un des théologiens les plus célèbres, il vit à Washington au Collèges des Capucins, l’ordre franciscain auquel il appartient.  Il est membre de la Commission Théologique Internationale – cette même commission que Paul VI avait accolée à la Congrégation pour la doctrine de la foi pour qu’elle bénéficie de l’élite des théologiens du monde entier – depuis que le Pape François l’y a nommé en 2014.

En mai dernier, alors qu’il se trouvait à Rome pour une session de la commission, l’idée commença à germer en lui d’écrire à François une lettre ouverte pour lui faire part non seulement de sa propre inquiétude mais également de celle de nombreuses personnes face au chaos croissant au sein de l’Eglise, chaos qu’il attribue en bonne partie au Pape lui-même.

Il pria alors longuement, jusque sur la tombe de Pierre, avant de demander à Jésus de l’aider à décider s’il devait écrire cette lettre ou pas et de lui envoyer un signe…  Et le signe en question arriva le lendemain, identique à celui qu’il avait lui-même demandé dans la prière, comme il le raconte lui-même :

> « There was no longer any doubt that Jesus wanted me to write… »

Rassuré par le Ciel, le Père Weinandy rédigea donc la lettre.  Au milieu de l’été, il la fit parvenir au Pape François.  Et aujourd’hui, fête de Tous les Saints, il la rend publique d’abord sur le portail américain d’informations religieuses Crux et immédiatement ensuite à Rome, en quatre langues, sur Settimo Cielo.

A 71 ans, le Père Weinandy a enseigné dans de nombreuses universités aux Etats-Unis, pendant douze ans à Oxford ainsi qu’à Rome, à l’Université pontificale grégorienne.  Il a été pendant neuf ans le directeur exécutif du Secrétariat pour la doctrine de la Conférence épiscopale des Etats-Unis.

source

Votre Sainteté,

C’est avec amour pour l’Eglise et respect sincère pour votre fonction que je vous écris cette lettre.  Vous êtes le Vicaire du Christ sur la terre, le berger de son troupeau, le successeur de Saint Pierre et donc le rocher sur lequel le Christ bâtit son Eglise.  C’est avec une loyauté filiale et une obéissance enracinée dans la vérité que tout catholique, qu’il soit clerc ou laïc, doit s’adresser à vous.  L’Eglise se tourne vers vous dans un esprit de foi, avec l’espoir que vous la guiderez dans l’amour.

Cependant, Votre Sainteté, une confusion chronique semble marquer votre pontificat.  La lumière de la foi, de l’espoir et de l’amour n’est pas absente mais elle est trop souvent obscurcie par l’ambigüité de vos mots et de vos actions.  Ce qui nourrit un malaise croissant chez les fidèles.  Il compromet leur capacité d’amour, de joie et de paix. 

Permettez-moi de prendre quelques brefs exemples :

Tout d’abord, il y a le controversé chapitre 8 d’Amoris laetitia.  Il n’est pas utile que je partage mes propres préoccupations quant à son contenu.  D’autres que moi, non seulement des théologiens mais également des cardinaux et des évêques, l’ont déjà fait.  La principale source de préoccupation concerne votre façon d’enseigner.  Dans Amoris laetitia, vos orientations semblent parfois intentionnellement ambigües, et invite ainsi à la fois à une interprétation traditionnelle de l’enseignement catholique sur le mariage et le divorce comme à une autre interprétation qui impliquerait, elle, un changement de ce même enseignement. 

Comme vous le faites sagement remarquer, les pasteurs doivent accompagner et encourager les personnes en situation irrégulière mais l’ambigüité demeure quant à savoir ce que signifie véritablement cet « accompagnement ».  Enseigner avec un tel manque de clarté apparemment intentionnel fait courir le risque de pécher contre l’Esprit Saint, l’Esprit de vérité.  L’Esprit Saint est donné à l’Eglise, et plus particulièrement à vous, pour dissiper l’erreur et non pas la favoriser. 

En outre, ce n’es tque là où se trouve la vérité que peut se trouver l’amour authentique, puisque la vérité est la lumière qui libère les femmes et les hommes de l’aveuglement du péché, qui est une obscurité qui étouffe la vie de l’âme.  Pourtant, vous semblez censurer et même vous moquer de ceux qui interprètent le chapitre 8 d’Amoris laetitia en accord avec la tradition de l’Eglise en les traitant de pharisiens jeteurs de pierres qui incarneraient un rigorisme impitoyable.  Ce genre de calomnie est étranger à la nature du ministère pétrinien.  Certains de vos conseillers semblent se livrer de façon regrettable à des actions similaires.  Un tel comportement donne l’impression que vos thèses ne sont pas en mesure de résister à l’examen théologique et ne peuvent donc être soutenues que par des arguments « ad hominem ».

Deuxièmement, votre façon de faire semble trop souvent dévaloriser l’importance de la doctrine de l’Eglise.  Encore et encore, vous dépeignez la doctrine comme étant poussiéreuse, livresque et éloignée des préoccupations pastorales de la vie quotidienne.  Ceux qui vous critiquent ont été accusés, selon vos propres mots, de transformer la doctrine en idéologie.  Alors que c’est justement la doctrine chrétienne – y compris les distinctions subtiles concernant des croyances centrales comme la nature trinitaire de Dieu, la nature et la finalité de l’Eglise, l’Incarnation, la Rédemption et les sacrements – qui libèrent les gens des idéologies du monde et assure qu’ils prêchent et enseignement réellement l’Evangile authentique, qui donne la vie.  Ceux qui dévalorisent les doctrines de l’Eglise se séparent eux-mêmes de Jésus, l’auteur de la vérité.  Alors tout ce qu’ils possèdent et ne pourront jamais posséder, ce n’est qu’une idéologie – et qui plus est une idéologie qui se conforme au monde du péché et de la mort.

Troisièmement, les fidèles catholiques ne peuvent qu’être décontenancés par votre choix de certains évêques, des hommes qui semblent non seulement ouverts à ceux qui défendent des thèses contraires à la foi chrétienne mais qui les soutiennent et même les défendent.  Ce qui scandalise les croyants, ce n’est pas seulement le fait que vous ayez nommé de tels hommes pasteurs de l’Eglise mais également que vous restiez muet face à leur enseignement et à leurs pratiques pastorales.  Cela affaiblit le zèle de beaucoup d’hommes et de femmes qui défendent l’enseignement catholique authentique depuis tant d’années, souvent au prix de leur propre réputation et de leur santé.  Avec pour résultat que de nombreux fidèles qui incarnent le « sensum fidelium » perdent confiance en leur pasteur suprême.

Quatrièmement, l’Eglise forme un seul corps, le Corps mystique du Christ et vous avez reçu du Seigneur lui-même la mission de promouvoir et de renforcer cette unité.  Mais vos actions et vos déclarations semblent trop souvent avoir l’effet inverse.  Encourager une forme de « synodalité » qui autorise et encourage différentes options morales et doctrinales au sein de l’Eglise ne peut que mener à davantage de confusion théologique et pastorale.  Une telle synodalité n’est pas judicieuse et, en pratique, va à l’encontre de l’unité collégiale entre les évêques.

Saint-Père, cela m’amène à ma dernière préoccupation.  Vous avez souvent parlé d’un besoin de transparence au sein de l’Eglise.  Vous avez souvent encouragé, particulièrement au cours des deux derniers synodes, chaque personne et en particulier les évêques, à exprimer sa pensée sans avoir peur de ce que le pape pourrait penser.  Mais avez-vous remarqué que la majorité des évêques à travers le monde sont étonnamment silencieux ?  Comment cela se fait-il ?  Les évêques apprennent vite et ce que beaucoup ont appris de votre pontificat ce n’est pas que vous êtes ouvert à la critique mais bien que vous ne l’admettez pas.  De nombreux évêques se taisent par loyauté pour vous et ils n’expriment pas – à tout le moins en public ; en privé c’est une autre histoire – les inquiétudes que soulèvent votre pontificat.  Ils sont nombreux à craindre que, s’ils disent ce qu’ils pensent, ils seront marginalisés ou pire.

Je me suis souvent demandé : « Pourquoi Jésus laisse-t-il tout cela se produire ? ».  La seule réponse qui me vient à l’esprit c’est que Jésus veut montrer combien la foi de tant de personnes dans l’Eglise est faible, même parmi trop de ses évêques.  Paradoxalement, votre pontificat a donné à ceux qui soutiennent des thèses pastorales et théologiques nuisibles la permission et le courage de sortir au grand jour et d’exposer leur obscurité qu’ils dissimulaient jusqu’ici.  Face à cette obscurité, l’Eglise devra humblement se renouveler afin de continuer de grandir en sainteté.

Saint Père, je prie pour vous sans relâche et je continuerai à le faire.  Puisse l’Esprit Saint vous conduire à la lumière de la vérité et à la vie de l’amour pour que vous puissiez dissiper les ténèbres qui voilent à présent la beauté de l’Eglise du Christ.

Bien à vous dans le Christ,
Thomas G. Weinandy, O.F.M., Cap.

Le 31 juillet 2017
Jour de la fête de Saint Ignace de Loyola

Séminaire sur le Cardinal Mermillod à Fribourg

 

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La Liberté 14.10.2017

Le Genevois Gaspard Mermillod, qui a donné son titre à la Brasserie du Cardinal, refait parler de lui

PROPOS RECUEILLIS PAR 
PASCAL FLEURY

asset-version-df4ca411e6-233687.jpg"Histoire"

   Son titre ecclésiastique a inspiré à la Brasserie du Cardinal sa raison sociale. Mgr Gaspard Mermillod (1824–1892) revient sur le devant de la scène à la faveur d’un colloque universitaire, qui s’est tenu hier à l’Albertinum à Fribourg, et de la publication d’une volumineuse biographie* retrouvée récemment dans un fonds familial à Genève.

Longtemps considéré comme «gênant», envoyé en exil à l’époque du Kulturkampf, vite relégué dans les oubliettes de l’histoire, ce prélat a pourtant été un «personnage clé» du catholicisme genevois et romand au XIXe siècle et l’un des acteurs majeurs de la doctrine sociale de l’Eglise. Les explications du Père dominicain Paul-Bernard Hodel, professeur d’histoire de l’Eglise à l’Université de Fribourg.

Commémoration de la réforme protestante: une déclaration commune

images.jpegComment ne pas nous souvenir du pontificat de Benoît XVI, tout centré sur l'unité des chrétiens ? Comment ne pas nous souvenir de l'accord entre luthériens et catholiques sur la justification, sous la houlette du Cardinal Ratzinger ?

L'oecuménisme n'est pas une branche à option, mais clairement un appel de l'Esprit Saint. 

L'Eglise catholique n'a jamais utilisé le terme "fête" ou "jubilé" de la réforme protestante. Nous ne saurions célébrer une rupture, une division douloureuse ou une révolution. La réalité de commémoration est adaptée. 

Un foi unique et commune est un gage d'espérance. Sinon, comment nous réunir ? Le relativisme ruine les efforts oecuméniques. 

