mardi, 03 janvier 2012

Peut-on s'indigner de Patrice de Plunkett ?

p-copie-19.jpgLes catholiques de langue française s'étaient réjouis de la sortie d'un livre sur Benoît XVI, "Benoît XVI et le plan de Dieu", puis étonnés ou surpris en bien qu'un journaliste puisse enfin être positif sur l'Opus Dei. La nouveauté du phénomène des blogs leur permit finalement de s'informer rapidement, nouvellement et autrement sur la vie de l'Eglise. Cela me touche et me concerne, car je dois à Patrice de Plunkett la découverte des blogs. 

Benoît XVI était très curieusement peu connu dans le monde francophone. Il y avait donc un manque, une urgence et un grand besoin. Mais parfois, l'occasion fait le larron. 

Le politique d'abord

Aussi, Monsieur de Plunkett suit-il vraiment le plan de Dieu ? En effet, le politique l'emporte sur le spirituel. La France a hélas souvent connu des dérives, que cela soit l'Action Française ou le Sillon. La morale de ces histoires anciennes nous apprend pourtant qu'on ne se sert pas de l'Eglise pour des fins temporelles voir personnelles. Il y a le domaine de la foi, de la vérité, ouvert pour tous et pour chacun. Il y a le domaine des opinions, des options, de goûts et des couleurs. Il faut savoir distinguer. C'est aussi le grand enseignement du Concile Vatican II: l'apostolat de laïcs, l'appel universel à la sainteté en plein monde, tout en étant conscient que l'Eglise ne propose pas de modèle politique, social ou économique, ni même culturel, car la foi féconde de milles manières, tel un fleuve d'eau pure, ces différents champs d'activités. 

Le symbole de la foi

La profession de la foi est la base commune des catholiques, au point que le symbole qui vient des contracts grecs où chacuns des deux contractants gardent une partie afin que leur réunion démontrent bien que les deux morceaux se rejoignent, que cela collent, que le courant passe bien entre les personnes, est devenu le concept retenu pour parler du Symbole des Apôtres, du Credo. La foi est le lien qui nous uni alors que les autre affaires nous séparaient. 

Nouveaux absolus

Haddock-deftones.jpgDes nouveaux dogmes ont fait leur apparition dans l'unique pensée de notre ami: l'écologisme, sorte de nouvelle morale culpabilisante qui peut tourner à une autre religion, le réchauffement climatique, le libéralisme économique, le dégoût de la culture américaine.... et désormais les indignés. Celui qui a le malheur d'émettre une divergence, de relativiser, de poser une question, où de demander une mise à distance, se voit immédiatement suspecté d'intégrisme, de capitaliste, de libéral, d'ignorant ... et ne peut dès lors plus entrer dans un simple dialogue, voir une correction fraternelle et amicale. Le blog devient monoblog, tel un long monologue.

Le malaise profond vient que le chrétien doit presque penser ainsi, sous peine d'être catalogué. Au fond, on ne peut plus distinguer les opinions légitimes du symbole de la foi. Le christianisme devient alors un prêt à porter, déjà formaté par le temporel qui doit entrer de force dans ce costume pourtant trop étroit. Une filliation avec une certaine théologie de la libération peut se lire en philigrane. 

Vatican II

Cette année célèbre le 50ème anniversaire de l'ouverture du Concile Vatican II (1962-1965) et Benoît XVI veut nous mener vers la beauté et la joie de la foi. Cette grande épiphanie de l'Esprit Saint a des profondes racines et déjà des beaux fruits: le vénérable Pie XII, Pape le plus cité dans les documents conciliaires, le bienheureux Jean XXIII, le bon Pape qui a donné médiatiquement l'image de la bonté que l'Eglise veut donner au monde, le Pape "martyr" que fut Paul VI qui prépara le sourire de Jean Paul Ier, mais surtout traça les chemins que le bienheureux Jean Paul II parcourera à la vitesse de la lumière. Et Benoît XVI qui est en train de porter à maturité une nouvelle génération, avec ses puissantes lumières de professeur humble et souriant, comme les Pères de l'Eglise. Le bienheureux Jean Paul II a béatifié quelques 1500 personnes et canonisé 500 autres, dont bien des laïcs et des personnes mariées. 