Commémoration de la réforme protestante: une déclaration commune 

Etat du Vatican - 31/10/2017 18:15:00

Déclaration commune de la Fédération luthérienne mondiale et du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens sur la conclusion de l'année de commémoration conjointe de la Réforme, le 31 octobre 2017

En ce 31octobre2017, dernier jour de l'année de commémoration oecuménique commune de la Réforme, nous rendons grâces pour les dons spirituels et théologiques reçus à travers la Réforme, une commémoration que nous avons vécue ensemble et avec nos partenaires oecuméniques dans le monde entier. De même, nous avons demandé pardon pour nos échecs et pour la manière dont les chrétiens ont blessé le Corps du Seigneur et se sont offensés mutuellement pendant les cinq cents ans qui se sont écoulés entre le début de la Réforme jusqu'à aujourd'hui.

Nous, luthériens et catholiques, sommes profondément reconnaissants du chemin oecuménique que nous avons parcouru ensemble durant les cinquante dernières années. Ce pèlerinage, soutenu par notre prière, notre culte et notre dialogue oecuménique communs, a abouti à la disparition des préjugés, à l'amélioration de la compréhension réciproque et à l'identification d'accords théologiques décisifs. Devant tant de bénédictions qui jalonnent notre parcours, nous élevons nos coeurs afin de louer le Dieu trinitaire pour la miséricorde que nous recevons.

En ce jour, nous revenons sur une année d'événements oecuméniques remarquables, commencée le 31octobre2016 par une prière luthéro-catholique commune à Lund, en Suède, en présence de nos partenaires oecuméniques. Lorsqu'ils présidaient ce service, le pape François et l'évêque Munib A.Younan, alors président de la Fédération luthérienne mondiale, ont signé une déclaration commune d'engagement à poursuivre le chemin oecuménique commun vers l'unité pour laquelle le Christ a prié (cf. Jean17,21). Le même jour, notre service commun pour les personnes ayant besoin de notre aide et de notre solidarité s'est vu renforcé par une déclaration d'intention de Caritas Internationalis et du épartement d'entraide mondiale de la Fédération luthérienne mondiale.

Ainsi que l'ont déclaré ensemble le pape François et le président Younan: «Beaucoup de membres de nos communautés aspirent à recevoir l'Eucharistie à une même table, comme expression concrète de la pleine unité. Nous faisons l'expérience de la souffrance de celles et ceux qui partagent leur vie tout entière, mais ne peuvent pas partager la présence rédemptrice de Dieu à la table eucharistique. Nous reconnaissons notre responsabilité pastorale commune pour répondre à la soif et à la faim spirituelles de nos fidèles d'être un dans le Christ. Nous désirons ardemment que cette blessure dans le Corps du Christ soit guérie. C'est l'objectif de nos efforts oecuméniques, que nous voulons faire progresser, y compris en renouvelant notre engagement pour le dialogue théologique.»

Parmi les bénédictions de cette année de commémoration figure le fait que pour la première fois les luthériens et les catholiques ont considéré la Réforme dans une perspective oecuménique. Cela a permis de poser un regard neuf sur les événements du seizième siècle qui ont conduit à notre séparation. Nous reconnaissons que, si le passé ne peut être changé, son influence sur nous aujourd'hui peut être transformée pour devenir l'impulsion d'une communion croissante et un signe d'espérance pour le monde qui doit surmonter la division et la fragmentation. Une fois encore, il apparaît clairement que ce que nous avons en commun est bien plus grand que ce qui nous divise encore.

Nous nous réjouissons que la Déclaration commune sur la doctrine de la justification, solennellement signée par la Fédération luthérienne mondiale et l'Église catholique romaine en 1999, ait également été signée par le Conseil méthodiste mondial en 2006 et, pendant cette année de commémoration de la Réforme, par la Communion mondiale d'Églises réformées. La Déclaration est accueillie et reçue aujourd'hui même par la Communion anglicane au cours d'une cérémonie solennelle à l'abbaye de Westminster. Sur ce fondement, nos communions chrétiennes peuvent nouer des liens toujours plus étroits de consensus spirituel et de témoignage commun au service de l'Évangile.

Nous nous félicitons des nombreux services communs de prière et de culte que les luthériens et les catholiques ont organisés de concert avec leurs partenaires oecuméniques dans différents pays du monde, ainsi que des rencontres théologiques et des publications marquantes qui ont donné corps à cette année de commémoration.

Nous nous engageons à continuer à cheminer ensemble, guidés par l'Esprit de Dieu, vers la plus grande unité selon la volonté de notre Seigneur Jésus Christ. Avec l'aide de Dieu, nous désirons discerner par la prière notre compréhension de l'Église, de l'Eucharistie et du Ministère, en quête d'un consensus substantiel pour aplanir les différences subsistantes entre nous. Avec une joie et une gratitude profondes, nous sommes convaincus que «Celui qui a commencé en [nous] une oeuvre excellente en poursuivra l'achèvement jusqu'au jour de Jésus Christ» (cf. Ph1,6).

 

Le Père Bernard Peyrous sommé d'interrompre son ministère.

Information concernant le Père Bernard Peyrous

30 octobre 2017 

Unknown.jpegLe cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, en lien avec les responsables de la Communauté de l’Emmanuel, a pris des mesures conservatoires à l’égard du Père Bernard Peyrous à la suite de gestes gravement inappropriés de sa part vis-à-vis d’une femme majeure. Il lui est demandé d’interrompre ses charges pastorales actuelles, et de renoncer, jusqu’à nouvel ordre, à la prédication de retraite et à l’accompagnement spirituel. Les responsables de la communauté accompagnent le Père Bernard Peyrous dans la mise en œuvre de ces décisions.

Nous sommes profondément affectés par la souffrance de cette femme. Nous avons eu l’occasion de lui manifester directement notre tristesse et notre soutien, et nous lui sommes reconnaissants de nous avoir alertés sur ces comportements inacceptables de la part d’un prêtre.

La Communauté de l’Emmanuel reste disponible à toute personne qui souhaiterait un contact ou une écoute. Sont présentées ci-dessous les informations utiles à cette fin.

Laurent Landete, modérateur général de la communauté
Père Henri-Marie Mottin, responsable des ministres ordonnés

PS 1 : Pour une prise de contact, envoyez un mail à une des adresses suivantes :
ecoute@emmanuelco.org
– Père Henri-Marie Mottin : hmmottin@emmanuelco.org
– Florence de Boisredon : fdeboisredon@emmanuelco.org
PS 2 : Contact presse : Louis-Etienne de Labarthe 06 37 17 80 90 – ledelabarthe@emmanuelco.org

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Le père Bernard Peyrous démis de ses fonctions

Ancien recteur des sanctuaires de Paray-le-Monial, spécialiste en histoire de la spiritualité et en théologie spirituelle, postulateur de la cause en béatification de Marthe Robin, le père Bernard Peyrous, prêtre de la communauté de l’Emmanuel, 70 ans, a été démis de ses fonctions.

Un communiqué publié sur le site de l’Emmanuel, lundi 30 octobre, indique que « le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, en lien avec les responsables de la Communauté de l’Emmanuel, a pris des mesures conservatoires » à son égard « à la suite de gestes gravement inappropriés de sa part vis-à-vis d’une femme majeure ».

Il est demandé au prêtre, très connu dans sa communauté et au-delà, accompagnateur très apprécié de centaines de personnes, d’« interrompre ses charges pastorales actuelles, et de renoncer, jusqu’à nouvel ordre, à la prédication de retraite et à l’accompagnement spirituel ». Les responsables de la communauté « accompagnent » le père Peyrous, qui a reconnu le caractère inapproprié de ses gestes, « dans la mise en œuvre de ces décisions », précisent-ils.

La femme ayant mis en cause le comportement du prêtre bordelais installé à l’Ile-Bouchard (Indre-et-Loir) a pris contact avec les responsables de la communauté il y a un mois, mais à ce stade, elle n’a pas souhaité porter plainte devant la justice civile pour ces faits qui remontent à moins de cinq ans.

« Nous sommes profondément affectés par la souffrance de cette femme », soulignent les signataires de ce communiqué, Laurent Landete, modérateur général de l’Emmanuel, et le père Henri-Marie Mottin, responsable des ministres ordonnés. « Nous avons eu l’occasion de lui manifester directement notre tristesse et notre soutien, et nous lui sommes reconnaissants de nous avoir alertés sur ces comportements inacceptables de la part d’un prêtre », affirment-ils.

La Croix , le 31/10/2017

lundi, 30 octobre 2017

L'Europe et le Pape François: la famille comme lieu fondamental

La famille est l’union harmonieuse des différences entre l’homme et la femme, qui est d’autant plus authentique et profonde qu’elle est procréatrice, capable de s’ouvrir à la vie et aux autres.

Pape François

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Zenit

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Les chrétiens reconnaissent que leur identité est de prime abord relationnelle. Ils sont insérés comme membres d’un corps, l’Église (cf. 1 Co 12, 12), dans lequel chacun, avec sa propre identité et particularité, participe librement à l’édification commune.

De manière analogue, ce lien se retrouve aussi dans le domaine des relations interpersonnelles et de la société civile. Devant l’autre, chacun découvre ses qualités et ses défauts; ses points forts et ses faiblesses: en d’autres termes, il découvre son visage, comprend son identité.

La famille, en tant que première communauté, demeure le lieu le plus fondamental de cette découverte. La diversité y est exaltée et en même temps est comprise dans l’unité. La famille est union harmonieuse des différences entre l’homme et la femme, qui est d’autant plus authentique et profonde qu’elle est procréatrice, capable de s’ouvrir à la vie et aux autres.

De même, une communauté civile est vivante si elle sait être ouverte, si elle sait accueillir la diversité et les talents de chacun et en même temps si elle sait engendrer de nouvelles vies, ainsi que du développement, du travail, de l’innovation et de la culture.

Tariq Ramadan, Henda Ayari dans Bourdin direct

Tariq Ramadan, Henda Ayari dans Bourdin direct

Un homme médiatique, Tariq Ramadan, peine à se défendre: réaction très tardive, arguments déviés sur la cause juive sans aucun rapport avec les faits ... Dramatique. 

Les règles de la communication de crise, qui peut être déclenchée par toutes personnes et toutes institutions à n'importe quels moments, demande une réaction immédiate, claire et rapide. Tout temps écoulé laisse à penser à une défense calculée. 

dimanche, 29 octobre 2017

FRANÇOIS, UN PAPE APPLAUDI PAR LE MONDE... MAIS DÉTESTÉ PAR SON CLERGÉ

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? Le Pape François serait détesté par son clergé ?

Un article du Guardian, repris par une farouche opposante au Pape, met en lumière l'incompréhension qu'une partie des détracteurs de François distille sur la toile.

Personnellement, j'aime beaucoup notre Saint Père car il m'aide à accomplir ma mission de prêtre. Cet homme, élevé par Dieu à la grâce de la papauté, n'est ni un théologien, ni un professeur, mais un communicateur de génie, un Pasteur prophétique. 

Andrew Brown

27 octobre 2017

www.theguardian.com

La traduction (Benoît et moi)

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(Photo "The Guardian")
 

FRANÇOIS, UN PAPE APPLAUDI PAR LE MONDE... MAIS DÉTESTÉ PAR SON CLERGÉ

Le pape François est aujourd'hui l'un des hommes les plus détestés du monde. Ceux qui le haïssent le plus ne sont pas des athées, ni des protestants, ni des musulmans, mais certains de ses propres disciples. En dehors de l'Église, il est extrêmement populaire comme une figure de modestie et d'humilité presque ostentatoire. Dès le moment où le cardinal Jorge Bergoglio est devenu pape en 2013, ses gestes ont captivé l'imagination du monde entier: le nouveau pape conduisait une Fiat, portait ses propres sacs et réglait ses propres factures dans les hôtels; il demandait aux homosexuels: "Qui suis-je pour juger?"

Mais à l'intérieur de l'Église, François a provoqué une réaction féroce de la part des conservateurs qui craignent que cet esprit divise l'Église, et puisse même la briser. Cet été, un prêtre anglais éminent m'a dit: "Nous avons hâte qu'il meure. C'est inimaginable ce qu'on dit en privé. Chaque fois que deux prêtres se rencontrent, ils racontent à quel point Bergoglio est horrible... Il est comme Caligula: s'il avait un cheval, il le ferait cardinal...". Bien sûr, après 10 minutes de lamentation, il a ajouté: "Il ne faut rien imprimer de tout ça, sinon je serais viré."

Ce mélange de haine et de peur est courant chez les adversaires du pape. François, le premier pape non européen des temps modernes, et le premier pape jésuite, fut élu comme étranger à l'establishment du Vatican, et on s'attendait à ce qu'il se fasse des ennemis. Mais personne n'avait prévu à quel point il en aurait. De son renoncement à la pompe du Vatican, qui a prévenu 3 000 fonctionnaires de l'Eglise qu'il voulait en être le maître, à son soutien aux migrants, à ses attaques contre le capitalisme mondial et, surtout, à ses tentatives de réexaminer les enseignements de l'Eglise sur la sexualité, il a scandalisé les réactionnaires et les conservateurs. A en juger par les chiffres du vote lors de la dernière réunion mondiale des évêques, près d'un quart du collège des cardinaux - le plus haut clergé de l'Église - pense que le pape flirte avec l'hérésie.

Le point critique est venu dans une bataille sur sa vision du divorce. Rompant avec des siècles, sinon des millénaires, de théorie catholique, le Pape François a essayé d'encourager les prêtres catholiques à donner la communion à certains couples divorcés et remariés, ou à des familles où cohabitent les parents non mariés. Ses ennemis tentent de le forcer à abandonner et à renoncer à cet effort.

Comme il ne le fera pas, et qu'il persévère tranquillement face au mécontentement grandissant, ils se préparent maintenant à la bataille. L'année dernière, un cardinal, soutenu par quelques collègues en retraite, a évoqué la possibilité d'une déclaration officielle d'hérésie - le rejet délibéré d'une doctrine établie de l'Église, un péché punissable d'excommunication. Le mois dernier, 62 catholiques mécontents, dont un évêque à la retraite et un ancien directeur de la banque du Vatican, ont publié une lettre ouverte accusant François de sept chefs d'accusation spécifiques d'enseignement hérétique.

Accuser un pape régnant d'hérésie est une option "nucléaire" [au sens d'"explosive"?] dans le raisonnement catholique. La doctrine soutient que le pape ne peut pas se tromper quand il parle sur les questions centrales de la foi; ainsi, s'il se trompe, il ne peut pas être pape. D'un autre côté, si ce pape a raison, tous ses prédécesseurs ont dû se tromper.

La question est particulièrement délétère car elle est presque entièrement théorique. Dans la pratique, dans la plupart des pays du monde, les couples divorcés et remariés se voient offrir la communion de façon habituelle. Le Pape François ne propose pas une révolution, mais la reconnaissance bureaucratique d'un système qui existe déjà, et qui pourrait même être essentiel à la survie de l'Eglise. Si les règles étaient appliquées à la lettre, personne dont le mariage a échoué ne pourrait plus jamais avoir de rapports sexuels. Ce n'est pas une façon pratique de s'assurer qu'il y aura des générations futures de catholiques.

Mais les réformes prudentes de François semblent à ses adversaires menacer la croyance que l'Église enseigne des vérités intemporelles. Et si l'Église catholique n'enseigne pas les vérités éternelles, se demandent les conservateurs, à quoi sert-elle? La bataille sur le divorce et le remariage a porté à un point crucial deux idées profondément opposées de ce à quoi sert l'Église. Les insignes du pape sont deux clés croisées. Elles représentent celles que Jésus est supposé avoir donné à saint Pierre, symbolisant les pouvoirs de lier et de délier: proclamer ce qui est péché et ce qui est permis. Mais quel pouvoir est le plus important, et le plus urgent aujourd'hui?

La crise actuelle est la plus grave depuis que les réformes libérales des années 1960 ont incité un groupe éclaté de conservateurs intransigeants à s'éloigner de l'Église (leur leader, l'archevêque français Marcel Lefebvre, fut par la suite excommunié). Au cours des dernières années, les auteurs conservateurs ont constamment agité le spectre du schisme. En 2015, le journaliste américain Ross Douthat, converti au catholicisme, a écrit un article pour le magazine Atlantic intitulé "Will Pope François Break the Church?". Un post sur un blog du Spectator, celui de l'anglais Damian Thompson, a prévenu "Le pape François est maintenant en guerre avec le Vatican". Selon un archevêque du Kazakhstan, les vues du pape sur le divorce et l'homosexualité ont permis à "la fumée de Satan" d'entrer dans l'Église.

L'Église catholique a passé une grande partie du siècle dernier à lutter contre la révolution sexuelle, tout comme elle a lutté contre les révolutions démocratiques du XIXe siècle, et dans cette lutte, elle a été forcée de défendre une position absolutiste indéfendable, dans laquelle toute contraception artificielle est interdite, de même que tous les rapports sexuels en dehors d'un mariage à vie. Comme le reconnaît François, ce n'est pas ainsi que les gens se comportent. Le clergé le sait, mais on s'attend à ce qu'il fasse semblant de ne pas le savoir. L'enseignement officiel ne peut pas être remis en question, mais il ne peut pas non plus être respecté. Quelque chose DOIT SE PASSER, et le moment venu, l'explosion qui en résultera pourrait briser l'Église.

Il est assez juste de dire que les haines parfois âpres au sein de l'Église - que ce soit à propos du changement climatique, de la migration ou du capitalisme - ont atteint leur paroxysme dans une lutte gigantesque contre les implications d'une seule note de bas de page dans un document intitulé "La joie de l'amour" (ou, dans son nom latin, Amoris Laetitia). Le document, écrit par François, est un résumé du débat actuel sur le divorce, et c'est dans cette note de bas de page qu'il fait une affirmation apparemment modérée, que les couples divorcés et remariés peuvent parfois recevoir la communion.

Avec plus d'un milliard d'adeptes, l'Église catholique est la plus grande organisation mondiale que le monde ait jamais vue, et beaucoup de ses disciples sont divorcés, ou parents célibataires. Pour mener à bien son travail dans le monde entier, elle dépend du volontariat. Si les fidèles ordinaires cessent de croire en ce qu'ils font, tout s'effondre. François le sait très bien. S'il ne parvient pas à concilier théorie et pratique, l'Église pourrait être vidée partout. Ses opposants croient aussi que l'Église est confrontée à une crise, mais leur prescription est le contraire. Pour eux, l'écart entre la théorie et la pratique est exactement ce qui donne à l'Église valeur et sens. Si tout ce que l'Église offre aux gens est quelque chose dont ils peuvent se passer, croient les opposants de François, alors elle s'effondrera à coup sûr.

CHOISIR ENTRE L'OUVERTURE AU MONDE OU LE REPLI: "EXTRAVERTIS" VS "INTRAVERTIS"

Personne ne l'avait prévu lors de l'élection de François en 2013. L'une des raisons pour lesquelles il a été choisi par ses confrères cardinaux était de mettre de l'ordre dans la bureaucratie sclérosée du Vatican. Cette tâche était attendue depuis longtemps. Le cardinal Bergoglio de Buenos Aires a été élu comme un relatif étranger avec la capacité de débloquer une partie du blocage au centre de l'Église. Mais cette mission s'est rapidement heurtée à une ligne de faille encore plus âpre dans l'Église, généralement décrite en termes de lutte entre les "libéraux", comme François, et les "conservateurs", comme ses ennemis. Pourtant, il s'agit là d'une classification glissante et trompeuse.

Le conflit central est entre les catholiques qui croient que l'Église devrait établir l'agenda du monde, et ceux qui pensent que le monde doit établir l'agenda de l'Église.Ce sont là des types idéaux: dans le monde réel, tout catholique sera un mélange de ces orientations, mais chez la plupart d'entre eux, l'une prédominera.

François est un parfait exemple de catholique "orienté vers l'extérieur" ou extraverti, surtout comparé à ses prédécesseurs immédiats. Ses adversaires sont des introvertis. Beaucoup ont d'abord été attirés par l'Eglise pour sa distance des préoccupations du monde. Un nombre surprenant des introvertis les plus en vue sont des convertis du protestantisme américain, certains motivés par le manque de profondeur des ressources intellectuelles avec lesquelles ils ont été élevés, mais beaucoup plus par le sentiment que le protestantisme libéral mourait précisément parce qu'il n'offrait plus aucune alternative à la société qui l'entourait. Ils veulent du mystère et de la romance, et non du bon sens stérile ou de la sagesse conventionnelle. Aucune religion ne pourrait s'épanouir sans cette impulsion.

Mais aucune religion globale ne peut non plus s'opposer entièrement au monde. Au début des années 1960, un rassemblement de trois ans d'évêques de toutes les parties de l'Église, connu sous le nom de Concile Vatican II, ou simplement Vatican II, "ouvrit les fenêtres sur le monde", selon les mots du Pape Jean XXIII, qui le mit en route, mais mourut avant la fin de ses travaux.

Le Concile renonça à l'antisémitisme, adopta la démocratie, proclama les droits universels de l'homme et abolit largement la Messe latine. Ce dernier acte, en particulier, a assommé les introvertis. L'auteur Evelyn Waugh, par exemple, n'est jamais allée à une messe anglaise après la décision. Pour des hommes comme lui, les rituels solennels d'un service accompli par un prêtre avec le dos tourné à la congrégation, parlant entièrement en latin, face à Dieu sur l'autel, étaient le cœur même de l'Église - une fenêtre sur l'éternité ouverte à chaque représentation. Le rituel a été au centre de l'Église sous une forme ou une autre depuis sa fondation.

Le changement symbolique induit par la nouvelle liturgie - en remplaçant le prêtre introverti faisant face à Dieu devant l'autel par la figure extravertie faisant face à sa congrégation - fut immense. Certains conservateurs ne se sont pas encore réconciliés avec la réorientation; parmi eux, le cardinal ghanéen Robert Sarah, vanté par les introvertis comme successeur possible de François, et le cardinal américain Raymond Burke, devenu l'opposant le plus en vue de François. La crise actuelle, selon les mots de la journaliste catholique anglaise Margaret Hebblethwaite, partisane passionnée de François, n'est rien de moins que "Vatican II qui revient".

"Nous devons être inclusifs et accueillants à tout ce qui est humain", a dit Sarah lors d'une rencontre au Vatican l'année dernière, dans une dénonciation des propositions de François, "mais ce qui vient de l'Ennemi ne peut et ne doit pas être assimilé. Vous ne pouvez pas rejoindre le Christ et Bélial! Ce que le fascisme nazi et le communisme étaient au XXe siècle, les idéologies occidentales de l'homosexualité et de l'avortement et le fanatisme islamique le sont aujourd'hui".