Les laïcs

Le Concile voulait surtout rapeller aux laïcs que le temporel est leur domaine propre et spécifique, sans jamais prêcher à quiconque que les options légitimes dans les autres domaines de la foi et des moeurs sont des absolus ou des dogmes. L'histoire de l'Eglise va non pas tant vers la sécularisation, mais vers une décléricalisation du savoir. La liberté religieuse est ainsi en quelque sorte le rempart de la consience personnelle qui est un sanctuaire devant qui tout le monde s'arrête. 

Ne pas juger

1kvxnmie.jpgAussi, il n'y a aucune raison de juger une personne, car on ne connaît jamais les raisons profondes. Seul Dieu scrute les reins et les coeurs. Mais on ose tout de même s'indigner des idées qui dérapent. Ce n'est pas la raison libérale qui en est la cause, mais bien la raison illuminée, soit celle qui possède ses propres lumières, surtout lorsque elle monte sur ses grands chevaux.

Le siècle des lumières avait fermé le ciel

Espérons simplement que les adaptations nécessaires qui s'imposent suivront, car pour conclure sur une pointe d'humour, ces déviations évidentes ne doivent pas à nouveau durer un siècle. Nous avons tant besoin de journalistes qui nous aident à comprendre l'Eglise, en nous laissant la liberté sacrée sur les autres idées en relation avec notre planète habitée par Dieu. Là où est la vérité, là est la liberté. 

 

Commentaires

J'ai pour ma part arrêté complètement de consulter le blog de M. de Plunkett.

A plusieurs reprises, ses réaction à mes tentatives de dialogue m'ont profondément meurtri. Comme vous, je mettais de l'espoir dans le travail d'un journaliste de cette qualité. Il s'agissait d'un faux espoir.

Écrit par : Leroy-Donche | vendredi, 06 janvier 2012

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Ma déception rejoint la vôtre, et je le regrette profondément. Je trouvais son travail remarquable, utile.... puis subitement le virage, les phrases qui tuent, la violence des mots, la haine des USA, les idées arrêtées, la polémique grossière, les gens envoyés sur les roses, le politique qui a pris le dessus, comme si la première partie de son travail avait consisté à s'ouvrir un public.... Mais gardons espoir, ou espérance, car on ne peut réduire un homme à sa pensée. Aussi prions pour notre ami, avec grand coeur. Bien à vous

Écrit par : Dominique Fabien | vendredi, 06 janvier 2012

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tout à fait d'accord avec l'analyse et les commentaires.

Monsieur de Plunkett représente un nouveau type de journaliste chrétien, "catholique", qui parle comme s'il était un théologien, un docteur de l'Eglise et un évêque, tout auréolé de sa "gloire" d'animateur régulier d'émissions sur radio notre-dame à Paris....

Un nouveau "magistère" ?!

Écrit par : alextheia | mardi, 27 mars 2012

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Je suis sensible à Mr de Plunkett, car c'est par lui que j'ai découvert les blogs. Aussi cela me touche.
Il est hélas impossible d'assister à une remise en question, humble, de reconnaître des erreurs; ses positions légitimes sur l'économie, l'écologie, sont figées et dogmatiques. Enfin, l'option pour une certaine théologie de la libération est fort regrettable. Je me suis fait renvoyer dans les roses, aussi je ne peux même plus tenter de le raisonner. La prière pour l'homme respectable reste ma seule et unique option.

Écrit par : Dominique Fabien | mardi, 27 mars 2012

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Je suis sensible à Mr de Plunkett, car c'est par lui que j'ai découvert les blogs. Aussi cela me touche.
Il est hélas impossible d'assister à une remise en question, humble, ou de reconnaître ses erreurs; ses positions légitimes sur l'économie, l'écologie, sont figées et dogmatiques. Enfin, l'option pour une certaine théologie de la libération est fort regrettable. Je me suis fait renvoyer dans les roses, aussi je ne peux même plus tenter de le raisonner. La prière pour l'homme, fort respectable, reste ma seule et unique option.

Écrit par : Dominique Fabien | mardi, 27 mars 2012

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