Dans les années qui ont suivi immédiatement le concile, les religieuses ont abandonné leur habit, les prêtres ont découvert des femmes (plus de 100 mille ont quitté le sacerdoce pour se marier) et les théologiens ont jeté les chaînes de l'orthodoxie introvertie. Après 150 ans de résistance et de répulsion contre le monde extérieur, l'Église s'est retrouvée en contact avec lui partout, jusqu'à ce qu'il semble aux introvertis que tout l'édifice s'effondrait en ruines.

La fréquentation des églises a chuté dans le monde occidental, comme pour les autres dénominations. Aux Etats-Unis, 55% des catholiques allaient à la messe régulièrement en 1965, contre seulement 22% en 2000. En 1965, 1,3 million de bébés catholiques étaient baptisés aux Etats-Unis; en 2016, seulement 670 mille. La question de savoir s'il s'agissait d'une cause ou d'une corrélation demeure très controversée. Les introvertis la blâmaient pour l'abandon des vérités éternelles et des pratiques traditionnelles; les extravertis trouvaient que l'Église n'avait pas changé assez vite ou été trop loin.

En 1966, un comité pontifical de 69 membres, dont sept cardinaux et 13 médecins, dans lequel étaient également représentés des laïcs et même quelques femmes, vota massivement pour lever l'interdiction de la contraception artificielle, mais le pape Paul VI passa outre en 1968. Il ne pouvait pas admettre que ses prédécesseurs avaient eu tort, et les protestants raison. Pour une génération de catholiques, ce conflit est venu symboliser la résistance au changement. Dans le monde en voie de développement, l'Église catholique a été largement dépassée par un renouveau pentecôtiste énorme, qui offrait aux laïcs, y compris aux femmes, à la fois du spectacle et un statut.

Les introvertis se sont vengés avec l'élection du Pape (aujourd'hui Saint Pape) Jean-Paul II en 1978. Son Église polonaise avait été définie par son opposition au monde et à ses pouvoirs depuis que les nazis et les communistes avaient divisé le pays en 1939. Jean-Paul II était un homme d'une énergie, d'une volonté et de dons extraordinaires. Il était aussi profondément conservateur sur les questions de moralité sexuelle et avait, en tant que cardinal, fourni la justification intellectuelle de l'interdiction de la contraception. Dès le moment de son élection, il s'est mis à remodeler l'Église à son image. S'il ne pouvait pas lui insuffler son propre dynamisme et sa propre volonté, il pouvait, semblait-il, la purger de l'extraversion et l'installer à nouveau comme un rocher contre les courants du monde séculier.

Ross Douthat, le journaliste catholique [évoqué plus haut], était l'une des rares personnes du parti introverti à vouloir parler ouvertement du conflit actuel. Jeune homme, il fut l'un des convertis de l'Église du Pape Jean-Paul II. Il dit aujourd'hui: "L'Église peut être un foutoir [a mess], mais l'important est que le centre soit sain, et qu'on puisse toujours reconstruire les choses à partir du centre. L'important, dans la condition de catholique, c'est qu'on vous garantit la continuité au centre, et avec cela l'espoir de reconstitution de l'ordre catholique".

Jean-Paul II prit soin de ne jamais répudier les paroles de Vatican II, mais il s'efforça de les vider de l'esprit extraverti. Il s'employa à imposer une discipline féroce au clergé et aux théologiens. Il rendit le plus difficile possible pour les prêtres de partir et de se marier. Son allié dans ce domaine était la Congrégation pour la Défense (sic!) de la Foi, ou CDF, autrefois connue sous le nom de Saint-Office. La CDF est le plus institutionnellement introverti de tous les départements du Vatican (ou "dicastères", comme on les appelle depuis l'époque des empires romains; c'est un détail qui suggère le poids de l'expérience institutionnelle et de l'inertie - si le nom était assez bon pour Constantin, pourquoi le changer?).

Pour la CDF, le fait que le rôle de l'Église soit d'enseigner au monde, et non d'en recevoir des leçons, est un axiome. Elle traîne une longue histoire de punition des théologiens en désaccord: il leur a été interdit de publier, ou ils ont été renvoyés des universités catholiques.

Au début du pontificat de Jean-Paul II, la CDF publia Donum Veritatis (Le Don de la Vérité), un document expliquant que tous les catholiques doivent pratiquer la "soumission de la volonté et de l'intellect" à ce que le pape enseigne, même quand il n'est pas infaillible; et que les théologiens, bien qu'ils puissent être en désaccord et faire connaître leur désaccord à leurs supérieurs, ne doivent jamais le faire en public. Cela a été utilisé comme une menace, et parfois une arme, contre toute personne soupçonnée de dissidence "liberal" [au sens anglosaxon du terme, càd progressiste]. François, cependant, a retourné ces pouvoirs contre ceux qui avaient été leurs plus ardents défenseurs. Les prêtres catholiques, les évêques et même les cardinaux sont tous au service du pape, et peuvent à tout moment être licenciés. Les conservateurs devaient tout apprendre à ce sujet sous la direction de François, qui a renvoyé au moins trois théologiens de la CDF. Les jésuites exigent de la discipline.

 
 

France et la croix de la statue de Saint Jean Paul II: la liberté de penser pour tous (#MontreTaCroix)

France et la croix de la statue de Saint Jean Paul II: la liberté de penser pour tous (#MontreTaCroix)

Note: je suis pour la liberté de penser, pour tous, même les catholiques :-)

Croix retirée d'une statue de Jean-Paul II à Ploërmel  

 

Unknown-1.jpegAu nom de la séparation des Eglises et de l'Etat, le Conseil d'Etat a ordonné à Ploërmel, une commune du Morbihan, de retirer une croix surplombant une statue de Jean-Paul II. Une décision qui a fait réagir sur Twitter... mais aussi les autorités polonaises.

Le Conseil d'Etat a confirmé mercredi l'injonction, prononcée en première instance puis annulée en appel, de retirer une croix surplombant une statue de l'ancien pape Jean-Paul II installée sur une place de Ploërmel.

La commune du Morbihan, qui compte environ 9.000 habitants, a six mois pour procéder au retrait, la statue en elle-même n'étant pas remise en cause. "Dès lors que la croix constitue un signe ou un emblème religieux au sens de l'article 28 de la loi du 9 décembre 1905 et que son installation par la commune n'entre dans aucune des exceptions ménagées par cet article, sa présence dans un emplacement public est contraire à cette loi", a expliqué le Conseil d'Etat.

La Fédération morbihannaise de la libre pensée et deux habitants de la commune avaient saisi le tribunal administratif de Rennes après le refus implicite du maire de retirer le monument, d'une hauteur de 7,5 mètres, don de l'artiste russe Zourab Tseretel et installée en 2006. Le 30 avril 2015, le tribunal avait enjoint au maire de Ploërmel de faire procéder, dans un délai de six mois, au retrait du monument de son emplacement. 

Une décision annulée le 15 décembre 2015 par la cour administrative d'appel de Nantes qui invoquait une erreur de droit. Le Conseil d'État a en partie donné raison au tribunal administratif en estimant que la croix était contraire à la loi de 1905, qui interdit "d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public".

Contrairement au tribunal, il estime en revanche "que l'arche ne saurait, par elle-même, être regardée comme un signe ou emblème religieux" au sens de la loi. Le Conseil d'État ne se prononce donc pas sur le retrait de la statue en elle-même, la délibération la concernant étant devenue définitive.

Quant à l'ancien maire de la ville, Paul Anselin, il a regretté cette décision. "N’est-ce pas un précédent pour enlever toutes les croix mises en place après la guerre ?" interroge-t-il. "En attendant, c’est un coup de massue, une peine terrible. Au-delà de Ploërmel, cette statue est un symbole." "Notre association va organiser une marche interreligieuse en soutien à la statue en décembre, en veillant à aucune récupération politique" a-t-il également annoncé dans Ouest-France.

L'actuel maire de la commune regrette cette décision

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L'actuel maire de la commune, Patrick Le Diffon, a quant à lui encore quelques espoirs pour sauver la statue. Selon lui, elle a plus de sympathisants que de détracteurs. Il a indiqué que cette décision "pourrait nous amener à déplacer la statue en rétrocédant l’œuvre à un privé à condition que sa visibilité soit égale. Enfin, je n’exclus pas de porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme".

Son prédécesseur lui reprochait d'ailleurs d’avoir refusé l'idée de l’association "Touche pas à mon pape" qui se proposait de racheter le terrain afin qu’il devienne privé. Ainsi, la statue aurait pu conserver sa croix.

"Cette décision est scandaleuse" Nicolas Dupont-Aignan

Sur LCI, Nicolas Dupont-Aignan a jugé cette décision "scandaleuse. Cette croix, elle est dans l’espace public , elle fait partie de l’histoire du pays. Alors on va enlever toutes les croix qui sont dans notre pays, au détour des petits chemins de campagne, sur des monuments ? On va raser les églises ? Mais enfin, ils sont tombés sur la tête ! Je ne suis pas pour mettre des croix partout (...) mais le signes qui traduisent notre culture et notre histoire…. (...) Ces gens sont complètement fous, vraiment j’insiste là-dessus."

Samedi, de nombreux internautes ont réagi sur Twitter (et notamment des personnalités politiques) pour critiquer la décision à l'aide du hashtag #MontreTaCroix. 

 

samedi, 28 octobre 2017

Espagne-Catalogne: droit à l'autodétermination de chaque peuple

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d) Droits des peuples et des nations

157 Le domaine des droits de l'homme s'est élargi aux droits des peuples et des nations: De fait, « ce qui est vrai pour l'homme l'est aussi pour les peuples ». 

Le Magistère rappelle que le droit international « repose sur le principe de l'égal respect des États, du droit à l'autodétermination de chaque peuple et de leur libre coopération en vue du bien commun supérieur de l'humanité ». La paix se fonde non seulement sur le respect des droits de l'homme, mais aussi sur celui des droits des peuples, en particulier le droit à l'indépendance.

Les droits des nations ne sont rien d'autre que « les “droits humains” considérés à ce niveau spécifique de la vie communautaire ». 

La nation possède un « droit fondamental à l'existence »; à « garder sa propre langue et sa culture, par lesquelles un peuple exprime et défend ce que j'appellerai sa “souveraineté” spirituelle originelle »; à « mener sa vie suivant ses traditions propres, en excluant naturellement toute violation des droits humains fondamentaux et, en particulier, l'oppression des minorités »; à « construire son avenir en donnant une éducation appropriée à ses jeunes générations ». 

Jean-Paul II, Discours à l'Assemblée Générale des Nations Unies pour la célébration du 50ème anniversaire de sa fondation (5 octobre 1995)

L'ordre international requiert un équilibre entre particularité et universalité, que toutes les nations sont appelées à réaliser; leur premier devoir est de vivre dans une attitude de paix, de respect et de solidarité avec les autres nations.

Note: ce principe de la doctrine sociale de l'Eglise n'est pas une prise de position personnelle sur ce conflit épineux, dont la question de l'indépendance de la Catalogne. Selon mes sources. la majorité des catalans ne souhaite pas l'indépendance. Il y a deux ans, un référendum eu lieu. Il fut déjà négatif. De plus, mes amis me signalent la grande indépendance actuelle de la Catalogne. 

En matière politique, je promeus la juste indépendance des laïcs. Des chrétiens et des catholiques ont des avis différents. Ce qui nous est commun: la promotion de la paix, le dialogue et la recherche de la justice. 

vendredi, 27 octobre 2017

Cardinal Müller: plutôt que la réforme, la révolution de Luther !

Cardinal Müller: plutôt que la réforme, la révolution de Luther !

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Précision: un évêque italien aurait qualifié la réforme d'oeuvre de l'Esprit Saint. Je ne suis pas certain de l'expression car je n'ai pas trouvé la source. Cependant, le dialogue oecuménique a toute son importance. Le Cardinal Ratzinger rappelait que Luther était un chercheur de Dieu.

Je pense également que la personne de Joseph Ratzinger restera pour l'Allemagne, l'Europe, le monde et toute l'Eglise, comme la fine fleur de la pensée, marquant l'interprétation mais aussi la réception du Concile Vatican II.

Son doux parler a rompu définitivement avec l'accent violent d'Adolf Hitler. Sa théologie restera pour la postérité, comme celle d'un Saint Thomas d'Aquin. 

Lien

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(Liberté Politique)

Il y a une grande confusion aujourd’hui dans le discours sur Luther, et il faut dire clairement que du point de vue de la théologie dogmatique, du point de vue de la doctrine de l’Eglise, il n’y eut pas en réalité une réforme mais une révolution, c’est-à-dire un bouleversement total des fondements de la foi catholique.

Il n’est pas réaliste de prétendre que son intention était de lutter contre certains abus relatifs aux indulgences, ou contre les péchés de l’Eglise de la Renaissance. Les abus et les mauvaises actions ont toujours existé dans l’Eglise, et pas seulement à la Renaissance, – il en existe même de nos jours. Nous sommes la Sainte Eglise par la grâce de Dieu et des sacrements, mais tous les hommes d’Eglise sont pécheurs, tous ont besoin de pardon, de la contrition et de la pénitence.
 
Cette distinction est très importante. Dans le livre écrit par Luther en 1520, De captivitate Babylonica ecclesiae, il semble tout à fait clair que Luther a tourné le dos à tous les principes de la foi catholique, de l’Ecriture Sainte, de la Tradition apostolique et du magistère du Pape et des Conciles, et de l’épiscopat. En ce sens, il a travesti le concept de développement homogène de la doctrine chrétienne, tel qu’on l’a explicité au Moyen Age, en venant jusqu’à nier le sacrement, signe efficace de la grâce qui s’y trouve ; il a remplacé cette efficacité objective des sacrements par une foi subjective.

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Ce faisant, Luther a aboli cinq sacrements, et il a aussi nié l’Eucharistie : le caractère sacrificiel du sacrement de l’Eucharistie, et la transformation réelle de la substance du pain et du vin en la substance du corps et du sang de Jésus-Christ. Et encore : il a qualifié le sacrement de l’ordre épiscopal, le sacrement de l’ordre, d’invention du pape – défini comme l’Antichrist – et comme ne faisant pas partie de l’Eglise de Jésus-Christ. Nous disons au contraire que la hiérarchie sacramentelle, en communion avec le successeur de Pierre, est un élément essentiel de l’Eglise catholique, et pas seulement un principe d’organisation humaine.
 
C’est pourquoi nous ne pouvons pas accepter que la réforme de Luther soit définie comme une réforme de l’Eglise au sens catholique. Est catholique une réforme qui est un renouvellement de la foi vécue dans la grâce, dans le renouvellement des coutumes, de l’éthique : un renouvellement spirituel et moral des chrétiens ; pas une nouvelle fondation, une nouvelle Eglise.

Il est donc inacceptable d’affirmer que la réforme de Luther « était un événement du Saint-Esprit »

 
Il est donc inacceptable d’affirmer que la réforme de Luther « était un événement du Saint-Esprit ». Au contraire, elle était dirigée contre le Saint-Esprit. Parce que le Saint-Esprit aide l’Eglise à maintenir sa continuité à travers le magistère de l’Eglise, surtout dans le ministère pétrinien : c’est sur Pierre seul que Jésus a fondé son Eglise (Mt 16,18), son Eglise qui est « l’Eglise du Dieu vivant, la Colonne et le soutien de la vérité » (1 Tim 3:15). Le Saint-Esprit ne se contredit pas lui-même.
 
On entend beaucoup de voix qui parlent de Luther avec trop d’enthousiasme, sans connaître exactement sa théologie, ses polémiques et les effets désastreux de ce mouvement qui a séparé des millions de chrétiens de l’Eglise catholique. Nous pouvons apprécier sa bonne volonté, l’explication claire des mystères de la foi commune, mais pas ses déclarations contre la foi catholique, surtout en ce qui concerne les sacrements et la structure hiérarchique-apostolique de l’Eglise.
 
Il n’est pas non plus exact d’affirmer que Luther avait au départ de bonnes intentions, en signifiant ainsi que c’était donc l’attitude rigide de l’Eglise qui l’avait poussé sur le mauvais chemin. Ce n’est pas vrai : Luther avait certes la volonté de lutter contre la vente des indulgences, mais la cible n’était pas les indulgences en tant que telles, mais en tant qu’élément du sacrement de pénitence.
 
Il n’est davantage exact que l’Eglise a refusé le dialogue : Luther a d’abord eu une discussion avec Johannes Eck, puis le pape a envoyé cardinal Cajetan comme légat pour dialoguer avec lui. On peut discuter des modalités, mais en ce qui concerne la substance de la doctrine, il faut affirmer que l’autorité de l’Eglise n’a pas commis d’erreur. Sans quoi, il faudrait soutenir que l’Eglise a enseigné pendant mille ans des erreurs par rapport à la foi, alors que nous savons – et il s’agit là d’un élément essentiel de la doctrine – que l’Eglise ne peut pas se tromper sur la transmission du salut dans les sacrements.

Pas une réforme, une révolution !

 
Il ne faut pas confondre les erreurs personnelles, les péchés des personnes dans l’Eglise avec des erreurs quant à la doctrine et aux sacrements. Celui qui fait cela croit que l’Eglise n’est qu’une organisation composée d’hommes, et nie le principe selon lequel Jésus lui-même a fondé son Eglise et qu’Il la protège dans la transmission de la foi et de la grâce dans les sacrements par le Saint-Esprit. Son Eglise n’est pas seulement une organisation humaine : elle est le corps du Christ, où se trouve l’infaillibilité du Concile et du pape, selon des modalités précisément définies.

Tous les conciles parlent de l’infaillibilité du magistère par rapport à la proposition de la foi catholique. Dans la confusion actuelle qui touche un si grand nombre on en est arrivé à mettre la réalité sens dessus dessous : ils considèrent le pape comme infaillible lorsqu’il parle en privé, mais quand les papes de toute l’histoire ont proposé la foi catholique, ils disent que cela est faillible.
 
Bien sûr, cinq cents ans ont passé, et l’heure n’est plus à la polémique mais à la recherche de la réconciliation – non, cependant, au prix de la vérité. Il ne faut pas faire de confusion. Si d’une part nous devons savoir saisir l’efficacité de l’Esprit Saint dans ces autres chrétiens non catholiques qui sont de bonne volonté, qui n’ont pas commis personnellement ce péché de séparation d’avec l’Eglise, de l’autre, nous ne pouvons pas changer l’histoire, ce qui est arrivé il y a cinq cents ans.

Une chose est le désir d’avoir de bonnes relations avec les chrétiens non-catholiques d’aujourd’hui, afin de se rapprocher d’une pleine communion avec la hiérarchie catholique, et aussi avec l’acceptation de la tradition apostolique selon la doctrine catholique, autre chose est de ne pas comprendre ou de falsifier ce qui s’est passé il y a cinq cents ans, et l’effet désastreux que cela a eu. Un effet contraire à la volonté de Dieu : « Pour que tous ils soient un, comme vous, mon Père, vous êtes en moi, et moi en vous, pour que, eux aussi, ils soient un en nous, afin que le monde croie que vous m’avez envoyé » (Jn 17:21).

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Le Cardinal secrétaire d'Etat dit la même chose, mais autrement. 

LA RÉFORME DE L’EGLISE N'EST PAS UNE “RÉVOLUTION”, ESTIME LE CARDINAL PAROLIN

Vatican - le 27/10/2017 | Par Agence I.Media

parolon-l125-h81.jpgLe respect de la “continuité“ est nécessaire à tout renouvellement de l’Eglise, a affirmé le cardinal Pietro Parolin, le 25 octobre 2017, dans un discours rapporté par le blog vaticaniste  Il Sismografo  le 26 octobre 2017. Sans quoi, a déclaré le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, il ne s’agit pas d’une “authentique réforme catholique”.

Le Pape émérite Benoît XVI : la sagesse de la vieillesse

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Le Pape émérite Benoît XVI : la sagesse de la vieillesse

Le Pape émérite Benoît XVI a un hématome sous œil droite, suite à une chute semaine passée. Cependant il va bien pour son âge. (Photo Vik). Il va bien, n'est pas mourant, mais il est faible. Quoi de plus normal. 

"Allô Houston?" "Habemus Papam"

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Les gens ne peuvent pas venir ici et voir la beauté indescriptible de notre Terre sans être touchés dans leur âme.

"Allô Houston?" "Habemus Papam"

 Le Père Lombardi avait déjà eu cette idée géniale avec Benoît XVI. 

Le Pape François dialogue avec les astronautes de la station spatiale internationale (ISS)

 

AAA0082-1-1-800x533.jpgRandolph Bresnik – Ce qui me donne la plus grande joie, tous les jours, est de regarder dehors et de voir la création de Dieu, peut-être un peu de sa perspective. Les gens ne peuvent pas venir ici et voir la beauté indescriptible de notre Terre sans être touchés dans leur âme.

Nous voyons ici la paix et la sérénité de notre planète tandis qu’on tourne à 10 km par secondes, et il n’y a pas de frontière, il n’y a pas de conflit, c’est juste paisible. Et l’on voit la finesse de l’atmosphère et cela fait réaliser combien notre existence ici est fragile;

Pape François et l'ISS: un dialogue au plus haut des cieux

 

 

Zenit

Voir la Terre « paisible », du point de vue de Dieu, c’est l’émerveillement que les astronautes de la Station spatiale internationale ont confié au pape François, avec qui ils ont eu une liaison directe, à 15h (heure de Rome), ce 26 octobre 2017.

« Houston station, nous sommes prêts pour l’événement. » Une expression relativement connue mais rare au Vatican, a résonné dans les murs du petit Etat, où le pape a dialogué durant quelque 25 minutes avec l’équipage de six personnes de l’expédition 53, devant un écran, depuis la petite salle de la Salle Paul VI.

Après un réajustement pour cause d’écho, l’astronaute italien Paolo Nespoli, qui menait la conversation, a confirmé : « Nous vous recevons 5/5 » (« we hear you loud and clear »). Avec parfois une dizaine de secondes de décalage – la station était à 400 km de la Terre – les cosmonautes et le pape ont échangé sur divers thèmes, tels la recherche, la force de l’amour qui meut le monde, la collaboration internationale…

« Je vous remercie d’avoir été avec nous, de nous avoir conduits plus haut, de nous avoir sortis de cette mécanicité quotidienne, de nous avoir fait penser à des choses plus grandes que nous », a conclu Paolo Nespoli.

Les six astronautes étaient tous chrétiens : un baptiste, trois catholiques et deux russes orthodoxes. Il s’agissait de Randolph Bresnik (Etats-Unis), commandant, de la NASA ; Paolo Nespoli (Italie), ingénieur de l’ESA; Mark T. Vande Hei (Etats-Unis), ingénieur de la NASA; Joseph Acaba, (Etats-Unis, d’origine portoricaine), ingénieur de la NASA; Sergey Ryazanskiy (Russie), ingénieur et Alexander Misurkin (Russie), ingénieur.

Le président de l’Agence spatiale italienne (ASI), Roberto Battiston et le directeur des programmes d’Observation de la Terre de l’Agence spatiale européenne (ASE), Josef Aschbacher, étaient présents au côté du pape, qui était assis à une petite table, sous un tableau représentant la dernière scène de la Divine Comédie de Dante Alighieri.

Voici notre traduction du dialogue.

AK

Equipe de la Station spatiale, capture CTV
 
Ce qui me donne la plus grande joie, tous les jours, est de regarder dehors et de voir la création de Dieu, peut-être un peu de sa perspective.

Dialogue du pape avec les astronautes

Pape François – Good morning you all.

Paolo Nespoli – Sainteté, bonjour, bienvenue sur la station internationale parmi nous, parmi l’équipage de l’expédition 52 et 53.

Pape François – Bonjour ou bonsoir, car lorsqu’on est dans l’espace, on ne sait jamais ! Cher Monsieur Nespoli, chers astronautes, je pense que là-bas, dans la station spatiale, les journées passent de façon différente, n’est-ce pas ? Je vous remercie, ainsi que ceux qui ont organisé cette liaison, qui me donne la possibilité de ‘vous rencontrer’ et de vous adresser quelques questions.

Je commence tout de suite avec la première question : l’astronomie nous fait contempler les horizons illimités de l’univers et suscite en nous les questions : d’où venons-nous ? Où allons-nous ? Je vous demande à vous, Monsieur Nespoli, à la lumière de vos expériences dans l’espace, quelle est votre pensée sur la place de l’homme dans l’univers ?

Paolo Nespoli – Saint-Père, c’est une question complexe, je me sens une personne technique, un ingénieur, je suis à l’aise parmi les machines, les expérimentations ; mais quand on parle de ces choses beaucoup plus intérieures – “d’où venons-nous…” – je reste moi aussi perplexe. C’est un discours très délicat. Je pense que notre objectif ici est celui de connaître notre être, pour compléter la connaissance, comprendre ce qui est autour de nous. Et entre autres, c’est intéressant parce que plus nous connaissons, plus nous nous rendons compte que nous connaissons peu. J’aimerais beaucoup qu’une personne comme vous, non seulement des ingénieurs, non seulement des physiciens, mais des personnes comme vous – des théologiens, des philosophes, des poètes, des écrivains… – puissent venir ici dans l’espace et cela sera sûrement l’avenir, j’aimerais qu’ils viennent ici, pour explorer ce que veut dire avoir un être humain dans l’espace.

Pape François – C’est vrai, ce que vous dites.

Dans cette salle d’où je vous parle, se trouve – comme vous voyez – une tapisserie artistique inspirée du verset célèbre, avec lequel Dante conclut la Divine Comédie : « L’amour qui met en mouvement le soleil et les autres étoiles » (Paradiso, XXXIII, 145). Je vous demande : quel sens cela a pour vous, qui êtes tous ingénieurs et astronautes, comme vous l’avez dit, d’appeler “amour” la force qui met en mouvement l’univers ?

Alexander Misurkin répond en russe, avant d’être traduit par son confrère italien :

Paolo Nespoli – Saint-Père, j’espère que nous ne vous avons pas surpris avec le russe : est-ce possible pour vous d’avoir une traduction ou devons-nous résumer rapidement ?

Pape François – C’est mieux de synthétiser rapidement.

Paolo Nespoli – Le collègue Alexander a fait une très belle réponse en russe, que je vais traduire un peu rapidement. Il fait référence à un livre qu’il est en train de lire en ce moment, pour réfléchir, “Le Petit Prince” de Saint-Exupéry, et il se réfère à l’histoire du jeune garçon qui donnerait volontiers sa propre vie pour retourner et sauver plantes et animales sur la Terre. En substance, l’amour est cette force qui te donne la capacité de donner ta vie pour quelqu’un d’autre.

Pape François – J’aime cette réponse. C’est vrai, sans amour, ce n’est pas possible de donner sa vie pour un autre. On voit que vous avez compris le message que Saint-Exupéry explique si poétiquement et que, vous les Russes, avez dans le sang, dans votre tradition si humaniste et si religieuse. C’est beau cela, merci.

J’ai une curiosité. On dit que seules les femmes sont curieuses, mais nous aussi les hommes sommes curieux ! Qu’est-ce qui vous a motivés à devenir astronautes ? Qu’est-ce qui vous donne le plus de joie dans le temps que vous passez dans la station spatiale ?

Sergey Ryazanskiy – Nous représentons ici différents pays, différents peuples, des peuples de notre planète ; chacun à son histoire, sa façon de devenir astronaute… mon histoire a commencé avec mon grand-père qui était ingénieur en chef … dans le premier satellite construit, Spoutnik. Et pour moi, c’est un grand honneur de continuer ce qu’il faisait, pour accomplir ses rêves, parce que le vol dans l’espace est l’avenir pour l‘humanité et le vol spatial est toujours une frontière pour de nouvelles… sciences et de nouvelles approches.

Randolph Bresnik – Ce qui me donne la plus grande joie, tous les jours, est de regarder dehors et de voir la création de Dieu, peut-être un peu de sa perspective. Les gens ne peuvent pas venir ici et voir la beauté indescriptible de notre Terre sans être touchés dans leur âme. Nous voyons ici la paix et la sérénité de notre planète tandis qu’on tourne à 10 km par secondes, et il n’y a pas de frontière, il n’y a pas de conflit, c’est juste paisible. Et l’on voit la finesse de l’atmosphère et cela fait réaliser combien notre existence ici est fragile ; et nous qui travaillons ici dans cette station spatiale, avec notre partenariat international, nous espérons que cet exemple de ce que nous pouvons réaliser ensemble, soit un exemple pour le monde et toute l’humanité, afin que nous travaillions pour élargir l’accès à l’espace et que plus de personnes puissent voir cette perspective de l’espace. (Alors) peut-être l’avenir de l’humanité sera-t-il bien meilleur que ce que nous avons aujourd’hui.

Pape François – Dans cette réponse, j’ai beaucoup aimé, ce que vous avez dit tous les deux : vous, d’abord, êtes allé à vos racines pour expliquer cela ; vous avez évoqué le grand-père. Et vous, qui venez d’Amérique, avez réussi à comprendre que la Terre est trop fragile ; c’est un moment qui passe : 10 Km par secondes, a dit Monsieur Nespoli… c’est une réalité très fragile, subtile, l’atmosphère, tant qu’elle peut se détruire. Et vous êtes allé justement regarder avec les yeux de Dieu. Le grand-père et Dieu : les racines et notre espérance, notre force. Ne jamais oublier les racines : cela me fait du bien de l’entendre et de l’entendre de vous ! Merci.

Je voudrais vous poser une autre question : voyager dans l’espace modifie tant de choses que l’on considère acquises dans la vie quotidienne, par exemple l’idée d’en-haut et d’en-bas. Je me demande : y a-t-il quelque chose en particulier que vous avez appris en vivant dans la station spatiale ? Et y a-t-il au contraire quelque chose qui vous a touché justement parce que vous en avez trouvé une confirmation là aussi, dans un contexte si différent ?

Mark T. Vande Hei – Saint-Père, ce qui me surprend, c’est la façon dont aborder quelque chose d’une perspective différente, semble rendre méconnaissable quelque chose de très familier. Parfois lorsque je travaille sur quelque chose qui est très proche de moi, je me concentre là-dessus, et je ne réalise pas que j’ai tourné autour, et lorsque je vais sur un autre module, quand je l’approche d’un côté différent, que je n’attendais pas, c’est déroutant d’abord, quand j’essaie de comprendre où je suis. Cela a été très intéressant. Ce qui a été surprenant pour moi, quelque chose qui n’a pas changé, c’est que dans cet environnement où nous n’avons pas vraiment besoin des concepts d’en-haut et d’en-bas, pour me repérer, je dois encore décider quelle direction percevoir comme le haut, afin de donner du sens aux choses.

Pape François – C’est une chose très humaine, la capacité de décider, de décision. La réponse me semble intéressante parce qu’elle va aussi aux racines humaines.

A présent, si vous avez la bonté d’écouter, je poserai une autre question : notre société est très individualiste ; au contraire, dans la vie, la collaboration est essentielle. Je pense à tout le travail qu’il y a derrière une entreprise comme la vôtre. Pouvez-vous me donner quelque exemple significatif de votre collaboration dans la Station spatiale ?

Joseph Acaba – Saint-Père, c’est un grand honneur de parler avec vous. La station spatiale internationale est un grand exemple de collaboration internationale, comme vous pouvez voir avec les membres de l’équipage que nous avons ici, de pays divers, et avec le travail que nous faisons tous les jours, parlant avec différents centres du monde entier : nous avons les Etats-Unis, le Canada, le Japon, la Russie, et neuf pays d’Europe. Mais ce que je trouve intéressants, ce sont les individus qui constituent cette collaboration. C’est notre diversité qui nous rend plus forts et je pense qu’il faut que nous comprenions qui nous sommes comme individus et respecter ceux qui sont autour de nous, et en travaillant ensemble nous pouvons faire des choses bien plus grandes qu’en tant qu’individus.

Pape François – Vous êtes un petit “palais de verre” ! La totalité est plus grande que la somme des parties, et c’est l’exemple que vous nous donnez. Merci beaucoup, chers amis, je voudrais dire : chers frères, parce que nous vous voyons comme représentants de toute la famille humaine dans le grand projet de recherche qu’est la Station spatiale. Je vous remercie de tout cœur pour ce dialogue qui m’a beaucoup enrichi. Que le Seigneur vous bénisse, votre travail et vos familles. Je vous assure : je prierai pour vous. Et vous, s’il vous plaît, priez pour moi. Merci.

Paolo Nespoli – Saint-Père, au nom de tous, je veux vous remercier d’avoir été avec nous aujourd’hui sur la Station spatiale internationale. C’est un lieu où nous faisons tant de recherches, où nous allons chercher les choses de tous les jours … Je vous remercie d’avoir été avec nous, de nous avoir conduits plus haut, de nous avoir sortis de cette mécanicité quotidienne, de nous avoir fait penser à des choses plus grandes que nous. Merci encore.

Pape François – Merci à vous.

Traduction de Zenit, Anne Kurian

mardi, 24 octobre 2017

Le Pape François ne recadre pas le Cardinal Sarah, mais le protège des traditionalistes

Unknown.jpegNous devons être reconnaissants au pape François d'avoir nommé un maître spirituel à la tête de la congrégation responsable de la célébration de la liturgie dans l'Église. ...

... Avec le cardinal Sarah, maître du silence et de la prière intérieure, la liturgie est en bonnes mains.

Benoît XVI

Le Pape François ne recadre pas le Cardinal Sarah, mais le protège des traditionalistes

Pour ma part, je ne parle pas de recadrage ou de correction paternelle.

Premièrement, le Pape émérite Benoît XVI a remercié le Pape François pour la nomination du cardinal Sarah à la tête de la congrégation pour la liturgie. Pour Ratzinger, la liturgie est en de bonnes mains. 

Deuxièmement, pour la France gallicane, pays d'origine de Mgr Marcel Lefebvre, le Cardinal Sarah se laisse sans doute tirer la soutane par certains milieux traditionalistes. L'effet déformant est immédiat: cela lui cause du tort. 

Troisièmement, le Pape François sait manœuvrer, lui qui se décrit comme fourbe et malin. Alors que la Congrégation s'occupait des traductions, les conférences épiscopales bloquaient parfois ce travail. En inversant "la navette ou l'iter", le va et vient entre Rome et les Eglises particulières, Rome se trouve désormais dans la position favorable de celui qui valide la traduction.

La curie romaine est au service des évêques. Cela débloquera la situation pour la traduction tant attendue du missel romain en français. 

Pour avoir eu la chance de parler avec le cardinal Sarah, je sais qu'il est un homme de Dieu, fidèle, compétant et priant. Le Pape François est son Père dans la foi. 

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Ci-dessous, l'article de l'Homme Nouveau dont le Pape a demandé une rectification. 

Humble contribution pour une meilleure et juste compréhension du Motu Proprio Magnum Principium

Rédigé par Cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements. le dans Religion

Humble contribution pour une meilleure et juste <br>compréhension du Motu Proprio Magnum Principium

Actuel Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, le cardinal Robert Sarah avait demandé à L’Homme Nouveau de publier en exclusivité, publié depuis dans le monde entier, le texte suivant qui donne la juste interprétation du récent Motu Proprio Magnum Principium par lequel le Pape François règle la question des traductions liturgiques, le rôle des Conférences épiscopales à ce sujet et celui de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements. On prêtera notamment une particulière attention au commentaire du cardinal Sarah concernant la « recognitio » des adaptations et la « confirmatio » des traductions qui ne modifient en rien la responsabilité suprême du Saint-Siège.

Le cardinal Sarah rappelle d’ailleurs à cet égard que le texte de référence concernant les traductions liturgiques reste l’instruction Liturgiam authenticam de 2001. Qu’il nous soit permis de signaler que l’on trouve dans ce texte la marque propre du cardinal Sarah : un profond attachement à l’Église et au Saint-Siège associé à une réelle fermeté et à une non moins véritable élévation d’esprit.

La « recognitio » des adaptations et la « confirmatio » des traductions dans le canon 838

Le 3 septembre 2017, le Saint-Père a promulgué le Motu Proprio Magnum Principium sur les traductions liturgiques, qui modifie les paragraphes 2 et 3 du canon 838 du Code de Droit Canonique. Nous accueillons avec respect et reconnaissance cette initiative du Pape François, qui permet de situer encore plus clairement et plus rigoureusement les responsabilités respectives des Conférences épiscopales et du Saint-Siège en vue d’une collaboration confiante, fraternelle et intense au service de l’Église. Ce point, qui constitue en quelque sorte le cœur du Motu Proprio, est développé dans la Lettre du 26 septembre dernier, que la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements a adressée aux Conférences épiscopales.

C’est dans cette perspective qu’a été rédigée cette humble contribution à partir de l’observation suivante : du côté de notre Dicastère, la collaboration au travail d’adaptation et de traduction des Conférences épiscopales est tout entière incluse dans ces deux mots du canon 838 : « recognitio »et « confirmatio ». Que signifient-ils exactement ? Tel est l’objet de cette modeste note.

Code Droit Canonique Canon 838 avant « Magnum Principium »

Can. 838 – § 1. Sacrae liturgiae moderatio ab Ecclesiae auctoritate unice pendet : quae quidem est penes Apostolicam Sedem et, ad normam iuris, penes Episcopum dioecesanum.

§ 2. Apostolicae Sedis est sacram liturgiam Ecclesiae universae ordinare, libros liturgicos edere eorumque versiones in linguas vernaculas recognoscere, necnon advigilare ut ordinationes liturgicae ubique fideliter observentur.

§ 3. Ad Episcoporum conferentias spectat versiones librorum liturgicorum in linguas vernaculas, convenienter intra limites in ipsis libris liturgicis definitos aptatas, parare, easque edere, praevia recognitione Sanctae Sedis.

§ 4. Ad Episcopum dioecesanum in Ecclesia sibi commissa pertinet, intra limites suae competentiæ, normas de re liturgica dare, quibus omnes tenentur.

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Can. 838 – § 1. L’ordonnancement de la sainte liturgie dépend uniquement de l’autorité de l’Église ; cette autorité est détenue par le Siège Apostolique et, selon le droit, par l’Évêque diocésain.

§ 2. Il revient au Siège Apostolique d’organiser la sainte liturgie de l’Église tout entière, d’éditer les livres liturgiques, de reconnaître (recognoscere-recognitio) leurs traductions en langues vernaculaires et de veiller à ce que les règles liturgiques soient fidèlement observées partout.

§ 3. Il appartient aux conférences des Évêques de préparer les traductions des livres liturgiques en langues vernaculaires, en les adaptant de manière appropriée dans les limites fixées par ces livres liturgiques, et de les publier après reconnaissance (recognitio) par le Saint-Siège.

§ 4. En matière liturgique, il appartient à l’Évêque diocésain de porter, pour l’Église qui lui est confiée et dans les limites de sa compétence, des règles auxquelles tous sont tenus.

Canon 838 actuellement en vigueur (« Magnum Principium »)

Can. 838 – § 1. Idem

§ 2. Apostolicae Sedis est sacram liturgiam Ecclesiae universae ordinare, libros liturgicos edere, aptationes, ad normam iuris a Conferentia Episcoporum approbatas, recognoscere, necnon advigilare ut ordinationes liturgicae ubique fideliter observentur.

§ 3. Ad Episcoporum Conferentias spectat versiones librorum liturgicorum in linguas vernaculas fideliter etconvenienter intra limites definitos accommodatas parare et approbare atque libros liturgicos, pro regionibus ad quas pertinent, post confirmationem Apostolicae Sedis edere.

§ 4. Idem

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Can. 838 – § 1. Idem

§ 2. Il revient au Siège Apostolique d’organiser la sainte liturgie de l’Église tout entière, d’éditer les livres liturgiques, de ratifier (recognoscere-recognitio) les adaptations approuvées selon les normes du droit par la Conférence épiscopale, mais aussi de veiller à ce que les règles liturgiques soient fidèlement observées partout.

§ 3. Il appartient aux Conférences des évêques de préparer fidèlement les traductions des livres liturgiques en langues vernaculaires, en les adaptant de manière appropriée dans les limites fixées, d’approuver et de publier les livres liturgiques, pour les régions relevant de leur compétence, après confirmation (confirmatio) par le Siège apostolique.

§ 4. Idem

NOTE : c. 838 § 3 : les mots « aptatas » (ancien canon) et « accomodatas » (nouveau canon) sont synonymes, d’où la traduction française unique : « en les adaptant de manière appropriée dans les limites fixées ». Le changement de mot est justifié, en latin, par le contexte, c’est-à-dire en l’occurrence la suppression de la mention : « in ipsis libris liturgicis » (« par ces livres liturgiques ») dans le nouveau c. 838 § 3.

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Commentaire

1. Il faut noter que le texte de référence des traductions liturgi­ques demeure l’Instruction Liturgiam authenticam (L.A.) du 28 mars 2001. Ainsi, les traductions fidèles (« fideliter ») réalisées et approuvées par les Conférences épiscopales doivent être conformes en tous points aux normes de cette Instruction. On ne note donc aucun changement quant aux exigences requises et au résultat qui doit en résulter pour chaque livre liturgique. Comme on le verra plus loin, étant donné que les mots recognitio et confirmatio, sans être strictement synonymes, sont néanmoins interchangea­bles, il suffit de remplacer le premier par le second dans l’Instruction L.A. Cela vaut en particulier pour les nn. 79 à 84.

2. Les modifications du canon 838 ne portent que sur les paragraphes 2 et 3, et elles concernent ces deux points : A. La distinction entre « adaptation », pour laquelle est requise la recognitio, et « traduction », pour laquelle est requise la confirmatio par le Siège Apostolique. B. En ce qui concerne les traductions liturgiques, l’affirmation explicite qu’il appartient aux Conférences des évêques de préparer fidèle­ment (« fideliter ») les traductions des livres liturgiques, de les approuver et de les publier après avoir obtenu la confirmation du Siège Apostolique.

Remarque importante :la nouveauté ne porte que sur le point A. précité : la distinction entre recognitio et confirmatio. Le point B. est l’inscription « dans le marbre » du Code de Droit Canonique de la pratique habituelle et constante qui est suivie depuis la première Instruction sur les traductions liturgiques Comme le prévoit, du 25 janvier 1969, et a fortiori depuis la promulgation de Liturgiam authenticam en 2001.

3. La recognitio est définie par le Conseil pour les Textes Législatifs dans une note de 2006 comme « une conditio iuris qui, par la volonté du Législateur Suprême, est requise ad validitatem » (Cf. Communicationes 38, 2006, 16). Par conséquent, si la recognitio n’est pas accordée, le livre liturgique ne peut pas être publié. La recognitio a pour objet de vérifier et sauvegarder la conformité au droit et la communion de l’Église (son unité).

4. La confirmatio (confirmation) est utilisée par le Code de Droit Canonique (CIC) dans diverses circonstances : voici trois exemples : A. le cas d’une élection qui a besoin d’être confirmée par une autorité supérieure (cf. c. 147, 178, 179). B.  la confirmation des décrets du Concile œcuménique par le Pontife Romain avant leur promulgation (c. 341 § 1). C. le décret de renvoi d’un religieux, qui ne peut entrer en vigueur qu’après la confirmation par le Saint-Siège ou l’évêque diocésain selon la nature – de droit pontifical ou de droit diocésain – de l’institut (c. 700).

Dans tous ces cas, il y a un responsable qui agit selon l’autorité qui lui est propre, et une autorité supérieure qui doit confirmer sa décision pour vérifier et sauvegarder la conformité au droit. Par conséquent, si une Conférence épiscopale a préparé et approuvé la traduction d’un livre liturgique, elle ne peut le publier sans avoir obtenu préalablement la confirmation du Siège Apostolique. Dans les cas précités qui requièrent la confirmatio, l’autorité supérieure est tenue de vérifier la conformité de l’acte au droit en vigueur avant de le confirmer ; de même, le Siège Apostolique ne doit accorder laconfirmatio qu’après avoir dûment vérifié si la traduction est « fidèle » (« fideliter »), c’est-à-dire conforme au texte de l’editio typica en langue latine sur la base des critères énoncés par l’Instruction Liturgiam authenticam sur les traductions liturgiques.

5. Tout comme la recognitio, la confirmatio n’est en aucun cas un acte formel, c'est-à-dire une sorte d’approbation qui serait accordée après une vérification rapide du travail sur la base d’une présomption a priori favorable que la traduction approuvée par la Conférence des évêques a été réalisée fidèlement (« fideliter »). Bien plus, comme pour la recognitio exigée dans l’ancien c. 838 § 3, la confirmatio suppose et implique une vérification détaillée de la part du Saint-Siège, et la possibilité pour ce dernier de conditionner sine qua non la confirmatio aux modifications de certains points qui pourraient être exigés du fait de leur non-conformité au critère de « fidélité », qui est désormais inscrit dans le Code de Droit Canonique. Sa décision s’imposerait alors à la Conférence épiscopale.

Notons à ce sujet que telle est bien la mens de cette norme, qui correspond à l’interprétation qui en a été donnée par le Secrétaire de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, S. Exc. Mgr A. Roche dans son Commentaire du Motu Proprio Magnum principium : « La “confirmatio” du Siège apostolique n’apparaît pas, par conséquent, comme une intervention alternative de traduction, mais comme un acte d’autorité par lequel le dicastère compétent ratifie l’approbation des évêques, en supposant bien entendu une évaluation positive de la fidélité et de la congruence des textes produits, par rapport à l’édition typique sur laquelle se fonde l’unicité du rite, et en tenant compte surtout des textes d’importance majeure, en particulier les formules sacramentelles, les prières eucharistiques, les prières d’ordination, le rite de la messe, et ainsi de suite ».

Ainsi, par exemple, si, dans le Credo du rite de la Messe, l’expression : « consubstantialem Patri » est traduit en français par : « de même nature que le Père », le Saint-Siège peut imposer – et même il le doit (cf. n. 6) – la traduction : « consubstantiel au Père », comme condition sine qua non de sa confirmatio de l’ensemble du Missel Romain en langue française.

6. On constate donc que la modification du texte du c. 838 § 3 (la recognitio est remplacée par la confirmatio) ne modifie absolument pas la responsabilité du Saint-Siège, et donc ses compétences à l’égard des traductions liturgiques : le Siège Apostolique doit vérifier si les traductions réalisées par les Conférences épiscopales sont bien « fidèles » (« fideliter ») à l’editio typica en langue latine pour garantir, sauvegarder et promouvoir la communion dans l’Église, c’est-à-dire son unité.

7. Les mots recognitio et confirmatio ne sont pas strictement synonymes pour les deux raisons suivantes :

A. Le mot recognitio est réservé aux adaptations approuvées par les Conférences épiscopales selon les normes du droit (ad normam iuris) (c. 838 § 2), tandis que le mot confirmatio concerne les traductions liturgiques (c. 838 § 3). Cette distinction est positive, car elle a le mérite de bien distinguer dorénavant deux domaines très différents : l’adaptation et la traduction. Même s’ils sont interchangeables au niveau de la responsabilité du Saint-Siège (cf. n. 6), les deux mots ne sont pas strictement synonymes par rapport à leur effet sur l’editio typica.

Tout d’abord, les adaptations réalisées ad normam iuris modifient l’editio typica dans certains cas déterminés par le droit (cf. pour le Missel Romain, l’Institutio Generalis Missalis Romani – Présentation Générale du Missel Romain, chap. 9, nn. 386-399), d’où la nécessité d’une recognitio. Les traductions ne modifient pas l’editio typica, bien au contraire, elles doivent lui être fidèles (« fideliter »), d’où la nécessité d’une confirmatio. Il faut donc souligner de nouveau ce point important : loin d’être une sorte de recognitio atténuée ou amoindrie, la vigueur de la confirmatio est aussi forte que la recognitio dont il était question dans l’ancien c. 838 § 3.

B. Ensuite, par rapport à la recognitio, il semble que la confirmatio ait un caractère plus unilatéral, qui intervient à la fin de l’iter : préparation-approbation par la Conférence épiscopale. En effet, on peut penser que, du fait de sa nature, la recognitio, qui intervient aussi a posteriori, suppose une concertation préalable pendant le processus du travail de traduction, ce qui permet d’établir un texte acceptable par les deux parties.

Dans le c. 838 § 3 modifié par le Motu Proprio Magnum principium, la confirmatio, du côté du Saint-Siège, est à mettre en perspective avec « fideliter » et « approbatio » (« approbare ») du côté des Conférences épiscopales. Dans la mesure où, désormais, la Conférence épiscopale est appelée explicitement par la norme du Droit Canonique à « approuver » des traductions « fidèles » au texte latin de l’editio typica, le Saint-Siège lui fait a priori confiance.

Il n’intervient donc pas normalement dans son travail, jusqu’à la confirmatio, qui constitue un acte final ou conclusif (toutefois, cf. aussi à ce sujet n. 5). Il est évident que la procédure de confirmatio peut aussi donner lieu à des échanges préalables si la Conférence épiscopale adresse une demande dans ce sens au Saint-Siège ou si une procédure de concertation mutuelle est prévue de part et d’autre, ce qui peut sembler souhaitable.

Conclusion

La réalité de la « recognitio » et de la « confirmatio » est inscrite dans notre vie de chaque jour : en effet, conscients de nos limites, nous faisons naturellement appel à une autre personne pour qu’elle « vérifie » le travail que nous avons réalisé de notre mieux ; nous pouvons ainsi l’améliorer à partir de ses observations, voire de ses corrections, si cela s’avère nécessaire.

Telle est la responsabilité du professeur vis-à-vis de l’étudiant qui prépare une thèse, ou, plus simplement, des parents à l’égard du travail scolaire de leurs enfants fait à la maison, et aussi, plus généralement, des autorités académiques ou de tutelle… Notre vie est donc tissée de « recognitio » et de « confirmatio », qui nous permettent de progresser dans une plus grande « fidélité » par rapport aux exigences du réel et dans tous les domaines de la connaissance pour le service de Dieu et de notre prochain (cf. la parabole des talents, Mt 25, 14-30).

La « recognitio » et la « confirmatio » de la part du Saint-Siège, qui supposent une collaboration confiante, fraternelle et intense avec les Conférences épiscopales entrent dans ce cadre. Comme le dit admirablement le Motu Proprio du Saint-Père, auquel se réfère la Lettre du 26 septembre adressée aux Conférences épiscopales, il s’agit « de rendre plus facile et plus fructueuse la collaboration entre le Siège Apostolique et les Conférences épiscopales ».

Cité du Vatican, le 1er octobre 2017
Robert Card. Sarah
Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements

Le silence de la Vierge de Marie-Laure Janssens: redécouvrir le courage personnel des évêques disait le Cardinal Ratzinger

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Le silence de la Vierge de Marie-Laure Janssens: redécouvrir le courage personnel des évêques disait le Cardinal Ratzinger

Le Cardinal Ratzinger invitait les évêques à redécouvrir le courage personnel, à l'instar de l'évêque Von Galen, le lion de Münster, qui se distingua de la conférence des évêques d'Allemagne durant le régime nazi. Il eu le courage de la parole. 

Ce livre rend hommage à l'intervention décisive du Cardinal Barbarin. Lien La Croix

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lundi, 23 octobre 2017

Petite histoire de la réforme de Luther

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Petite histoire de la réforme de Luther

A l'interne de l'Eglise catholique, avant même celle de Luther, il existait déjà une volonté de réforme. A la fin du XVème siècle, la réforme des observants souhaitait un retour aux origines.

L'Eglise sortait aussi d'une crise provoquée par le grand schisme, et le Concile de Constance-Bâle avait rejeté le conciliarisme (un Concile est supérieur au Pape). Or, selon la foi, seul le Pape peut promulguer les décrets d'un Concile. 

Pour l'Eglise catholique, un évêque est un Pasteur. En France, deux tiers à trois quart des Pères Abbés étaient aux commandes de l'Eglise. Il y eut même un évêque en charge de 7 diocèses avec plus de 15 Abbayes. Ce cumul engendrait des revenus financiers conséquents. Il fallait une réforme et un réseau d'évêques la souhaitait.

Cette aspiration aurait pu se concrétiser lors du Vème Concile du Latran en 1517. Ce dernier se voulait un Concile de Réforme. Malheureusement, ce fut une occasion manquée.

images.jpegLes indulgences, réalités spirituelles totalement gratuites, un don de la grâce, étaient très mal présentées, notamment par quelques dominicains. Elles existent depuis fort longtemps; un pèlerinage pouvait être indulgencié.

Jules II voulait rebâtir l'ancienne basilique Saint Pierre, dites de Constantin. Michel-Ange avait fait les plans (seront modifiés par son successeur). Ce projet engendrait une grande quantité de frais.

Le Pape Jules II eu l'idée, peu génial et contestable, de commuter un pèlerinage ou une prière, par le financement de la nouvelle basilique. L'obole de Saint Pierre, qui existe d'ailleurs encore aujourd'hui pour les oeuvres de charité du Pape, devint un moyen d'obtenir une indulgence.

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L'idée de payer la vie éternelle entra malheureusement en scène ! Cette porte grande ouverte provoqua un appel d'air très regrettable. Quelques dominicains prêchaient: "une pièce dans la quête et une âme s'envole vers le ciel, quitte le purgatoire". Cela choque !

La politique se pratiquait sous le manteau de la religion catholique.
Pour Luther, cet imbroglio, dont le lien politique-foi catholique, dont notamment la représentation "divine" ou "catholique "de Sa Majesté du Saint Empire germanique, l'énervait. Des princes apparurent sous l'Empereur Charles Quint, avec la naissance de principautés. La division vit le jour. Cela embrasa le mouvement du protestantisme.

Pape François: Message du Pape aux jeunes du Canada

Pape François: Message du Pape aux jeunes du Canada

 

LE PAPE FRANÇOIS DEMANDE AUX JEUNES CANADIENS DE SE LAISSER TOUCHER PAR LE CHRIST

 

Vatican - le 23/10/2017 | Par Agence I.Media

Le pape François s’est adressé aux jeunes du Canada, dans une vidéo diffusée le 22 octobre 2017, à l'occasion du 'Forum jeunesse 2017', a annoncé le Bureau de presse du Saint-Siège le 23 octobre.

Le monde a besoin d’être “irrigué” de la joie qui vient de l’Evangile et de la rencontre avec le Christ, leur déclare le pape dans ce message tourné au Vatican.

 

dimanche, 22 octobre 2017

Liturgie: le Cardinal Ratzinger, le Cardinal Sarah sont déformés. Le Pape écrit une lettre au Cardinal

Le Pape François écrit une lettre au Cardinal Sarah

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Liturgie: le Cardinal Ratzinger, le Cardinal Sarah sont déformés. Le Pape écrit une lettre au Cardinal

 

Liturgie: lettre du pape au cardinal Sarah (traduction intégrale)

 

Zenit

J'ai eu la chance de parler avec le Cardinal Sarah. Avec humilité et clarté, il m'a dit: je ne suis pas opposé au Pape François, c'est mon Père. Ce sont certains médias qui nous opposent.  

"... Enfin, Eminence, je confirme ma reconnaissance fraternelle pour votre engagement, et constatant que la note “Commentaire” a été publiée sur certains sites internet, et attribuée à tort à votre personne, je vous demande s’il vous plaît de faire le nécessaire pour la divulgation de ma réponse sur ces sites ainsi que pour son envoi à toutes les Conférences épiscopales, aux membres et aux consulteurs de ce Dicastère.

Et en demandant votre prière pour moi, je vous assure de la mienne pour vous !

Fraternellement,

François"

Le Saint-Siège n’impose pas de traduction aux Conférences épiscopales

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Cath.ch: le Pape ne corrige pas, ou ne désavoue nullement, le Cardinal Sarah ! mais François  ne veut pas d'une mauvaise interprétation de la fine pensée de ce grand Cardinal (déformation: voir L'Homme Nouveau)

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